‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 571 sur 864 · THEATRE DE DA FOIRE. F. FOIRE · texte numérisé non relu

THEATRE DE DA FOIRE. F. FOIRE

THÉAULON (Etienne), peintre de genre, né à Aigues- Mortes en 1744, m. en 1780, fut membre de l’Académie de peinture avant l’âge de 30 ans. Il excella à retracer des scènes populaires, et exécuta aussi des sujets gracieux pour les boudoirs de Bagatelle.

théaulon (Marie-Emmanuel-Guillaume), poète dramatique, né à Aigues-Mortes en 1787, m. en 1841, a écrit, pour les divers théâtres de Paris, et surtout pour les théâtres secondaires, environ 250 pièces fort gaies et fort spirituelles. La plupart ne sont que des esquisses ; car il avait une telle facilité, qu’il lui est arrivé de donner 16 ou 17 pièces dans une année, beaucoup, il est vrai, faites en collaboration avec d’autres auteurs. Presque toutes sont des vaudevilles ; on distingue : la Mère au bal et la Fille à la maison, Paris à Pékin, le Chiffonnier ou le Philosophe nocturne, le Bénéficiaire, les Femmes romantiques, M. Jooial ou l’Huissier chansonnier , le Père de la débutante, etc. Il a donné à l’üpéra-Comique ; les Rosières, la Clochette, l’un et l’autre en 3 actes, musique d’Hérold; le Petit Chaperon rouge, en 3 actes, musique de Boïeldieu, etc. On lui doit encore deux comédies en 5 actes et envers, dans lesquelles il y a d’excellentes scènes, et souvent le vrai style de la comedie; ce sont : l’Artiste ambitieux ou l’Adoption, et l'indiscret. Théaulon avait un grand talent, auquel ont manqué l’étude et la réflexion.

THÉBAlDE, Thebais , Thebaica reqio, auj. le Sntd et la partie S. de VOuestanièli, une des trois grandes divisions de l’Egypte ancienne, au S., appelée aussi Egypte supérieure ou Haute-Egypte, à cause de sa position par rapport au cours du Nil ; capitale, Tlièbes. Elle était divisée eu 7 nomes selon les uns, en 16 selon les autres ( V. Nomes). Ce fut dans les déserts qui la limitaient à l’E. et à l’O., que vécurent les premiers solitaires du christianisme, S1 Macaire, S1 Pacôme, S‘ Antoine, etc. V. le Supplément.

THÉBAINE ou THÉBÉENNE (Légion), nom donné à une légion romaine composée de chrétiens, et commandée par S1 Maurice ( V. ce mol ). Elle était sans doute appelée ainsi, pour avoir été levée dans la Thébaïde. Sous Dioclétien, elle se laissa massacrer plutôt que de sacrifier aux idoles.

THÈBES d’Egypte, Tapé dans l’anc. langue égyptienne, No-Ammon dans l’Ecriture, Diospolis Magna des Grecs et des Latins, était située sur les deux rives du Nil, par 30» 17’ long. E., et 25° 42’ lat. N. Fondée par la tribu sacerdotale venue d’Ethiopie dans la Haute-Egypte, elle fut capitale jusqu’au temps de Ménès, et conserva toujours une grande importance religieuse et commerciale, comme centre du culte d’Ammon, comme résidence d’un des trois grands collèges de prêtres, et par sa position entre l’Ethiopie, la Libye et l’Arabie. Elle fut, sous les Romains, le ch.-l. de la province de Thébaïde; mais, dès le temps de Strabon, elle ne se composait plus que de bourgades séparées. Elle eut une vaste enceinte, percée de 100 portes ; de là le sur-

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nom d ' Hécatompylc (aux ceut portes) qui lui fut donné. Elle fut saccagée par Cambyse, roi des Perses, par Ptolémée Lathyre , contre qui elle s’était révoltée , par Cornélius Gallus, gouverneur de l’Egypte sous Auguste (28 ans av. J.-C. |, et dépérit sous la domination des Arabes. Ses restes gigantesques ont échappé à une destruction complète, grâce à leur masse et à la sécheresse du climat. Neuf villages sont auj. dispersés sur ses ruines, ensemble de débris de toute espèce et de toute époque, Egyptiens, Grecs, Romains, Chrétiens, Arabes. Cinq de ses villages sont situés sur la rive O. du fleuve : 1° El-Akalteh, où se voient , avec un petit temple et une grande porte en ruines, les restes d’une enceinte immense, et un vaste hippodrome; 2® Naga-Abou Hamoud ; 3° Koum-el-Bayrat ; 4° Médinet- Abou , la partie de l’anc. ville appelée Memnonium, la résidence des rois, où se trouvent encore les ruines de vastes palais, de péristyles, de pylônes gigantesques à forme pyramidale, les colosses de Memnon (P. ce mot), des piliers énormes accompagnés de caryatides qui représentent les dieux, un Bhatnesséion, c.-à-d. un édifice élevé par Rhamsès le Grand (Sésostris), et qui porte la liste de ses 23 fils; 5° Gournah, avec un palais antique et des hypogées. Sur la rive dr. du Nil , où était placée la ville proprement dite sous la domination romaine, il y a 4 villages : 1° Louqsor, avec les ruines d’un grand temple formé de plus de 200 colonnes, dont la plupart sont encore debout et ont plus de 3 mèt. de diamètre; devant ce temple, sont d’énormes pylônes, hauts de plus de 25 mèt., et représentant des scènes de guerres; deux colosses de granit, de 15 mèt. (le hauteur; et des obélisques, dont l’un a été transporté à Paris en 1838; 2° Kafr ; 3° Med-Amoud ; 4° Karnak, où sont les ruines les plus magnifiques : des torses entiers de lions à têtes de bélier, débris d’une avenue qui, sur une étendue de 2,000 mèt. de longueur, contenait plus de 600 sphinx, bordent une route qui unit un grand temple au palais : les propylées de ce palais sont une rangée de pylônes gigantesques, devant lesquels se tiennent de6 statues colossales, debout ou assises; la grande salle est longue de 103 mèt., large de 51 ; les pierres du toit reposent sur un entablement supporté par 134 colonnes, dont les plus grosses ont 23 mèt. de hauteur, 3m,50 de diamètre, et le chapiteau 21 mèt. de circonférence; un obélisque renversé, le plus grand que l’on connaisse, et formé d’uu seul bloc de granit , mesure plus de 30 mét. de longueur. En 1798, l’armée française arrivant à Thèbes, après une longue et pénible marche dans le désert , battit des mains, par un mouvement unanime d’admiration, à l’aspect de ces ruines si majestueuses et si imposantes. Tous les monuments sont couverts de sculptures : dans l’intérieur des salles, on voit des peintures brillant er». core des plus vives couleurs, représentant des batailles, des triomphes, des fêtes, des sacrifices. L’un de ces monuments, appelé Chambre des ancêtres de Thoutmès III , et très-important pour l’étude des dynasties égyptiennes, a été transporté à Paris; il représente Thoutmès III , roi de la 18e dynastie, consacrant des offrandes devant les images assises de 61 rois, ses ancêtres. Outre ces monuments s’élevant à la surface du sol, toute la chaîne libyque ou occidentale, de Médinet-Abou à Gournah, servait jadis de nécropole , et est percée d’une infinité de galeries , où étaient les tombeaux des citoyens de Thèbes, et habitées, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, par les anachorètes de la Thébaïde, oui y ont tracé des sujets religieux ; ces galeries servent auj. de retraite aux fellahs arabes qui veulent échapper aux vexations du gouvernement égyptien. Une partie de ces hypogées, surtout à Gournah, est consacrée aux tombeaux des rois; la plus profonde s’étend à plus de 110 mèt. sous la montagne; toutes les parois en sont couvertes de peintures et de sculptures. Sur l’un de ces monuments sont représentées plus de 180 figures de grandeur naturelle, pins de 800 d’un mètre de hauteur environ, 2.000 de moindre taille; et plus de 22,000 signes hiéroglyphiques ont été dessinés, seulement dans la première galerie. Les noms de Néchao et de Psammis, lus sur une de ces parois, les inscriptions relatives à leurs règnes et commémoratives de faits conformes à ceux que rapportent Hérodote et l’Ancien Testament, enfin les papyrus nombreux qu’on y découvre et dont quelques-uns contiennent des caractères grecs, font de ces hypogées l’un des monuments les plus curieux pour l'histoire et les mœurs de l’Egypte ancienne. C. P.

