‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 570 sur 864 · TEU · texte numérisé non relu

TEU

Danube), à 85 kil. S.- O. d’Ulm, 8 du lac de Constance; 1,500 hab. Château des anciens comtes de Montfort- Tettnang.

TETZEL (Jean), dominicain, né vers 1470 à Pirna (Misnie), m. en 1519, fut chargé par le Saint-Siège de prêcher et de vendre les indulgences accordées aux chevaliers Teutoniques pour les aider à soutenir la guerre contre les Russes. Plus tard, nommé inquisiteur de la foi par Léon X, il reçut eucore la mission de distribuer des indulgences en Allemagne, et de recueillir ainsi l’argent nécessaire aux constructions de Sl-Pierre de Rome. L'impudence avec laquelle il fit ce trafic, et l'irrégularité de ses mœurs, soulevèrent contre lui les moines Augustins, et Luther en prit occasion pour commencer ses attaques contre l’Eglise romaine. Tetzel, vivement réprimandé par Miltitz, légat apostolique en Allemagne, mourut de chagrin à Leipzig. B.

TEUCER, roi de la Troade (qui de son nom s’appelait Teucrie ), était fils du Scamandre et de la nymphe Idée. Quand Dardanus, souillé du sang de son frère Jasion, vint de Samothrace en Asie, il le purifia, lui donna en mariage sa fille Arisbé ou Bâtée, et le désigna pour son successeur. Selon d’autres traditions, ce fut Dardanus, régnant en Troade, qui accueillit Teucer arrivant de Crète. B.

teücer, fils de Télamon et d’Hésione, et frère consanguin d’Ajax, était célèbre par son habileté à tirer de l’arc. Il alla au siège de Troie, en revint sans avoir vengé Ajax, fut chassé par Télamon, et alla fonder Salamine en Cypre. On dit aussi qu’il fonda Carthagène en Espagne, et l’on montrait son baudrier à Gadès. B.

TEUCRIE. V. Teucer.

TEUFEN , brg de Suisse (Appenzell), à 7 kil. N.-N.-E. d’Appenzell ; 4,953 hab. Eaux minérales et bains. Fabr. de cotons et de mousseline. Belle église.

TEURNIA , anc. v. de la Norique; auj. Villach.

TEUTA, reine d’Illyrie. V. Illtrie.

TEUTAME, roi d’Assyrie ou de Susiane, envoya 20,000 hommes au secours de Troie, sous la conduite de Memnon.

TEUTATÈS, dieu des Gaulois, présidait au commerce, à l’argent, à l’intelligence, à la parole, et conduisait aux Enfers les âmes des morts. 11 a de l’analogie avec le dieu égyptien Thoth et avec le Mercure des Latins. On l’invoquait sous la forme d’un chêne, et surtout à l’époque de la cueillette du gui ( V. ce mot\. Le javelot était aussi son symbole ; on le regardait alors comme le dieu de la guerre, et on lui immolait des victimes humaines.

TEUTBERG ou TEUTOBURGERWALD , Teutoburgiensis saltus , chaîne de montagnes d’Allemagne, s’étend dans le N.-O. de la Hesse-Cassel , les gouv. prussiens de Minden et de Munster, la principauté de la Lippe, et la prov. hanovrienne d’Osnabrück ; 200 kil. de long. ; l’altitude varie entre 400 et 600 mèt. Les forêts qui en couvrent la partie méridionale sont célèbres par le massacre qu’Arminius y fit des légions de Varus, entre l’Ems et la Lippe, l’an 9 de J.-C. C. P.

TEIJTHRANIE, Teuthrania, ville et contrée de Mysie, près du Caïque.

TEUTONIQUES (Chevaliers), ordre religieux et militaire, fondé, en 1128, à Jérusalem, par les Allemands. Les premiers membres portaient le nom de Frères de Ste Marie, et ne s’occupaient d’abord que du service d’un hôpital ; bientôt, ils se firent soldats ; mais la prise de Jérusalem par Saladin mit fin à l’institution. En 1190, au siège de S1- Jean d’Acre, Frédéric de Souabe rétablit l’Ordre sur de nouvelles bases, et sous le nom d’Hôpital Teu Ionique de la Ste Vierge de Jérusalem. Les nouveaux chevaliers étaient soumis, pour la pratique des devoirs de la charité, à la règle des Hospitaliers, et, pour la discipline militaire, à celle des Templiers. L’Ordre était divisé en trois classes : les chevaliers, les prêtres, et les frères servants. La lre classe n’était accessible qu’aux nobles. Le costume des chevaliers était un manteau blanc, avec une croix noire. Mais, en récompense de leur valeur devant Damiette, Jean de Brienne autorisa le grand-maître à joindre à la croix noire la croix d’or de Jérusalem. Hermann de Salza, alors grand-maître, gagna l’amitié du pape Honorius 111 et de l’empereur Frédéric II , fut élevé, lui et ses successeurs, au rang de prince de l’empire germanique, et eut le droit de porter l’aigle impériale à deux têtes. En 1 126, les chevaliers Teutoniques possédaient déjà tant de biens en Allemagne, qu’ils en avaient formé une province, confiée à un moitre résidant à Mergentheim. C’est alors que, par un traité avec Conrad, duc de Mazovie, l’Ordre s’engagea à combattre les Prussiens idolâtres, moyennant la cession des territoires de Culm et de Lœbau , et la possession des biens qui avaient appartenu aux Frères du Christ. Her- I

