VAT
VAU
Sixte IV, Innocent VIII, Alexandre VI, Jules II, Paulin, Léon X, Sixte-Quint, Clément XIV, Pie VI, et Pie VII. Un magnifique escalier intérieur, construit par le Bernin, conduit à la Sala régla, décorée de fresques dans lesquelles on distingue plusieurs scènes de la S1- Barthélemy. Les autres parties les plus renommées de ce palais sont : 1° la chapelle Sixline, commencée sous Sixte IV, où l’on admire le Jugement dernier, de Michel-Ange, et douze autres grandes fresques, dont quelques-unes sont du Pérugin et de Ghirlandajo; 2° la chapelle Pauline, bâtie par Paul III, et qui renferme aussi plusieurs fresques de Michel- Ange; 3° les Logges et les Stanze dites de Raphaël, à cause des immortelles peintures que ce grand artiste y a exécutées; 4° les Musées de sculpture et de peinture, où l’on remarque, entre autres chefs-d’œuvre , le groupe du Laocoon, l'Apollon du Belvédère, le Jupiter romain, et les tableaux de la Transfiguration par Raphaël, de la Communion de St Jérôme par le Dominiquin, de Sle Hélène par Paul Véronèse, et du Crucifiement de St Pierre par le Guide; 5° la Bibliothèque dite Valicane, dont la première origine remonte au pontificat de S1 Hilaire, en 465, et qui , transférée par Sixte- Quint dans son local actuel, renferme 100,000 volumes, et 24,000 manuscrits. En outre, on voit encore , près du Vatican, de superbes jardins, dont la décoration fut achevée par Bramante, sous le pape Jules II. D — T — R.
VATICAN (Mont). V. COLLINES DE ROME.
VATINIUS (P.), fougueux démagogue romain, d’une origine fort obscure, eut une jeunesse très-déréglée, parvint à la questure en 62 av. J.-C., commit des rapines scandaleuses en Espagne, fut nommé tribun du peuple en 58 par le crédit de César, qu’il seconda contre Bibulus, fut un de ses lieutenants dans la guerre des Gaules, l’emporta sur Caton pour la préture en 53, et, lors de la guerre civile, leva des troupes au nom de César dans l’Italie méridionale. Il battit Octavius, lieutenant de Pompée, en Ulyrie, arriva au consulat en 46 , et reçut même le triomphe en 42. B.
V ATOUT (Jean), littérateur, né en 1792 à Villefranehe (Rhône), m. en 1848, fit ses études au collège Sle-Barbe de Paris, devint secrétaire de M. Decazes, alors ministre de la police, puis sous-préfet de Saumur, et, révoqué en 1820 à cause de ses tendances libérales, fut recueilli par le duc d’Orléans (depuis Louis-Philippe Ier), qui le nomma son secrétaire et bibliothécaire. Après la révolution de 1830, il fut conseiller d’Etat, directeur des bâtiments civils, et, de 1831 à 1848, député de la Côte-d’Or. Il venait d’être admis à l’Académie Française, quand il suivit le roi Louis-Philippe dans l’exil. C’était un homme spirituel, recherché dans le monde, et qui avait une grande facilité pour la chanson et la poésie légère. On a de lui : les Aventures de la fille d’un roi, 1820, plaisante allégorie où il raconte les aventures de la Charte de Louis XVIII ; les Gouvernements représentatifs au congrès de Troppau, 1822 ; Galerie lithographiée , description en prose et en vers des collections d’art du duc d'Orléans, 1825-29, 2 vol. in-fol.; la Conspiration de Cellamare , 1832,2 vol. in-8° ; Souvenirs historiques des résidences roijales (Versailles, Fontainebleau, le Palais-Royal, Compiègne, St-Cloud, Eu), 1837-45, 6 vol. in-8°.
VATTEL (Emmerich de), publiciste, né en 1714 à Couret, dansla principauté de Neuchâtel, m. en 1767, offrit ses services au roi de Prusse, Frédéric II, qui ne put l’employer, et s’établit en Saxe. Auguste III le nomma conseiller d’ambassade, 1746, puis ministre à Berne, et enfin conseiller privé. L’ouvrage qui a fondé sa réputation est intitulé : le Droit des gens , ou Principes de la loi naturelle appliqués à la conduite et aux affaires des nations et des souverains, Neuchâtel, 1758, livre souvent réimprimé, bien qu’assez médiocre , peu original , et plein de contradictions.