thèbes de Grèce, ville de Béotie , au S., dans une plaine vaste et fertile, arrosée par la Fontaine Dircé, et par Ylsménos , qui coulaient à peu de distance de ses murailles et lui servaient de défense. Sa forme était ovale; dans les temps anciens, elle était percée de 7 portes, qui étaient :

i au N., Nitce, Hypsistœ, et Prætides; à l’E., Ogygtæ; au S., j Electræ; à l’O., Creneœ ou Dirceæ, et Homolpides. Au N. de la ville, sur une colline , était bâtie l’Acropole ou Cudmée ; entre l’Acropole et l’Isménos, le théâtre et le temple d’Amphion ; au S. de l’Acropole , l’Agora et le gymnase d’Hercnle; et, à l’extrémité méridionale de la ville, sur une autre colline , Vlsménion , était un temple d’Apollon Isménien, où l’on conservait, d’après Hérodote, des trépieds d’airain portant des inscriptions en caractères cadméens , c.-à-d. dans le plus ancien alphabet grec , tel qu’il fut importé par Cadmus. — D’après les traditions anciennes, le Phénicien Cadmus fut le fondateur de la Cadmée , qui devint la citadelle de Thèbes, lorsque cette ville eut été fondée par ses descendants. L’invasion Hellénique changea la situation du pays : les Minyiens d’Orchoméne , mélange d’anciens Pélasges avec la tribu Hellénique des Eoliens, soumirent la plus grande partie de la Béotie, et imposèrent à Thèbes un tribut. Cette ville conserva cependant ses rois nationaux de la famille de Cadmus ; les légendes qui leur sont relatives forment un cycle particulier, le cycle Thébain , consacré aux malheurs de la famille des Labdacides ( Œdipe , Jocaste , Antigone ) , à la guerre des Sept chefs et à celle des Epigones. Les descendants de Cadmus, chasrses de Thèbes par les Epigones, y rentrèrent peu après, en furent expulsés de nouveau par des Thraces et des Pélasges, et se retirèrent en Thessalie, où, conjointement avec la tribu Eolienne des Béotiens d’Arné , ils fondèrent un Etat d’assez longue durée ; mais l’invasion des Thesprotes en Thessalie les chassa de ce pays, quelque temps après la prise de Troie , et ils revinrent dans leur ancienne patrie ; Thèbes , qu’ils reprirent, devint alors la ville principale de la Béotie. La royauté disparut à Thèbes, lorsque le roi Xanthus eut été tué par le roi Athénien Mélanthus , vers 1126; le gouvernement fut confié à un archonte, assisté d’une assemblée aristocratique, qui se changea bientôt en oligarchie. Vers 650, Philalaos, l’un des Bacchiades de Corinthe, étant venu s’établir à Thèbes, fut invité à former un nouveau code de lois. On voit, par quelques détails qu’ Aristote nous en a conservés , qu’il chercha à empêcher l’accumulation des biens dans les mêmes mains , en fixant pour toujours la division du territoire Thébain qui appartenait aux nobles , et en permettant de conserver toujours le même nombre de familles au moyen de l’adoption. Dans la confédération Béotienne appelée Panbéolie, dont les députés se réunissaient dans le temple de Minerve Itonienne près de Coronée, Thèbes parait avoir eu de bonne heure le privilège de nommer deux béotarques. Puissante en Béotie , elle n’eut pas d’influence considérable dans les affaires générales de la Grèce avant Pélopidas et Epaminondas. Elle s’allia même avec les Perses, par jalousie 2>ntre Athènes, et ses soldats combattirent avec Mardouius à Platée. Dans la lre guerre entre Sparte et Athènes, 458, Thèbes se déclara encore contre cette dernière , mais fut battue par les Athéniens à Œnophytes, 457 , et Athènes établit à Thèbes un gouvernement démocratique qui subsista jusqu’en 447, époque où les Atnéniens, vaincus à Coronée, Surent obligés de renoncer à leur suprématie, et l’aristocratie fut rétablie àThèbes. Dans la guerre du Péloponèse, elle se déclara encore pour Sparte , assiégea et prit , de concert avec les Spartiates, 428-427, l’alliée d'Athènes, Platée , et battit les Athéniens à Délium , 423. Mais après la prise d’Athènes , révoltée de la tyrannie que les Spartiates faisaient peser sur la Grèce, elle s’allia avec Corinthe, Argos , Athènes, et les Perses; l’armée confédérée défit et tua Lysandre à Haliarte, 394, et ne livra à Agésilas à Coronée, 393, qu'une sanglante victoire. Antalcidas ayant séparé les Perses de l’alliance, 387, Sparte recouvra sa puissance un instant ébranlée , et punit les Théliains de leur défection en reconstruisant Platée et en s’emparant de la Cadmée, en 382. Délivrée par Pélopidas en 378, Thèbes commença dès lors, jusqu’en 363, à remplacer, comme puissance dominante dans la Grèce , Sparte et Athènes , grâce à Pélopidas et à Epaminondas. Alliée d’Athènes, elle battit les Spartiates à Thespies, 377, à Platée, à légire, 376, à Leuctrcs, 371. Cette dernière victoire lui donna toute la Béotie; au lieu du faible lien fédératif qui unissait auparavant les différentes cités, elles reconnurent le pouvoir de Thèbes, qui s’empara également de la l’hocide. Maîtresse de la Grèce septentrionale, Thèbes attaqua Sparte dans le Péloponèse, où Epaminondas fit quatre invasions, 369 , 368 , 366 , 363. En même temps , elle étendait sa puissance au N.; Pélopidas, en 368, pacifia et fit entrer la I hessalie dans l’alliance de Thèbes, et affermit en Macédoine l’autorité d’Alexandre, obligé de donner comme otage son fils Philippe qui fut élevé dans la maison d’ Epaminondas. La mort de Pélopidas et d’Epaminondas ruina la puissance

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de Thèbes. Les villes de la Béotie secouèrent aussitôt son autorité, et, dans le N. , Philippe, devenu roi de Macédoine, tourna contre Thèbes les leçons qu’il avait reçues dans ses murs. Dans la 3e Guerre sacrée, 355-345, Thèbes se déclara pour le conseil amphictyonique contre les Phocidiens coupables de sacrilège , mais ne put terminer cette guerre , dont le soin fut remis à Philippe. Chargé également d apaiser la 4e Guerre sacrée , 339-333 , ce prince s’empara de la Phocide , et menaça Thèbes , qui , sous l’impulsion de Démosthène , s’unit avec les Athéniens contre lui. Les confédérés furent battus à Chéronée, 338, et le vainqueur mit une garnison dans la Cadmée. A sa mort, 33b, les Thébains se révoltent; mais la ville est bientôt prise par Alexandre, qui , k l’instigation des autres villes Béotiennes, jalouses de la suprématie de Thèbes , la détruit de fond en comble, à l’exception de la maison de Pindare, fait périr 6,000 habitants, et en vend 30,000 comme esclaves, 335. Lite fut rebâtie en 315 par ( assandre, mais ne fit que déchoir jusqu’à la conquête des Romains , sous lesquels elle n’était plus qu’un gros bourg. Elle n’est pas plus considérable auj., où, sous le nom de Thira, elle est, dans le royaume de Grèce , le ch.-l. d’une éparchie du même nom, dans le nome d’Attique-et-Béotie , avec 6,000 hab. 140,000 dans l’antiquité). C. P.

THECA CALAMAK1A, étui ou boîte à mettre des calâmes pour écrire ( V. Cai.ame ), chez les anc. Romains.

THECLE (Sainte), vierge d’isaurie au 1er siècle. On croit qu'elle fut convertie par S1 Paul; condamnée deux fois comme chrétienne, elle échappa miraculeusement à la mort. La cathédrale de Milan lui est dédiée. Fête, le 23 septembre.

TH EL N’EN , nom flamand de Tuîi.emont.

THEGONNEC (SAINT-), ch.-l. de canton (Finistère), arr. et à 12 kil. S.- O. de Morlaix; 637 hab. Fabr. de toiles. Belle église du temps de la Renaissance.

THEIL (Le), ch.-l. de cant. (Orne) , sur l'Huisne, arr. et à 35 kil. S.-E. de Mortngne; 517 hab.

THËIS | Alexandre-Etienne-Guillaume, baron de), frère de la princesse Constance de Salm-Dvck, né à Nantes en 1765, m. en 1842, fut préfet de la Corrèze en 1830, puis de la Haute- Vienne. On a de lui; Voyage de Polyr.léte ou Lettres romaines, Paris, 1821, 3 vol. in-8» ; c’est un voyage à Rome, à l’époque de Sylla, très-pâle imitation du Voyage d'Anucharsis, et livre superficiel, qui cependant a eu les honneurs de plusieurs éditions. On doit encore à Thcis : Politique des nations, ou Revue d’histoire universelle, Paris, 1828, 2 vol. in-8° ; Conseils aux jeunes gens qui sortent des écoles, 1833, etc.

