‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 602 sur 864 · TRÉ — *2660 — TRI · texte numérisé non relu

TRÉ — *2660 — TRI

liages à l’E. du Rhin furent donnés, en 1803, au duché de Nassau, qui les a conservés. C. P.

trêves, ch.-l. de canton (Gard),arr. et à 40 ldi. N. -O. du Vigan; 270 hab. Mine de houille.

TREVI, v. du royaume d’It lie (Prov. de Pérouse), à 9 kil. S.-S.-E. de Foligno; 5,183 hab.

TREVIÈRES, ch.-l. de cant. (Calvados), arr. et à 19 kil. N. -O. de Bayeux, sur l’Aure ; 757 hab. Comm. de beurre, suif, bestiaux.

TREVIGI, nom italien de Trévise.

TREVIGLIO, chef-lieu d’arrond. du royaume d’Italie, situé dans la province et à 23 kil. S. -S. -O. de Bergame ; 10,326 hab. Comm. de soie.

TREVIGNO. V. Rovigno.

TREV1RS , Treviri, nom que l’on donnait dans l’ancienne Rome, à trois magistrats chargés de surveiller la fabrication de la monnaie. On les appelait Trévirs ]>our l'or, l’argent, et l’airain. Ils subsistèrent jusqu’au temps du Bas-Empire. C. D — y.

TKÉVISANE (Marche), prov. des anc. États vénitiens de Terre-Ferme, à l’O. de l’Istrie et au S. du Tyrol, comprenait le Trévisan, leFeltrin, le Bellunais, et le Cadorin. C’est à peu près auj. la délégation de Trévise , dans la province autrichienne de Vénétie.

TREV1SANI (Francesco), peintre d’histoire, de portraits, et de paysages, né à Capo-d’Istria en 1656, m. à Rome en 1746 , reçut les premières leçons d’un artiste flamand, alla ensuite étudier à Venise sous Antonino Zanchi, fut chargé de travaux importants à Rome par le cardinal Flavio Chigi, et l’on y voit un grand nombre de ses ouvrages dans les églises et les monuments publics; il y copia aussi pour le duc de Modène les plus beaux ouvrages du Corrége, du Parmesan, et de Paul Véronèse, dont il imitait habilement la manière. Clément XI lui confia ensuite l’exécution d’un des Prophètes du palais de S^Jean-de-Latran, et d’une partie de la coupole du dôme d’Urbin. Le tzar Pierre le Grand lui commanda plusieurs tableaux. Le chef-d’œuvre de Trevisani est un Crucifiement de petite dimension, à Forli. Le musée du Louvre a de lui : le Sommeil de l’enfant Jésus, et Jésus assis sur une table et montrant à sa mère une grenadille. — Son frère, Angelo Trevisani, né à Venise, a orné de tableaux remarquables la Chartreuse et les autres églises de Venise, et excellé dans le portrait. E.

TRÉVISE, anc. Tarvesium, en italien Trevigi, ville forte du royaume d Italie (Vénétie, ch.-l. de la province de ®Oil nom, gouvt et à 30 kil. N. -N. -O de Venise, sur la Sile, la Siletta et le Bottenigo; par 45o 39’ 41” lat. N., et 9" 54’ 24” long. E.; 18,000 hab. Evêché suffragant de Venise. Jadis université, transférée à Padoue. Trib. de lre instance. Gymnase , séminaire , bibliothèque , jardin botanique. Dépôt du train des équipages. La ville est peu régulièrement bâtie; on y remarque la cathédrale ou Dôme, l’cglise Sl-Nicolas, l’hôtel -de -ville, quelques palais, le théâtre, etc. Fabr. de toiles, soieries, ustensiles en métal , coutellerie , faïence , papier. — D’origine trèsancienne, Trévise fut un municipe romain. Elle passa ensuite aux Goths, qui la rendirent à Bélisaire après la bataille de Ravenne; puis elle fut possédée par les Hongrois, par les maisons souveraines de Carrare et Délia Scala, et, en 1388, par les Vénitiens. Elle passa à l’Autriche par le traité de Campo-Formio, en 1797. Elle devint, en 1805, le ch.-l. du département italien du Tagliamento. Napoléon Ier avait fait le maréchal Mortier duc de Trévise. Patrie de Totila, roi des Goths, et du pape Benoit XI. — La province de Trévise, entre celles de Bellune au N., de Vicence à l’O. de Padoue et de Venise au S., d’Udine à l’E., a 236,070 hect., 70 kil. sur 60, et 298,030 hab. Elle est divisée en 10 districts. Elle répond à peu près à l’anc. Marche Trévisane.

TREVOUX, Trivultium, Trivortium, Trivium, s.-préf. (Ain), à 52 kil. S.- O. de Bourg , bâtie en amphithéâtre sur la rive g. de la Saône, qu’on y passe sur un beau pont suspendu; 2,245 hab. Trib. de lre instance, bibliothèque. Fabr. d’orfèvrerie, affinage et tirage d’or et d’argent. On y remarque les ruines d’un vieux château, et un ancien hôtel des monnaies. — Trévoux tirait son nom de trois voies, qui s’y croisaient. Ce fut en ce lieu que l’empereur Septime-Sévère battit Albinus , son compétiteur, 198. La ville, fortifiée au moyen âge, devint la capitale de la pria cipauté de Dombes. François Ier y établit un parlement en 1535. La princesse Marie-Louise d’Orléans donna, en 1671, un privilège à J. Molin, pour y établir une imprimerie , qui , à partir de 1707 , rivalisa avec celles de Hollande, et d’où sortirent une foule d’ouvrages et d’éditions recherchés des amateurs, entre autres la lre édition du

Dictionnaire universel dit de Trévoux, 1704, 3 vol. in-fol.; nouvelle édit., 1771, 8 vol. in-fol. Les Mémoires ou le Journal de Trévoux , critique et littéraire, créé en 1701, par les jésuites, pour combattre l'école philosophique, fut le 1er journal littéraire qu’ait possédé la France. Transféré à Lyon en 1731, et à Paris en 1734, il cessa de paraître en 1782. B.

TREW (Christophe-Jacques), médecin et botaniste, né en 1695 à Lauf (Franconie), m. en 1769, compléta ses connaissances par des voyages en Allemagne, eu Suisse, en France et en Hollande, et devint directeur de l’Académie de Nuremberg en 1746. On a de lui : Traité élémentaire de l'anatomie, en allemand, Nuremb., 1767, in-fol.; Plantæ seleclœ nominibus propriis notisque illustrâtes, 1750- 60, in-fol. ; Horlus nitidissimus, 1750-68, in-fol. ; Cedrorum Libani hisloria, 1757-67, avec planches.

TRÉZÈNE, Trœzen, auj. Damala, ville du Péloponèse ( Argolide, près de la côte E.). Pitthée y régna, et Hippolyte y périt.

TRIADITZA , nom bulgare de Sophia.

