‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 610 sur 864 · TU R · texte numérisé non relu

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forges a acier et à cuivre ; fabr. de jus de cerises ; comm. ' de chanvre.

TULLIUS, nom d’une gens de l’anc. Rome. Le roi Ser- j vius Tullius et Cicéron en firent partie.

TULLUM, v. delà Gaule (Belgique lre), capitale des Leuci; auj. Tout.

TULLUS ACTIUS, chef des Volsques, donna asile à Coriolan, banni de Rome, 489 av. J.-C. Quand le proscrit eut levé le siège de cette ville, il le fit, dit-on, condamner par les Volsques.

tullds hostilius, 3e roi de Rome, l’an 83-114 de la ville, 670-639 av. J.-C. Petit-fils d’un Latin, il habita avec les pauvres sur le mont Cœlius, accepta contre Albe deux guerres, marquées, l’une par le combat des trois Iioraces contre les Curiaces , l’autre par la ruine d’Albe après la trahison de Métius Suffétius. Une faute commise par Tullus dans une cérémonie religieuse lui valut, dit-on, la mort ; il périt foudroyé , en offrant un sacrifice à Jupiter Elicius. Tullus posa les bases de la discipline militaire, un des moyens de la puissance de Rome.

TULN, anc. Castra Catulina, brg delà Basse-Autriche, sur le Danube, à 33 ldi. N. -O. de Vienne; 1,800 hab. Ecole de pionniers. Chapelle curieuse , dite des Trois- Rois.

TULTCIIA. V. Toulscha.

TUMULTE, Tumullus ; les anciens Romains nommaient ainsi un grand danger public, causé par une guerre en Italie ou contre les Gaulois. 11 fallait qu’un sénatus-consulte déclarât le Tumulte; ce n’était pas une grande crainte, mais une grande émotion. Tout le monde, y compris les magistrats et les sénateurs, prenait l’habit de guerre, le Sagum, et les consuls faisaient des levées en masse. C. D — T.

TUMULTUAIRES (Levées). Elles avaient lieu subitement, en cas de T umulte ( V. ce mot ) , sans aucune des formalités ordinaires, et tout citoyen en état de porter les armes était enrôlé. C. D — y.

TUNBRIDGE. V. Tonbridge.

TUNES ou TUNESIUM, auj. Tunis, ville de l’Afrique ancienne (Zeugitane), près de Carthage. Régulus y fut défait par Xantippe, en 256 av. J.-C.

TUNGOUSES. V. Toüngouses.

TUNGRES. V. Tongres.

TUNGRORUM fons, nom anc. de Spa.

TUNGURAGUA, riv. de l’Amérique du S., sort du lac Lauri, et, par sa réunion avec l’Ucayale, forme le fleuve des Amazones.

tunguragtta, volcan de la république de l’Equateur, à 32 kil. N. de Riobamba ; 5,500 mèt. de hauteur.

TUNIQUE, Tunica, vêtement à l’usage des deux sexes, chez les anc. Romains; il enveloppait tout le corps, avec une ouverture pour passer la tête, était sans manches, se mettait sur la peau, et tenait lieu de chemise. La tunique des femmes descendait jusqu'aux jarrets ou aux talons ; celle des hommes en habit civil, jusqu’aux genoux ; celle des militaires, jusqu’au milieu des cuisses. On la serrait sur la taille avec une ceinture, et c’était une marque de dissolution d’avoir cette ceinture lâche. Les hommes portaient la tunique en laine blanche ; les magistrats et les patriciens, avec une large bande de pourpre (U. Lati- CLAve) ; les chevaliers, avec une bande étroite ( V. Angusticuave ) ; les femmes avaient quelquefois des tuniques de couleurs assorties à leur teint et à leur genre de beauté ; quelquefois elles les faisaient faire en lin. La plèbe, les esclaves, et tous les pauvres gens, dont la tunique formait, d’ordinaire, tout le vêtement, la portaient de laine d’un brun roux ; c’était aussi la couleur de celle du soldat. Pour un homme d’une certaine condition, il était indécent de sortir en simple tunique, et plus encore pour une femme. Vers la fin de l’Empire, des efféminés imaginèrent d’avoir des tuniques à manches longues. Dans les premiers temps de Rome, les citoyens portaient la toge sans tunique, habitude que les cyniques conservèrent toujours. — La tunique était en usage chez la plupart des peuples de l’antiquité : chez les Grecs, q*ui la nommaient yirüv, elle différait peu de celle des Romains : elle avait de petites manches descendant un peu au-dessous de l’épaule, sur laquelle elle s’agrafait par un bouton. Les Orientaux la portaient à longues manches, à demi larges, descendant jusqu’aux poignets. C. D — y.

TUNIS, anc. Tunes, Tuncsium, v. forte d’Afrique, capit. de la Régence de son nom, à 620 kil. E. d’Alger, à 45 kil. de la Méditerranée , avec laquelle elle communique par le canal de la Goulette; par 36“ 44’ lat. N., et 8° long. E. ; 80,000 hab., dont 30,000 juifs et 15,000 chrétiens. Bâtie en amphithéâtre au fond de la lagune de Bogliaz , elle a des rues étroites , tortueuses, non pavées , et sales. On y remarque de belles mosquées, un grand aqueduc qui dis-

tribue l’eau dans la ville, et le palais du bey. Fabr. de bonnets de laine rouge, étoffes de laine, velours, soieries, toiles, maroquins, limes, savon, parfumeries, essence de roses, etc. Comm. de grains, laines, peaux, huiles d'olive, cire, garance, séné, poudre d’or, corail, etc. L’importation s’élève environ à 10,550,000 fr., et l’export, â 12,000,000 fr. Près de Tunis, sur les ruines Je Carthage, s’élève la chapelle de SGLouis, élevée en 1841 par ordre du roi Louis-Philippe. — L’importance de Tutus date de l’époque où les Arabes détruisirent Carthage. Les Normands, qui s’en emparèrent, en furent chassés par Abd-el-Moumen, en 1159. C’est au siège de Tunis que Louis IX mourut de la peste, 1270. En 1535, Charles-Quint enleva au corsaire Barberousse le port de la Goulette (P. ce mot) ; mais Occhiali le reprit aux Espagnols en 1573.

