‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 572 sur 864 · THÉOPHILE DE VIAD. V. VIAU · texte numérisé non relu

THÉOPHILE DE VIAD. V. VIAU

THÉOPHRASTE , célèbre philosophe grec, né à Erèse, dans l’ ile de I.esbos, en 371 av. J.-C., était fils d’un foulon, et se nommait Tyrtame; le nom de Théophraste I parleur divin ) lui fut donné par les auditeurs du Lycée. 11 fut le disciple ou plutôt l’ami et le compagnon de travaux d’Aristote, et le second chef de l’école du Lycée, dont les doctrines commencèrent à s’altérer avec lui. Abandonnant les grands principes du maître, il s’occupa presque exclusivement de l’observation des faits. 11 composa un trèsgrand nombre d’ouvrages, dont quelques-uns seulement nous sont parvenus. Ce sont, en général, des traités relatifs à l'histoire naturelle, à la physique, à la météorologie ( Histoire des plantes, Causes de la végétation , Signes du beau temps, sur les Pierres, les Vents, le Peu, les Poissons, les Odeurs, etc.). Mais il est surtout connu pour avoir inspiré La Bruyère. Les Caractères de Théophraste , qui forment 30 cliauitres, ne sont point un ouvrage proprement dit, mais des extraits d’un grand ouvrage perdu , probablement d’une Poétique, dans laquelle ces fragments étaient présentés aux poètes comme des modèles. La Bruyère a traduit le livre de Théophraste, mais sur un texte fautif et incomplet , et sans grand souci , d’ailleurs, de l’exactitude littérale. Ce qui reste de Théophraste a été édité par Camérarius, 1541; Daniel Heinsius, Leyde, 1613; Schneider, Leipzig, 1318-21, 5 vol. Les principales traductions françaises sont celles de Lévesque, 1782; de Belin de

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Ballu, 1790; de Coray, 1799; deStiévenart, 1842. F. Foss, De Theophrasti notationibus morum nommentatinnes III, Friedland , 1834-35-36, in-4" ; Schmidt, De Theophrasto rhelore, Hall, 1839, in-4°; Zell, De Theophrasteorum characterum indole, Fribourg-en-Brisgau, 1825, in-4°; Meier, De Theophrastinotationibus morum, Hall, 1850-51, in-4°. F — T.

THÉOPHYLACTE , surnommé Simocatta, sophiste du vu' siècle ap. J.-C., né en Egypte, remplit plusieurs charges à la cour de l’empereur Maurice. 11 a laissé : une Histoire du règne de Maurice, d’un style oratoire et prêtée ■ lieux, publiée par Pontanus, 1604, puis dans la collection Byzantine, et traduite en français par le président Cousin ; des Problèmes physiques, Leyde, 1596, et Leipzig, 1653; 85 Lettres apocryphes, publiées par Gruter, 1599, et par M. Koissonnade, Paris, 1835, in-8°.

THÉOPOMPE, roi de Sparte, 770-723 av. J.-C., institua, dit-on, les Ephores. C’est sous son règne qu’eut lieu la conquête de Thyrée sur les Argiens, et que commença la lre guerre de Messénie. Battu et pris par Aristodème près du mont Itliome, il fut égorgé avec 300 autres Spartiates, en l’honneur de Jupiter d'Ithome.

théopompe de Chio, orateur et historien grec au IVe siècle av. J.-C., disciple d’Isocrate, est surtout cé lèbre par deux ouvrages historiques auj. perdus : l’un, intitulé Hellenica, en 12 livres, était la continuation de l'ouvrage de Thucydide, et s’arrêtait à la bataille de Cnide ; l'autre, sous le titre de Pliilippica, renfermait, en 58 livres, l’histoire des événements contemporains de l’historien, groupés autour de l’histoire de la Macédoine. Théopompe publia en outre un Abrégé d'Hérodote, et plu sieurs ouvrages roulant sur des points de politique et de morale. Cet auteur était très-considéré chez les anciens, qui le citent fort souvent. Il connaissait bien les affaires. de son temps, recherchait curieusement la vérité , et dis* tribuait avec art les détails de ses récits, qui se distinguaient par la simplicité, la olarté, la noblesse et l’harmo nie du style ; mais on signalait dans ses écrits un esprit de malignité et quelquefois de prévention, qui ne laissait pas d’égarer ses jugements ou d’en diminuer l’autorité. On lui reprochait aussi la longueur et le retour trop fré ■ quent de ses digressions. Il ne reste plus de Théopompe que des fragments, dus en très-grande partie à Photius, publiés par Wichers, Leyde, 1829, et dans la Bibliothèque grecque-latine de MM. Didot, t. 1er des Fragments des Historiens grecs. V. E. Kock, Prolegomena ad Theopompum, Stettin, 1803; Pflugk, De Theopompi vitâ et scriptis , Berlin, 1827, in-8®. P — t.

THÉOPSIE , mot consacré pour désigner l’apparition des dieux de la Fable.

TIIEORASCIA , nom latin de la Thiérache.

THEORES. V. Délies.

THÈOXÉNIES, fêtes de l’anc. Grèce, instituée par les Dioscures, et au moyen desquelles on voulait inspirer la vertu de l’hospitalité. Des tables de festin étaient dressées, où l’on espérait que les Dieux viendraient s’asseoir.

TIIÉOT (Catherine), visionnaire, née à Barenton. (Manche) en 1725, m. en 1794, fit part à son curé de prétendues révélations d’en haut. Comme elle demandait des moyens d’existence, son curé l’adressa à l’abbé Grisel, qui fut son directeur à Paris et la plaça au couvent des Miramiones, d’où elle sortit en février 1779, époque où elle débita publiquement les visions de son esprit malade : elle était tour à tour une nouvelle Eve , ou la mère de Dieu, ou le Messie. Jésus-Christ et la Vierge n’étaient que des figures. On 1 enferma à la Bastille; puis on la transféra dans un hôpital, d’où elle sortit pour jouer de nouveau son rôle de prophétesse aux jours de la Terreur. Le chartreux Dom Gerle, ex -membre de la Constituante, était son principal adepte. Elle se disait destinée à enfanter, à70 ans, le nouveau Messie, dont le trône s’élèverait en face de l’église Ste-Gencviève et serait vu de tout l’univers ; la population du globe devait être réduite à 140,000 élus; Robespierre était le précurseur du Verbe divin. Les ennemis du dictateur surprirent les secrets de ce culte caché; ils lui donnèrent les proportions d'une grande conspiration politique; Vadier lut à la Convention un rapport emphatique rédigé par Barrère, et un décret renvoya les principaux accusés devant le tribunal révolutionnaire. Ce léger incident du règne de la Terreur détermina Robespierre à cette retraite de 45 jours qui le perdit. Catherine Théot mourut à la Couciergerie. J. T.

TRIERA. V. Santorin.

TIIERAD ou THERAUD, v. de l’HiD-îoustan (Goudjè.rate), à 24 kil. N. -O. de Radampour; Ï6,000 hab.

THÉRAIN, riv. de France, naît â Gruménil (Ceine- Inférieure ), arrose Songeons et Beauvais (Oise ), et tomba

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dans l'Oise, à 4 kilom. S.-E. de Creil; cours de 90 kilom.

THÉRAMENE, orateur athénien, né dans l’ile de Céos vers le milieu du ve siècle av. J.-C., étudia l'éloquence sous Prodieus, et devint un orateur influent; il était trèsversatile, aida Risandre et Antiphon à abolir la démocratie pour y substituer la tyrannie des Quatre-Cents, en 411, puis, 4 mois après, se mit à la tête du parti qui rétablit l’ancien gouvernement et rappela Alcibiade. Il commanda, en 409 et 408, une partie de la flotte athénienne, fut un des 10 généraux vainqueurs aux îles At'ginuses, 406, mais échappa à la condamnation à mort dont furent frappés ses collègues pour avoir laissé sans sépulture les corps des soldats tués dans cette bataille. Lors du siège d’Athènes par Lysandre, en 404, il se chargea des négociations avec les Spartiates. Lysandre fit élire 30 tyrans, et Théramène fut du nombre. Elu par le parti modéré, il lutta contre la cupidité et les violences de ses collègues ; Critias , l’un d’eux, se déclara son ennemi, et, de son autorité, au nom de ses collègues terrifiés, le condamna à boire la ciguë , en 403. B.

THERAMNÆ. V. Thérapné.

THÉRAPEUTES, e.-à-d. serviteurs de Dieu ( du grec thèrapeuein , servir), secte religieuse dont le centre principal était Alexandrie en Egypte, et qui, soumise au célibat, menait dans la solitude une vie toute contemplative. Leur doctrine, assez semblable à celle des Esséniens, les a fait considérer comme formant une branche de ces derniers, et, par suite, classer au nombre des sectes juives ; c'est l’opinion de l'historien Philon, qui, sous ce rapport, est contredit par l’autorité de plusieurs Pères , tels que Eusèbe et S1 Jérôme, qui font des Thérapeutes une secte de chrétiens : cependant, comme ils avaient des observances judaïques, telles que de garder le sabbat, de n’user ni de vin ni de viande , de faire de fréquentes ablutions , etc. , tout* s choses dont les chrétiens devaient s’abstenir, l’opinion de Philon paraîtrait la plus vraisemblable. Quoi qu’il en soit, les -Thérapeutes peuvent, ainsi que les Ascètes, être regardés comme les précurseurs du monachisme en Orient. D — x — r..

THÉRAPIA, vge de la Turquie d’Europe, est située à 6 leil. N.-E. de Constantinople, sur le golfe de Buïuk- Déré. Résidence d’un métropolitain grec. Maison d’été de l’ambassadeur français.

THÉRARNÉ ou THERAMNÆ, auj. Calamata , ville de Laconie, à l’O. de l’Eurotas et tout près de Sparte. Patrie d’Hélène, de Castor et de Pollux.

