TRAITE FORAINE. V. FORAIN
traite des noirs. V. esclavage, — dans les colonies européennes.
TRAJAN, Marcus Ulpius Trajanus Crinilus , empereur romain, 9H-117, né à Italica (Espagne), en 52, suivit son père aux armées de l’Euphrate et du Rhin, fut consul en 91, puis commanda les légions de la Basse-Germanie, fut adopté par Nerva, comprima une révolte des Prétoriens, et, trois mois après , devint empereur. Il passa tonte l’année 98 sur le Danube, qu'il fit respecter, et rétablit la discipline avec l’émulation. Pline le Jeune, dans le Panégyrique de Trajan, vante sa bonté, son facile abord et sa franchise, qui lui méritèrent les noms d 'Oplimus et de Père de la patrie , mais il tait la corruption de ses mœurs et ses excès de table ; Trajan défendait, du reste, qu’on exécutât les ordres donnés par lui après de longs repas. D’origine provinciale, il favorisa dans les provinces la circulation des grains, étendit les gratifications à l’Italie entière, exigea que les magistrats nommés eussent au moins le tiers de leurs biens en Italie, diminua les impôts en augmentant les revenus du fisc, n’intervint plus dans les testaments, consulta le sénat, et rendit les élections aux comices. Le 10e livre des Lettres de Pline le Jeune montre sa science du gouvernement; il protégea, outre Pline, Tacite, Plutarque, Florus, et Dion Chrysostôme. Ses deux campagnes, 101-104, contre Décébale, roi des Daces , uni aux Sarmates et aux Parthes, réduisirent la Dacie en province, 106. Il réduisit encore en province l’Arménie, et alla au-delà du Tigre dicter la paix au roi des Parthes. En 115, il prit Ctésiphon, Séleucie, Suze, réduisit en provinces la Syrie et une partie de la Mésopotamie, descendit le Tigre jusqu'au golfe Persique, rêva la conquête des Indes, et soumit une partie de l’Arabie. Des révoltes lui firent prévoir, à la fin de sa vie, que l’Empire ne garderait p«s longtemps ces nouvelles acquisitions ; il allait réprimer celle des Juifs, lorsqu’il mourut à Sélinonte. Il avait fait construire une route du Pont-Euxin en Gaule, une autre à travers les Marais Pontins, des voies militaires, et, sur le Danube, pour assurer les communications avec les garnisons qu’il mit dans la Dacie, un pont de pierre qui v Jt 1,()00 pieds de long (on en voit des ruines près de Czernitz) , un autre pont sur le Tigre, le pont d'Aleantara sur le Tage, encore subsistant, les ports d’Ancône et de Civita-Vecchia, le magnifique Forum de son nom avec la vaste Basilique et la bibliothèque Ulpiennes, etc. Sous ce règne eut lieu la 3e persécution contre les chrétiens. Trajan avait écrit l’histoire de ses guerres contre Décébale; Priscien en cite un passage. On
trouve aussi quelques Lettres de lui dans le recueil de Pline le Jeune. a. G.
TRAJANA CASTRA, ville de l’anc. Dacie, près des sources de l’Aluta; auj. Ribnik.
TRA J ANE (Colonne). V. Colonnes.
trajane (Dacie). V. dacie.
TRAJANOPOLI ou ORIKHOVA, anc. Trnjnnopolis de Thrace, ville de la Turquie d’Europe (Andrinoph j, sur la Maritza, au pied du Despoto- dagh , à 75 kil. S.-S. -O. d’Andrinople ; 15,000 hab. Archevêché grec. Comm. actif.
TRAJANOPOLIS, anc. v. de Thrace, eh.-l. de la province du Rhodope; auj. Trajanopoli. — ville de Cilicie. V. SÉLI MONTE.
TRAJECTUM MOSÆ ou AD MOSAM, v. de la Gaule (Germanie 2e), chez les Tongres; auj. Maestricht.
TRAJECTUM RHENI ou VETUS, ville de la Gaule (Germanie 2*1, au N. de l’ile des Bataves; auj. Ulrecht.
TRAJETTA. V. Traetto.
TRAKTIR. V. Tchernaïa.
TRALEE, v. et port d’Irlande, capitale du comté de Kerry, à l’O. du Munster, sur la Lee, à 2 kil. au-dessus de son embouchure dans l’Atlantique, à 92 kil. O.-N.-O. de Cork ; 10,191 hab. Bien bâtie et florissante. Son port dépend de celui de Limerick. Près de là est la résidence de Sir E. Denny, à qui appartient la ville.
TRALLES, Tralli. auj. Sultan- Hissur, v. d’Asie-Mineure (Lydie, au S.), prés du Méandre, entre Magnésie etNyssa. Patrie du médecin Alexandre de Tralles.
trai.les, peuple situé au N. de l’anc. Macédoine. On employait les soldats Tralles pour les exécutions capitales.
TRAMA YES, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), arr. et à 23 kil. O. de Mâcon ; 886 hab. Exploit, de pierres noires.
TRAMONll, brg du royaume d’Italie, situé dans la province et près du golfe de Salerne, à 12 kil. O.-N.-O. de Salerne; 5,134 hab.
TRANI, anc. Turenum, v. forte du royaume d’Italie (Prov. de Baril, port sur l’Adriatiqne, à 50 kil. O. -N -O. de Bari ; 22,356 hab. Archevêché. Cour criminelle et tribunal civil de la province. Belle cathédrale, château-fort, joli théâtre. Comm. de grains, huile, vins et fruits. Le roi Roger la fit détruire en 1134; mais elle fut promptement relevée.
TRANQUEBAR, v. forte de l’Hindoustan anglais, sur la côte de Coromandel, dans la présidence et à 225 kil. S. -S. -O. de Madras, port à l'embouchure d’un des bras du Ivavéry dans le golfe de Bengale, par 1 1° lat. N. et 77°34’ long. E.; 26,000 hab. Défendue par le fort Daneborg. Commerce actif. Les Danois, qui l’acquirent, en 1616, du radjah deTamljaour, l’ont vendu, en 1845, à l’Angleterre, qui l’avait déjà occupé de 1787 à 1814.
TRANS, brg ( Var), arr. et 5 kil. S. de Draguignan; 1,417 hab. Erigé en marquisat en 1505, il était défendu par un château-fort, pris par les huguenots en 1579, et démantelé; un nouveau château a été construit au xvnie siècle.
TRANSALPINE (Gaule). V. Gaule.