TRIA1RE , Triarius, soldat de grosse infanterie dans la légion romaine. Ses armes étaient une javeline, une épée, un casque, une cuirasse, et un scutum (F. ce mot]. Les triaires, formés des plus vieilles et des meilleures troupes, occupaient le 3e rang en bataille, et ne donnaient que si les deux premiers rangs faiblissaient. Quand Marius réforma la légion, il mit les Triaires au 1er rang, et désormais ce fut toujours leur place. On faisait remonter leur institution au temps de Romulus; on croit qu’ils subsistèrent jusqu’au Bas-Empire. Les historiens les appellent aussi Pilani, du javelot, pilum. C. D — Y.

TRIAL (Antoine), acteur, né à Avignon en 1736, m. en 1795, débuta au Theâtre-Italien, à Paris, en 1764, dans l’emploi des Colins, et se fit bientôt une certaine réputation dans les paysans niais et les valets poltrons. Pendant la Révolution, il montra une grande ardeur pour les idées nouvelles. Le nom de trial désigne au théâtre l’emploi de ténor-comique dans l’opéra. B.

TRIANON. V. Versailles.

TRIARIUS, lieutenant de Lueullus, fut défait par Mithridate , l’an 66 av. J.-C. 11 fut tué , pendant la guerre civile, en combattant dans les l’angs des Pompéiens.

TRIAUCOURT, ch.-l. de cant. (Meuse) , arr. et à 26 kil. N.- O. de Bar-le-Duc; 844 hab.

TRIBALLES, Triballi, peuple de la Thrace, au N., entre l’Hémus et le Danube; vaincu par Philippe, père d’Alexandre. Les Triballes occupaient la partie occidentale de la Bulgarie actuelle.

TRIBAU ou TRUBAU , v. des Etats autrichiens (Moravie I , à 50 kil. N.- O. d’Olmiitz ; 3,600 hab. Gymnase de Piaristes. Patrie des princes de Lichtenstein.

TRIBOCI ou TRIBOCCI. V. Triboques.

TRIBONIEN, Tribonianus, célèbre jurisconsulte, né à Side (Pamphylie) vers le commencement du vi* siècle, m. en 547, plaida avec distinction devant les tribunaux de Constantinople, fut nommé, par Justinien, questeur, maître des offices, consul, préfet du prétoire, et reçut la mission de recueillir et de coordonner les monuments de ' l’ancienne législation romaine, ainsi que les décisions des jurisconsultes. C’était un travail immense, pour lequel il s’adjoignit plusieurs collaborateurs, et qu’il termina dans l’espace de 4 ans, de 530 à 534. Le résultat en fut trois collections devenues célèbres, le Code, le Digeste ou les Pandectes , et les Instilutes. On reproche à Tribonien d’avoir trafiqué de la justice et des lois. B.

TRIBOQUES, Triboci, Tribocci, peuple de la Gaule. (Germanie lrc), entre les Vosges et le Rhin, était d’origine germanique; v. principales : Brucomagus, Argentoratum. Son territoire correspond au département du Bas- Rhin et à la partie N. du Haut-Rhin.

TRIBOULET, fou, en titre d’office, de Louis XII et de François 1er, né à Blois vers la fin du xve siècle, m. en 1536. C’était un idiot que Louis Xll recueillit par pitié, et à qui l’on a prêté beaucoup de mots spirituels.

TRIBUI Ug. V. Chaüssetrape.

TRIBUN, Tribunus, nom donné, chez les anc. Romains, à des officiers militaires et à des officiers civils ; on appelait les \erslribuns des soldats; les seconds, tribuns du peuple, tribuns consulaires, tribuns du trésor, tribuns des plaisirs.

tribuns des soldats, Tribuni militum, chefs des 3 tribus dont se composa Rome originairement; de là leur nom de tribuns. Quand la légion fut organisée, des tribuns furent mis à sa tête; chaque légion en eut 3, qui la ! commandaient tour à tour; puis on porta ce nombre à 4, et, l’an 345 de la ville, à 6, dont 2 étaient en fonctions à la fois | pendant 2 mois, et commandaient chacun leur jour. Les

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insignes du grade étaient : l’angusticlave ( V. ce mot), un anneau d’or, un casque doré, une parme ( V. ce mot), et une épée. Quatre appariteurs les précédaient. Ils recevaient directement les ordres du général, veillaient à tous les détails de la discipline et de la nourriture , et rendaient la justice. Originairement les rois nommèrent les tribuns; sous la république, ce furent les consuls jusqu’à l’an 393 ; alors les comices par tribus en nommèrent tantôt la moitié, tantôt le tiers. Nul citoyen ne pouvait être tribun, s’il n’avait servi 5 ans ou fait 10 campagnes. Le grade était conféré pour la durée d'une campagne. A dater d’Auguste , l’empereur élut les tribuns à la nomination du général ; Tibère usurpa la nomination des autres , quand il eut donné les comices au sénat. C. D — y.

tribuns du peuple, Tribuni plebis , officiers civils chargés de défendre les intérêts et la personne des plébéiens. On les créa l’an 260 de Rome, 493 av. J.-C. , à la suite de la retraite du peuple sur le mont Sacré ( V. Sacrémont ) ; leur création fut une des conditions de la réconciliation avec les patriciens. On les appela tribuns du peuple, parce que les premiers furent pris parmi les tribuns des soldats. Il y en eut d’abord 2, puis 5 , enfin 10 l’an 296. Ils étaient élus pour un an, dans les comices par curies, et, depuis l’an 283 , dans les comices par tribus. Tout candidat à cette charge devait être plébéien, et âgé de 30 ans. Les tribuns avaient le pouvoir d’assembler le peuple , de lui proposer des lois sous le nom de plébiscites , de convoquer le sénat, d’opposer le veto ( V. ce mot ) à tous les actes des magistrats , aux comices , aux sénatus-consultes , qui ne devenaient obligatoires qu’après avoir été souscrits par eux de la lettre T [Tribuni). Originairement les décisions des tribuns devaient être prises à l’unanimité , puis à la majorité ; ensuite l’opposition d’un seul suffit pour tout arrêter. Ces officiers , qui conservaient leur charge même quand il y avait un dictateur, s’arrogèrent le droit de citer les magistrats devant le peuple , et même de les faire emprisonner. Quant à eux, ils étaient inviolables ; mais dès qu’ils étaient sortis de charge , on pouvait les mettre en accusation. Défenseurs du peuple de Rome, leur pouvoir ne s’étendait pas au-delà de l’enceinte de la ville , dont ils ne pouvaient même sortir pendant toute l’année de leur charge , sinon pour aller aux Fériés latines ( V. ce mot) ; leur maison devait rester ouverte nuit et jour aux réclamants. Un viateur ( V. ce mot ) les précédait ; mais du reste Ils n’avaient aucun insigne d’autorité magistrale. Le Tribunat, appuyé sur les plébéiens, devint le véritable maître de la république; Sylla, dictateur, diminua son influence, en portant une loi qui déclara inhabile à jamais occuper une autre magistrature , tout citoyen qui aurait été tribun du peuple ; en outre , il interdit aux tribuns de haranguer le peuple et de proposer des lois, et supprima leur veto en matière politique. Pompée leur rendit leurs anciennes prérogatives ; César les réduisit de nouveau à l’impuissance, et, l’an 730, leur pouvoir fut donné à l’empe- Teur ( V. TRiRUNiTiENNE-puissance ) ; cependant la charge de tribun continua de subsister comme une dignité sans puissance. Auguste choisissait les tribuns lui-même parmi les patriciens et les chevaliers; ils eurent entrée au sénat , ce qui n’avait jamais eu lieu sous la république , ils purent même y rapporter des affaires, mais ils furent désormais sans aucune influence. Le Tribunat dura jusqu’au règne de Constantin. C. D — y.

