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VERAZZANI (Jean), navigateur florentin , ne vers la
fin du xve siècle, d’une famille noble, fut chargé, en 1524, par François 1er d’explorer l’Amérique septentrionale, et visita les côtes de ce continent depuis 30° lat. N. jusqu à
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Terre-Neuve, dont il prit possession au nom de la France. La relation de son voyage, très-curieuse pour l’époque, se trouve dans la collection de Ilamusio et dans l 'histoire générale des voyages.
VERBANUS lacus, nom anc. du lac Majeur.
VERBASZ ou VERBITZA, anc. Urpanus, riv. de la Turquie d’Europe (Bosnie), sort du mont Vranja, coule au N., sur 204 kil., par Banialouka, et tombe dans la Save, rive dr., près de G radiska ; cours de 200 kil.
VERBERIE, Verberiacum, Vermeria , vge (Oise), arr. et à 16 kil. N.-O. de Senlis, sur la rive g. de l’Oise; 1,287 hab. Il possédait un château royal, où mourut Charles-Martel, et dont il ne reste plus aucun vestige. II s’y tint des conciles en 752, 853, 865 et 869. Antiquités druidiques, dites pierres de Rlwis. '
VERBIESLES, vge ( Haute-Marne), arr. et à 7 kil. S. de Chaumont; 234 hab. Ruines de l’abbaye du Val-des- Ecoliers ( V. ce mol).
VERBIEST (Ferdinand), missionnaire jésuite, né vers 1630 à Bruges, m. en 1688, fut envoyé en Chine en 1659, se livra à la prédication, puis, appelé à Péking, gagna la confiance de l’empereur Kang-Hi, lui donna des leçons de mathématiques, fut chargé de réparer le désordre du calendrier chinois, et dirigea la fabrication de l’artillerie. On a de lui : Liber organicus astronomiœ Europce apud Sinas resülutæ , 1668, petit iu-fol., et divers ouvrages en langue chinoise, manuscrits à la Bibliothèque impériale de Paris.
VERBIGÈNES, peuple de l’Helvétie, le même que les Urbigènes ( V. ce mot).
VERBONNAIS (Le), Verbonensis pagus , petit pays de l’anc. France (Lorraine), près de Nancy.
VERCE1L, anc. Vercellæ, en italien Vercelli, ville forte du royaume d’Italie, ch.-l. de l’arr. de son nom, prov. de Novare, sur la Sésia, à 79 kil. N.-E. de Turin; 21,038 hab. Archevêché. Belle cathédrale. Ecole de médecine et de chirurgie, collège royal, bibliothèque. Comm. de riz, blé, chanvre, lin, soie, vins, ébénisterie. — Sous les Romains, Marins et Catulus y défirent les Cimbres, l’an 101 av. J.-C. Indépendante au moyen âge, Verceil passa, au xve siècle, sous la domination des ducs de Milan, puis de la maison de Savoie, et fut prise et démantelée en 1704 par les Français, auxquels les alliés la reprirent en 1706. Réunie à la France en 1796, elle devint le ch.-l. du département de la Sésia jusqu’en 1814. — L’arrond. de Verceil, à l’O. de celui de Novare, a 1,247 kil. carrés, et 131,100 hab. Ou y fabrique beaucoup de fer.
VERCEL, ch.-l. de canton (Doubs), arr. et à 21 kil. S. de Baume-les-Dames ; 1,020 hab.
VERCELLÆ, v. de la Gaule Cisalpine, dans la Transpadane, chez les Libiques; auj. Verceil.
V ERCIiSGÈlORIX, chef gaulois, de la Tribu des Arve i nés, était fils de Celtill, brûlé devant Gergovie pour avoir voulu s’emparer du pouvoir à main armée ; il hérita de l’immense clientèle de son père, prit l’autorité absolue repoussa les offres de César, organisa la défense contré lui, et le battit à Gergovie, mais succomba dans Alesia, après une résistance héroïque, 52 av. J.-C. Il pouvait fuir: il vint seul au camp romain, jeta ses armes aux pieds du vainqueur, et muet, immobile, offrit ainsi sa vie pour l’apaiser. César fut impitoyable; il envoya à Rome Vercingétorix enchaîné, et, après 6 ans de captivité, le montra dans son triomphe, et le fit ensuite étrangler dans le Tullianum. (V. ce mol.) Vercingétorix était un homme d’une grande énergie et d’une haute capacité; il ne fallut pas moins que le génie de César pour le vaincre.
VERCORS (Le), Vertacnmicorus pagus, petit pays del’ano. France (Bas-Dauphiné), aujourd’hui compris dans Larrondissemeut de Die (Drôme).
verde (sierra-), chaîne de montagnes dans le N. d Mexique, continuation des montagnes Rocheuses, fa: partie de l'arête qui sépare, dans l’Amérique du N., 1 versant de l’ Atlantique de celui de l’océan Pacifique.
VERDUN, Ferda, Tuliphurdum , v. de Prusse (provins de Hanovre), ch.-l. d un ancien duché de son nom, su ‘4*1®1'- * 30 kil. S.-O. de Stade, 31 S.-E. de Brême o,o00 hab. Gymnase, grenier public de réserve, entrepê royal de fers. Cathédrale du xme siècle. Eu 782, Char lemagne fit massacrer en ce lieu 4,500 Saxons révoltés.
V RlvDETS, nom de volontaires royalistes, qui, après 1 9 thermidor, s’organisèrent dans le midi de la France, e se livrèrent à des actes sanglants de réaction, contre’le hommes de la Terreur d’abord, et ensuite contre les ami ü une liberté sage. Ils prirent leurs noms d’un ruban ver qu ils portaient au bras. Depuis longtemps ils avaient dis 5.' [orsqu°n les revit, en 1815, aussi ardents, auss fanatiques qu apres thermidor.
] VERDIER, officier établi jadis pour commander aux ; gardes d’une forêt éloignée des maîtrises. On. nommait Verderie l’étendue de bois soumise à sa juridiction, et cette juridiction elle-même.
VERDONou VARDON, riv. de France, naît au S. de Barcelonnette, dans une ramification des Alpes, coule au S., puis à l’O., passe à Colmars et à Castellane, sépare les départements des Basses-Alpes et du Var, et se jette dans la Durance; cours de 150 kil.
VERDUN, anc. Verodunum, s.-préf. (Meuse), à 47 kil. N.-N.-E. de Bar-le-Duc, sur la Meuse; 9,949 hab. Ville forte, place de guerre de 2e classe. Citadelle bâtie par Vauban. Evêché suffragant de Besançon. Direction du génie. Inspection forestière. Tribunaux de lre instance et de commerce, collège, biblio thèque, musée de tableaux et d’antiquités. Fabr. de dragées, anis, confitures et liqueurs renommées. On remarque le palais épiscopal, les promenades, et une anc. abbaye de Bénédictins, dite de St- Vannes. — Ville très-ancienne, et déjà considérable sous les Romains, Verdun fut conquise par Clovis en 502; en 843, y fut conclu le traité qui régla la succession de Louis le Débonnaire. Ville impériale depuis Othon le Grand, elle fut gouvernée, avec le pays environnant (Verdunois), d’abord par ses comtes, puis par ses évêques, mais en obtint de grandes libertés communales; le roi Henri II la conquit, avec Toul et Metz, en 1552. Le traité de Munster, 1648, en assura la possession à la France. En 1792, elle fut prise par les l’russiens après une courte résistance ; un parti dans la ville était favorable à l’invasion : des femmes et des jeunes filles vinrent apporter au commandant prussien des corbeilles de dragées. Les Prussiens ayant évacué la place après leur défaite de Valmy, ces femmes furent conduites à Paris,. et pc-rirent sur l’échafaud, 1794. Verdun est la patrie de Chevert, à qui l’on a élevé une statue en bronze sur la place Sainte- Croix, en 1855, et du grammairien Beauzcc.
Verdun (Gouvernement de), un des 8 petits gouvernements de l’anc. France, compris ensuite dans le grandgouvernement de Metz-et- Verdun , se composait do la ville et comté de Verdun, et de l’évêché de Verdun.
verdun (Traité de), traité de partage de l’Empire carlovingien entre les 3 fils de Louis le Débonnaire, en 843. Tout ce qui se trouvait à l’O. de la Meuse, de la Saône et du Rhône, forma le royaume de France pour Charles le Chauve; la Germanie tout entière jusqu’au Rhin échut à Louis le Germanique; Lothaire eut l’Italie, et toute la partie de la Gaule comprise entre la Meuse, la Saône et le Rhône à l’O., le Rhin et les Alpes à l’E.
verdun-sur-doubs, ch.-l. de cant. (Saône et-Loire), arr. et à 22 kil. N.-E. de Châlon-sur-Saône, près du confluent du Doubs et de la Saône; 1,838 hab. Fabr. de tuiles et de poterie. Anc. baronnie du duché de Bourgogne, érigée en comté en 1593 par Henri IV.
verdun-sur-garonne, ch.-l. de canton (Tarn-et-Garonne), arr. et à 32 kil. S.-E. de Castel - Sarrazin ;
l, 710 hab.
VERDUNOIS, nom donné au gouvernement de Verdun ( V. ce mot ), et au petit pays de la Gascogne dont Verdunsur-Garonne était le chef-lieu.
VEREIA , ville de la Russie d’Europe, gvt et à 117 kil. O.- S.- O. de Moscou, sur la Protva ; 6,000 hab.
VERFEIL, ch.-l. de cant. ( Hle-Garo;ine), arr. et à 28 kil. E.-N.-E. de Toulouse; 757 hab.
VERGARA (Joseph), peintre, né à Valence en 1726, m. en 1799, fut le dernier membre célèbre d'une famille d’artistes, qu’avaient illustrée au xvie siècle Nicolas Vergara le Vieux et Nicolas Vergara le Jeune. Evariste Mugnoz lui enseigna les cléments de son art ; mais il se forma surtout d’après les tableaux de l’Espagnolet. En 1752, il établit à Valence une école publique de dessin. Il a laissé beaucoup de portraits et de tableaux d’histoire : on cite particulièrement Mentor et Télémaque, et la Conception de la Vierge. Il dessinait bien, coloriait habilement, avait fait une longue étude de l’anatomie, mais ne possédait point le sentiment idéal. A. M.
vergara , v. d’Espagne. V. bêrgara.