THEISS, anc. Pathyssus et Tibiscus, en hongrois Tisza, jriv. de Hongrie, formée, dans le comitat de Marmaros, par Üa réunion de la Theiss-Noire et la Theiss-Blanehe, qui sortent des monts Ivarpathes, sur les frontières de la Gallicie, coule à l’O. et au S., sur 1,000 kil. environ, par Szigeth, Namény, S'-Marton, Szolnok, Csor.grad, Szegedin, Szenta, et Xitel, et se jette dans le Danube au-dessous de cette ville, à 45 kil. h.-E. de Peterwardein, apres avoir reçu à droite le Bodrog, l’Hernad, et la Zagiva, à gauche la Viso, la Maros, la Bega, etc. Le pays qu’elle traverse est généralement marécageux ; ses eaux soin, très-poissonneuses. Elle donne son nom à 2 des 4 grandes divisions actuelles de la Hongrie : le cercle en deçà de la Theiss, et le cercle au del i île la Theiss, remplacés de 1850 à 1^5,tJTP,arr les, cercles de Gross-Wardein, et de Kasehau. THE LA. V. Ourmiah.

THE], AVI. V. Tel a VI.

THEMES, c.-à-d. cantonnements, divisions militaires, dont enaeune était gardée par une légion ; nom substitué, dans 1 empire d’Orient, vers le milieu du vu» siècle, à celui de Provinces. Les thèmes étaient , après la conquête de 1 Asie par les Arabes jusqu’au Taurus, au nombre de 29, dont 12 en Europe et 17 en Asie-Miueure.

Thèmes d'Europe.

Thème de Lombardie, capitale.. . Bari.

de t alabre Reggio.

— de Thrace ou d’Europe.. . Plnlippopolis.

— du ^ti-vmon Héraelée.

— de Thessalonique Thëssalonique.

— de Macédoine Stobi.

— de Dyrrachium Dyrrachium.

— de Nieopohs Nicopolis.

de THellade Athènes.

— du Péloponèse Corinthe.

— ae Céphallcnie Céphallénie.

— de Cherson (Crimée).... Clierson.

Thèmes d'Asie.

Thème de Chaldie, capitale Tréhizonde.

— de Coloriée Colonée.

— de Mésopotamie *

— de Sébaste Sébaste.

— de Lycande Lyeande.

— de Séleucie Séleucie.

— des Cibyrrhéotes Cibyrrha.

— des Thracésiens Sardes.

— Obsicien Nicée.

— des Optimates Nioomédie.

— des Buccellariens Anycre.

— de Paphlagonie Sinope.

— d'Arménie Amusée.

— d’Anatolie Icouium.

— de Samos Samos.

— de la mer Egée

— de Chypre Constantia.

THÉMINE ( Pons de Lauzière , marquis de ) , né vers 1552, m. en 1627, fut sénéchal du Queroy , empêcha les Ligueurs de s’établir dans le Rouergue et le llaut-Languedoc, contraignit le duc de Joyeuse de lever le siège de Villemur en 1592, arrêta le prince de Condé en 1616 , et reçut , le même jour, le bâton de maréchal de F rance. Il combattit ensuite les rebelles du Languedoc et du comté de Foix. Nommé gouverneur de la Bretagne en 1627 , il mourut du chagrin que lui causèrent les plaintes portées contre lui par le parlement à raison des désordres commis par ses soldats. B.

THÉMIS, fille d'Uranus et de la Terre, et nourrice d’Apollon, rendait, avant ce dieu, des oracles à Delphes. Elle régna dans la Thessalie , et s’appliqua à rendre Injustice avec tant de sagesse et de prudence, que, depuis, on la regarda comme la déesse de la justice. Un la représentait assise, une épée nue d’une main et une balance de l’autre.

THÉM1SCYRE , Themiscyra, anc. ville d'Asie ( Pont) , sur la rive g. et près de l’embouchure du Thermodon, était la capitale des Amazones. Auj. Tliermèh.

THÉM1SON , médecin grec du temps d’Auguste , né à Laodicée, fut disciple d’Asclépiade, et fonda ou restaura la secte îles Méthodiques opposée à celle des Empiriques.

THÉMISTIUS , rhéteur et philosophe grec , né vers 325 en Paphlagonie, fut surnommé Euphradès (c.-à-d. beau parleur). 11 s’attacha à la philosophie péripatéticienne, la propagea dans plusieurs villes de l’Orient, et enseigna l’éloquence à Constantinople , après un court séjour à Rome. L’empereur Constance le nomma sém ieur en 355; Julien le fit, en 362 , préfet de Constantinople , et correspondait avec lui ; Théodose lui confia , quoiqu’il fût païen , l’éducation de son fils Arcadius ; en 384 , il fut de nouveau préfet de Constantinople. Il était lié avec les hommes instruits de son temps, et soutenait les plus pauvres de ses élèves. On a de lui 37 Discours; ce sont des panégyriques, des remerciements officiels, des harangues sur l’amitié sur l’agriculture , etc. Hardouin a publié à Paris, 1684, in-fol. , 29 de ces Discours. L’édition de Dindorf , Leipzig, 1832, est complète. Un a aussi des Paraphrasés de Thémistius sur les Secondes Analytiques , la Physique , les livres de l'Ame, de la Mémoire, du Sommeil, de la Veille, et des Songes d’Aristote II avait de même écrit des Commentaires sur tous les écrits aristotéliques, et beaucoup de Lettres. V. Baret. de Temislio sophiste, 1853, in 8°.

THÉMI>TO, énousa Athamas, roi de Thèbes, voulut faire périr Léarque et Mélicerte, qu’il avait eus d’Ino, et trompée par une ruse de celle-ci, tua ses propres enfant! Dans son désespoir, elle se donna la mort.

THÉMISTUCLE, célèbre Athénien, né à Préas en Attique vers 528 av. J.-C., m. en 464 Son 1ère était de condition médiocre, et sa mère originaire de Th race ou de Carie. De bonne heure il montra une grande ambition, et une vive passion pour la gloire. 11 se signala par son courage à la bataille de Marathon, 490, et, depuis cette époque, il disais que les trophées de Miltiade l’empêchaient de dormir. Ce fut d’après ses conseils que les Athéniens affectèrent le produit des mines du Launurn à la construction et à l’entre tien d’une fiotte destinée à détruire la puissance des Fgij nètes sur mer; peut-être entrevoyait -il une nouvelle tentative des Perses contre la Grèce. Mais il se montra ; envieux à l’égard d’Aristide, qu’il fit bannir par l’ostracisme, 485. Lors de l’invasion deXerxès, Athènes lui donna le commandement de 200 vaisseaux, qu'il dirigea au N. de l’Eubée. 11 fut l’âme de toute cette guerre. A I Artémisium , il laissa déférer au Lacédémonien Eurybiade j le commandement de toute la fiotte , bien que les vaisseaux

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athéniens en composassent les deux tiers. A l’approche de Xerxès, interprétant l’oracle qui recommandait aux Athéniens de se renfermer dans des murs de bois, il en fit monter une partie sur ses vaisseaux. Ce fut lui qui triompha des résistances d’Eurybiade, en lui adressant ce mot célèbre :

« Frappe, mais écoute , >> et qui décida les Grecs à combattre dans le golfe de Salamine, 480; il avait d’ailleurs fait avertir secrètement Xerxès de la division qui régnait entre les chefs , afin de l’amener à attaquer le premier, et, après la victoire, à laquelle il eut une grande part, il détermina la prompte fuite du roi en Asie, en lui faisant craindre que la retraite ne lui fût coupce. Athènes avait été détruite : Tliémistocle dirigea la reconstruction , et parvint à terminer les travaux de fortification avant que Sparte pût les entraver. Il conseilla aussi d’employer le Pirée. On dit qu’après la guerre médique il eut le projet , pour assurer la domination de sa patrie, d’incendier les vaisseaux des autres Grecs , mais qu’Aristide , à qui seul il confia son plan, le fit rejeter, en dcclarantque la proposition était utile, mais injuste. Bientôt en butte à la méfiance de ses concitoyens , qu’il avait blessés par sa vanité , et aux accusations des alliés, qu’il avait rançonnés, impliqué par le ressentiment de Sparte dans la trahison de l’ausanias , il fut banni par l’ostracisme, 475, alla d’abord à Argos, puis dans l’ile de Corcyre , se confia ensuite à la générosité d’Admète, roi des Molosses, le quitta pour gagner Pydna en Macédoine, et se rendit enfin en Asie-Mineure, 472. Il alla à la cour du roi de Perse , Artaxercès Longue-Main , qui l’accueillit avec magnificence, et qui lui donna les revenus de trois villes d’Asie-Mineure. Selon Plutarque , invité par Artaxercès à prendre le commandement des Perses contre Cimon , il aima mieux s'empoisonner que de faire la guerre à sa patrie. Thucydide dit qu'il mourut de sa mort naturelle à l’âge de 63 ans. F — T.