tribuns consulaires , ou mieux , Tribuns militaires revêtus du pouvoir consulaire , Tribuni militum consulari potestate , magistrats qui , depuis l’an 309 de la ville , furent souvent élus à la place de consuls. Les plébéiens voulaient être admis au consulat ; les patriciens s’y opposaient en vertu des lois sacrées. Enfin les 2 ordres convinrent de substituer aux consuls des magistrats qui en auraient tout le pouvoir, avec le titre de Tribuns militaires revêtus du pouvoir consulaire, et pris par moitié dans les patriciens et dans les plébéiens. Les comices par centuries élurent tantôt 3 tribuns consulaires , tantôt 4 , puis 6 de temps en temps; quand les patriciens l’emportaient, on élisait des consuls; enfin on revint tout à fait à cette magistrature l’an 387, lorsque les plébéiens furent admis au consulat. Pendant 78 ans que dura le Tribunat consulaire, il n’y eut que 49 élections de tribuns. C. D — y.

tribuns du trésor, Tribuni œrarii, administrateurs du Trésor public, chargés de remettre aux questeurs la paye des soldats. Ils étaient plébéiens, et vers la fin du vnc siècle de Rome, ils firent partie du corps judiciaire. On ignore l’époque de leur création. C. D — y.

tribuns des plaisirs, Tribuni voluplalum, officiers du Bas-Empire, chargés de veiller aux jeux et fêtes donnés au peuple. Cette fonction était importante.

TRIBUNAL FORAIN. V. Forain.

tribunal révolutionnaire, tribunal dont l’institution fut proposée à la Convention, le 10 mars 1793, par Jean-Bon-St-André, pour juger sans appel et sans recours en cassation tous les délits contre-révolutionnaires. La proposition fut rejetée; mais Danton revint à la charge, et l’Assemblée, entourée d’émeutes armées et menaçantes, vota, sur le rapport de Cambacérès, au nom du comité de législation, l’établissement, à Paris, d’un tribunal criminel extraordinaire, mais sans l’affranchir des formes régulières de la justice criminelle. Le nombre des juges fut fixé à 5, et celui des jurés à 12, tous nommés par la Convention. Ce tribunal finit par compter 80 membres, et sa procédure devint celle qu’avait proposée Jean-Bon-S’-André. Herman, puis Dumas, présida le Tribunal révolutionnaire pendant la Terreur, et Fouquier-Tinville en fut l’accusateur public. Il poursuivait, arrêtait, instruisait, traduisait en jugement. Les jurés opinaient à haute voix. Le Tribunal révolutionnaire fut supprimé après le 9 thermidor, puis renouvelé deux fois avec un nouveau personnel et une procédure moins arbitraire, puis définitivement supprimé le 12 prairial an iii (31 mai 1795). — Il y eut aussi dans -quelques départements, notamment à Lyon, Avignon, Arras, des commissions ou tribunaux révolutionnaires. V. Berriat Saint-Prix, la Justice révolutionnaire à Paris , Bordeaux, Brest, Lyon, Nantes , Orange, Strasbourg, Paris, 1861, gr. in-18.

TRIBUNAT FRANÇAIS, assemblée législative créée par la Constitution de l’an vm (1799). Elle se composait de 100 membres, âgés de 25 ans au moins, élus par le Sénat pour cinq ans, renouvelés par cinquième, et jouissant d’un traitement annuel de 15,000 fr. Les tribuns discutaient les projets de loi qui leur étaient soumis par le gouvernement, et sur lesquels le Corps législatif prononçait ensuite sans discussion; ils pouvaient proposer des lois nouvelles et des améliorations dans les services publies. Ils entrèrent en fonction le 1er janvier 1800. Bientôt la discussion des lois en séance publique fut supprimée, les traitements augmentés, et les fonctions prorogées. Le Tribunat siégeait au Palais-Royal, alors Palais-Egalité, dans le pavillon occidental de la grande cour. Il fut supprimé par un sénatus-consulte du 19 août 1807. J. T.

TRIBUNE. V. Rostres.

TRIBUNITIENNE (Puissance), Tribunitia potestas, pouvoir et prérogatives des tribuns du peuple décernés aux empereurs romains par le Sénat. Tous les empereurs étant patriciens, ou censés tels, et le Tribunat ne pouvant être occupé que par des plébéiens, on éludait l’obstacle en donnant la chose sans donner le nom. Auguste reçut le 1er la puissance tribunitienne, l’an 731 de Rome. Ii se la fit renouveler tous les ans; ses successeurs l’imitèrent, et ce semblant d’élection servait pour supputer les années de chaque règne. Cette puissance ne fut décernée qu’aux empereurs du Haut-Empire. C. D — y.

TRIBUR, TREBUR ou TREUVER, Triburium, brg de la Hesse-Darmstadt (Starkenbourg), à 22 kil. O. -N. -O. de Darmstadt, sur la Schwarzack; 1,400 hab. Autrefois ville importante, les rois Carlovingiens y possédaient un château où une diète, en 887, y déposa Charles le Gros.

TRIBUS , divisions territoriales chez plusieurs peuples de l’antiquité.

tribus juives , divisions du peuple de Dieu en Palestine. Elles étaient au nombre de 12 , dont 10 tiraient leur nom d’enfants de Jacob ( Ruben , Gad , à l’E. du Jourdain ; — Dan, Issachar, Zabulon, Aser, Nepthali, Juda, Simeon, Benjamin, à l’O.) , et les 2 autres d’enfants de Joseph (Ephraïm, à l’O. du Jourdain; Manassé, divisée en occidentale et orientale par le Jourdain). La tribu issue de Lévi avait été vouée au sacerdoce.

tribus athéniennes, divisions d’Athènes et de ses environs. 11 y en eut d’abord 4 , dont on attribue l’institution à Cécrops. Appelées originairement Cécropis, Aulochthon, Actée, et Paralie, elles reçurent de Cranaiis les noms de Cranaïs, Atthis, Mésogée, et Diacris, et d’Erichthonius ceux de Dias, Alhénaïs, Posidonias, et Héphestias. Plus tard, on les appela encore tribus des Géléontes, des Oplites, des Ægicores, et des Argades. Les tribus furent portées à 10 du le temps de Clisthène [V. ce mol)-, enfin il y en eut 13 à l’époque de la domination romaine ; alors les 10 premières empruntaient leurs noms aux anciens héros du pays, et s’appelaient: Achamantide, Antiocbide.Cécropide, Hippotoontide, Léontide, Œnéide, Egéide, Enantide, Pandionide, et Erechthéide. Les 3 dernières furent nommées Ptolémaïde, Attalide, etAdrianide, des rois Ptolémée et Attale, et de l’empereur Adrien. Quand il n’y avait que 4 tribus, au temps de Solon, chacune d’elles fournissait 100 mem-