mann de Balk fut nommé maître provincial en Prusse. Sous ses auspices et par ses conseils, plusieurs villes fortifiées furent fondées : Thorn 1 1232), Marienwerder (1233), Elbing (1236). En 1237, le pape Grégoire IX autorisa la réunion des Porte-Glaives de Livonie aux chevaliers Teutoniques; la milice du Christ devint une langue de l’Ordre. L’Ordre poursuivit alors le cours de ses conquêtes , et, le 7 février 1249, fut signé le traité de Christbourg, première charte constitutionnelle de la Prusse. Chacun des quatre diocèses formés en 1243 fut partagé entre l’évêque et l’ordre Teutonique , qui restait seul chargé de la défense du pays. Après avoir réprimé, non sans peine, un soulèvement des Lithuaniens, les chevaliers fondèrent, en 1280, Marienbourg, capitale future du pays; en 1283, la conquête était terminée, et l’Ordre possédait tout le pays situé entre la Vistule et le Memel. Cette principauté, qui ne relevait pas d’un fief, était d’une nature particulière. On y distinguait : les witliings ou nobles , divisés en deux classes, dont la lre était exempte de toutes charges, corvées et dîmes, et partageait les privilèges des chevaliers ; 2° les propriétaires libres ou francs tenanciers , astreints seulement au service militaire ; 3® les culmiens, qui devaient une dîme à l’évêque et une contribution à l’Ordre ; 4® les paysans , soumis au scultète ou juge; 5® les colons ou cultivateurs allemands, appelés par les seigneurs. Le maître provincial ou précepteur de la Prusse recevait sa direction du grand-maître résidant toujours à Sl-Jean-d’Acre. Le pays était divisé en commanderies. — En 1291 , le grandmaître établit sa résidence à Venise. Les chevaliers abandonnèrent cette ville en 1309, pour se transporter en Prusse. La capitale fut alors Marienbourg. A la place du maître provincial supprimé, on nomma un bailli, un hospitalier, un économe, un trésorier, un maréchal pour la guerre. L’Ordre fut alors dans sa plus grande prospérité. La domination des chevaliers Teutoniques en Prusse eut les plus heureux résultats pour ce pays. Mais l’Ordre ne conserva pas longtemps sa foi religieuse et sa pureté de mœurs. Le luxe et la puissance amenèrent la corruption. Le grand-maitre devint éligible : il put être déposé par le maître provincial d’Allemagne. De là naquirent des divisions intestines, qui furent une autre cause de ruine pour l’Ordre. Le despotisme des chevaliers leur aliéna aussi la population. A ces éléments de décadence s’ajoutèrent des guerres interminables avec la Lithuanie et la Pologne, et l’honneur de l’Ordre n’en sortit pas toujours intact A la bataille de Grünwald (1410), la bannière de l’Ordre, ses trésors, des milliers de prisonniers, restèrent au pouvoir des ennemis. L’Ordre ne fut sauvé que par Henri de Plauen, qui défendit Marienbourg avec intrépidité et fit conclure la paix de Thorn, par laquelle la Pologne rendait à l’Ordre ses possessions, moins la Samogitie. Mais , après lui , la décadence continua, et il fallut abandonner à la Pologne la Sudavie et le territoire de Nessau ( 1422 ) , puis une partie de la Pomérellie (1436). Appelé par les villes de la Prusse, Casimir IV ravagea le pays pendant 13 ans. La trahison livra aux Polonais Marienbourg et Konitz, et le grand-maître dut se retirer à Kœnigsberg, qui devint le chef-lieu de l’Ordre. Les chevaliers ne conservèrent , à la paix de Thorn, 1466, que la Prusse orientale, pour laquelle ils relevèrent de la Pologne. Le grand-maitre devint prince polonais et conseiller du royaume. Enfin, Albert de Brandebourg, en 1525, renonçant à sa dignité de grand-maitre, se fit luthérien , sécularisa les biens de l’Ordre, se maria, et signa le traité de Cracovie , par lequel il devenait duc héréditaire de la Prusse, sous la souveraineté de la Pologne. L’Ordre teutonique finit par devenir un simple corps militaire, où, moyennant une faible solde, chaque nation pouvait se procurer des défenseurs. Il a été aboli par Napoléon Ier en 1809.

Liste des grands-maîtres.

1190 Henri Walpot de Bassenheim.

1200 Othon de Karpen.

1206 Hermann Bart.

1210 Hermann de Salza.

1239 Conrad, landgrave de Thuringe.

1241 Gerhard de Malberg.

1244 Henri de Hohenlohe.

1252 Gonther.

1253 l’oppo d’Osterna.