TRANSCAUCASIE. V. Caucase ( Gouvernement du).
TRANSFIGURATION DE N.-S. JÉSUS-CHRIST, fête célébrée le 6 août en mémoire de l’apparition du Sauveur, dans tout l’éclat de sa gloire, avec Moïse et Elie à ses côtés, en présence de S1 Pierre, S1 Jacques, et S1 Jean, sur le mont Thabor. Cette fête était déjà célébrée en Orient dès le ive siècle; ce ne fut qu’aprèsle ve qu’elle fut établie en Occident.
TRANSGANGÉTIQUE (Inde). V. Inde.
TRANSOXIANE, nom donné par les Anciens à la région de lAAsie située au-delà de l'Uius , jusqu’à TIaxarte, comprenant ia Sogdiane septentrionale et une partie de la Baetriane.
TRANSPADANE (Gaule). V. Gaule.
transpadane (République) ou au-delà du Pô, nom que Bonaparte songea d’abord à donner au Milanais, affranchi en grande partie de l’Autriche par ses victoires de 1796. Mais cet Etat, qu’il appelle ordinairement République Lombarde dans ses rapports et ses proclamations, et qui s’augmenta, en mars 1797, des pays de Bergame, de Brescia et de Crème, révoltés contre Venise, ne reçut jamais qu’une organisation provisoire, et, dès le mois de juin 1797, il fut réuni à la Cispadane pour former la République Cisalpine. R.
TRANSTAMARE. V. Henri II , roi de Castille , et Paez.
TRANSTIBÉRINE (Région), région de l’ancienne Rome située au-delà du Tibre, c.-à-d. sur la rive dr., du côté où se trouve le Janicule, et à peu près dans toute sa longueur; c’était la 14e région de la ville. On la nomme auj. Traslovere, mot qui a le même sens que Transtibérine.
TRA
TRA
TRANSTIGRITANES (Provinces), nom donné à quelques portions de l’Arménie (Arzanène, Zabdieène, Gordyène, Moxoène, Réhimène), cédées en 297 à Dioclétien par Narsès, roi des Perses.
TRANSYLVANIE (Principauté de), en allemand SiebenbuTgen, en hongrois Erdély-Orszag, grand-gouvernement de l’empire d’Autriche, au S.-E., entre la Hongrie au N. et à l’O., la Valachie au S., et la Moldavie à l’E.; par 45» 12’ 35”-47° 42’ 40” lat. N., et 19° 55’ 30”-24° 4’ long. E. ; 58,900 kil. carr. environ; 1,926,727 hab. Capitale, Klausenbourg. Le nom de Transylvanie, qui signifie au delà des forêts, lui vient des Hongrois, parce qu’elle se trouve, par rapport à eux, au delà des forêts qui couvrent la chaîne des Karpatbes et tout le territoire situé à l’E. de la Théiss. Elle forme trois grandes divisions : le Pays des Hongrois à l’O., le Pays des Saxons au S., et le Pays des Szeklers à l’E. Les Karpathes l’entourent à l’O. et au S., et la couvrent de leurs ramifications. Elle est arrosée par la Szamos, l’Aluta et le Maros. Climat froid dans les montagnes, très-chaud dans les plaines et les vallées. Sol fertile, mais à peujsrès abandonné ou mal cultivé. Grandes richesses minérales r or, argent, mercure, plomb, fer, cuivre, zinc, arsenic, sel gemme, houille, soufre, topazes, améthystes et autres pierres précieuses; carrières de marbre et de grès. Les bestiaux y sont de belle race, et font l’objet principal du commerce, qui comprend aussi les vins, les grains, le miel, la cire et la laine , et qui est entre ies mains des Vainques et des Grecs. L’industrie est presque nulle. La Transylvanie a une constitution et une diète ; toutes les communions chrétiennes y ont des églises , et les juifs y possèdent des synagogues. On parle l’allemand et le hongrois dans les parties voisines de la Hongrie ; le valaque est la langue de la plupart des habitants. Quant aux divisions administratives, le Pays des Hongrois comprend 8 comitats et 1 district ( V. Hongrois) ; le Pays des Saxons, 9 justices ( Hermanstadt, Schæssburg , Mediaseh , Muhlenbaeh , Gross - Sehenk , Reissmarkt, Reps, Lesskirchen, et Broos), et 2 districts (Kronstadt, Bistritza ) ; le Pays des Szeklers, 5 justices ( V . Szeklkrs'. En 1851, ces divisions ont été remplacées jusqu’en 1853 par 5 cercles : Sachsenland, Klausenbourg, Karlsbourg, Dees, etMaros-Vasarhély, et jusqu’en 1860 on a établi 10 cercles : Hermanstadt, Broos, Karlsbourg. Bistritz, Klausenbourg, Kronstadt, Szillagy-Somlyo , Maros- Vasarhély, Dees, et Ùdvarhély. — La Transylvanie, habitée primitivement par les Daces, fut conquise par l’empereur Trajan , et fit partie de la Dacie Trajane. Abandonnée par Aurélieu, elle appartint successivement aux Goths, aux Huns, aux Avares. Etienne 1er, roi de Hongrie, s’en empara, en 1004. En 1526, Jean Zapoly s’y rendit indépendant , avec, le secours des Turcs, et elle eut les princes suivants :
Jean Zapoly 1526-40 Gabriel II Bétlilem
J.-Sigismond Zapoly. 1571 ( Bethlem Gabor). . 1629
Etienne Irr Bathori. . . 1576 George Ier Ragotzi. . . 1648 Christophe Bathori. . . 1581 George II Ragotzi. . . 1661
Sigismond Bathori. . . 1602 Michel Ier Abaffi 1690
Etienne II Botskay . . 1606 Michel II Abaffi 1699
Gabriel Ier Bathori. . . 1613
Le traité de t'arlowitz, 1699, plaça la Transylvanie sous la dépendance de l’Autriche. La maison princière s’étant éteinte en 1765, le pays fut réuni à la Hongrie, et reçut de Marie-Thérèse le titre de grande Principauté. B.
IRAi’ANT, anc. Urepanum, v. forte.de Sicile, ch.-l. de laprov. de son nom, port sur la Méditerranée, à l'extrémité O. de l’ile, sur le cap Trapani, à Hi kil. O. de Païenne; 30,337 hab. Evêché. Collège royal. Fabr. de petits objets eu corail ou en ivoire renommés. C'omm. de soufre, sel marin, soude, corail, albâtre, vin, thon, huile, riz! safran, amandes, et blé. Quelques ruines antiques, entre autres celles d’un temple de Vénus. — La province de Trapani, à l’O. de celle de Païenne, a 2,743 kil. carrés, 80 lui. sur 60, et 215,000 hab.
