‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 644 sur 864 · YEN · texte numérisé non relu

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clergé. On y distingue 4 périodes : la lre, qui commence en mars 1793, et finit en 1794, est remplie par les exploits de Leseure, de Bonchamp, de D’Elbée, de Stofflet, de Cathelineau, et surtout de La Rochejaquelein ( F. ces noms ) ; dans la 2e, de 1794 à 1796, la guerre de partisans succède aux grandes rencontres; les Vendéens, commandés par Charette ( F. ce nom), se réunissent aux Chouans (F. ce mol); le général Hoche (F. ce mot) pacifie le pays. La guerre se rallume à la fin du Directoire, 1799; c’est la 3e période, que ferment les succès de Brune, 1800. Enfin, pendant les Cent-Jours, 1815, des mouvements insurrectionnels dans l’Ouest sont comprimés par le général Lamarque. F. Crétineau-Joly. Ihsi. de la Vendée militaire, Paris. 1865. 5f édit., 4 vol. in-12.

VENDELAIS (Le), nom de deux pays de l’anc. France, l’un dans le Beauvaisis, l’autre près de Rennes.

VENDÉMIAIRE , 1er mois de l’année républicaine en France, commençait le 22 septembre, et finissait le 21 octobre. C’est le temps des vendanges ( vindemiœ ), sous le climat de Paris.

vendémiaire an iv — 4 oct. 1795 (Journée du 13). La Convention avait promulgué la Constitution de l’an m (F. ce mot); mais, voulant éviter la faute de l’Assemblée constituante, qui avait exclu tous ses membres de la prochaine législature, d’autres disent pour retenir le pouvoir, elle arrêta, par décrets des 5 et 13 fructidor, que le tiers seulement du Corps législatif serait composé de membres nouveaux; que les deux autres tiers devraient être pris nécessairement parmi les membres de la Convention, et qu’en cas d’élections doubles, cette assemblée, érigée en corps électoral de France , remplirait elle-même les lacunes. Les sections de Paris rejetèrent ces décrets comme illégaux, et tentèrent de dissoudre violemment la Convention. La section Le Pelletier (quartier des Filles-St-Thomas), devint le centre d’un mouvement insurrectionnel. Le 12 vendémiaire, les insurgés se trouvèrent en présence des troupes de la Convention, commandées par Menou ; ils eurent quelque succès. Le soir, Menou fut remplacé par Barras, qui chargea le général Bonaparte d’aviser. Celui-ci prit habilement ses mesures, et, le lendemain, son artillerie foudroya les rebelles, les seetionnaires furent vaincus, et la Convention se montra modérée dans son triomphe. L’anniversaire de ce jour fut une fête publique jusqu’à l’époque du Consulat. J. T.

VENDEN, v. de la Russie d’Europe (Livonie), à 90 lcil. N.-E. de Riga; 1,100 hab. Ch.-l. de district. Evêché. — Venden, fondée en 1205, et quelque temps ch.-l. des chevaliers Porte-Glaive, fut incendiée en 1748.

VENDENESSE (Le sire de). F. Chabannes.

VENDES. F. Wendes.

VEND1DAD, livre sacré des Parsis. F. Zend-Avesta.

VENDOME, Vendocinum, s.-préf. (Loir-et-Cher), à 35 kit. N.-O. de Blois, sur la rive dr. du Loir; 6,714 hab. La ville est arrosée par des canaux, et dominée par les ruines d’un ancien château. Trib. de 1" instance, lycée, bibliothèque. Beau quartier de cavalerie, occupant un ancien couvent bénédictin de la Trinité. Fabr. de bonneterie, cotonnades, gants de peaux. Comm. de bestiaux et de grains. — Vendôme était, dès le ix° siècle, la capitale d’un comté; vers 1140, le comte Geoffroy Martel fit construire l’abbaye de la Trinité, qui ne relevait que du pape, et dont l’abbé balança souvent le pouvoir des comtes. En 1373, le comté de Vendôme passa par alliance à la maison de la Marche ; il fut érigé en duché, en 1515, par François Ier, en faveur de Charles de Bourbon, aïeul de Henri IV. Vendôme fut prise par les calvinistes en 1562 et 1586. En 1589, elle adhéra à la Ligue; la même année, Henri IV la prit et la livra au pillage. Ce prince donna le duché à l’un des fils qu’il eut de Gabrielle d’Estrées, César de Vendôme. En 1796 et 1797, une Haute-Cour de justice s'assembla à Vendôme pour juger Babeuf et les complices de sa conspiration. Patrie du comte de Rochambeau.

Vendôme (César, duc de), dit César Monsieur, fils aîné de Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, né en 1594 auchâleau de Coucy (Aisne), m. en 1665, fut légitimé à l’âge d'un an, et fiancé, en 1598, à la fille unique du duc de Mercœur, qui lui céda son gouvernement de Bretagne. Objet de l’affection toute particulière de Henri IV, ce prince lui fit don du duché-pairie de Vendôme, et lui donna rang immédiatement après les princes du sang. Pendant la minorité de Louis XIII, il songea à soulever sa province; mais l’approche des troupes royales et la défection de ses partisans l’obligèrent de se soumettre. Il trempa dans le complot de Chalais contre Richelieu, .1626, subit une captivité de 4 ans, à Amboise et à Vineennes, et ne recouvra la liberté qu’en renonçant à la Bre-

tagne ; il alla servir en Hollande, puis, ayant obtenu de rentrer en France, fut accusé, en 1641, d’avoir voulu empoisonner le cardinal-ministre, s’enfuit en Angleterre, d’où il revint en 1643, partagea la disgrâce du duc de Beaufort, son fils, lors de la chute des Importants (F. ce mot), fit sa paix avec Mazarin, 1650, fut nommé gouverneur de la Bourgogne et surintendant-général de la navigation et du commerce. B.

Vendôme (Louis, duc de), fils aîné du précédent, né en 1612, mort en 1669, porta le nom de duc de Mercœur jusqu’à la mort de son père, fit ses premières armes en Piémont en 1630, revint en France après la mort de Richelieu. fut nommé, en 1649, vice-roi et commandant des troupes françaises en Catalogne, épousa, en 1561, Laure Mancini, nièce de Mazarin, reçut le gouvernement de la Provence, puis, avec le duc de Modène, le commandement de l’armée de Lombardie, 1656, et, ayant pris les ordres sacrés après la mort de sa femme, devint cardinal en 1667 et légat de Clément IX en France. B.

Vendôme (François de), duc de Beau[ort, frère puîné du précédent. F. beaufort.