VERGENNES (Charles Gravier, comte de), né à Dijon en 1717, d’un président au Parlement de cette ville,
m. en 1787, entra de bonne heure dans la carrière diplomatique, fut ministre de France auprès de l’électeur de Trêves en 1750, déploya une grande habileté au congrès de Hanovre et à Manheim, 1753, reçut en récompense l’ambassade de Constantinople, 1755, déjoua dans ce poste lesintrigues de l’Angleterre etde la Prusse contre laF’ rance, mais résista aux injonctions de son propre gouvernement, qui poussait la Russie contre les Turcs. Rappelé en 1768,
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il ne rentra en faveur qu’après la chute du ministre Choiseul. Envoyé en ambassade à Stockholm, 1771, il eut une grande part à la révolution opérée par Gustave III. Louis XVI lui ayant confié le ministère des affaires étrangères, 1774, il assura à la France, par le traité de Soleure, 1777, l'alliance de tous les cantons Suisses, conclut en 1778 une autre alliance avec les Etats-Unis contre l’Angleterre, concourut à la paix de Teschen en 1779 et au traité de Versailles en 1783, fut alors chef du conseil royal des finances, se déclara contre le système prohibitif qui pesait sur le commerce, et réussit à faire adopter ses idées dans un traité avec l’Angleterre en 1786. 11 y a quelques écrits de Vergennes dans l’ouvrage intitulé : Politique de tous les cabinets de l’Europe. Ce fut un négociateur habile; mais, comme ministre, il manqua des qualités supérieures qu’exige la direction des affaires. B.
t VERGERIO (Pierre-Paul), littérateur italien, né àCapod’Istria en 1349, m. en 1428, professeur àPadoue, a laissé une Histoire des princes de Carrare, en latin, insérée dans le recueil de Muratori ; un traité de Ingenuis moribus, Milan, 1744; une comédie morale, Paulus ; une Vie de Pétrarque ; une traduction d ’Arrien, et quelques poésies. Son style historique est élégant.
VERGIER (Jacques), poëte, né à Lyon en 1657, m. en 1720, fut destiné à l’état ecclésiastique, l’abandonna pour entrer dans l’administration de la marine, devint commissaire ordonnateur à Dunkerque, se démit de sa charge en 1714, et vint se fixer à Paris, où il fut assassiné. Ses OEuvres, dont la meilleure édition est celle de Lausanne, 1750, 2 vol. in-12, contiennent des chansons, contes, odes, sonnets, madrigaux, épigrammes, fables, épitres, parodies, etc. Il a de la facilité ; mais une grande médiocrité de style fait qu’on ne le lit plus guère.
VERGILIA, v. d’Hispanie (Bétique), chez les Bastitans; auj. Murcie.
VERGILIO (Polydore). V. Virgile.
VERGNIAUD (Pierre- Victorin), célèbre orateur et l’un des chefs des Girondins, né à Limoges en 1759, d’un avocat distingué, m. en 1793, commença ses études au collège de sa ville natale, et fixa l’attention de Turgot, alors intendant de la province, qui lui procura une bourse au collège du Plessis, à Paris. 11 s’était fait une grande réputation au barreau de Bordeaux, lorsqu’il fut nommé administrateur du département de la Gironde en 1789, puis député de ce département à l’Assemblée législative, 1791, où il se montra, dès les premières séances, ennemi de la monarchie. Porté à la présidence de cette Assemblée, il eut part au décret qui prononçait la peine de mort contre les émigrés, et, quand les Girondins crurent utile à leurs projets d’engager la France dans une guerre européenne, appuya la déclaration de guerre à l’Autriche et à la Prusse. Lorsqu’on voulut porter un coup décisif à l’autorité de Louis XVI, il vota le licenciement de la garde constitutionnelle du roi, et la formation d’un camp de 20,000 hommes sous Paris, puis favorisa l’insurrection populaire du 20 juin 1792, et, en soulevant dans un de ses discours la question de la déchéance de Louis XVI, avança le triomphe du parti de la Montagne, qu’il lui fut impossible de contenir après la journée du 10 août. Réélu à la Convention, il fut membre du comité de constitution, continua de lutter contre l’entraînement démagogique, surtout contre Robespierre et Marat, et poursuivit avec la plus grande énergie les septembriseurs. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la mort, et comme il présidait l’Assemblée ce jour-là, ce fut lui qui prononça la sentence. Un mois auparavant, dans un discours énergique, qui est demeuré son chef-d’œuvre, il avait demandé qu’en cas de condamnation, le roi pût en appeler au peuple, et le jour de la condamnation, il vota contre le sursis à l’exécution. Après le supplice de Louis XVI, il combattit l’institution du tribunal révolutionnaire, fut dénoncé par Robespierre comme fédéraliste et ennemi de la République , et succomba avec les autres Girondins au 31 mai et au 2 juin 1793. Après avoir montré beaucoup de dignité dans sa défense, il monta sur l’échafaud, le 31 octobre, à l’âge de 35 ans. Vergniaud fut animé d’un grand patriotisme, mais sembla n’avoir que des convictions flottantes : dépourvu des connaissances du publiciste, et des vues de l’homme d’Etat, on a dit de lui qu’il fit de l’opposition avec les doctrines républicaines, et du gouvernement avec les doctrines monarchiques. Sa parole était tantôt grave, tantôt impétueuse, toujours élégante, fleurie, pleine d’images : c’est lui qui, dans un de ses discours, a comparé la Révolution à <• Saturne dévorant successivement tous ses enfants. » Parfois, suivant une expression du temps, la foudre de Mirabeau se ralluma dans se3
mains ; mais il eut plus souvent des moments de faiblesse et d’indolence. Ses principaux discours se trouvent dans le Choix de rapports, opinions et discours, publié par Lallement, Paris. 1318-25, 24 vol. in-8». B.
VEUGOBRET, nom du magistrat suprême élu chaque année par les Druides chez les Eduens et quelques autres peuples de la Gaule. Seul il pouvait prononcer la peine capitale. Durant ses fonctions, il ne pouvait sortir de la cité. Dans les solennités publiques, il se poudrait la barbe avec de la limaille d’or.
VERGT, ch.-l. de canton (Dordogne). V. Jean-de- Vergt (Saint-).
VERGUNNI, peuple Gaulois, occupait une partie du départ, actuel des Basses -Alpes , où est aujourd’hui le vge de Vergon.
VERGY, famille noble de Bourgogne, dont les membres les plus illustres furent : Gabrielle de Vergy, dame de Fayel, et amante de Raoul de Coucy (V. ce mot)-, — Antoine de Vergy, comte de Da-mmartin, partisan des Bourguignons pendant les troubles du règne de Charles VI, créé maréchal de France par Henri V d’Angleterre, et m. en 1439; — Antoine de Vergy, né en 1488, archevêque de Besançon en 1517, m. en 1541.
VERHUELL, marin hollandais, né en 1764 à Dœtichem Gueldre), m. en 1845, était vice-amiral, quand on le chargea, en 1803, d’une mission auprès du premier consul Bonaparte. Il concerta avec lui le projet de descente en Angleterre, et amena de Flessingue à Ambleteuse l’escadre hollandaise qui devait participer à cette expédition. Nommé ministre de la marine des Pays-Bas, il aida à l’élévation de Louis Bonaparte sur le trône de Hollande, reçut de lui le titre de maréchal de Hollande, devint, après la réunion de ce pays à l’Empire français, président de la junte administrative, se fit naturaliser en France sous la Restauration, et entra à la Chambre des pairs en 1829. Il fut un des fondateurs de la Société protestante des missions.
VERIA ou KARAVERIA, anc. Beræa, v. de la Turquie d’Europe, eyalet et à 60 kil. S.- O. de Salonique, au confl. du Véria-sou et de l’Indjé-Karasou ; 8,000 hab. Fabr. de tissus de coton, teintureries.
VÉRINE, impératrice d’Orient, 459-485. Femme de Léon 1er et belle-mère de Zénon l’isaurien, elle se servit de tous les moyens pour conserver le pouvoir. En 475, elle chassa Zénon l’Isaurien de Constantinople , pour mettre à sa place son frère Basilisque, oncle de Zénon. Mécontente de ce dernier, elle rappela Zénon ; puis elle suscita contre lui son gendre Marcien, qui tenta d’enlever Zénon par un coup de main, 479. Enfin Zénon, fatigué de ses intrigues, la renferma en Cilicie. Elle trouva encore moyen de soutenir l’usurpateur Léonce, 484; mais celuici ne lui rendit pas la liberté ; elle mourut peu de temps après. S.
VERISA . V. Berisa.
VERJUS (Louis de), comte de Crécy, habile négociateur, né à Paris en 1629, d’un conseiller au parlement, m. en 1709, remplit d'abord une mission en Portugal, fut ensuite envoyé en Allemagne, 1669, pour traiter avec les princes opposés à la maison d’Autriche, figura comme plénipotentiaire à la diète de Ratisbonne en 1679, et prit part au traité de Ryswick en 1697. Il cultivait les lettres, et entra à l’Académie française en 1679. On a de lui : Réfutation d’un libelle, adressé à M. le prince d’Osnabrück, Paris, 1674; c’est une réponse au livre de Lisola, ambassadeur d’Autriche, avec lequel il avait eu de vifs démêlés, intitulé : la Sauce au verjus. V. son Eloge par Dalembert.
VERKHOTOURIÉ, v. de Russie, gvt et au N.-E. de Perm, surlaToura; 3,000 hab. Forges; mines de cuivre et d’or.
VERKOLIE ( Jean), peintre, né en 1650 à Amsterdam, où son père était serrurier, m. en 1693, apprit son art sans maître, et reçut seulement pendant 6 mois les leçons de Jean Lievens. Il s’essaya aussi avec succès dans la gravure à la manière noire. En 1672, s’étant marié à Delft, il choisit cette ville pour séjour. Il a fait un grand nombre de portraits, de morceaux d’histoire, et de scènes domestiques; sa manière est pleine de charme, et sa couleur harmonieuse. Son fils Nicolas, né à Delft en 1673, m. en 1746, a marché dignement sur ses traces, comme peintre et comme graveur. Le Louvre possède un tableau de chacun d’eux. A. M.
VF.RMAND, ch.-l. de cant. (Aisne), arr. et à 12 kil. N.- O. de S*-Quentin; 929 hab. Quelques auteurs ont voulu y voir l’antique Augusta Veromanduorum, qui est plus probablement à Sl-Quentin.