TRAPEZONTE, Trapezus, v. de l’Asie-Mineure (Pont, à 1 E.), sur le Pont-Euxin, était une colonie grecque, importante par son commerce et ses richesses. Auj. Trébizonde.
TRAPPE (Notre- Dame de la) , abbaye de l’ordre de Citeaux, fondée, en 1140, par Rotrou, comte du Perche sur les confins de la Normandie, à 12 kil. N. de Mortagne (Orne ). Elle se fit remarquer d'abord par l’austérité de son régime ; mais le contact du monde y produisit un relâchement de mœurs auquell’abbé de Rancé (V. ce mot ) remedia en 1662, en y introduisant l’étroite observance de Citeaux. Supprimés à la Révolution avec les autres ordres religieux, les Trappistes ne rentrèrent pas dans le monde ; 1
mais, toujours réunis, ils se réfugièrent successivement en Suisse, en Italie, en Allemagne, et jusqu’en Russie, observant la règle de leur institut, autant que le permettaient les circonstances. Ils purent revenir dans leur couvent en 1815. Depuis cette époque , ils ont formé d’autres etablissements, à La Meilleraye (Loire-Inférieure), près de Montélimart, à Staouéli en Algérie, etc. Il en existe aussi en Angleterre et en Belgique. La règle impose aux Trappistes un silence absolu, la prière et le travail manuel, une nourriture composée de pain grossier et de légumes cuits à l’eau, et , pour tout vêtement , une robe de bure , brune pour les frères convers , blanche pour les religieux de chœur; ils ont la tête rasée, et ne conservent qu’une couronne de cheveux; une planche leur sert de lit, avec une couverture de laine ; ils ont constamment devant les yeux l’image de la mort; pour rappeler cette gi-ande vérité , ils se rendent chaque jour à la fosse, ouverte et préparée pour les recevoir après leur trépas. V. C. Gaillardin, les Trappistes, ou Tordre de Citeaux au XIXe siècle, hist. de la Trappe depuis sa fondation jusqu’à nos jours, 1140- 1844, Paris, 1844, 2 vol. in-8°.
TRARZAS, tribu de la Sénégambie, sur la rive dr. du Sénégal; elle est alliée de la France.
THASEN , anc. Trigisamus, riv. d’Autriche, sort du versant N. du Trasenberg , coule au N.-N.-E., sur 75 kil., par Dürrnitz, Willielmsbourg, Sl-Polten, et Trasmauer, au-dessous de laquelle elle tombe dans le Danube.
TRAS1MÈNE , anc. Trasimenus lacus, auj. lac de Pérouse, lac de l’anc. Etrurie, entre Clusium et Pérusia, célèbre par la victoire d’Annibal sur le consul Flaminius, l’an 536 de Rome, 217 av. J.-C. 11 mesure 12 kil. sur 10, est très-poissonneux, sans écoulement visible, et son niveau s’élève sensiblement. Il a donné son nom, en 1809, à un département italien du 1er Empire français, situé entre ceux de l’Amo au N., de l’Ombrone à l’O., du Tibre au S., et le royaume d’Italie à l’E.; ch.-l., Spolète.
TRAS-OS-MONTES, prov. du Portugal, au N.-E., entre celles du Minho à l’O., de Beïra au S., l’Espagne à l’E. et au N.; 10,548 kil. carrés; 140 kil. sur 100; 340,200 hab. Ch.-l., Bragance. Son nom , qui signifie au-delà des monts, lui vient de ce que, par rapport à la capitale du royaume, elle est située au-delà des monts de Xcrez et de Maranon. Sol fertile en céréales et vins estimés. Elève de chevaux, de mulets, et d’abeilles.
TRAU, en slave Troghir, anc. Tragurium , v. des Etats autrichiens ( Dalmatie | , petit port sur l’Adriatique , à 51 kil. N.-O. de Spalatro; 3,000 hab. Evêché. Bons vins, huiles et fruits. Belle cathédrale. Climat malsain. — Fondée par les Syracusains, Trau fut, au xe siècle, une république; les Vénitiens la soumirent en 991 , et la conservèrent jusqu’en 1797, non sans avoir été troublés plusieurs fois dans cette possession. Elle passa avec Venise sous la domination autrichienne.
TRA U N (Othon-Ferdinand, comte de), général au service de l’Autriche, né en 1677, d’une ancienne famille de Bavière, m. en 1748, servit avec distinction dans la guerre de la Succession d’Espagne, fut colonel et général-adjudant à 27 ans, devint général-major en 1723, gouverneur de Messine en 1727, commandant - général des troupes autrichiennes en Sicile, général d’artillerie en 1735, gouverneur de Milan en 1736 , eut la plus grande part aux succès du prince de Lorraine pendant la guerre de la Succession d’Autriche, et reçut le gouvernement de la Transylvanie en 1747. B.
tkaun, Traunus, riv. des Etats autrichiens, nait dans le N.-O. de la Styrie, coule au S. -O., arrose l’archiduché d’Autriche, traverse le lac d’Hallstædt, tourne au N. forme le lac de Traun, dont elle sort à Gemünd, et sé jette dans le Danube à 6 kil. S.-E. de Lintz ; cours de 160 kil. — Elle donne son nom à un cercle situé au S. de celui de la Muhl, et qui a 269,010 hect., 115 kil. sur 90, et 124,273 hab.; ch.-l., Steyer. Nombreuses mines de sel!
TRAUNIK. V. Tuavnjk.
TRAUNSTEIN, v. de la Haute -Bavière, à 100 kil. E.-S.-E. de Munich, sur la Traun; 3,000 hab. Salines (160,000 quintaux par an) et sources minérales. — Elle a beaucoup souffert d’un incendie en 1851.
TRAUTENAU, v. des Etats autrichiens (Bohême), à 45 kil. N.-N.-E. de Kôniggratz ; 2,500 hab. Fabrique iraporiante de tçiles.
l’RAUT.MANNSDORF, brg de la Basse-Autriche, prés de la Leitha, à 30 kil. S.-E. de Vienne; 325 hab. Château princier.
TRAVANCORE, anc. Colliara? v. de I’Hiridoustan méridional, dans le royaume de son nom, à 35 kil. S.-E. de Tri vandcr.tm, dans les Ghattes. Elle fut jadis florissante.