Vendôme (Louis-Joseph, duc de), fils aîné de Louis de Vendôme, né en 1654, m. en 1712, porta le titre de duc de Penlhièvre jusqu’à la mort de son père, fit ses premières armes dans la guerre contre la Hollande en 1672, servit sous Turenne en Alsace, et, en 1677, sous Créqui en Flandre, reçut, en 1678, le brevet de maréchal-de-eamp, fut nommé gouverneur de la Provence en 1681 , lieutenant-général en 1688, se distingua aux sièges de Mons et de Namur, aux batailles de Steinkerque et de la Marsaille, devint général des galères, commandant en chef de l’armée de Catalogne en 1695, et s’empara de Barcelone. Lors de la guerre de la Succession d’Espagne, il répara d’abord les fautes de Villeroy en Italie ; mais , tombant dans l’indolence, il se laissa surprendre par le prince Eugène à 1 uzzara., 1702 , et ne rendit la victoire indécise qu’à force d’intrépidité. Après quelques succès dans le Tyrol sur le comte de Staremberg et dans le Piémont sur le duc de Savoie, il balança encore la fortune d’Eugène à Cassano, 1706, puis surprit les Impériaux dans leurs quartiers d’hiver à Calcinato. Envoyé en Flandre pour remplacer Villeroy qui venait d’être battu à Ramillies, il n’empêcha pas la jonction de Marlborough et d’Eugène, n’opéra pas la sienne avec Berivick, et, par suite de ses indécisions, d’imprudences et d’imprévoyances de toute sorte, dont il tenta de rejeter la faute sur le duc de Bourgogne, il perdit la bataille d’Oudenarde, 1708. Chargé déporter secours à Philippe V en Espagne, il fit rentrer ce prince à Madrid, et, déployant une admirable activité à poursuivre l’armée ennemie, remporta la victoire décisive de Villaviciosa, 1710. Il allait achever la réduction de la Catalogne, quand il mourut subitement à Tinaroz. Philippe V ordonna un deuil public, et fit enterrer Vendôme à l’Escurial, dans le tombeau des infants. Vendôme était un général plein d’entraînement et de valeur; il avait le coup d’œil sûr, mais peu de prudence et d’activité. On vantait sa bonté, son désintéressement. Mais sa vie privée fut pleine de scandales. B.

Vendôme (Philippe, dit le grand-prieur de), frère du précédent, né en 1655, m. en 1727, entra dans l’ordre de Malte, fit ses lres armes au siège de Candie en 1669, servit ensuite en Allemagne , en Hollande et en Flandre, fut nommé maréchal-dc-camp en 1691, se distingua à la prise de Namur et à la bataille de Steinkerque, devint grandprieur de France et lieutenant-général en 1693, eut part aux succès de Catinat en Italie et de son propre frère en Catalogne, commanda ensuite en Lombardie, où il remporta un avantage à Castiglione, 1705, mais fut disgracié et privé de ses bénéfices pour n’avoir pas donné à la bataille de Cassano, 1706. Il alla vivre à Rome, revint en France au bout de 5 ans, recouvra tous ses bénéfices, et, dans son palais du Temple, à Paris, forma une brillante société de gens de lettres. La Fare et Chaulieu furent surtout ses amis et ses compagnons de plaisirs. B.

Vendôme (Mathieu de). F. Mathieu.

Vendôme (Place) , l’une des plus belles et des plus vastes de Paris, entre les rues Neuve-des-Petits-Champs au N., Sl-Honoré au S., et sur l’axe des rues de la Paix et Castiglione. Elle mesure 146m,18 de long, et 136m,45 de large; sa forme est octogone, avec 4 grands côtés et 4 petits. Son architecture, uniforme, présente un grand ordre corinthien, embrassant les 2 étages dont se composent les bâtiments, et reposant sur un rez-de-chaussée en refends, percé de fenêtres en portiques. Au milieu de chaque côté est un léger avant-corps orné de 4 colonnes corinthiennes à demi engagées, et supportant un fronton. Jules Hardouin

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Mansard a fait les dessins de ces constructions, dont l’aspect est grave et majestueux. Louis XIV fit ouvrir cette place, en 1686, sur le terrain de l’anc. hôtel de Vendôme ; elle fut d'abord appelée Place Vendôme , puis Place des Conquêtes, enfin Place Louis-le-Grand, et ses bâtiments ne furent achevés que sous la Régence. On voyait autrefois au centre une statue équestre colossale, en bronze, de Louis XIV, un des beaux ouvrages de Girardon : elle avait 6m,50 de hauteur, et fut abattue et brisée en 1793. Son emplacement resta vide jusqu'en 1805, où l’on commença d’y élever la célèbre Colonne de la grande armée ( V. Colonnes). La place, nommée, pendant la Révolution , Place des Piques , reprit alors le nom de Place Vendôme.

VENDOMÜIS , petit pays de l’anc. France (Beauce) ; cn.-l., Vendôme. Il est auj. réparti entre les départements du Loir-et-Cher et de la Sarthe.

VENDOTENA, anc. Pandataria , île du royaume d’Italie, dans la mer Tyrrhénienne , et dans le groupe de Ponza, à 10kil.'N.-O. de celle d’ischia; 3 kil. sur 2. Trèsfertile. Elle fut abandonnée au ixe siècle à cause des incursions des Sarrasins, et repeuplée, en 1769, d’indigents tirés de Rome.

VENDREDI (du latin Veneris Dies, jour de Vénus), 6e jour de la semaine. Les anciens l’avaient dédié à Vénus. L’église catholique le consacre à la pénitence et au jeûne, en mémoire de la Passion de N. S. J.-C, ; l’abstinence de viande est obligatoire. C’est de là, sans doute, qu’est venue la superstition qui regarde le vendredi comme un jour de malheur. Le Vendredi saint est celui qui précède le jour de Pâques. Ce jour-là, dans l’anc. monarchie française, le chancelier scellait les Lettres de rémission; le vendredi est jour de fête pour les musulmans. — Célébration du vendredi saint. V. au Supplément.

VENDRELL, ville d’Espagne ( Catalogne j , prov. et à 26 kil. E.-N.-E. de Tarragone; 5,000 hab.

VÉNEDES. V. Wendes.

VEN1 D1G, nom allemand de Venise.

VÉNÉDIQUE (Golfe) , nom anc. du golfe de Dantzick.

VENELLES , peuple de la Gaule. V. Unelles.

VENEO, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 48 kil. E-N.-E, de Toula, sur la Venevka; 3,500 hab.