VERMANDOIS, Veromanduorum ager , petit pays de l’anc. France (Picardie), au N.-O. de la Thiéraclie; ch.-L
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S*-Quentin; y. principales : Vermand (qui a donné son nom au pays), Ham, Sl-Simon, le Câtelet. Le Vermandois, habité primitivement par les Véromanduens, fut érigé en comté par Charlemagne en faveur de son 2e fils, Pépin, roi d’Italie, dont la postérité le conserva jusqu’au milieu du xie siècle. Il fut donné alors à Hugues de France, époux d’Adèle, fille d’Herbert IY. Elisabeth, petite-fille de Hugues, le porta en dot à Philippe d’Alsace, comte de Flandre, 1156. Philippe-Auguste s’en empara en 1185, et le réunit au domaine royal en 1215. Il est auj. partagé entre les départements de l’Aisne et de la Somme.
vermandois (Herbertler, comte de), 4e descendant de Pépin (2e fils de Charlemagne), roi d’Italie, embrassa le parti de Eudes contre Charles le Simple, et fut assassiné en 923 par Baudouin le Chauve, comte de Flandre.
vermandois (Herbert II, comte de), fils du précédent, attira Charles le Simple à Péronne et l’y retint prisonnier jusqu’à sa mort, se déclara ensuite contre le roi Raoul et le comte Hugues le Grand, qui avaient privé du trône Louis d’Outre-mer , perdit Laon et la plus grande partie de ses Etats, et mourut en 943.
vermandois ( Raoul, comte de), dit le Vaillant, petitfils du roi Henri Ier, était fils de Hugues de France et d’Adèle, fille du comte Herbert IV. Né vers 1094, m. en 1152, il aida Louis le Gros à abaisser la puissance de ses vassaux rebelles, prit d’assaut le château du Puiset en 1112, fut nommé grand -sénéchal en 1131, mérita l’estime de Suger, divorça avec la sœur du comte de Blois pour épouser Alix ou Adélaïde, sœur d’Eléonore de Guyenne, commanda les troupes que Louis VII le Jeune laissa en France pendant la 2e croisade, et dépouilla sa propre sœur du comté d’Amiens.
vermandois (Hugues de), fils du précédent, né en 1127, m. en 1212, fut élevé par St Bernard, se fit moine, et fonda, avec S* Jean de Matha, l’ordre des Mathurins. Il a été canonisé sous le nom de Si Félix de Valois. Fête, le 20 novembre.
yermandois (Louis de bourbon, comte de), fils naturel de Louis XIV et de M11® de La Vallière, né en 1667, légitimé en 1669, et nommé, la même année, amiral de France, m. en 1683, est un des personnages qu’on a voulu faire passer pour le Masque de fer (F. ce mot ).
VERMEILLE (Mer). V. Californie (Golfe de).
VERMEJO (RIO-), riv. de l’Amérique du S., naît en Bolivie, qu’elle sépare de la confédération de la Plata, et 6e jette dans le Paraguay, au-dessus de son confluent avec le Parana ; cours sinueux, d’environ 1 ,000 kil.
VERMENTON, eh.-l. de cant. (Yonne), arr. et à 22 kil. S.-E. d’Auxerre, sur la Cure, près de son confluent avec l’Yonne; 2,136 hab. Eglise gothique, avec portail remarquable. Aux environs se trouvent les célèbres grottes d’Jrcy. Bons vins rouges; comm. de bois.
VERMERIA, nom latin de Verberie.
VERMIGLI (Pierre). V. Martyr (Pierre).
YERM01S (Le), Vermensis pagus , petit pays de l’anc. France (Lorraine), compris auj. dans l’arr. de Toul.
VERMOND (l’abbé Mathieu-Jacques de), docteur en Sorbonne et bibliothécaire du collège Mazarin, se lia avec Loménie de Brienne, qui le fit envoyer à Vienne, en 1769, comme professeur de français auprès de l’archiduchesse Marie-Antoinette, fiancée à Louis XVI. Il gagna la confiance de cette princesse, resta auprès d’elle après son mariage, devint son confident, prit un grand ascendant sur son esprit, et, comme il avait peu de tact, encouragea son aversion naturelle pour l’étiquette rigoureuse de la cour de Versailles, applaudit à ses railleries, la poussa à prendre part aux affaires publiques, et lui créa ainsi une foule d’hostilités. Dans l’affaire du collier ( V. ce mot), ce fut lui qui poussa Marie -Antoinette à donner un éclat imprudent à sa vengeance contre le cardinal de Rohan ; ses intrigues firent arriver Loménie de Brienne à la présidence du conseil. Objet de la haine publique, il dut,’ au commencement de la Révolution, quitter la cour, se retira à Valenciennes, puis à Coblentz, et à Vienne, où il mourut.
VERMONT, un des Etats-Unis de l’Amérique du N., borné au N. par le Canada, à l’E. par la chaîne des Mon tagnes Vertes, qui lui ont valu son nom et qui le séparent du New-Hampshire, au S. par le Massachusetts, à l’O. par l’Etat de New-York; entre 42° 44’-45® lat. N., 73° 15' long. O. ; 20,642 kil. carrés; 195 kil. sur
100; 315,116 hab. Capit., Montpellier. Il est divisé en 14 comtés. Climat froid, air salubre. Sol arrosé par l’Ouion, qui se jette dans le lac Champlain ; fertile en céréales. Beaux pâturages, où l’on élève un nombreux bétail. Mines de fer, de plomb, et de cuivre. — Les premiers établissements furent formés dans ce pays par des colons du
Massachusetts. Placé entre New-Hampshire et New-York, il fut longtemps disputé par eux, et ne forma un territoire indépendant qu’en 1777. De cette époque date sa première Constitution, remplacée en 179.3 par celle qui le régit actuellement. Il fut admis dans l’Union en 1791, et envoie 3 députés au Congrès. Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur, un lieutenant-gouverneur et 12 conseillers, élus pour un an par le peuple ; et le pouvoir législatif, à un Sénat de 30 membres et une Chambre de 239 représentants, également élus pour un an. Tout citoyen âgé de 21 ans. et résidant depuis une année dans l’Etat, est électeur. Son nom vient du français Mont- Vert.
VERNANTES, vge (Maine et-Loire), arr. et à 24 kil. S.-E. de Baugé; 536 hab. Belles ruines de l’abbaye cistercienne du Louroux, fondée en 1121 par Foulques V, comte d’Anjou.
VERNES (Jacob), pasteur de Genève, né dans cette ville en 1728, m. en 1791, fut d’abord lié avec J. -J. Rousseau, puis se rangea parmi ses adversaires après la publication de V Emile. Exilé en 1782 pour s’être opposé à toute modification de la Constitution genevoise, il ne rentra dans sa patrie qu’en 1789. On a de lui : Choix littéraire, 1755-60, recueil périodique de prose et de vers ; Confidence philosophique, 1771, in-8°, livre dans lequel, malgré ses liaisons avec Voltaire, il combat vivement les philosophes, en mettant en action leurs propres maximes ; Lettres sur le christianisme de J. -J. Rousseau, 1763, in-8°; Dialogues sur le christianisme de J. -J. Rousseau, 1763, in-8°, Réponses à quelques Lettres de J.-J. Rousseau, 1763 ; Sermons , 1792, 2 vol. in-8°.
VERNET (Jacques), professeur de théologie à Genève, né dans cette ville enl698, m. en 1789, voyagea enFrance, en Italie, en Allemagne et en Angleterre, et se lia avec Montesquieu, J.-J. Rousseau, et Voltaire. Il eut plus tard de vifs démêlés avec ce dernier, dont il avait relevé les erreurs, et qui l’attaqua en énonçant des faits controuvés. On a de lui : Traité de la vérité de la religion chrétienne, Genève, 1730-88, 10 vol. in-8°, ouvrage savant, qui fut l’œuvre de toute sa vie; Dialogues socratiques, ou Entretiens sur divers sujets de morale, Paris, 1745 et 1755; Instruction chrétienne , Neuchâtel , 1752, 4 vol. in-8°, espèce de cours de théologie biblique mis à la portée de tout le monde, etc.
vernet (Claude- Joseph), peintre célèbre, né à Avignon en 1714, d’un peintre assez habile, m. en 1789, alla par mer en Italie à l’âge de 18 ans pour se perfectionner dans son art, et ce voyage maritime détermina la direction de son talent. Il se maria à Rome, fut reçu membre de l’Académie de Sl-Luc en 1743, et ne revint en France qu'après une absence de 22 ans, rappelé par Louis XV, qui le chargeait de peindre les principaux ports de mer du royaume. Ce fut dans la traversée qu’il fit alors que, pour tracer l’esquisse d’une tempête, il voulut être attaché au mât du navire; scène que son petit-fils, M. Horace Vernet, a retracée dans un tableau. A son arrivée à Paris, il entra à l’Académie de peinture. Près de dix années furent employées par lui à peindre 15 ports français. La plupart des marines de Vernet sont au musée du Louvre. Son chefd’œuvre est le Soir ou la Tempête, gravé par Balechou. Vernet était fort laborieux, et, pendant les 37 dernières années de sa vie, il exécuta plus de 200 tableaux. On trouve en lui deux manières : la lre, qu’il se forma au commencement de son séjour à Rome, se rapproche de celle de Salvator Rosa, dont elle a la vigueur et la fierté ; la 2®, qu’il adopta quelque temps avant son retour en France, se distingue par une science plus profonde et plus sage, par des teintes plus variées, et par une facilité merveilleuse. Vernet allia un style pittoresque à la plus rigoureuse exactitude ; ii sut se garder de l’afféterie et du mauvais goût qui avaient envahi la peinture contemporaine. B.
vernet (Antoine-Charles-Horace, dit Carie), fils du précédent, né à Bordeaux en 1758, m. en 1836, obtint le grand prix en 1782, alla à Rome, fut admis à l’Académie de peinture en 1788 sur un tableau du Triomphe de Paul- Emile, et, bien qu’il eût admirablement réussi à peindre les chevaux, les chiens et les chasses, se livra au genre des batailles. Il a peint celles de Rivoli, de Marengo, d'Austerlitz, de Wagram, le Passage du mont St-Bernard, etc. On lui doit encore des Collections d'études, qui ont été gravées, et plusieurs beaux portraits ( Napoléon , le duc de Bernj, etc.). 11 excella aussi dans la caricature des mœurs populaires, où il porta tant d’esprit, qu’on a dit que ses caricatures étaient les épigrammes du dessin. — M. Horace Vernet, l’un de nos plus illustres peintres contemporains- est son fils (F. au Supplément). B.
vernet, vge (Pyrénées-Orientales), arr. et à 15 kil.