1258 Hanno de Sangers-

hausen.

1274 Hartmann de Heldrungen.

1283 Burckard de Schwenden.

1290 Conrad de Feuchtwangen.

1297 Godefroi de Hohenlohe.

1303 Siegfried de Feuchtvvangen.

1311 Charles Beffart de Trêves.

1324 Werner d’Orselen.

1330 Luther, duc de Brunswick.

1335 Diétrich , comte d’Allenbourg.

TEX

THA

1342 Ludolf Koning de Weizau.

1345 Henri Dusener d’Arfberg.

1351 Winrich de Kniprode.

1382 Conrad Zoellnerr de Rothenstein.

1390 Conrad de Wallenrode 1393 Conrad de Jungingen.

1407 Ulrich de Jungingen.

1410 Henri dè Plauen.

1414 Michel Kuchenmeister de Sternberg.

1422 Paul Bellizer de Russdorf.

TEUTONS , Teutones , peuple de la Germanie , sur les bords delà Baltique, se réunit aux Cimbres,aux Ambrons et aux Tigurins , pour envahir le midi de l’Europe ( V. Cimbres). Le nom des Teutons a été appliqué à l’ensemble des Germains, appelés dans leur propre langue Teutsch (Deutsclieu).

TEVERE , nom italien du Tibre.

TEVERONE (c.-à-d. le petit Tibre), anc. Anio, riv. des États de l’Église, naît dans le N. de la délégation de Frosinone, coule au S., puis au N., passe à Tivoli, où elle forme de belles cascades , et une , entre autres , de 50 mètres de haut, qui s’échappe d’un canal creusé de main d’homme, en 1820, sous le mont Castillo, et se jette dans le Tibre, à 4 kil. N.-E. de Rome; cours de 90 kil. Sur ses bords, Tarquin l’Ancien battit les Sabins, et Camille les Gaulois, 368 av. J.-C. ; Manlius Torquatus y tua en combat singulier un Gaulois de taille gigantesque, 360. V. Anio.

TEVIOT, riv. d’Ecosse ( Roxburgh ), naît sur les confins du comté de Dumfries, coule au N.-E., et se jette dans la Tweed près de Kelso; cours de 60 kil.

TEVÎOTDALE. V. Roxburgh.

TEWKEBSURY, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 14 kil. N.- E. de Gloucester, au confluent de la Severn et de l’Avon; 6,000 hab. Fabr. importante de bonneterie et de moutarde. Belle église normande. Près de là, Edouard IV battit Marguerite d’Anjou, et la fit prisonnière avec son fils, 4 mai 1471.

TEXAS, un des Etats-Unis de l’Amérique du N., entre le Territoire Indien au N., le Nouveau-Mexique an Nord et au N.-O., la Rép. mexicaine à l’O. et au S. -O., le golfe du Mexique au S., et la Sabine, qui le sépare de la Louisiane à l’E.; par 26°-36° 30' lat. N., et 95° 55' et 111° long. O. : 71 millions d’hect. environ; 60,000 hab. en 1835; 320,000 en 1842; auj. 601,039. Capitale, Auslin. Climat tempéré et salubre. Sol généralement plat, traversé à l’O. par la Sierra de Guadelupe ; arrosé par la Sabine, le Naches, le Rio- 1 rinidad, le San-Jacinto, le Brazos, le Rio-Colorado, le San- Antonio, le Rio-Nueces, et le Rio-Bravo-del-Norte. Il est en grande partie couvert de forêts de pins, de cyprès et de chênes. Récolte de coton (200,000 balles par an), maïs, céréales, canne à sucre, soie, vins, et tabac. Sur la côte, est la baie de Galveston , fermée par Pile San-Luis. Dans la région N.-O., errent encore quelques peuplades indigènes, telles que les Comanches, les Pawnees, les Cushattes, les Lippans. La valeur du commerce extérieur, importation et exportation, a dépassé 12 millions de fr. en 1856. — Les Français, notamment Lasalle , en 1684, avaient essayé, sans succès, de former des établissements au Texas, quand les Espagnols du Mexique s’approprièrent ce pays, y fondèrent San- Antonio de Béjar, 1692, puis Goliad, 1716, et le réunirent à l’intendance de San-Luis de Potosi. Au

