TIN
latine, par Nogarola, Venise, 1555, puis par J. de Golder, Leyde, 1836, in-8°, et traduit en français par ie marquis d’Argens, Berlin, 1763, puis par l’abbé Batteux, Paris, 1768. B.
timée de Tauroménium , historien grec, né vers 352, m. en 256 av. J.-C. , exilé de sa patrie par Agathocle , vécut à Athènes de 310 à 260 , et composa une Histoire de la Sicile , un ouvrage de rhétorique, des Fastes olympiques, une Histoire de Syrie, et une Vie de Pyrrhus. Il a, le premier, employé l’ère des olympiades. Nous n’avons plus de lui que des fragments publiés par Gœller ( De situ et origine Syrcrcusarum , l.eipzig , 1818) , et dans les Fragm. historié, yrcecorum de Didot. Malgré les critiques de Polybe et de Diodore, Timée semble avoir été un historien consciencieux, un conteur amusant , un écrivain spirituel. Cicéron le cite comme un modèle du style asiatique. P — T.
timée, grammairien grec du 11e ou 111e siècle de J.-C. , est auteur d’un Dictionnaire des locutions platoniques , publié par Ruhnkenius , Leyde , 1764 et 1789, et par Koch, Leipzig, 1828, in-8°. Ce n’est peut-être qu’un recueil de gloses marginales éparses dans les manuscrits de Platon , <>u un abrégé des Dictionnaires platoniques d’Harpocration et de Boëthus.
TIMOCRÉON , Rhodien du ve siècle av. J.-C., à la fois athlète et poète comique , fut très-célèbre par son esprit satirique et par sa voracité. Thémistocle et Simonide furent ses principales victimes. Plutarque cite trois fragments importants de ses satires contre Thémistocle , dans la Vie de ce capitaine, ch. 21. Après la mort de Timocréon , Simonide lui fit cette épitaphe : “ J’ai passé ma vie à manger, à boire , et à dire du mal de tout le monde. » P — t.
TIMOK, anc. Timacus, rivière de la Turquie d’Europe, naît dans l’eyalet et le livah de Nissa, coule du S. au N. dans la Servie, puis du S.- O. au N.-E. en séparant cette principauté de l’eyalet de Widdin, et se jette à 26 kil. N.-O. de cette ville dans le Danube. C. P.
TIMOLEON, général corinthien, né vers 410 av. J.-C., m. en 337, avait une haine violente contre la tyrannie. Son frère, Timophane , ayant usurpé le pouvoir suprême à Corinthe , il le supplia vainement de l’abdiquer ; il revint avec deux amis faire une dernière tentative, qui fut rejetée avec fureur; alors il se voila le visage, et les deux amis poignardèrent Timophane, 365. Après ce meurtre, Timoléon s’exila. Appelé par Syracuse, il la délivra des Carthaginois et de Denys le Jeune, 343, rétablit dans toute la Sicile la démocratie , remit en vigueur, en les réformant , les lois de Dioclès, battit de nouveau les Carthaginois, 340, et abdiqua l’autorité. Sa Vie a été écrite par Plutarque et Cornélius Népos. Le meurtre de Timophane par Timoléon a inspiré des tragédies à Alfieri, à La Harpe, et à M.-J. Chénier. B.
TIMON , dit le Misanthrope , né à Collyte , bourg de l' Attique, vers 440 av. J.-C. , prit les hommes en haine, en voyant les vices et les crimes de son temps, et parce qu’il fut abandonné de ses amis après la perte de sa fortune , qu’il avait prodiguée en bienfaits et en devoirs hospitaliers. Alors il se retira dans une retraite profonde. Il avait coutume de dire : « La cupidité et l’avarice sont la cause de tous les maux de l’humanité. » Ayant fait une chute du haut d’un arbre, il se cassa la jambe , refusa les secours de l’art , par suite de son aversion pour les hommes , et mourut de la gangrène. Il existe un dialogue de Lucien Intitulé Timon , peinture fidèle du philosophe athénien; Shakspeare a aussi composé un Timon d'Athènes.
timon , dit le S'illographe , c.-à-d. l’écrivain de satires , né à Philionte vers le milieu du me siècle av. J.-C. , fréquenta l’école de Stilpon, puis celle de Pyrrhon , s’enrichit à Chalcédoine par l’enseignement de la philosophie et de l’art oratoire , alla ensuite en Egypte à la cour de Ptolémée Philadelphe, et en Macédoine auprès d’Antigone de Goni, et finit par se fixer à Athènes , où il mourut presque nonagénaire. Un caractère empreint de légèreté ironique le rendait propre à soutenir le scepticisme ; il se moquait de tous les philosophes ; mais principalement d’Arcésilas. Comme poète , il écrivit 3 livres de Silles , espèces de satires et de parodies dont nous avons quelques fragments dans les Analecla de Brunck , et dans le traité de F. Paul , de Sillis Græcorum , Berlin , 1821 , in-8°. B.
TIMOPHANE. V. Timoléon.