tünis (Régence de), une des 3 Régences barbaresques ; par 330-37° lat. N., et 5° 33’-8° 54’ long. E., entre la Méditerranée au N. et au N.-E., la régence de Tripoli au S.-E.. le Sahara au S., l’Atlas et l’Algérie il l’O. ; 137,174 kil. carrés; 950.000 hab.. Maures, Arabes nomades ou Bédouins, Juifs, turcs, et Européens renégats. Sol sillonné par les ramifications de l’Atlas, et arrosé par la Medjerdah. 11 y a, à l’O., de grandes plaines désertes, et, au centre, le lac Loudéah. Sur la côte N., sont les golfes de la Sidre et de Cabès. Récolte de blé, légumes, dattes, figues, olives, mûres, oranges, raisin, coton, indigo, safran, tabac, canne à sucre. Pêche du corail sur les côtes. Bons chevaux barbes. On trouve des lions, panthères, hyènes, sauterelles, etc. Mines d’argent, cuivre, plomb, mercure, sel. Eaux minérales et thermales. Le commerce tire de l’intérieur la poudre d’or, l’ivoire , les plumes d’autruche, les peaux. Exportation de dattes, cire, miel, corail, éponges, blé, etc. Le gouvernement est monarchique absolu ; le bey reçoit l’investiture du sultan de Constantinople, mais est indépendant. L’armée, qui le nomme, est de 18,000 hommes, dont 8,000 disciplinés à la française ; la marine compte 20 petits bâtiments malarmés.— Le pays de Tunis, voisin de Carthage, subit sa fortune, et fit partie de la province romaine d’Afrique. Il appartint aux Vandales, puis au Bas - Empire, enfin aux Arabes. Occupé par les dynasties des Zeirites, des Badissites, et des Almohades, il fut conquis par Barberousse en 1534, et, l’année suivante, par Charles-Quint. Sinan-Pacha le rendit tributaire de la Porte en 1574. Depuis la prise d’Alger, les beys vivent en bonne intelligence avec la France, et envoyèrent même des troupes en Crimée en 1855.

TUNJA, v. de la Nouvelle-Grenade, ch.-l. de l’État de Boyaca, sur une hauteur, à 97 kil. N.-N.-E. de Bogota; 7,000 hab. Université, collège. Grand commerce de tabac. Tissage de laine et de coton. Climat froid et malsain. Ville jadis considérable, et auj. déchue de son importance. C’est aux environs que Bolivar remporta sur les Espagnols la décisive bataille de Boyaca (7 août 1819), qui enleva la Nouvelle-Grenade aux vaincus.

TUNNEL, passage souterrain, creusé et construit à Londres, sous la Tamise, entre Wapping et Rotherithe. Il a 1,300 pieds anglais (39um,23) de long, 20 |6‘“,08) de haut, et 14 (4™, 27) de large. Il forme deux galeries, entièrement construites en briques. Ce grand travail a été conçu et exécuté par Brunei, ingénieur français. Les travaux, commencés en 1825 , ont été interrompus par une inondation de 1828 à 1835, et terminés en 1843. La dépense a été de 614,000 liv. sterling.

TUPINAMBAS. V. Topinambous.

TUR IMEZO-). V. Mezo-tur.

tur-kevi, v. de Hongrie (Grande-Cumanie) , à 30 kil. S.-O. de Kartzag, sur le Bornetyo ; 6,500 hab.

TURA ( ALT-), v. de Hongrie ( Neitra ), à 35 kil. E. de Skalitz ; 8,500 hab. Fabr. de draps. Commerce de beurre et de fromages.

TURAN1ENS, peuplade primitive de l’Hindoustan , refoulée dans les bois par les nations établies plus récemment dans le pays.

TU R R \ , nom latin de Tarbes. ,

TURBIE (La), vge (Alpes-Maritimes), arr. et a 14 kil. N.-E. de Nice; qui domine Monaco, et d’où l’on aperçoit la Corse et l’Apennin. C’était, au moyen âge, la frontière entre la Provence et la Ligurie. Ruines d un trophée qui fut élevé en mémoire de la victoire d’Auguste sur les peuplades des Alpes, et que détruisit Villars.

TURCHI (Alexandre), peintre, né à Vérone en 1580, m. en 1650, se forma un style qui ne manque pas de vigueur, mais dont la grâce et la noblesse sont les qualités dominantes. Ses toiles ont une teinte d’un rouge doré. On cite de lui : la Mère de douleur, dans l’église de la Miséricorde à Vérone j la Fuite en Egypte, à Sl-Romuald de Rome;

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ls Déluge, Samson livré aux Philistins par Dalila, la Femme adultère amenée devant Jésus, la Mort de Marc - Antoine, le Mariage mystique de Ste Catherine d’Alexandrie , au musée du Louvre B.

TURCKHEIM ou THURINGHEIM, petite ville I Haut- Rhin), arr. et à 6 kil. O. de Colmar, sur la Feclit; 2,920 hab. Erigée en ville impériale en 1312. Victoire de Turenne sur les Impériaux (4janvier 1675). Récolte de bons vins rouges et blancs.

TURCOING. V. Tourcoing.

TURCOMANS, peuple de la famille turque, répandu dans le Turkestan, l’Afghanistan, le royaume d’Hérat, la région caucasienne de L empire russe, la Turquie d'Asie, et dominant dans la Perse. On donne souvent le nom de Pays des Turcomans à la contrée asiatique comprise entre la mer Caspienne, le lac Aral, et le khanat de Khiva.

TURCOPOLIElt. V. Malte (Ordre de).

TURCS, grande famille de la race tartaro-finnoise, originaire de l’Asie, où elle habitait primitivement le Turkestan. 11 en est fait mention pour la première fois au Xe siècle. A cette famille appartinrent les Seldjoucides, les Khazares, les Oïgours (F. ces mots). Aujourd’hui elle comprend : les Osmanlis ou Ottomans, les Baschkirs, les ’Tchouvaches , les Turcomans, les Tatars, les Metchères, les Uzbecks, les Kirghiz, les lakoutes, etc.

TURDÉTAÏNS, Turdelani , peuple de l’Hispanie ( Bétique), à l’O. des Bastules, à l’E. de l’Anas; v. princip. : Gadès. Soumis par les Romains, en 195 av. J. -G. Leur territoire correspondait à la partie S.-O. de l’Andalousie.

TURDULES, Turduli, peuple d'Hispanie ( Bétique ), au N.-E. des Tardé tains, au S. des Orétains ; v. principales : Astapa, Illiturgis, Corduba. Son territoire répond aux provinces actuelles de Cordoue et de Séville.