VATTEVILLE (Jean de), né vers 1613 à Besançon, alors ville espagnole, m. en 1703, suivit d’abord la carrière'des armes dans les troupes espagnoles en Italie, puis, ayant tué en duel un gentilhomme, se déroba i toute poursuite en passant quelques années dans un couvent de Chartreux en Franche-Comté. Il s’échappa du monastère en poignardant le prieur, se fit encore de fâcheuses affaires à Madrid, se réfugia à Constantinople, où il embrassa l’isiamisme, et devint pacha eu Morée ; tourmenté par la jalousie des autres vizirs, et voulant rentrer dans sa patrie, il livra aux Autrichiens un corps d’Ottomans qu’il commandait, obtint du pape, par l’infiuence de l’empereur, l’absolution de son apostasie, et fut pourvu, en 1659, de l’abbaye de Baume en Franche-Comté. Nommé doyen du chapitre de Besançon en 1661, il prétendit à l’archevêché, mais fut écarté par l’opposition des cha-
noines. En 1665, on lui donna une charge de maître de» requêtes au parlement de Dole. Bientôt traître à l’Espagne, il aida Louis XIV à s’emparer de la Franche- Comté, et acheva ses jours dans son abbaye de Baume, où il menait la vie la plus somptueuse. B.
VATTEVILLE ( Charles, baron de), frère du précédent, fut plénipotentaire d’Espagne aux conférences qui précédèrent le traité des Pyrénées ; puis, nommé ambassadeur à Londres, il prit le pas, dans une cérémonie publique, sur l’ambassadeur de France; Louis XIV ayant exigé son rappel comme réparation de cette injure diplomatique , il reçut le gouvernement de la Biscaye, puis l’ambassade de Portugal. B.
VAU ( Le), architecte. F. Le vau.
VAUBAN (Sébastien Le Prestre, marquis de), célèbre ingénieur, né en 1633 à Sl-Léger de Foucherets près de Saulieu (Yonne), m. en 1707. Gentilhomme de petite maison, il fut élevé par un prieur du voisinage, s’enrôla, à 17 ans, dans l’armée du prince de Condé, alors révolté contre la cour, et se fit remarquer au siège de Sle-Menehould. Il tomba au pouvoir de l’armée royale, 1652; Mazarin le gagna par un brevet de lieutenant. Vauban servit sous le chevalier de Clerville, ingénieur distingué, obtint lui-même le titre d’ingénieur en 1655, et s’acquit assez de réputation pour être chargé des sièges de Landrecies, de Condé et de Valenciennes en 1656, de Montmédy et de Mardyclt en 1657, de Gravelines, d’Ypres, et d’Oudenarde en 1658. Accompagnant presque toujours les armées de Louis XIV, il fut blessé au siège de Douai en 1667, prit Lille, dirigea les principaux sièges dans la campagne de Hollande en 1672, et fut nommé brigadier-général des armées en 1674. Dans la campagne de 1675, il prit Valenciennes et Cambrai, et, incapable de jalousie, fit accueillir en France son rival Cohorn, mécontent du prince d’Orange. Elevé au rang de commissaire-général des fortifications en 1677, il fit une véritable révolution dans l’art de prendre et de fortifier les places. Pour l’attaque, il imagina l’usage des feux croisés, les boulets creux, le tir à ricochet, les cavaliers de tranchée, et surtout les parallèles , et changea la marche des sapes, etc. ; il insista sur la formation d’un corps spécial de troupes du génie. Pour la défense, il ne se servit plus que d’ouvrages presque au niveau de la campagne ; les fortifications hautes et menaçantes n’en étaient que plus exposées à être foudroyées par l’artillerie ; plus il les rendit rasantes, moins elles étaient en prise. 