‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 575 sur 864 · TH R · texte numérisé non relu

TH R

]589, fut chargé de missions nouvelles par Henri IV, prépara l’édit de Nantes, soutint les libertés de l’Eglise gallicane, en repoussant l’introduction en France de certains décrets du concile de Trente, accepta en 1601 le titre de protecteur des Franciscains dans le royaume, et se montra, au milieu de tant d’occupations, l'un des magistrats les plus assidus à leurs pénibles fonctions. Après la mort de Henri IV, Marie de Médicis le nomma l’un des trois directeurs des finances (avec Châteauneuf et Jeanninl, mais lui refusa obstinément la place de 1er président. Il en conçut un chagrin qui abrégea ses jours. Comme historien, De Thou est connu par une Histoire de son temps, en 138 livres, écrite en latin ; il l’entreprit dès 1591 ; elle commence à 1543, et s’arrête à 1607. 11 n’en publia que les 80 premiers livres ; les suivants furent complétés avec ses matériaux et édités par Du Puv et N. Rigault en 1620. Ce dern er est en partie le rédacteur des Mémoires de De Thou , en 6 livres. La meilleure édition de son Histoire est celle de Londres I Histonarum sut temporis lib. cxxxviil ), 1733, 7 vol. in fol. Elle a été traduite en français par Mascrier, Le Beau, Desfontaines, etc., 16 vol. in-4», 1731. Cet ouvrage est l’un des plus beaux monuments historiques des temps modernes. Si l’auteur n’a pas toujours cté parfaitement reuseigné sur les pays étrangers, s'il s’y rencontre des erreurs et la trace des préjugés de son temps, on y admire le calme, l’impartialité, la dignité, le coloris et l’éloquence. Bossuet a proclamé De Thou ** le grand auteur, le fidèle historien”, et ce jugement est celui de la postérité. Le principal obstacle à sa popularité littéraire, c'est qu’il est écrit en latin. De Thou faisait dans cette langue morte de fort bons vers. On a de lui encore : üieracosophion, sire de re accipitraria libri lit , 1581, in-4°; Poemnta sucra, 1599, in- 12; Postcritati , poemotium opus, etc , 1678, in-12. V. les Eloges de De Thon par M. Patin et M. Philarète Chasles , 1824. Du Puy a publié un Tkuana. J. T.

thou (François- Auguste de), fils aîné du précédent, né à Paris vers 1607, m. en 1612, était reçu conseiller au parlement à 19 ans, voyagea, et fut nommé conseiller d’Etat à son retour de Constantinople. Lorsque la duchesse de Chevreuse dut quitter la France, De Thou accepta d'être son correspondant. Richelieu ayant saisi cette correspondance, et sachant que De Thou était ami de Cinq-Mars, le fit arrêter, et comprendre dans le procès criminel intenté à ce dernier. Le seul crime qu’on lui imputa fut de n avoir pas révélé le complot de Cinq-Mars. 11 fut décapité à Lyon avec son ami. Du Puy a démontré l’injustice de cette condamnation dans un écrit intitulé Mémoire et instructions pour servir à justifier l'innocence de messire P. -A. De Tlwu, imprimé à la suite de la traduction française de la grande Histoire de J. -A. De Thou. J. T.

T110UARCÉ, ch.-l. de canton (Maine-et-Loire), arr. et à 28 kil. S. d’Angers ; 508 hab. Comm. de vins, graines, houille.

TI10UARS,ch -1. de canton ( Deux-Sèvres I. arr. età28 kil. N.-E. de Bressuire, sur le Thouet; 2.415 hab. Collège. On remarque le portail de l’église S'-JVIédard , les fortifications construites au xue siècle, la tour de Si- Laon. Comm. de blé, chanvre, noix, bestiaux. Cette ville était la capitale d’une vicomté très-étendue , créée au ixe siècle par les comtes de Poitou ; les vicomtes de Thouars se rendirent héréditaires, puis indépendants, et comptèrent parmi les premiers vassaux du royaume; ils s’allièrent tantôt aux rois d'Angleterre, tantôt aux rois de France. A la fin du XVe siècle , Thouars passa à la famille de La Trémoille, en faveur de laquelle Henri IV l’érigea en duché-pairie, 1594. Son magnifique château, qui sert auj. de collège , fut construit sous Louis XIII par Marie de la Tour d’Auvergne, duchesse de La Trémoille. Les Vendéens occupèrent Thouars le 5 mai 1793. Les royalistes, commandés par Henri de La Rochejaquelein, s’en emparèrent, puis en furent expulsés, 18-19juin 1815. En 1822 éclata à Thouars la conspiration républicaine dite de T/iouurs et Saumur, dirigée par le général Berton.

THOUET , Thoacis, Thueda , Tkauin , rivière de France, naît à Seeondigny ( Deux -Sèvres 1 , passe à Parthenay, Si-Loup, Airvault, Thouars, Montreuil - Bellay , reçoit l’Argenton, la Dive, le Douet,#et se perd dans la Loire au-dessous de Sl-Florent. Cours sinueux de 120 kil.