' THÉRÈSE, fille naturelle d’Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, et sœur de la fameuse Urraque, épousa vers 1094 Henri de Bourgogne, 1er comte de Portugal , et, en 1110, eut de lui un fils, Alphonse, au nom duquel, veuve et régente , elle gouverna depuis 1112. Elle livra l’Etat à de misérables favoris, fit une invasion eu Castille pour profiter des agitations soulevées dans ce pays par la mésintelligence d’Urraque avec son mari Alphonse le Batailleur, prit Zamora, Toro et Avila en 1121, mais fut moins heureuse en 1127 dans une guerre en Calice contre Alphonse VIII, son neveu. Elle avait épousé, en 1124, Ferdinand Paez, comte de Transtamare. En 1128, elle refusa de remettre le pouvoir à son fils, qui se fit néanmoins proclamer comte ; Thérèse excita un soulèvement pour garder le pouvoir, fut vaincue à San-Mamède , et jetée dans une prison, où elle mourut en 1130. B.

THÉRÈSE (S1*), née en 1515 à Avila (Vieille-Castille), d une famille noble et riche, m. en 1582, fut élevée dans les principes d'une ardente piété, et éprouva, dès l’enfance, de si vifs élans de l’amour divin, qu’elle abandonna la maison paternelle avec un de ses frères pour aller chercher le martyre chez les Maures. Les deux enfants furent ramenés par un oncle, qui les avait rencontrés. Après la mort de sa mère, 1527, Thérèse , se relâchant de sa ferveur, prit goût aux frivolités et aux amusements du monde : mais, placée par son père chez les Augustines d’ Avila, elle sentit renaître ses sentiments de dévotion, et, en 1534 , eüe prononça ses vœux chez les Carmélites de l’Incarnation. Plusieurs fois encore, elle revint aux vanités mondaines, et toujours les souffrances physiques la rendaient à Dieu. La lecture des Confessions de S1 Augustin fit triompher la grâce en elle, et, depuis 1559, non-seulement elle fut à jamais affermie dans les voies de la vertu, mais elle travailla à la sanctification des autres. Réformatrice des Carmélites , elle établit à Avila , en 1562 , une maisonmodèle, sous l’invocation de S1 Joseph, et en fit adopter la règle dans 16 autres couvents de femmes. Inspiré par elle, S1 Jean-de-la-Croix réforma aussi les Carmes. S,eThérèse a été canonisée 39 ans après sa mort; l’Eglise célèbre sa fête le 15 octobre. Elle ne fut pas seulement illustre

par ses vertus , mais aussi par de nombreux écrits, qui l’ont fait appeler par les papes Grégoire XV et Urbain VIII un docteur de l’Eglise ; Bossuet qualifiait la doctrine de cette sainte, une doctrine céleste, Ses principaux ouvrages sont : Histoire de sa vie ; Statuts pour les couvents de Carmélites ; des traités Sur les manières de visiter les monastères et Sur le chemin de la perfection; Avis à ses religieuses; Méditations sur le Pater ; Pensées sur V amour de Dieu ; Méditations sur la communion; un Cantique de post-communion dit Glose de Sle Thérèse; le Châteaude l'âme; des Poésies; des Lettres, etc. Ses OEuvres, en espagnol, ont été publiées à Bruxelles, 1675, 2 vol. in-fol. Divers traités ont été traduits en français par Arnaud d’Audilly, 1670, et par l’abbé Clianut , 1681. Une traduction complète a été donnée par le P. Marcel Bouix, Paris, 1861 , 3 vol. in-8°. L’abbé Emery a écrit l 'Esprit de Sle Thérèse, 3e édit., Paris, 1820, in-8°. V. Villefore , Vie de Sle Thérèse , Lyon , 1824, 2 vol. in-12. t , , B.

THERESIANOPOL, v. des Etats autrich. (Hongrie), dans le comitat de Bacs, à 42 kil. S. -O. de Szegedin, près du lac Paltisch ; 53,399hab. Gymnase roy. Fabr. de draps, teintureries, tanneries. Comm. de chaussures et de bestiaux.

THERESIENSTADT, ville forte des Etats autrichiens (Bohême), à 4 kil. S. -S.-E. de Leitmeritz, à 2 kil. du confluent de l’Elbe et de l’Eger; 2,000 hab. Haras. — Fondée en 1780.

THERMA , nom primitif de Thf.ssalomque.

THERMA1QUE (Golfe), Thermaïcus sinus, auj. Salonilti , golfe formé par la mer Egée, entre la Chalcidique à l’E., la Macédoine et la Thessalie à l’O. Il recevait le Pénée, l’Haliacmon et l’Axius.

THERMÆ CETIÆ ou Austriacæ, nom anc. de Bade en Autriche.

tiiermæ helveticæ ou verbigenæ , nom ancien de Bade en Argovie.

tiiermæ himekenses, nom anc. de Termini.

THERMÆ^SELINUNTINÆ. V. SCIACCA.

THERMEH, anc. Thermodon, riv. de la Turquie d’Asie, affluent de la mer Noire, passe dans une ville de même nom (anc. Themiscyre ).

THERMES (Paul de la Barthe , seigneur de), né à Couserans en 1482, m. en 1562, servit en 1528 sous Lautrec au siège de Naples, se signala à la bataille de Cérisoles en 1544, s’empara du marquisat de Saluces en 1547 , conduisit des secours aux Farnèse de Parme eu 1553, se joignit au corsaire Dragut pour conquérir la plupart des villes de la Corse en 1554, prit Dunkerque aux Espagnols en 1568, reçut alors le bâton de maréchal de France, mais perdit contre le comte d’Egmont la bataille de Gravelines, tomba au pouvoir de l’ennemi, et ne fut relâché qu’à la paix de Cateau-Cambrésis, en 1559. Attaché aux Guises, et nommé gouverneur de Paris, il déplut par sa modération au début des troubles de religion , et mourut en disgrâce. B.

thermes, Thermœ, vastes bains publics chez les anc. Romains. Outre les salles destinées aux divers bains, froids, chauds , etc. ( V . Bains), on y trouvait des galeries pour les exercices de la paume, de la lutte, des jeux gymniques; des salles de conversation, et de grandes cours entourées de portiques pour la promenade. Le luxe des Thermes était populaire; car tout le monde , jusqu’aux plus infimes plébéiens, était admis dans ces établissements, les grandes personnes pour un quadrant (20 c.), les enfants, gratis. Les sexes y étaient séparés Ce fut vers le milieu du règne d’Auguste, l'an 742 de Rome, 11 av. J.-C., que le public commença d’avoir des Thermes; il eut ceux qu’Agrippa avait bâtis pour lui-même, et qu'il légua au peuple. Sous les empereurs suivants, on éleva d’autres Thermes plus vastes encore, où les marbres les plus rares, le granit, le porphyre et les plus belles statues étaient prodigués. D'Agrippa à Constantin, Rome vit bâtir dans son enceinte 7 Thermes de la plus grande magnificence, et dont on a retrouvé des ruines, qui ont permis de les apprécier. C'étaient : les Thermes d'Agriiqia, au milieu du Champ-de-Mars, et mesurant 37,050 mèt. de superficie;

— de Nér on, daus le Champ-de-Mars aussi , an N. -O. des précédents, et nommés depuis Thermes Alexandrins, parce qu’Alexandre-Sévère les rebâtit: superficie, 31,350 mèt.; ils étaient comme une annexe des Thermes d’Agrippa ; — de Novatius , contemporain de Néron, sur la partie E. du mont Esquilin , et dont le pape Rie I a fait l’église Ste-Praxède ; — de Titus, vers le côté méridional du mont Esquilin : superficie, 89,700 mèt.; — de Caracalln , au pied de l’Aventin, vers leCélius : superficie, 117,460 mèt.;

— de Dioclétien, sur le mont Quirinal : superficie, 136,500 mèt. ; l'église de S"-Marie-des-Anges était la salle cen-

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traie de ces Thermes, et une petite partie du tout ; — de Constantin, dans la partie S. du Quirinal : superficie, 39,375 met. ; c’est à peu près les proportions des Thermes d’ Agrippa, et peut-être n’étaient-ils qu’une annexe des Thermes de Dioclétien. — Pour mieux faire saisir la prodigieuse étendue de ces établissements, nous prendrons quelques points bien connus de comparaison : ainsi les Thermes d’ Agrippa étaient deux fois grands comme le jardin de la Place-Royale, à Paris, dont la superficie est de 12,8-34 mèt. ; ceux de Titus surpassaient d’un 5e la place de la Concorde, qui a 75,580 met., hors des balustrades; enfin ceux de Caracalla, ainsi que ceux de Dioclé tien, auraient couvert plus de la moitié du jardin des Tuileries, mesurant 224,360 mèt. C. I) — y.

THE km es (Musée des) et de l'hôtel de cluny. Musée français d’antiquités nationales, situé à Paris, rue des Mathurins-Sl-Jacques , et boulevards St-Germain et de S* Michel. 11 emprunte son nom aux ruines d’un palais que les empereurs romains avaient dans le quartier, et qui existait encore au xme siècle ; il servit de résidence à nos rois de la lre et 2e race, et s'étendait jusqu’aux environs de la Sorbonne. Un vaste enclos formait ses dépendances, et avait à peu près pour limites, au N. la Seine; au S. , l’église Sle- Geneviève ; à TE., la rue SMacques; à l’O. , la rue S1- Benoît. Depuis la fin du xve siècle , il ne reste plus de ce palais que deux salles quadrangulaires, voûtées en maçonnerie , et qui paraissent avoir servi de Thermes, d’où le nom moderne de l’édifice; Tune a 20 mèt. de long, sur 1 lra 50 de large ; l’autre, 9n‘75 sur 6™ 85- La voûte, à plein cintre et à arêtes, esta 18 mèt. du sol Les murs sont construits en assises de moellons et de briques alternées, et la retombée des voûtes repose sur des consoles figurées en poupes de navires. Il y avait jadis sur toutes les parois un enduit de stuc qui a disparu. De vastes souterrains voûtés s’étendent sous toute la construction et dans les environs. On conjecture que ce palais fut construit par Constance Chlore, vers le commencement du ive siècle ; on ne Ta appelé Palais des Thermes de Julien , que d’après une opinion erronée. Le seul fait certain, c’est que le César Julien , gouverneur des Gaules, Ta habité, et que ses troupes l’y proclamèrent empereur, Tan 360. Ces intéressantes ruines, après avoir été abandonnées pendant des siècles, devinrent la propriété de la ville de Paris en 18.36. — Hôtel de Cluny ou de Clugny, est un des monuments les plus complets qui nous restent du moyen âge; il fut bâti, vers le milieu du xive siècle, à TE. et sur l’emplacement d’une partie du Palais des Thermes, pour loger les abbés de Cluny lorsqu’ils venaient à Paris. Rebâti vers la fin du xve siècle ou au commencement du xvie, par Jacques d’Amboise, frère du ministre de Louis XII, il est comme une transition du style gothique ou ogival au style de la Renaissance. On remarque, entre autres choses, au 1er étage, une chapelle très-petite, mais qui est un chefd’œuvre d’élégance et de légèreté. L’hôtel de Cluny fut habité par Marie d’Angleterre, veuve de Louis XII, par le fameux cardinal de Lorraine , et par divers nonces du pape. 11 devint propriété nationale en 1790, fut vendu, et resta propriété particulière jusqu’en 1843, où l’Etat l’acquit avec un riche musée moyen âge que Du Sommerard y avait créé. Ce musée contient des antiquités gallo-romaines dans les Thermes ; et , dans les salles de l’hôtel, restaurées comme en leur état primitif, des statues, des meubles, peintures, émaux, faïences, verreries, armes, serrurerie, tapisseries, bijoux, menu mobilier, matières précieuses, etc. Lorsque l’Etat eut acquis l’hôtel de Cluny, la ville de Paris lui fit don du Palais des Thermes, et ces deux édifices furent réunis. En 1857, on les a isolés des propriétés voisines, et on a créé autour un beau jardin paysagiste , faisant valoir les ruines romaines encore debout. C. D — y.