VENER, lac de Suède (Gothie et Suède propre), entre les lâns de Carlstad , d’Elfsborg et de Skaraborg; 5,435 kil. carr.; 145 kil. sur 75. Il s’écoule dans le Cattégat par la Gotha, et communique avec le lac Vetter par le canal de Trolhatta. On y voit beaucoup d’iles, la plupart habitées et cultivées. Sur sa rive N., est la ville de Carlstad ; au S. -O. est IVenersborg.

VENERONI (Jean Vigneron, dit), maître d’italien, né à Verdun , vint à Paris, où il se fit passer pour Florentin , contribua puissamment à répandre en France le goût de la langue et de la littérature italiennes, et fut nommé secrétaire -interprète du roi. On a do lui: le Maître italien , 1710 in-12, grammaire italienne, souvent réimprimée, et estimable quoique prolixe; Dictionnaire italien-français et français-italien, 1708, in-4u, effacé depuis par celui d’Alberti ; Dictionnaire-Manuel en 4 langues (français, italien, allemand, russe), Moscou, 1771, in-8°.

VENÈTES, Veneti, peuple de la Gaule (Lyonnaise 3e); capit., Dariorigum ou Veneti (auj. Vannes).

vénètes, peuple de l’anc. Italie, semblent être venus de l’Illyrie, ou même de l’Asie-Mineure (F. Hénètes). Us donnèrent leur nom à la Vénétie.

VENETIE, Venelia, contrée de l’Italie ancienne, au N.-E. de la Gaule Cisalpine, entre le Padus au S., l’Ollius à l’O., et l’Adriatique à l’E.; v. princip.: Aquilée, Vicence, Vérone, Patavium, Adria. On y rattachait ordinairement Pays des Carmes. — Ancienne province de 1 Empire d’Autriche, entre leLittoral et l’Adriatique à l’E., laCarmthie elle Tyrol au N., le lac de Garde et le Mincio al J., et le Pô au S. Ch.-l., Venise; divisée en 9 déléga-

Üv™^rkil; CaiT’; 2-444>925 hab. A l’Italie en 1866.

V ÜJN h 1 J. h (Jean de), chroniqueur et romancier, né vers 1307 à Venette, près de Compiègne, m. en 1369, fut prieur du couvent du Carmel à Paris. On lui doit la 2e continuation de la Chronique de Guillaume de Nangis, de 1348 à 1398, publiée dans le Spicilegium de D’Achéry, et une Chronique des Carmélites, en latin , insérée dans le Spéculum Carmelilanum , Venise, 1507. Il est aussi l’auteur d’un rouan en vers, les Trois Maries (la Ste Vierge, Marie Cléo- Jdias, Marie Salomé), traduction d’un même poème en tatm, manuscrite à la Bibliothèque impériale de Paris; jramte-Paiaye en a donné l’extrait dans le t. xm des Méca de 1 Acad des Inscriptions; J. Droyn en publia, dans le xvi siècle, une version libre en prose. *F. aussi le t. vi des IV ouveaux mélanges de littérature par l’abbé d’Artigny. j

1 VENEUR ( GRAND-), un des grands officiers de la couronne, sous l’anc. monarchie française. Dès le temps des Mérovingiens, 4 veneurs étaient attachés à la domesticité I des rois. Le nombre s’en accrut dans la suite. Au xme siè- ! cle, les officiers de la vénerie royale furent placés sous la direction d’un chef, appelé maître veneur en 1231, maître de la vénerie en 1344, et grand-veneur depuis 1414. Jusqu’au temps de Charles VI, le chef de la vénerie avait été en même temps grand-maître des forêts. La charge de Grand-Veneur, abolie à la Révolution, fut rétablie par XTapoléon Ier, puis, après suppression depuis 1830, par Napoléon III, en 1852.

VENEZIA, nom italien de Venise.

VENEZIANO (Antonio ), peintre, né à Venise vers l’an 1310, m. en 1383, avait, pour peindre à fresque, un procédé particulier, qui a conservé à ses ouvrages une grande fraîcheur. On cite principalement ses peintures dans le Campo-Sanlo de Pise; on y remarque la sagesse et la variété de la composition, une fidèle imitation de la nature, et un coloris harmonieux. Vers la fin de sa vie, il s’adonna exclusivement à la chimie et à la botanique, et professa la médecine avec succès. 11 mourut victime de son dévouement pendant une peste.

VENEZUELA (République de), Etat de l’Amérique du | Sud, entre la mer des Antilles au N., l’Atlantique et la Guyane anglaise à l’E., le Brésil (Prov. d’Alto-Amazonas) au S., et la République de l’Équateur à l’O. ; entre 0° 50' et 12° 10' lat. N., 63° et 75° 30' long. O. ; 1,114,184 kil. carrés; 1,564,43.3 hab., dont 400,000 blancs, créoles espagnols et autres, 600,000 rfiétis de sang indien ou africain et de sang européen, 100,000 noirs, et 250,000 Indiens, tant soumis qu’indépendants. Capitale, Caracas. Son territoire, qui comprend les 4 anciens départements colombiens de Zulia, de l’Orénoque, deMaturin et de Vénézuéla, a été divisé en 13 provinces, puis en 21, qui sont : Amazonas, Apure, Aranga, Barcelona, Barinas , Barquisimelo, Carabobo, Caracas, Cojedes, Coro , Cumana, Guarico, Guyana, Maracaibn , Margarita, Malurin, Me' rida , Porluguesa, Tachira, Trujillo, Yaracui. Chaque province, moins la lre, nomme 2 sénateurs et 1 député par 25,000 habitants. Des montagnes peu élevées sillonnent l’E. et le N. du Vénézuéla; au S. sont des plaines immenses, où le soleil, tombant presque verticalement, rend la température très-chaude, et qu’arrosent l’Amazone et l’Orénoque, avec leurs nombreux affluents. Le sol, quoique peu cultivé, est trèsfertile en cacao excellent, indigo, tabac, coton, salsepareille, gomme, etc. Les ports de Guayra, Porto-Cabello, et Maracaibo exportent beaucoup de café. Peu d’industrie. Les soieries, les vins, la parfumerie, la chapellerie, et, en général, tous les articles de modes françaises, sont en faveur sur les principaux marchés. Connu, de peaux de bœufs. — Le Vénézuéla tire son nom, qui signifie Pelile- Venise, des Espagnols, qui trouvaient de la ressemblance entre la situation des villes indiennes bâties sur le lac de Maracaibo et celle de Venise au milieu des lagunes de l’Adriatique. Sous la domination de l’Espagne, il fut compris dans la capitainerie-générale de Caracas. Les habitants se soulevèrent en 181 1, firent partie de la république de Colombie en 1819, et s’en séparèrent, en 1831, pour former une république indépendante, que l’Espagne a reconnue en 1815. Le pouvoir suprême appartient à un Congrès, composé d’un sénat de 40 membres et d’une chambre de 57 représentants. Le pouvoir exécutif est confié à un président, élu pour 4 ans. La majorité des habitants est catholique : il y a un archevêque à Caracas, et des évêques à Mérida et à Angostura. Caracas et Mérida ont chacune une université; on a placé un college national au ch.-l. de chaque province. La force militaire est d’environ 10,000 hommes. Tous les citoyens de 18 à 45 ans forment la milice. L’esclavage a été aboli en 1834. Le mouvement commercial représente une valeur de 61 millions de fr., importation et exportation réunies (1856). B.

vénézuéla (Département de), division de. l’anc. Colombie, a formé, dans la république de Vénézuéla, les prov. de Caracas, de Carabobo, et de Barquisimelo.

vénézuéla (Golfe de). V. macaraïbo.

