THOMAS DE SAVOIE. V. SAVOIE
Thomas (Antoine-Léonard), littérateur et critique, ne à Clermont-Ferrand en 1732, m. en 1785, fit à Paris de brillantes études. 11 s’appliqua ensuite en droit, et tra-
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Tailla quelque temps chez un procureur ; dégoûté de la procédure, il entra comme professeur au collège de Beauvais, à Paris. Il débuta dans les lettres par des Réflexions philosophiques el littéraires sur le poème Je la religion naturelle, 1756, ouvrage qu'il condamna plus tard à l’oubli. En 1759, il publia Jumonville, poème en 4 chants, qui eut beaucoup de succès, grâce à l’intérêt politique du sujet, à de généreuses inspirations, et à quelques beaux vers. La même année, il obtenait le prix d'éloquence à l’Académie Française pour un Eloge du maréchal de Saxe, et il fut couronné ainsi quatre fois encore par l’Académie pour les Eloges de Daguesseau, 1760; de Duguay-Trouin, 1761; de Sully, 1763; de Descartes, 1765. En 1762, une Ode sur le temps lui valut le prix de poésie ; les dernières strophes de cette ode sont vraiment belles et touchantes. L’excès du travail altéra de bonne heure la santé de Thomas, et, dès l’âge de 24 ans, il ne vivait presque plus que de lait. Il dut quitter l’enseignement , et entra comme secrétaire-particulier chez le duc de Praslin, qui le ht nommer secrétaire-interprète des cantons suisses. Le duc voulant le faire entrer à l’Académie F rançaise au détriment de Marmontel, Thomas ne voulut point seconder les vues de son protecteur, et perdit sa bienveillance. En 1767, il remplaça Hardion à l’Académie. C’est là qu’il lut pour la première fois l'Eloge de Marc-Aurèle, son chef-d’œuvre, 1770, publié cinq ans après. En 1772, il fit paraître «n Essai sur le caractère, les mœurs et l'esprit des femmes dans tous les siècles, écrit peu goûté, surtout des femmes, qui trouvaient l’auteur poli, mais froid. Enfin, en 1773, parut l 'Essai sur les Eloges, ou Histoire de la littérature et de l éloquence appliquées à ce genre d'ouvrage, son œuvre la plus considérable; ce sont les règles du genre, venant après les exemples. Thomas a encore laissé des ouvrages posthumes, publiés depuis, et dans lesquels se trouve une Pétréide, poème très-médiocre en l’honneur de Pierre le Grand. C’était un écrivain de talent et d’une certaine éloquence; mais il ne put employer cette éloquence que dans de petites occasions et sur des sujets mesquins. Son style, eu prose comme en vers, est majestueux, imposant, mais monotone, tendu, quelquefois boursoufié et empreint d'une fausse chaleur. Jamais âme d’ailleurs ne fut plus pure et plus noble que celle de Thomas. Stoïcien dépaysé au milieu du xvine siècle, il ne vécut pas dans un milieu qui prêtât aux grandes actions, aux actes de courage éclatant; mais chaque fois qu’il se trouva en présence d'un devoir, il n’hésita pas à lui sacrifier ses intérêts. Toutefois, en pratiquant la vertu avec simplicité, il ne put en parler sans emphase. Ses ÜF livres ont été publiées en 1802, 7 vol. in-8°, puis par Saint-Surin, Paris, 1825, 6 vol. in-8°. F — t.
Thomas (Chrétiens de Saint). V. ciiiœtiens.
Thomas (saint-), île des Antilles (Etats-Unis), dans le groupe des îles Vierges; 12,560 hab. Ch.-l., S'-Thomas, sur la côte S. (13,000 hab.). Sol montagneux, souvent ravagé par les ouragans. Culture du coton et de la canne à sucre. Cette île a ôté vendue par les Danois en 1867.
Thomas (sain r-). V. aussi tuojib (san-).
tiiomas (saint-), très-beau et très-bon port du Guatemala, au fond de la baie de Honduras, entre le Potochic au N., et la Montagua au S. Etablissement belge, fondé en 1813, dans le territoire de la Vera-Paz.
TIIOMASBERG, anc. v. de Hongrie, n’est auj. qu’un faubourg de Gran ( V. ce mot).
