VIEUX-CONDÉ. V. CONDÉ
vieux de la montagne, en latin senior, stnex ou veto lus de monte , traduction inexacte de l’arabe Sckeik-al- Djebal , qui signifie le seigneur ou le grand maître de la montagne. C’était le titre que portait le chef de l’ordre des Assassins ( V . ce mot), souverain d’Alamout en Perse, et de la plupart des châteaux-forts situés dans les parties montagneuses de l’Irak, du Kouhistan et de la Syrie. Il était vêtu de blanc, et se donnait , dit-on , la qualification de simple, par un étrange contraste avec l’immoralité de sa doctrine et la perfidie de ses actes. La suite des princes Assassins n’est pas, à proprement parler, une dynastie héréditaire, quoique la plupart se soient succédé de père en fils. Depuis Hassan -Sabah, fondateur de l’ordre, jusqu’à Rokn-Eddin-Karscliah , dernier grand maître, vaincu et tué par les Mongols, on compte huit princes. Tous sont désignés indifféremment sous le nom de Vieux de la Montagne par les historiens des Croisades, qui donnent ce même titre au scheik suprême et à ses lieutenants en Syrie. II. B.
VIF, ch.-lieude canton (Isère), arrondiss. et à 20 kil. S. de Grenoble, sur la Grèze; 1,123 hab. Près de Vif est la fontaine qui brûle.
V1FFLISBURG ou WIFFLISBURG. V. Avenciies.
V1GAN (Le), Vindomagus, s.-préf. (Gard), à 79 kil. O. -N. -O. de Nimes, sur l’Arre, au pied des Cévennes ; 4,153 hab. Trib. de lrc instance, collège. Les environs, remarquablement pittoresques, sont embellis par de nombreuses maisons de campagne. Fabr. de bonneterie de soie et de coton, tanneries, mégisseries. Commerce de vins, soie, huile, peaux , etc. Patrie du chevalier d’Assas , à la mémoire duquel une statue en bronze a été érigée sur une des places de la ville.
V1GÉE ( Marie -Louise -Elisabeth ) , femme Lebrun, peintre de portraits et d’histoire, née à Paris en 1755, m. en 1842, était fille d’un peintre. A 15 ans, elle fit le portrait de sa mère avec une grâce et une vérité qui attirèrent l’attention des connaisseurs. Joseph Vernet s’intéressa à la jeune artiste, et lui donna des conseils. Mlle Vigée ayant eu occasion de peindre la duchesse d’Orléans et la comtesse de Brionne, devint à la mode dans le grand monde, et fit, en 1779, le portrait de la reine Marie- Antoinette. Quatre ans après, elle fut reçue à l’Académie de peinture. A la Révolution , Mme Lebrun émigra , parcourut l’Italie, l’Allemagne, la Russie,” et, partout accueillie avec distinction, fit dans toutes les cours, même pour les souverains, un grand nombre de portraits, qu’on lui payait généreusement. Rayée en 1801 de la liste des émigrés, elle' rentra en France, où elle reprit sa vie d’artiste. Elle a peint un très grand nombre de portraits ; on cite parmi
les plus beaux ceux du peintre Robert, de miss Pitt, eu Hébé, de Paisiello, de lady Hamilton , en bacchante couchée au bord de la mer, et le sien, avec un large chapeau de paille. M10' Lebrun avait une grande facilité : ses portraits se distinguent par le bon goût des ajustements, la vérité dans l’expression, et surtout une couleur brillante ; mais sa peinture manque un peu de corps. Elle a écrit, sous le titre de Souvenirs , Paris, 1835, 3 vol. in-8°, d’intéressants Mémoires sur sa vie.
vigée ( Louis- J. -B. -Etienne ), littérateur, frère de la précédente, né à Paris en 1758, m. en 1820, se fit une certaine réputation par quelques poésies fugitives de l’école de Dorât et plusieurs comédies: Les Aveux difficiles, en 1 acte et en vers, 1783 * la Fausse Coquette, 3 actes en vers, 1784; la Belle-Mère , ou les Dangers d’un second mariage, 5 actes en vers, 1788; l’Entrevue, 1 acte en vers, 1783; la Matinée d'une Jolie Femme, 1 acte en prose, 1792. Vigée n’a pas une grande force comique, mais il est spirituel et fin, et son style est d’assez bon goût. Il avait.été secrétaire de Madame, belle-sœur de Louis XVI. Successeur de La Harpe dans la chaire de littérature de l’Athénée de Paris, il s’y soutint par l’art avec lequel il lisait les vers. Il chanta la Révolution, l’Empire, et la Restauration, et fut nommé lecteur du roi en 1814. Il éditait l’ A Imanach des Muses depuis 1789. Ce qu’il a fait de mieux est dans son recueil de Poésies, 1813, 5e édit., gr. in-18. J. T.
VIGENÈRE (Biaise de), médiocre traducteur, né à Sl-Pourçain en 1523, m. en 1592, étudia sous Turnèbe et Dorât, fut secrétaire du duc de Nevers, puis, en 1566, secrétaire d’ambassade à Rome. On lui doit des traductions, fort médiocres et mal écrites, de César, 1576, in-fol. et in-4“ ; de Tite-Live (lre décade), aveofig.; de Pltilostrale et d ’Onosander, accompagnées de notes qui ne sont pas dépourvues d’érudition. 11 est aussi le premier qui ait traduit Le Tasse en français. Parmi ses ouvrages originaux, on distingue un Traité des comètes, 1578, in-8°, et un Traité des chiffres ou secrètes manières d'écrire, 1586, in-4°. C. N.
VIGENNA, nom anc. de la Vienne.
VIGEOIS, ch.-l. de cant. (Corrèze), arr. et à 35 kil. N. de Brive, sur la Vézère ; 409 hab.