VEll
VER
S. de Prades ; 876 hab. Bains d’eaux thermales sulfureuses. VEllNEUIL, ch.-l. de cant. (Eure), avr. et à 50 kil.
Beau couvent de religieuses Bénédictines , converti en ] pensionnat. Fabr. de lainages, toiles, poterie; tanneries, forges. — Fortifiée par Henri Ier d'Angleterre au xne siècle , cette ville fut prise plusieurs fois par les Français 1 et les Anglais; en 1424, Charles VII perdit sous ses murs j une bataille contre les Anglais ; la ville demeura aux vainqueurs jusqu’en 1449. Il ne reste des fortifications qu’une tour dite la Tour grise.
verneuil, château (Oise), sur l’Oise, près de Senlis et à 50 kil. de Paris, fut érigé en marquisat par Henri IV pour Flenriette d’Entragues , et en duché-pairie par Louis XIV, 1652, eu faveur d’un fils naturel de la marquise et du roi. 11 passa, en 1682, aux Bourbon-Condé.
VERNIER (Pierre), géomètre, né en 1580 à ürnans (Franche-Comté), m. en 1637, fut gouverneur du château de sa ville natale pour le roi d’Espagne, et directeur des monnaies au comté do Bourgogne. Il est célèbre pour avoir imaginé l'instrument ingénieux qui porte son nom, et qui sert à la mesure des angles; toutefois l’idée du vernier est attribuée à Nonius ( V. ce nom ). L’ouvrage qui en contient la description a pour titre: Construction, usage et propriétés du quadrant nouveau de mathématiques par P. Vernier, Bruxelles, 1631, in-8°; on y remarque divers procédés de calculs trigonométriques très-expéditifs. Vernier a aussi composé un Traité d'artillerie , qui n’a pas été imprimé. D — I. S.
VERNIQUET (Edme), architecte, né en 1727 à Châtillon-sur-Seine, m. en 1804, bâtit eu Bourgogne beaucoup d’églises, de châteaux, de ponts, etc.; qui lui firent la plus honorable réputation, et exécuta, sous la direction de Bufi'on, toutes les constructions du Jardin des Plantes de Paris. Ayant acheté, en 1774, la charge de commissairevoyeràParis, il entreprit de dresser un plan général de cette ville, à l’échelle d’une demi-ligne par toise. 11 employa 22 ans à ce travail immense, qui forme 72 feuilles grand-atlas, et qu’il publia en 1796. On n’aVait encore fait aucun plan de ville aussi beau ni aussi bien exécuté, et depuis il a servi de base à tous les plans de Paris qui ont été ordonnés par l’administration.
VLRNON (Edouard), célèbre marin anglais, né en 1684 à Westminster, m. en 1757, commença sa carrière en 1702, sous l’amiral Hopson, fut envoyé, la même année, aux Indes occidentales sous le commodore Walker, parvint au grade de contre-amiral, entra au Parlement en 1727, reçut, en 1739, avec une commission de vice-amiral, l’ordre d’aller détruire les établissements des Espagnols en Amérique , et s’empara de Porto -Bello , 1740. Sa rigueur envers ses subordonnés , et son refus d’obéir à quelques ordres de l’amirauté , le firent rayer des contrôles de la marine.
veknon (James), membre delà Chambre des communes sous Guillaume III, et secrétaire d’Etat vers 1698, a laissé des Lettres écrites au duc de Shrewsbunj de 1696 à 1708, publiées seulement en 1840, et intéressantes pour l’histoire de ce temps-là.
veknon, ch.-l. de cant. (Eure ), arr. et à 35 kil. N.-E. d’Evreux, sur la rive g. de la Seine, et près de la forêt du même nom ; 5,042 hab. Parc et magasins du train des équipages militaires. — Ville fortifiée et importante au moyen âge par sa situation sur la frontière de Normandie, Vernon fut prise et reprise plusieurs fois, et cédée à la France en 1198. Les Anglais s’en emparèrent en 1419, et la conservèrent jusqu’en 1449. On y remarque une tour ruinée, la chapelle de l’FIôtel-Dieu, et l’église Notre- Dame, édifice gothique qui renferme quelques tombeaux curieux. Commerce de grains, pierres détaillé, vins, laines, plumes. Près de là est le château de Bizy, qui appartenait au duc de Pentliièvre avant la Révolution, et qui passa ensuite à la maison d'Orléans.
VERNOUX, ch.-l. de cant. (Ardèche), arr. et à 36 kil.
S. -O. de Tournon; 1,665 hab. Eglise calviniste ; école de sourds-muets. Comm. de draps, filatures de soie.
VERNY, ch.-l. de cant. (Moselle), arr. et à 13 kil. S. de Metz; 283 hab.
VEROCZE. V. Werowitz.
VERODUNENSES ou VERODUNI, peuple de la Gaule (Belgique lre), à l’E. des Médiomatrices ; capit., Verodunum (auj. Verdun).
VLROLI , anc. Verulœ ou Verulum, ville des Etats de l’Eglise, dans la délégation et à 11 kil. N.-E. de Frosinone: 3,600 hab. Evêché suffragant de Frosinone.
VÉROMANDUENS, Veromandui } peuple de la Gaule
(Belgique 2e), au S. des Atrébates et des Nerviens; cap., Augusta Veromanduorum (auj. Sl-Quentin).
VÉRON AISES (Pâques). V. Pâques.
VERONE, Verona , en allemand Tlern, ville très-forte du royaume dhtalie (anc. Vénétie) sur les deux rives de l’Adige, à 108 kil. O. de Venise, à 150 kil. E. de Milan, sur l’Adige, par 45° 26' 8" lat. N., et 8“ 38' 50’’ long. E. ; 60,000 hab. Place forte. Ch.-l. de province. Evêché suffragant de Venise. Cour suprême de justice; tribunal de lre instance. Société des sciences et des arts; Académie de peinture et de sculpture; Académie d’agriculture, commerce et arts. Lycée, 3 gymnases, 2 bibliothèques, maison royale d’éducation pour les demoiselles, musée de tableaux, observatoire. Arsenal. On remarque la cathédrale de Ste-Marie, les églises Sl-Zeno (du ixe siècle), Sle-Anastasic ( xive siècle), Sl-Georges (du temps de la Renaissance), Sl-Nazaire, et St-Celse (avec des catacombes), les palais Canossa, Bevilacqua, Verza, et l’ompei, les jardins Giusti, et, entre autres antiquités, les restes de 3 aresde-triomplie, d’un palais, et d’un amphithéâtre qui pouvait contenir 22,000 spectateurs. Moulineries de sole ; fabr. et commerce de soieries, toiles, lin, draps, lainages; do cuirs, peaux, cordes à violon, savons, chocolat, etc.; filatures de coton, élève considérable de vers à soie. — Fondée par les Etrusques 'ou par les Gaulois Cénomans, Vérone fut colonisée par César. Philippe l’Arabe y fut tué, en 249. Près de là, Stilicon battit Alaric, roi des Wisigoths, 402. Capitale des Etats de Théodoric le Grand, prise par Narsès en 555, Vérone devint le chef-lieu d’un duché lombard, puis, sous les Carlovingiens, d’une Marche du royaume d’Italie. Othon le Grand la réunit, avec son territoire, à l’Empire, 952. Après s’être érigée en république, 1201, et avoir fait partie de la Ligue lombarde contre l’empereur Frédéric 1er, elle fut asservie par Eccelino da Romano, puis passa aux Délia Scala, aux Viseonti de Milan, aux Carrare de Padoue, et, en 1405, aux Vénitiens, qui la conservèrent jusqu’en 1797, sauf de 1509 à 1516, où elle appartint à Maximilien 1er. En 1797, elle subit la domination de l’Autriche; en 1805, elle devint chef-lieu du départeme t de l’Adige, dans le royaume français d’Italie; elle fut rendue à l’Autriche en 1815. Les membres de la Sainte-Alliance et la France y tinrent, du 20 octobre au 14 décembre 1822, un congrès où fut décidée l’intervention en Espagne en faveur de Ferdinand VII contre les Cortès. Patrie de Catulle, des deux Fracastor, Scipion Maffei, Paul Véronèse, Pindemonte, etc. B
verone (Province de), division admimstrativ du royaume d’Italie (Vénétie), entre celles de \ irence et de Padoue à l’E., de Rovigo et de Mai. t me au S., celle de Brescia à l’O., et le Tyrol au N., 285,486 hcot. ; 90 kil. sur 40; 314,933 hab. Sol montagneux vers le Tyrol. Mines de cuivre ; carrières de marbre et d’albâtre ; pierres à fusil ; terre verte, dite terre de Vérone. Céréales, vins, riz, racine d'iris, ricin, production importante de cocons de soie, et filatures de soie.
VERONESE (Paolo Caliari , dit Paul), peintre célèbre, né à Vérone en 1528 ou 1530, m. en 1588, était fils d’un sculpteur, et neveu d’un peintre. 11 montra de bonne heure les plus heureuses dispositions, et se proposa pour modèles le Titien et le Tintoret. Mal apprécié à Vérone, il alla vivre à Venise, où il exécuta, en 1555, dans la s;ocristie et dans l’église de S*-Sébastien , ses premières peintures, qui le placèrent aussitôt au rang des grands artistes. C’est à VeDise que l’on voit la plupart de ses tableaux, entre autres le superbe plafond de la bibliothèque de S‘-Marc ; le Palais ducal est rempli de ses œuvres gigantesques , et des églises presque entières ont été peintes par lui. Paul Véronèse avait une prodigieuse facilité d’exécution ; il se distingue par la vivacité, la, fécondité et la grandeur de l’imagination, le doux éclat d’une couleur argentine, la beauté et la grâce des tètes, l’élégance et la variété des ornements ; on désirerait plus de choix dans ses poses, plus de finesse dans ses expressions, plus de goût dans le dessin et dans le costume, où il a commis de bizarres anachronismes. Le musée du Louvre a 12 toiles de lui , parmi lesquelles le vaste et magnifique tableau des Noces de Cana, Lolh et ses filles, Susanne au bain , 1‘ /évanouissement d'Estlier, la Vierge et l'enfant Jésus , le Repos chez Simon le Pharisien, les Pèlerins d'Ernmaiis, etc.
VÉRONIQUE (Sainte), personnage dont l’existence est contestée, et dont le nom serait une corruption de celui de Bérénice, femme juive, qui, selon la tradition, aurait essuyé le visage de Jésus, montant péniblement au Calvaire. Le linge blanc dont elle se servit conserva les traits du Sauveur. On fait venir le nom de Véronique de vera icon
VER
VER
(la véritable image). Sle Véronique est fêtée le 4 février.