TITERMIA , anc. Cythnos , île du royaume de Grèce, dans les Cyclades septentrionales, au S.-E. de Zéa; 20 ldi. sur 8; 6,000 hab. Ch.-l. , Thermia , 4,000 hab. Evêché. Elève d’abeilles et vers à soie. Eaux thermales.

THERMIDOR, 11e mois de Tannée républicaine, commençait le 19 ou le 20 juillet, et finissait le 18 ou le 19 août.

thermidor an ii (Journée du 9) (27 juillet 1794 ). La loi des suspects ( V. ce mot) avait rempli les prisons de Paris, et le nombre des détenus politiques s’accroissait encore, malgré l’activité de la guillotine; Robespierre avait fait entendre aux Jacobins de nébuleuses accusations contre des membres delà Convention devenus influents, Tallien , Rillaud-Varennes, Bourdon de l’Oise, etc. Le 8 thermidor, il vint enfin, dans un long discours , dénoncer « la lurde des fripons. » L’impression de cette œuvre d’as-

tuce fut décidée ; puis , sur la demande de Billaud , l’examen en fut renvoyé au Comité de Salut public. Cette première défaite de Robespierre fut le prélude de sa chute. Le lendemain, Saint-Just, son champion , eut à peine commencé un discours apologétique , qu’il fut interrompu de toutes parts. Billaud et Tallien montrent la plus grande énergie ; Robespierre est mis en accusation , ainsi que son frère, Lebas, Saint-Just et Couthon ; menés au Luxembourg, ils sont délivrés, et conduits en triomphe à Ttlôtelde-Vil!e. Pendant qu’ils y délibèrent, la Convention agit; elle les met hors la loi ; Barras marche contre eux ; ils sont abandonnés par le peuple, arrêtés dans la nuit, et guillotinés , le 10 , avec une partie de leurs complices. Ainsi finit le régne sanglant de la Terreur , non par la volonté des vainqueurs, mais par la réaction qui s’opéra dans l’ooinion publique. Depuis, et sous le gvt du Directome, on céléura 1 anniversaire du 9 thermidor. J. T.

THERMIDORIENS, nom qu’on donna à la fraction de la Convention qui reconnut Tallien pour chef après le 9 thermidor. Entraînés par la réaction qu’ils avaient amenée pour leur propre salut, ils revinrent sur les plus odieuses mesures de la Terreur, mais ne surent mettre un frein ni à l'anarchie ni aux mauvaises mœurs. La réaction thermidorienne dura du 9 thermidor an ii (27 juillet 1794) au 13 brumaire an iv (4 novembre 1795). J. T.

THERMODON, auj. Thermèh , rivière d’Asie-Mineure (Pont) , coulait du S. au N. , et se jetait dans le Pont- Euxin près de Thémiscyre. La Fable place les Amazone» sur ses bords.

THERMOPOLE, Thcrmnpolium, établissement public où , chez les anc. Romains, on vendait des boissons chaudes, telles que du vin cuit, du vin doux, de l’hydromel, aux classes moyennes de la société qui venaient boire dans les boutiques de cette sorte. C. D — y.

THEHMOPYLES, Thermopylœ (c.-à-d. les Portes chaudes), auj. Lyscostomos ou Bocca-di-Lupo , défilé de la Grèce (Locride Epicnémidienne) , entre l’extrémité abrupte de la chaîne de l’Œta et un marais qui s’étend jusqu’au golfe Maliaque , conduisait de la Thessalie dans la Locride. Il a 6 à 7 kil. de long, et souvent moins de 10 mèt. de large. Léonidas , avec .300 Spartiates et 4,000 à 5,000 Grecs , le défendit contre toute l’armée de Xerxès , 480 av. J.-C. Les Romains y battirent Antiochus le Grand, en 191. On voit encore les ruines d’un mur de fortifications par lequel Justinien voulut le fermer. Prés de là sont des sources chaudes qui lui ont valu son nom.

THEBMUS, anc. ville de la Grèce , capitale de l’Etolie, près du mont Panœtolios. Là se tenaient les diètes de la ligue Etolienne.

THERMUT1S, nom de la déesse Isis irritée et punissant les crimes.

THERM1JTIQUE (Branche) , bras du Nil qui tirait sou nom de la ville de Thermulis placée sur ses bords. Il se détachait de la branche Atliribitique, et rejoignait la branche Agathodémon, entre Naucratis au N. et AndropolisauS.-E.

THÉROlGNE DE MÉRICOURT (Anne-Joseph), dite Lnmbertine , surnommée la Liégeoise , née à Méricourt, près de Liège, en 1759, de simples laboureurs, m. en 1817, fut élevée avec recherche , et perdue à 17 ans par ses passions. Après avoir mené à Paris une vie déréglée, elle se jeta avec une ardeur fébrile dans la Révolution. Vêtue et armée comme une Amazone , elle eut sur le peuple de Paris un immense ascendant, parut dans les grandes journfes, et fit verser des flots de sang. Vers le 31 mai 1793 , elle prit la défense de Brissot dans le jardin des Tuileries. Les femmes , qui tant de fois l’avaient applaudie, la huèrent, la fouettèrent publiquement , et , par cet acte injurieux , déterminèrent une démence qui ne s’est terminée qu’avec la vie de Théroigne à la Salpêtrière. On a publié eu 1836 plusieurs volumes de Lettres adressées par Lambertine à Rose Laeombe : tout y est apocryphe. J. T.

TI1ÉRON, tyran d'Agrigente, m. vers470 av. J.-C., était né en Béotie, et avait épousé une fille de Gélon. Il fut plusieurs fois vainqueur aux Jeux Olympiques, et Pindare le chanta.

TT1ÉROUANNE, Taruenna, vge (Pas-de-Calais), arr. et à 16 kil. S. de S'-Omer, sur la Lys; 960 hab. C’était jadis une ville importante, fondée par les Romains, et comprise dans la IIe Belgique. Ravagée par les Huns et les Normands , elle reprit son importance au xne siècle. Les Anglais la prirent aux Français en 1513, après une héroïque défense; revenue à la France en 1527 , François Dr en fit la principale de ses forteresses sur la limite des Pays-Bas; Charles-Quintla prit en 1553, et la détruisit. Son territoire fut rendu à la France par la paix de Cateau-Cambvésis - 1559. Elle essaya vainement , depuis , de se relever.

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THERSANDTîE , l’un des Epigones ( V. ce mot) , fils de Polynice , fut mis sur le trône après la prise de Thèbos , alla au siège de Troie, et fut tué par Télèplie. Suivant Virgile, il fut un des guerriers qui se cachèrent dans le cheval de bois.

THElîSA . F. Aiirsa.

THERS1TE, Grec dont Homère fait ce portrait au 2« chant de V Iliade : •■Parleur immodéré, l’esprit fertile en paroles injurieuses, sans cesse avec audace et bravant toute honte il outrageait les rois, afin d’exciter le rire de la multitude ; le plus vil des guerriers, il était louche et boiteux, etc. >• Ennemi d’Ulysse et d’Agamemnon , il fait à ce dernier des reproches assez plausibles ; mais un coup de sceptre d’Ulysse lui impose silence, et les Grecs applaudissent à son châtiment. Un jour qu’il se moquait des regrets d’Achille après la mort de l’Amazone Penthésilée , ce héros le tua d’un coup de poing. Thersite est devenu , par antonomase , le nom des lâches insolents. J. T.