1441 Conrad d’Erlichshausen.

1450 Louis d’Erlichshausen.

1467 Henri Reuss de Plauen

1470 Henri Reffle de Riehtenberg.

1476 Martin Truchsess de Wetzhausen.

1189 Jean de Tieffen.

1497 Frédéric de Saxe.

1510 Albert de Brandebourg.

commencement du xixe siècle, les Etats-Unis, devenus maîtres de la Louisiane, voulurent y joindre le Texas : le traité de Washington , 1819, ayant annulé ce projet , une colonie anglo-américaine y fut fondée, avec la permission des Espagnols, 1K21 , sous le nom de Fredonia, par Moses Austin, citoyen du Missouri. Après la déclaration d'indépendance du Mexique, 1824, le Texas et la prov. de Cohahuila formèrent, dans la nouvelle république, l’Etat de Cohahuila-et-Texas ; mais, dès 1829, les Texiens demandèrent à être séparés du Cohahuila. N’ayant pu l’obtenir, ils se soulevèrent en 1835, s’érigèrent en république indépendante sous la présidence du général Samuel Houston, gagnèrent, le 22 avril 1836, près du San-Jacinto, une victoire sur Santa-Anna, chef des Mexicains, et firent reconnaître leur nouvel Etat par les Etats-Unis, puis, en 1839, par la F rance. En 1845 , le Texas a été annexé aux Etats- Unis. Il est administré par deux assemblées législatives : un Séi>at, et une Chambre des représentants, i.e pouvoir executu apparueut a un gouverneur, élu pour 2 ans. C’est au iexas qu était le Champ d'asile (F, ce mot).

TEXEIRA (Tristan-Vaz). V. Zauco.

TEXEL, île de la mer du Nord, à l’entrée N.-O. du Zuyderzée, sur la côte N. de la Hollande, à qui elle appartient , au S. -O. de Vlieland, et à 3 kil. N. de la pointe continentale du Helder; 20 kil. sur 12; 6,000 hab. Elle contient une ville de même nom et 6 villages, et est séparée du continent par le Marsdiep. Pêche et agriculture actives. Commerce considérable de plumes d’oiseaux aquatiques. Plusieurs combats eurent lieu dans les eaux voisines : on cite celui de 1653 entre les Anglais et les Hollandais qui y perdirent l’amiral Tromp. En 1795, la cavalerie française , manoeuvrant sur la glace, s’y empara d’une flotte hollandaise.

TEX1ER (Jean), surnommé Beauce, architecte et sculpteur, construisit, de 1506 à 1514, le clocher septentrional de la cathédrale de Chartres, puis travailla aux sculptures qui entourent le chœur de cette église, et mourut en 1529.

TEXTOIl (Ravisius). V. Ravisius.

TEZCUCO, v. du Mexique, près du lac de son nom, dép. de Toluca, à 26 kil. E.-N.-E. de Mexico; 5,000 hab. Avant la conquête espagnole , c’était la capitale florissante d’un Etat vassal de celui de Mexico. Elle était trèspeuplée et très-avancée dans l’industrie et les arts. — Le lac de Tezcuco, entre cette ville et Mexico, a 22 kil. sur 15 ; il communique avec celui de Xochimilco. Ses eaux sont très-salées. Il est célèbre par ses jardins flottants ( chinampas ), et par ses inondations, qui ont fait ouvrir le desague de Hueh uetoca , ouvrage hydraulique très-considérable.

TEZZOULET. V. Lambæsa.

TIIABOR ou TABOR , anc. Ilabyrius mon*, Djébel-Nour des Arabes, montagne de la Turquie d’Asie, en Syrie (Acre) , à l’extrémité S.-E. de la vallée d’Esdrelon , dans l'anc. Galilée inférieure, près et au S.-O. du lac de Tabariéh, et à 11 S.-E. de Nazareth; par 32° 42' lat. N., et 33° 5' long. E. ; 590 mètres de hauteur. Il est célèbre par le miracle de la Transfiguration de N.-S. J.-C. Sur son sommet, qui a 2 kil. de circuit, était jadis une citadelle, dont il reste à peine quelques pierres. En 1799, 6,000 Français, commaudés par Bonaparte et Kléber, remportèrent, aux environs, une victoire signalée sur 30,000 Turcs.

tiiabor , v. de Hongrie. V. tabor.

THADEE ou THADDÉE. V. Jüce (S‘)-

TIIÆR (Albert), agronome allemand, né à Celle en 1752, m. en 1828, créateur de l’établissement agricole de Celle, 1799, et d’un Institut pratique à Mœglin (régence de Potsdam) , a laissé : Introduction à la connaissance de l’économie rurale en Angleterre, Hanovre, 1798-1804, 3 vol. in-8°; Principes raisonnés d’agriculture , Berlin, 1809-1810, trad.en franç. par le baron Crud, Genève et Paris, 1811 16, 4 vol. in-8°; Description des nouveaux instruments d’agriculture, trad. par Mathieu de Dombasle, Paris , 1821 , in- !®.

TFIAGARA , v. forte de THindoustan (Nizam) , près d’Aurengabad. Au xive siècle , l’empereur afghan Mohamed III en fit sa capitale.

THAHER, THAHÉRIDES. V. Taher, Taiie'rides.