VIGER (François), Vigerius , jésuite, né à Rouen, m. en 1647, a donné une bonne traduction latine de la Préparation évangélique d’Eusèbe, avec notes, Paris, 1628, 3 vol. in-fol-, et un traité estimé De Idiolismis prœcipuis lingum græcæ, 1632, in-12.
VI GÉ5IME. F. Vice'sime.
VIGEVANO, anc. Viclumviæ, v. du royaume d’Italie, sur la Mora, dans la province et à 35 kil. O. de Pavie; 17,637 hab. Evêché suffragant de Verceil. Autrefois titre d’un comté. Anc. château-fort. Manuf. de soie, fabr. de bonneterie, savon, etc. Patrie de Fr. Sforza, dernier duo de Milan. Aux environs est un anc. couvent de Dominicains, dit la Villa Sforzesca.
VIGGIANO, v. du royaume d’Italie, province et à 35 kil. S. de PoteiTza; 6,000 hab. Belle église S,e-Mariedu-Mont. Près delà, sur le mont Viggiano, est une chapelle visitée par de nombreux pèlerins.
VIGIER (François-Antoine), oratorien, né vers la fin du xvne siècle, publia, en 1736, pour le diocèse de Paris, un Bréviaire, que la plupart des évêques français adoptèrent avec des modifications de détail. On lui doit encore en grande partie les Bréviaires de Vienne et d’Albi, et le Martyrologe de Paris.
VIGILANCE, Vigilantius, hérésiarque du ive siècle, né, selon l’opinion commune, à Calagorris (Cazères), chez les Convènes (pays de Comminges), alla en Terre-Sainte, où il n’obtint pas l’estime de S1 Jérôme, tinta son retour des discours peu mesurés contre cet illustre docteur, parla et écrivit contre le culte qu’on rendait aux martyrs et à leurs reliques, contre le jeûne, le célibat des prêtres, la profession monastique, b* Jérôme combattit ses doctrines par Lettres et dans un traité spécial.
VIGILE, pape de 537 à 555, né à Rome, fut élu, du vivant même de S1 Silvère, par l’influence do Bélisaire. Son élévation irrégulière fut acceptée universellement après la mort de Silvère, 538. Mandé à Constantinople par Justinien pour décider l’affaire des Trois-Chapitves | V. ce mol), il ne s’y rendit qu’au bout d’un an, et, après avoir examiné mûrement l’affaire , et résisté aux violences de Justinien et de l’impératrice Théodora pour forcer son opinion, il finit par adhérer à la sentence du 2e concile de Constantinople , 553. Il repartit ensuite pour l’Italie, et mourut à Syracuse.
vigile, évêque de Thapsus en Afrique vers 480, souffrit la persécution d’IIuncric, roi des Vandales, en 484. Il a laissé des écrits polémiques contre les Ariens, les Nés-
VIG — 2743
toriens et les Eutychéens, publiés par le P. Chifflet, Dijon, 1664, in-4°.
VIGILE, c.-à-d. veille d’une fête, dans le calendrier ecclésiastique. Dès l’origine du christianisme, les fidèles s’assemblaient la veille de Pâques, qui était la principale des solennités chrétiennes, et passaient la nuit du samedi au dimanche à célébrer les saints mystères , à y participer, et à chanter des psaumes, et demeuraient assemblés jusqu’au lever du soleil, heure de la résurrection de Jésus- Christ. Cette manière de célébrer les veilles s’étendit peu à peu aux autres fêtes des mystères et même aux anniversaires des martyrs. De là vint l’usage de commencer le jour ecclésiastique depuis les vêpres jusqu'au lendemain à pareille heure. On doit aux Vigiles de certaines fêtes (Noël, la Toussaint, etc. ) , observer l’abstinence et le jeûne.
VIGILES, Vigiles, gardes de nuit de l’anc. Rome, établis par Auguste, l’an 753 de la ville, pour prévenir ou réprimer les incendies dans la ville. C’était un corps de 4,200 affranchis, organisés en 7 cohortes avec des tribuns pour chefs, et un préfet pour commandant général. Ils étaient répartis dans 14 corps-de-garde, autant que la ville avait de régions. Auguste établit d’abord les Vigiles provisoirement, puis décréta leur perpétuité; ils existaient encore du temps du Bas-Empire. Leur solde était à la charge du Trésor public. V. Kellermann, Vigilum Romanorum lulercula duo. ..j Rome, 1835, in-fol. C. D — y.
VIGIjSTI VIRAT, Viijinliviralus , collège magistral de l’ancienne Rome, établi par un sénatusconsulte de l’an 741 de la ville, et composé des Triumvirs monétaires, des Triumvirs capitaux, des Quatuorvirs des rues de Rome, et des Décemvirs judiciaires : en tout, 20 membres. Ce Vigintivirat remplaça un collège de 28 membres, qui existait sous l’anc. république; c'était le 1er degré des honneurs, et les comices par tribus y élisaient. Les chevaliers pouvaient seuls y prétendre, après la réforme de 741, et l’occuper dès l’âge de 18 ou 20 ans. C. D — y.
VIGTNTIVIRS, Vigintiviri. V. Vigintivirat.
VIGLIUS, jurisconsulte, né en 1507 à Zuichem (Pays- Bas), m. en 1577, professa pendant deux ans à l’université de Bourges, voyagea en Allemagne et en Italie, se fit prêtre, fonda un collège à Louvain, et devint un des conseillers de Marguerite de Parme , gouvernante des Pays-Bas.
VIGNACOURT, brg (Somme), arr. et à 19 kil. N.-N.-O. d’Amiens; 3,712 hab.
VIGNaLE, v. torte du roy. d'Italie, arrondissement et à 13 kil. S. de Casai; 2,000 hab.
VIGNÉ (J.-B.), médecin, né en 1771, m. en 1842, exerça son art à Rouen, fut nommé, en 1814, médecin en chef de l’hospice-général de cette ville, et y introduisit la méthode de Pinel dans le traitement de l’aliénation mentale. Il fut membre correspondant de l’Académie de médecine de Paris, cultiva la poésie avec quelque succès, et publia : Traité de médecine légale, 1805 ; de la Mort apparente, 1841, ouvrage où il signale le danger des inhumations précipitées.