VENISE, Venelia en latin ; Venezia en Italien, v. d’Italie, dans l’ancienne province de Vénétie, dont elle fut la capitale, au fond du golfe Adriatique, à 295 kil. E. de Milan; 118,172 hab. Patriarcat catholique : archevêché arménien; évêché grec. Résidence du commandant de la marine italienne. Bâtie au milieu des lagunes, on y arrive par le N.-E. sur un beau pont-viaduc long de 3,603 met., construit en 1845 pour le chemin de fer d Milan. Venise est formée d’un groupe de 70 îles, reliée les unes aux autres par 450 ponts. Elles laissent entra

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elles 149 canaux qui sont comme les rues principales de la ville, et sont sillonnés par 9,000 gondoles noires. Le Canal- Grande large de 60 à 70 met., divise la ville en 2 parties inégales. Le pont du Rialto, d’une seule arche de 28 mèt. d’ouverture , en marbre , et un pont de fer construit en 1854, sont les seuls qui traversent ce canal. Le large canal de la Giudecca, au S., sépare la ville de la grande île du même nom et de l’ile plus petite de San-Giorgio. Les façades principales des édifices et des maisons regardent les canaux, et ont le pied dans l’eau. On commence à ménager des quais ( fundamenla ), d’une grande commodité, mais qui feront perdre à la ville sa physionomie originale et pittoresque. Les rues intérieures ( calle ) sont excessivement étroites, mais bien pavées en grandes dalles longues. Le point central, le rendez-vous général de Venise est la place Sl-Marc, bordée, sur trois côtés, de belles constructions et d’arcades. Le 4e côté est occupé par la magnifique basilique de Sl-Marc, avec ses coupoles, ses ouvrages en mosaïque, et ses 500 colonnes de marbre, que surmontent les chevaux apportés jadis de Constantinople. Forum de l’ancienne Venise, la place Sl-Marc n’est plus qu’un vaste salon de conversation et de lecture. Les Procuratie vecchie et les Procura lie nuore, qui forment auj. le Palais-Royal, encadrent la majeure partie de la place. La Zecca (hôtel des Monnaies) en est une dépendance. La Piazetta , ou petite place, est le prolongement de la place S‘-Marc vers le rivage. A l’entrée de la Piazetta, sur le quai ou môle, s’élèvent deux colonnes de granit , dont l’une porte la statue de S1 Théodore, premier patron de Venise, et l’autre le lion ailé de S1 Marc. Un des côtés de la Piazetta est bordé par le Talais Ducal , ancien palais des doges, qui a une seconde façade sur le môle, et qui contient la bibliothèque publique, un riche cabinet de médailles et un beau musée ; on y voit encore les plombs et les puits, affreuses prisons d’Etat , dont l’horreur pourtant a peut-être été exagéi'ée par les romanciers, et le Pont des Soupirs , d’où les corps des suppliciés étaient jetés dans le canal. L’intérieur du palais est orné d’une multitude de statues et de tableaux des plus grands maîtres. Les autres places remarquables sont celles de Sl-Etienne, St-Paul , S1- Jean- Paul, Ste-Marie de Fornoue. Le Jardin-Public, à l’extré mité E., est une magnifique promenade plantée d’arbres, sur laquelle sortent les rares chevaux que l’on voit à Venise. Venise renferme encore une soixantaine d’églises, entre autres San-Zanipolo (SS. Jean et Paul ) , sorte de Panthéon vénitien, où sont beaucoup de mausolées de doges , San-Salvatore, St-François-della-Yigna, Madonna dell’ Orto, Santa-Maria-della-Salute, Santa-Maria-Gloriosa, où est le tombeau du Titien, Santa-Maria-dei-Frari, contenant un monument élevé à Canova, S'-Georges-Majeur. On distingue les palais Foscari, Pisani, Mocenigo, Trevisani, Cornaro, Barbarigo, Grimani, Correr, Tiepolo, Balbi, Pesaro, Vandramini-Calergi, Grassi, Rezzonico, la Ca d’oro. Le théâtre de la Fenice est un des plus beaux d’Italie. L’Académie des beaux-arts possède un des plus riches musées du monde, et c’est surtout un musée vénitien. Les collections particulières du palais Manfriu , du musée Correr, du palais Grimani, sont aussi très-remarquables. Parmi les établissements d’instruction, il faut citer le lycée royal, avec jardin botanique, deux gymnases royaux, le collège des Cadets de la marine, le collège delle Salesiane pour les demoiselles, la bibliothèque de S1 -Marc, très-riche, surtout en manuscrits, le séminaire délia Salute, le dépôt des archives ( Archivio centrale ), un collège arménien, etc. Le magnifique arsenal de Venise a été incendié en partie en 1856. Les protestants, les grecs, les arméniens, ont plusieurs temples de leurs cultes respectifs; les juifs ont 7 synagogues. Depuis 1829, Venise est un port franc. L’envahissement des sables en rend l’entrée difficile ; les canaux intérieurs de la ville eux-mêmes finiraient par être comblés , sans les travaux incessants dont ils sont l’objet. Le commerce, comme l’industrie, est bien déchu de son ancienne splendeur : il consiste surtout en verroterie, os d’animaux, bois de construction, chanvre, laines, soies grèges et ouvrées, thériaque, savon, chapeaux de paille, rosolio, pianos, bougies stéariques et de cire, cuirs, peaux, bonneterie, couvertures de laine, tissus de coton, de lin ; raffineries de sucre, fonderies de suif, manufacture impériale de tabacs; pêche très-productive d’huîtres et de sardines. Le mouvement commercial dépasse 15Ô millions de fr. par an. — Un grand nombre d’iles sont répandues autour de Venise : le Lido, longue digue de sable qui protège la ville contre la mer; c’est là que se prennent les bains de mer, et qu’ont lieu certaines fêtes populaires; à l’extrémité S., ilalamocco, première capitale des peuples Yénètes; San-Servolo, où est un hos-

pice; San-Clemenle, contenant les ruines d’une chartreuse, Poveglia , où l’on a placé le lazaret; Sl-Lazare des Arméniens, Murano, Torcello , Chioggia, etc. Un 2e chemin de fer unit Venise à Trieste. Service régulier de bateaux à vapeur du Lloyd autrichien entre ces deux mêmes villes.