TIMOR, île de la Malaisie, dans la mer et l’archipel de la Sonde , à l’E. , entre l’océan Indien et la mer des Moluques, au S. des Moluques, par 8« 30’-10° 30’ lat. S., et 121°-125° long. E. ; 450 kil. sur 120 environ ; 1,646,467 hab. ( Papous, Malais, Portugais, Hollandais et Chinois). Elle fait partie du groupe de Sumbava-Timor. Climat trèsmalsain; mousson pluvieuse de novembre à mars. Sol
très- montagneux , plat seulement vers les côtes, produisant du riz , du maïs , du coton , des épices. Immenses forêts , riches en bois précieux , et remplies de singes , de chats sauvages , et de reptiles. Beaucoup de crocodiles et de scorpions. Timor, bien que gouverné'e par des princes indigènes , est en grande partie sous la suzeraineté des Hollandais et des Portugais ; les premiers possèdent le S. -O., et ont établi à Coupang le ch.-l. de l’une de leurs résidences ; les seconds possèdent le N. , et ont leur principal établissement à Diely.
TIMSAH , lac de la Basse-Egypte , à distance égale de Suez et de Péluze , doit servir de port naturel au canal maritime de l’isthme de Suez.
TIMOTHEE, poète et musicien grec, né à Milet vers 446 av. J.-C. , m. en 358 , fut mal accueilli quand il se fit entendre pour la première fois en public , mais persista par les encouragements d’Euripide. Il ajouta à la cithare 4 cordes selon Pausanias, 2 seulement selon Suidas. Les Spartiates condamnèrent cette innovation par un décret que nous a conservé Boëce (De Musicâ, 1,1). Timothée se fixa en Macédoine, où l’avait attiré le roi Archélaiis. On a quelques fragments de ses poésies dans les Excerpla ex traged. et comed. grœcis de Grotius , Paris , 1626 , in-4°. B.
timothée , général athénien , fils de Conon et disciple d’Isocrate, servit d’abord avec distinction sous son père; puis , mis à la tête de la flotte en 376 av. J.-C. , il ravagea les côtes de la Laconie, prit Corcyre, soumit, autant par la persuasion que par les armes, plus de 75 villes sur les côtes de l’Epire et de l’Aearnanie , et assura l'empire de sa patrie sur mer, 375. On lui éleva, pour ces succès, une statue sur la place publique, à côté de celle de Conon. Après avoir éprouvé un instant la disgrâce du peuple, il fut remis à la tête des troupes. En 363 , il soumit les habitants d’Olynthe , de Potidée , de Torone , de Byzance , s’empara de Samos, et, à la suite d’une expédition brillante en Asie-Mineure , rapporta 1,200 talents (6,260,000 francs) pris sur l’ennemi. Dans la guerre Sociale , 358-356, s’étant opposé , ainsi qu’Iphicrate , au plan de Charès qui voulait livrer bataille après une tempête , il fut rappelé et condamné par le peuple à une amende de 100 talents (521,666 fr.) : hors d’état de la payer, il s’exila à Chalcis, puis à Lesbos, où il mourut. Sa Vie a été écrite par Plutarque. B.
timothée de Thèbes , célèbre joueur de flûte, fut contemporain d’Alexandre le Grand , dont il savait , dit-on, avec son instrument , exciter ou apaiser à son gré les passions.
timothée (Saint), disciple de S1 Paul, né à Lystra (Lycaonie) , d’un père païen et d’une mère juive , était si estimé des chrétiens , que le grand apôtre le choisit pour l’associer à ses travaux, vers l’an 51 ; il prêcha l’Evangile à Philippes, à Thessaloniqne , et à Bérée, accompagna S1 Paul en Macédoine et en Acliaïe , partagea sa captivité à Rome , fut le premier évêque d’Ephèse , et subit le martyre sous l’empereur Nerva , en 97 : il fut tué en voulant s’opposer à la célébration d’une fête païenne. Fête, le 24 janvier. B.
TIMOUR ou TIMOUR-LENG. V. Tamerlan.
timour-CHAh, 2e roi des Afghans, né en 1746, m. en 1793, succéda à son père Ahmed en 1773, et résida à Kaboul. Il fut malheureux dans ses guerres contre les Uzbecks et contre Chah-Mourad , khan de Boukhara.
TINCIIEBR.4I , ch.-l. de canton (Orne), arr. et à 22 kil. N.-N.-O. de Domfrout, sur la rive g. du Noireau ; 2,161 hab. Tribunal decommeree. — Henri Ier d’Angleterre y remporta, le 27 septembre 1106, une victoire sur son frère Robert Courte-Iieuse , qui fut fait prisonnier. Cette ville souffrit beaucoup pendant la guerre de Vendée. Comm. considérable en linge, serge, fonte, quincaillerie.
TINCTOR (Jean), musicien de la fin du xve siècle. On ne connaît pas sa patrie. Il alla compléter ses études musicales en Italie, et fut un des fondateurs de l’école napolitaine. Ses écrits sur la musique, tous en latin, sont conservés à Bologne ; on y remarque des traités sur l’Origine de la musique, sur l’Art du contrepoint , sur la Valeur des notes, etc.
TINDAL (Mathieu), déiste anglais, né en 1656 dans le Devonshire, m. en 1733, suivit le métier des armes dans les troupes de Jacques II , se fit écrivain après la chute de ce prince, dont il attaqua le gouvernement, et reçut une pension de Guillaume III. Il cliaugea aussi plusieurs fois de religion. On a de lui : les Droits de l'Eglise chrétienne défendus contre les prêtres romains, 1706, ouvrage dont la 2e partie parut en Hollande sous le titre de Traité des fausses églises; le Christianisme aussi ancien que le monde, 1740, in- 4°, ouvrage très-médiocre de tous points, qui a été