TRI
ÏRE
— Le royaume de Travaneore, au S.-O. de l’Hindoustan, dans le Malabar, entre la mer des Indes à l’O. et au S., et les Chattes occidentales à l’E . , a 11,950 kil. carrés, 215 kil. sur 100, et 1,595,000 d’hab.; capit., Trivanderam. Magnifiques forêts. Sol fertile, mais montagneux. La chaleur y est tempérée par les brises de la mer. Depuis 1809, ce royaume est tributaire des Anglais:
TRAVE, Chalusus, riv. d’Allemagne, a sa source à Sarau (Holstein), coule au S.-S. -O. et à l’E.-N.-E., sur 100 kilom., par Sarau, Segeberg, Oldeslobe, Lübeck, et Travemunde, où elle se jette dans la Baltique.
TR A VE. MONDE, Dratjamunlina, v. forte d’Allemagne, dans le territoire de Lübeck, il 15 kil. N.-E. de cette ville, dont elle est le port à l’embouchure de la Baltique, sur la Trave; 1,100 liai). Bains de mer très-fréquentés.
TRAVENDAHL, Treva, château de la Prusse (Holstein), prés de la rive g. de la Trave, à 23 kilom. O. de Lübeck. Un traité y fut conclu entre la Suède et le Danemark, le 8 août 1700.
TRAVERS (Val), vallée de Suisse (Neuchâtel), le long de la Reuse, entre les deux branches du Jura; 4,000 hab. Exploit, de bitume.
travers, lac des États-Unis (Minnesota), s’écoule au N. dans le Red-River.
travers, Transitus , droit perçu jadis sur les denrées transportées à travers les terres du seigneur féodal, principalement par eau.
TRAVNIK ou TRAUNIK, v. forte de la Turquie d’Europe (Bosnie), ch.-l. d’un livah, à 77 kilom. N. -O. de Bosna-Seraï; 12,000 hab. Fabr. de lames de sabres, coutellerie, maroquins, etc. Aux environs sont des mines d’or et les curieuses excavations de Slanilza. — Le livah de Travnik comprend la Croatie ottomane et une partie de la Bosnie. Les pachas de Zvornik et de Novi-Bazar dépendent de celui de Travnik.
TRAVOT (Le baron Jean-Pierre), né en 1767 à Poligny (Jura), m. en 1836, entra au service comme simple soldat, parcourut rapidement les premiers grades, fut employé en Vendée, 1796, en qualité d’adjudant-général sous le général Hoche, fit Charette prisonnier à La Chabottière, passa presque aussitôt général de brigade, combattit encore les Chouans en 1799 et 1800, devint général de division en 1805, servit sous Junot en Portugal, et prit part à la bataille de Toulouse en 1814. Nommé commandant des départements de l'Ouest pendant les Cent • Jours, il pacifia le pays, fut appelé à la Chambre des pairs, mais n’y siégea point. Après la 2' Restauration , porté, contre toute attente, sur une liste de proscription, il fut cité devant un conseil de guerre présidé par son ennemi personnel, et condamné à mort. La procédure était si odieuse, que le roi commua la peine en 20 ans de détention. La raison de l’infortuné général s’égara : malgré ce malheur, on l’enferma au fort de Ham; il en sortit au bout de 2 ans, mais jamais il ne recouvra la santé. On lui a élevé une statue à Napoléon-Vendée.
TREBATIUS TESTA (Caius), jurisconsulte romain, ami de César, sous lequel il fut un instant tribun militaire dans les Gaules, resta attaché au parti de ce célèbre général et à celui d’Octave, et tut souvent consulté par ce dernier. Horace lui a adressé la lre satire du liv. n. Trébatius avait composé plusieurs ouvrages sur le droit civil et sur les religions; beaucoup de scs décisions se trouvent dans les Pandectes. Labéon fut son disciple.
TREBATT1 (Paul-Ponce). V. Ponce.
TREBBIA ou TRÉBIE, anc. Trcbia, riv. d’Italie, affluent dr. du Pô, à 4 kil. N.- O. de Plaisance, preud sa source dans les Apennins au N. de Gênes, coule du S. au N., entre dans la prov. de Parme; cours de 106 kil. Victoire d’Annibal sur Sempronius, 218 av. J.-C. 11 s’y livra, eu 1799, entre les Français, sous les ordres de Macdonald, et les Russes commandés par Souwarof, une bataille de 3 jours 1 17, 18, 19 juin), dont l’issue fut indécise, mais à la suite de laquelle Macdonald battit en retraite.
TREBEL, riv. des Etatsprussiens( Poméranie), naît près de Grimmen, coule à l’O. et au S.-E., sur 75 kil., et se jette dans la Peene à Demmin. Le canal de Moorgraben l’unit à la Recknitz.
TRÉBELLIEN, Caius Armius Trebellianus , ancien chef de pirates, se fit proclamer empereur en Isaurie, sous le règne deGallien, 264 ap. J.-C., et périt bientôt après dans un combat que lui livra un des lieutenants de ce prince.
TRÉBELLIUS POLLION, historien des empereurs romains depuis Philippe jusqu’à Claude II, vivait à l’époque de Constance Chlore, vers l’an 300. Il no nous reste de lui qu’un fragment comprenant l’histoire de Valérien, des deux Galliens, des Trente-Tyrans, et de Claude IL II
fait partie des écrivains de V Histoire Auguste. Il a été traduit en français par M. Legay, dans la Bibliothèque latinefrançaise de Panckoucke, 2e série, 1844, in-8°.
TRÉBIE. V. Tkebbia.
TRÉBIGNE, Trebunium, ville de la Turquie d’Europe (Bosnie), ch.-l. de l’Herzégovine, à 22 kil. N.-E. de Raguse; 10,000 hab. Evêché catholique.
TllEBITSCH, en morave Trzebicze, v. des Etats autrichiens (Moravie), sur l’Iglawa, à 50 kil. O. de Brünn; 5,000 hab. Lainages. Château des comtes de Waldstüin.