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bresau Sénat; lorsqu’il y en eut 10, chacune d’elles nomma 50 sénateurs.

tribus romaines. Dès l’origine de Rome, il y en eut trois : les Ramnenses, les Tatienses ou Titienses, et les Luceres ( V. ces mots). Ces tribus, divisées en curies , décuries, et genles | V. ces mots ) , et représentant des groupes d’hommes de même origine, composèrent les comices par curies, et de leur sein furent tirés les sénateurs et les chevaliers. A côté des citoyens romains ainsi divisés , et qui formèrent l’ordre patricien, existait une population admise seulement à l’asile, unie à la précédente par les rapports du patronage et de la clientèle, et qui, devenue de jour en jour plus nombreuse, fut partagée par Servius Tullius en tribus ou régions géographiques. L’ensemble de ces tribus forma l’ordre plébéien, et Servius en tira 12 centuries de chevaliers, pour les ajouter aux sex sufjragia ou 6 centuries de chevaliers patriciens; elles étaient au nombre de 19 ou 20 dans l’origine, et furent ensuite portées à 35, tant pour la ville que pour la campagne. Chaque tribu avait un nom, pris des lieux qu’elle habitait, ou de quelque famille illustre qui en faisait partie. Il y eut 4 tribus urbaines de la plèbe; on les nommait : Palatine, Colline, Esquiline , et Suburane. Les noms des tribus'de la campagne furent, dans leur ordre numérique : 5, Romilia ; 6, Crustuminia; 7, Lemonia; 8, Pupinia; 9, Veientana; 10, Galéria; 11, Pollia; 12, Voltinia; 13, Claudia; 14, Æmilia; 15, Cornelia; 16, Fabia; 17, Horatia; 18, Meniana; 19, Papiria; 20, Sergia; 21, Veturia; 22, Stellatina ; 23, Tromentina; 24, Sabatina; 25, Aniensis; 26, Pomptina; 27, Popillia; 28, Mœcia; 29, Scaptia; 30, Ufentina ; 31, Falerina; 32, Arniensis; 33, Terentina; 34, Velina; 35, Quirina. Les tribus plébéiennes formèrent les comices par tribus IV. ce mol). A une époque incertaine, mais qu’on place vers le 11e siècle av. J.-C., et par suite de changements auj. mal connus dans la constitution romaine, les 3 tribus patriciennes se fondirent dans les 35 tribus plébéiennes. A la fin de la Guerre Sociale, on créa 8 tribus pour les Italiens admis au droit de cité ; ce fut une institution temporaire. Les Tribus subsistèrent jusqu’à la fin de l’Empire, bien qu’elles eussent cessé d’avoir des droits politiques. C. D— T.

TRI BUTS , Tribula ou Stipendia, impôts publics chez les anc. Romains ; ils se composaienAde la contribution directe personnelle et mobilière.

TRICALA, Tricca v. de la Turquie d’Europe, donne son nom à un eya'et créé en 1864; elle est située a 88kd.S.-E. de Janina, sur un affl. de la Salembria; 12,000 hab. Teintureries de coton. — L’eyalet de Tricala, entre les eya ets de Salonique et de Monastir au N., les golfes de Saloniqne et de Volo à l’E., leroy, de Grèce au S., et l’eyalet de Janina à l’O. et au S. O., embrasse toute la Thessalie et partie de la Macédoine; ch.-l., Tricala. Sol fertile en cérérales, huile, coton, tabac, fruits. Elève de bestiaux.

tricala, v. du royaume de Grèce (Morée), à 35 kil. O. de Corinthe; 2,000 hab.

TRICAMERON, v. de l’Afrique ancienne (Byzacène), à 32 kil S. -O. de Carthage. Bélisaire y vainquit Gélimer, roi des Vandales, en 534.

TR1CA11ICO, v. du roy. d’Italie fProv. dePotenza),à-50 kil. U. de Matera; 6,649 hab. Evêché. — Elle fut, dit-on, fondée par Diomède après la prise de Troie , et colonisée par des habitants de Tricca et d’Argos.

TRICASSES, peuple de la Gaule (Lyonnaise 4e), au N. des Lingons et à l’E. des Sénons; ch.-l., Augustobona ou Tric.asses (auj. Troyes).

TRICASTINS, Tricastini, peuple de la Gaule (Narbonaise), entre les Allobroges au N. et les Ségalaunes au S.; ch.-l., Augusta Tricastinorum ou Næomagus (auj. Aoust-en-Diois ).

TRICASTINUM ou TRICASTRUM, nom latin de saint-

FAUL-TROIS-CII ATEAUX.

TRICCA, auj. Tricala, ville de Thessalie, cap. de l’Histiæotide, au S.-E. de Gomphi.

TRICLINIUM, salle à manger, chez les anc. Romains. On la nommait ainsi de ce qu’il y avait toujours 3 lits, sur lesquels les convives se mettaient,, à demi couchés, pour manger. La table était entre les 3 lits, et le 4e côté restait libre pour le service. C. D — y.

TR1CORU, peuple de la Gaule (Narbonaise 2e); ch.-l., Vapincum (auj. Gap).

TRICOT (Laurent), maitre-ès-arts et instituteur en l’université de Paris, né vers 1720, m. en 1778, est auteur de deux ouvrages élémentaires pour Renseignement du latin: Nouvelle méthode, 1754, in-12; Rudiment, 1756, in-12. Ils ont été classiques, et ils étaient écrits en français, alors que tous les livres de ce genre l’étaient en latin.

TRICOTEUSES, société de femmes du peuple qui se forma pendant la Terreur, sous la direction de la comédienne Rose Lacombe. Le conseil de la commune de Paris leur donna une place dans les cérémonies civiques, en ajoutant •• qu’elles tricoteraient. » De là leur dénomination, leur rôle dans les fêtes, dans les clubs, dans la Convention, où elles étaient payées pour venir applaudir, huer ou siffler dans les tribunes. Elles apportaient leur ouvrage avec elles, et particulièrement des bas qu’elles tricotaient. On les appela aussi Furies de guillotine , alors que, l’œil en feu, les cheveux en désordre, vêtues d’une veste et d’un jupon, un fusil ou une pique à la main, elles assistaient aux messes rouges , c.-à-d., dans leur langage, aux exécutions. L’une d’elles, Aspasie, dite Carlemigelli, trépigna sur le corps de Féraud, pendant que ses compagnes lui tranchaient la tête (1er prairial an m). Elles disparurent avec la société des Jacobins. Quand les muscadins (F. ce mot ) firent fermer cette société, où elles venaient aussi, elles furent saisies à leur sortie, et fouettées outrageusement. Aspasie fut guillotinée à 23 ans; Rose Lacombe devint marchande épicière , et depuis le Directoire, on n’entendit plus parler d’elle. J. T.