TIIOL’LN (André) , né à Paris en 1747 , m. en 1823, fils d’un jardinier du Jardin du roi, fut encouragé dans ses études par Buffon et Bernard de Jussieu . devint jardinier en chef en 1764, agrandit l’école de botanique, et acclimata en France beaucoup de plantes exotiques. On le nomma professeur d’économie rurale à l’Ecole normale, en 1792, et membre de l’Institut dès sa création. 11 est un des pre-

miers qui se soient occupés de physiologie végétale , et il a formé de très-habiles pépiniéristes. On a de lui , outre un grand nombre de Mémoires et d’ Instructions insérés dans divers recueils : Essai sur T exposition et la division méthodique de l économie rurale, 1805, in-4°; Monographie des greffes, 1821, in-4°. Il a laissé un Cours d agriculture et de naturalisation des végétaux, Paris, 1827, 3 vol. in-8°. B.

THOULOUNIDES, dynastie tureomane en Egypte, de 869 à 905, tirait son nom de Thouloun, esclave «lu calife Al-Mamoun, qui reçut le gouvernement du pays et se rendit indépendant.

THOUNE, v. de Suisse. V. Thun.

TUOUNG-T1NG, lac de la Chine, par 29« 10’ lat. N., et 1 10° long. E. ; 90 kil. sur 50. Un canal l’unit au Yangtsé-Iviang.

THOURET (Jacques-Guillaume), né en 1746 à Pontl’Evêque, où son père était notaire, m. en 1794, fut avocat au parlement de Normandie, et député par le tiers-état de Rouen aux Etats-Généraux de 1789. 11 déploya beaucoup de talent, eu qualité de rapporteur, lors de la discussion de la Constitution. Adversaire violent du clergé, il fit déclarer l’expropriation immédiate de ses biens, malgré la proposition de Mirabeau de lui en laisser provisoirement l’administration. Son éloquence méthodique, précise, nerveuse, eut beaucoup d’influence sur le changement du système judiciaire, dont il fut un des promoteurs, sur la division de la France en départements, qu’il fit décréter, etc. Dès 1789, Thouret fut élu président de l'Assemblée, honneur qu’il eut 4 fois dans le cours de sa carrière. Une foule de ses motions, entre autres la suppression des ordres religieux, l’abolition de tous les droits et privilèges ecclésiastiques, etc., devinrent des lois. 11 fut de ceux qui contribuèrent le plus à l’affaiblissement de l'autorité royale, et qui préparèrent, à leur insu, la république. Après la dissolut oa de l’Assemblée constituante, il devint juge au Tribunal de cassation, et le présida. Comme il partageait les principes des Girondins, il fut traduit au tribunal révolutionnaire , et périt sur l'échafaud. Outre beaucoup de Discours et de Rapports, on a de lui : Abrégé des révolutions de l'ancien gouvernement fiançais, exiruil de Tubbé Dubos el de l’abbé ilubly, 1800, in-18, analyse bien faite, mais pleine de réflexions dictées par l’esprit de parti; Tableau chronologique de l'histoire ancienne et moderne, œuvre posthume, 1821, in-fol. J. T.

thouret (Michel- Augustin) , frère du précédent, né à Pont-l’Evèque en 1748, m. en 1810, se fit un nom parmi les médecins de son époque , combattit Mesmer dans ses Hecherclies et doutes sur le magnétisme animal , 1784 , in-12, prit une part active aux travaux du Comité des secours et de mendicité de l’Assemblée nationale en 1790, fut nommé directeur de l’Ecole de santé devenue la Faculté de médecine de Paris, puis membre du Tribunat. Président du comité que l’on forma pour s’assurer des effets du vaccin , il propagea la découverte de Jenner. On a de lui plusieurs Mémoires estimés, dans le Recueil de la Société royale de Médecine. J. T.

THOUROUT , v. de Belgique (Flandre occidentale), à 15 kil S.-O. de Bruges; 8,300 hab. On y remarque l’église collégiale, et les ruines du château de Wynandael, anc. résidence des comtes de Flandre. Fabr. d’amidon , toiles , chapeaux. Tanneries, distilleries, raffineries de sel.

THOUS, riv. de la Perse , naît dans les monts du Khoraçan , et se jette dans la mer Caspienne , au golfe du Balkhan ; cours de 500 kil.

thous , anc. capitale du Khoraçan , sur le Thous. Détruite par les Tartares , il en reste quelques ruines près de Mesched.

THOUTMOSIS, roi de l’anc. Egypte, de la 18e dynastie, acheva l’expulsion des Hycsos, commencée par son père Misphragmoutosis.

T1IOUVENEL (Pierre), médecin, né en Lorraine en 1747 , m. en 1815, fonda l’établissement de bains de Contrexeville , et fut inspecteur des eaux minérales de France. Toute sa vie fut agitée de luttes pour la défense du magnétisme animal, et de la faculté hydroscopique et métalloscopique. A la Révolution, il se retira en Italie. Louis XVIII le prit pour médecin consultant. On a de Thouvenei : Mémoire physique et médicinal sur les rapports qui existent entre la baguette divinatoire , le magnétisme el l'électricité, Paris, 1781, et 1784, in-H»; Mémoire sur l'électricité organique et minirogrnphique , Brescia, 1790; Mémoire sur laerologic j et l'électrologie , Paris, 1806, 3 vol. in-8°.

THRACE, nom donné par les Anciens à un pays dont l’étendue a beaucoup varié suivant les époques. Dans les lo- J gographesqui précédèrent Hérodote, ce nom désig'ne comme I une 4e partie du monde , comprenant toute l'Europe au N.

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