TURENNE ( Henri de La Touk-d’Auvergne, vicomte et prince de), né à Sedan en 1611, m. en 1675. Fils de Henri de La Tour - d’Auvergne, vicomte de Turenne et duc de Bouillon, frère de ce Frédéric, duc de Bouillon, qui fut mêlé à tous les complots de la cour contre Richelieu, il se destina comme eux à la carrière militaire, servit 5 ans sous ses oncles Maurice et Henri de Nassau, fut envoyé à la cour de France en 1630, reçut de Richelieu un régiment d’infanterie , commença à se faire connaître en Lorraine sous le maréchal de La Force, qui lui obtint le grade de maréchal-de-camp en 1634, puis, en Piémont, sous La Valette et d’Harcourt, et fut nommé lieutenant- général en 1639. Maréchal de France en 1643, il remplaça Rantzau à l’armée du Rhin , commanda sous le prince de Condé, plus tard son rival, à la bataille de Fribourg, 1644, fut vaincu, après le départ de son général, par Mercy , àMariendal, 1645, répara sa défaite avec Condé àNordlingen, et, se joignant au Suédois Wrangel, remporta les victoires de Lavingen et de Sommerhausen , 1647, qui contribuèrent à la paix de Westphalie, 1648. De retour en France, il entra dans la Fronde, pour plaire à la duchesse de Longueville et suivre l’exemple de son frère aîné, le duc de Bouillon ; mais il fut défait à Réthel parle maréchal Du Plessis-Praslin, 1650, et obligé de se mettre au service des Espagnols. Après la mort de son frère, il rentra dans le devoir, et délendit la cour contre le grand Condé pendant la 2e Fronde : vainqueur à Bléneau sur la Loire (avril 1652), et au faubourg $LAntoine (juillet), il fut envoyé contre les Espagnols, qui avaient envahi l’Artois sous les ordres de Condé : il les battit à Arras, 1654, et aux Dunes, 1658, s’empara de Dunkerque, et hâta par ses victoires la conclusion du traité des Pyrénées, 1659. Nommé maréchal-général des camps et armées de France , 1660, il prit la Flandre en trois mois, 1667, et commanda l’une des armées qui attaquèrent les Provinces-Unies en 1672. Bientôt il marcha contre l'électeur de Brandebourg, qui s’était déclaré pour les Flollandais, pénétra jusqu’à l’Elbe, et lui imposa le traité de Vossem, 1673. 11 sauva ensuite l’Alsace, dans une admirable campagne qui est restée son chef-d’œuvre, et remporta les victoires de Sintzheim, de Mulhouse, de Ensheim. en 1674, et de Turckheim, er 1075 etc. Enfin il allait en venir aux mains avec Montécuculli, à Salzbaeh (27 juillet 1675), quand il fut tué d’un boulet de canon. Il fut enterré dans l’église royale de Sl-Denis ; son tombeau a été transporté aux Invalides en 1800. Turenne a réduit l’art de la guerre à des principes presque fixes : préparer ses plans de longue main, ne rien donner au hasard, tout prévoir selon les lieux, la nature des troupes ennemies et le caractère de leurs généraux, ne pas réunir de trop grandes armées, éviter les sièges, livrer plutôt une suite de petits combats qu’une grande bataille, épargner le sang des troupes, telles sont les règles dont il ne se dé-

partit que rarement. C’était un homme plein de modestie, de désintéressement, et de bonté. Protestant d’origine, Turenne s’était laissé convertir au catholicisme par Bossuet en 1668. Son Oraison funèbre, par Fléchier et par Mascaron, est le chef-d’œuvre de ces deux orateurs. On a de lui des Mémoires de ses campagnes depuis 1643 jusqu en 1658, insérés dans l’ouvrage de Ramsay , et des Mémoires et instructions diplomatiques , publiés par Grimoard, 1782,

2 vol. in-fol. Us ne répondent pas à ce qu’on attendrait d’un si grand homme de guerre, du plus habile tacticien du xvne siècle. Sa Vie a été écrite par Sandras, Raguenot, et Ramsay. G.

turenne, petite ville (Corrèze), arr. et à 15 kil. S.-S.-E. de Brive ; 735 habit. Bâtie autour d'une montagne escarpée, au sommet de laquelle se trouvent les ruines d’un anc. château-fort. Erigée en vicomté au xe siècle, elle appartint au maréchal de Turenne, et fut vendue à Louis XV en 1738. Commerce d’huile de noix, grains, chaux.

TURENUM , nom ancien de Trani.

TURGOT (Michel-Etienne), prévôt des marchands de Paris, m. en 1751. La capitale lui doit l’élargissement du quai de l'Horloge, la fontaine de la rue de Grenelle, et l’égout qui parcourt la rive dr. de la Seine.

turgot (Anne-Robert-Jacques), baron de l’Aulne, célèbre ministre et économiste, fils du précédent, né en 1727 à Paris, m. en 1781. Destiné à l’état ecclésiastique, il montra, dès sa jeunesse, un esprit sérieux et enclin aux idées philosophiques et économiques. A 22 ans , il publia, de son séminaire, une Lettre sur le papier-monnaie, 1749, où l’on entrevoit les véritables bases da crédit et de la monnaie, que devaient développer Adam Smith et J.-B. Say. Nommé prieur de la Sorbonne en 1749, il prononça deux discours latins, l’un Sur les avantages que le christianisme a promis au genre humain , l’autre Sur les progrès du genre humain. Le premier émet l’idée , neuve alors , et depuis développée par Chateaubriand , que le christianisme , par la supériorité de son degme et de sa morale, n’a pas moins contribué au perfectionnement des sociétés , et au développement de la civilisation en ce qui touche aux intérêts de la vie présente qu’à son perfectionnement spirituel ; le second , qui continue le premier, étend et précise cette idée, et contient un tableau très-remarquable de la marche du genre humain , aux principales époques de l’histoire. En 1752, Turgot quitta les ordres , et se fit recevoir conseiller substitut du procureur - général , puis conseiller au Parlement, et maître des requêtes, 1753. Il développa bientôt ses idées sur l’économie politique, les finances et le commerce, dans plusieurs articles de l’ Encyclopédie et dans quelques opuscules , et écrivit une Lettre remarquable sur le rôle de l’Etat en matière de religion, sous le titre du Conciliateur , ou Lettre d'un ecclésiastique à un magistrat sur la tolérance civile, 1754. Nommé, en 1761, à l’intendance de Limoges, il fit dans cette province de larges réfoi'mes administratives, établit la libre circulation des grains, adoucit les systèmes d’impôts, répara les routes, organisa des bureaux et ateliers de charité , et acquit ainsi une véritable popularité. C’est à ce moment qu’il publia ses Délier ions sur la formation et la distribution des richesses, 1766, son principal ouvrage, où, cherchant à concilier les doctrines de Quesnay et de Gournay, il laisse entrevoir des idées plus saines que celles des chefs de l’école physiocrate. 11 écrivit aussi à ce moment des Mémoires sur les prêts d’argent, sur les mines, et des Lettres sur la liberté du commerce des grains. A la mort de Louis XV, appelé au ministère de la marine, 1774, puis, un mois après (24 août 1774), nommé contrôleur-général , il voulut tenter dans l’Etat les réformes essayées à Limoges. Une lettre au Doi, qu’il publia alors, posait pour programme : point de banqueroute , point d'augmentation d impôts, point d'emprunts, maisréduction de la dépense au-des.-ous delà recette. 11 voulait l’émancipation du tiavail au dedans, la liberté du commerce au dehors, et espérait arriver, par la formation d’un cadastre général, au remplacement de tous les impôts par l’impôt foncier. Il rêvait la destruction des droits féodaux et de toutes les douanes intérieures. Comprenant qu’il fallait agir sans précipitation, il chercha d’abord à rétablir l’ordre dans les finances, supprima les obstacles à la circulation intérieure des grains , améliora les communications par terre et par eau, et accorda une sage protection à l’agriculture, au commerce et à l’industrie. Ces réformes lui suscitèrent des ennemis. En 1775, la cherté des grains excita des troubles ( V . Pacte de famine); Turgot les réprima avec énergie. On l’accusa d’avoir amené la famine par ses lois sur la circulation des grains. En janvier 1776, il fit rendre un édit qui abolit la corvée, les droits sur les grains, détruisit les jurandes, et contenait d’autres réif. S