THAH.MASP Ier (Abou’l Modhaffer Behader-Khan Chah-) ou Thamas, 2° roi de Perse de la dynastie des Sophis, né en 1514, m. en 1577, fils de Chah-Ismaïl, lui succéda en 1524. De grands troubles et des révoltes signalèrent sa minorité ; il marcha contre les rebelles, battit en 1528 les Uzbecks , qui étaient entrés, au nombre de cent mille, dans le Khoraçan, et les rejeta au-delà du Djihoun. L’année suivante , il prit Bagdad ; mais cette conquête l’engagea dans une guerre contre les Ottomans, 1533-36, auxquels il dut abandonner, outre Bagdad, Mossoul, Van, Tauris, et plusieurs autres places de l’Irak, du Diarbékir, et de la Géorgie. En 1538, il s’empara du Schirwan. De 1547 à 1554 , il eut à comprimer les soulèvements de ses trois frères. Il passa le reste de sa vie dans le repos, et fut empoisonné, dit-on, par une de ses femmes, pour assurer le trône à Ismaël IL

tiiahmasp h , 12® roi de Perse de la dynastie des Sophis, 1722-34, fut attaqué de tous côtés par les Afghans, les Turcs et les Russes, dut se mettre, en 1729, sous la protection de l’aventurier Nadir-Chah, qui lui promit de le rétablir sur le trône, et l’y rétablit en effet. Il voulut ensuite secouer cette tutelle, et s’attira la colère de Nadir, qui le fit déposer et l’envoya prisonnier dans le Khoraçan ; on croit qu’il fut tué 7 ans après, par ordre du fils de Nadir.

THAHMASP-KOULI-KHAN. V. Nadir-Chah.

THAÏS, célèbre courtisane grecque, régnait par sa beauté dans la société d’Athènes, quand Alexandre le Grand vint soumettre cette ville; Thaïs s’attacha à lui, le suivit en Asie, et réussit à le captiver. Ce fut elle qui , dit-on , après

THA

une orgie, mit aux mains du conquérant la torche qui incendia Persépolis. £ près la mort d’Alexandre, elle devint l’une des femmes de Ptolémée Ier, roi d’Egypte.

THAI-YOUEN , v. de la Chine propre, ch.-l. de la prov. de Chan-si, à 470 kil. S. -O. de Péking. Elle fut la résidence d’une dynastie chinoise.

TI1AL, c.-à-d. vallée en allemand: Schcenthal , belle ▼allée, etc.

TT1ALA ou TELEPTE, anc. v. d’Afrique (Byzacène, ûuS.-O.). Prise par Métellus, qui y trouva une partie des trésors de Jugurtha, en 108 av. J.-C.

THALAMEGUE, navis Thalamegus , grand navire de plaisance, somptueusement orné et avec de belles chambres. chez les anc. Grecs et les anc. Romains.

THALAMES , anc. v. du Péloponèse (Laconie) , avait un oracle célèbre d’Apollon.

THALAMUS (de Talmud , livre de la loi?) , nom par lequel on désigne les anciens livres de Coutumes et d’ Etablissements des villes du midi de la France. Montpellier possède deux manuscrits de ces anciens statuts communaux en langue romane, qui remontent aux xne et xin* siècles; l’un d’eux a été publié en 1830.

THALASSIUS, dieu du mariage dans l’anc. Latium.

TH A LE H R EN B RE1TSTE IN . V. Coblentz.

TlIAl-OUAN, v. forte de l’empire chinois, ch.-l. de l’ile Eorinose, sur la côte E. Ouvert au commerce européen.

THALER, monnaie d'argent dans certains Etats du Nord. 11 vaut 3 fr. 75 c. en Prusse, 3 fr. 90 c. en Saxe, 6 fr. 75 c. 3/4 en Suède, 11 fr. 71 c. 1/2 eu Danemark.

TIIALÈS , un des sept sages de la Grèce, et fondateur de l’école d’Ionie, naquit à Milet, environ 640 ans av. J.-C. Platon le fait descendre d’Agénor, et quelquesuns ont prétendu qu’il était né en Phénicie. Quoi qu’il en soit, il vécut à Milet, où il s’occupa d’abord des affaires publiques; mais il y renonça pour se livrer entièrement à l’étude. Il visita la Crète, une partie de l’Asie, et l’Egypte. 11 est regardé comme le créateur de la physique, de la géométrie, et de l'astronomie ; il fut, du moins, le premier philosophe grec qui s’y appliqua. 11 mesura la hauteur des pyramides par leur ombre, découvrit quelques-unes des propriétés du triangle sphérique, et, le premier, il démontra l’égalité, des deux angles adjacents à la base du triangle isocèle. 11 prédit l’éclipse de soleil qui arriva en C09. Il regardait l’eau comme l’élément dont toutes les choses sont composées. Il ne parait pas avoir nié formellement l’intervention d’une puissance immatérielle. On lui attribue, mais sans vraisemblance, quelques écrits, entre autres, des vers où il avait fait connaître la petite Ourse. Ses opinions nous ont été transmises par Aristote, Diogène Laëree, et Cicéron. V. I’Ioucquet , de Dogmatifms Tlialelis Alilesii et A naxagoræ, Tuliingue, 1763, in-4°; Muller, de Aquâ, pnnripio Thalelis , Altorf , 1718, in-4° ; Canaye, Recherches sur la philosophie de Thalès , dans le t. X des Mémoires de l’Académie des inscriptions ; Flatt, de Theismo Thaleti abjudicando, Tubingue, 1785, in-4°. R — T.