THÊKEZAY, ch.-l. de canton (Deux -Sèvres) , arr. et à 23 kil. N.- E. de Parthenay ; 840 hab.

TH1.NON, ch.-l. de canton 'Dordogne), arr. et à 33 kil. S.-E. de I’érigueux; 820 hab.

TI1ENSA ou TENSA, char sacré, chez lesanc. Romains, pour transporter les statues des dieux dans les processions, et particulièrement aux Jeux du cirque. Ces chars, ornés d’ivoire ou d'argent , étaient à 2 roues, et attelés de 4 chevaux de front conduits à la bride par des jeunes gens de bonne famille. C. D — y.

THÉOBAI D. K. Thibaut.

THEOCRITE de Chios, sophiste spirituel qui, par 6es traits satiriques, s’attira la haine d’Alexandre. Il fut mis à mort par ordre d’Antigone, qu’il avait blessé de ses épigrammes. On lui a sans raison attribué un ouvrage sur l’Afrique. V. Fragm. historicorum grœcorum , Didot, 1848.

THÉoCRiTE, poète bucolique grec, né à Syracuse vers 290 av. J.-C. , reçut des leçons de Philétas de Cos et d’Asclépiade de Samos, et fut très-lié avec le poète Aratus.

Il vécut tantôt à Syiacuse, où il reçut des bienfaits du roi Iliéron II , tantôt dans la Grande-Grèce, et surtout à Alexandrie, où il fut bien accueilli de Ptolemée Philadelphe, et fit paitie de la Pléiade. On croit qu’il mourut octogénaire , quelque temps après la prise de Syracuse par les Romains. Bien qu’on désigne ses poésies sous le nom de poésies bucoliques ou pastorales , 12 pièces seulement sur 29 (la Ire, ;a 3e( etc. , jusqu’à la 12e; la 20e et la 27e) roulent sur des sujets rustiques; il est vrai qu’on remarque une certaine teinte champêtre même sur ceux de ses tableaux qui sont étrangers au genre bucolique. Les pastorales de Théocrite se distinguent par des grâces simples, un abandon naïf, une ingénuité quelquefois piquante, un dialogue naturel et vif, et une harmonie poétique bien appropriée au sujet; mais ses peintures sont souvent trop nues , et l’on désirerait çà et là plus de délicatesse et de décence dans les expressions. Les autres pièces de Théocrite témoignent de la rare variété et de l’exquise souplesse de son génie poétique. UfCpithalame d'Hélène et les Pécheurs ont une grâce qui rappelle celle des pastorales proprement dites , sans leur ressembler. Le Petit Hercule est un tableau naïf et animé des mœurs domestiques. Daus la 17® pièce, éloge pompeux de Ptolémée Philadelphe et de sa femme Bérénice, il déploie une grande noblesse de style. La 2e, intitulée la Sfagicienne , est admirable par le pathétique qui y règne, et par la vigueur du style. Dans les Syracusaines , pièce pleine de vie et de vérité , le poète nous transporte pour ainsi dire sur la scène dramatique. Enfin , dans la 16e pièce, il s'élève au ton lyrique quand il montre la puissance et la dignité de la poésie; et, dans les Dioscures , lorsqu'il peint la lutte île Pollnx et d’Amycus , il atteint à la hauteur du poeme épique. Théocrite a été imité comme poète pas- | toral par plusieurs poètes latins , notamment par Virgile ,

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et plusieurs modernes ont aussi marché sur ses traces; mais nul ne l’a surpassé , surtout pour le naturel , et il est resté le modèle du genre. Ses poésies portent le nom d 'Idylles, c.-à-d. petites pièces de vers, terme qui s’appliquait généralement en grec à ce que nous appelons poésies fugitives. Outre les idylles, nous avons, sous le nom de Théocrite , 23 épigrammes, dont 12 seulement paraissent authentiques. Il avait composé encore des hymnes, des élégies, des ïambes, dont il ne reste rien. Les éditions principales de Théocrite sont celles de Reiske, Vienne et Leipzig, 1765-66 2 vol. in-4°; de Warton, Oxford, 1770; de Walckenaer, Leyde, 1779; de Heindorf, Berlin, et de Schæfer, Leipzig, 1810; de Kiessling, 1819; de Geel, 1820 ; de Jacobs, Hall, 1824 ; de Wiiestemann, 1830; de Boissonnade, Paris, 1837; d’Ameis, Paris (collection Didot |, avec une traduction latine nouvelle et les scholies imprimées à part avec celles de Nican-dre et d’Oppien ; d’Ahrens, 1856, avec variantes, notes critiques et explicatives. Parmi les traductions en prose française, on estime celle de Geoffroy, 1800. Théocrite a été traduit en vers par Longepierre, 1688; par Servan de Sugny, 1822; et par Firmin Didot, 1833 , qui a accompagné son travail de notes critiques ei littéraires, d’une traduction latine littérale , d’un discours sur les difficultés de ce poète, et de quelques imitations anciennes ou modernes. P — T.

THÉODAT, roi des Ostrogoths en Italie. Neveu de Théodoric le Grand, il fut élevé sur le trône, après la mort d’Athalaric, par Amalasonte , mère du dernier roi, qu’il épousa en 534 , bien qu’il n’eût cessé d’être son ennemi secret, et qu’il fit bientôt assassiner. Attaqué par l’empereur Justinien Ier, qui prétendait venger ce meurtre, Théodat, plongé dans les plaisirs, laissa prendre la Sicile et le midi de l’Italie , offrit les conditions de paix les plus humiliantes, et fut déposé par son année, qui élut Vitigès , son général , 536. Il voulut s’enfuir, et fut tué sur la route de Ravenne. Th. Corneille a mis sans succès Théodat sur la scène française, en 1672. B.

THEODEBALD, roi d’Austrasie, 548-553, fils de Théodebert I", avait 14 ans à peine quand son père mourut , et était d’une santé faible. 11 ne fit rien d’important; mais Leutharis et Bucelin allèrent, avec une partie des Austrasiens , guerroyer en Italie contre les Grecs.

THEODEBERT Ier, roi frank de l’Austrasie , 534-548, petit-fils de Clovis , succéda à son père Thierry Ier, promit simultanément son alliance àVitigès, roi des Ostrogoths, et à l’empereur Justinien Ier, qui se disputaient l’Italie, espérant les perdre l’un par l’autre, tailla en pièces les troupes des Ostrogoths , puis celles des Romains , dans la Ligurie , mais dut se retirer, après avoir perdu une partie de ses guerriers par la disette et les maladies. Il mourut d’une chute de cheval, à la chasse. B.

théodebert h, roi d’Austrasie , 595-612, succéda à son père Childebert II à l’âge de 11 ans , sous la tutelle de son aïeule Brunehaut, chassa cette princesse en 599, à l’instigation des Leudes, qu’elle avait voulu cloigner du conseil royal, et de sa femme, fut attaqué par son propre frère Thierry il, roi de Bourgogne, que Brunehaut avait poussé à cette guerre , perdit les batailles de Toul et de Tolbiac , 611-612 , et fut mis à mort avec ses enfants. B.

THÉODECTE de Phasélis , mauvais poète tragique du ive siècle av. J.-C. , avait imaginé de taire de la tragédie une image des tribunaux de justice , et de ses personnages des avorats. La pièce se terminait toujours au désavantage de celui qui avait plus mal plaidé. C’était l’exagération, poussée à l’absurde, d’un défaut dont on apercevait quelques traces dans Euripide. V. Mærker, de Thendertis Pliaselitœ vitdet scriptis, Breslau, 1835,in-8°. P — T.

THÉODELINDE, femme d’Autharis, roi des Lombards, qu’elle épousa en 589 , se maria plus tard avec Agilulphe, duc de Turin, le fit parvenir au trône, et le détermina à embrasser la religion catholique. Elle eut la tutelle de son fils Adaloald, 614-625, et laissa une grande réputation de piété. Ce fut elle qui plaça un des clous de la vraie croix dans la couronne des Lombards. B.

THÉUDEiMlR, prince wisigoth d’Espagne, battit sur mer les Maures d’Afrique en 695 et en 7 1 1 , se trouva à la bataille de Xérès , perdue par le roi Roderie qui y fut tué , sauva l’armée , parvint à se maintenir dans la Sierra-Moréna, où il prit le titre de roi, fut bloqué dans Orihuela par Abd-el-Aziz , fils et lieutenant de Mouça , obtint un traité honorable de son ennemi, et, moyennant un faible tribut, en 7 13 , conserva jusqu’à sa mort Murcie, Valence et la Nouvelle-Castille.