TRIDENT, sceptre à trois pointes, qu’on donnait à Neptune comme marque de son pouvoir sur la mer. Le dieu s’en servait pour briser des rochers, agiter et calmer les flots, et faire jaillir des sources.

TRIDENTUM, v. de l’anc. Rhétie. V. Trente.

TRIE, ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), arr. et à 30 kil. N.-E. de Tarbes; 1,298 hab. Comm. de bestiaux et de grains.

TRIEL, brg (Seine-et-Oise), arr. et à 24 kil. N.-N.-O. de Versailles, sur la rive dr. de la Seine, et près du chemin de fer de Paris à Rouen; 1,558 hab. Belle église paroissiale. Culture et commerce de fruits , particulièrement d’abricots. Pierre à plâtre , grès. La princesse de Conti y eut un beau château.

TRIENNAUX, QUATRIENNAUX. On appelait ainsi en France, au xvne siècle, les charges partagées entre 3 ou 4 titulaires exerçant à tour de rôle. Ce fut un des abus que Colbert fit disparaître.

TRIENS, petite monnaie d’airain des anc. Romains. Elle valait le tiers d’un as (environ 2 cent. 1/3), et, d’ordinaire, était marquée d’une proue de navire, et de 4 points à l’exergue, indiquant 4 onces.

TRIENT, nom allemand de Trente.

TRIER, nom allemand de Trêves.

TR1ÉRARQUE, commandant de trirème, chez les Athéniens, et, par extension, citoyen qui en avait fait construire et équiper une à ses frais.

TRIESTE, anc. Tergesle, v. forte des Etats autrichiens (Littoral), ch.-l. de gouvernement et de cercle, port franc sur le golfe de Trieste, à 572 kil. S. -O. de Vienne, au bout d’un chem. de fer de cette capit., par 45° 38' 50" lat. N., et 11“ 26' 17'' long. E.; 104,707 hab., Italiens, Allemands, Slaves, Illyriens, Juifs, etc. Evêché catholique, sufiragant de Goritz; évêché grec. Ecoles polytechnique et d’hydrographie, école normale, école israélite, bibliothèque annexée à l’Académie de commerce et de marine, musée; imprimerie arménienne au collégedes Mékhitaristes.Trieste se divise en vieille et nouvelle ville, auxquelles se joint le faubourg de Franzenvorstadt. Elle est bâtie au pied et sur le penchant d’une colline, que domine la citadelle. On remarque : la cathédrale, à laquelle est attenant un cimetière où est le tombeau de Winckelmann ; le palais du gouvernement, la bourse, le théâtre, le lazaret; le Tergeslum, qui comprend le bazar, la chambre de commerce, les salles du Lloyd autrichien et le Casino ; la promenade du Boschetto ; les places de Thérèse et de Joseph. Fabr. de velours, soieries, cotonnades, dentelles, rosoglio, bougies, savon, cartes à jouer, instrumens de musique; raffineries de sucre , tanneries , teintureries , distilleries» Chantiers de construction, estimés pour la solidité et l’excellente qualité du chêne de Hongrie. Le port est, sous le rapport commercial, le 1er de l’Empire, et le centre de la navigation à vapeur sur l’Adriatique ; il fait un grand commerce avec le Levant, l’Egypte, la Sicile, l’Angleterre, et l’Amérique. Le mouvement maritime (entrée et sortie réunies), eu 1859, a été de 21,679 navires, jaugeant 1,556,728 tonneaux. — Trieste fut entourée de murs par l’empereur Auguste, et saccagée par Attila. Soumise ensuite aux Vénitiens, elle appartient à l’Autriche depuis 1382; l’empereur Charles VI la déclara ville libre en 1719; Marie-Thérèse en fit un port franc, en 1750. Elle a été prise par les Français en 1797 et en 1805.

trieste (Gouvernement de), ou gvt du Littoral, l’un des 19 Pays de la Couronne de l’Empire d’Autriche, entre la

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Vénétie à l’O., la Carniole au N. et au N.-E., La Croatie au S.-E. et l’Adriatique au S., a 185 kil. sur 40, et 520,978 hab. Ch.-l., Trieste. Il comprend le territoire de Trieste, les cercles de Goritz etd’Istrie. Les îles de Cherso, Osèro, Veglia, situées le long de la côte, en dépendent.

îRiESTE (Golfe de ] , golfe formé par la mer Adriatique à l’O. de la presqu’île d’Istrie.

TRI ETE RI DE. V. Calendrier grec.

TRIÉTÉRIDES , fêtes de Bacchus , célébrées tous les 3 ans en Béotie et en Thrace, pour rappeler, dit-on, l’expédition du dieu dans les Indes.

TRIEUX, riv. de France (Côtes-du-Nord) , affluent de la Manche vis-à vis de l’ile Bréhat, naît dans l’étang de Coëtmalouen, passe à Guingamp et à Pontrieux; cours de 80 kil.

TRIFELS, v. de Bavière, au S.-E. d’Annweiler; 3,000 hab. Ruines d’un château où l’empereur Henri VI fit enfermer Richard Cœur-de-Lion.

TRIGAULT (Nicolas ) , missionnaire jésuite , né à Douai en 1577 , m. à Nanking en 1628 , se rendit à Goa en 1607, à Macao en 1610 , puis en Chine. On a de lui : De christianâ expeditione apud Sinas , exMalthæi Ricci commenlariis , Augsbourg , 1615 , in-l° , trad. en français sous le titre de Voyage des PP. Jésuites en Chine , Paris, 1617 ; De christianis apud Japonicos Iriumphis , Munich , 1623 , in-4», trad. en français par le P. Morin sous le titre A’ Histoire des martyrs du Japon de 1612 à 1620, Paris, 1624; Dictionnaire chinois , Leyde, 1639 , etc.

TRIGE , Triga, char attelé de 3 chevaux dans les jeux des anc. Grecs, et surtout des auc. Romains ; 2 chevaux étaient de front, et le 3e devant. C. D — y.

TR1GISAMUS. V. Trasen.

TR1GNO, anc. Trinum Portuosum , riv. du royaume d’Italie, naît près de Vasto-Girando (Campobasso), coule au S.-E., puis au N.-E., sur 110 kil., et se jette dans l’Adriatique, à 10 kil. S.-E. d’Il-Vasto.

TRIGONALE (Balle). V. Balle.

TRIKALA. V. Tricala.

TRILEACUM promontorium , nom ancien du cap Ortegal.

TRIM , ville d’Irlande , capitale du comté de Meath ( Leinster, au N.- E.), sur la rive dr. de la Boyne, à 40 kil. N. -O. de Dublin; 2,057 hab. Ruines importantes d’un château fondé par Henri II, et de l’abbaye de S,e-Marie. Colonne en l’honneur du duc de Wellington. Siège de plusieurs parlements irlandais. Prise par Cromwell en 1649.

TR1MOUILLE (La), ch.-l. decant. (Vienne), arr. et à 15 kil. N.-E. de Montmorillon, sur la Benaise ; 1,015 hab.

