‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 615 sur 864 · TYR · texte numérisé non relu

TYR

de la province de Syro-Phênicie , et , plus tard , de la Phénicie maritime, démembrement de la première. Elle suivit le sort de cette partie de la Syrie, passa aux Arabes, fut prise par les Croisés au xne siècle, reprise par les Mamelouks au xme, et est restée depuis 1517 aux Turcs Ottomans. Elle se nomme auj. Sour ( V. ce mot). C. P.

TYRAN , nom donné, chez les a rie. Grecs : 1° au citoyen qui , dans une république, s’emparait d’un pouvoir perpétuel , même lorsque cette usurpation était confirmée par le consentement de la cité ; 2° à l’ambitieux qui , dans un état monarchique, renversait le souverain légitime pour s’élever à sa place ; 3° au roi qui dépassait les limites légales de son autorité, et qui prenait pour règle son caprice et non la loi. De là le mot tyran finit par devenir synonyme d’oppresseur, et par désigner exclusivement le souverain qui exerçait son autorité avec un despotisme cruel. C’est le sens qu’il a presque toujours chez les écrivains romains, et le seul qu’il ait conservé chez les modernes. Tyran chez les anciens n’est synonyme de Roi que dans le langage des poètes. Les plus célèbres tyrans de l’antiquité sont Pittacus et Périandre au vne siècle av. J.-C., Polycrate, Pisistrate et ses fils au vie, Gélon au Ve, les Denys au IVe, Agathocle au ine. P — t.

TYRANNION, grammairien et géographe, originaire du Pont , fut réduit en esclavage par Lucullus, lors de la conquête de ce pays, obtint de son second maître, Muréna, d’être affranchi, devint l’ami de Cicéron, ouvrit une école qui fit sa fortune, et forma une belle bibliothèque. Ce fut lui qui, le premier à Rome, publia les ouvrages d’Aristote.

TYRANS (Les Trente). V. Trente tyrans.

TYRAS, nom anc. du Dniester.

TYRCONEL (le comte de). V. Talbot.

TYR1ENNE (Flûte), flûte gauche chez les Anciens. Elle avait un son aigu; celle à son grave était appelée droite. V. Flûtes.

TYRNAU , en hongrois Nagy-Szombat , v. de Hongrie, dans le comitat et à 25 kil. N.-E. de Presbourg ; 8,000 hab. Cour d’appel du cercle au delà du Danube; jadis université (transférée à Bude en 1777) ; séminaire, gymnase ; bibliothèque ; observatoire; hôtel d’invalides, fl y a un si grand nombre de monastères, qu’on l’a surnommée la Petite Rome. On y remarque une vaste tonne ou foudre, rivale du tonneau d’Heidelberg. Comin. de vins, draps, laine, cuirs, blé. — Les Autrichiens y battirent les insurgés hongrois en 1705. Patrie de J. Sambucus.

TYRO, fille de Salmonée, roi d’Elis, fut aimée de Neptune sous la figure du fleuve Enipée, dont elle était éprise, et eut de lui Pélias et Nélée. Elle épousa ensuite Créthée, qui la rendit mère d’autres enfants.

TYROL, prov.rdes Etats autrichiens, et formant avec le Vorarlberg un grand-gouvernement; borné au N. par la Bavière, à l’E. par le Salzbourg et la Carinthie, au S. par la Carinthie, la Vénétie, le roy. d’Italie, et la Suisse," à l’O. par la Suisse (canton des Grisons). Superficie: 2,869,000 hect. ; 851,000 hab. (.340,000 Italiens). Il est divisé en 4 cercles : Inspruck, Brixen, Trente, Bregenz. La capitale est Inspruclc. Les Alpes Rhétiques couvrent les 5/6 de sa surface, riusieurs fleuves, tels que le Lech, l’Isar, l’Adige, la Brenta, y ont leurs cours. L’Inn, qui est le principal , vient de la Suisse. Le Rhin touche aux frontières du Vorarlberg. Les lacs de Constance et de Garda baignent une partie du Tyrol; le lac Achensee est remarquable pour les géologues. Le climat, très-rude au N., est assez chaud dans les vallées de Trente et vers les confins italiens. Le sol est rocheux et peu productif. Par contre, les pâturages des Alpes font prospérer la production du bétail. On cultive le chanvre et le tabac, et, dans le midi, on élève des vers à soie. Il y a aussi du vin et beaucoup de fruits. Le gibier abonde dans les forêts. Les mines produisent de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb, du fer, et de la houille. Beaucoup de sources minérales et thermales. Industrie active des soieries, cotonnades, tapis, dentelles, objets en métal et en bois, cuirs, etc. Les Tyroliens sont vigoureux, agiles, adroits tireurs, simples dans leur vie, attachés aux vieux usages et au catholicisme, pleins de goût pour la musique. — Le Tyrol fut habité d’abord par des tribus celtiques et gauloises, principalement par les Rhétiens. Les Romains , sous l’empereur Auguste, le conquirent, et y fondèrent des colonies. Pendant les temps du Bas-Empire , le Tyrol fut le théâtre des luttes de différentes peuplades. Dévasté par les Marcomans, les Alémans , les Goths, et surtout les Huns sous Attila, il resta enfin sous la domination des Goths. Ensuite la partie méridionale fut prise par les Lombards, la partie septentrionale par les Bavarois. Subjugué par les Francs, le Tyrol fut divisé en districts ad-