THALÈS ou T1IALÉTAS , poète- musicien, né dans l’ile de Crète, contemporain et ami de Lycurgue, introduisit ù Sparte, en Arcadie et à Argos, plusieurs sortes de danses. Selon les traditions, ses chants eurent la vertu de guérir Sparte d'une peste, et d’y apaiser une sédition. V. Litzinger, de Tlialetd poelâ, Essen, 1851, in-4°.

THALIE (du grec thalia, réjouissance!, la seconde ou la 8e des Muses, présidait à la comédie et aux festins. Quelques mythologues lui attribuent l’invention de la géométrie et de l’agriculture. On la regardait aussi comme présidant à la croissance des arbres. L’art antique la représente sous les traits d’une jeune fille à l’air folâtre, couronnée de lierre, chaussée de brodequins, et tenant à la main, soit un pédum ou bâton pastoral , soit un masque comique. B.

THALIE, la seconde des trois Grâces.

THALYS1ES, fêtes grecques célébrées en l’honneur de Gérés et des autres dieux, après la moisson et les vendanges.

THAMAR. V. Amnon.

TH AM AS. V. Tijahmasp.

TIIAME, riv. d’Angleterre, naît dans le comté de Buckingham , â l’E. de Winslow, coule au S - O. , passe à Thame (Oxford), et se joint à l'Isis, à Dorchester, pour former la Tamise; cours de 65 kil.

thame , v. et paroisse d’Angleterre, comté et à 20 kil. E. d’Oxford, sur la Thame; 2,000 hab. Industrie agricole.

TUAMES , nom anglais de la Tamise.

THAA1MOUZ, dieu assyrien, qu’on identifie avec Adonis (F. ce mot).

THAMNA, anc. v. de Palestine, dans le pays des Philistins, prés de Modin.

THÉ

THAMNATH-SARÉ, anc. v. de Palestine (Ephraïm), donna son nom, sous les Romains, à la Thamnitique.

THAMN1T1QUE , Tliumnitica, prov. de Palestine (Galilée, au S.|. Les Romains l’unirent à la Judée.

THAMYRIS, aède ( V. ce mol) de Thrace, fils de Philammon et d’Arsinoé, fut frappé de cécité par les Muses, qu'il avait osé défier. Homère en parle au 2e livre de Y Iliade. On lui attribuait l’invention du mode dorien. P — T.

THANES. V. Leudes.

THANET , ile d’Angleterre (Kent) , isolée du continent par les eaux de la Stour, à l’embouchure de la Tamise; 120,000 heet. de terres labourables; 16 kil. sur 12; 20,000 hab. Les Bretons la cédèrent aux Saxons en 449, pour obtenir leur appui contre les Pietés.

THANN , ch.-l. de canton ( Haut-Rhin ) , arr. et à 32 kil. N.-N.-E. do Belfort, sur la Thur; 8,730 hab. Il se forma au xne siècle autour du château d’Engelbourg et d’une chapelle de S'-Théobald, dépendait du comté de Ferrette, et fut pris , pendant la guerre de Trente-Ans , par les Suédois en 1632, par Bernard de Saxe-Weimar en 1634 et 1639. On y remarque une magnifique église de S'-Théobald, commencée en 1430, et finie en 1516 , et les ruines du château d’Engelbourg. Collège. Bon vin blanc de la montagne de Rangea. Industrie active; filatures de coton , toiles peintes, chapeaux de feutre, tanneries, teintureries, brasseries, etc. Fabr. de machines pour filatures, peignes à tisser.

THAPOSIR1S, nom latin d’ABOüiiiR.

THAl’SAQUE, Thnpsacus , auj. Déir, anc. ville de Syrie (Palmyrènel, sur la rive droite de l’Euphrate, à l’O. de Circésium. Il en reste des ruines.

THAPSUS, auj. Demsas, anc. ville d’Afrique (Byzacène, à l’E. ). Victoire décisive de J. César sur Métellus Scipion, Pétréius et Juba, en 46 av. J.-C.

THARAND , v. du royaume de Saxe, à 14 kil. S.-O. de Dresde; 2,635 hab. Ecole forestière et agricole. Bains d’eaux minérales. Ruines d’un vieux château.

THARGÉLIES, fêtes athéniennes en l'honneur du Soleil ou d’Apollon, comme auteur des fruits de la terre. On les célébrait le 6 et 7 du mois thargélion (juillet).

THARSIS, contrée lointaine où les vaisseaux de Salomon allaient chercher des métaux précieux. Des savants ont pensé que c’était le Zanguebar actuel ; d’autres croient qu’il s’agit de Tartessuse n Hispanie; pour quelques-uns, Tharsis est identique avec Ophir ( V. ce mot).