TRIMOIIRTI , la Trinité des Hindous, composée de Brahma, Vichnou et Siva.

TRINACRIE , Trinacria, nom donné à la Sicile, terminée à ses extrémités par les trois caps [tria acra) de Pélore au N.-E., de Lilybée à l’O., et de Pachynum au S.-E.

TRINCAVELLI ( Victor), illustre médecin, né à Venise en 1496, m. en 1568, se distingua de bonne heure comme praticien habile et savant helléniste, montra un grand dévouement en traitant les habitants de Pile Murano atteints d’une épidémie, fut pourvu d’une chaire de philosophie dans sa ville natale, accepta en 1551 une chaire de médecine à l’université de Padoue, et ramena ses contemporains à l’étude des médecins grecs, et principalement d’Hippocrate. On a de lui des éditions de Thémistius, 1534, in-fol., des Commentaires de Jean le Grammairien sur Aristote, 1535- 1536, 4 vol. in-fol., d’Arrien, 1535, in-8°, de Stobée, 1535, in-4°, et d’Hésiode, 1537, in-4°. Ses UEuvres médicales, en latin, ont été recueillies à Lyon, 1586-92, 2 vol. in-fol.

TRINCOMALY, TRINCOMALE ou TRINQUEMALE, la Spatana de Ptolémée ? v. forte de l’ile de Ceylan , bon port sur une petite presqu’île de la côte N.-E., dans une baie de l’océan Indien , à 240 kil. N.-E. de Colombo ; par 8» 33’ 30” lut. N., et 78» 54’ 30” long. E.; 20,000 hab., surtout Malabars. Son port a une grande importance maritime à cause de l’abri, le seul de ces parages, qu’il offre aux vaisseaux contre les moussons violentes du N.-E. Occupée d’abord par les Portugais, puis par les Hollandais, Trincomaly fut prise en 1782 par les Français, et, en 1795, par les Anglais, qui l’ont conservée.

TRINIDAD (La ), v. de l’ile de Cuba, près de la côte S. , à 320 kil. S.-E. de la Havane; 15,000 hab. Port de commerce assez actif.

trinidad (la), riv. des États-Unis (Texas), affluent du golfe du Mexique à la baie de Galveston ; cours de 450 kil.

TRINITAIRES ou MATHURINS, ordre religieux fondé en 1198 par S1 Jean de Matha et Félix de Valois, pour la

délivance des chrétiens captifs chez les Infidèles. Le pape Innocent III l’approuva. Le ch.-l. de l’ordre fut Cerfroi , sur les confins de la Brie et du Valois. La règle des Trinitaires était très-sévère : elle ne leur permettait jamais l’usage du poisson, et ils ne pouvaient manger de la viande que le dimanche , et encore fallait-il qu’elle leur eût été donnée en aumône ; ils ne devaient porter que des vêtements grossiers , des chemises de serge , et , dans leurs voyages, ne monter que des ânes, ce qui les fit appeler vulgairement Frères aux ânes. En 1267, le pape Clément IV donna son approbation à une règle moins dure , qui permettait aux Trinitaires l’usage du cheval, et leur donnait pour vêtement l’habit blanc, avec une croix rouge et bleue sur la poitrine. Le nom de Mathurins vient de ce que les Trinitaires établirent, en 1228, une maison à Paris dans une ancienne aumônerie de Sl-Benoît dédiée à SlMathurin, sur une partie de remplacement. des Thermes de Julien. L’ordre fut supprimé en 1790. B.

TRINITÉ (La), fête de l’Eglise catholique, instituée au Xive siècle , se célèbre le dimanche qui suit la Pentecôte.

Trinité (Confrérie de la). V. oratoire.

trinité (Frères de la). V. trinitaires.

trinité- porhoet (la) , ch.-l. de canton (Morbihan) , arr. et à 24 kil. N .-O. de Ploërmel; 756 hab.

trinité (la), v. de la Martinique, sur la côte E., au fond d’une baie de son nom, à 40 kil. N. de Fort-de- France; 5,700 hab. Aux environs, nombreuses sucreries.

trinité (la), île des Antilles anglaises (Petites-Antilles), dans les Iles-sous-le-Vent , en face de l’embouch. de l’Orénoque; séparée de la terre ferme par le golfe de Paria ; par 10° 3'-10° 50' lat. N., et 63° 21'-64° 24' long. O.; 4,491 kil. carr. ; 84,438 hab. Ch.-l., Spanishtown. Cacao, canne à sucre; peu de café. Grand lac d’asphalte en exploitation. Carrières de pierre à bâtir. — Découverte par Christophe Colomb en 1498, occupée par 'les Espagnols en 1532, par les Anglais en 1595, par les Français en 1676, pais abandonnée, elle appartient à l’Angleterre depuis 1797. Depuis 1789, la plupart des notables habitants et propriétaires sont Français.

TRINO, v. du royaume d’Italie (Novare), à 20 kil. S.-O. de Vereeil, près de la rive gauche du Pô ; 9,244 hab. Commerce de jambons.

TRINOBANTES, peuple de l’anc. ile de Bretagne, au N. du Cantium , dont il était séparé par la Tamise ; ch.-l. , Lnndinium (auj. Londres). Il occupait les comtés actuels d’Essex, Middlesex, etHertford.

TRINQUEMALE. V. Trincomaly'.

TRINUM PORTUOSUM , nom anc. du Trigno.

TRINUNDINUM , trois jours de marché ou de nundincs ( V. ce mot), c.-à-d. , chez les anc. Romains, espace de 27 jours pendant lequel on affichait les projets de lois. Les accusations devant le peuple étaient aussi promulguées pendant le même délai. C. D — y.

TRIOCALA , auj. Calatabellota , v. de Sicile , fut une des places fortes des esclaves dans la guerre servile de 104 av. J.-C. ; ils s’y défendirent pendant quatre ans; la ville fut prise enfin par Aquilius.

TRIOMPHALE (Voie), Via triumphalis , voie de l’anc. Rome, qui venait de la campagne au pont Vatican, traversait le Champ-de-Mars du N. au S. , suivant une conjecture douteuse, passait ensuite dans le Cirque Maxime, et, longeant le côté oriental du mont Palatin, se joignait à la voie Sacrée. C. D — y.

TRIOMPHATEUR, Triumphalor, général romain qui obtenait les honneurs du triomphe. Les conditions étaient : d’avoir commandé en chef, tué au moins 5,000 ennemis dans une bataille rangée , agrandi le territoire de la république , terminé une guerre justement entreprise , et n’avoir essuyé aucune défaite. Le citoyen qui demandait le triomphe ne devait pas entrer dans Rome avant de l’avoir obtenu ; car cet honneur était tout militaire, et quiconque pénétrait dans la ville , redevenait aussitôt simple citoyen. C’était le sénat qui décernait le triomphe, et il se réunissait dans un temple , hors des murs , pour entendre le candidat, et juger sa demande. S’il l’accueillait, on assemblait les comices par tribus, qui donnaient au général le droit, pour ce jour-là , d’entrer dans Rome avec le pouvoir militaire. Le triomphateur avait pour costume une tunique bordée de palmes, une toge de pourpre, à rosaces d’or, gardée ordinairement dans le temple do Jupiter-Capitolin, une couronne de laurier, et , à la main , un sceptre d’ivoire surmonté d’une aigle. Il conservait, à perpétuité , le droit de porter en public une couronne de laurier. C. D — y.