THEODORIMENSIS pages, nom latin du Thimerais.

| THËODORA , impératrice d’Orient , fille d’un certain Acacius, gardien de bêtes féroces pour les jeux du cirque,

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sous l’ empereur Anastase, avait été comédienne, danseuse et courtisane , quand Justinien s'éprit de ses charmes. Elle monta sur le trône avec lui , en 527 , et exerça la plus grande intluence sur les affaires publiques. Lors de la sédition de 532, qu’amenèrent les querelles des Bleus et des Verts, elle ranima l’énergie de son époux qui songeait à abdiquer. Elle le seconda aussi dans la réforme et la rédaction des lois. Complice des désordres d’Antonine , femme de Bélisaire, elle se brouilla ensuite avec elle, et fit disgracier Bélisaire lui-même. Bien quelle eût souillé de ses débauches le palais impérial, obéré le trésor par ses prodigalités , et encouru les anathèmes des papes Agapet et Vigile, Justinien la pleura amèrement quand elle mourut d’un cancer en 5 18. Procope , la jugeant d’une façon contradictoire, lui impute, dans ses Anecdotes secrétes , les actions les plus infâmes, et la loue dans son Histoire. B.

theodoha , impératrice grecque, née vers 815 , épousa l’empereur Théophile en 830 , devint veuve en 842 , et exerça le pouvoir au nom de son fils Michel 111 jusqu’en 854. Comme Irène , elle rétablit le culte des Images. Elle extermina aussi les Pauliciens. Les intrigues de son frère l’obligèrent à se confiner dans un cloître , où elle mourut vers 887. S.

thÉodoba , impératrice grecque, 1042-1056. Fille de Constantin VIII et sœur de l’impératrice Zoé, elle régna deux mois avec celle-ci, 1042, puis fut éloignée du pouvoir, qu’elle reprit dans les derniers jours de Constantin X, 1 054 ; elle le garda 19 mois, 1054-1056, et mourut à l’âge île 76 ans, renommée par ses vertus et sa prudence. Avec elle finit la dynastie macédonienne. S.

theodora , dame romaine, parente d’Adalbert II, marquis de Toscane , eut deux filles devenues célèbres, Marozia ( V. ce mot) et Théodora (P. l’art, suivant ).

théodora, fille de la précédente, épousa Gratien, consul de Home. Kiehe, belle et dissolue, elle exerça dans les Etats de l’Eglise une scandaleuse influence, et fit élever au trône pontifical, sous le nom de Jean X , l’un de ses amants.

THÉODORE de Cyrène, philosophe grec de la fin du i.vB siècle av. J.-C., sectateur d’Aristippe, fut surnommé l'Athée, et exilé de sa patrie, à cause de ses opinions sur Jes dieux. Il vint à Athènes, où l’Aréopage, gardien des croyances du paganisme, le condamna, dit-on, à boire la ciguë.

Théodore (Saint), soldat romain, né en Syrie, fut martyrisé, pendant la persécution de Dioclétien, à Amasée, où il avait mis le feu à un temple de Cybèle. On a son panégyrique, écrit par S1 Grégoire de Nysse. Fête, le 9 novembre.

Théodore (Sainte), vierge et martyre, d’une naissance illustre, fut condamnée, pendant la persécution de Dioclétien, au supplice de la prostitution. Arrachée à ses bourreaux par un chrétien nommé Didyme , elle subit avec lui le martyre. P. Corneille a puisé dans cette histoire le sujet d'une tragédie. -

THÉODORE de MOPSUESTE, né à Antioche, d’une famille illustre , vers 350 , m. en 428 , fut le condisciple de S1 Jean Chrysostôme , qui l’entraîna au service de J.-C. Devenu prêtre , il s’attacha à combattre l'hérésie des Apollinaristes , et délivra des Ariens le diocèse de Mopsueste, qui lui fut donné pour prix de ses services, 381. Après sa mort, il fut accusé de pélagianisme , et anathématisé dans le 5e concile œcuménique tenu â Constantinople en 553. Il avait composé de nombreux ouvrages, dont il ne nous reste qu’un Commentaire sur les Psaumes (dans VErposit. Pair. grœc. in Psalmos, du P. Corder), et quelques fragments épars dans l’ouvrage de Facundus de Tribus cajntutis, dans les Actes du 5e concile œcuménique, dans la Bibliothèque de Photius, et dans l'ouvrage d’Angelo Maï , Scrtplorûm velerum nova colleclio è Vaticnnis codicibus, Rome, 1825. V. Meissner, Dissertatio de Thendoro Mopsuesteno, Wittemberg, 1744, in-4°; Le Bret, Disquisitio de fragments Theoduri Mopsuesteni, Tubingue, 1790, in-4°. L — h.

THÉODORE de cÉsaree, surnommé Ascidas , d’abord chef d’un monastère eu Palestine, vint à Constantinople, vers 535, avec le dessein'de propager l’hérésie des Origénistes. Dans ce but, il se ligua avec l’impératrice Théodora pour obtenir de Justinien la condamnation des Troischapilres ( V. ce mot). Il fut, à ce sujet, en lutte déclarée avec le pape Vigile , et soutint ses prétentions par l'abus le plus inique du crédit dont il jouissait; mais le concile de Constantinople, en 563, mit fin aux troubles que ses intrigues avaient excités dans l’Eglise. Il fut excommunié, et prive de l’archevêché de Césarée, qu’il tenait de Théodora. L— H.

Théodore , lecteur de l’église de Constantinople au

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VIe siècle, composa une Histoire, en 2 livres, qui s’étend de la 20® année de Constantin au règne de Julien. Elle a été imprimée en grec par Robert F.sticnne, Paris, 1544, in-fol.; en grec et en latin, Genève, 1612; avec les notes de Valois, Paris, 1673 ; et traduite en français par le président Cousin.

Théodore de pharan, doit son nom à la ville de Phar ran, en Arabie, où il fut évêque, sous Héraclius. On fait remonter jusqu’à lui l'origine du monothélisme ; mais c’est plutôt à Sergius, patriarche de Constantinople, que cette doctrine dut ses progrès. Un livre de Théodore, où il l’appuie, explique sa réputation. L — H.

Théodore Ier, pape, 642 - 649, était Grec de naissance, et né à Jérusalem. Il combattit le monothélisme.

Théodore ii, pape, 898, Romain de naissance, ne régna que 20 jours.

Théodore (Saint), archevêque de Cantorbéry en 668, né en 602 à Tarse en Cilicie, m. en 690. Son nom est resté à un Penitenciel, recueil de canons qu’il publia pour régler le temps que devait durer la pénitence publique, selon l’espèce et la gravité du péché. La meilleure édition est celle de Paris, 1677, in-4°. ,

Théodore studite (Saint), né à Constantinople en 755, m. en 826, fut, en 795, abbé du monastère de Saccudion, près de sa ville natale. Exilé à Thessalonique par Constantin VI, dont il avait refusé de reconnaître le divorce, il revint à Constantinople après la mort de son persécuteur, et y prit la direction du monastère de Stude, qui n’avait que 42 religieux, et où l’on en compta bientôt 1,000. 11 s'opposa aux Iconoclastes, fut banni par Nicéphore, rappelé sous Michel 1er, jeté en prison et flagellé par ordre de Léon V, et remis en liberté par Michel IL II a laissé un grand nombre d’ouvrages, écrits avec élégance, beaucoup de feu et de précision; on y remarque, entre autres, deux excellents Discours sur les images, et plusieurs traités contre les Iconoclastes. Une partie de ses œuvres est publiée dans les OEuvres du P. Sirmond, t. v, Paris, 1686, in-fol. Fête, le 12 novembre.

Théodore prodrome, moine grec du xn® siècle, est auteur du très-médiocre roman des Amours de lihodanlhe et Dosiclès, publié avec une version latine par Gaulmin, Paris, 1625, in-8°, et traduit en français par Godard de Beauchamp. On lui doit encore : un dialogue de V Amitié exilée; la Guléomachie , tragédie burlesque; Amarantus, ou les Amours d'un vieillard , dialogue satirique, inséré dans le 8e vol. des Notices et manuscrits, etc.

TnÉODORE GAZA. V. GAZA.

Théodore 1er dascaris , fondateur de l’empire de Nicée, 1204-1222, devait sa fortune à son mariage avec Anne , fille d’Alexis III. Proclamé empereur de Constantinople pendant la prise de cette ville par les Latins, il passa en Asie, et, avec l’aide du sultan Ghajaszeddin, conquit peu à peu le pays depuis le Méandre jusqu’à Nicomédie, avec Pruse, Pergame, etc. Nicée devint sa résidence. Il fut aidé par les circonstances difficiles où se trouvaient Baudouin Ier et Henri Ier. S.