THASOS, dite aussi Æthrya, Clirysa, auj. Tasso, île de la rner Egée , à 4 kil. de la Thrace, était célèbre par ses vins, ses mines d’or, et ses carrières de marbre. Patrie du peintre l’olygnote. Elle fait partie de la Turquie d’Europe ( eyalet des lies); 28 kil. sur 20; ch.-l., Volgaro (600 hab.). Sol montagneux, mais très-fertile.

THAU, vaste étang salé de France (Hérault), séparédela Méditerranée par une langue de terre très-étroite, et longue de 65 kil. environ. Il communique avec les étangs de Erontignan, de Maguelonne et de Mauguio, est traversé par le canal du Languedoc, et uni, par le canal de Cette, à la Méditerranée.

THAUMAS , fils de l’Océan et de la Terre, fut le père d’iris , qui en a pris le surnom de Thaumantias.

THAUMAS DE LA THAUMASSIERE (Gaspard), né à Bourges vers le milieu du xvne siècle, m. en 1" .2, reçu avocat à Paris, fut très-versé dans la connaissance du droit français. Il a donné des éditions des Assises de Jérusalem , des Coutumes du Deauvoisis par Beaumanoir, et de» Coutumes de Berry et de Lorris. On lui doit encore une Histoire du Berry et du diocèse de Bourges, 1689, in-fol. , et un Traité du franc-alleu de Berry , 1667 et 1701 , in-fol.

TH AUMA TOPES , c.-à-d. opérateurs de merveilles, faiseurs de tours de force, chez les anc. Grecs et les anc. Romains. Ils opéraient sur les places publiques et en pleine rue ; leurs exercices consistaient à porter des poids énormes sur le front, à élever sur leurs bras et leurs épaules une pyramide de 7 ou 8 enfants. C. D — y.

THAUMATURGES, nom donné, dans l’Eglise catholique, aux saints qui se sont rendus célébrés par leurs miracles, et appliqué également à ceux qui fout de faux miracles.

THA YA , riv. des Etats autrichiens, nait à Baps (Basse • Autriche), arrose Hardech, Znaim, Lundenburg, et se jette dans la Morava, rive dr. ; cours de 200 kil.

THÉAKI. V. Ithaque.

THÉANO, fille de Cissée, et femme d’Anténor, fut grande-prêtresse de Minerve à Troie: suivant quelques écrivains , ce fut elle qui livra le Palladium aux Grecs.

théano, fille de Pythagore , hérita de ses manuscrits, et, malgré sa pauvreté, refusa toujours de les vendre.

THÉATINS, dits aussi Clercs réguliers de la congrégation

THÉ — 2607

de Latran, ordre religieux institué à Rome en 1525, par J.-P. Caraffa (depuis le pape Paul IV), archevêque de Chicti ( en latin Teate ou Theale), par S1 Gaëtan de Thienne, Paul Consigliari, et Boniface Colle. P. Caraffa dressa les premières constitutions de l’Ordre, et en fut le 1er supérieur-général. Les Théatins n’eurent ni fonds ni revenus, et vécurent d’aumônes et de présents volontaires pendant le 1er siècle de leur institut; mais ils n’avaient contracté aucun engagement à ce sujet, et c’était par pur désintéressement. ils prêchaient, visitaient les malades et les prisonniers , assistaient les condamnés , et combattaient les erreurs dans la foi. Ils portaient une soutane noire, un manteau unir, et des bas blancs. Mazarin les fit venir en France, en 1644, et ils fondèrent à Paris une maison sur le quai Malaquais, la seule qu’ils eurent jamais en France. Pendant la Révolution , elle a été convertie en propriété particulière. B.