THESEE , héros grec, 10e roi d’Athènes, né àTrézène environ 12 siècles av. J.-C. , était fils d’Egée, roi d’Athènes , et d’Æthra, fille de Pitthée , roi de Trézène. Egée avait placé sous une pierre énorme son épée et sa chaussure, promettant de reconnaître pour son fils celui qui les lui rapporterait; à 16 ans, Thésée souleva la pierre, et sa mère l’envoya à Athènes. 11 prit la route de terre, parce qu’elle offrait plus de dangers. Des brigands infestaient l’Argolide , l'isthme de Corinthe et l’Attique; Thésée défit et tua successivement Sinnis, Sciron , Cercyon , Procuste ( F. ces mots) , et, arrivé à Athènes, fut reconnu par Egée. En Attique , il vainquit les Pallantides qui voulaient dépouiller son père, et prit vivant un taureau qui désolait les plaines de Marathon. Enfin, chargé de conduire en Crète le 3e tribut de 7 jeunes filles et de 7 jeunes garçons destinés au Minotaure, il pénètre dans le labyrinthe à l’aide d’un fil qu’ Ariane lui a donné pour en sortir , et tue le monstre. 11 part en enlevant Ariane et Phèdre; mais il abandonne A.riane dansl’ile de Naxos. 11 oublie de changer les voiles noires que son vaisseau portait en partant pour la Crète. Egée, à cette vue, croyant son fils devenu aussi la proie du Minotaure, se précipite de désespoir dans la mer. Devenu roi , Thésée donna à ses sujets des institutions qui le font regavder comme le premier législateur d’Athènes. 11 institua la fête des Oschophories , celle des Panathénées, fonda les Jeux Isthmiques, réunit en un seul peuple les habitants de l’Attique, les divisa en 3 classes ( nobles, laboureurs, et artisans) , et maintint une autre division plus ancienne en 4 tribus géographiques, subdivisées en 12 phratries, et les phratries en races ou Tî’ve a, au nombre de 360. Thésée prit part à presque tous les grands exploits de l’époque héroïque, l’expédition des Argonautes , la chasse du sanglier de Calyilon , etc. ; il combattit les Amazones, et enleva Hélène. 11 voulut aider Pirithoüs k enlever Proserpine; mais, retenu aux Enfers, il ne fut délivré que par Hercule. A son retour, il reçut les plaintes de Phèdre contre Hippolyte , et invoqua Neptune contre le fils qu'il croyait coupable. Tout se tourne dès lors contre Thésée : une révolte éclate; forcé de fuir, il s’exile à Seyros , où le roi Lyeomède le fait périr par trahison. Cimon rapporta plus tard à Athènes les cendres de Thésée , et la ville éleva un temple à son héros , qu’elle mit au rang des demi-dieux. F — t.

THESMOPHÜRIES, fêtes en l’honneur deCérès Thesmo phore ou législatrice, se célébraient à Athènes et à Eleusis dans le mois de Pyanepsion (novembre), et duraient 3 jours. On en attribuait l’institution à Orphée, à Triptolème, ou aux Danaides. Les femmes seules avaient droit d’y assister, mais sous la présidence d’un prêtre de la famille des Eumolpides ; elles s’y préparaient pendant 9 jours par une vie chaste et pure. Le 1er jour de ces fêtes, elles faisaient une procession solennelle d’Athènes à Eleusis; le 2e, elles simulaient, une torche à la main, de chercher Proserpine ; le 3« était consacré aux initiations. B.

THESMOTHÈTES. F. Archontes.

THESPIES , Thespiœ , auj. Neororio ou Erimo - Castro , une. ville de Béotie , à l’O. de Thèbes et au pied de l’Hélicon, était consacrée aux Muses. Ses habitants s’illustrèrent aux Thermopyles avec les Spartiates de Léonidas.

THESP1ADES. F. Tiiespius.

THESP1S, du bourg d’Icarie en Attique, vécut au VIe siècle av. J.-C. , et passa, dans l’antiquité, pour l’inventeur de l’art tragique. Dans cette première ébauche de la tragédie , un seul acteur jouait, en présence du choeur, auquel le principal rôle appartint encore pendant près d’un siècle. 1 hespis, banni d’Athènes par la sévérité de Solon , qui voyait un danger moral dans ces fictions dramatiques, parcourut les campagnes avec ses acteurs, et le char qui

les transportait leur servait de scène. Thespis inventa aussi le masque tragique. Il fut le maître de Phrynichus. On lui attribuait un Penthée , une Alceste , un Combat de Pélins , et quelques autres pièces, qui n’existaient déjà plus au ier siècle av. J. -O. P — t.

TIIESPIUS ou THESTIUS, fils d’Erechthée et roi de Thespies, livra ses 50 filles à Hercule. Les enfants qui naquirent de ces unions sont appelés Thespiades, et allèrent s’établir en Sardaigne sous la conduite d’Iolas.

THESPUOTIE , Thesprotia, contrée de la Grèce lEpire, à l’O.), le long de la mer Ionienne ; arrosée par l’Achéron et le Cocyte ; v. princip.: Buthrotum, Onchesme, Dodone.

THESSALIE , primitivement Hémonie, contrée de la Grèce septentrionale, séparée de la Macédoine, au N., par les monts Cambnniens et Olympe; de l’Epire et de l’Etolie, à l’O., par le Pinde; de la Doride, des Locrides et de l’Eubée, au S., par l’Œta jusqu’au défilé des Thermopyles, les golfes Maliaque et Pagasétique; et baignée à l’E. par la mer Egée, sur les bords de laquelle s’élèvent les cimes du Pélion et de l’Ossa. Vers la fin des temps héroïques, la vallée du Sperchius, entre l’Œta au S. et l’Othrys au N., n’a plus été comprise dans la Thessalie proprement dite , bornée alors au S. par l’Othrys et par une ligne partant de cette montagne et aboutissant au golfe Maliaque près de l’embouclmre du Sperchius. Ainsi entourée de montagnes, la Thessalie forme une grande vallée, le plus large et le plus riche bassin de la Grèce, et n’a de communication avec la mer que par le défilé de Tempé, par lequel, entre l’Ossa et l’Olympe, se jette le seul fleuve important de Thessalie, le Pénée, avec ses affluents l’Enipée, grossi de l’Apidanos et du Cuarios, l’Ion, le Léthé , le Titarèse, etc. D’après les traditions anciennes, il fut un temps où ces eaux n’avaient pas d’écoulement ; le pays n’était qu’un vaste lac. Un tremblement de terre ouvrit au Pénée cette étroite ouverture, révolution physique dont les légendes grecques font honneur au bras d’Hercule ou au trident de Neptune. Les lacs Nessouis et Bœbeis au pied du Pélion, et les terrains bas et marécageux qui les entourent, témoignent du séjour prolongé des eaux et de la dépression profonde du sol. Le limon déposé sur ccs terres par une si longue inondation et le débordement des rivières nombreuses de ce pays lui donnèrent une merveilleuse fertilité ; la Thessalie produisait aussi des chevaux *-enommés, et sa cavalerie était la première de la Grèce. — Les traditions donnent à la Thessalie , pour premiers habitants , des Pélasgcs, dont elle fut même, avec l’Argolide et l'Arcadie, le centre principal. Leur séjour y est attesté par le nom des villes (Larisse, Dodone) et de plusieurs tribus, les Hestiéens, les Perrhèbes. Vers 1500 av. J.-C., Deucalion et son fils llellen, les ancêtres mythologiques de la race hellénique, envahirent la Thessalie par l’O., et s’ établirent d'abord au S. sur les deux versants de l’Othrys et dans la vallée du Sperchius, pays appelé proprement Helloite par Homère, et Phthie-Acliéenne, des Achéens qui formaient, aux temps héroïques, la principale tribu des Hellènes. Sous les fils d’Hellen, la domination des conquérants s’étendit sur la plus grande partie de la Thessalie. Ainsi le nom de Doride, donné à la partie septentrionale appelé plus tard Hestiœolide, entre le Pénée et les monts Cambuniens et Olympe, prouve que ce pays fut conquis par la tribu hellénique des Doriens, avant qu’elle en fût chassée par les Cadméens et refoulée dans le petit canton de la Doride au S. de l’Œta. Le centre de la Thessalie, appelée plus tard Thessaliolide, portait alors le nom d ’Eolide , et ce nom y atteste la présence des Eoliens-liéotiens d’Arné, qui plus tard occupèrent la Grèce centrale. D’autres Eoliens, connus sous le nom de Minyens et de Magnètes , occupèrent toute la côte orientale ; les premiers fondèrent Iolcos. Ces lieux étaient alors au pouvoir des Perrhèbes, qui les habitaient avec la tribu demi-fabuleuse des Centaures, et qui furent refoulés vers le N. par les Eoliens joints aux Lapithes. C’est 60 ans après la prise de Troie que le nom de Thessalie fut donné au pays, par l’invasion des Thesproles- Thessaliens. Ces peuples, venus de l’Epire, se donnaient pour les descendants des anciens habitants chassés par les Hellènes, et prétendaient, par leur ancêtre fabuleux Thessalus, remonter à Hercule. Quoiqu’ils parlassent le grec, ils n’atteignirent jamais le même degré de civilisation que les autres Grecs, et les différences de leur costume national, ainsi que les reproches de légèreté, de perfidie et de sensualité, toujours adressés plus tard à leurcaractère, font supposer qu’ils appartenaient à une tribu de Pélasges Illyriens, conduits par des chefs de race hellénique. Ils chassèrent les Béotiens d’Arné, et fondèrent une société politique où l’on distinguait quatre classes, dont deux étaient formées