Théodore il lascaris , empereur de Nicée, 1255- 1259, succéda à son père Jean Dueas Vatace, à l’âge de 33 ans. La guerre qu’il fit à Michel, roi des Bulgares, faisait bien augurer de son règne, lorsqu’il fut saisi par uue grave maladie, qui le rendit soupçonneux et cruel, et finit par l’enlever. S.

Théodore Ier, roi de la Corse. V. Neuhof.

THEUDURET, écrivain ecclésiastique, né à Antioche, en 387, d'une famille illustre, m. ve<rs 458, reçut une forte et pieuse éducation, distribua, après la mort de ses parents, tous ses biens aux pauvres, et se retira dans un couvent près d’Apamée. Il fut élevé , en 423 , au siège épiscopal de Cyr (Syrie Euphratésienne ) . Son amitié pour Nestorius, dont il ne partageait cependant pas les erreurs, le porta à se déclarer contre S1 Cyrille ; il se réconcilia bientôt avec ce patriarche, mais ne se décida que long temps après, pour le bien public, à condamner l’hérésiarque. Le zèle qu’il déploya contre les Eutychéens fournit à ses ennemis l'occasion de le perdre à la cour de Constantinople: condamné, sans avoir été entendu, dans le prétendu concile dit Brigandage d'Ephèse, que Dioscore, patriarche de Constantinople, avait convoqué en 449, il n’obtint la réparation de cette injustice que sous l'empereur Marcien. Théodoret a laissé . une Histoire ecclétias tique, en 5 livres, qui s'étend de 325 à 429, ouvrage exact, écrit avec élégance et netteté , préférable à ceux de Socrate et de Sozpmène, bien qu’on y remarque plusieurs fautes de chronologie; une Histoire pieuse, ou Histoire t’hilotée Ic.-à-d. des amis de Dieu), qui contient la Vie do 50 solitaires; un Traité de la Providence, en 10 livres, etc.

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Ses œuvres ont etc publiées par le P. Sirmond, Paris, | 1642, 4 vol. in-fol. , auxquels on joint 1 ’Auctarium du P. Garnier, 1684; et par Schulze et Nœsselt, grec-latin, Halle, 1767-74, 10 vol. in-8°. V. Holzhausen, de Fontibus quibus Socrates , Sozomenus et Tlieodoretus usi sunt, Gœttingue, 1825, in 4°. B.

THÉODORIC, en allemand Dietrich, roi desOstrogoths, né en Pannonie en 455 , m. en 526 , était fils de l’héodomir. Jeune encore, il fut envoyé en otage à Constantinople, et élevé dans les idées et la civilisation des Romains, dans le secret de leur faiblesse et de leurs intrigues. 11 défendit même Zénon contre Rasilisque, en 477, et reçut en récompense les titres de patrice et de consul, avec les honneurs d'une statue et du triomphe. De retour dans sa tribu, quelques circonstances inconnues le brouillèrent avec ses amis de Byzance. 11 dévasta l’IUyrie, et se fit céder une partie de la Mœsie. Zénon effrayé le rejeta vers l’Italie, alors au pouvoir d’Odoacre, et sur laquelle il lui déléguait ses droits, 489. Théodoric, à la tête de 20,000 Barbares, écrasa d’abord dans les Alpes une armée de Gépidesetde Sarmates, puis battit Odoacre et les Hérules sur les bords de l'Isonzo. Vainqueur une deuxième fois à Vérone , puis sur les bords de l'Adda, il prit, après deux ans de siège, la ville de Ravenne, où il établit sa résidence, ordonna de massacrer Odoacre dans un festin, et se fit reconnaître roi d’Italie par l’empereur Anastase, 493. Prétendant à l’héritage des derniers empereurs d’Occident, maître de l’illyrie, de la Pannonie, de la Norique, de la Rhétie , il se fit céder encore la Sicile par Thrasimond, roi des Vandales, protégea Gondebaud, roi des Burgondes, contre les Franks, 501, et, après la victoire de ses troupes sur le fils aîné de Clovis à Arles, 508, garda la 2e Narbonaise. Essayant de ressaisir cette espèce de suzeraineté que les empereurs avaient souvent exercée sur les rois barbares, il prit sous sa protection les plus faibles de leurs tribus, les Bavarois, les Alémans, épousa la sœur de Clovis , maria sa propre sœur à Thrasimond , sa nièce au roi des Thuringiens, ses filles au roi des Wisigoths d’Espagne Alaric II, et au fils du roi des Burgondes. En 507, il prit la tutelle d’Amalaric, fils d’ Alaric II. Quant à l’administration intérieure, Théodoric réserva aux Goths le métier des armes et les emplois militaires : la société romaine suhsista presque tout entière à côté de ses maîtres ; la science, les arts , les emplois civils , furent le partage des lîomainsT et, par une exception remarquable, la loi des vaincus devint la loi des vainqueurs ; Y Edit de Théodoric ne modifia que légèrement la loi romaine. Le iénat de Rome garda ses vieilles formes, et les villes leur constitution municipale. Des vaisseaux légers défendirent les côtes, comme du temps d’Auguste, contre les corsaires vandales ou numides. Les campagnes redevinrent fécondes; pour la première fois depuis bien des siècles, l’Italie se suffit à elle-même, sans recourir à la Gaule ou à l’Afrique. Les impôts se payaient régulièrement, suivant la forme romaine. Deux cents livres d’or furent consacrées chaque année à l’entretien des monuments de Rome : Ravenne, Vérone, Ravie, Spolète , Naples, virent les arts reffeurir. Théodoric, fidèle aux traditions de l’Empire , sut rester aussi étranger aux choses religieuses qu’il était attentif aux choses politiques. 11 fut aidé daus son administration par Cassiodore ( V. ce mot). Bien qu’il ne sût pas écrire, il attira autour de lui les plus 1 beaux esprits du temps, Boèce, l’évêque Ennodius, etc. Dans les dernières années de son règne, voulant venger les Ariens, ses coreligionnaires, persécutés en Orient, il poursuivit les catholiques en Italie : une conspiration se forma. Le préfet Symraaque et sou gendre Boèce y furent impliqués, et livrés au supplice. Théodoric reconnut cependant leur innocence , et le6 remords qu’il en éprouva hâtèrent, dit-on, sa fin. V. Du Roure, Histoire de Théodoric, Paris, 1846, 2 vol. in-8°. F — T.

théodoric 1er, roi des Wisigoths d’Espagne, 419-451, •uccesseur de Wallia, réunit la Novempopulanie à ses possessions, et prit pour gendre Genséric, roi des Vandales. Contenu par Aétius, qui le repoussa du siège d’Arles et de Narbonne, 437, il s’allia néanmoins aux Romains et aux Barbares déjà établis en Gaule, pour repousser Attila, et fut tué à la bataille de Châlons-sur-Marne. IL

Théodokic il, roi des Wisigoths d’Espagne , 453-466, fils du précédent, tua de sa main son frère Thorismond, fit un empereur romain, Avitus, battit Réchiaire, roi des Suèves, 456, occupa la Lusitanie et la Bétique, combattit Majorien, obtint de Ricimer la Narbonnaise lre, et périt tous les coups de son frère Euric. H.

THEO DOSE (Le comte), habile général sous Valentinien l«r, battit les Barbares , délivra des Pietés la Bre-

I tagne qu’il gouverna sagement, et réprima en Afrique le maure Firmus; mais une prédiction que l'Empire passe rait à un homme dont le nom commençait par Théod, poussa Valens à faire décapiter Théodose à Carthage, ainsi que beaucoup d’autres victimes, en 376. A. G.

théodose Ier (Flavius), le Grand, empereur romain, 379-395, fils du précédent, né en 345 à Cauca (Galice), se retira dans sa patrie après la mort de son père. Gratien, voyant l’Empire envahi de tous côtés par les Barbares, l’appela à son secours, après la défaite et la mort de Valens, à Andrinople; il accourut, et, à la tête d’une assez faible armée, força les Barbares de rétrograder vers le Danube. Alors Gratien lui abandonna l’empire d’Orient, 379. Théodose battit les Goths dans mille petits combats, traita avec leur chef Athanarie, et les établit en Thrace et en Mésie, 382; puis il triompha de l’usurpateur Maxime, qui avait détrôné Gratien, et qui attaquait encore son successeur Valentinien II, 383. En 391, il défit, près d’ Aquilée, le Franc Arbogast, ministre puis assassin de Valentinien à la place duquel ii avait mis le rhéteur Eugène. Seul dès lors, et maître des empires d’Uccident et d'Orient, il allait revenir à Constantinople, quand il mourut à Milan. Théodose essaya d’arrêter la ruine de l’Empire par une ferme administration; baptisé dès 380, il avait élevé au siège épiscopal Grégoire de Nazianze, 380, et, l’année suivante, le concile de Constantinople avait condamné l’arianisme. Il défendit sous des peines sévères le culte des faux dieux, qui se réfugia chez les habitants des campagnes (payent); il ôta aux hérétiques le droit d’arriver aux charges, et celui de disposer par testament de leurs biens ; enfin , ayant puni par un massacre de 7,000 personnes une sédition du peuple de Thessalonique, il se soumit à la pénitence que lui imposa S1 Ambroise, aux portes de la cathédrale de Milan, reçut les reproches de l’évêque devant tout le peuple, ei. n’entra point dans le temple pendant 8 mois. Il est le dernier empereur qui ait réuni sous une seule domination tout l’Empire; lui-même le partagea avant sa mort entre ses fils Houorius et Arcadius. V. la Vie de Théodose par Fléchier. A. G.