THÉÂTRE chez les anc. Grecs et les anc. Romains. Il avait toujours la forme d’un hémicycle parfait, et se composait de trois parties : 1° le théâtre proprement dit, partie réservée aux spectateurs (théâtre vient du grec Ssarpov, formé de 0saop.ai, regarder, contempler); il était muni de gradins demi- circulaires , remplissant la moitié environ de l’hémicycle, et terminés au sommet par un portique qui entourait tout l’édifice. Dans les petits théâtres, un palier ou précinction ( V. ce mot ) divisait les gradins en deux séries ; dans les grands théâtres, il y avait deux précinctions et trois séries. En outre, pour monter facilement aux diverses séries, de petits escaliers étaient taillés, de place en place, à même les gradins, et comme leur direction suivait la ligne du centre à la circonférence, les sections qu’ils formaient affectaient une forme conique, et de là étaient appelés coins (cunei). La 2e partie était l'orchestre, espace vide au milieu des derniers gradins inférieurs, destiné aux danseurs chez les Grecs, et réservé, chez les Romains, pour les sièges des sénateurs. — Sur la ligne diamétrale de l’hémicycle commençait la 3e partie dite le proscenium ou avant-scène, un peu élevé au-dessus de l’orchestre, et sur lequel les acteurs jouaient leurs rôles. Au théâtre des Grecs on voyait, adossée à l’avant-scène, un peu plus bas, une sorte de tribune appelée thymélé, où se plaçait le chœur. La scène fermait le fond de l’avant-scène et complétait l’ensemble ( V. Scène ). Tout l’édifice était à ciel ouvert, les spectacles se donnant en plein jour. Les théâtres furent originairement en bois; on les fit ensuite en pierre. Quand la localité le permettait, on les adossait à une montagne, sur le flanc de laquelle on établissait les gradins, ou dans lequel on les taillait, si c’était une roche. Le théâtre de Baechus, à Athènes , élevé du temps de Thémistocle, était ainsi appuyé sur la colline de l’Acropole. Les théâtres servant pour de grandes fêtes publiques, et le spectacle étant toujours gratis, ils étaient très-vastes. On comptait à Rome trois théâtres, situés dans le Cliampde-Mars : le théâtre de Pompée, contenant 27,600 spectateurs; celui de Marcellus, élevé par Auguste, 30,000 spectateurs ; et celui de Corn. Balbus, érigé peu d’années après, 30,400 spectateurs. 11 y avait des théâtres dans presque toutes les villes importantes des provinces soumises à la domination romaine. — Chez les Grecs , le théâtre servait aussi de lieu d'assemblée, quand le peuple d’une ville était appelé à délibérer sur les intérêts publics ; aussi, dans presque toutes les grandes villes de la Grèce et de l’Asie-Mineure, il y avait un théâtre. C. D — y.

THEATRE-FRANÇAIS, appelé aussi COMÉDIE-FRANÇAISE, théâtre de Paris, le 1er dans l’ordre littéraire, le 2e dans l’ordre hiérarchique, et où une société de comédiens, dits comédiens ordinaires de l' Empereur, jouent la tragédie, la comédie, et le drame. On l’appelle Théâtre-Français, parce que le fond de son répertoire se compose de tous les chefsd’œuvre de la grande littérature dramatique française. L’origine de l’établissement actuel, qu’on pourrait considérer comme une belle et glorieuse institution, ne date que de Molière : en 1650, ce prince des poètes comiques forma une troupe de comédiens ambulants, qui, en 1658, fut admise à jouer au Louvre devant Louis XIV ; le roi éprouva tant de plaisir, qu’il donna à ces comédiens un hôtel près du Louvre, vers S*-Gennain-l’Auxerrois, pour y construire une salle qui fut appelée Théâtre du Petit Bourbon. La troupe se gouvernait en république; on y jouait les pièces de Corneille, de Molière, et de Racine. En 1660, elle passa au Théâtre du Palais-Royal, et prit le titre de troupe royale. Après la mort de Molière, 1673, privée de son théâtre, elle alla jouer dans un jeu de paume de la rue des Fossésde-Nesle (auj. Mazarine), vis-à-vis la rue Guénégaud. Cette troupe reçut dans son sein celle des comédiens de l’hôtel de Bourgogne, 1680, et prit dès lors, le nom de

THÈ

Comédie française. Elle fut forcée , en 1687 , d’abandonner la rue Mazarine, et fit construire, dans un jeu de paume de la rue des Fossés-Sl-Germain (auj. rue de l’Ancienne-Comédie ), une salle qu’elle ouvrit en 1689; elle y demeura jusqu’en 1770. Le café Procope est juste vis-à-vis la maison bâtie auj. sur l’emplacement de cette salle, que les comédiens durent abandonner pour aller jouer sur le théâtre des Tuileries, que le roi leur prêta. Ils y restèrent jusqu’en 1782 ; alors ils se transportèrent au faubourg S1- Germain , dans une vaste salle construite pour eux , et qui est auj le théâtre de l’Odéon. Un incendie ayant ruiné cette salle en 1799, la Comédie-Française se réfugia rue de Richelieu au Théâtre des Variétés amusantes, qui lui est demeuré, et qu’elle occupe auj. Du temps de Molière, où l’on commença d’abandonner les jeux de paume pour jouer la comédie, les salles de spectacles se composaient de gradins, comme dans nos amphithéâtres , autour d’un parterre où les spectateurs se tenaient debout. 11 y avait, au sommet des gradins, deux rangs de loges, et, sur la scène même, à droite, à gauche, et au fond, des bancs, où se plaçaient les gens de cour et les gens de qualité; cet usage dura jusqu’en 1760; mais, au commencement du xix» siècle, le parterre était encore debout dans presque tous les théâtres. Le spectacle, pendant le xvme siècle, commençait à 5 heures et finissait à 9 heures ; les heures changèrent pendant la Révolution ; sous le 1er Empire, on commençait à 7 heures, et on finissait à 10 heures 1/2 ou 1 1 heures au plus tard. Cette coutume durait encore pendant les premières années de la Restauration. V. pour l’histoire du théâtre, Bourgogne (Théâtre de l’Hôtel de), Enfants sans-souci, Moralités , Mystères , Passion (Confrères de la), Soties, etc. C. D — y.

Page 1