11 compléta et perfectionna le système des inondations, ménageant, entre les eaux et la ville, des terrains pour cultiver les légumes et nourrir les bestiaux ; il sut tenir, selon les besoins, les fossés secs ou pleins d’eau. On a calculé qu'il avait travaillé à 300 places anciennes, et qu'il en construisit 33 nouvelles. Il faut citer particulièrement Dunkerque, dont il fit un port de guerre, les citadelles de Lille, Metz, et Strasbourg, les places de Maubeuge, Menin, Charlemont, Longwy, Philippeville, Sarrelouis, Thionville, Bitche, Phalsbourg, Landau, Haguenau, Schelestadt, Huningue, Kehl, Béfort, Besançon, Briançon, Toulon, Mont-Dauphin, Mont-Louis, S'-Jean-Pied-de-Port , Bayonne, Rochefort, Brest, etc. Vauban, accompagnant de nouveau Louis XIV en Flandre, prit Mons, 1691, Namur et Steinkerque, 1692. Ce fut par ses conseils que Louis XIV établit l’ordre de Sl-Louis, 1693. Quoique promu au maréchalat eu 1703, il dirigea encore le siège de Brisach sous les ordres du duc de Bourgogne. Vauban a fait aussi de grands travaux comme ingénieur civil ; il canalisa l’Aa, ouvrit les canaux de Sl-Omer, de la Bruche et de Neufbrisach, commença un canal entre le Havre et Harfleur (abandonné depuis), construisit les jetées de Honfleur, améliora les ports de S1- Valéry, Ambleteuse, Antibes, etc., fit élever le magnifique aqueduc de Maintenon, projeta un canal d’Arles à Bouc, étudia les moyens de joindre la Saône à la Loire, et celle-ci à la Vilaine par l’Erdre et le Don, Au milieu de ces entreprises, Vauban avait trouvé le temps de songer à la réforme des finances, et il proposa à Louis XIV de remplacer tous les impôts par un impôt unique, la dime royale, que tous, nobles, prêtres et roturiers, auraient payé. Son livre, déféré au conseil du roi, fut condamna au pilori, 1707, et ce grand patriote (comme l’appelle Saint- Simon) en mourut de douleur, quelques semaines après. Vauban était profondément dévoué au bien public; eu campagne, il donnait toujours au roi les conseils les plu» humains, et quand Louis XIV voulut le nommer maréchal, il fit tous ses efforts pour l’en détourner, disant que ce serait nuire au bien du service, parce que son nouveau grade ne lui permettrait plus de servir sous un général. Vauban avait laissé, sous le titre de Mes oisivetés, 12 vol. in-fol. de manuscrits; 7 ont été égarés. Parmi ses ou-
Vx\U
VAU
vrages imprimés, on distingue des Traites de [attaque et de la défense des places, des Mémoires sur la dime royale et sur l’Edit de Nantes, qu’en 1689, il proposa au roi de rétablir. Trois vol. extraits des Oisivetés ont été imprimés à Paris, 1841-43. En 1808, le cœur de Vauban a été placé aux Invalides, vis-à-vis celui de Turenne. G.
vauban (Anne-Joseph, comte de), arrière-petit-neveu du précédent, né à Dijon en 1754, mort en 1816, entra comme sons-lieutenant dans les dragons de La Rochefoucauld en 1770, fut aide-de-camp de Rochambeau en Amérique, et était colonel du régiment d’Orléans-infanterie à la Révolution. Il émigra, fit la campagne de 1792 dans l’armée des princes comme aide-de-camp du comte d’Artois, accompagna ce prince en Russie et en Angleterre, prit part à l’expédition de Quiberon en 1795, et rentra en France sous le Consulat. Il fut arrêté et enfermé au Temple en 1806 : on avait saisi chez lui des Mémoires pour servir à l’histoire des guerres de la Vendée, où il ménageait peu les émigrés et même les princes de la maison de Bourbon; le gouvernement impérial s’empressa de les publier. Vauban, remis en liberlé, fut dès lors suspect à son parti. B.
VAUBECOURT, ch.-I. de canton (Meuse), arr. et à 20 kil. N. de Bar-le-Duc; 1,058 hab. Taillanderie.