théodose ii, empereur d’Orient, 408-450, succéda, à l’âge de 8 ans, à son père Arcadius. Sa sœur Rulchérie, qui gouvernait sous son nom, lui fit épouser la belle Athénais ou Eudoxie , fille du philosophe Léontius. Ce prince se rendit méprisable par la confiance qu'il mettait en son chambellan Chrysaphe et en d’autres eunuques. Il fit aux Perses une guerre peu glorieuse, envoya en Afrique, contre le roi des Vandales Genséric, une armée qui n’obtint aucun succès, n’arrêta les Huns qui ravageaient la Thrace qu’en payant un tribut, à Attila, favorisa les Nestoriens, mais les condamna sur la fin de sa vie. Son principal titre est la promulgation du Code theodosien. qu’il fit rédiger; c’est le premier Code officiel connu, car celui de Grégoire et celui d’Hermogène sont perdus, sauf quelques fragments publiés par Sichard et Cujas. Théodose ne laissa qu’une fille, qu’il maria à Valentinien III, et mourut à l’âge de 49 ans. M.

théodose m, empereur grec, 716-717, était receveur d’impôts à Adramytte, en Mysie, quand une armée en révolte dans l’ile de Rhodes le proclama empereur malgré lui à la place d’Anastase 11. Léon l’isaurien, qui commandait une armée en Orient, ayant refusé de le re- I. connaître, il lui céda le trône, et se retira dans un monastère où il passa le reste de ses jours.

THÊÜDOS1E, Théodosia, auj. Coffa , v. de la Chersonèse Taurique, au S.-E., sur le Bosphore Cimmérieu, était jadis l’entrepôt des contrées environnantes.

THÉODOSIEN (Code), recueil de lois romaines, comprenant seulement les lois des empereurs depuis Adrien, et principalement celles des empereurs chrétiens. Cujas et Godefroy ont essayé d'en restituer les textes avec de nombreux emprunts faits au Code d’ Alaric. 11 fut promulgué en 438 par Théodose II, empereur d’Orient, et introduit en Occident par Valentinien HI. L’édition, avec le commentaire latin de Godefroy, forme 6 vol. in-fol., Leipzig, 1736-45.

THEODOSIENNE (Table ou Carte). V. PEriTiNGER.

THËODOSIOROLIS, v. de Mésopotamie, la même que Resena I V. ce mot).

T11ËÜDOTE , précepteur et ministre de Ptolémée Dionysos, roi d'Égypte, lui conseilla de faire assassiner Pompée, et porta la tête de la victime à César, qui plus tard ordonna de le mettre à mort.

THÈODOT1EN ou THËODOTE, de la secte des Ebionites, né à Sinope, écrivit, au temps de l’empereur Commode, une des traductions grecques de l’Ancien -Testament recueillies dans les Hexaples d’Origène; c’est la

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traduction des Septante, arrangée suivant les erreurs des Ebionites.

THÉODULFE , un des premiers restaurateurs des lettres en France, né vers le milieu du vme siècle dans la Haute-Italie, m. en 821, se rendit célèbre par son savoir, fut appelé vers 781 à la cour de Charlemagne, reçut l’abbaye de Fleury-sur-Loire, puis l’évêché d'Orléans, s’appliqua à rétablir la discipline ecclésiastique, à faire fleurir les bonnes études, enjoignit aux pasteurs de donner gratuitement l’instruction au peuple, et reçut de l’empereur la mission de réformer l’administration de la justice dans les deux Narbonaises. Sous Louis le Débonnaire, accusé de complicité dans la révolte de Bernard , roi d’Italie, il fut dépouillé de ses bénéfices, et relégué à Angers, 821, où il mourut. On a de lui quelques écrits insérés dans les Œuvres du P. Sirmond, t. 2, entre autres des Capitulaires ou instructions à son clergé, très-importants pour la connaissance des usages de ce temps-là, et des poésies parmi lesquelles le Gloria, laus et honor, hymne que l’on chante à la procession, le dimanche des Rameaux.

THÊOGAMIES, fêtes des anc. Grecs eu l’honneur de Proserpine, et en mémoire de son mariage avec l’iuton.

THEOGNIS, poete grec, né à Mégare, d’une famille noble et riche, Mûrissait vers 540 av. J.-C. Banni de sa patrie, il choisit Thèbes pour retraite. Quand il revint, il ne recouvra ni ses honneurs ni sa fortune. Il nous reste de lui environ 700 distiques, qui cependant ne sont que des fragments, car ses œuvres ont été dérangées de leur ordre primitif par des compilateurs de sentences morales, qui en ont fait des extraits. Théognis est le poëte gnomique ou sententieux (de •p/Mti.n, sentence) par excellence; ses vers, adressés à un certain Cyrnus, forment un vrai code de morale. C’est, du reste, une sagesse défiante et chagrine; l’amertume du malheur respire dans ses vers ; il ne voit guère l’homme que par le mauvais côté. Les principales éditions de Théognis sont celles de Brunek ( dans ses Poetæ gnomici) , Strasbourg, 1784; deLindner, Rudolstadt, 1810; de Bekker, Leipzig, 1815, in-8«; de Wélker, Francfort-sur-Mein, 1826, in-8° ; d’Orelli, 1840. Il a été traduit en français par Lévesque dans les Moralistes anciens, 1783, et par Coupé, Paris, 1796, in-8°. D — r.

THÉOLOGAL, nom donné , dans les cathédrales et dans quelques collégiales, à un théologien prébendé pour prêcher à certains jours, et pour faire des leçons de théologie aux jeunes clercs. C’est une institution du pape Innocent III, dans le 4* concile de Latran , en 1215; elle fut confirmée par le concile de Bâle , 1431 , et par celui de Trente. En France, le concordat de 1516, les ordonnances d’Orléans , 1561, et de Blois , 1579, ont déterminé les devoirs du théologal.

THÈOMANCIE, divination pratiquée par des imposteurs qui se disaient inspirés de quelque divinité.

THEUN l’Ancien, astronome observateur, florissait pendant la jeunesse de Ptolémée, qui reçut communication de ses observations. On l’a confondu avec son contemporain Théon de Smyme. H. M.

tiiÉo n de Smyme, mathématicien et philosophe platonicien du ne siècle de notre ère. Il nous reste de lui une Arithmétique, et une Astronomie. C’étaient, dans le plan de l’auteur, la lre et la 4e partie d’un manuel des sciences mathématiques destiné spécialement aux Platoniciens et intitulé Connaissances mathématiques utiles pour la lecture de Platon. L'Arithmétique, en 93 chapitres, dont le 33® est intitulé Ue la Musique, et dont les chapitres 33-68 concernent principalement les nombres musicaux, a été publiée, avec traduction et notes en latin, par Eoulliau, Paris, 1647 , in-4°, qui a cru que les chapitres 33-93 étaient un traité à part sur la musique, tandis que l’auteur dit expressément qu’il comprend la théorie des nombres musicaux dans l’arithmétique. Les 32 premiers chapitres seuls ont été publiés de nouveau par Gelder, Leyde, 1827, in-80, qui a cru qu’ils comprenaient l’arithmétique entière. Cet ouvrage est important pour la connaissance des spéculations des anciens sur les nombres. L 'Astronomie de Théon a été publiée pour la première fois par M. H. Martin, avec introduction , traduction et commentaire en latin, Paris, 1849, in-8°. Ce manuel offre une multitude de documents précieux pour l’histoire de l’astronomie , de la philosophie et de la littérature grecques, des citations et des fragments de poètes et de prosateurs perdus, et notamment d amples extraits des traités astronomiques du péripatéticien Adraste et du platonicien Dercyllidès, qui interprétaient diversement l’astronomie de Platon, pour la concilier avec les découvertes d’Ilipparque. La 2e partie du manuel de Théon devait être une géométrie plane, la 3e une stéréométrie , la 5e un traite de la musique des sphères