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formes importantes. L’édit fut enregistré malgré les remontrances du Parlement ; mais il augmenta les ennemis de Turgot. La suppression des douanes provinciales et celle des corvées, que devait remplacer un impôt foncier, froissaient la noblesse ; les réformes atteignaient quelques privilèges du clergé ; le commerce , l’industrie , sei plaignaient de l'abolition des jurandes. Tousse liguèrent, et parvinrent à perdre le ministre dans l’esprit de Louis XVI, qui cependant disait : <. Il n’y a que M. de Turgot et moi qui aimions le peuple. » Turgot fut renvoyé (mai 1776), et vécut désormais dans la retraite , ne s’occupant plus que de sciences, de lettres et de philosophie. Il était membre honoraire de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres. Turgot joignait à son amour pour le peuple un grand respect pour l’autorité royale, qu’il eût pu consolider. 11 était bon écrivain, et avait un talent assez remarquable pour la poésie satirique; il reste de lui, en ce genre, quelques petites pièces très-spirituelles. Ses OEuvres complètes , publiées par Dupont de Nemours, Paris, 1808-1810, 9 vol. in-8°, ont été rééditées par Eugène Daire, Paris , 1844, 2 vol. gr. in-8°. V. Condorcet, Vie de Turgot, Londres, 1786; Baudrillart, Éloge de Turgot , Paris, 1846; Batbie, Turgot philosophe, économiste, administrateur, Paris, 1861, in-8°; Mastier, Turgot, sa vie et sa doctrine, Paris, 1862, in-8°. Lu.

turgot (Le chevalier Etienne-François), frère du précédent, né à Paris en 1721, m. en 1789, fut nommé brigadier des armées du roi, 1764, reçut le gouvernement général de la France équinoxiale (Guyane), mais ne réussit pas dans ses essais de colonisation. Après avoir subi une détention, par suite de démêlés avec l’intendant Chanvallon, il se voua entièrement à l’étude.

TURHEIM (Ulrich de), célèbre minnesinger du xme siècle, continua le poème de Tristan de Gottfried de Strasbourg, et composa : Aventures d'Elie , poème de peu d’étendue; le Roi Arlus ou la Table ronde; et, avec Eschenbach, St Guillaume, margrave d'Orange. Ces poèmes sont à la bibliothèque du Vatican.

TURIA, nom ancien du Gijadalaviar.

TURIASO, nom ancien de Tarazona.

aTURIBE. V. Toribio.

TURICUM, nom latin de Zurich.

TURIN, en italien Torino ; Bodincomagus , Taurasia, Colonia Julia, Augusta Taurinorum des Anciens, anc. cap. du roy. d’Italie, chef-1. de la province de Turin et de tout le Piémont, à 141 kil. O. de Milan, 825 S.-E. de Paris, dans une vaste plaine sur les rives du Pô et de la Dora- Riparia; par 45“ 4' 8" lat. N., et 5° 21' 12’’ long. E. ; 180,520 hab. Résidence du roi et siège du gouvernement jusqu’au mois de mai 1865. Bourse et trib. de commerce. Banque nationale, Archevêché, fondé en 1515, Université, avec une riche bibliothèque, établie en 1405, et la plus fréquentée après Naples et Pavie. Acad, des sciences et des beaux-arts, Académie militaire , espèce d’école polytechnique, Académie philharmonique, avec une école dechant, Société d’agriculture; Institut de sourds-muets, magnifique Musée égyptien, le plus riche de l’Europe en monuments historiques et eu manuscrits, Musée d’antiquités, qui renferme la fameuse table Isiaque, Cabinets des médailles, d’histoire naturelle, de minéralogie et de physique ; trèsbeau jardin botanique du Valentiuo , galerie de tableaux | (dans le palais Madama), observatoire. Citadelle , seule | partie conservée d’anc. fortifications. Ville bien bâtie et | bien percée : toutes les rues sont tirées au cordeau, et se j coupent à angle droit ; oc remarque les rues Neuve, du j Pô, et de la Doire, les places b‘- Charles (avec une statue j en bronze d’Emmanuel-Philibert, par Marochetti) , du Château (où est le palais Madama, anc. du Sénat), et Victor-Emmanuel. Les, principaux monuments sont : le palais du roi, sur la place du Château, bibliothèque , et musée d’armures ; les palais des ducs de Savoie , du ! prince de Cariguan, où la Chambre des députés tenait ses ( séances, et des comtes Birago, occupé par l’ambassade de France ; la cathédrale de bl-Jean , bel édifice gothique du xve siècle; les églises du Saint-Suaire, de S'-Charles Borromée, de S ‘-Laurent, de Sl-Philippe deNéri, des Jésuites, des Feuillants ou de la Consolata, de la Mère de Dieu, l’hôpital S‘-Louis, l’Arsenal, l’hôtel des Invalides , l’hôtel des Monnaies , le théâtre royal , les ca- j sernes ; manufactures royales d’armes , de poudre , de j tabacs; fonderie de canons. Fabriques de soieries, draps, > velours, toiles, tapis, chapeaux de soie et de feutre, j gants de chamois, porcelaine, instruments d’optique, voitures de luxe, -quincaillerie, ébénisterie, papier peint, j excellents violons ; produits chimiques, verrerie, chocolat, j liqueurs, etc. — Turin , capitale des Taurini, semble être