VERON1US, nom latin de 1’ Aveyron.
VEROWITZ. V. Werowitz.
VER PILLlERE (La), ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 25 kil. N.-E. de Vienne; 1,053 hab. Ane. château.
VERRES (C.-Licinius), Romain fameux par ses concussions, né à Rome vers l’an 119 av. J.-C., eut une jeunesse débauchée, et fut cependant nommé, à la faveur des troubles civils et de son zèle apparent pour la cause populaire, questeur de Carbon dans la Gaule cisalpine, en 86. Il passa bientôt, en emportant la caisse militaire, dans les rangs des nobles, et obtint de Sylla les biens de quelques victimes des proscriptions. Envoyé en Asie comme lieutenant de Dolabella, en 82, et chargé de combattre les pirates, il commit lui-même une foule de brigandages. Ses crimes ne l’empêchèrent pas d’être nommé préteur urbain en 76, et préteur en Sicile, en 75. Il réussit à se maintenir dans ce poste pendant trois ans, écrasa les Siciliens d’impôts, commit sur eux toutes sortes de violences, spécula sur les grains , dépouilla les particuliers et même les tempfes de tout ce qu’ils possédaient de précieux, statues, tableaux, vases, etc., et alla jusqu’à maltraiter les citoyens romains. A l’exception de Syracuse et de Messine, qu’il avait ménagées à cause de leur puissance, toutes les villes siciliennes l’accusèrent à sa sortie de charge. Un partisan secret de Verrès, Cæcilius, s’offrit pour être chargé de l’accusation ; mais Cicéron, qui avait pris en main la cause de la Sicile, le fit écarter. Cent dix jours ayant été accordés à cet orateur pour instruire l’affaire, Verrès, déjà appuyé par les Métellus, en profita pour acheter d’autres partisans; il disait impudemment qu’il avait fait trois parts de sa fortune, l’une pour son avocat Hortensius, l’autre pour ses juges, et la 3e pour lui-même. Mais Cicéron revint au bout de 50 jours, et, dans ce qu’on appelle la Première action contre Verrès, produisit une foule de pièces irrécusables et de témoignages écrasants, qu’il accompagnait seulement de quelques explications rapides. Hortensius crut inutile de prendre la parole, et Verrès s’exila 6ans attendre l’issue du procès. Un le condamna, en 72, à restituer aux Siciliens, environ 9 millions de notre monnaie, le tiers de ce qu’il avait volé. Cicéron rédigea à loisir 5 Mémoires, qui forment la Seconde action contre Verrès , et qui ont pour titres : De la préture urbaine, où sont retracés les crimes et les vices de la jeunesse de Verrès, sa questure, sa lieutenance, et sa préture à Rome ; De l’administration de la justice en Sicile, tableau des prévarications qu’il commit comme juge et comme magistrat en Sicile; Des affaires de blé , dilapidations et vols commis dans les approvisionnements ; Des statues, sur les monuments d’art dont il s’est emparé ; Des supplices, ses meurtres. Verrès ne revint à Rome qu’après 24 ans d’exil , en vertu d’une loi de César ; il fut proscrit en 43, pour avoir refusé de céder au triumvir Marc-Antoine de magnifiques vases de Corinthe. g.
VERRI ,Pietro), économiste, né à Milan en 1728, m. en eml>rassa d’abord la carrière des armes, et fut
capitaine au service de l’Autriche. De retour dans sa patrie, il s’occupa d’économie politique et d’administration, fit partie, avec Beccaria, de la Société philosophique et littéraire fondée à Milan , et fut l’un des rédacteurs du Café. Conseiller du gouvernement en 1763, membre du conseil suprême d’économie en 1765, il attaqua Vivement les exactions des fermiers-généraux, et parvint à en délivrer sa patrie. En 1772, il fut nommé vice-président de la Chambre des comptes, et conseiller d’Etat en 1783. Il perdit ses emplois en 1786, et ne fut rappelé à la vie publique qu’en 1796, lors de l’entrée des Français à Milan. Il fut alors membre de la municipalité de cette ville. Il publia plusieurs brochures anonymes, sur le commerce, les monnaies, et autres points d’administration. Il écrivit aussi un Mémoire sur la torture, à l’appui des idées émises par Beccaria dans le Traité des délits et des peines, et une Histoire de Milan, dont le 1er vol. parut à Milan , 1783, et le 2e en 1798 seulement. Son principal ouvrage est intitulé: 1 Méditations sur l'économie politique, Milan, 1771, et Turin, 1801, trad. en franç. par Mingard, 1773, Paris, 1800 et 1823,
1 vol. in-8« ; on y trouve des idées très-saines sur les questions économiques. « Personne, avant Adam Smith , dit J. -B. Say, ne s’était approché aussi près que Verri des véritables lois qui régissent la production et la consommation des richesses. » Il laissa aussi un écrit philosophique sous ce titre : Discorso nell' indole del piacere e del dolore. Verri fut conservateur de la Société patriotique fondée à Milan par Marie-Thérèse pour encourager les arts, l’agriculture et les manufactures. Bu.
verri (Alexandre j, frère du précédent, né à Milan en j
1741, m. en 1816, fut d’abord avocat, puis se livra à l’étude de la législation. Après s’être mis en rapport à Paris avec le parti des philosophes, il se fixa à Rome. Il s’essaya dans la poésie dramatique, où il obtint peu de succès, excepté par une tragédie de Galéas Sforza ; il eut ensuite la malheureuse idée de donner V Iliade abrégée, dont il retrancha ce qu’il appelait les superstitions et la mauvaise morale; il en fit une traduction en prose, qui trouva peu de lecteurs. Verri publia encore : les Nuits romaines au tombeau des Scipions, 1780, dialogues des morts entre d’illustres Romains, ouvrage écrit d’un ton déclamatoire, et laissant beaucoup à désirer sous le rapport de la couleur locale ; deux romans, les Aventures de Saplio, et la Vie d’Eroslrate , ouvrages traduits en français par Lestrade, ainsi qu’un Essai sur l'histoire générale d'Italie, 1826-27. Les pensées de Verri sont fortes et serrées, son style pittoresque et poétique, mais trop fleuri. Il fut un des collaborateurs du Café, recueil analogue au Spectateur anglais d’Addisson.
verri (Charles), frère des précédents, né à Milan en 1743, m. en 1823, s’est fait un nom comme agronome. On a de lui , en italien : Sur la culture de la vigne; Essai d'agriculture pratique; l’Art de cultiver les mûriers.
VERRIÈRES, vge (Seine-et-Oise), sur la Bièvre, arr. et à 15 kil. S.-E. de Versailles; 1, 127 hab. Succès du général Exelmans sur les Prussiens, le 2 juillet 1815.
VERRIUS FLACCUS (M.), grammairien latin, florissait vers 1 an 10 de J.-C. Esclave, puis affranchi , il ouvrit une école à Rome ; Auguste le nomma précepteur de ses petits-fils Caïus et Lucius Agrippa. Il mouiut très-âgé sous Tibère. Ses ouvrages principaux étaient : un calendrier romain , sous le titre de Fastes Prénestins , découvert en 1770, et publié par Foggini, Rome, 1779, in-fol.; des traités de grammaire et d’histoire ( Saturnalia , Libri rcrum memoria dignarum , de Orthographia , de Verborum significatione , etc.). Il reste de ce dernier ouvrage un extrait fait au Ve siècle par le grammairien S. Pompéius Festus, et résumé encore par Paul Diacre. Les fragments ont été recueillis par Denis Godefroy ( Auctores latinæ linguæ), et réimprimés avec Pompéius Festus par Lindemann, Leipzig, 18-32, et par M. Egger, Paris, 1838, in-16. D — R.
VERROCHIO (Andrea del), peintre et sculpteur, né à Florence vers 1422, m. à Venise en 1488, surpassa tous ses contemporains dans l’art de travailler le bronze. Ses chefsd’œuvre furent le groupe de Jésus et St Thomas , dans l’église San-Michele à Florence, et la statue équestre de Bartolomeo Colleoni, sur la place de S1 Paul et S1 Jean à Venise. On cite encore deux têtes en bronze d’Alexandre et de Darius, une danse d’enfants autour d’un vase d’argent, et les tombeaux de plusieurs Médicis. Comme peintre, il dessinait correctement, mais avait le coloris dur, et il formate Pérugin et Léonard de Vinci. Il fut, en outre, l'un des meilleurs musiciens de son temps. B.
VERRUE (Jeanne d’Albert de Lutnes, comtesse de), née en 1670, m. en 1736, se fit connaître par son esprit, par ses relations avec les philosophes et les artistes, par ses riches collections de tableaux et de livres. Elle devint la favorite de Victor-Amédée II, duc de Savoie, dont elle gouverna la cour et les Etats. Sa fille épousa le prince de Carignan.
verrue, v. forte du royaume d’Italie, prov. et à 40 kil. N.-E. de Turin, sur une roche escarpée, près de la rive droite du Pô; 2,850 hab.