VIGNEMALE, montagne de France (IT. -Pyrénées), à 26 kil. S.-S.-E. de Luz; 3,298 mèt. de hauteur.
VIGNES (Pierre Des). V. Des Vignes.
VIGNEUL DE MARVILLE. V. Argonne (d’).
VIGNEULLES, ch.-l. decant. (Meuse), arr. et à 38 kil. N.-N.-E. de Commerey; 099 hab.
VIGNOLA, v. du royaume d’Italie, à 20 kil. S. de Modène; 3,903 hab. Patrie de Muratori et de Vignole.
vignola, v. du royaume d’iialie, province et à 10 kil. S. -O. de Potenza; 5,389 hab.
VIGNOLE (Jacques Butozzio, dit), architecte célèbre, né en.1507 a Vignola (province de Modène), m. en 1573, s’appliqua d’abord avec peu de succès à la peinture, et alla ensuite étudier à Rome l’architecture. Après un séjour de deux ans en France, il construisit, entre autres édifices remarquables : à Bologne, le frontispice de l’église San- Petronio; à Plaisance, le palais ducal; à Rome, l’église de Jésus, le Casin du pape Jules, hors de la Porte du peuple, l’église Sl-André, et, près de la ville, le superbe château de Caprarola, son plus grand ouvrage. Il donna aussi des plans pour modifier l’Escurial, et fut architecte de Saint- Pierre de Rome. Son titre de gloire le plus durable est un Trailé des cinq ordres, où il a réduit l’architecture en règles, la fixant, autant qu’il est possible, par des mesures convenues et assujetties à un principe constant. Cet ouvrage a été traduit dans toutes les langues, et, en français, avec un commentaire, par Daviler, Paris, 1691, 3 vol. in-4», et 1738, 2 vol. gr. in-8». On a encore de Vignole un Trailé de la perspective, 1583, ouvrage devenu classique. Les ar-
chitectes Debret et Lebas ont entrepris la publication de ses Œuvres, gravées au trait, Paris, 1815, in-fol., maie l’ouvrage est resté inachevé. C. D — y.
V1GNOLES (Des), chronologiste. V. Desvignoles.
VIGNORY, ch.-l. de cant. (Hle-Marne), arr. et à 20 kil. N. de Chaumont; 591 hab. Jadis titre d’une baronnie. Belle église; château-fort en ruines. Fabrique de bas de laine. Patrie du jésuite François Oudin.
VIGO, anc. Vicus Spacorum, v. forte d’Espagne, dans la prov. de Pontevedra, bon port sur la baie de son nom dans P Atlantique, à 80 kil. S. -S. -O. de Santiago. Trib. de commerce; fabr. de linge de table, chapeaux. Comm. de bétail avec le Portugal. Une flotte espagnole y fut coulée à fond par les flottes réunies des Anglais et des Hollandais, en 1702. Pop., 11,070 hab.
VIGONA , brg du royaume d’Italie, arr. et à 13 kil. E.-S.-E. de Pignerol ; 6,637 hab.
VIGORNIA, nom latin de Worcester.
VIGOUREUX (La), fameuse empoisonneuse et prétendue sorcière, fut condamnée, en 1680, lors de l’affaire de la marquise de Brinvilliers, avec son frère, l’abbé Vigoureux, et brûlée en place de Grève avec la Voisin et ses complices.
VIGUIER (du latin Vicarius], nom donné en France, avant la Révolution, à des juges de lre instance, lieutenants des comtes dans les tribunaux appelés Vigueries , établis dans les petites villes.
VIG Y, ch.-l. de cant. (Moselle), arr. et à 15 kil. N.-N.-E. de Metz; 652 hab.
VIH1ER3, ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), arr. et à 37 kil. O. -S. -O. de Saumur , près d’un étang; 1,634 hab. Détruit en partie pendant les guerres de Vendée, il commence à se relever. On y remarque les ruines du château et deux tombelles. Fabr. de toiles.
VILAGOS, brg de Hongrie, comitat et à 31 kil. E.-N.-E. d’Arad; 6,000 hab. Récolte de bons vins. Le 9 août 1849, capitulation des Hongrois devant l’armée russe.
VILAINE, Vicinovia, I/erius, nv. de France, prend sa source près de Juvigné (Mayenne), arrose les départements d’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Inférieure, sépare ce dernier du Morbihan, passe à Vitré, Rennes, Redon, La Iloche-Bernard, au-dessous de laquelle elle se jette dans l’océan Atlantique; cours de 210 kil., àl’O., puis au S. -O., navigable sur 139 kil., au moyen de 15 écluses, qui sont, en France, les plus anciens travaux de ce genre; ils furent terminés vers 1575. Avec la marée, la Vilaine devient navigable pour les petits bâtiments de mer, depuis Redon, sur 42 kil. Elle reçoit à droite l’ille, à gauche la Seiche et le Cher.
VILAINS, Villani, nom donné, pendant le moyen âge en France, aux gens de basse extraction qui habitaient une villa, et, par ce mot, on désignait alors un groupe d’habitations que nous appelons auj. bourg ou village. Il fut étendu à tous les roturiers.
VILARIS (Marc-Hilaire), pharmacien et chimiste, né à Bordeaux en 1720, m. en 1792, étudia sous Rouelle à Paris, servit dans les hôpitaux de l’armée de Hanovre, et se fit recevoir apothicaire dans sa ville natale en 1748. On lui doit la découverte du kaolin , qui détermina l’établissement de la manufacture de porcelaine de Limoges. Il imagina aussi la conservation de la viande par la dessiccation.