d’origine gauloise. Ses habitants ayant refusé de se déclarer contre Annibal, ce général la saccagea. César en fit un dépôt militaire, lorsqu’il envahit les Gaules. Auguste l’embellit. Ch.-l. d’un des duchés lombards au moyen âge, capitale des ducs de Savoie en 1281 , elle fut prise par les Français en 1535 et 1640, inutilement assiégée en 1706, occupée en 1798, 1799 et 1800, et devint, jusqu’en 1814, le ch.-l. du département français du Pô. Patrie de Lagrange. M. V — i.

Turin (Province de), nouvelle division administrative du roy. d’Italie, créée en 1859, et située entre celles de Novare et d’Alexandrie à l’E. , de Coni au S., la Franceà l’O., le Valais au N. ; 942,000 hab. ; 10,270 kil. carr., comprend 5 arroud. : Turin, Pig-nerol, Suse, Aoste, Ivrée, Céréales, maïs, chanvre, soie, vins, fruits.

Turin (Arrondissement de), subdivision de la prov. de son nom, a 289,267 hectares, et 484,570 hab. Récolte, de grains, vins, huiles. Exploitation de pierre à bâtir et de pierre à chaux. Fabr. de toiles et de chapeaux de paille.

TURKESTAN, vaste contrée de l’Asie occidentale et centrale, ainsi appelée parce qu’elle est habitée par des peuplades turques, est nommée quelquefois, mais improprement, Tartarie, des Tartares ou Mongols, qui la soumirent au moyen âge, mais dont la puissance n’est plus.

TURKESTAN OU TARTARIE INDÉPENDANTE, région de

l’Asie, séparée, à l’E., du Turkestan chinois par le Bolor, de la Dzoungarie par les monts Thian-Chan et Ala-Tau ,. les lacs Issikoul etDzaïsaug; au N., de la Sibérie, pasl’Irtysch jusqu’à Omsk, puis par une ligne indécise qui, coupant l’Ischimau S. de Petropawlowsk, puis le Tobol, va aboutir à Orsk, au coude de l’Oural; à l’O., la limite est le cours de l’Oural et la mer Caspienne ; au S., une ligne indécise partant du S.-E. de cette mer, entre l’Atrek et le Tedjend, sépare le Turkestan de la Perse; vers l’Afghanistan, les moûts Ghour, Kouhi-Baba et Hindou Kho forment une limite naturelle. Le Turkestan a plus de 60,000 lieues carrées de superficie, entre 35° et 55» lat. N., 48» et 80» long. E. 11 forme un plateau élevé à l’E. vers les monts Bolor, dont se détache, entre le Kohik et le Sih oun supérieur, la chaîne de l’Asférali prolongée par l’Ak- Tagh et l’Al Botom; sur la rive droite du Sihoun, le Kirghizdyn-Ala-Tagh ; entre l’Irtysch et l’Ischim court une chaîne appelée par les Russes Alghinskoe-Ivhrebet, par les Kirghiz Dalaï-Kamtchat, et entrecoupée de vastes plateaux inclinés, dont le principal est l’Oulou-Tagh ; au N.- O., l’Oural méridional projette dans le Turkestan la chaîne Moucliadjar, formée de mamelons coniques bizarrement groupés et rocailleux, dont la plus haute cime n’a que 300 mètres au-dessus de la plaine , et se prolongeant entre l’Aral et la Caspienne par le plateau de l’Oust-Ourt, élevé seulement de 150 à 200 mètres au-dessus des deux lacs. Le reste du pays, au centre et à l'O., forme une dépression profonde, inférieure au niveau de l’Océan ; et tout, dans l’aspect de ce pays, semble indiquer qu’il fut autrefois le lit d'une vaste mer, dont la Caspienne et l’Aral sont les restes. En effet, le pays au N. de l’Aral forme un steppe immense, parsemé de lacs saumâtres dispersés en chapelet, et dont le plus remarquable est l’Inskersk, tout imprégné de sel. Au S.-O., des dunes desables mouvants, et de profonds sillons, où jadis a coulé le Djihoun, témoignent de l’ancienne réunion de l’Aral et de la Caspienne, et du séjour prolongé de la mer dans ce pays. Les terres ne sont fertiles que dans les vallées des fleuves, qui sont le Tedjend, le Mourghab, le Djihoun ou Amou- Daria, le Sihoun ou Syr Daria, le Kohik, le Tschoui, l’Ilja, l’Emba, etc. Le climat est moins chaud que ne le ferait supposer sa latitude, à cause de la proximité des monts Bolor couverts de neiges éternelles, et à cause des vents qui soufflent de la Caspienne et engloutissent quelquefois les récoltes et les habitations sous les nuages de sable qu’ils soulèvent. Mais la nature volcanique du terrain, attestée par les tremblements de terre, les sources de naphte de la côte de la Caspienne, et la température élevée de quelques lacs salés, font que les productions plus méridionales se rencontrent, dans les petites vallées du Djihoun et du Sihoun, avec les fruits et les arbres des pays tempérés, comme s’y rencontrent également les animaux septentrionaux et les tigres. — Connu sous le nom de Touran par les plus anciens écrivains de la Perse, le Turkestan fut le théâtre des combats que se livrèrent les deux races Iranienne ou Persane et Touruniennc, les ancêtres des tribus turques actuelles, combats dont Dchemschid est le héros dans les livres sacrés des Mages. Les Iraniens restèrent maîtres de la partie méridionale du pays, où apparaissent, aux temps historiques, les satrapies persanes de Bactriane et de Sogdiane, conquises tour à tour par Alexandre,