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célestes, où il se proposait de suivre surtout Thrasylle. Mais on ignore si Théon avait réalisé ces trois parties de son plan. 11 est faux que Psellus ait copié Théon de Smyrne. H. M.

théon d’Alexandrie, mathématicien, père de la célèbre Hypatie, observa à Alexandrie, en 365 ap. J.-C., une éclipse de soleil et une éclipse de lune. On ne sait s’il est l’auteur des démonstrations jointes à titre de commentaires aux énoncés des propositions d’Euclide , ou bien si ces démonstrations sont d’Euclide, et si Théon n’a fait qu’en donner une révision. Théon avait commenté, ou plutôt paraphrasé, les 1.3 livres de la Grande composition mathématique de Ptolémée, en ajoutant quelques théorèmes élémentaires et quelques exemples de calcul. Le 3e livre de ce commentaire, le commencement du 5e, la fin du 10e, le 11e et le commencement du 12e, sont perdus. Le 3e livre est suppléé par un commentaire de Nicolas Cabasilas, archevêque de Thessalonique au xive siècle, et le commencement du 5e livre par un commentaire de Pappus sur cette partie. Le commentaire de Théon , avec les deux morceaux de Cabasilas et de Pappus, a été publié par Camerarius en un volume faisant suite à l’ouvrage de Ptolémée, Bâle, 1538, in-fol. Les deux premiers livres ont été publiés, avec traduction française, par l’abbé Halma, Paris, 1821-23, 2 vol. in-4°. Théon est l’éditeur et non l’auteur des Tables manuelles de Ptolémée, sur lesquelles il a écrit un commentaire, publié avec ces Tables par l’abbé Halma, Paris, 1821-1823, 2 vol. in-4°, avec une traduction française et des notes. On ne sait si c'est Théon le mathématicien ou Théon le sophiste qui a commenté Ara tus. Quoi qu’il en soit, le commentaire sur Aratus qui nous reste sous le nom de Théon est une compilation de scolies, et Théon n’est qu’une des sources où le compilateur a puisé. La meilleure édition de ce commentaire se trouve dans l’édition d’Aratus donnée par Buhle, Leipzig, 1793- 1801, 2 vol. in-8°. L’édition de l’abbé Halma, Paris, 1823, in-4°, n’en contient qu’un mauvais extrait, avec une mauvaise traduction française. H. M.

théon (Ælius), d’Alexandrie, sophiste ou rhéteur, vivait au ne siècle ou au commencement du me. De ses nombreux ouvrages, il ne nous reste que ses Exercices préparatoires, espèce de cahiers de rhétorique, dont la meilleure édition est celle de Daniel Heinsius, Leyde, 1626, in-8°. Une édition plus récente est celle de Finckh, Stutt gard, 18.34, in-8°. On lui attribue quelquefois un commentaire sur Aratus [V. l'art, précédent). H. M.

THEOPHANE , historien et poëte grec, né à Mitylène, s’attacha à la fortune de Pompée, qui lui fit obtenir le droit de cité romaine. 11 avait écrit une Histoire des guerres des P.omains sous le commandement de Pompée ; elle est perdue, sauf quelques fragments conservés dans Strabon et Plutarque. On a de lui aussi deux épigrammes dans Y Anthologie.

THÉOPHANE (George), écrivain byzantin, né vers 751, m. en 818, fut abbé d’un monastère de Mysie, et eut à endurer des persécutions pour avoir résisté aux Iconoclastes. On lui doit une Chronographie , de 284 à 813, publiée par le P. Combefis, avec une version latine du P. Goar, Paris, 1655, in-fol.

THÉOPHANIE, nom donné primitivement à la fête de l’Epiphanie ( V. ce mot. )

TITÉOPHANO, impératrice grecque. Fille d’un cabaretier, elle fut successivement la femme de deux empereurs, Romain II, 949, et Nicéphore Phocas, 963. On lui prête tous les crimes. D’abord elle aurait poussé Romain II à empoisonner son père Constantin VII, 958, et aurait empoisonné Romain II lui-même, 963 ; puis elle aurait sollicité Zimiscès, son amant, de tuer Nicéphore Phocas, 969. Zimiscès, à son avènement , se hâta de l’exiler en Cappadoce. Après la mort de Zimiscès, en 976, elle fut rappelée à la cour de ses deux fils, Basile II et Constantin VIII. S.

théophano, fille de la précédente et de Romain II, fut donnée en mariage par Zimiscès à Othon II , 972. S.

THÈOPH1LANTHROPES , c.-à-d. amis de Dieu et des hommes, membres d’une secte qui essaya, pendant la Révolution , de faire une religion du déisme. Après les saturnales de l’athéisme, qui avaient inauguré la déesse Raison à Notre-Dame, Robespierre fit décréter l’existence de l’Etre-Suprême et l’immortalité de l’âme. D’ Auber mesnil , député à la Convention , exhuma quelques pra tiques des anciens Mages, et créa l’association des^îViéoandropophiles, berceau de la théophilanthropie. Chemin, Janes, Moreau, Mandar, tous bien obscurs aujourd’hui, et le frère du minéralogiste Ilaüy, furent les chefs de la secte nouvelle, dont le 1er rédigea le Manuel, et, en partie,

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V Année religieuse des Théophilantnropes, 4 vol. in-18. Les membres delà secte nouvelle se réunirent le 16 déc. 1796, obtinrent la haute protection de Laréveillère-Lepeaux et du Directoire, qui mit, en 1797, à leur disposition les principales églises de Paris, et attirèrent un grand nombre de personnes bien intentionnées, séduites par la morale pure que l’on y débitait. Cependant un journaliste ayant dit que c’était un club de Jacobins, le nouveau culte fut aussitôt discrédité. Les Théophilanthropes célébraient leurs fêtes le décadi, puis ils prirent le dimanche, et aspirèrent à confondre toutes les religions dans une sorte d 'Institut de morale. Leurs cérémonies consistaient en un sermon et quelques cantiques en langue française. Ceux qui faisaient les fonctions de prêtres (car la théophilanthropie n’en avait pas, et les adeptes l’étaient tour à tour) revêtaient une robe blanche assez semblable à une aube. Ce prétendu culte n’eut quelque consistance qu’à Paris ; après moins de 5 ans d’existence , il ne comptait plus qu’un petit noyau de fidèles, quand un arrêté des consuls du 17 vendémiaire an x (21 octobre 1801) lui interdit l’usage des édifices nationaux. J. T.

^ THEOPHILE (Saint), évêque d’Antioche et Père de l’Eglise, m. vers 190, était né de parents idolâtres. La lecture des livres saints le convertit, et il fut élevé au siège d’Antioche en 168. Il nous reste de lui une Apologie de la religion chrétienne, en 3 livres, ouvrage solide, entrepris pour la conversion d’un ami , et où il prouve que Dieu est infini et incompréhensible dans ses perfections; que la doctrine des païens sur leurs dieux est fausse et monstrueuse; enfin que les écrits des plus sages d’entre les païens sont remplis de maximes contraires à l’humanité, à la raison, et à la saine morale. Il existe de cet ouvrage plusieurs éditions en grec et en latin ; la dernière est celle de Hambourg, 1724, in-8°. Fête, le 6 décembre.

Théophile , professeur de droit à Constantinople, fut un des jurisconsultes qui aidèrent Tribonien dans la compilation des Instituas de Justinien. On a de lui une paraphrase en grec de cet ouvrage, retrouvée au xvie siècle, et publiée par Fabrot , Paris, 1638, in-4°, et par Reitz, greclatin, La Haye, 2 vol. in-4°.

Théophile , empereur grec, 829-842, né à Amorium, succéda à son père Michel II le Bègue. Ce fut un rude justicier, mais plus encore un ardent iconoclaste, et le dernier. 11 aimait le luxe et les bâtiments. Malgré son intrépidité personnelle , il fut malheureux contre les califes Al-Mamoun et Motassem. S.

Théophile, dit le Moine ou le Prêtre , artiste et médecin du Xe ou du xie siècle, dont la patrie est inconnue. On a de lui un ouvrage très-intéressant pour l’histoire des arts et les procédés usités de son temps : Diversarum arlium schedula, imprimé dans les Mémoires d’histoire et de littérature tirés de la bibliothèque du duc de Wolfenbutlel, Brunswick, 1781. Il y en a un exemplaire aux manuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris. MM. de l’Escalopier et Guichard ont traduit cet ouvrage en français, Paris, 1843, in-4°. Théophile y traite de la peinture sur toile, sur bois, sur vélin, à fresque, et sur verre, des émaux, de la mosaïque avec des cristaux coloriés, de l’art de nieller, de damasquiner, de l’orfèvrerie en général.

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