VILLA, nom par lequel les anc. Romains désignaient une exploitation rurale ou une maison de campagne. La villa d’exploitation importante avait trois parties distinctes : V Urbaine (Urbana), habitation du maitre ; la Rustique | Rustica ), bâtiment pour loger les esclaves et les animaux; et la Fructuaire ( Fructuaria ), pour serrer les récoltes. V. une Description très-détaillée de la villa, dans Rome au siècle d’Auguste, Lettre 81. — La villa de luxe ne se composait que d’une maison plus ou moins somptueuse accompagnée de vastes jardins. — Vers la fin de 1 Empire, le mot villa désigna aussi une bourgade, et garda cette signification pendant le moyen âge. CI D — y.
villa publica, grand édifice bâti dans la ixe région de l’anc. Rome, hors de la ville, près du Cirque Flaminius. Il servait à passer la Revue du peuple I V. Revue), et l’on y logeait aussi les ambassadeurs étrangers envoyés à Rome. La Villa publica fut dédiée par les censeurs l’an 320 de la ville. C. D— y.
VILLA-BELLA, v. du Brésil. V. MATo-Gr.osso.
VILLA-BOA, v. du Brésil. V. Goyaz.
V1LLACANAS, ville d’Espagne (Tolède), à 28 Itilom. N.-N.-O. d’Alcazar-de San-Juan; 5,000 hab.
VILLACAIULLO , ville d’Espagne (Jaen), à 26 kilom. N.-N.-E. d’Ubeda, près du Guadalquivir ; 7,600 hab.
VILLACARLOS , brg d’Espagne (Baléares), petit port, j srr la côte N. de Vile de Minorque; 4,500 hab.
VILLA CH, v. des Etats autrichiens (Carinthie), sur la Drave, située à 48 ki’.om. O. de Klagenfurt; 5,000 hab. Ch.-l. de cercle. Ville bien bâtie. Mines de plomb et de fer, dont l’exploitation est très-active. Carrières de marbre. Connu, de transit entre l’Italie et l’Allemagne ; eaux nunérales. — Le cercle de Villach, formé de 1 0, de la Carintliie, entre la Styrie et le duché de Salzbourg au N., le Tyrol à l’O., la province de Vénétie au S.-O., les prov. du Littoral et de Cnrniole au S., et le cercle de Klatrenfurt à l’E., a 546,000 hectares, 140 kil. sur 62, et 12o,000 hab. Climat tempéré; sol très-montagneux, riche en minerais et en forêts, mais peu fertile.
VILLAC1DRO , ville de l’ile de Sardaigne, à 45 kil. O.-N.-O. de Busae’ni ; 6,000 hab. Récolte de citrons et de cédrats. Mines de plomb aux environs.
VILLA-CLARA ou SANTA-CLARA , v. de l’ile de Cuba, dans le département du Centre; 9,000 hab. Récolte importante de sucre.
VILLA-DA-PRAYA , v. de l’ile de Terceire (Açores), port sur une baie; 3,000 hab. Une flotte envoyée par don Mifruel pour s’en emparer, en 1829, y périt.
VILLA-DE-LA-OROTAVA. V. Orotova.
V1LLA-DEL-FUERTE, v. du Mexique (dép. de Cinaloa), sur une riv. de son nom, à 150 kil. N. de Cinaloa; 8,000 h.
V1LLA-DO-CONDE, ville du Portugal (Minho), petit port à l’embouchure de l’Ave dans l’Océan, à 26 kil. N. de Porto ; 3,500 hab.
VILLA-DO-PRINCIPE, ville du Brésil (Min as-Geraës), ch.-l. de la comarca de Cerro-do-Frio, à 200 kil. N.-É. de Villa-Rica; 3,000 hab.
VILLA-FALETTO, v. du royaume d’Italie, prov. et à 11 kil. N. de Coni; 4,011 hab.
VILLA-FRANCA ou V1LLEFRANCHE, ch.-l. de cant. (Alpes-Maritimes), sur le golfe de Gènes, arr. et à 2 kil. E. de Nice; 1,416 hab. Dominée par la forteresse de Montalbano. Arsenal et chantiers de construction de la marine. Ecole de navigation; fortifications. Pêche active de thon. Huiles, oranges, soies, vins, grains, chanvre, etc.
Villafuanca, v. du Portugal (Estramadure), port sur le Tage, à 35 kil. N.-E. de Lisbonne; 4,600 hab. Salines.
VILLAFRANCA-DE-laS-AGIJJAS, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 26 kil. N.-E. de Cordoue, sur la rive dr. du Guadalquivir; 3,200 hab.
villafranca, v. du royaume d’Italie (Turin), prov. et à 25 kil. S - E. de Pignerol, sur le Pô; 9,000 hab. j villafranca, v. du royaume d’Italie (Vénétie), dans I la province et à 15 kil. S.-ü. de Vérone ; 5,000 hab. IJn armistice y fut signé entre les armées franco-sarde et autrichienne le 8 juillet 1860; et le 11 eut lieu une entrevue entre les empereurs Napoléon III et François- Joseph, où furent posés des préliminaires de paix.
villafranca-de-los-barros, ville d’Espagne (Estramadure), à 35 kil. S. de Merida; 7,600 hab.
yillafranca-de-pan adès, v. d’Espagne (Catalogne), prov. et à 50 kil. O. de Barcelone, sur le Tet; 6,24 ) hab.
villafranca-del-vierzo , v. d’Espagne, prov. et à 72 kil. de Léon, sur le Rubia et le Valcarce; 4,170 hab. Le général D. Antonio Filangieri y fut assassiné par des soldats du régiment de Navarre, le 24 juin 1808.
V1LLAGAROIA, ville d’Espagne (Galice), à 45 kil. S. -S.-ü. de Santiago, sur la baie d’Arrosa ; 4,620 hab. Pêche de sardines. Eaux minérales ferrugineuses, découvertes en 1824.
VILLA-HERMOSA de Tabasco. V. Tabasco.