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les rois grecs de Bactriane, lesParthes, les seconds Persans, les Arabes , les Tartares ou Mongols de Gengis-Khan et de Tamerlan , sous lesquels l’élément turc et tartare remplaça presque entièrement la population Indo-Européenne. Les Tartares dominèrent dans toute la partie méridionale jusqu’en 1494, où leur sultan Baber, descendant de Tamerlan , chassé par la tribu turque des Uzbeks , alla fonder dans l’Hindoustan l’empire mogol. Les Usbeks établirent une puissante monarchie, qui se sépara vers 1658 entre plusieurs khanats indépendants. Aux conquérants Turks est mêlée, surtout au S.-E. , une tribu persane, les Tadjil:s , de formes plus belles , parlant le persan , musulmans chiytes , et ayant conservé les mœurs et les usages qui régnaient dans le pays avant la conquête turque. La population totale du Turkestan est d’environ 9,000,000 hab. Les principaux khanats sont ceux de Ivhokand, des Turcomans, de Khiva, de Boukhara, de Hissar, de Darwaz, de Koundouz. La Russie a récemment acquis une grande importance dans le Turkestan méridional, et surtout à Khiva, où 17 ,000 Russes ont pénétré en mars 1854 et imposé au khan un traité d’alliance, par lequel un ambassadeur russe réside à Khiva, 10,000 cavaliers khiviens sont placés sous les ordres d’officiers russes et payés par la Russie, et les troupes russes autorisées à tenir garnison ù Ourdghendj : une flottille de guerre russe est mouillée dans l’Aral et a remonté l’Amou-Daria. Le Turkestan septentrional, au N. d’une ligne tirée de la Caspienne au S. de l’Aral , comprenant ce lac dans son entier, puis suivant le cours inferieur du Syr- Daria jusqu’à Otrar, celui du Tschoui jusqu’au lac Issikoul, est réuni à l’empire russe depuis 1854 : c’est un steppe d’environ 2,000,000 de kil. carr., habité par les Kirghiz- Kaisaks, au nombre de 1,300,000. Avant 1865 (E. Turkestan, au Supplément), il était divisé ei 3 parties : 1° le Territoire de la Petite Horde, jusqu’à l’Isehim à l’E sous le nom de pays des Kirghiz d'Orenbourg (650,000 hab.); 2° le Territoire de la Horde Moyenne, entre l’Ischim et l’Irtysch inférieur, sous le nom de district des Kirghiz de Sibérie (262,000 hab.); 3° le Territoire de la Grande Horde, avec une petite partie de la Sibérie occidentale, forme les districts de Semipalatinslc et d' Ata-Tau (360,000 hab.).

turkestan ciiinois ou PETiTE-BOUKHARiE , gouvernement de l’empire chinois sous le nom de Tkian-Chan Nanlou (pays au S. des monts Célestes) , entre 35° et 41° lat. N. , 71° et 93» long. E. , borné au N. vers la Dzoungarie par les monts Thian-Chan, à l’E. vers la Mongolie par le désert de Cobi ou Chamo , au S. vers le Thibet par les monts Kouen-loun et Thsong-ling, à l’O. vers le Turkestan indépendant par le Bolor, a 1,800 kil. de l’O. à l’E., 800 du N. au S., et une superficie de 1,120,000 kil. carrés. C’est un vaste plateau sablonneux, élevé de 2,000 à 2,500 mètres au-dessus du niveau de l’Océan, et sillonné par des rivières qui se perdent dans les sables ou dans des lacs sans issue : les principaux sont le lac Bosteng, au N. , et , vers l’E., le lac Lop , où se jette le Tarim, formé par la réunion des rivières de Yarkand, de Kaschgar et de Ivhotan. Cette contrée , fertile en céréales , nourrit des espèces animales nombreuses , chevaux sauvages , chameaux , bœufs , et argalis , moutons à grosse tête et à cornes tordues : les montagnes renferment des métaux et des pierres précieuses. Les habitants , descendants des anciens Oïgours , sont depuis longtemps mahométans , et appartiennent à la race turque; on y trouve également quelques tribus de Tadjiks, d’origine persane. Gouvernés d’abord par plusieurs princes indépendants appelés Khodjas ou seigneurs , ils furent soumis par les Mongols, et, en 1758, par les Mandchoux maîtres de la Chine , et leur pays est divisé auj. en 10 principautés annexées à l’empire • au N., Aksou , résidence du commandant chinois, et capitale de la province; à l’O. , Ouski , Kaschgar, Yarkand; au S., Khotan ou Ilitsi; au centre , Koutsehé , Karaschar ; à l’E. , T ourfan et Khamil. La population est évaluée par les Chinois à 1,500.000 hab. C. P.

TURKESTAN ouIIAZRET, v. du Turkestan russe(anc. Khanat de Khokand), à 340 kil. N. -N. -O. de Kholcand, 212 de Tachkend. C’est la ville sainte des Kazaks maliométans, qui viennent en pèlerinage au tombeau d’Achmet- Khodja.

TURKHEIM. V. Turcicheim.

TURLUP1N, nom de théâtre adopté par H. Legrand, acteur comique de l’hôtel de Bourgogne, né en 158.3, m. en 1634. 11 joua des farces de tréteaux ( turlupinades ) avec Gros-Guillaume et Gautier-Garguille.

TURLUP1NS, ou Société des pauvres , hérétiques du xive siècle, qui se rattachaient aux Bégards ( V. ce mol). Ils enseignaient que l’homme peut arriver en cette vie à un état do perfection qui le rend impeccable, et que, quand il y

est parvenu, il peut accorder à son corps tout ce qu’il demande, parce que les sens sont alors complètement soumis à la raison. Cette doctrine engendra les plus honteux excès. Grégoire XI excommunia lesTurlupins en 1373, et Charles V, roi de France, les fit détruire.

TURME, Turma, escadron de cavalerie légionnaire des ane. Romains. Elle était composée de 32 cavaliers, conduits sous un vexille ( V. ce mot ), et commandés par un décurion. C. D — y.

TURNACUM, v. de Gaule (Belgique 2e), chez les Nerviens; auj. Tournay.

TURNAU, v. des Etats autrichiens (Bohême), sur l’Iser, à 31 kil. N.-E. d’Iung-Bunzlau ; 3,500 hab. Exploitation et taille de pierres précieuses. Ruines du château de Trossky.