Histoire. Le nom de Venise est dérivé de celui des Vénèles ou Hénètes, peuples d’origine asiatique, qui, aux temps les plus reculés, occupaient le littoral voisin de l’embouchure du Pô et des îles qui s’élèvent au milieu des lagunes. Alliés d’abord de Rome, ils devinrent bientôt ses sujets, et, après la guerre Sociale, César leur accorda le droit de cité. Lors de l’invasion des Huns, 452, une partie des Vénètes chercha un refuge dans les lagunes; des îles et des îlots, reliés par des ponts grossiers, et quelques cabanes de pêcheurs, telle fut l’origine de Venise. L’ile de Rivo-Alto (Rialto) devint le centre de cette population. L’histoire de Venise pendant les deux premiers siècles de son existence est très-obscure. Jusqu’à la fin du vne siècle, chaque île eut un tribun. En 697, tous les habitants de la Vénétie insulaire élurent un chef unique, à vie, auquel on donna le nom de duc ou doge. Paul-Luc Anafeste fut le premier doge. Menacés par les pirates de l’Istrie, les Vénitiens les repoussèrent, et étendirent leur domination sur l’Ilyrie, 997. Le doge Orseolo II ajouta alors à ses titres celui de duc de Dalmatie. Maîtres de l’Adriatique, les Vénitiens portèrent au loin leur commerce, et leurs vaisseaux allaient jusque sur les côtes orientales de la Méditerranée. Sous Vitale Falieri, ils obtinrent des empereurs grecs la renonciation aux droits de suprématie qu’exerçait ou du moins que réclamait sur eux la cour de Constantinople. Au 'xne siècle, la république de Venise ayant pris parti pour le pape Alexandre III contre l’empereur Frédéric Ier Barberousse , le Saint-Père donna au doge un anneau , qu’il devait , tous les ans , jeter dans la mer , comme un symbole d’hymen , et lui dit : « Epousez-la, afin que la postérité sache que la mer vous appartient par le droit de la victoire, et doit être soumise à votre république, comme l’épouse l’est à l’époux. ■> Les Croisades donnèrent une vive impulsion à la prospérité de Venise, en lui ouvrant le commerce de l’Orient. Elle vint en aide aux Croisés, et se fit 'jayer avec les villes conquises. En 1130, Baudouin II, roi de Jérusalem, accorda aux Vénitiens le privilège d’avoir, dans chaque ville de l’Etat de Palestine, un quartier à eux, où ils s’administreraient à leur guise, nommant leurs magistrats euxmêmes. La prise de Constantinople par les Croisés, en 1204, lui donna Candie, Négrepont, la plupart des îles de l’Archipel, les ports de la Morée et du Levant, les faubourgs de Péra et de Galata à Constantinople, et le doge ajouta à ses titres celui de seigneur d'un quart et demi de l'empire grec. — Jusqu’en 1173, les doges avaient été de véritables souverains, moins le droit de faire des lois. Mais à cette époque, à la suite d’une sédition dans laquelle périt le doge Michieli II, le doge cessa d’être inamovible. On créa un Grand- Conseil annuel de 480 membres, qui devait partager avec lui le pouvoir. Telle fut l’origine de la puissante aristocratie de Venise. Dès lors, l’autorité du doge alla toujours en diminuant, et celle du Grand-Conseil s’accrut à ses dépens. Un décret permit bientôt l’entrée du Conseil à tout noble âgé de 25 ans. A côté du Grand- Conseil était le Sénat ou pouvoir administratif ( V. Sénat de Venise). Le pouvoir exécutif résidait dans le conseil des Pregadi (F. ce mol), composé du doge, de 6 conseillers adjoints, et de 3 présidents des tribunaux. Les conseillers avaient pour mission de restreindre la puissance du doge. On leur adjoignit plus tard 16 sages, élus par le Sénat. L’autorité judiciaire fut enlevée au doge par l’institution de la Quarantie ( V . ce mot}. Il vécut dans une servitude dorée : c’était une vie officielle, toute de parade, sans liberté. Misérablement rétribué pour une charge onéreuse, il était entouré d’espions, et ne pouvait pas même donner sa démission. Il avait, comme les rois de l’anc. Sparte, “ toute la majesté d’un roi, sans avoir l’autorité d’un citoyen. » Au xive siècle déjà, ni ses fils ni lui ne pouvaient sortir de Venise; son appui à une question suffisait pour la faire rejeter. — Après la conspiration de Tiepolo, qui échoua en 1310, l’institution du fameux Conseil des Dix ( V. ce mol) compléta le gouvernement de Venise, idéal du gouvernement oligarchique; le fameux Livre a or ( V.ce mot) fut fermé; on abolit l’élection au Grand-Conseil, qui devint héréditaire. En 1355, la conspiration démocratique du doge Marino Faliero ( V. ce mol) avorta. En 1454, le Conseil des Dix prit dans son sein le triumvirat terrible des Inquisiteurs d’Etat, qui dura jusqu’à la fin de la République. — Gênes disputait depuis longtemps à Venise l’empire de la mer. Leur rivalité engendra une guerre qui