VILLA1NES-LA-JUHEL, ch.-l. de cant. (Mayenne), arr. et à 34 kil. E. de Mayenne; 1,382 hab. Autrefois défendue par un château-fort.
VILLA JÛYOSA , anc. Idera ou Honosca? brg d’Espagne (Valence), prov. et à 28 kil. N. -N.-E. d’Alicante, près de la Méditerranée; pop. de la commune ; 9,620 hab. Pèche et cabotage. Nombreuses et remarquables antiquités romaines.
VILLALAR , brg d’Espagne, prov. et à 35 kil. S.-O. de .Valladolid ; 900 hab. Célèbre par la défaite des Communeros révoltés contre Charles-Quint; leur chef Jean de Padilla y fut pris, 1521.
VILLALOBOS (Francisco Lofez df. ), médecin de Fer- ! dinand le Catholique et d’Isabelle, de Charles-Quint et de Philippe II, né à Tolède vers 1480, m. vers 1560, fut le chef du parti des Erudits ou imitateurs des anciens, opposé à celui des imitateurs de l’Italie. 11 donna, en 1515, une traduction en prose élégante et correcte de Y Amphitryon de Plaute. lise ht conuaitre aussi comme moraliste distingué, et publia un traité sur la physique et la médecine.
yit.t.alobos (Ruy lopez de ) , navigateur espagnol, fut chargé, en 1542, par Antonio de Mendoza, vice-roi dû Mexique, de reconnaître les îles situées à l’O. de l’Amé-" rique. Il découvrit les îles del Coral et los Jardines (Carolines), les Mdtalotes, les Arracifes (Peleiv),une grande île Cæsarea Caroli , qu’on croit être Luçon , enfin Antonia ou Sarayan. Il éprouva des fatigues et des difficultés inouïes dans ce voyage, et mourut dans le dénûment et accablé de chagrin, à l’ile d’Amboine. B.
VILLALON, v. d'Espagne (prov.de Valladolid), à 26 kil. N. -O. de Medina-del-Rio-Seco; 4,900 hab.
VILLALPAND (J.-B.), savant jésuite et commentateur d’Ezéchiel, né à Cordoue en 1552, m. en 1608, est surtout connu par un commentaire, qu’il fit en société avec le P. Prado, et intitulé : J.-B. Villatpandi et H. rradi in Fzechielem euplanationes, et apparatus urbis et templi Hierosolimytani commentariis et imaginibus illuslralus, Rome, 1596- 1606, 3 vol. in-fol. La description de la ville et du temple de Jérusalem est un beau travail , mais où Villalpand s’est beaucoup trop livré à son imagination.
V1LLAMBLARD, ch.-l. de cant. ( Dordogne), arr. et à 24 kil. N.-E. de Bergerac; 559 hab.
VILLANDRANDO ( Rodrigue de), gentilhomme de Bis caye, né vers 1385, vint de bonne heure chercher fortune en France, servit sous Amaury de Sévérac, capitaine en réputation dans le parti des Armagnacs, réunit bientôt dans les Cévennes une bande particulière d’aventuriers, avec lesquels il combattit depuis 1428 pour Charles VII contre les Anglais, borna ses dévastations aux provinces du Midi depuis la paix d’Arras en 1435, fut ensuite proscrit par le roi , et rentra en Espagne en 1439. B.
villandrando (Augustin rûxas de), littérateur espagnol , né vers 1577, est auteur du Voyage amusant , tableau de la vie des comédiens, plein d’originalité, de verve et de licence ; on y trouve de curieux détails pour l’histoire du théâtre espagnol. B.
VILLANDRAUT, ch.-l. de canton I Gironde), arr. et à 13 kil. O.-N.-O. de Bazqs ; 580 hab. Patrie du pape Clément V. Marchés importants pour les bestiaux.
VILLAN1 (Jean), historien, né à Florence vers 1275, m. de la peste en 1348, se livra d’abord au commerce, puis fit partie des prieurs de sa ville natale, 1316-17-21, fut nommé directeur de la monnaie, et surveillant des fortifications. On a de lui la première partie d’une histoire universelle, comprenant les événements contemporains en Europe jusqu’à l’an 1338. 11 l’appela Histoire florentine, parce qu’il y rapporte à sa patrie les annales du monde. Assez exact pour tout ce qui concerne son temps et sou pays, il manque souvent de critique sur les faits éloignés. Le style charme par la naïveté et l’élégance. L’ouvrage de Jean Villani a été continué jusqu’en 1363 par son frère Mathieu; Philippe, fils de Mathieu, a ajouté les événements des années 1363 et 1364. L'Histoire de Florence fut imprimée pour la lre fois à Venise, 1537, in-fol.; les meilleures éditions sont celles des Juntes, Florence, 1587 ; de Muratori, dans ses Scriplores reru m Italicarum ; de Milan, 1802. Philippe Villani fut chancelier de Pérouse, et composa des Vies des hommes illustres de Florence, publiées en 1747. B.
V 1LL Ai\ O V A-D A-GOA. V. Goa.
villanova-de-milfontes , v. de Portugal ( Alentéjo), petit port sur l’Océan, à 37 kil. O. d’Ourique; 2,500 hab.
villanova-de-portimao , v. de Portugal (Algarve), petit port à 17 kil. E. de Lagos; 3,500 hab.
VILLANUEVA-DE-CABELLAS, v. d’Espagne (Catalogne), prov. et à 50 kil. N.-E. de Tarragone, sur la Méditerranée; 9,500 hab. Fabr. de dentelles et de blondes.
villanueva-del-arzoiîispo, v. d’Espagne (Jaën), à 35 kil. N.-E. d’Ubeda; 5,000 hab.
villanueva-de-la-seuena, ville d’E«pagne (Estramadure), prov. et à 106 kil. E. de Badajoz, près de la Guadiana. Pop. de la commune : 10,060 haï).
villanukva-de-los-infantes, v. d’Esparne dans la prov. et à 60 kil. S.-E. de Ciudad-Koal; 6,200 hab.
villanueva-de-s an-marcos, v. d’Espagne (Grenade), sur le Xenil, à 26 kil. N.-E. d’Antequera ; 5,000 hab.