TREBIZONDE, en turc Tarubozan , anc. Trapesus, vdle forte de la Turquie d’Asie (Asie-Mineure), chef-lieu d’un eyalet, port sur la mer Noire, à 895 kil. E. de Constantinople, 140 N.-E. d’Erzeroum, par 41° P hit. N., et 37° 24' 37" long. E.; 40,000 hab. La ville conserve encore la figure d’un trapèze, d’où lui est venu son nom. On y remarque le bazar, les bains, et un temple antique d’Apollon. Son port, très- fréquenté, en fait la lre place commerçante de l’Asie sur la mer Noire. Comm. considérable de transit en chanvre, cordages, tabac, tissus, quincaillerie, horlogerie, armes, sucre, épices, café, rhum, huiles, noix de galle, faïence, verrerie, draps, sangsues, cuivre, argent, fers. L’importation et l’exportation réunies ont une valeur de plus de 190 millions de fr. — Trébizonde est une ville très-ancienne, appelée originairement la Table ou le Carré, à cause de la forme de sou enceinte. Elle devint une colonie de Smope, accueillit les Dix Mille à la fin de leur retraite, fut soumise aux rois de Pont et embellie par eux. Sous la domination romaine, elle fut ornée par Trajan, Adrien, Justinien, et élevée au rang de métropole du Pont Polémoniaque. Pillée et brûlée par les Goths, elle se releva de ses ruines, et, lors de la prise de Constantinople par les Latins, 1204, elle devint la capitale d’un petit Etat indépendant, fondé par Alexis Comnène Ier, dit/e Grand, petitfils d’Andronic Ier. Jean Ier. second successeur d’Alexis, donna à ce duché le nom d’Empire, par jalousie des 1. ascaris. Ainsi fut fondé l’empire de Trébizonde, si célèbre dans nos romans des xive et xve siècles. Ses tristes empereurs mariaient leurs filles à Byzance, mais surtout aux princes du Mouton-Blanc et du Mouton-Noir ; ils les donnèrent même aux petits-fils de Tamerlan et à d’autres barbares voisins, tels que les Lazes et les Abazes. Malgré l’appui d’Usun-Hazati, khan des Turcomans du Mouton- Blanc, David Comnène céda à la première sommation de Mahomet II, 1460. 11 abandonna Trébizonde, et se retira à Constantinople, où il ne tarda pas à êtremis à mort avec un grand nombre des siens. Les souverains de Trébizonde furent :
Alexis Ier, Comnène. .
Basile I6r
Androuie 1er
Irène
Jean Ier
Anna
Manuel Ier
Michel
André 11
Jean III
George Ier
Alexis 111
Jean 11
Manuel 111. .. .
Alexis II
Alexis IV
Andronic II
Jean IV
Manuel II
David
trébizonde (eyalet de), division de la Turquie d’Asie, entre 40° 8' et 41° 44' lat. N., 33° 38' et 39° 54’ long. E.; borné à l’E. par le gvt russe de Koutaïs et l’eyalet d’Erzeroum, au S. par ceux de Kharbout et de Sivas, à l’O. par celui de Kastamouni, et au N. par la mer Noire; 435 kil. sur 105 ; 170,000 hab. Sol montagneux, propre aux pâturages. Le long de la côte, on récolte du blé, du chanvre, du lin, du tabac. Le vin est un produit important. On y fabrique des toiles, du cuir, des tapis, du savon, etc. La partie orientale de cet eyalet est habitée par les Lazes.
TREBNITZ, v. des Etats prussiens (Silésie), à 25 kil. N.- N.-E. de Breslau; 4,150 hab. Ch.-l. de cercle. Pèlerinage fréquenté au tombeau de Sle Heclwige, sous l’invocation de laquelle on y a bâti une belle église. Bière estimée.
TRÉBONIANUS GALLUS. V. Gali.us.
TRÈBON1US (Caius), tribun du peuple l’an 697 de Rome, 56 av. J.-C., servit sous César en Gaule, fut chargé, au début de la guerre civile, en 49, de faire le siège de Marseille, eut le proconsulat d’Espagne en 46, et fut consul subrogé en 45. L’un des meurtriers de César, qui l’avait comblé de bienfaits, il fut tué, l’année suivante, par Dolabella, au moment où il prenait possession du gouvernement de la prov. d’Asie, que le sénat lui avait décerné.
TRÉBUR. V. Tribür.
TRECÆ, nom de Troyes en latin moderne.
TRE
TRE
TRECHT, DRECHT, TRICHT, finale de plusieurs noms hollandais , dérivent du latin trajectum , passage , gué : Maestricht, passage de la Meuse.
TRE( ORA ou TKECÜRIUM , nom latin de Tréguier.
TREDAGH , nom ancien de Drogheda.
TREFFORT, ch.-l. de canton (Ain) , arr. et à 15 ldi. N.-E. de Bourg; 818 hab. Tuileries, fabrique d’eauxde-vie.
TRÉGUIER , en latin Trecora ou Trecorium , ch.-l. de canton (Côtes-du-Nord), arr. et à 15 kil. E.-N.-E. de Lannion , petit port au confluent du Guindy et du Jaudy qui y forment le Tréguier, et à 12 kil. de la mer; 3,080 hab. Jolie petite ville, possédant une belle cathédrale gothique élevée au jxe siècle, et d’anciens cloitres remarquables. Tanneries. Pêche au maquereau, aux huîtres, et à la morue. Connu, de blé, avoine, chanvre, lin, beurre, chevaux, bois du Nord. — Cette ville se forma au vie siècle autour d’un monastère fondé par S1 Tugdual; elle devint le siège d’un évêché, et fut très-florissante jusqu’en 1592, époque où elle fut ruinée et pillée par les Espagnols.
TRÉGUNC, brg (Finistère), arr. et à 30 kil. S.-E. de Quimper; 402 hab.
TRI .IDER-AA , riv. de la Russie d’Europe (Courlande et Livonie), se jette dans le golfe de Livonie, près de l'embouchure de la Duna ; cours de 150 kil.
TRE1GNAC, ch.-l. de canton (Corrèze) , arr. et à 45 kil. N. de Tulle, sur la Yézère, au milieu des montagnes, et à 4 kil. de la belle cascade de Treignac , un des lieux les plus pittoresques de la Corrèze; 2,001 hab. Manuf. de platines d’armes à feu. Ruines d’un anc. château-fort , qui appartint successivement aux maisons de Comborn , de Pompadour, et de Hautefort. Pont très-hardi, d’une seule arche ; belle église gothique.