TRIOMPHE, Triumplius , honneur militaire accordé, chez les anc. Romains , à un général en chef illustré par une grande victoire ( V . Triomphateur). Il se célébrait à

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Rome , avec l’armée , ou un détachement de l’armée qui avait vaincu sous le triomphateur. Son but avoué était d’aller offrir à Jupiter-Capitolin un grand sacrifice d’actions de grâces ; son but principal , de montrer au peuple toute la gloire qu’on avait acquise, tout le butin qu’on avait fait. On étalait tout cela dans une immense procession militaire , où le butin paraissait d’abord exposé et agencé sur des chariots , sur des brancards portés à l’épaule ; des écriteaux disaient les noms et l’origine de chaque chose, et rappelaient les principaux faits d’armes de la campagne. Les prisonniers de guerre suivaient le butin , puis , venait l’or coronaire ( V. ce mot). Le triomphateur s’avançait ensuite , monté sur un char tiré par 4 chevaux blancs attelés de front , et quelquefois par 4 éléphants. Ses amis , ses parents, ses clients, l’accompagnaient à pied ; le sénat, les consuls, les autres magistrats suivaient son char ; les soldats venaient après , en chantant leurs propres louanges, y mêlant quelquefois des chants satiriques contre leur général , et criant d’instant en instant : ** Io ! triomphe ! » Un esclave , placé derrière le triomphateur, dans le char même, lui disait de temps en temps : “ Souviens-toi que tu es homme. » En outre, afin de lui rappeler l’instabilité des choses humaines, des verges et une clochette, instruments employés dans les supplices capitaux, étaient suspendus au char. La pompe triomphale traversait tout le Champ-de- Mars, passait dans le Vélabre, dans le Cirque Maxime, longeait le mont Palatin à l’JE. , prenait la voie Sacrée, traversait le Forum, et montait au temple de Jupiter-Capitolin, où elle se terminait. Là le triomphateur présentait une branche de laurier à Jupiter, les prémices du butin , et lui adressait une prière d’actions de grâces pour la ré publique. Il offrait ensuite un sacrifice , et la fête se terminait par un festin au Capitole. L’invention du triomphe est attribuée à Baechus; Tarquin l’Ancien, ou Valérius Publicola , en introduisirent l’usage à Rome. Sous l’empire d’Auguste , à dater de l’an 740 , l’honneur en fut réservé à l’empereur seul , parce qu’il était le seul général en chef de la république , et que tous les autres généraux ne commandaient que comme ses lieutenants. Le dernier triomphe vu à Rome fut celui daDioclétien et de Maximien, l’an 1056 de Rome, 303 de J.-C. ; et le dernier de tous fut célébré à Constantinople par Bélisaire, l’an 534. C. D — y.

triomphe au mont albain ; c’était un triomphe sem blable à celui célébré à Rome , mais que les généraux transportaient en ce lieu, où Jupiter avait un temple célèbre , parce qu’ils pouvaient alors triompher sans l’autorisation du sénat ni du peuple. Cet usage fut inventé, l’an 522 , par le consul Papirius Masso , vainqueur des Corses, et qui n’avait pu obtenir le triomphe à Rome. C. D— y.

triomphe NAVAL, Triumphus navalis; c’était le même triomphe que celui décerné pour les victoires sur terre ; il n’en différait que par la nature des dépouilles. Duillius l’obtint le premier, l’an 493 de Rome , pour lavoir détruit une flotte carthaginoise près de la Sicile, en vue de Myles. C. D — y.

TRIPHYLIE , Triphylia., partie méridionale de l’ancienne Elide, entre le Selléis au N. et la Néda au S., tirait son nom des trois tribus qui l’habitaient ; v. principale , Scillonte.

TRIPIER (Nicolas-Jean-Baptiste) , célèbre et savant avocat , né à Autun en 1765 , m. en 1840, se distingua de bonne heure au barreau de Paris , se retira en Flandre pendant la Terreur, revint après le 9 thermidor, fut pendant quelque temps substitut de l’accusateur public et assesseur de juge-de-paix , puis reprit les fonctions d’avocat à Paris en 1796. C’était un orateur d’une dialectique puissante, et qui connaissait le droit à fond. Sa plus célèbre cause fut celle du comte de Lavalette en 1816. Membre de la Chambre des Députés en 1815 et 1822 , il cessa de plaider en 1825, ne donna plus que des consultations , fut élu bâtonnier de l’ordre des avocats, en 1828, entra, peu de temps après , à la Cour royale, et, en 1831 , à la Cour de cassation , et reçut la pairie en 1832. B.

TRIPOLI, ancienne Tripolis , en turc Tarabolos , v. de la Turquie d’Asie (Syrie), ch.-l. d’un livah de l’eyalet de Saïda, à 2 kil. de la mer; par 34° 26' 22" lat. N., et 33° 29' 11" long. E.; 16,000 hab., dont 7,000 Grecs catholiques. On y remarque les mosquées, le bazar et les fontaines, qui en font une des plus belles villes de Syrie. Station des vapeurs français. Fabr. de savon et de ceintures; pêche des éponges. Export, de soie, huile, tabac, etc. Importation de sucre, café, indigo, cochenille, poivre, draps, fer, acier, soieries de Lyon , tissus de coton, etc. Cette ville fut prise en 1109 parles Croisés. — Le livah de Tripoli, entre ceux de Latakieh au N., d’Acre au S., et la Méditerranée à l’O., a 220 kil. sur 116, et 315,000 hab.,

Arabes, Turcs, Grecs, Druzes, Maronites, Arméniens, Juifs, etc. Sol sillonné par le Liban et l’Anti-Liban, bien arrosé, et très-fertile. B.

tripoli, anc. Oœa, v. forte d’Afrique, capitale de la Régence de Tripoli, sur la Méditerranée, par 32° 53' 58” lat. N., et 10» 51' 8" long. E.; à 1 ,350 kil. S -E. d’Alger, 655 de Tunis ; 25,000 hab. On remarque le palais du bey, 2 bazars, quelques mosquées, et les restes d’un arc-dotriomphe en marbre. Les maisons sont couvertes de stuc poli comme du marbre. Exportation de séné, garance, soude, peaux, plumes d’autruche, poudre d’or, ivoire, dattes, etc. Importation de 'draps , soieries, épices, quincaillerie , armes , fer, poudre , liqueurs , bois de construction. Cette ville fut bombardée par les Français en 1685.