TURNÈBE ou TOURNE BŒUF (Adrien), savant philologue, né aux Andelys en 1512, m. en 1565, professa les humanités à Toulouse, puis à Paris , au collège du cardinal Lemoine. 11 occupa, en 1547, au Collège de France la chaire de littérature grecque et latine, et celle de philosophie, et dirigea, de 1552 à 1556, l’Imprimerie royale pour les livres grecs. Il forma II. Estienne, et fut l’ami de tous les savants illustres de son temps. Il a laissé, sous le titre d’Adversaria (tablettes), Paris, 1580, des recueils d’observations sur un très-grand nombre de passages d’auteurs grecs principalement , et qui sont un trésor d’érudition. On lui doit aussi des commentaires excellents sur plusieurs Discours et Traités de Cicéron, sur Varron, de lie rustica ; sur Horace, 1er livre des Odes ; des versions latinesde Théophraste de Lapidibus, de Odoribus , etc. ; de quelques ouvrages d’Aristote, de Plutarque, de Platon, de Philon le Juif, et d’Arrien; des Discours et des vers latins; on lui a attribué notamment les vers faits à la louange de Poltrot de Méré, l’assassin du duc de Guise. Ses ouvrages ont été recueillis et imprimés à Strasbourg, 1600, in-fol. sous le titre d 'Opéra Turnebi. C. N.

TURNER (Sharon), historien anglais, né à Londres en 1768, m. en 1847, fut solicitor ou avoué à Londres. Outre des articles dans le Quarterly-Iiewiew, il publia : Histoire des Anglo-Saxons , 1799 ; Histoire de l'Angleterre au moyen âge, 1814-23, à laquelle il donna une suite jusqu’à la mort d’Elisabeth, 1826-29; Histoire sacrée du monde, 1836-39; Richard III, poëme, 1845, etc.

tuuner (Joseph-Mallord-William), peintre, né à Londres en 1775, m. en 1851, fils d'un coiffeur, manifesta de bonne heure de grandes dispositions pour le dessin, et, après avoir travaillé dans une imprimerie en couleurs et chez un architecte, fit des dessins pour un éditeur de Londres, et des vues pour V Almanach d’Oxford. En 1789, il entra comme élève à l’Académie royale, et, l’année suivante, exposa une Vue du palais de l’archevêque à Lambeth. Au bout de 10 années, pendant lesquelles il exposa 59 tableaux, il fut élu associé, 1800, et, en 1802, membre de l’Académie. Il avait acquis une grande réputation comme peintre à l’aquarelle : il s’occupa dès lors davantage de la peinture à l’huile, et, durant un demi-siècle, il a exposé plus de 200 tableaux. Parmi ses plus belles productions, on peut citer : Bateaux près d'échouer ; Mercure et Argus; la Chute de Carthage, que l’auteur considéra toujours comme son chef d’œuvre : le Naufrage; le Tanthéon d’Oxford le lendemain de l'incendie ; la Grêle, la Pluie et la Vitesse, étonnante interprétation d’un train de chemin de fer pendant la nuit. On voit que Turner recherchait les effets puissants et singuliers. Le secret de la réputation de Turner était dans sa constante fidélité à la nature, sa prodigieuse activité, et sa puissante mémoire. Il ne copia personne, et son style est entièrement original. F — t.

TURNHOUT, v. de Belgique, prov. et à 45 kil. E.-N.-E. d’Anvers, au milieu des landes de la Campine; 14,252 hab. Industrie active des toiles, coutils, siamoises, tapis, épingles et dentelles. — Fondée en 1209, par Henri Iee de Brabant. Maurice de Nassau y battit les Espagnols en 1597, et les Brabançons insurgés y défirent les Autrichiens en 1789.

TURNOW. V. Turnau.

TURNUS, roi des Rutules, fils de Daunus et de Vénilie, était fiancé à Lavinie, fille du roi Latinus, lorsqu’arriva Enée, qui obtint la main de la jeune princesse. Turnus irrité vint attaquer les Troyens au sein du Latium, et fut tué par son rival dans un combat singulier.

TUROCS, comitat de Hongrie. V. Thurocs.

TURON, v. de Cochinchine. V. Touron.

TURONS, Turones, peuple de la Gaule (Lyonnaise 3e, au S.-E.), limitrophe de la Lyonnaise 4e et de l’Aquitaine; capit., Turones ou Cœsarodunum (auj. Tours). Il occupait à peu près le département actuel d’Indre-et-Loire.

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TURPIN , TüLPIN ou T1LPIN , moine de St-Denis puis archevêque de Reims en 753, assista en 769 au concile de Rome, où Etienne III fit condamner l'anti-pape Constantin. Trithème dit qu’il fut le secrétaire, l'ami et le compagnon d'armes de Charlemagne. On conjecture qu’il mourut vers l’an 800. On lui a attribué un romaa historique, de Vità Caroli Marjni et Bolundi , dont le texte latin semble avoir eu pour auteur un moine de St-André de Vienne (Dauphiné), à la fin du xie siècle, et qui a été traduit en français, d’abord au commencement du xn“ siècle, puis par Robert Gaguin. Ce roman, mêlé de quelques faits historiques, et connu sous le nom de Chronique de l'archevêque Turpin , a été publié pour la lre fois à Francfort-sur-le-Mein, 1566. On en a des éditions par Ciampi, Florence, 1822, in-8°, et par Reiffenberg, Paris, 1836.

TüiU’iN (François-IIenri), littérateur, né à Caen en 1709, m. en 1799, a laissé plusieurs ouvrages où il a fait preuve de facilité : Vie de Louis II de Bourbon , de Charles et de César de Clioiseul, formant les tomes 24, 25 et 26 des Hommes illustres de la France, de d’Auvigny -, Histoire universelle, Paris, 1770-78, 5 vol. in-12; Histoire civile et naturelle du royaume de Siam, 1771, 2 vol. in-12; la France illustre, ou le Plutarque français, 1775-85, 4 vol. in-4° : Vie de Mahomet , 3 vol. in-12, etc.

turfin de crisse (Lancelot, comte), savant tacticien, né dans la Beauce en 1710, lieutenant-général en 1780, gouverneur du fort de S carpe à Douai en 1781, mort en Allemagne pendant l’émigration, a laissé : Amusements philosophiques et littéraires (avec Castilhon), 1754; Essai sur l’art de la guerre, Paris, 1754, 2 vol. gr. in-4“, avec 25 pl.; Commentaires sur les Mémoires de Monlecuculli, 1769, 3 vol. in-4°; Commentaires sur les Institutions de Végèce, Montargis, 1770, 3 vol. gr. in-4°, avec 20 pl.; Commentaires de César, avec des notes historiques, critiques et militaires, et une traduction française, 1785, 3 vol. in-8° et 43 planches. Tous ces ouvrages sont fort estimés. *

TüRPiN (J. -François), botaniste, né à Vire en 1775, m. en 1840, fut pharmacien en chef à Sl-Domingue, et, à son retour en France, écrivit dans la Flore médicale et la Flore farisienne. 11 a aussi laissé de nombreux Mémoires dans le recueil de l'Académie des Sciences, dont il était membre depuis 1833.