VERSAILLES, Versalû v en latin moderne, ch.-l. du dép. de Seine-et Oise, à 19 kil. O. -S. -O. de Paris, avec lequel elle communique par 3 cliem. de fer, l’un dit de la rive dr., l'autre de la rive g., ou cliem. de l’Ouest; le 3e, installé sur l’un des côtés de la grande route impériale, et dit chemin hippique ou américain; 44,021 hab. Evêché suffragant de Paris. Eglise calviniste; cour d’assises ; trib. de lre inst. et de connu.; lycée; séminaire; école normale primaire; école d’artillerie pour la garde impériale, créée en 1856. Société des sciences, lettres et arts; Société d’agriculture. La ville, construite sur un plan régulier, est bien percée et bien bâtie ; toutes les rues en sont droites et larges. On remarque les églises Sl-Louis et Notre-Dame, l’hôtel des gardes, la préfecture, la mairie, la bibliothèque, le lycée, le quartier de l’artillerie, l’hospice, dont l’origine, comme léproserie, remonte à 1350, la célèbre salle du Jeu de Paume, les embarcadères des chemins de fer, la salle de spectacle, les statues de l’abbé de l’Epée et de lloclie, et, avant tout, l’immense château impérial, qui est presque une ville à lui seul (P. l’art, suivant ), la grande et la petite écurie, formant un hémicycle devant le château, au fond d’une vaste place, dite place d'Armes, où aboutissent eu éventail trois magnifiques avenues plantées chacune d’une double rangée d’arbres : au centre, l’avenue de Paris, large de 88 mètres ;
VER
VER
à 'Iroite, celle de S'-Cloud; à gauche, celle de Sceaux. La ville a encore 3 boulevards, plantés de 4 rangées d’arbres : les boulevards du Roi , de la Reine, et S1- Antoine. Versailles est séparé en 2 quartiers par l’immense avenue de Paris : le quartier Sl-Louis ou Vieux-Versailles au S., et le quartier Notre-Dame ou Nouveau-Versailles au N., auquel il faut ajouter Montreuil , qui lui est contigu. Patrie de Philippe V, roi d’Espagne, de Louis XV, Louis XVI, Louis XV11I, Charles X, de Miot, l’abbé de l’Epée, Iloche, DucisjP.-F. Tissot, Iloudon, Alexandre Berthier, Gourgaud, Kreutzer, Iluvé, etc. — Jusqu’au xvie siècle, Versailles ne fut qu’un petit village, qui appartenait à l’abbaye de Marmoutiers. La ville fut créée par Louis XIV ; elle comptait 40,000 hab. vers la fin du règne de ce prince, et en eut près de 100,000 sous les deux règnes suivants. Depuis les funestes journées des 5 et 6 octobre 1789, où la cour fut obligée de venir se fixer à Paris, Versailles a beaucoup perdu de son importance : ses grands hôtels ont dû changer de destination, car ils étaient occupés par le gouvernement et l’administration supérieure monarchique. Auj. ses rues spacieuses semblent désertes; elles ne reprennent une véritable animation qu’au jour où doivent jouer les admirables eaux du parc. Les autres souvenirs historiques de Versailles se rattachent particulièrement à l’histoire du château royal.
Versailles (château et parc de). Ils sont situés à l’extrémité O. de la ville. Le château a deux façades principales , l’une à l’E. sur la place d’ Armes, l’autre à l’O. sur le parc. Celle de l’E. est séparée de la place par une vaste cour nommée Cour des ministres, large de 126m, profonde de 150, et fermée par une belle grille de 55“, appuyée à 2 pavillons portant des groupes de sculpture. Les parties latérales de la cour sont bordées par deux grands bâtiments, entièrement séparés du reste du château, et en avant desquels sont des terrasses avec balustrades, et, tout autour, 16 statues colossales, en marbre blanc, de guerriers et d’hommes d’Etat célèbres de la France. Au milieu s’élève une statue équestre, en bronze, de Louis XIV. En arrière s’ouvrent 4 cours : à droite, celle de la Chapelle ; à gauche, celle des Princes; au milieu, sur l’axe général, la Cour royale, large de 60™, profonde de 75; et au fond, sans séparation, la Cour de marbre, large de 22m 50, profonde de 29, et nommée ainsi de ce qu’elle est dallée de carreaux de marbres blancs et noirs. Les trois bâtiments qui l’entourent forment la façade principale du palais. De chaque côté, et en retraite, descend perpendiculairement une grande aile qui sépare la cour royale, d’une part de celle de la chapelle, de l’autre de celle des princes. Parallèlement à l’aile droite s’élève la chapelle, chef-d’œuvre d’architecture de J. -IL Mansard. La façade sur le parc présente, dans la direction du S. au N., une ligne de 450 mètres de long sur 20 de haut, comprenant un rez-de-chaussée, un premier étage, et un attique couronné d’une balustrade. Le rezvde-chaussée est percé de 125 fenêtres ou portes en arcades , et ses murs sont taillés en refends. Du milieu de cette ligne s’avance un puissant avant-corps de 84'“ de saillie , avec 23 fenêtres de face et 17 de profondeur, ce qui donne à toute cette ligne un déploiement effectif de plus de 6Q0“. L’architecture consiste en une ordonnance ionique de pilastres sur les trumeaux , et de colonnes adossées sur 15 avant-corps , surmontés de statues mythologiques , les 4 Saisons , les 12 Mois de l’année , les Arts, hautes de 4“22. — A l’intérieur, on voit: l’appartement du roi , celui de la reine , la grande galerie , la chambre à coucher de Louis XIV, celle de Louis XV, la chambre du Conseil , le cabinet de Louis XVI , l’escalier de marbre ou des ambassadeurs , un des plus beaux de l’Europe , et, à l’extrémité de l’aile du nord, une magnifique salle d’opéra. Les autres parties du palais ont été disposées par le roi Louis-Philippe en un immense musée national , consacré à toutes les gloires de la France.
Le Parc. Devant le château règne une terrasse, avec deux vastes bassins quadrangulaires à gerbes d’eau, et huit moins grands, qui l’ont fait appeler Parterre d'eau. Le parc, dessiné à la française, est de 15 ou 16 mètres plus bas que ce parterre ; on y descend par diverses rampes ou par des degrés. Tout à fait au bas, une maîtresse allée, tracée dans l’axe du château, et longue de 310“ sur 40 de large, le divise à peu près en deux parties. Un gazon qui en occupe le centre lui a valu le nom de Tapis-Vert. Il se termine par le bassin d’Apollon , un des plus beaux et des plus vastes (110“ sur 60), au delà duquel se trouve un canal long de 1,600“, large de 60, coupé en croix au milieu de sa longueur par un deuxième canal long de plus de 110“.
A droite du Parterre d’eau, il y a le Paréérre du Nord , la fontaine de la Pyramide, la Cascade, l’Allée d’Eau , la fontaine du Dragon , et le bassin de Neptune ; à gauche , le Parterre des Fleurs , puis , au bas , l’orangerie , construite sous la terrasse du château , et à laquelle on descend par deux magnifiques escaliers de 100 marches chacun. Elle se compose d’une galerie de 140“, et de deux autres en retour, sous les voûtes des escaliers, longues de 117“. Les fenêtres sont en portiques, les murs découpés en refends et ornés d'un ordre toscan. Vis-à-vis de cette orangerie , close par un fossé avec balustrades, est, en dehors du parc , un lac appelé Pièce d'eau des Suisses. Dans les autres parties basses , à droite et à gauche du Tapis-Vert, sont 12 bosquets remarquables par des monuments plus ou moins importants en marbre , des groupes ou des statues, tels que les bains d’Apollon , les fontaines de Flore, de Cérès , de Saturne , les bosquets d’Encelade , de l’Obélisque , de l’Etoile, la Girandole, la Salle des Marronniers, etc. — Le parc a 4,680“ de long sur 3,120 de large. Il est entouré, à l’O. et au N., d’un deuxième parc renfermant des bois, des fermes, et dans lequel sont enclavés deux autres châteaux avec parcs : le Grand Trianon et le Petit Trianon, mitoyens l’un et l’autre avec le parc cidessus décrit.
Le Grand Trianon est situé à l’extrémité du bras septentrional du grand canal. Le château, construit par Louis XIV vers 1676, se compose d’un rez-de-chaussée seulement, de 120“ de face, avec fenêtres en portiques, et d’un parc de médiocre étendue. — Le Petit Trianon, voisin du Grand, a été créé par Louis XV. C’est un petit château carré à deux étapes, de 23“ 50 seulement de côté, et décoré sur s i façade de 6 colonnes corinthiennes cannelées. Il est accompagné d’un charmant jardin anglais.
« Le palais de Versailles, dit Quatremère de Quincy, n’a de grand que la longueur de la ligne sur laquelle il est bâti, et l’étendue de sa superficie; son élévation mesquine, sans forme, sans caractère, sans idée, sans aucun mérite d’exécution, est restée, pour l’architecture, au-dessous de tous les palais qui l’avaient précédé depuis deux siècles. » Mais dans les intérieurs, il est d’une beauté splendide. — Les jardins sont ornés avec une profusion vraiment inouïe de statues, de groupes de sculpture, de vases en marbre ou en bronzes de grandes proportions, œuvres de Coustou, Coysevox, Puget, Girardon, Legros, etc., la plupart d'une rare beauté. Le marbre massif se trouve partout, aux bordures des bassins, aux piédestaux, aux bancs et aux degrés répandus de toutes parts.
Histoire. Le château et le parc de Versailles ont eu pour origine une seigneurie, située au village de Versailles, et qui fut acquise par Martial de Loménie, secrétaire de Charles IX et de ses finances; la maison de Gondi, l’acheta en 1579. Louis XIII fit construire auprès un petit château pour ses équipages de chasses, en 1627, puis acheta, en 1632, la seigneurie à J.-Fr. de Gondi. En 1661, Louis XIV, dégoûté du séjour de Paris par les souvenirs de la Fronde, s’établit à S'-Germain, et commença à Versailles des constructions et des embellissements qu’il continua pendant plus de 20 ans. Plus tard, résolu d’en faire sa résidence habituelle, il conçut un grand plan d'ensemble. Les travaux , commencés sous la direction de Levau , furent confiés, en 1670, à Jules Ilardouin- Mansard; Lebrun fut chargé de la décoration intérieure du château, Lenôtre dessina le parc, et l’on construisit la machine de Marly pour y amener les eaux de la Seine. On vit jusqu’à 36,000 hommes et plus de 6,000 chevaux occupés à la fois à ces travaux gigantesques. Louis XIV exigea que le petit château de son père fût conservé : ce sont les bâtiments sur la cour de marbre. La construction du palais et la création des jardins coûta plus d’un milliard de livres du temps. A partir de 1672, le Roi passa à Versailles une grande partie de l’année, et depuis 1682, en fit sa résidence habituelle et celle de la cour. Louis XV s’y fixa à son tour, quand il eut atteint sa majorité. C’est lui qui fit construire la salle d’opéra par Gabriel et de Wailly. Au palais de Versailles avaient été signés le traité de 1685 avec Gènes, celui de 1756 avec l’Autriche, et celui de 1783, qui assura l’indépendance des Etats-Unis. Les Etats- Généraux de 1789 y ouvrirent leurs séances, le 5 mai. Le palais de Versailles vit aussi les journées des 5 et 6 octobre 1789, où le peuple de Paris contraignit le roi de venir habiter les Tuileries. La Convention tenta de faire du château une succursale des Invalides. Le Directoire voulut le vendre par lots, ainsi que le parc. Napoléon Ier dépensa 7 millions pour le rendre habitable. La Restauration y fit aussi des réparations importantes; Louis XV11I éleva l’aile du S. de la cour des ministres. Enfin Louis-Philippe:
VES
VER — 2731
m fit un magnifique musée national, contenant environ 4,000 tableaux ou morceaux de sculpture, et inauguré en 1837. C. D— t.