tripoli (Régence de), la moins importante des trois anciennes Régences barbaresques , entre la Méditerranée au N. , le désert de Barca à l’E. , le Sahara et le Fezzan au S.-E., la Régence de Tunis à l’O.; par 27°-33° lat. N., 10°-22° long. E. ; 160,000 kil. carrés environ; 1,500 kil. de l’O. à l’E., 175 à 750 du N. au S.; 750,000 hab., Maures, Arabes, Berbères ou Kabyles, Turcs, Francs, Juifs et Nègres. Capitale, Tripoli. Sur la côte s’étend le golfe de la Sidre. Climat inhospitalier; jours brûlants et nuits glaciales; air vicié parle sirocco. La végétation ne se développe qu’en hiver. Montagneux dans certaines parties que sillonnent les ramifications de l’Atlas, le pays n’a pas de cours d'eau importants : au midi sont de vastes plaines sablonneuses et désertes. Les chevaux et les mulets y sont vigoureux. Les dattes , figues , olives , mûres , oranges , raisins , croissent d’eux-mêmes dans les districts fertiles. Le sel et la potasse sont très-abondants. On y trouve des chacals , des hyènes , des serpents , des scorpions. Le commerce, rendu libre par le traité de 1838 entre l’Angleterre et la Porte, exporte des tapis communs, et des maroquins rouges et jaunes. Le commerce maritime de la Régence, le seul qu’il soit possible d’apprécier, peut être évalué, en moyenne, à 8 ou 10 millions de francs par an. Le pays forme un eyalet de l’Empire ottoman, gouverné par un pacha dépendant de la Porte. — La Régence de Tripoli, qui correspond à la Tripolitaine des Anciens, fut enlevée au vu' siècle à l’empire d’Orient pâlies Arabes. Au ixe, lors de la dissolution du klialifat, elle passa aux Aglabites; au Xe, aux Fatimites d’Egypte. Elle appartint à la dynastie des Zeïrites jusqu'au xve. En 1147, Tripoli, pris par Roger de Sicile , fut occupée par les Espagnols sous F erdinand le Catholique , et cédée par Charles- Quint à l’ordre de Malte. En 1551, elle passa sous la domination de la Porte jusqu’en 1714. Hamid-Pacha ou Hamet-Bey y fonda alors la dynastie des Karamaulis , qui fut tributaire de la Porte. Les puissances maritimes de second ordre payaient tribut à Tripoli pour s’affranchir de ses pirateries ; mais la flottille du bey fut détruite par l’escadre sarde en 1825. En 1835, la Porte a repris possession du pays et le gouverne directement.

TRIPULIS , auj. Tripoli de Syrie, v. de l’ancienne Phénicie , tirait son nom de ce qu’elle avait été formée par 3 colonies venues de Sidon, de Tyr, et d’Aradus. C’est là que se réunissaient les députés des villes phéniciennes.

tripolis, v. de l’Afrique ancienne, la même que Oda Colonia , capitale de la Tripolitaine.

tripolis, v. du Péloponèse (Ai-cadie), fondée par des habitants de Mantinée, de Pallantium, et de Tégée.

TRIPOLITAINE, Tripolis ou Tripolitana regio, contrée de l’Afrique ancienne, le long de la Méditerranée, tirait son nom de ses 3 villes principales : Sabrata, Oœa, et Leptis Magna. Sur la côte étaient les deux Syrtes , l’ile des Lotopliages, et, dans la partie N.-O. , le Tritonis palus. Cette contrée fut partagée d’abord entre Carthage et Cyrène ; plus tard , conquise par les Romains , elle fit partie , sous l’Empire, du diocèse d’Afrique. Les Vandales la subjuguèrent en 455 , les Grecs en 534, et les Arabes en 647. C’est auj. la Régence de Tripoli. B.

TRIPOLITZA, anc. Tripolis, ville de Grèce (Morée), ch.-l. du nome d’Arcadie, à 60 kil. S -O. de Corinthe; 8,800 hab. Résidence d'un métropolitain. Capitale de la Morée sous la domination turque, Tripolitza, qui eut jusqu’à 20,000 hab., fut prise, en 1779, par les renégats, dits Chypetars ; reprise peu après par les Turcs , elle fut , en 1821 , saccagée par les Grecs , et , en 1825 , par les troupes de Méhémet-Ali.

TRIPTOLËME , fils de Célée, roi d’Eleusis, qui avait donné l’hospitalité à Cérès , apprit de cette déesse l’art de cultiver la terre , l’enseigna à son tour aux habitants de l’Attique , et institua , dit-on , les mystères d’Eleusis.

TRIPUDIUM, les anc. Romains nommaient ainsi le petit bruit que les parcelles de la pâtée, donnée aux poulets

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sacrés pour obtenir un auspice , faisaient en s’échappant de leur bec , et tombant à terre. On appelait encore ce bruit terripavium, frappe-terre, et c’était un auspice heureux. C. D — T.

TRIREME, Triremis, grand vaisseau de guerre des Anciens; il se manœuvrait à la rame, et en avait 3 rangs superposés. Les antiquaires modernes en avaient douté ; mais une trirème, exécutée à Paris en 1861, par ordre de l’empereur Napoléon III , a prouvé que cela était possible. V. Jal, la Flotte de César , Paris, 1861, in-12. C. D — T.

TRISMÊGISTE. V. Thoth.

TRISPARADISUS, ancienne ville de Cœlésyrie , où, après la mort de Perdiccas, 320 av. J.-C., les généraux d’Alexandre le Grand firent un 2e partage de l’empire macédonien.

TR1SSIN (Jean-Georges Trissino, dit le), poëte italien, né à Vicence en 1478, m. en 1550, était en bas âge quand il perdit son père, mais sut réparer par le travail les imperfections de son éducation première. Il cultiva les lettres grecques et latines, se rendit à Rome, et fut chargé par Léon X et Clément VII de missions diplomatiques à Venise, en Danemark, et en Allemagne. Il voulut reproduire l’épopée héroïque des anciens dans un poëme intitulé V Italie délivrée des Goths par Bélisaire ; il croyait peut- être réveiller le sentiment patriotique chez ses contemporains : mais il n’avait pas assez de génie ; il copie les plans de Virgile et d’Homère, raconte comme un érudit, fait de longues et froides descriptions, accouple avec mauvais goût la mythologie païenne et le christianisme ; son style est prosaïque. On a encore du Trissin : des sonnets et des canzones, peu dignes d’attention; un dialogue pastoral, Filauto e Alcinio ; une comédie, I Simillirni, tirée des Ménechmes de Plaute ; une tragédie de Soplionisbe, 1515, où respire une sensibilité vraie, et à laquelle Mairet, Corneille, Voltaire, et Alfieri ont fait quelques emprunts. Le Trissin passe pour avoir été un des premiers à employer les versi sciolti ou vers non rimés; on lui attribue aussi plusieurs réformes grammaticales, entre autres, celle de ne plus confondre les voyelles i et u avec les consonnes j et v. Ses OEuvres complètes ont été publiées à Venise, 1729, 2 vol. in-fol. B.

TRISTAN (Nuno), navigateur portugais, découvrit le cap Blanc en 1441 ; en 1447, il dépassa le cap Vert et le Rio-Grande, mais fut massacré par les indigènes.

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