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dura 7 ans, 1293-99, ébranla Venise, et valut un moment à Gênes la navigation exclusive de la mer Noire et de la merde Syrie. Après deux autres guerres où Venise éprouva des chances diverses, il en éclata une 4e, la plus meurtrière, celle de Chiozza, Elle eut pour cause l’occupation de Ténédos par les Vénitiens, et la conquête de Chypre par les Génois. Les mers intérieures et les lagunes de Venise en furent le théâtre. Les Génois, vaincus près d’Antium, dans la mer de Toscane, mais vainqueurs à Pola, se rendirent maîtres de Chiozza, 1379. Venise demanda la paix. Repoussée par les dures conditions de Doria, elle tira de prison l’amiral Pisani, chargé de fers après la défaite de Pola. Il fit prisonnières dans Chiozza la flotte et l’armée génoises, 1380. La paix de Turin, 1381, réconcilia les deux républiques. Venise recouvra en peu d’années les provinces continentales qu’elle avait perdues : elle s’empara de Trévise, 1388 ; de Vicence, de Vérone, et de Padoue, 1410; du Frioul, 1420; de la Dalmatie, 1426; de Brescia et de Bergame, 1428; de Ravenne, 1441; de Crémone, 1448. Le royaume de Chypre échut encore à Venise par succession à la mort de Lusignan, 1489. C’était alors une des premières puissances de l’Europe, et elle put s'appeler elle-même la dominante Venise. — Elle devait sa puissance moins encore à ses conquêtes qu’à son commerce ; sur toutes les côtes de la Méditerranée, elle avait des comptoirs, où s’échangeaient les produits des diverses contrées, que ses vaisseaux transportaient jusqu’aux limites du monde connu; 3,300 navires, montés par 40,000 matelots, suffisaient à peine à cette active navigation. L’industrie était également florissante ; elle fut longtemps sans rivale pour la fabrication des glaces. Mais la découverte de l’Amérique porta un coup fatal au commerce de Venise, en transportant dans les ports de l’Atlantique le centre du commerce européen ; celle d’une route vers les Indes par le 3. de l’Afrique ruina également ses relations avec le Levant. Occupée ' à se défendre contre les Turcs, qui s’étaient établis à Constantinople, dépouillée de ses possessions dans l’Archipel et la Morée , Venise dut laisser les Français s’emparer du Milanais, et les Espagnols du royaume de Naples. En 1508 , menacée par la ligue de Cambrai, battue à Aignadel, 1509, elle se sauva par des efforts héroïques , délia ses sujets du serment de fidélité, et attendit que la désunion la délivrât de ses ennemis. Du côté de l’Orient, elle abandonna successivement aux Turcs Chypre, 1570, Candie, 1669, la Morée, 1718. A la Venise guerrière succéda une Venise somptueuse, galante, ville d’intrigues et de plaisir. Elle ne vécut .plus dès lors que par la tolérance de ses puissants voisins, et ne fit que décliner, d’une pente douce et insensible, jusqu’au jour où 3,000 Français de l’armée de Bonaparte y entrèrent et mirent fin à la république de Si-Marc, 1797. Son territoire comprenait alors : le Dogado ou duché de Venise, le Padouan, le Véronais, le Vicentin, le Brescian, le Bergamasque, le Crémasque, la Marche Trévisane, le Frioul, l’Istrie, que le traité de Campo-Formio livra à l’Autriche; la Dalmatie , quelques places de l’Albanie , les îles Ioniennes, qui furent réunies à la France. En 1801, l’Angleterre s’appropria les îles Ioniennes. En 1805, par le traité de Presbourg, l’Autriche restitua les provinces qu’elle avait reçues , et qui , englobées dans le royaume d’Italie , formèrent les départements de l’Adriatique, de la Brenta, du Bacchiglione, de l’Adige, du Serio, de la Mella, du Tagliamento, de la Piave, et du Passeriano. Elles lui furent rendues en 1815, et firent partie du royaume Lombard Vénitien. Depuis cette époque, les superbes palais de Venise servirent de casernes aux soldats croates : un régime cruel pesa sur la ville ; les Italiens furent privés de toutes les fonctions, leurs rapports avec l’étranger entravés, la gendarmerie de Napoléon I” remplacée par des sbires sans uniforme; les avocats durent traiter les causes par écrit; Trieste fut favorisée au détriment de Venise; on alla jusqu’à supprimer le système métrique et les télégraphes, comme étant d’origine révolutionnaire. De 1830 à 1848, Daniel Manin travailla à réveiller les Vénitiens et à miner le gouvernement de l’Autriche; il habitua ses concitoyens à pétitionner, à faire partout de l’opposition, mais une opposition légale. j£mprisonné, il fut délivré par le peuple en 1848, proclama la république, et fit sortir de la ville le gouverneur Paffy avec la garnison autrichienne. Reprise en 1849, Venise fut cédée à l’Italie en 1866. — Venise revendique l’invention du papier, des écluses, des bastions; elle a vu sortir de ses presses le 1er livre imprimé en Italie, la 1™ Bible imprimée en hébreu, et les 1ers journaux, qui parurent au commencement du xvne siècle. Ce fut son plus célèbre imprimeur, Aide Manuee, qui introduisit l’usage du caractère typographique

dit italique, et l’un de ses peintres, celui de la peinture à l’huile. Elle a produit une des plus fameuses écoles de peinture de l’Italie. Par elle, la culture du millet et du mûrier a été importée d’Orient en Occident. V. Daru, Histoire de la république de Venise, Paris, 1 828, 8 vol. in-8°. F T.

VENISE (Lagunes de), système de bas-fonds et de lacs salés, sur la côte orientale de la Haute-Italie, au fond de l’Adriatique, s'étendant du S. -O. au N.-E., entre l’embouchure de la Brenta et celle de la Piave; 600 kil. carr.; 60 kil. sur 12 à 15. A marée haute, les lagunes sont envahies par la mer, et le sol des îles seul est à découvert; à marée basse, il n’y reste plus que les eaux des canaux et les lacs salés.

venise (Golfe de), golfe formé par la mer Adriatique sur la côte N.-E. de l’Italie, entre la côte d’Italie au N. de l’embouchure du Pô et la presqu’île de l’Istrie. Il reçoit le Pô, l’Adige, la Brenta, la Piave, la Livenza, le Tagliamento, et l’Isonzo. On a quelquefois étendu le nom de golfe de Venise à la mer Adriatique tout entière.

Venise (Gouvernement de), un des deux gouvernements de flanc, roy. Lombard- Vénitien, entre le Tyrol au N., le gouvt de Milan à AO., les États de l’Église au S., l’Adriatique au S. -E., et le Littoral au N.-E.; eh.-l. Venise; il était subdivisé en 8 déiég. : Venise, Padoue, Rovigo, Vérone, Vicence, Bellune, Trévise, Udine. L’autriehe ayant renoncé, par la paix de Zurich, 1859, à la Lombardie, le gvt de Venise demeura sa seule possession italienne, et forma un pays de la couronne, la Vénétie (V. ce mot), âvec l’adjonction de la partie de la délég. de Mantoue à PE. du Mincio.

VENIUS (Otto). V. VanVeen.

VENLOO ou VENLO, ville, jadis forte, du roy. de Hollande (Limbourg), petit port sur la rive dr. de la Meuse, à 22 kil. N.-E. de Ruremonde ; 6,650 hab. Industrie et commerce très-actifs : épingles, tabac, huiles, etc. Ane. ville hanséatique ; prise par Marlborough en 1708, et en 1830 par les Belges , auxquels les traités l’ont reprise.

VENNONS, Vennones, anc. peuple des Alpes Rhétiques, à l’E. du lac Larius et au N. de la Gaule Cisalpine.