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THI

des conquérants. C’étaient les grandes familles descendant des anciens rois de la race dTIereule, dont l’autorité, quelque temps maintenue après la conquête , avait fait place à une oligarchie multiple, celles des Aleuades à Larisse, des Créonhdes à Phavsale, et des Scopades à Cranon; maîtres d une grande partie des terres, ils vivaient avec un luxe royal, et appelaient à leur cour les artistes et les poetes de la Grèce. Au-dessous d’eux était le vulgaire des l'hessaliens, ne pouvant se vanter d’une origine héroïque, et n'ayant reçu qu’une petite portion du territoire conquis, mais réclamant, à titre de partie du peuple conquérant, une part dans le gouvernement, et élisant, en assemblée générale, des magistrats qui portaient à Larisse le titre de gardiens des hommes libres. 11 y avait deux classes également parmi les vaincus : les uns jouissaient de la liberté personnelle, mais payaient un tribut pour les terres qu'on leur avait laissées, et n’avaient aucun droit politique; les autres, appelés Pénestes (pauvres), ou, selon d’autres, Menesles (attachés au sol ), cultivaient les terres des nobles, menaient paître leurs troupeaux, suivaient leurs maîtres à la guerre, étaient traités avec dureté, et leurs révoltes ont souvent troublé la Thessalie. Jusqu’aux derniers temps de l'indépendance thessalienne, le pays fut divisé en quatre districts, dont on faisait remonter l’origine à Aleuas, l'un des rois de la race d’IIereule; 1° au S., la Phthiotide, avec les villes de Thèbes, Erétrie, Phylace, Itoue, Halos, Ptéléon, Autron, Larissa-Cremaste, Phalara, Lamia; à cette province se rattachaient les petits cantons des Dolopes, au nœud du Pinde et de l’Uthrys (ville, Ktimène), des Œnianes, sur le cours supérieur du Sperchius (ville, Hypata), et des Maliens, entre ce fleuve et les Tliermopyles (villes, Anticyra, Traehis, Héraclée ); 2° à l’O., la Thessaliolide , avec les villes de Métropolis, Ciérion, Pharsale ; 3° à \’E.,\a.Pélasgiotide, avec la Magnésie et les villes de Larisse, Phères, Cranon, Gyrton, Scotussa, Cynoscéphales ; 4° au N., l’ Hesliœolide , avec la Perrhébie et les villes de Trikke, Pelinna, (Egiuion, Phalanna, Doliché, Azoros. Ces quatre districts paraissent avoir formé une sorte de gouvernement fédéral, à la tète duquel était placé, dans les circonstances importantes, un magistrat appelé Tagos , quelquefois flot, et qui semble avoir joui d’une autorité plutôt militaire que civile. L’histoire intérieure de la Thessalie est presque inconnue ; on voit seulement les Aleuades de Larisse renversés, deux générations avant la guerre Médique, par le commandant de la force armée qu’ils entretenaient, rétablis ensuite, et, pour affermir leur pouvoir, engager Xercès à asservir la Grèce, se reconnaître ses sujets, et lui servir de guides dans l’invasion de la Phocide. Un siècle après, un mouvement vers l’unité s’opère en Thessalie. Jason ( V. ce nom) , tyran de Phères, dépossède les oligarques, se fait proclamer chef de toute la contrée, forme une armée considérable, une marine, un trésor, s’unit à Thèbes contre Sparte , ravage la Phocide, s’empare des passages de la Grèce centrale, et conçoit le projet de se faire reconnaître chef de tous les Grecs, et d’aller à leur tète renverser le roi de Perse. Mais il est assassiné, ainsi que deux de ses frères; le 3e, Alexandre, ne peut empêcher les Aleuades de rentrer 'à Larisse, où les rétablit Pélopidas, Thèbes redoutant une puissance aussi considérable au N. de la Grèce, 363. Les Aleuades, menacés par les successeurs d’Alexandre, appellent Philippe de Macédoine, qui défait les tyi'ans de Phères, rend en apparence aux villes leur liberté, et divise le pays en tétrarchies indépendantes entre elles, mais soumises à sa puissance, et lui fournissant de la cavalerie, 357. De ce jour, la Thessalie n’est plus qu’une province de la Macédoine, dont elle partage la destinée sous les successeurs d'Alexandre le Grand. L’un d’eux, Démétrius Poliorcète, fonde sur le golfe Pagasétique la ville de Déraétriade, qui devint bientôt la plus importante de toute la contrée. Théâtre de la guerre entre Philippe III et les Romains, qui sont vainqueurs à Cynoscéphales, 197, la Thessalie tombe avec la Macédoine sous leur domination, 168-148. Comprise, lors du partage des provinces fait par Auguste, dans le proconsulat d’Achaie, on la voit, au temps d’Alexandre Sévère, former une province spéciale, sans qu’on puisse affirmer à quel empereur doit être attribué ce changement. Elle avait alors Larisse pour capitale, et fut rangée, lors des dernières divisions de l’Empire, dans le diocèse de Macédoine, la préfecture d’Hlyrie et 1 empire d’Orient. Auiourd'hui, dans l’empire ottoman, elle l'orme l’eyalet de Tricala , comprenant la partie de l’ancienne Thessalie au N. de l’Oilirys; on y Compte environ 330,000 hab., dont 6,000 juifs et 50,000 musulmans. La partie entre l’Othrys et l’Œta appartient, au royaume de Grèce, où elle forme l’éparchie de Phthio-

tide, dans le nome de Phthiotide-et-Phocide ; Zeitoun est le ch.-l. de l’éparchie et de tout le nome. C. P.

THESSALOXJQUE ou THER.MA , anc. ville de Macédoine (Mygdonie), sur le golfeThermaique. K.Saloniqüe.

THEST1US, roi d’Etolie, fils de Mars ou d’Agéuor, fut le père de Léda et de Clytemnestre.

thustius, roi de Thespies. V. thesfius.

THÈ.l'ES. V. Solon.

TI1ETEORD , Silomagus des Romains, Hierapolis et Jl/onachopolis en latin moderne, brg et paroisse d’Angleterre (Norfolk), à 46 kil. S.-ü. de Norwich, 130 N.-N.-E. de Londres, sur la Petite-Ouse ; 4,000 hab. Capitale de l’Est- Anglie au temps de l’Heptarchie anglo-saxonne, elle contenait jadis beaucoup de couvents. Papeterie, quincaille • rie, taillanderie. Exploit, de houille. Patrie de Th. Paine.

THÉTIS, nymphe de la mer, fille de Nérée et de Doris, et petite-fille de Téthys, déesse de la mer, épousa Pélée, roi de la Phthiotide, et devint mère d’Achille | V. ce novi). Ce fut aux noces de Pélée et de Thétis que la Discorde jeta la pomme d'or, adjugée par Paris à Vénus, comme prix de la beauté.

TIIEUDIS, roi des Wislgoths en Espagne, 531-548, est le premier des rois électifs de cette nation. Général de Théodoric, roi des Ostrogotes, et pour lui chef militaire de l’Espagne pendant la minorité d’Amalaric, il transféra au-delà des Pyrénées le siège de son pouvoir, abandonna anx Francs une partie de ses possessions de Gaule, mais repoussa victorieusement une tentative de Childebert Ier et de Clotaire Ier sur Saragosse, 542. Moins heureux en Afrique, il ne put reprendre Ceuta aux Grecs. Quoique arien, il fut tolérant pour les orthodoxes. 11 fut assassiné à Barcelone. H.

THÈURGIE , sorte de magie que pratiquaient les anciens, et dans laquelle on avait recours aux dieux ou génies bienfaisants pour produire dans la nature des effets supérieurs aux forces de l’homme.

THEUX, v. de Belgique (Liège), à 9 kil. S.-O. de Verviers, 24 S. -E. de Liège; 5,500 hab. Fabr. de draps, tanneries, fonderies de fer ; exploit, de marbre. Ruines de l’anc. château de Franchimont.

TIIEVENEAU , géomètre et poète, né à Paris en 1759, m. en 1821, a édité, scientifiquement, quelques ouvrages de géométrie, et, comme poète, chanté tour à tour Napoléon et les Bourbons. Ses poésies, remarquables seulement par la correction, ont été publiées à Paris, en 1816, 1 vol. in-18; mais on n'y a pas compris le distique suivant, qu’il improvisa pour Napoléon 1er ;

Qui prêtera jamais, pour tracer son histoire,

Une plume à Clio? l’aile de la Victoire.

THÉVENIN (François), célèbre chirurgien, né à Paris en 1656, fut très-habile dans la pratique de son art. Ses OEuvres, publiées à Paris, 1658, et 1669, in-4°, contiennent un Traité des opérations, un Traité des tumeurs , et un Dictionnaire des mots grecs servant à la médecine.

THÉVENOT (M elchisédech), voyageur, né à Paris vers 1620, m. en 1692, visita divers pays d’Europe, et fut chargé de missions à Gênes, 1645, à Rome, 1652 et 1654, et nommé, en 1684, garde de la Bibliothèque du roi. On a de lui : Recueil de divers Voyages curieux gui n'ont point été publiés..., etc., Paris, 1663-72, 4 parties en 2 tomes in-fol., collection intéressante et curieuse de récits de voyageurs de toutes les nations modernes.

thévenot (Jean de), neveu du précédent , né à Paris en 1633, m. en 1667, parcourut d’abord l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne et l’Italie, puis Malte, Constantinople, l’Anatolie, l’Egypte, la mer Rouge, le pays de Tunis, et enfin la Syrie, la Perse, et une partie de l’Inde. Ce fut lui qui, en 1655, introduisit le café en France. On a de lui: Foyage au Leimni, Paris, 1664, in-4° ; Voyage contenant la relation de T Indostan , des nouveaux Mogols , et des autres peuples et pays des Indes, 1684, in-4°. Ces ouvrages oiit été réunis en 5 vol. in-12, Paris, 1689.

thévenot (Coulou de), né à Paris en 1755, m. en 1814, inventa la tachygraphie. Il a publié : Traité de la tachy graphie .

THEVESTRA. V. Tebessa.

THÈZE , ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 22 kil. N. de Pau; 202 hab.

THIAN-CHAN, c.-à-d. monts Célestes, chaîne de montagnes de l’empire chinois , entre la Dzoungarie au N. , la province de Kan-sou à l’E. , le Turkestan chinois au S., s’étend entre les monts Sayaniens au N.-E. , et les monts Bolor au S.-O. Elle comprend les volcans de Pé-chan et de Ilo-tchéou , et les solfatares d’Oumroutsi et de Ivhobok.

THIAN-CHAN-NAN-LOU, c.-à-d. Pays au S. des Thian-chan,

THI

nom donné, par les Chinois, à la Petite -Boukharie.

thi an -ch an - pé -lou , c.-à-d. Pays au N. des Thianchan , nom donné par les Chinois à la Dzoungarie.

THIAXGES , vge (Nièvre), arr. et à 40 kil. S.-E. de Nevers ; 384 hab. Jadis titre de marquisat. — Une sœur de M“e de Montespan, célèbre, comme elle, par son esprit et sa beauté, povta le titre de marquise de Thianges.

TH1AN-TSIX, v. de Chine (Tché-li), ch.-l du département, à 124 kil. S.-E. de Péking. Un traité de commerce y fut conclu par la Chine, en juin 1859, avec la Russie, les États-Unis, l’Angleterre, et la France.

THIARD ( Pontds de | , poete de la Pléiade française du xvie siècle , né vers 1521 au château de Bissy ( Maçonnais), nr. en 1605, fut évêque de Châlon -sur- Saône , et député de sa province aux Etats de Blois , 1588 , où il défendit le roi contre les Ligueurs. On a de lui : OEuvres poétiques, Taris, 1573, in-8°, auj . justement oubliées; V Univers, Ou Discours des parties de la nature du monde, 1557 ,in-4° ; Extrait de la généalogie de Hugues Capet, 1594, in-8°, etc.

thiard (Henri de) , dit le cardinal de Bissy , de la famille du précédent , né en 1667 , m. en 1737 , fut d’abord évêque de Toul , puis succéda à Bossuet sur le siège de Meaux, fut un des commissaires du clergé pour la réception de la bulle Unigenitus, écrivit contre les opposants un Traité lliéologique sur la constitution Unigenitus , fut nommé cardinal en 1715 , et mourut à l’abbaye de Sl-Germain-des-Prés , dont il était abbé.