TREILHARD (Jean-Baptiste), né en 1742 à Brives (Limousin ) , m. en 1810, était avocat distingué au Parlement de Paris, quand les électeurs de cette ville l’élurent aux Etats-Généraux de 1789. Il prit une part active aux réformes faites par l’Assemblée constituante, entre autres aux décrets sur la Constitution civile et les biens du clergé, sur la rédaction des actes de l’état civil par l’autorité temporelle. En 1791 , il demanda pour Voltaire les honneurs du Panthéon , et fut porté à la présidence. Pendant l’Assemblée législative, il présida avec faiblesse le Tribunal criminel de Paris. Député de Seine-et-Oise à la Convention, il vota la mort de Louis XVI , et fut membre du Comité de salut public. Admis au conseil des Cinq-Cents, membre du Tribunal de cassation en 1798 , plénipotentiaire au congrès de Rastadt, membre du Directoire exécutif, il devint président du Tribunal d’appel de Paris après le 18 brumaire. Bientôt appelé au Conseil d’Etat , il prit une trèsgrande part à la rédaction du Code civil, du Code criminel, du Code de procédure civile , et du Code de commerce. Il fut nommé sénateur et comte de l’Empire. Il a été inhumé au Panthéon. Ed. T.
TREISA , v. de Prusse (Hesse) , au confluent de la Schwalm et de la Wiera, à 4 kil. de Ziegenhain ; 2,500 hab. Fabr. de lainages et de bonneterie, tanneries, teintureries.
TREISAM, riv. du grand-duché de Bade, sort de la Forêt-Noire , reçoit la Glotter, et se jette dans l’Elz, à 7 kil. S. de Kenzingen ; cours de 45 kil. Elle donna son nom au cercle de Treisam-el-Wiesen ; ch.-l., Fribourg-en-Brisgau.
TRÉLAZÊ, vge (Maine-et-Loire), arr. et à 10 kil. E.-S.-E. d’Angers; 3,529 hab. Grandes ardoisières, d’où l’on tire plus de 120 millions d’ardoises par an.
TRÉLON, ch.-l. de canton (Nord) , arr. et à 16 kil. S.-E. d’Avesnes; 1,099 hab. Filature de laine, bonneterie, hants-fourneaux et forges , verrerie à bouteilles.
TRELOVOUNO, anc. Hymette, montagne de la Grèce (Attique), au S.-E. d’Athènes.
TREMBLADE (La), ch.-l. de canton (Charente-Inférieure), arr. et à 13 kil. S. de Marennes. petit port sur la Seudre, à 8 kil. de la mer; 2,808 hab. Comm. d’huitres vertes, vins blancs, sel, eaux-de-vie. Construction de navires.
TREMBLAY (le P. Joseph du). F. Joseph.
TREMBLEURS. V. Quakers.
TREMBLEY (Abraham), naturaliste, né â Genève en 1700 , m. en 1784 , fit l’éducation des enfants du comte de Bentinck , résident anglais à La Haye , tout en consacrant ses loisirs à l’étude de l’histoire naturelle, puis fut gouverneur du comte de Richmond, et visita avec lui l’Allemagne et l’Italie. De retour à Genève en 1757 , il devint membre du grand-conseil. Il faisait partie de la Société royale de Londres, et était correspondant de l’Académie des Sciences de Paris. On a de lui : Mémoires pour servir à l’histoire d'un genre de polypes d’eau douce, à bras en forme de cornet , Leyde,
1744 , in-4®, et Paris, 2 vol. in-12, il y démontra vraiment un animal qu’on avait jusqu’alors confondu avec les herbes marécageuses ; divers Mémoires insérés dans les Transactions philosophiques; Instructions d’un pere a. ses enfants sur la nature et la religion, Genève, 1775, 2 vol. in-8° ; — Sur la religion naturelle et révélée, ibid., 1779, 3 vol. in-8°; — Sur le principe de la religion et du bonheur, ibid. , 1782 , in-8°.
TREMECEN , v. d’Algérie. V. Tlemcen.
TRÉMITHONTE , Tremithus, v. de l’île de Cypre; auj. Nicosie.
TREMITI (îles) , anc. Diomedeœ Insulœ , groupe d’iles de la mer Adriatique, appartenant au roy. d’Italie (Prov. de Foggia), à 22 kil. de la côte. Elles sont au nombre de 5 : San-Domenico (la plus grande, au S., 8 kil. de tour), San-Nicolo , Caprara, Cretaccio, et la Vecchia. Sol montagneux , boisé , peu fertile, et manquant d’eau. Pêche active. Culture de l’olivier, du câprier et du lentisque.
TRÉMOILLE (La). V. La Trémoilt.e.
TREMONIA , nom latin de Dortmund.
TRENCK (François, baron de) , né en 1711 à Reggio (Calabre), d’une riche famille de Slavonie, m. en 1749, fut doué d’une taille, d’une force, d’une bravoure et d’une férocité extraordinaires. Après avoir fait ses études à Vienne , il fut officier de régiment dès l’âge de 16 ans , et eut beaucoup de duels. Un jour, il fendit la tête d'un coup de sabre à un fermier qui lui refusait de l’argent. Il possédait , d’ailleurs , le talent de l’ingénieur, le goût de la musique, et la connaissance de la plupart des langues vivantes. En 1738 , il entra comme capitaine au service de la Russie, et fit avec distinction deux campagnes contre les Turcs : deux fois il faillit être fusillé pour avoir frappé son colonel; sauvé de la mort par Munich, il fit 6 mois de travaux forcés dans la forteresse de Kiev. De retour en Slavonie, 1740, il organisa un régiment de Pandours , qu’il offrit à l’impératrice Marie-Thérèse, servit contre les Bavarois et les Français, et pénétra jusqu’en Alsace , commettant partout des atrocités inouïes. A la bataille de Sorr contre Frédéric II , 1745 , chargé d’attaquer les Prussiens par derrière, il s’arrêta à piller leur camp, causa ainsi la défaite des Autrichiens , fut traduit devant un conseil de guerre , condamné à payer 120,000 florins , et jeté en prison. Il s’évada , s’enfuit en Hollande , fut repris , enfermé dans la citadelle de Brünn, et s’y empoisonna. Ses Mémoires ont été publiés par son cousin ( V. l'art, suivant ) en italien et en français , Paris, 1789 , in-8°. B.
trenck (Frédéric, baron de), cousin du précédent, né à Kœnigsberg en 1726, m. en 1794, fit de très-brillantes études , servit dans l’armée prussienne , fut admis dans la société de Voltaire, de La Mettrie et de Maupertuis, et devint l’amant de la princesse Amélie, sœur de Frédéric II. Cette liaison ayant été découverte , il fut enfermé dans la forteresse de Glatz, 1745.11 s’en échappa, fut bien accueilli à la cour de la tzarine Elisabeth, où il eut de nouvelles intrigues, alla à Vienne en 1750 abjurer le luthéranisme pour recueillir la succession de son cousin, se laissa prendre à Dantzick en 1753 par les agents de Frédéric II , et subit pendant 10 ans la plus dure et la plus cruelle captivité à Magdebourg. Remis en liberté, il se fixa bientôt â Aix-la- Chapelle , où , tout en faisant le commerce des vins de Hongrie, il cultiva les lettres. De 1774 à 1777 , il visita la France et l’Angleterre, et se lia avec Franklin et le ministre Saint-Germain. Puis il se livra à des exploitations agricoles en Hongrie , retourna à Paris en 1791 , y vécut dans la gêne , fut arrêté sous la Terreur comme émissaire secret du roi de Prusse , et périt sur l’échafaud le même jour que les poètes Roucher et André Chénier. On a de lui des Mémoires sur sa vie , traduits en français par luimême, Paris, 1789, 3 vol in-8®, dont le 3« contient les Mémoires de François de Trenck. B.