VENOSA, ane. Venusia, v. du royaume d’Italie , province et à 37 kil. N. de Potenza; 7,651 hab. Evêché, avec une belle cathédrale. Robert Guiscard y a son tombeau.

VENRAY, brg du royaume de Hollande (Limbourg), à 31 kil. N. de Ruremonde; 4,500 hab. Fabr. de souliers.

VENT (Iles du). V. Antilles.

vent (Iles sous le). V. Antilles. j

VENTA BELGARUM, nom anc. de Winchester.

venta icenorum, nom anc. de norwicii ou caster.

VENTADOUR , vge (Corrèze), arr. et à 24 kil. de Tulle. Titre d’une anc. seigneurie du Limousin, érigée en duché-pairie en 1578.

VENTE, fl. Carbonari.

VENTENAT (Etienne-Pierre), botaniste, né à Limoges en 1757, m. en 1808, entra dans la congrégation des Génovéfains, en sortit en 1790, lorsqu’elle fut supprimée, et devint professeur de botanique, et bibliothécaire au Panthéon. On a de lui : Tableau du règne végétal , 1779, 4 vol. in-8°; le Jardin de la Malmaison, 1803-1805, 2 vol. in-fol., d’une admirable exécution; Choix de plantes, 1803-1808, in-fol.; üecas generum novorum, 1808, in-fol., etc. Ventenat occupe une place distinguée parmi les botanistes iconographes.

VENTIDIUS BASSTJS (P.), né à Aseulum, avait été fait esclave, dans la guerre Sociale, par Cn. Pompéius Strabon ; il servit en Gaule sous César, qui le nomma sénateur, tribun du peuple, et préteur, et fut un des lieutenants d’Antoine pendant la guerre de Pérouse, flan 712 de Rome, 41 av. J.-C. Chargé ensuite de la guerre contre les Parthes, il les défit en plusieurs rencontres, et assiégea Samosate. Jaloux de ces succès, Antoine lui enleva la conduite de ce siège, mais l’envoya toutefois triompher à Rome, en 37. O.

VENTIMIGLIA, v. du roy. d’Italie. V. Vintimille.

VENTOSE , 6e mois de l’annee républicaine française, commençait le 19 ou le 20 février. Son nom lui avait été donné à cause des vents qui soufflent à cette époque de l’année, sous le climat de Paris.

VENTOUX (Mont) , Ventosus mons, montagne de France (Vaucluse), dans un contre-fort des Alpes Cottiennes, au N.-E. de Carpentras, tire son nom des vents impétueux qui tourbillonnent à son sommet; 1,911 mèt. de hauteur.

VENTS (Les), divinités subalternes des Anciens. Les principaux Vents étaient : Aquilon , Africus, Auster, Borée, Cœcias, Caurus, Eurus, Favonius, lapyx, Notus, Zéphyre. Dans l 'Iliade, les Vents résident vers la Thrace; dans l'Odyssée, ils habitent les îles Eoliennes, et obéissent

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à Eole. On sacrifiait aux Vents funestes des agneaux ' noirs, aux autres des agneaux blancs. L’art les figure avec j des ailes à la tête et aux épaules. La représentation la plus remarquable des Vents est la tour octogone d’Andronicus Cyrrhestès, à Athènes : chacun des fronts de cette tour supporte un des Vents principaux, qui sont orientés d’après la région céleste d’où ils soufflent.

VENTURINI (Paolo), littérateur, né à Bologne en 1800, m. en 1850, étudia chez les Barnabites de sa ville natale et à Rome, entra à 17 ans dans l’ordre des clercs réguliers de la congrégation de Sl-Paul, enseigna quelque temps les belles- lettres à Naples, et revint occuper une chaire d’éloquence à Bologne. En 1847, Pie IX le nomma gouverneur de la province, puis membre de la censure. On a de Venturini : 14 Discours sur la religion , Bologne, 1846 et 1853, pleins d’une véritable éloquence; des Poè sies, Naples, 1854, que distinguent la pureté, la vivacité et la noblesse du style ; une traduction incomplète d'Horace, etc. M. V — i.

VÉNUS, déesse de la beauté, née de Jupiter et de Dioné, ou, selon d’autres fables, de l’écume de la mer, d’où son nom d 'Aphrodite et son surnom d’Anadyomènc. Jupiter la donna pour femme à Vulcain. Elle eut plusieurs enfants de différents dieux ou mortels : de Jupiter, les Grâces; de Mercure, Hermaphrodite ; de Bacchus, Priape et Hymen ; de Mars, Harmonie et l’Amour; de Butés, Eryx; d’Anchise, Enée, etc. Le berger Pâris lui donna sur le mont Ida le prix de la beauté. Aussi, dans V Iliade et Y Enéide, elle protège les Troyens : blessée par Diomède, elle inspire à la femme de ce prince des amours adultères. Elle punit cruellement ceux qui la méprisent : ainsi elle inspire de violentes passions aux Prœtides, à Pasiphaé, à Phèdre, etc. Le siège principal de son culte était à Chypre, dans les ! villes de Paphos, d’Amathonte, d’Idalie, et dans l’ile de Cythère. On l’adora dans toute la Grèce et à Rome. Ses fêtes s’appelaient Aphrodisies ou Adonies, en souvenir d’ Adonis qu’elle aima. Le myrte, la rose, les colombes, lui sont consacrés. Homère lui attribue une ceinture qui possédait lin charme irrésistible. Il reste beaucoup de statues antiques de Vénus, entre autres la Vénus dite de Médicis, qu’on croit être une copie de la Vénus de Cnide par Praxitèle, et la Vénus de Milo, découverte à Milo en 1820. Les anciens vantaient la Vénus Anadyomène de Cos, peinte par Apelle. P.

VENUSIA, auj. V enosa, anc. ville d’Apulie, en Daunie, sur les confins de la Lucanie, au S.-O. de Cannes. Patrie du pocte Horace.

VENUTI (Ridolfino), antiquaire, né à Cortone en 1705, m. en 1763, prit les ordres sacrés, vint à Rome, et fut nommé, par Benoît XIV, président de la commission des monuments antiques et garde du cabinet du Vatican. On a de lui : Collectanea anliquitalum r omanarum centum tabulis incisarum el notis illustralarum , Rome, 1736, in-fol.; Anliqua numismala maximi moduli ex museo Alex. card. Albani in Vaticanâ bibliolh. translata, 1739-44, 2 vol. in-fol.; Numismala romanorumpontifteum, 1744, in-4°; Accurala e succincla descrizione topografica delle antichità di Borna, 1763, 2 vol. in-4° ; 2e édit., 1803; Accurata descrizione topografica ed istorica di Borna moderna, 1766, 2 vol. in-4°, etc. Tous ces ouvrages sont estimés pour l'exactitude des recherches et la science que l’on y trouve.