VERSCIIETZ ou VERSECZ, v. des États autrichiens (Wo'nvodie), à 79 kil. S. de Témeswar; 16,000 hab. Évêché grec. Élève de vers à soie. Récolte de vins et de riz.
VERSEAU (Le), 11e signe du Zodiaque, tire son nom des pluies qui ont lieu lorsque le soleil l’atteint , au mois de janvier. Il est représenté sous les traits d’un jeune homme qui laisse tomber de l’eau d’une urne. Selon la Fable, c’est Ganymède, échânson de Jupiter ; ou Deucalion ; ou Cécrops, sous le règne duquel on n’employait que de l’eau dans les libations.
VERSOIX, v. de Suisse, cant. et à 12 kil. N. de Genève, sur le lac de Genève; 1,052 hab. Fondée en 1770, elle appartint à la France jusqu’en 1789.
VERSTE, mesure itinéraire des Russes, vaut 1,067 met.
VERT (CAP-). V. Cap-Vert.
VERTAIZON, ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), arr. et à 20 kil. E. de Clermont-Ferrand; 2,235 hab. Patrie du peintre Marilhat.
VERTE (Rivière). V. Green-River et Rio-Verde.
VERTEILLAC, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 14 kil. N. de Ribérac; 345 hab.
VERTES (Montagnes). V. Green-MountAïns.
VERTOT (René Aubert, abbé de), historien, né en 1655 au château de Bennetot (Pays de Caux), m. en 1735, embrassa l’état ecclésiastique par une vocation véritable, se fit capucin, mais, par raison de santé, entra bientôt dans l’ordre moins sévère des Prémontrés. Puis, successivement prieur de Joyenval, et curé de Croissy-la-Garenne près de Marly, il se livra à l’étude, et publia, en 1689, une Histoire des révolutions de Portugal , que le public accueillit avec une très-grande faveur. Vertot, qui cultivait les lettres pour elles-mêmes, fuyait Paris, et, ne s’en trouvant pas assez éloigné, obtint une cure près de Rouen. Il donna en 1696 une Histoire des révolutions de Suède , dont le succès fut aussi très-grand. 11 devint, en 1705, membre de l’Académie des Inscriptions. Depuis cette époque, il vécut à Paris, où il occupa la charge de secrétaire des commandements Je la duchesse d’Orléans, avec un revenu considérable et un logement au Palais-Royal. Ses derniers ouvrages furent : Traité de la mouvance de Bretagne , 1710, où il combattait les prétentions des Bretons à se dire indépendants de la monarchie française ; Histoire des révolutions de la ré/iublique romaine, 1719, qui ne fut pas moins bien accueillie que ses autres compositions; Histoire de l’Ordre de Malte, 1726 , rédigée à la demande des chevaliers, et l’un de ses livres les plus intéressants. Vertot ne compte pas parmi les historiens sérieux, bien que Bossuet ait dit que c’était une plume taillée pour écrire la vie de Turenne ; il semble avoir considéré l’histoire comme une matière à roman véridique ; il a la rapidité du récit , la facilité élégante du style, l’art de dramatiser : mais il ne faut lui demander ni vues philosophiques, ni couleur locale ; il francise tous ses personnages, et , même dans sa manière, son instruction est assez superficielle. Ses OEuvres choisies ont été publiées à Paris, 1819-21, 12 vol. in-8°. B.
VERTOU, brg (Loire-Inférieure), arr. et à 8 kil. S.-E. de Nantes, surlaSèvre Nantaise; 760 hab.
VERTS (Les), faction du Cirque. V. Bleus (Les).
VERTUMNE, Vertumnus, dieu des Etrusques, présidait aux transformations de la nature, à l’année et aux saisons. Il avait le pouvoir de changer de forme à son gré. Quand son culte eut été transporté à Rome, il ne fut plus qu’un dieu secondaire, époux de Pomone. On le représentait sous la figure d’un jeune homme, avec une couronne d’herbes, tenant des fruits à la main gauche, et une corne d’abondance à la droite. Ses fêtes se célébraient au mois d’octobre. B.
VERTUS, ch.-l. de cant. (Marne), arr. et à 28 kil. O.- S.- O. de Châlons-sur-Marne; 2,337, hab. Autrefois ch.-l. d’un comté appartenant à la maison d’Orléans. Aux environs se trouvent les ruines du château féodal du Mont-Aymé. Comm. de vins rouges fins.
tertus (Plaine des). V. aubervilliers.
VERULÆ ou VERULUM, nom anc. de Veroi.i.
VERULAM, Verulamium, anc. ville d’Angleterre (Hertford), au N. de Sl-Alban; auj. en ruines. Titre de baronnie que posséda le chancelier Bacon.
VÉRUS, Lucius Aurelius Ceionius Commodus Verus, fils d’Ælius Vérus, qui avait été adopté par Adrien, né à Rome, l’an 130, fut, à l’âge de 8 ans, adopté par Antonin en même temps que Marc-Aurèle. Quand ce dernier prince monta sur le trône, il associa Vérus à l’Empire, et en fit même son gendre, l’an 161 . Envoyé en Orient, V érus laissa
Avidius Cassius combattre les Parthes, pendant qu’il se livrait lui-même à Antioche aux plus honteuses débauches, 165. Il mourut au retour d’une expédition qu’il dirigea avec Marc-Aurèle contre les Marcomans, 169. O.
VERVEINE, Vervena ou Verbenaca , herbe sacrée, employée par les Romains dans diverses cérémonies politiques ou religieuses. Les Fécials se couronnaient de verveine quand ils allaient en mission , parce que l’on croyait qu’elle les rendait inviolables. C’étaient les rois, et plus tard ce furent les consuls qui la leur remettaient, après l’avoir arrachée eux-mêmes dans l’enceinte de la citadelle du Capitole, où l’on en cultivait. On croit que c’était la verveine dite officinale, des vertus médicinales qu’on lui attribue. On se servait aussi de cette herbe pour balayer la table de Jupiter dans les Lectisternes, et pour purifier les maisons dans les lustrations. C. D — y.
VERVIERS, Verveviæ, v. de Belgique, sur la Vesdre, prov. à 34 kil. E. de Liège, près de la frontière de Prusse ; 29,300 hab. Tribunaux de lro instance et de commerce. Beau palais de justice. Collège. Grande fabrication de draps renommés, surtout de casimirs, étoffes, nouveautés et flanelles; filatures de laine et de lin. Construction de machines; fonderie de fer et de plomb en lames.
VERVINS, Verbinum, s.-préf. (Aisne), à 40 kil. N. -N. -E. de Laon, sur le ruisseau du Velpion ; 2,302 hab. Tribunaux de T' instance et de commerce; collège. Vannerie, bonneterie, fabr. de chaussons. — Cette ville, autrefois fortifiée et titre de marquisat, appartint à la maison de Coucy jusqu’au xve siècle; elle obtint, vers 1123, une charte de commune, qui fut renouvelée en 1163. Il s’y conclut, le 2 mai 1598, un célèbre traité de paix entre Henri IV et Philippe II d’Espagne ; il eut pour base le traité de Cateau- Cambrésis : les Espagnols rendirent toutes les places de Picardie, mais gardèrent Cambrai et le comté de Charollais. L’hospice de Vervins, fondé par les sires de Coucy,. possède un beau tableau de Jouvenet , les Pestiférés de Milan secourus par St Charles Borromée; on en voit un du même maître dans l’église paroissiale.
VERZUOLO, v. forte du roy. d’Italie (Coni), près de la Vraita, à 5 kil. S. de Saluées; 4,000 hab.
VERZY, ch.-l. de canton (Marne), arr. et à 16 kil. S.-E. de Reims; 1,015 hab. Bons vins de Champagne blancs, dits de Sillery.
VESALE (André), célèbre médecin, né à Bruxelles en 1514, m. en 1564, est le créateur de l’anatomie moderne; il brava les préjugés de son temps, qui regardaient la dissection comme une impiété. Il vint étudier la médecine à Louvain, puis à Paris, où on le vit disséquer des cadavres au cimetière des Innocents et à la butte de Montfaucon. Il se rendit ensuite en Italie , fut chargé d’enseigner publiquement l’anatomie, de 1540 à 1544 , à Pavie , Bologne, et Pise, attira un grand nombre d’élèves, et excita une admiration universelle. Sa renommée lui valut la place de 1er médecin de Charles-Quint, puis de Philippe II. Des envieux l’ayant accusé d’avoir ouvert le corps d’un gentilhomme que l’on avait cru mort , et qui était encore vivant , l’Inquisition demanda sa mort ; mais Philippe II obtint que Vésale fit seulement un pèlerinage en Terre- Sainte. L’illustre savant mourut de faim , à son retour, dans l’ile de Zante, où une tempête l’avait jeté. Il a laissé un grand ouvrage, de Corporis humani fabricâ libri VII , qui fut publié à Bâle en 1543, et réédité en 1555, avec augmentations et corrections; la meilleure édition est celle de Leyde, 1725, 2 vol. in-fol. , publiée par Boerhaave et Albinus. B.
VESCIA. V. Süessa Aurunca.
VESCOVATO , Episcopatus, Blesinum, ch.-l. de canton (Corse), arr. et à 29 kil. S. de Bastia; 1,098 hab.
VESDRE , riv. de Belgique, naît à 12 kil. N.-E. d’Eupen (prov. prussienne du Rhin), passe à Limbourg etVerviers, et se jette dans l’Ourthe ; cours de 50 kil.
VÉSELIZE. V. Vézelise.
VÉSÉRIS, lieu de Campanie, au pied du Vésuve; célèbre par une victoire de Manlius Torquatus et de Décius Mus sur les Latins rebelles, l’an 413 de Rome, 340 av. J.-C. Dans cette bataille, Décius se dévoua aux dieux infernaux, pour assurer le triomphe des Romains.
VÉSERONCE , vge (Isère), à 8 kil. E. de Vienne. Victoire de Gondemar, roi des Burgondes, sur Clodomir, roi d’Orléans, qui y fut tué, en 524.
VES1NS. V. Vezins.
VESLE, rivière de France (Marne et Aisne), passe à Reims, et se jette dans l’Aisne ; cours de 140 kil.
VESONE. V. Périgueux.
VESONTIO, v. de la Gaule (Grande-Séquanaise) ; auj. Besançon.