THIAUCOURT, ch.-l. de canton (Meurthe), arr. et à 35 kil. N. de Toul ; 1,604 hab. Il y eut une abbaye de l’ordre de Cîteaux. Bons vins. Comm. d’huile.

THIBAUDEAU (Antoine-Claire) , né à Poitiers en 1765, d’un avocat au présidial, m. en 1854, entra de bonne heure au barreau, adopta avec ardeur les idées de la Révolution, fut nommé procureur-syndic de sa ville natale , et député à la Convention. Il vota avec la majorité dans le procès de Louis XVI , devint , après le 9 thermidor, un des chefs du parti conventionnel , tenant le milieu entre les anciens Montagnards et les royalistes, montra une grande énergie contre les insurgés du 12 germinal, du Ier prairial et du 13 vendémiaire , fut élu par 32 départements au Conseil des Cinq-Cents, dont il fut secrétaire et président. Resté sans fonctions après sa sortie du Corps législatif, en 1798, il fut nommé préfet de la Gironde en 1800, conseiller d’Etat quelques mois après, et, en 1803, préfet des Bouches-du-Rhône. La première Restauration le priva de ses emplois. Commissaire extraordinaire dans la Côte - d’Or et pair de France pendant les Cent-Jours, il fut exilé après le retour de Louis XVIII. Il parcourut alors la Suisse et l’Allemagne , en butte aux persécutions , finit par obtenir du gouvernement autrichien la permission de se fixer à Prague , revint en France après la Révolution de 1830, et fut fait sénateur par Napoléon III en 1852. On a de lui : Mémoires sur la Convention et le Directoire, 1824, 2 vol. in-8°; Mémoires sur le Consulat, 1826, in-8° ; Histoire du Consulat et de l’Empire , 1835-1837 , 10 vol. in-8°; Histoire des Etats- Généraux , 1 843 , 2 vol. in-8°. B.

THIBAULT (Jean-Thomas) , peintre et architecte, né en 1757 à Montier-en-Der (Haute-Marne) , m. en 1826, fut attaché aux travaux du château du prince de Conti à l’Ile- Adam , puis à ceux du palais de Neuilly , de la Malmaison, de l’Elysée , devint membre de l’Institut et du Conseil des bâtiments civils , professeur à l’Ecole des Beaux-Arts , restaura l’hôtel-de-ville d’Amsterdam , et embellit le palais de La Haye. Il a laissé : Application de la perspective linéaire aux arts du dessin , 1827 , in-4°, 55 pl.

THIBAUT, dit le Tricheur, s’empara de Blois, de Chartres et de Tours, durant les'guerres civiles de Charles le Simple; obtint , avpc la main de I.eutgarde, fille d’Herbert II de Vermandois, le comté de Troyes, y ajouta encore ceux de Beauvais et de Meaux, soutint Hugues le Grand , duc de France, contre le roi Louis IV. et mourut vers 978.

Thibaut iii , fils d’Eudes II, comte de Champagne, et arrière-petit-fils du précédent, fonda la branche des comtes de Blois , Chartres et Brie , qui hérita de la branche aînée, dite de Champagne, en 1125.

Thibaut iv, comte de Champagne, né en 1201 , m. en 1253, fut élevé à la cour de Philippe -Auguste, sous la tutelle de sa mère Blanche , fille de Sanche-Ie-Sage , roi de Navarre. 11 accompagna Louis VIII dans son expédition contre les Albigeois , prit part , en 1226 , à la coalition des seigneurs contre Blanche de Castille , régente au nom de Louis IX , et , après avoir tergiversé entre les deux partis, finit par se rallier à la cause royale. 11 eut à repousser les prétentions que sa cousine Alice , reine de Chypre, élevait sur le comté de Champagne , mais ne put la désintéresser que par de fortes sommes d’argent. Pour se les procurer,

il vendit à la couronne ses droits sur les comtés de Blois , de Chartres, de Sancerre, et la vicomté de Clsûteaudun. Appelé au trône de Navarre après la mort de Sanche, 1234, il entreprit une croisade en 1239 , et n’éprouva que des revers. Thibaut fut un prince versatile et léger, mais il occupa un rang distingué parmi les poètes du xme siècle. Il fut, dit-on, le premier en France qui ait entremêlé les rimes masculines et féminines. On a de lui 66 Chansons , publiées à Paris , 1742, 2 vol. in-12; l’antiquité du langage leur a fait perdre pour nous presque tout leur charme. La passion qu’on a attribuée à Thibaut pour Blanche de Castille paraît n’êtrc qu’une fable. B.

Thibaut (Antoine-Frédéric- Juste), jurisconsulte, né à Hameln ( Hanovre) en 1774, m. en 1840, professa le droit à Iviel, Iéna et Heidelberg. Ses principaux ouvrages sont : Encyclopédie et méthodologie de la jurisprudence , Altona, 1797 ; Essai sur quelques parties de la théorie du droit, Iéna, 1798; Théorie de l'interprétation logique du droit romain, Altona, 1799 ; Système des Pandectes, Iéna, 1803.

Thibaut (saint-), vge (Côte-d’Or), arr. et à 18 kil. S.-E. de Semur; 530 hab. Eglise d’une architecture remarquable, ancien prieuré.

THIBERVILLE , ch.-l. de canton (Eure), arr. et à 12 kil. N.-O. deBernay ; 688 hab. Fabr. de rubans de coton.

THIBET ou TIBET, en chinois Si-Dzang, région de l’Asie centrale, la plus élevée du globe, dépendant de l’empire chinois, entre le Tbian-chan-nan-lou au N., l’Hindoustan au S.- O. , le même pays et l’empire birman au S. , la Chine propre au S.-E., et le pays de Khoukhou-noor au N.-E.; entre 27e et 35° 30’ lat. N., 69° et 100° long. O. ; 2,800 kil. sur 940; 6,000,000 hab. Capitale, Lassa. Le Thibet forme 4 provinces : le Ngariou Ladalt ( Petit-Tbibet), àl’O.; 1 e Dzang , et YOuéï, au centre; le Kham , h l’E. Il occupe la partie S. du grand plateau de l’Asie centrale, et s’appuie au S. à la chaîne de l’Himalaya , qui y possède ses points culminants (Everest, 8,840 met.; Kantschinjinga, Tchamoulari). Il est arrosé par le Sind, le Brahmapoutra, le Kin-eha-kiang , etc. , et renferme , entre autres grands lacs, le Manassarovar, le Namtso ou Tengri-noor (lac Céleste) , et le Baldhi. Climat rigoureux pendant l’hiver, tempéré dans les autres saisons. Mines d’or, d’argent , de pierres précieuses, de mercure, de cuivre, de fer, de soufre, de plomb ; quelques cours d’eau roulent des paillettes d’or. Eaux minérales et thermales. Les principaux animaux du pays sont le daim musqué, le kiang (cheval sauvage), l’yak (bœuf à queue de cheval) , et la chèvre, dont le duvet sert à fabriquer les châles de Cachemire. Les Thibétains ont une langue et un alphabet particuliers ; ils suivent la religion bouddhiste du Lama (V. ce mot). — Le Thibet reçut de l'Hindoustan les premiers éléments de la civilisation au ve siècle av. J.-C. Au n'siècle de notre ère, le bouddhisme acheva de polir ses mœurs. Depuis 1642, la contrée relève de la Chine; un officier-général chinois réside à Lassa. V. IIuc, Voyage dans le Thibet en 1844-46, 2 vol. in-8°. B.

thibet (petit-) , ou NGAKi , une des quatre divisions du Thibet , à l’O. ; ch.-l. , Ladak ou Léï. Il est habité par des Khirghiz nomades.

THIÉBAULT (Dieudonné), littérateur, né en 1733 à La Roche (Lorraine) , m. en 1807 , enseigna chez les Jésuites à Nancy, fut appelé à Berlin en 1765 comme professeur de grammaire générale à l’Ecole militaire, ne revint en France qu’en 1784, fut attaché à la direction de la librairie, devint chef dans les bureaux du Directoire en 1795, et proviseur du lycée de Versailles en 1807. C’est à lui qu’on doit l’idée des compagnies d’assurances contre l’incendie. Il a laissé , entre autres écrits : Essai sur le style, 1774, in-8° ; Grammaire philosophique , 1797; Souvenirs de vingt ans de séjour à Berlin, ou Frédéric le Grand, sa famille , sa cour, ses amis et son gouvernement, 1805, 5 vol. in-8°.

TH1ÉBLEMONT, cb.-l. de canton (Marne) , arr. et à 12 kil. S.-E. de Vitry-le-François; 307 hab.

THIEL , v. du royaume de Hollande (Gueldre), sur le Wahal , à 35 kil. O.- S.- O. d’Arnheim ; 5,0U0 hab. Fabr. de toiles et lainages. Comm. de grains ; navigation active. Assiégée en vain par les Impériaux en 1528 , elle fut prise et démantelée par les Français en 1672.

THIELT, v. de Belgique (Flandre occidentale), à 24 kil. S.-E. de Bruges; 12,200 liab. Fabr. de toiles, dentelles, tissus de coton, etc. Comm. de grains. Patrie d’Olivier Le Dain. ,

THIERACHE, Theorascia , petit pays de l’anc. Francs (Picardie); capitale, Guise; v. principales ; Vervins, La Fère. C’est auj. la partie N. du département de l’Aisne.

TH1ERRI (Saint) , disciple de S1 Kemi , et abbé du mont d’Hor près de Reims, m. vers533. 1 ête, le 1er ou le 3 juillet.— Evêque d’Orléans vers 1016. Fête, le 27 juillet.