VAUBLANC (Vincent-Marie, comte Viénot de), né à Saint-Domingue en 1755, m. en 1845, fut envoyé, en 1791, par le département de Seine-et-Marne, à l’Assemblée législative, où il siégea au côté droit, et se distingua par une modération pleine d’énergie. Ses opinions r'oyalistes le firent proscrire sous la Terreur : il se cacha et reparut après le 9 thermidor. L’un des chefs du parti clichien, il fut condamné à mort par contumace après le 13 vendémiaire. Membre du Conseil des Cinq-Cents, le coup d’Etat du 18 fructidor le fit mettre sur la liste des déportés. Appelé au Corps législatif après le 18 brumaire, il devint préfet de la Moselle et baron de l’Empire, 1808; la 2® Restauration le fit comte, préfet des Bouches-du-Rhône, et, le 16 août 1815, ministre de l’intérieur. Vaublanc fut l’homme de la Chambre introuvable ( V . ce mot). Il épura l’administration et l’Institut. Remplacé le 7 mai 1816, il devint ministre d Etat, membre du Conseil privé, puis député du Calvados jusqu’en 1827. Rentré dans la vie privée, il employa scs loisirs à des compositions politiques et littéraires d’un médiocre mérite. Parmi ses ouvrages, on cite : Rivalité de la Fran'e et de V Angleterre , 1808, in-3°; Tables synchroniques de l'histoire de France, 1818; 2e édition, 1829, in-8°; le Dernier des Césars , poëme en 12 chants, in-8°, 1819; Mémoires sur la Révolution de France, 4 vol. in-8® , 1832; Fastes mémorables de la France , 1838, in-8°; de l’Education d'un prince au XIXe siècle; des Tragédies, au nombre de 5, 1839, in-8°. Vaublanc fut membre libre de l’Acad. des Beaux-Arts. J. T.
VAUBOIS (Claude-Henri Belgrand, comte de), né en 1748 à Château-Vilain, d’une famille noble de Champagne, m. en 1839, prit le parti des armes dès sa jeunesse, était capitaine d’artillerie à l’époque de la Révolution , fut employé à l’armée des Alpes, puis au siège de Lyon, en 1793, et ensuite en Italie, sous le général Bonaparte, où il commanda une division. En 1798, il fit partie de l’armée envoyée en Egypte, et, après la prise de Malte, y fut laissé comme commaudant de cette place importante. Avec 4,000 hommes de garnison , il se maintint pendant 3 ans contre toute l’ile insurgée, et contre les Anglais , les Russes, les Portugais et les Napolitains qui l’assiégeaient, en bloquant étroitement la place. Enfin , après avoir épuisé ses moyens de défense, sans avoir pu recevoir aucun secours du dehors, après avoir rejeté huit sommations et perdu la moitié de sa garnison , il capitula avec tous les honneurs de la guerre. Il fut nommé sénateur pour sa belle défense de Malte, puis comte de l’Empire et grand-officier de la Légion d’honneur. En 1814, il vota la déchéance de Napoléon, et devint pair de France sous la Restauration.
VAUCANSON (Jacques de), célèbre mécanicien, né à Grenoble en 1709, m. en 1782. Son aptitude pour la mécanique se révéla de très-bonne heure ; dans une maison où il était conduit tous les dimanches par sa mère, son attention fut attirée par une horloge, qu’il apercevait dans une chambre voisine, et ayant réussi à deviner le jeu des pièces qu’il ne voyait qu’en partie, il en construisit en bois une semblable, qui marquait assez exactement les heures. A partir de ce moment, sa vocation fut décidée. Il étudia pendant plusieurs années, à Paris, l’anatomie, la musique et la mécanique. Le nom de Vaucanson est resté populaire, surtout à cause de ses automates. Parmi scs petits chefs-d’œuvre, les plu3 connus sont: le Joueur de flûte, le Joueur de tambourin et de galoubet , les Deux canards, qui
imitaient les mouvements des canards vivants, trituraient et avalaient du grain. Vaucanson a construit aussi , pour la représentation de la Cléopâtre de Marmontel, un aspic qui s’élançait en sifflant sur le sein de l’actrice. Chargé par le cardinal Fleury de l’inspection des manufactures de soie, Vaucanson perfectionna plusieurs machines employées dans cette industrie. On lui doit en particulier un moulin à organsiner, et un métier à tisser les étoffes façonnées, dont des modèles existent au Conservatoire des arts et métiers de Paris. Pour régulariser les transmissions, Vaucanson a imaginé la chaîne qui porte son nom, et inventé une machine pour la fabriquer. La collection de machines laissée par Vaucanson a été dispersée, et en partie perdue pour la France. Il était membre de l’Académie des Sciences depuis 1746. Son Eloge a été écrit par Condorcet. V.
VAUCELLES, anc. vge du Cambrésis, à 8 kil. S. de Cambrai, possédait une abbaye de l’ordre de Citeaux, fondée en 1132 par S1 Bernard. Une trêve y fut signée entre Henri II et Charles-Quint, le 5 février 1556.