VILLA-NUOVA, v. du roy. d’Italie (Coni), à 10 kil, S.-O. de Mondovi; 3,578 hab.
villantjova-d’asti, v. du royaume d’Italie, à 22 kil, E.-S.-E. de Turin; 3,552 hab.
VILLARD-DE-LANS, ch.-l. de canton (Isère), arr. et à 22 kil. S.-O. de Grenoble; 608 hab.
VILLAREAL , v. de Portugal ( Tras-os-Montes), à 2g kil. N. de Lamego, dans un territoire fertile en vins; 4,000 hab. Château bâti par les Arabes. villareal, v d’Espagne ( Valence ) , prov. et à 9 kil.
S. -0. de Caste don-de-la-Plana, sur le Mijarès. Autrefois fortifiée. Poe. de la commune : 10,470 hab.
villareal-de-santo-antonio, brg de Portugal (Algarves), port à l’embouchure de la Guadiana, à 19 ldi. N.-E. de Tavira; 1,800 hab. (presque tous pêcheurs). Fondée en 1774 par le marquis de Pombal.
VILLAREAL-DO-SABARA. V. 8ABARA.
VILLARET ( Guillaume), 24e grand-maître des Hospitaliers de Sl-Jean de-Jérusalem, m. en 1308, avait été grand-prieur de Sl-Gilles, maison de la langue de Provence. Après son élection , faite pendant son absence , il parcourut tous les prieurés de France, d’Auvergne, et de Provence, et y rétablit la discipline. Il allait entreprendre une expédition contre Rhodes, quand il mourut à Limisso.
viBi.AKET (Foulques de), frère du précédent, lui succéda dans la charge de grand-maître en 1308, s’empara de l’ile de Rhodes, après des prodiges de constance et de courage, et y établit ses chevaliers malgré l’empereur Androuicll Paléologue, 1310. Il repoussa presque aussitôt une attaque d’Othman, puissant sultan des Turcs Ottomans, et accepta pour son Ordre, en 1312, les biens des Templiers condamnés ; mais, enivré de ses succès, il s’abandonna aux plaisirs, gouverna avec une hauteur et un despotisme qui firent éclater contre lui un complot, il la suite duquel il fut déposé, et remplacé par Maurice de Pagnac. La mort de ce dernier lui rendit le magistère, 1321 ; mais il y renonça en 1325, et mourut en 1329.
villaret (Claude), historien, né à Paris vers 1715, m. en 1766, fit de bonnes études, et fut destiné au barreau. Mais il dissipa son patrimoine, et, après s’être essayé sans succès dans la comédie et le roman , fut réduit , en 1748, à se faire comédien de province. Il abandonna cette profession en 1756, publia, deux ans après, à Genève, des Considérations sur l'art du théâtre, assez bonne réfutation de la Lettre de J. -J. Rousseau sur les spectacles, obtint une place de 1er commis à la Chambre des comptes, et, chargé de mettre en ordre les archives de cette cour, prit le goût des études historiques. On le choisit pour continuer V Histoire de France de Velly, arrêtée au 8e vol.; il la conduisit jusqu’au t. xvn ( de 1329 à 1469), et s’y montra beaucoup au-dessus de son modèle. B.
villaret de joyeuse (Louis-Thomas), né à Auch en 1750, m. en 1812, fut quelque temps dans les gendarmes de la Maison du roi, entra dans la marine à l’âge de 16 ans, se distingua pendant le siège de Pondichéry par les Anglais en 1778, commanda une frégate sous les ordres du bailli de Suffren en 1781 , tomba au pouvoir de l’ennemi après la prise de Gondelour ( Kaddalor), et recouvra la liberté à la paix de 1783. Il n’émigra pas à la Révolution, comme la plupart des officiers de la marine royale, et devint contre-amiral. 11 perdit, en 1794, contre l'amiral anglais Howe, la bataille navale de Brest , que le représentant Jean-Bon-Saint-André l’avait contraint d’engager contre des forces supérieures, bataille qui dura trois jours, et dans laquelle périt le vaisseau le Venqeur. Villaret montra une grande habileté, et aurait peut-être fini par rester vainqueur, si la lâcheté de Jean-Bon-Saint-André ne l’avait forcé d’ordonner la retraite, au moment où il allait recommencer le combat. Villaret, nommé membre du conseil des Cinq -Cents, en 1797 , par le département du Morbihan, y forma des liaisons avec le parti de Clichy, fut condamné à la déportation lors du coup d’Etat du 18 fructidor, se déroba â cet arrêt, puis vécut en exil à Oléron jusqu’au Consulat. En 1801 , il reçut le commandement des forces navales dirigées contre Sl-Domingue, et portant l’armée du général Leclerc. A son retour, 1802, il fut nommé capitaine-général de la Martinique et de Ste Lucie, qu’il rendit aux Anglais en 1809 , après une vigoureuse défense contre des forces très- supérieures. En 1811, Napoléon 1er récompensa sa belle défense de la Martinique, en l’envoyant à Venise comme gouverneur -général et commandant d’une division militaire. 11 mourut dans ce dernier poste. B.
VILLARICA , v. du Brésil. V. Ouro-Preto.
vjllarica , v. du Paraguay. V. conception.
VILLARüPEDO , v. d’Espagne (Nouvelle -Castille) , à 26 Ri 1. S. -S. -O. de San-Clemente ; 7,600 hab. Fabr. considérable de jarres et de poterie.