TRENCSIN, TRENTSIN ou TRENTCHIN , Singone, ville de Hongrie, ch.-l. du comitat de son nom, sur la rive g. de la Waag, à 239 kil. N. -O. de Bude, 105 N.-E. de Presbourg ; 3,000 hab. Collège de Piaristes. Brasseries renommées. — Le comitat de Trencsin, dans le cercle au delà du Danube, entre ceux de Neustra au S., de Thurocz et d’Arva à l’E., la Moravie à l’O., et la Silésie au N. et à l'O., a 5,036 kil. carrés, 130 kil. sur 45, et 207,375 hab. Sol montagneux, peu fertile en général. Elève de moutons. Nombreuses sources acidulés et thermales.
TRÈNE ou TRAINE, vge (Gironde), arr. et à 9 kil. S.-E. de Bordeaux; 1,118 hab. Jadis résidence d’un captai.
TRENEUIL (Joseph), littérateur, né à Cahors en 1763, m. en 1818, remporta trois fois le prix de poésie aux Jeux Floraux, fit l’éducation d’un enfant de la famille Castellane, qu’il suivit dans l’émigration, et devint, sous l’Em- I pire, conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris,
TRE
TRÉ
par ïe crédit de Murat , qui avait été son condisciple. Il a | donné lui -même un recueil des Œuvres poétiques qu’il avait publiées à diverses époques, Paris, 1817, in -8°; ; 2* édit., 1824, in-8°; on y remarque ün Discours sur l'élégie j héroïque, et plusieurs morceaux de circonstance, tels que les Tombeaux de St-Denis, poème sur la violation des sépultures royales pendant la Révolution, et qui mérita, en 1810, un des prix décennaux ; V Orpheline du Temple, le Martyre de Louis XVI , la Captivité de Pie VI.
TRENT, riv. d’Angleterre, naît dans le comté de Stafford, coule au S., puis à l’E., à travers les comtés de Derby, de Nottingham, de Lincoln, reçoit le Derwent, et se joint à l’Ouse par la droite, pour former l’Humber; cours de 270 kil.
TRENTCHIN. V. Trencsin.
TRENTE , anc. Tridentum , en allemand Trient , en italien Trento, v. des Etats autrichiens (Tyrol), sur l’Adige, à 186 kilom. S. d’Inspriick; 15,000 habitants. Ch.-l. de cercle; évêché, suffragant de Salzbourg; trib. de lre instance, séminaire, gymnase. Jolie ville, où l’on remarque la cathédrale, l’église Ste-Marie- Majeure, le château-fort, le palais épiscopal, etc. Fabr. de tabac, filatures de soie. — Fondée, dit-on, par les Etrusques, Trente appartint ensuite aux Gaulois L'énomans, aux Goths, aux Lombards, aux empereurs, et. aux ducs de Bavière, dont elle s’affranchit pour être ville libre et impériale sous la suzeraineté de son évêque, prince du Sl-Empire, avec voix et séance à la diète de Ratisbonne. Cet évêché fut sécularisé en 1802, après la paix de Lunéville. Les Français s’étaient emparés de Trente en 1795 et 1797. Napoléon Ier, qui l’avait donnée à la Bavière, la comprit plus tard dans l’Italie, et en fit le ch.-l. du département du Haut-Adige.
trente (Concile de), le 18e, et, suivant d’autres, le 20e et dernier des conciles œcuméniques. Provoqué par les Luthériens, qui récusèrent ensuite son autorité, il fut réuni par le pape Paul III, en 1545, dans l’église Ste- Marie-Alajeure à Trente, et compta 4 légats, 11 cardinaux, 25 archevêques, 168 évêques, 39 procurateurs d’évêques absents, et 7 généraux d’ordres. Troublé par les guerres d'Allemagne, il fut transféré à Bologne en 1546, et ses sessions demeurèrent quelque temps suspendues. Jules III Payant rétabli à Trente en 1551, il se dipersa, l’année suivante, à l’approche des Luthériens commandés par Maurice de Saxe. Après 8 ans d’interruption, réuni par Pie IV, il n’acheva son œuvre qu’en 1563. Le concile de Trente a fixé les dogmes de l'église catholique : il proclama l’authenticité et l’égale autorité de tous les livres de l’Ancien et du Nouveau-Testament, détermina les livres canoniques, assura la tradition, et établit sur ces bases ! l’infaillibilité de l’Eglise; il admit le Symbole des Apôtres, les 7 sacrements, le péché originel, la justification par les bonnes œuvres, le sacrifice propitiatoire de la messe pour les vivants et pour les morts, la présence réelle et la transsubstantiation dans l’Eucharistie, le Purgatoire, l’utilité des prières pour les morts, l’invocation des saints, la vénération pour les reliques et les images du Christ, de la Vierge et des saints, l’efficacité des indulgences, la supériorité de l’église de Rome sur toutes les autres. Toute cette partie I dogmatique fut unanimement adoptée par les Etats catholiques. Le concile de Trente voulut aussi donner satisfac- | tion à ceux qui attendaient de l’Eglise seule le redressement des abus: il fit rédiger le catéchisme, formulaire . clair et simple des vérités catholiques, et institua les séminaires. Ceux de ses canons qui sont relatifs à la discipline (juridiction du pape sur les évêques, rapports avec ■ le pouvoir temporel, peines que les juges d’église peuvent , infliger, etc.|, furent partiellement repoussés, surtout en I France, par les parlements, comme étant contraires aux i usages reçus et aux libertés de l’Eglise gallicane. L’His- j toire du concile de Trente a été écrite par Sarpi et par le cardinal Pallavicini. (V. ces noms.)