VÊPRES (du latin vesper, soir), une des grandes heures canoniales faisant partie de l’office divin dans l’Eglise catholique. On les disait autrefois vers le coucher du soleil. Aujourd’hui, les Vêpres se disent l’après-midi, ordinairement vers trois heures. Elles se composent de 5 psaumes, d’un capitule, d’une hymne ou d’une prose, du Magnificat, et de plusieurs antiennes et oraisons. Comme l’Eglise emprunta au judaïsme la coutume de commencer le jour par le soir, nos fêtes commencent la veille par les premières vêpres. Les vêpres ont été instituées, dit-on , pour honorer la mémoire de la sépulture de J.-C., ou de la descente de croix.

vêpres SICILIENNES , nom sous lequel on désigne un massacre général des Français en Sicile, sous le règne de Charles d’Anjou. Suivant quelques historiens, ce massacre aurait été prémédité par Jean de Procida et ses amis, l’heure choisie à l’avance, et le signal, le 1er coup de cloche qui sonna les Vêpres, le 30 mars 1282. L’opinion contraire est {dus vraisemblable : les Siciliens , mécontents de la domination française, et excités par Procida, ministre habile du roi d’Aragon, n’attendaient plus que l’occasion de se soulever, quand , le lundi de Pâques, au moment où les habitants de Palcrme se rendaient en foule à l’église de Montréal, à l’heure des Vêpres, un Provençal , nommé Drouet, insulta une femme ; tout le peuple

s’ameuta, égorgea les Français, surpris sans défense, et bientôt les autres villes suivirent l’exemple de Palerme. On estime le nombre des victimes à 8,000. La Sicile, séparée du royaume de Naples, se donna à Pierre III d’Aragon. La dénomination de Vêpres Siciliennes, ignorée des contemporains, fut mise à la mode par un roman historique italien , que publia au xvie siècle un certain Muüoz. C. Delavigne a écrit une tragédie des Vêpres Siciliennes. G.

VER SACRUM. V. Printemps sacré.

VERA (Pedro de), officier espagnol, né vers 1440 à Xérès de la Frontera, d’une illustre famille d’Andalousie, fut envoyé par Ferdinand le Catholique et Isabelle à la Grande- Canarie avec le titre de capitaine-général en 1480, termina en cinq années la conquête de toutes les Canaries, y assura la domination espagnole en déportant les Guanches (habitants indigènes), et en les remplaçant par des colons venus d’Europe, et naturalisa dans l’archipel la canne à sucre. Ses violences l’ayant fait rappeler, 1488, il se signala dans la guerre contre Grenade, 1492, et mourut quelque temps après.

vera, v. d’Espagne ( Grenade), »prov. et à 60 ldlom. N.-E. d’ Alméria ; port sur la Cueva, près de la Méditerranée. Pop. de la commune : 10,000 hab.

vera, v. de Médie. V. piiraata.

VÉRAC, vge (Gironde), arr. et à 18 ldi. N.-N.-O. de Libourne : 633 hab. Ruines d’un vieux château , et , à Mong'ie, près de là , restes d’une anc. église qui appartenait aux dames de Fontevrault. On a ti'ouvé au château antique de Pomiers des médailles d’Antonin.

VÈRACINI (François-Marie), habile violoniste, né à Florence vers 1685, m. à Pise en 1750, fit- la plus vive sensation à Londres et en Allemagne. On a gravé de lui deux recueils de 12 sonates.

VERA-CRUZ , v. du Mexique, ch.-l. du dép. de son nom, par 19° 12’ lat. N., et 96° 9’ long. O.; sur le golfe du Mexique, à 372 ldi. E. de Mexico; évêché catholique;

16.000 hab. Ville bien bâtie, bien percée, mais sur une plage aride, et près de marécages qui la rendent malsaine. C’est une simple échelle, où l’on dépose les chargements destinés à l’intérieur, et surtout à Mexico. Aux environs de la ville sont des collines de sables assez élevées pour intercepter la circulation de l’air du coté de la terre. Chaleurs excessives de mai à septembre. Le seul courant d’eau est un ruisseau bourbeux, nommé Tenoya, près et au S.-E. de la ville. La fièvre jaune est fréquente. Les navires, menacés par les vents du N. , n ont pour abri qu’un îlot à fleur d’eau, où se trouve construit le fort de Sl-Jean-d’Ulloa, pris par l’amiral français Baudin en 1838. Les bâtiments de guerre trouvent un bon mouillage à l’He de Sacvificios, voisine du port de la Vera-Cruz, dont l’entrée leur est interdite. Depuis 1865, la ville est ch.-l. d’une préfecture maritime ; elle fait partie , avec le département , de la division militaire de Puebla. Exportation importante d’or et d’argent, vanille, peaux de bœufs, tabac, etc. — C’est à l’emplacement de Vera-Cruz que Fernand-Cortez aborda, le vendredi-saint, en 1519 , pour tenter la conquête du Mexique. En 1823, les insurgés mexicains enlevèrent la ville aux Espagnols. La révolution dirigée par le général Santa-Anna y éclata en 1333. Les troupes des Etats-Unis prirent la ville en 1847 , les Français, en 1862.

Vera-Cruz (Dép. de), un des dép. de laKepnbl. du Mexique, entre ceux de Tnlancingo et de Puebla à l’O., A’Oaxaca au S., Chiapas, Tabasco et le golfe du Mexique à l’E., ceux de Tamaulipas et San-Luis au N.; 66,751 ldi. carr.’; 349,125 hab. Sol très-fertile, mais peu cultivé.

VÉRAGRES, Veragri, peuple de la Gaule; capit., Octodiir us. Son territoire forme auj. la partie centrale du Valais.

VERAGUA, anc. département de la Colombie, 1 un des 5 qui ont formé la république de la Nouvelle-Grenade, où il est divisé en 2 provinces, Panama et Veragua, était borne au N. par la mer des Antilles, à l’l£. par la province de l’Isthme, au S. par le Grand Océan, et àl’O. par le Guatémula; ch.-l., Santiago de Veragua.

veragua, prov. de l’État de Panama, dans la ^ouvelle-Grenade, au S.-O. de celle de Panama; 30,000 hab. Ch.-l., Santiago de Veragua. V. Santiago.

VERANZIO (Antoine). V. Wranczv.

VERA-PAZ (San-Domingo de la) ou COBAN, vme de la république de Guatemala, ch.-l. d’un département de même nom, à 230 kil. N.-N.-E. de Guatémala-la-Nueva ;

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