VAUCHAMPS,vge ( Marne), arr. et à 33 kil. S. O.d’Epernay; 391 hab. Succès des Français sur les Prussiens commandés par Bliicher, le 13 février 1814.
VAUCLUSE, Vallis clausa, vge (Vaucluse), arr. et à 29 kil. E. d’Avignon ; 500 hab. Papeteries. Près de là est la fontaine de Vaucluse, immortalisée par Pétrarque; c’est une des plus belles sources que l’on connaisse ; elle occupe le fond d’une caverne, et donne naissance à la rivière de la Sorgue. Le prétendu château de Pétrarque était la maison de plaisance d’un évêque de Cavaillon.
vaucluse (La), département du S.-E. de la France; ch.-l. Avignon; formé de parties du Comtat-Venaissin , de la Provence, et de la principauté d’ürange ; entre les départements de la Drôme et des Basses-Alpes au N.-E., des Bouches-du-Rhône au S., du Gard et de l’Ardèche à l’O. Superf., 355,056 hcct. ; popul., 266,691 hab. Traversé à l’E. par les Alpes, dont le point culminant est le mont Ventoux (2,022 mèt.). Arrosé par la Durance et le Rhône, qui le limitent au S. et à l’O., et par un grand nombre de torrents tombant des montagnes, tels que le Lez, l’Aigues, l’Ouvèze, l’Auzon, le Caulon, la Sorgue. Sol boisé; récolte d’écorces à tan. Mines de fer, houille, lignite ; carrières de plâtre, pierres de taille, gypse, terre à potier. Grande culture du mûrier et de la garance; peu de céréales; vins estimés. Elève de vers à soie et d’abeilles. Fabr. de soieries, eaux-de-vie, essences, lainages. Sources minérales à Vacqueiras, Aurel, Gigondas. Ce départ, forme le diocèse d’Avignon, et dépend de la Cour impériale de Nimes.
VAUCOULEURS, Lorium , ch.-l. de canton (Meuse), arr. et à 29 kil. S.-S.-E. de Commerey, dans une belle vallée sur la rive g. de la Meuse; 2,448 hab. 11 s’y tint un concile en 865. Jeanne d’Arc vint s’y présenter au sire de Baudricourt, pour lui demander de la conduire à Charles VII. Patrie.de Mme Dubarry, du géographe Delisle, et de Ladvocat. Fabr. de bonneterie, toiles de coton. Aux environs est la fonderie de Tliusey, où ont été coulées les colonnes rostrales de la place de la Concorde à Paris.
VAUD, en allemand Waadt, Pagus Urbigenus des anciens, l’un des 22cantonsde la Suisse, le 19e, auS.-O., entre ceux de Genève et du Valais au S., de Fribourg à l’E., de Neuchâtel au N., et la France à l’O.; par 46“ 18'-46° 55' lat. N., et 3° 43'-4° 47' long;. E.; 3,223 kil. carrés; 213,157 hab., dont 12,790 catholiques. Ch.-l., Lausanne. Arrosé par la Broyé, la Sarine, et autres cours d’eau peu importants, il est limité au S.-E. par le Rhône et le lac de Genève, et le lac de Neuchâtel s’avance dans sa partie septentrionale. Le sol est très-varié ; on y trouve de belles et pittoresques vallées, et des collines couvertes de riches vignobles. Récolte de vins estimés, fruits, lin, chanvre. Mines de fer, houille, asphalte, soufre, sel. Eaux minérales. Fabr. importante d’horlogerie. Commerce de transit entre la France et l’Italie. Dans ce canton, on parle le welche, patois du vieux français. L’instruction y est trèsrépandue. — Le pays de Vaud fut successivement possédé par les Francs, les rois de la Bourgogne Transjurane, les empereurs d’Allemagne, les ducs de Zæhringen, et, de 1273 à 1536, par la maison de Savoie. Assujetti ensuite au canton de Berne, il ne forma un canton indépendant qu’en 1798. Il est le 19® de la Confédération helvétique par ordre d’admission , le 4e par son étendue, le 3® par sa population. Il n’eut une constitution qu’en 1831 ; elle fut modifiée en 1845. Le peuple est souverain; il se réunit, soit pour se prononcer sur les questions proposées par l’autorité législative, soit pour émettre de lui-même ses vœux. Le pouvoir législatif appartient à un Grand-Conseil de 195 membres, nommés pour 4 ans, et qui ont la surveil-