TIIO.MASIUS (Jacques Tuomasen, eu latin), philologue, né à Leipzig en 1622, m. en 1684,- professa, pendant plus de 40 ans, la philosophie, la dialectique et l’éloquence à l’école S'-Nicolas de sa ville natale, où il eut Leibniz pour élève. Outre une édition des œuvres de Muret, Leipzig, 1672, et une foule de dissertations savantes, écrites avec beaucoup d’élégance, on lui doit : Origines histonœ philosophicœ et ecclesiasticœ, 1665, in-4° ; Philosophia praclica tabulis compreliensa, 1702, etc. B.
tiiomasies (Chrétien), fils du précédent, né à Leipzig en 1655, ni. en 1728, professa le droit dans sa ville natale, et, depuis 1694, à l’université de Halle. 11 osa attaquer les vieilles routines des écoles, et substituer la langue allemande au latin dans l’enseignement public. Il a laissé, entre autres ouvrages : llistnria sapienliœ et stultitiœ, Halle, 1693, 3 vol. in-fio; Institution divine , avec les principes du droit naturel et du droit des gens, ibid., 1709, 4 vol.; Observations sur le traité de Pufendorf concernant la puissance du Saint-Siège, Leipzig, 1717,in-8°; Entretiens mensuels sur les ouvrages nouveaux, Ilelmstædt, 1723-25, 4 vol. iu-4°; Maximes de prudence,... dans toutes les circonstances de la vie, 1744, in-8», etc. B.
THOMASS1N (Philippe), graveur, né à Troyes vers la fin du xvie siècle, fut le maître de Cochin et de Callot. On cite de lui une Adulation des rois et une Sle Famille
d’après Zuceharo, ainsi qu'un recueil de portraits de souverains et capitaines illustres. B.
thomassin (Simon), neveu du précédent, né à Paris, m. en 1732, élève d’E. Picart, a gravé la Transfiguration d’après Raphaël, St Benoit en contemplation d’après Philippe de Champagne, et donné, en 1 vol. in -8e, toutes les statues et bas-reliefs du parc et du château de Versailles.
thomassin ( Henri-Simon) , fils et élève du précédent, né à Paris en 1688, m. en 1741, membre de l’Académie de peinture en 1728, fut un graveur très-distingué : il dessinait très-purement, et sa touche avait beaucoup de vigueur. Parmi ses ouvrages, on remarque : le Magnificat, d’après Jouvenet; une Femme au bain, d’après Rubens; Coriolan, d’après Lafosse; les Disciples d'Emmaüs, d’après Paul Véronèse; la Mélancolie, d’après Feti , etc. B.
thomassin (Louis), oratorien , né à Aix en 1619, m. en 1695, enseigna les belles-lettres dans différents collèges, la philosophie à Pézénas, la théologie à Saumur et au séminaire de SUMagloire à Paris. Se proposant de concilier les doctrines des Molinistes et des Jansénistes, il composa 17 Dissertations sur les conciles, 1667, et des Mémoires sur la grâce, qui soulevèrent contre lui et son Ordre la colère des parlements et du clergé. Ses supérieurs lui enjoignirent de cesser toute polémique, et ce fat dans la retraite qu’il composa ses meilleurs livres : Ancienne el nouvelle discipline de l'Eglise, 1678-79, 3 vol. in-fol., dont il donna lui-même une traduction latine, mais dans un autre ordre, 1688, 3 vol. in-fol., ouvrage d’une science profonde, qui lui valut la bienveillance du pape Innocent XI ; Dogmes Idéologiques, 1680-84 et 1689, 3 vol. in-fol.; G lossarium universale hebraïcum, 1697, 1 vol. in-fol.; Traité dogmatique et historique des édits et autres moyens dont on s'est servi pour établir el maintenir l'unité dans l’Eglise, 1703, 2 vol. in-4°, espèce d’apologie de la révocation de l’édit de Nantes. B.
THOMASTON , v. des Etats-Unis (.Maine), à 71 ldi. E.-N.-E. de Wiscasset, sur la baie de Penobscot;
THOMÉ (SAN-), ile de l’Afrique portugaise, dans le golfe de Guinée, à 200 ldi. N.-O. du cap Lopez, par 0« 25' lat. N., et 4° 24’ long. E.; 2,000 kil. carrés environ,
20.000 hab. Ch.-l., San-fhomé (2,000 hab.), où réside un évêque. Sol montagneux (le pic Sle-Anne a 2,400 mét.), mais fertile. — Cette ile fut découverte par Vasconcellos, le jour de la Sl-Thomas, en 1471.
THOMÉ (san-), ou MÉLiAPomt, v. de l'Hindoustan anglais, présid. et à 9 kil. S. do Madras. Evêché catholique. — Elle fut, de 1545 à 1672, le ch.-l. des établissements portugais sur la côte de Coromandel ; elle appartint aux Français en 1672, aux Hollandais eu 1674, aux Anglais en 1749.
THOMERY, vge (Seine-et-Marne), arr. et à 7 kil. E. de Fontainebleau, sur la rive g. de la Seine ; 1,100 hab. Culture importante du raisin de table et particulièrement du chasselas, dit de Fontainebleau , exporté en très-grande partie à Paris, et produisant un revenu de 400,000 à