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VESOUL, Vesulum , ch.-l. du département de la Haute- ! Saône, à 363 kil. S.-E. de Paris, sur le Durgeon; par 47» 37’ 26” lat. N., et 3“ 49’ 6” long. E.; 5,955 hab. Trib. de lr« instance; college; bibliothèque; école normale primaire. Société d’agriculture. On remarque un riche maîtreautel et uu mausolée dans l’église paroissiale, bahr, de toiles, vanneries, tanneries, fonderies, chapellerie. Comm. de grains, fer, cuirs, bestiaux, fourrages. — Autrefois fortifiée, cette ville subit un grand nombre de sièges ; les plus désastreux furent ceux de 1478 par l’armée de Louis XI , et de 1644 par Turenne. Elle dépendait de la Franche-Comté, et fut réunie avec elle à la France en 1678. En 1814, les souverains alliés y. eurent momentanément leur quartier-général. En 1557, une bande d’Allemands l’assiégeant , elle fut sauvée par une inondation du Frais-Puits, source située à 4 kil. et sujette à des crues extraordinaires. A 2 kil. de la ville, au Trou-de-la-Iiuume, est une grotte qui a 8 kil. de longueur. Au hameau de Re'pes, il y a une source d’eau minérale saline froide.
VESPASIEN , Titus Flavius Vespasianus, 9e empereur romain, de 69 à 79,1e 1er de la famille Havienne, né l’an 760 de Rome, 7 ap. J.-C., à Réate, d’un publicain honnête de l’Asie. Il fut édile et préteur sous Caligula, et servit en Bretagne pendant le régne de Claude ; sous Néron , il devint tribun des soldats par la protection de Narcisse, fit heureusement la guerre en Germanie et dans la Grande-Bretagne, et fut proconsul en Afrique, d’où il revint pauvre. Disgracié pendant quelque temps , il fut ensuite envoyé contre les Juifs révoltés. Après ia mort de Yitellius, ses troupes le proclamèrent empereur, presque malgré lui : alors il laissa au siège de Jérusalem son fils Titus, et revint par l’Egypte à Rome, après la victoire de Crémone remportée pour lui sur les troupes de Yitellius par Antonius Primus. Yespasien commença par rétablir l’ordre dans l’Empire, et envoya Céréalis combattre d’abord Civilis et Sabiuus (F. ces mots ), puis les Bretons révoltés; Agricola acheva de pacifier la Bretagne. En même temps , Titus prenait Jérusalem, 71. A Rome, Mucien réduisit la puissance des prétoriens, la discipline fut resserrée, l’administration surveillée sévèrement, et les délateurs méprisés. L’augmentation de quelques impôts et la restitution de la liberté aux provinces qui l’avaient obtenue de Néron , rétablirent les finances, mais firent accuser l’Empereur d’avarice ; cepen dant il n’était point avare pour lui , car il vivait en simple citoyen , et tous les impôts étaient pour faire face aux dépenses publiques. Quoique d’un caractère doux et humain, il bannit les stoïciens de Rome, parce qu’ils attaquaient le pouvoir monarchique, et, pour la même cause, fit mettre à mort Sabinus et Helvius Priscus : ce furent les seuls supplices qu’il ordonna. Pénétré de ses devoirs de souverain , il était extrêmement laborieux. Attaqué d’une maladie de langueur, à laquelle il succomba, il ne cessa de travailler aux affaires publiques, bien qu’il fût obligé de garder le lit. Voyant les progrès de son mal : « Je sens que je deviens dieu, » dit-il gaiement, en faisant allusion à l’apothéose qu’on lui décernerait après sa mort , comme à tous les empereurs. Au moment où la vie allait l’abandonner, il se fit habiller, se leva, en disant qu’un empereur doit mourir debout, et expira entre les bras de ses domestiques. Sous son règne, la Comagène, la Cilicie- Trachée, les îles, la Gallécie et Asturie, furent réduites en provinces romaines.
VESPER. V. Hesper.
YESP1LLONS, Vespillones, agents libitinaires chargés, chez les anc. Romains, d’enlever les corps des pauvres plébéiens, et de les porter au bûcher, sur une litière banale. On les appelait Vespillons, parce qu’ils ne procédaient à cet enlèvement que le soir, Vesper. C. D — T.
YESPUCE (Améric). V. Améric.
VESTA , fille de Saturne et de Rhéa, déesse du feu. Son nom est synonyme de feu dans Virgile. Son culte était venu probablement de la Perse. A Troie, Pallas et Vesta étaient les grands Pénates de la ville. On adorait Vesta à Athènes, et surtout à Rome. Numa lui éleva un temple de forme ronde, où les Vestales entretenaient un feu perpétuel. Il y avait aussi à la porte de chaque maison un feu sacré en son honneur. De là le nom de Vestibule. Vesta est à la fois la déesse du foyer domestique et de la patrie, du feu intérieur, de la Terre même. Elle protège les suppliants. On lui offre des libations d’eau, d’huile, de vin, et des génisses d’un an. La victime doit être brûlée en entier. De là l’expression ÈsGca 6ûuv, sacrifier à Vesta, c.-à-d. tout garder pour soi. Vesta fut, dans l’origine, adorée sous le symbole du feu allumé sur l’autel; elle n’avait alors, suivant Ovide, aucune image. Plus tard, on lui éleva des statues. On voyait à Rome, du temps de Pline, dans les jar-
dins de la famille Servilius, la fameuse Vesta assise de Scopas. Il reste peu d’images de cette déesse. P.
VESTALES, prêtresses de Vesta, étaient chargées d’entretenir le feu sacré sur l’autel de la déesse. Les Vestales ne devaient avoir, au moment de leur admission, ni plus de
10 ans, ni moins de 6 ; il fallait qu’elles fussent exemptes de défaut corporel, que leurs père et mère fussent vivants, de naissance libre, établis en Italie, et n’exerçassent aucun métier déshonnête. Le temps de leur ministère, durant lequel elles étaient tenues de garder la chasteté, était de 30 années; les 10 premières étaient une espèce de noviciat, où elles apprenaient les mystères sacrés ; les 10 sui vantes, elles en faisaient les fonctions; les 10 dernières, elles instruisaient les novices. Après les 30 années, elles pouvaient renoncer au sacerdoce, et même se marier. Elles avaient , entre autres privilèges , ceux de n’être assujetties ni à la puissance paternelle, ni à la tutelle, de pouvoir tester sans curateur, d’être crues sans serment en justice, de se faire précéder de licteurs en public, d’occuper une place d’honneur dans les spectacles, et de sauver la vie au criminel qu’elles rencontraient par hasard. Outre le feu sacré, il parait qu elles gardaient le Palladium et les dieux de Samothraee apportés en Italie par Enée. Quand elles avaient laissé éteindre le feu de Vesta, elles étaient punies du fouet. Celles qui violaient le vœu de chasteté étaient enfermées avec du pain, de l’eau, un pot de lait et uu peu d’huile, dans un caveau souterrain, près de la porte Colline, en dedans des murs de Rome, et on les y laissait mourir: en onze siècles, 20 Vestales seulement furent convaincues de ce crime; 13 furent enterrées vives, les autres périrent par divers supplices à leur choix.
11 y avait des Vestales en Etrurie et chez les Sabins, avant
la fondation de Rome ; Rhéa bylvia, mère de Romulus et de Rémus, faisait partie de cet ordre de prêtresses. Numa transporta l’institution à Rome, et créa, dit-on, 2 Vestales, puis 2 autres. Servius Tullius porta leur nombre à 6. Elles portaient de longues stoles blanches, dont la partie supérieure était ramenée sur la tête jusqu’aux oreilles. Le collège des Vestales se relâcha, sous les empereurs, de la rigidité de ses règlements ; restauré par Domitien , il fut aboli par Théodose, en 389. B.
VESTAL1ES, Veslalia, fête célébrée le 8 juin, dans l’anc. Rome, en l’honneur de Vesta. On promenait dans les rues des ânes couronnés de Heurs et portant des colliers de petits pains. C’était pour rappeler que l’âne de Silène, en se mettant à braire, avait réveillé Vesta, endormie au milieu d’une fête donnée aux dieux par Cybèle, au moment où Priape allait lui faire violence. B.
VESTERAS , v. de Suède. V. Væsteras.
VESTIFICES, Veslificœ , femmes esclaves chargées de confectionner les habits, dans les opulentes maisons des anciens Romains. C. D — y.
VESTINS, Vestini, peuple sabellien de l’Italie centrale, à l’E., entre les Prétutiens au N. et les Marrucins au S.; v. princip.: Amitermm.l\s prirent part à la guerre du Samnium : vaincus par les Romains dès l’an 326 av. J.-C., ils ne furent définitivement soumis qu’en 295.
VESTIPLICA ou VEST1SPICA , femmes esclaves chargées, dans les maisons des anciens Romains, de nettoyer et de serrer les habits, en les pliant et les mettant en presse. C. D— y.
VESTRIS (Gaetano-Apolino-Balthazar) , fameux danseur, né à Florence en 1729, m. en 1808, vint jeune à Paris, où il reçut les leçons de Dupré, débuta à l’Opéra en 1748, et ne quitta le théâtre qu’eu 1781. Il eut autant de vanité que de talent; il s’appelait lui-même le dieu de la danse. Il n’y a, disait-il , que trois grands hommes en Europe, moi, Voltaire, et le roi de Prusse (Frédéric II). » — Sa femme, Anne-Frédérique Ileinel , née à Baireuth en 1752, m. en 1808, eut aussi une grande réputation.
VESTitis ( Marie- Auguste), fils naturel du précédent, dit Vestris- Allard (du nom de sa mère), né en 1760, m. en 1842, entra à l’Opéra en 1780, y resta jusqu’en 1818, et fut le plus célèbre danseur de son temps. Comme il prit tard sa retraite, et que, dans les dernières années, il jouait encore le rôle de l’Amour dans le ballet de Psyché, on l’avait surnommé le Père l'Amour.
vestris (Marie-Rose gourc.aud-dugazon, Mme ), tragédienne, née en 1746, m. en 1804, femme d’un danseur médiocre, Paco -Vestris, qui était frère du 1er Vestris, débuta à la Comédie-Française en 1768, sous les auspices de Lekain, et créa plusieurs rôles dans les tragédies de Voltaire : celui de Gabrielle de Vergy , de De Belloy7, fut son triomphe. Elle posséda au suprême degré l’art de 1? scène, mais fut dépourvue de sensibilité.
VEbTROGOTIllE. V. Gotiiie.