ministrés par des comtes. Après Charlemagne, il fut partagé entre le royaume d Italie et le royaume de Germanie. En 1180, il échut en fief héréditaire au comte Berthold Ier d’Andechs; bientôt il comprit aussi l’Istrie, la Dalmatie et la Croatie. Au xme siècle , le Tyrol proprement dit passa au comte Albert 1er de Tyrol, et, en 1248, au gendre de celui-ci, le comte Meinhard de Goerz. La fille de Meinhard épousa Albert, fils de Rodolphe de Habsbourg. Henri, fils d’Albert, laissa à sa mort, 1335, le Tyrol à sa fille Marguerite à la grande bouche. Celle-ci, après s’être séparée de son mari Jean de Moravie , épousa l’électeur Louis de Brandebourg, après la mort duquel, 1363, elle abandonna le Tyrol aux archiducs d’Autriche. Ferdinand 1er le donna à son fils Ferdinand; l’empereur Rodolphe en dota, 1602, l’archiduc Maximilien. A celui-ci succéda Léopold, évêque de Strasbourg, marié, 1626, avec le consentement du pape, et mort sans laisser d’enfants, 1665. Dès lors le Tyrol demeura partie intégrante de l’Autriche , jusqu’à ce que , par la paix de Presbourg, ii fut cédé à la Bavière , 1805. La population , fidèle à son ancienne dynastie, se souleva en 1809; mais l’insurrection fut vaincue, et un des chefs, André Hofer, fut fusillé par les Français à Mautoue, 1810. La Bavière dut céder quelques parties du Tyrol à la France , c.-à-d. la partie méridionale, au-delà des Alpes, au royaume d’Italie, et la partie orientale de Pusterthal aux nouvelles prov. Illyriennes. Ces deux parties furent reprises en 1814 par l’Au-' triche, qui se fit aussi rendre le reste par la Bavière. Une insurrection du Tyrol contre l’Autriche en 1848 fut comprimée par le feld-maréchal Radetzky. E. S.

TYRUNE, comté au N. de l’Irlande, dans l’Ulster, entre ceux de Londonderry au N., d’Antrim à l’E., de Monaghan et de Fermanagh au S., d’Armagh au S.-E., et de Donegal à l’O.; 304,530 hect.; 238,426 hab. Rivières : Blackwater et Foyle. Le Lough Neagh le borne à l’E. Sol assez fertile. Agriculture arriérée. Riches houillères. Manufactures de toiles, étoffes de laine; fabriques de whisky, bière, poterie, etc. Capit. : Omagh; v. princip. : Strabane, Dungannon, Cookstown. Les O’Neills, anciens rois d’Irlande, étaient les chefs du pays dans la rébellion de 1597.

TYRREL (James) , historien et publiciste, né à Londres en 1643, m. en 1718, soutint dans ses écrits les idées libérales, et composa 14 Dialogues politiques, qui concoururent à la révolution de 1688, et qui ont été réunis sous le titre de Bibliothèque politique, ou Recherches sur l'ancienne constitution du gouvernement anglais. Son principal ouvrage est une Histoire générale, ecclésiastique et civile d'Angleterre, depuis les temps les plus anciens, 1700-1704, 5 vol. in-fol.; elle s’arrête au règne de Richard II, et contient beaucoup d’extraits des vieux historiens.

TYRRHÈNES ou TYRRIIÉNIENS, Tyrrheni, peuple d’origine pélasgique, occupa en Italie le pays qui prit dès lors le nom de Tyrrhénie, et qui, après l’arrivée des Rasènes, s’appela Elrurie. 11 parait être venu de la Lydie.

TYRRHENIENNE (Mer) , entre l’Italie, la Corse, la Sardaigne et la Sicile , forme , sur les côtes d’Italie , les golfes de Naples, de Salerne et de Policastro ; le détroit de Messine, entre l’Italie et la Sicile; le canal de Corse, entre l’ile de Capraja et la Corse ; le détroit de Bonifacio, entre la Corse et la Sardaigne. On remarque dans cette mer les îles d’Elbe, Ischia, Procida, Capri, Lipari , Egades, etc.

TYRTÉE , poète grec, né à Aphidne, bourg de l’ Antique , florissait pendant la 2e guerre de Messénie , 684- 668 av. J.-C. Suivant une tradition contestée, il était boiteux et maître d’école; quand les Spartiates, sur l’ordre d’un oracle, demandèrent un chef aux Athéniens, ceux-ci envoyèrent par dérision Tyrtée; mais il se trouva être un grand poète et un héros ; il apaisa les discordes de Sparte par ses conseils et piar une élégie appelée Eunomios : nous en avons peu de chose, ainsi que de ses chants lyriques, ou marches militaires ; mais il nous reste trois des harangues guerrières qui ont fait surtout sa gloire. On y trouve tous les traits du caractère Spartiate, beaucoup de vigueur et de fermeté, mais peu d’enthousiasme ; il parle de la mort et du danger, plus que de la victoire ; il insiste sur la honte de la fuite , sur le déshonneur de celui qui tombe frappé par derrière. Les principales éditions de Tyrtée sont celles de Klotz, Altenbourg, 1764 ; de C. Dohl , Upsal , 1790-1800, et de Bacb, Leipzig, 1831. Il a été traduit en prose française par Hautome, 1826, et en vers par F. Didot, 1826. V. Matthiæ, Dissertatio de Tyrlœi carminibus , Altenbourg, 1820, in-4°. D — r.

TYRWHITT (Thomas), philologue et critique, né à Londres en 1730, m. en 1786 , avait fait une étude appro-

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