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THI

thierri 1er ou théodoric, roi d’Austrasie ou de Metz, 511-534, l’aîné des fils de Clovis, s’était fait battre, du vivant de son père, 508, sous les murs d’Arles, par Ibbas, général de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths. En 530 , il fit la conquête de la Thuringe , dont il précipita le roi ilermanfried du haut des murs de Tolbiac. Sous son règne, la loi des Francs Ripuaires fut rédigée. B.

thierri h , 2e fils de Childebert II , né en 587 , m. en 613 , obtint , à la mort de son père , 596 , les royaumes de Bourgogneet d’Orléans. Son frère Théodebertll, roid’Austrasie , ayant chassé son aïeule Brunehaut, 599, cette reine vint en Bourgogne, excita, en 602, entre les deux frères, une guerre que suspendit l’invasion des Basques ou Gascons du côté de la Garonne, et reprit ses projets de vengeance en 611. Théodebert fut battu à Toul, puis à Tolbiac, et mis à mort. Thierri ajouta alors l’Austrasie à ses possessions. Peu favorable aux desseins de Brunehaut contre Clotaire II , roi de Neustrie , et voulant , malgré elle, épouser une fille de Théodebert, ou croit qu’il périt empoisonné.

thierri ni, 3e fils de Clovis II , exclu , dès le berceau , de la succession de son père, fut proclamé roi de Neustrie à la mort de Clotaire III , en 670, par Ebrom , maire du palais. Presque aussitôt renversé par son frère Childéric II, déjà roi d’Austrasie, il fut enfermé à l’abbaye de Sl-Denis; il recouvra la couronne à la mort de l’usurpateur, 673 , et subit de nouveau la mairie d'Ebrom. 11 vit le duc d’Austrasie, Pépin d’IIéristal, triompher des Neustriens à la bataille de Testry,637, etdut accepter la domination de ce nouveau maître jusqu’à sa mort , 691. B.

thierri iv, fils" de Dagobert II, roi de Neustrie à l’âge de 7 ans, en 720, après Chilpéric II. Il avait été élevé au monastère de Chelles. Charles-Martel régna sous son nom, et il mourut en 737.

THIERRY i Jacques-Nicolas- Augustin), célèbre historien, né à Blois en 1795, d’une famille pauvre, m. en 1856, fit de fortes études au collège de sa ville natale, sentit s’éveiller son goût pour l’histoire par la lecture des Martyrs de Chateaubriand, entra à l’Ecole normale en 1811, et, deux ans après, fut nommé professeur dans un collège de province. Les désastres de 1814, qui suspendirent l'enseignement universitaire, le ramenèrent à Paris, où il se lia avec le philosophe Saint-Simon, dont il fut le secrétaire jusqu’en 1817. Alors il se sépara de lui par divergence d’opinions, et entra comme collaborateur au Censeur européen, recueil où il publia un récit animé des révolutions de l’Angleterre depuis l’invasion des Normands jusqu’à la mort de Charles Ier. En 1820, le Censeur ayant cessé de paraître, Thierry passa au Courrier français , et y donna 10 Lettres sur l'histoire de France. Puis, pendant cinq ans, il fouilla les bibliothèques, analysa les manuscrits, compara les documents originaux, et, de ce travail accompli avec une ardeur prodigieuse, sortit un livre qui devait contribuer à régénérer le genre historique, V Histoire de la conquête de l'A ngleterrc par les Normands , Paris , 1 825 , 4 vol. in-8°, souvent réimprimée. Cet ouvrage, où l'on suit la persistante influence des races pendant le développement d’une longue période historique, obtint un prompt et immense succès. Mais le trtivail avait épuisé l’auteur : menacé de perdre la vue, il demanda aux voyages le calme de l’esprit et la santé du corps. Cependant, en parcourant la Suisse et la Provence, en compagnie de Fauriel, il étudiait encore les monuments et les inscriptions. De retour à Paris , il ne cessa désormais, pour déchiffrer les vieilles chroniques, d’employer des secrétaires, dont le premier fut Armand Carrel. En 1827, il donna un volume de Lettres sur l’histoire de France, in-8°, où, à côté de lettres nouvelles, figuraient celles qui avaient paru dans le Courrier, et Dix ans d'études historiques, in-8“. Nommé membre de l’Académie des Inscriptions en 1829, il publia, de 1831 à 1835, dans la Revue des Deux Mondes, divers fragments qu’il réunit sous le titre de Récits des temps mérovingiens , 1840, 2 vol. in-8°, et pour lesquels l’Académie Française lui décerna et lui maintint jusqu’à sa mort le grand prix Gobert. Enfin, le ministre de l’instruction publique le chargea, en 1835, d’éditer une collection de documents relatifs à l’histoire du tiers-état : malgré des souffrances toujours croissantes, aveugle et paralysé, Thierry fit paraître 2 volumes de pièces, précédées d’une Introduction intitulée : Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du tiers-état, qui est tout un ouvrage, 1853, in-8°. Il existe une collection des mêmes ouvrages révisés par l’auteur, Paris, 1854, 10 vol. gr. in- 18. Thierry a complètement répudié les traditions de l’histoire classique et conventionnelle, entretenues par les Velly, les Millot, les Anquetil, et restitué aux événements leur vérité et leur couleur. Il s’est proposé, comme il le dit lui-mcme, *• la narration complète, épuisant les

textes, rassemblant les détails épars, recueillant jusqu’aux moindres indices des faits et des caractères, et de tout cela formant un corps auquel vient le souille de la vie par 1 union de la science ei de l’art. » C’est ainsi qu’il a retrouvé l’intelligence et la poésie des origines modernes, et joint à l’imagination d’un poète la patience d’un bénédictin. — M. Amédée Thierry, frère du précédent, né en 1797, professeur d’histoire à la Faculté des lettres de Besançon en 1828, préfet de la Haute-Saône de 1830 à 1838, puis maître des requêtes au conseil d’Etat, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques en 1841, a publié : Histoire des Gaulois , 1828, 3 vol. in-8°, à laquelle fait suite une Histoire de la Gaule sous l'administration romaine, 1841, 3 vol. in-8°; Histoire d’Attila, de ses fils et de ses successeurs, 1856, 2 vol. in-8°; Récits d'histoire romaine au Ve siècle, 1860, in-8“. B.

THIERS (Jean-Baptiste), théologien, né à Chartres en 1636, de parents pauvres, m. eu 1703, professa d’abord avec distinction , puis fut curé de Champrond-en-üâtine (diocèse de Chartres), et de Vibraye (diocèse du Mans). Ses écrits sont pleins d’érudition, et inspirés, la plupart du temps, par un esprit polémique. On distingue : De Feslorum dierum immunitione, Lyon, 1668, in-12; Traité de l’exposition du S^-Sacremenl, Paris, 1673, 2 vol. in-12; l’Avocat despauvres, ibid., 1676, in-12; Dissertation sur lesj/orches des églises , Orléans, 1679, in-12; Truité des superstitions, selon l' Ecriture sainte , 1679, in-12; Des Jeux ou Duerlissemenls qui peuvent être permis ou défendus aux chrétiens } 1686, in-12; Histoire des perruques , 1690, in-12, etc.

thiers, s.-préf. ( Puy-de-Dôme |, à 42 kil. E.-N.-E. de Clermont-Ferrand, sur le penchant d’une montagne et près de la Durolle; 11,061 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce, collège. Fabr. de coutellerie, quincaillerie, chandelles. Papeteries, où s’est conservé l’anc. mode de fabrication, et qui fournissent seules, avec celles d’Ambert, le papier timbré que vend le gouvernement. La ville est mal construite et laide; mais on y a un magnifique panorama. — Jadis place forte et un des grands fiefs de l’Auvergne, cette ville donna son nom à une branche de la maison d’Auvergne.

THILIA , nom latin de la Dyle.

TRIMERAIS, Theodomirensis pagus, petit pays de l’anc. France I Perche]; ch.-l., Château neuif-en- T hi niera is . Il fait auj. partie du département d’Eure-et-Loir.

THINÆ, capitale des Sines ( V. ce mot).

TH1NG. V. Ding.

THIONVILLE, en allemand Diedenhofen , en latin moderne Theodonis villa, s.-préf. (Moselle) à 28 kil. N. de Metz, sur la rive g. de la Moselle; 4,024 hab. Place de guerre de 3e classe. Trib. de lre instance, collège. Direction des douanes ; inspection des forêts. On remarque l’église paroissiale, le manège, et le jardin botanique. Fabr. de bonneterie, colle-forte, eaux-de-vie; verreries, tanneries, brasseries, forges. — Aux vm® et ixe siècles, les rois carlovingiens avaient en ce lieu un château , où ils résidaient souvent; la ville se forma au xe siècle, et fut annexée au Luxembourg, qui relevait de l'Empire. Au xve siècle, elle passa au pouvoir des ducs de Bourgogne. Le mariage de Marie de Bourgogne la réunit de nouveau à l’Empire, puis au royaume d’Espagne. Prise par François de Guise en 1558, restituée par la paix de Càteau- Cambrésis, 1559, elle fut vainement attaquée par Feuquières en 1639. Le grand fondé s’en empara en 1643, et elle resta depuis lors à la France; elle fut assiégée inutilement par les Prussiens en 1792, par les alliés en 1814, mais prise en 1815.

THIRIOT , ou mieux THIÉRIOT , né en 1693, m. en 1772, connut Voltaire dans une étude de procureur, se lia avec lui, édita plusieurs de ses ouvrages, et fut son agent d’affaires à Paris. Il n’eut pas d’autre titre à la célébrité que lui donna le philosophe, ni aux fonctions de correspondant littéraire du grand Frédéric.

THIRON-GARDA1S, ch.-l. de canton ( Eure-et-Loir), arr. et à 15 kil. E. de Nogent-le-Rotrou, sur la Théronne ; 350 hab.

THIROUX D’ARCONVILLE (Marie-Geneviève-Charlotte Darlus, Mme), née en 1720, m. en 1805, femme bel-esprit, fille d’un fermier-général, épousa un président à la Chambre des enquêtes, et quitta le monde de bonne heure pour se livrer aux lettres. Elle a laissé : Vie du cardinal d’Ossat, 1771, 2 vol. in-8°; Vie de Marie de Médicis, 1774, 3 vol. in-8° ; Histoire de François II , 1783, in-8°. Ces ouvrages renferment des recherches curieuses, mais sont écrits d’un style diffus et monotone.

thiroux de crosne ( Louis), fils de la précédente, né à Paris en 1736, m. en 1794, fut maître des requêtes, et

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chargé, en cette qualité, de faire le rapport pour la révision de l’arrêt du parlement de Toulouse qui avait condamné Calas. Adjoint à l’intendance de Rouen en 17(17, il créa dans cette ville plusieurs établissements utiles. Intendant de Lorraine en 1775, lieutenant-général de police en 1785, ce fut lui qui ordonna la suppression du cimetière des Innocents à Paris. En 1789, il donna sa démission de lieutenant-général de police. Il fut une des victimes do la Terreur.