VILLA RS (Maison de), illustre famille de France, originaire de Lyon, tirait son nom d’un village du département de l’Ain, à 13 ldi. N.-E. de Trévoux. Ce village était titre de marquisat; le roi l’érigea en duché pour le maréchal de Villars, en 1705. — Un autre duché de Villars, dans le département de Vaucluse, à 7 kil. N. d’Apt, fut constitué en 1626 pour la maison de Brancas ( V. ce nom}.
villars (Pierre de), né en 1517, m. en 1592, s’attacha au cardinal de Tournon , qui le chargea de missions importantes, fut reçu conseiller-clerc au parlement de Paris en 1555, et promu à l’évêché de Mirepoix, puis à l’archevêché de Vienne. Appelé au conseil d’Henri III en 1576, puis aux Etats de Blois, ce fut lui que le clergé députa vers le roi de Navarre ( depuis Henri IV ) pour l’exhorter à se faire catholique. En 1588, il se démit de son siège épiscopal, et alla finir ses jours dans un couvent de Moncaglieri (Piémont). B.
villars (Louis-Hector de), célèbre général, né à Moulins en 1653, m. en 1734, montra de bonne heure un esprit distingué et une activité ardente. Une taille imposante et une figure majestueuse servirent à son avancement dans le monde. Il embrassa très-jeune la carrière militaire, à 19 ans, se distingua au passage du Rhin, aux sièges de Zutphen et de Maëstricht, et, à 21 ans, à la bataille de Senef, où il fut gravement blessé, et après laquelle le roi le nomma colonel d’un régiment de cavalerie. Il fit la campagne de l’année suivante en Flandre sous le maréchal de Luxembourg, qui le distingua comme avaient fait Condé et Turenne, puis fut envoyé à l’armée d’Alsace, ou l’estime du maréchal de Créqui le consola des rigueurs du ministre Louvois. Réduit à l’inaction par la paix de Nimègue, 1678, il parut à la cour, se jeta dans des intrigues galantes qui lui attirèrent une disgrâce momentanée, reçut en 1683 l’ambassade de Vienne, et parvint à détacher momentanément de l’alliance autrichienne l’électeur de Bavière. Louvois lui donna alors la charge de commissaire-général de cavalerie. Au début de la guerre contre la ligue d’Augsbourg, 1689, Villars commanda â l’armée de Flandre la cavalerie du maréchal d’IIumières, et mérita le grade de maréchal-de-camp. Dans la suite de cette guerre, il obtint de Louis XIV celui de lieutenant-général, malgré les préventions de Barbezieux, fils et successeur de Louvois. Envoyé de nouveau en ambassade à Vienne, 1699, il revint servir en Lombardie sous Villeroy, dont l’incapacité le dégoûta, 1701, reçut, en 1702, le commandement en chef de l’armée du Rhin, franchit ce fleuve à Huningue, et, par unè^nanœuvi’e pleine de hardiesse, battit le prince de Bade à Friedlingen; il eut l’honneur singulier d'être proclamé par ses troupes maréchal de France sur le champ de bataille, titre que Louis XIV ratifia. En
1703, il battit les Impériaux à Ilochstædt, de concert avec l’électeur de Bavière ; mais, rebuté par les irrésolutions continuelles de cet allié, il demanda et obtint son rappel. Alors, envoyé dans les G’évennes contre les Camisards,
1704, il parvint à les soumettre, autant par la douceur que par la force. Chargé de couvrir les frontières de l’Est après le désastre de Tallard et de Marsin à Hoehstædt, et bien que contraint d’affaiblir plusieurs fois son armée pour venir en aide aux armées de Flandre et de Provence, il prit l'offensive avec succès pendant les années
1705, 1706 et 1707, força les Impériaux dans leurs lignes formidables de Stollhofen, prés de Strasbourg, pénétra jusqu’au cœur de l’Allemagne, et conçut le plan hardi de se joindre à Charles XII , roi de Suède , qui occupait la Saxe; mais l’or de Marlborough, qui avait acheté le principal ministre de Charles, prévint cette alliance. Villars passa ensuite dans le Dauphiné, et, avec une faible armée, délivra cette province envahie par le duc de Savoie, en faisant une pointe dans le Piémont, 1708. C’est en partant pour cette campagne qu’il répondit au roi , qui montrait quelque inquiétude de la faiblesse de son armée :
■i Sire, j’ai appris du grand Condé que s’il est permis de craindre les ennemis quand ils sont loin, il faut les mépriser quand ils sont près. » Villars, successeur de Vendôme à l’armée du Nord, 1709, livra à Marlborough et au prince Eugène la bataille de Malplaquet, et leur tua 20,000 hommes; mais, grièvement blessé, on l’emporta du champ de bataille sans connaissance, et l’armée dut faire retraite. Louis XIV logea Villars au palais de Versailles jusqu’à sa guérison, et le nomma pair du royaume. Il n’attendit pas d’être parfaitement guéri pour retourner à son armée, et remporta, en 1712, la célèbre bataille de Denain, à la suite de laquelle il prit successivement Marchienncs, Douai, Le Quesnoy, Bouchain, sauva la France, et hâta par ces succès la conclusion de la paix d’Utrecht , 1713. L’Autriche n’ayant pas accédé à ce traité , il continua la guerre sur le Rhin contre Eugène, s’empara de Spire, Landau, Fribourg, et fut un des négociateurs de la paix de Iiastadt, 1714. Nommé gouverneur de la Provence, il y fit creuser un canal qui porta son nom. A la même époque, l’Académie Française lui offrit une place dans son sein, honneur auquel il fut très-sensible. Président du Conseil de la guerre, puis membre du conseil de régence-
après la mort de Louis XIV, Villars combattit, mais en vain, la politique de la Quadruple-Alliance, les opérations de Law, l’influence de Dubois, et brigua avec une insistance singulière le titre de connétable, que Louis XV lui refusa toujours; mais il siégea au conseil comme ministre sans portefeuille. Lors de la guerre de la succession de Pologne, 1733, Louis XV lui donna, malgré son ministre Fleury, le titre de maréchal-général de France, que Turenne seul avait rpçu. Villars conquit rapidement sur les Autrichiens le Milanais et le duché de Mantoue; mécontent de l’ingratitude du duc de Savoie, qu’il était chargé de protéger, il renonça au commandement et mourut à Turin. Comme général, sa réputation fut brillante et méritée : tout à la fois stratégiste et tacticien, il fut un des grands hommes de guerre de son temps; on lui reproche une grande cupidité, qui pourtant ne l’empêcha pas de s’imposer des sacrifices pécuniaires pour les besoins de l’Etat. On a sous son nom des Mémoires, en 3 vol. in-12, qui furent publiés en Hollande ; le premier seul est de lui ; les deux antres sont une compilation informe, faite par un abbé Margon. B.