TURQUES (Les), groupe de 3 petites îles dans la mer et l’archipel des Antilles (Antilles anglaises), près de la côte N. de Haïti, par 21“ 11’ 10” lat. N. et 73° 35' 7” long. ().; 1,200 hab. La principale, dite la Petite-Saline, possède une riche mine de sel.

TURQUIE ou EMPIRE OTTOMAN, vaste Etat situé en Europe, en Asie1 et en Afrique, de 18° à 48“ lat. N., 6° à 46° long. E.; entre l’empire russe et la mer Noire au N., l’Autriche, l’Adriatique et l’Algérie à l’O., la Grèce, la Méditerranée, le Sahara, l’Abyssinie et l’Arabie au S., le royaume de Perse à l’E.; capitale, Constantinople. Il comprend la Turquie d’Europe, la Turquie d’Asie, et la Turquie d'Afrique (Tripoli), auxquelles il faut joindre plusieurs territoires tributaires : en Europe, les principautés danubiennes de Servie, de Valachie et de Moldavie; en Asie, Samos ; en Afrique, l’Égypte et Tunis. La superficie de l’Empire est de 3,457,000 kil. carrés, et la population de plus de 35 millions d’habitants. Cette population appartient à des races et à des religions très-diverses, et est ainsi répartie :

1* Par races.

En Europe.

En Asie.

En Afrique.

Totaux.

Ottomans.

Slaves. . . .

Roumains .

Arnautes .

Grecs ....

Arméniens

Juifs

Tartares. .

Arabes . . .

Svriens et ” Chai-

déens . .

Druses . . .

Kurdes . . .

Turkoma-

nés ....

Bohémiens

2° Par religions.

En Europe. En Asie. Eu Afrique. Totaux.

Musulmans. . 4,450,000 12,650,000 3,800,000 21,000,000

Grecs 11,000.000 2,000,000 — 13,000,000

Catholiques... 640,000 260,000 — 900,000

Juifs 70,000 80,000 — 150,000

Bohémiens, idolâtres, etc 400,000

Climat. Le ciel de la Turquie est un des plus beaux du monde ; la différence des latitudes et les inégalités de hauteur déterminent , il est vrai , dans le climat. , de fortes gradations et quelques contrastes saillants. Cependant, même dans les provincés au N. des Balkans, où il est le plus rude, l’hiver ne maintient pas longtemps sa rigueur. A Constantinople, le Bosphore n’a pas gelé depuis 1755.

Productions. La majeure partie du territoire ottoman a une merveilleuse fécondité. Les monts pierreux de l’Albanie, les steppes marécageuses qui avoisinent les bouches du Danube, quelques districts sablonneux au cœur de la Macédoine, diverses parties du littoral, et les déserts de l’Asie, sont les seules régions entièrement stériles. Le sol est, en général, d’une rare vigueur. La végétation est d’ailleurs aussi variée que riche. La plaine du Bas-Danube et l’Arménie sont pauvres en bois; mais les forêts de l’Albanie, de Trébizonde et d’Adana sont renommées pour l’excellence de leurs bois de construction. A côté de nos essences communes, on remarque de magnifiques platanes, le cyprès, le cèdre de Marasch et du Liban le mûrier, l’olivier, le figuier, et, dans l’Irak, le dattier, l’érable et l’arbre à térébenthine ; dans le Diarbékir sont des arbres fruitiers de toute espèce, dont la province de Sivas, en Anatolie, offre aussi des forêts entières. On estime en moyenne de 12 à 15 kilog. la quantité d’huile fournie par un Olivier. Le sol donne en abondance toutes les espèces de grains , le froment , l’orge , le seigle , le millet , et surtout le maïs, ainsi que du riz. Mais les provinces danubiennes sont les seules où la culture des céréales ait été poussée beaucoup au-delà de ce qui est nécessaire à la consommation intérieure. La Turquie d’Europe n’exportait encore, en 1846, que 3 millions d’hectolitres. Cependant la terre est si féconde, qu’elle rend 15 fois le grain pour le froment, et 300 fois pour le maïs. La Turquie produit, en outre, du tabac fort estimé, du chanvre, du lin, du coton, de la garance, du safran, des pavots à opium, du sésame, des fèves, et, en général, toutes les plantes alimentaires et tous les fruits des climats tempérés, ainsi que ceux du midi. L’usage du vin étant interdit aux Musulmans, ils ne cultivent la vigne flue pour le raisin. Mais les populations chrétiennes font beaucoup de vin , depuis la Moldavie jusqu’en Palestine, et les crus de Chypre, de Samos, et des autres îles grecques, conservent encore leur antique réputation. — Il y a des chevaux de race arabe, persane, turque, polonaise et tartare dans les provinces danubiennes. Les vastes pâturages de ces principautés favorisent l'élève du gros bétail, remplacé par le buffle dans beaucoup de provinces, en Asie surtout. Les ânes et les mulets de l’Asie turque sont fort beaux. Les moutoi s de la Macédoine et de la Bosnie se recommandent par l'ampleur de leur toison ; les moutons à grosse queue de la Thrace et des provinces de langue arabe, par le goût de leur chair. Les chèvres d’Angora sont toujours renommées pour la longueur et la finesse de leur poil. Le pore n'est commun qu’au N. des Balkans et dans les iles. L’élève du ver à soie est dans d’admirables conditions de prospérité en Syrie, comme dans presque toute l’Asie Mineure. — Les deux Turquies renferment de grandes richesses minérales : les marbres les plus beaux et les plus variés, du jaspe , de l'albâtre, des pierres fines (cornaline, améthyste, topaze), du pétrole , de la naphte , du salpêtre, et du sel. L’Anatolie fournit la plus belle écume de mer, et du charbon de terre en grande abondance à Erekli et près d’Amasia, sur le littoral de la mer Noire. Les environs de Constantinople aussi renferment des gîtes de combustible minéral. La Bulgarie et la Bosnie ont de vastes mines de fer encore inexploitées. Il y a aussi des mines de cuivre à Tokat, Argana-Madèn, et Diarbékir, dans l’Asie Mineure, qui ne sont pas moins riches.

Gouvernement. Le gouvernement est une monarchie despotique et théocratique. La couronne passe à l’ainé de la famille, fils ou frère. Le Grand-Seigneur, Sultan ou Padicliah, est le chef suprême de l’Empire, et le grand-pontife de l’islamisme. 11 délègne le pouvoir administratif et militaire à un Grand-Vizir, qui l’exerce assisté du Divan ou

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