TH1RSA ou THERSA, v. de Palestine (demi-tribu occidentale de Manassé), entre Samarie et le Jourdain, fut la capitale du royaume d’Israël avant Samarie.

THIS , v. d’Egypte (Thébaïde), au N.-O. d’Abydos, sur un canal dérivé du Nil, fut la résidence des deux plus anciennes dynasties de rois égyptiens, et le ch.-l. d’un nome. 11 n’en reste rien.

THISBÉ. V. Pyrame.

THISTLEWOOD (Arthur), conspirateur anglais, né en 1772, m. en 1820, servit comme lieutenant dans la milice du comté de Lincoln, se plongea dans tous les désordres, ourdit, avec le cordonnier Brunt et le boucher Ings, un complot pour assassiner les 14 membres du ministère de lord Harrowbey, sous le règne de George IV, afin d’opérer une révolution politique a vec le parti radical , fut trahi par un de ses complices, arrêté, et mis à mort.

THIVA, nom, sous les Turcs, de la ville de Thèbes ( V. ce mot

THIVIERS, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 30 kil. S.-E. de Nontron; 1,710 hab. Pris par les calvinistes en 1575. Comm. de bestiaux, truffes, vins, fromages, etc. Briqueteries, faïenceries.

THIZY, ch.-l. de cant. (Rhône), arr. et à 37 kil. O. de Villefranche ; 2,656 hab. Fabr. de calicots et de toiles. Près de là est une carrière de marbre noir.

THOACI5 , nom latin du T iiouet.

TIIOAS , roi de la Chersonèse Taurique, décréta que tous les étrangers qui aborderaient dans son royaume seraient sacrifiés sur l’autel de Diane; Oreste et Pylade allaient être victimes de cette loi, quand ils furent sauvés par Iphigénie, sœur d’Oreste, et alors prêtresse de la déesse.

thoas , roi de Lemnos, apprit de Baechus l’art de cultiver la vigne.

THOGII-TÈKIN, fondateur de la dynastie des Thoghtékinides, d’abord mamelouck ou esclave deToutousch, prince seldjuueide de Syrie, puis 1er ministre et beau-père de Dekak, fils de Toutousch, assista à la bataille d’Antioche , où les Musulmans furent défaits par les Croisés, 1098, et, après la mort de Dekak, 1104, disposa deux fois du trône de Damas, en faveur d’un fils et d’un frère du défunt, avant d’y élever son propre fils. Il battit successivement Hugues et Gervaise, princes chrétiens de Tibériade, seconda Maudoud, sultan de Mossoul, dans ses attaques contre le royaume de Jérusalem , et mourut en

THOIRAS. V. Rapin-Thoiras et Tiras.

THOISSEY, ch.-l. de cant. (Ain ) , arr. et à 30 kil. N. de Trévoux, sur la Chalaronne ; 1,503 hab. Cireries, tanneries. Jadis place forte de la principauté de Dombes. THOLEN. V. Toolen.

THO MAR, v. de Portugal ( Estramadure ), à 146 kil. N.-E. de Lisbonne ; 3,800 hab. Ch.-l. de l’ordre militaire du Christ. Filatures de coton, fabr. de soieries et de chapeaux, tanneries.

THOMAS (Saint), apôtre, nommé en grec Didyme , qui signifie jumeau comme le nom hébreu, était juif, et naquit en Galilée. Choisi par J.-C. pour un de ses apôtres, il se montra très-dévoué; il est célèbre par son incrédulité après la résurrection de son divin maître, et pour n’y avoir ajouté foi que lorsqu’il eut touché les plaies du Sauveur, Après la dispersion des apôtres, il alla prêcher l’Evangile aux Parthes et jusque dans les Indes, et soutint le martyre à Calamine ( Méliapour ? ). Son corps fut rapporté à Edesse, où il était vénéré dès le iv» siècle. Fête, le 21 décembre.

THOMAS A KEMPJS. V. A KEMPIS.

THOMAS DE CANTORBÉRY (Saint). V. BECKET. THOMAS de catimpré ou cantîmpre , Thomas Cantimpratensis, légendaire, né en 1201 à Lewes ou Lewis près de Bruxelles, ro. vers 1270, fit ses études à Liège, entra en 1217 dans l'ordre des Augustins à l’abbaye de Catimpré près de Cambrai, passa chez les Dominicains vers 1232, fut envoyé par ses supérieurs, pour compléter ses études, d’abord à Cologne auprès d’Albert le Grand, puis à Paris, enseigna la théologie à Louvain, et prêcha en Allemagne, eu Suisse et en France. On a de lui plusieurs Vies de saints

et de saintes dans le recueil des Bollandis.tes, quelques poésies latines, et un livre de morale intitulé Bonvm universale de apibus, Douai , 1597, sorte de recueil hagiographique, où l’auteur, se servant de la figure des abeilles, tire ses préceptes de la vie et des œuvres des saints personnages de son temps et de son pays. B.

Thomas d’aquin I Saint), né en 1227, d’une des plus anciennes familles d’Italie , au château de Rocca-Secca, près d’Aquino, m. en 1274. Dès l’âge de 5 ans, il fut conduit au Mont-Cassin pour y commencer ses études; £ 10 ans, on l’envoya à Naples, et bientôt il montra une vocation décidée pour la vie monastique. Malgré une longue opposition de sa famille, il entra dans l’ordre de S^Dominique. Ce fut alors qu’il se rendit à Cologne pour recevoir les leçons d’Albert le Grand. Il semblait d’abord ne pas annoncer une grande intelligence, et ses condisciples l’avaient surnommé le Bœuf muet : « Oui, dit Albert; mais ce bœuf mugira si fort, que toute la terre l’entendra. » 11 suivit son maître à Paris, où il fut admis à expliquer le Livre des Sentences et l’Ecriture sainte , quoiqu’il n’eût pas encore l’âge fixé par les règlements. Ce ne fut que beaucoup plus tard qu’il parvint au doctorat, Appelé au concile de Lyon , en 1274, il mourut en route. Jean XXII l’a canonisé, en 1323, et Pie V l’a déclaré docteur de l’Eglise en 1567. S1 Thomas d’Aquin fut le plus grand théologien et le plus grand philosophe du moyen âge. Il a été surnommé l'Ange de l'école. Ses principaux écrits théologiques sont : la Somme de la foi contre les Gentils, ouvrage célèbre, où toutes les vérités de la foi sont solidement établies par les oracles divins et par les lumières de la raison: il l’entreprit pour la conversion des Maures d’Espagne, et c’est un de ses plus beaux livres ; les Questions controversées , le Commentaire sur le livre des Sentences de Pierre Lombard, la Somme théologique. Cette dernière se divise en trois parties, qui comprennent. 1° Dieu (théologie générale); 2° l’homme (morale chrétienne); 3° Jésus-Christ. Les travaux philosophiques de S1 Thomas consistent en commentaires et en écrits originaux. Les commentaires ont pour texte un grand nombre des écrits d’Aristote, le livre de Causis , quelques livres de Boëce et de Denys l’Aréopagite. Les principaux sont: V Interprétation , Secotids analytiques , la Métaphysique, la Physique , le Traité de l’âme , les Pana naturalia, la Politique, la Morale, et le Livre des causes. Les traités spéciaux sont : sur T Etant et l'Essence, la Nature de la matière , le Principe d’individuation, l'Intellect et l1 intelligible, etc. Les commentaires se distinguent par une étude très-scrupuleuse du texte et une connaissance assez approfondie de la langue grecque. S‘ Thomas avait une science profonde; il n’est pas de questions dont s’occupent la philosophie et la théologie qu’il n’ait cherché à résoudre. En psychologie, il traite de l’âme, de ses facultés, de son mode d’activité. Dans la connaissance , il repousse la théorie des intermédiaires; l’idée n’est pour lui qu’un rapport intellectuel entre le sujet et l’objet. Il prouve l’existence de Dieu en donnant la préférence à la preuve par le mouvement, et il fondait le bien sur la nature de Dieu , et non sur sa volonté , ce qui fut cause de longues disputes entre les Thomistes et les Scotistes. En morale. S* Thomas rappelle l’homme à sa fin, qui consiste dans la compréhension et la jouissance de Dieu même. Sa fête est le 18 juillet. Les meilleures éditions des œuvres de S1 Thomas sont celles de Rome, 1570, 18 vol. in-fol. ; de Paris, 1636-1641, 23 vol. in-fol.; de Venise, 1745, 20 vol. in-fol. V. Aïemanni, Thamœ Aquinaiis Summa phiiôsophica , in-fol., Paris, 1640; Bern. de Rubeis, Dissertation.es criticœ et apoloqeticœ de ges lis et scriptit ac doctrina S. Thomas , in-fol., Venise, 1730; Bach, Divus Thomas de quibusdam philosophais quœstionibus, et prœserlim de philosophid morali, Paris, 1836, in-8°, et Sur l élut des âmes après la mort, d'après St Thomas et Dante, ibid. , in-8°; Léon Montet , Mémoire sur St Thomas d'Aquin, dans le t. xi des Mémoires de l'Académie des Sciences morales et politiques, 1847 ; l’abbé Barret , Eludes philosophiques sur Dieu et la création d'apres la Somme de St Thomas d'Aquin Contra Génies, in-8», 1848; Feugueray, Essai sur les doctrines politiques de St Thomas d’Aquin, Paris, 1857, in-8». b. Naville, Etude sur l'œuvre de St Thomas d’Aquin, Paris, 1859. in-8*. La Somme a été traduite en français par l’abbo Ecale, Paris, 1854 et suiv., 3 vol. in-8”; par l’abbé Drioux, Paris, 1852-57, 7 v. in 8» ; par F. Lâchât. 1856 ; ainsi qne divers Opuscules par les abbés Védrine, Bandel, et lournet, 1856. R — T.

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