trente (Combat des]. Célèbre combat de 30 Bretons J contre 30 Anglais de la garnison de Ploërmel. Il fut livré en 1351, entre Josselin et Ploërmel , et la victoire resta aux Bretons, commandés par Jean de Beaumanoir. ( V. ce mot.)
trente-ans | Guerre de), guerre religieuse et politique à la fois, qui dura 30 ans, de 1618 à 1648, commença en Allemagne, et s’étendit à toute l’Europe. Elle eut pour causes principales l’antagonisme des protestants et des catholiques, et la puissance menaçante de la maison d’Autriche. Les troubles que Gebhard Truchsess ( V. ce mot ) ! fit naître à Cologne, 1583; les querelles des luthériens et des catholiques à Strasbourg, 1592-1604; l’expulsion des protestants à Aix-la-Chapelle, 1598, et à Donauwerth , | 1607 ; la formation presque simultanée de la Ligue callio- I ligue, sous la direction de Maximilien, duc de Bavière, et I
de l’Union évangélique d’Œhringen ; l’opposition de la maison catholique de Neubourg et de la maison protestante de Brandebourg, quand la succession de Clèves et de Juliers fut vacante, 1609 ; la révocation des Lettres de majesté, qui consacraient les libertés de la Bohême; tels furent les préludes de la lutte. On la divise en quatre périodes. — I. Période palatine, 1618-1625. Après la dé jénestration (V. ce mot) de Prague, les Bohémiens offrent le trône à un prince calviniste, Frédéric V, électeur palatin; conduits par le comte de Thurn , et assistés de Bethlem Gabor ( V. ce mot), ils assiègent Ferdinand II dans Vienne; mais Bethlem les abandonne ; obligés de reculer devant les troupes de la Ligue catholique , ils sont battus à la Montagne-Blanche , près de Prague, 1620. La Bohême rentre sous la domination de l’Autriche , et est traitée avec une extrême rigueur. Frédéric V, fugitif en Hollande, est luimême dépouillé de ses Etats héréditaires, défendus quelque temps par Ernest de Mansfeld et Christian de Brunswick contre Spinola et Tilly (F. ces noms), et donnés à la Bavière. — II. Période danoise, 1625-1629. Le roi de Danemark , Christian IV, prend à son tour la défense de la Réformation : il est défait à Liitter (Brunswick) par Tilly, 1626, tandis que Waldstein met en fuite Mansfeld, soumet la Poméranie et le Mecklembourg , menace Stralsund , et il est forcé de subir le traité onéreux de Lubeck, 1629. — III. Période suédoise, 1630-1635. Les progrès de la maison d’Autriche effraient la France, alors gouvernée par Richelieu : elle pousse Gustave-Adolphe sur l’Allemagne, après avoir fait demander par la diète de Ratisbonne la disgrâce de Waldstein ( V. ce mot), et le roi de Suède, vainqueur de Tilly à Leipzig, 1631, maître de la Bavière par la bataille du Lech, triomphe encore de Waldstein à Liitzen , 1632; mais après sa mort, les Suédois sont défaits à Nordlingen, 1634, et la Réformation semble écrasée (traité de Prague, 1635 ). — IV . Période française, 1635-48. Alors la France intervient directement dans la lutte, appuyée sur l’alliance des protestants allemands, de la Hongrie, d’une partie de l’Italie , de la Hollande et de la Suisse , et des Etats du nord ; de son côté, l’Espagne s’unit plus étroitement à l’Autriche : l’Angleterre, à la veille de la révolution de 1648, reste seule à l’écart. Pendant quelques années , les succès sont balancés : mais bientôt Bernard de Saxe-Weimar s’empare de l’Alsace, 1639 ; le Portugal, le Roussillon et la Catalogne se révoltent contre Philippe IV, 1640; l’Artois est conquis, 1641, tandis que les Suédois Banner, Torstenson, et Wrangel ( V . ces mots) s’illustrent en Allemagne. Après la mort de Richelieu, 1642, sous le ministère de Mazarin, les victoires du grand Condé à Rocroy, 1643, à Fribourg (Bade), 1644, à Nordlingen , 1645, à Lens, 1648, amenèrent enfin le traité de Westphalie ( V. ce mot), qui régla pour 70 ans l’état religieux et politique de l’Europe, 1648. On doit à Schiller une excellente Histoire de la guerre de Trente-Ans, et un drame célèbre, 1Q Trilogie de Waldstein. G.
trente tyrans, nom donné : 1° aux 30 magistrats que Lysandre imposa aux Athéniens après la prise de leur ville, 404 av. J.-C., et qui furent chassés, 8 mois après, par Thrasybule ; les plus connus sont Critias et Théraméne ; — 2° aux usurpateurs qui prirent la pourpre pendant le règne de Valérien et de Gallien, 253-268 de J.-C., tels qu’Auréolus, Quiétus, Macrien, Baliste, les 2 Posthumius, Tétricus , Odénath , etc., et auxquels le nom de Trente Tyrans fut donné, sans doute par souvenir des magistrats d’Athènes, car on n’en a pu compter que 17.
TRENTON, v. des Etats-Unis, capit. de l’Etat de New- Jersey, et siège du gouvernement, sur la Delaware, à 300 kil. N.-E. de Philadelphie; 7,000 hab. Manuf. de coton, tanneries. Victoire de Washington sur les Anglais, le 2 décembre 1776.
TRENTSIN. V. Trencsin.
TRÉPIED , siège sacré à trois pieds, sur lequel s’asseyaient les sibylles, les pythies, et les prêtres de l’antiquité pour rendre des oracles. Le plus fameux était celui de Delphes, recouvert de la peau du serpent Python. On donnait aussi le nom de trépieds à de petites tables sur lesquelles on posait les vases destinés aux libations.
TRÉPORT, Ullerior portus de César? v. et port (Seine- Infér.l, sur la Manche, à l’embouchure de la Bresle, ail. et à 28 kil. N.-E. de Dieppe, et à 3 kil. d’Eu; 3,346 hab. Eglise curieuse. Bains de mer. — Cette ville fut autrefois très-florissante; mais les ravages des Anglais en 1339. 1340, 1413, 1545, et ensuite ceux des calvinistes, lui ont fait perdre son importance ; son port, envahi par les ensablements, ne peut plus recevoir que des bâtiments d’un faible tonnage. Pêche active ; commerce de bois, houille, ardoises, etc. Scierie mécanique.