villars (l’abbé montfaucon de), littérateur, né près de Toulouse en 1635, m. assassiné en 1673, neveu du célèbre Montfaucon, a laissé : Entretiens du comte de Gabalis sur les sciences, 1670 et 1684, ouvrage agréable, où sont dévoilés les mystères des Rose-Croix; Entretiens sur les sciences secrètes, 1715, ingénieux persiflage contre la philosophie de Descartes, etc.
villars (Dominique), botaniste, né près de Gap en 1745. m. en 1814, entra comme élève interne à l’hôpital des Frères de la Charité de Grenoble en 1771, fit en 1773 un cours de botanique, fut médecin en chef de l'hôpital militaire en 1782, devint, en 1805, professeur de botanique et de médecine à Strasbourg, et, en 1807, recteur de l’Académie de cette ville. On a de lui , entre autres ouvrages intéressants : Histoire naturelle des plantes du Dauphiné, Grenoble, 1786, 4 vol. in-8°, fig.; Mémoires sur la topographie et l'histoire naturelle, Lyon, 1804, in-8° ; Précis d'un voyage botanique fait en Suisse, dans les Grisons, etc., Paris, 1812, in-8», etc.
VILLASANDINO DE ILLESCA ( Alonzo-Alvarez), né vers 1340, m. vers 1424 , a composé la plus grande partie du Condor lero general, ou collection des romances et chansons espagnoles. Ce recueil important et digne de foi , que l’on a attribué à Alphonse de Baëna, un des secrétaires de Jean 11 , roi de Castille , contient des vers de 56 poètes. La Bibliothèque impériale de Paris en possède le seul exemplaire existant. B.
VILLATTE (Jean-Louis), homme de couleur, général des affranchis de Sl-Domingue, né au Cap-Français en 1751, m. en 1802. Elevé en France, il y servit dans les troupes, fit partie de i’expedition du comte d’Estaing, et défendit le Cap-Français avec la plus grande valeur contre les Espagnols et les Anglais. En mésintelligence avec le gouverneur-général Laveaux , et sacrifié à la politique du Directoire, il fut déporté en France, d’où il revint à S'-Doiningue avec Leclerc, et mourut peu après. Sommé par les Espagnols de se rendre à discrétion, il leur répondit en leur envoyant des cartouches et du plomb : <* Réponse à la manière des Spartiates. « B. A.
V1LLAVICIOSA (Joseph de), poète espagnol, né en 1589 à Siguenza, m. en 1658 , fut jurisconsulte à Madrid , rapporteur du Conseil de l’Inquisition générale , puis inquisiteur du royaume de Murcie. Il avait commencé par cultiver la poésie , et est connu par un poème héroïcomique en 12 chants, la Mosquea, dont le sujet est le combat des mouches et des fourmis, Madrid, 1615, in-8°. C’est un des meilleurs ouvrages de ce genre dans la langue espagnole.
villa viciosa, vge d’Espagne (Asturies) , port de commerce sur le golfe de Gascogne, dans la prov. et à 37 kil. E.-N.-E. d’Oviédo; 1,965 hab. — vge d’Espagne ( Nouvelle- Castille |, prov. et à 22 kil. E. de Guadalaxara , 242 hab.; célèbre victoire remportée par le duc de Vendôme, le 10 déc. 1710, et qui assura la couronne d'Espagne à Philippe V.
vi ll a viciosa ou villa viçosa , ville de Portugal (Alenteio) , à 26 kil. O.-S.-O. d’Elvas ; 3,450 hab. Ville bien bâtie , et où l’on remarque l’ancien palais des ducs de Bragance , et l’église collégiale. Belles maisons de plaisance aux environs. Elle soutint, en 1665, un siège fameux contre les Espagnols, qui furent défaits aux environs, à la bataille dite de Montes-Claros, dans laquelle le général Sehônberg commandait les Portugais.
V1LI.AYIEJA, brg d’Espagne (Valence), prov. et â 12 i kil. deCastellon-de-la-Plana. Eaux minérales, 1,900 hab.
VILLE. Ce mot, dérivé du latin villa ( maison de cam- I
pagne) , en a eu primitivement le sens dans les noms français qu'il concourt à former : Hautevu.LE, etc.
VILLE, ch. -1. de canton (Bas-Rhin), arr. et à 17 kil. N. -O. de Schelestadt ; 1,155 hab. Fabr. de kirschwasser. — Jadis titre d’une seigneurie, qui appartint aux Habsbourg, aux Fugger, et à une branche de la maison de Choiseul.
VILLLBOIS, vge (Ain), arr. et à 35 kil. N.-O. de Belley, près de la rive dr. du Rhône; 2,428 hab. Pierres de taille et pierres lithographiques. Exploit, déminerai de fer.
VILLEBRUMIER, ch.-l. de canton (Tarn-et-Garonne), arr. et à 17 kil. S.-E. de Montauban, sur le Tarn ; 566 hab.
VILLEBRUNE (J. -B. Leeebvre de), littérateur, né à Senlis en 1732, mort en 1809, exerça d’abord la médecine, fut ensuite professeur de langues orientales au Collège de France, bibliothécaire en chef, 1794, puis l’un des conservateurs, 1795, de la Bibliothèque nationale, fut privé de ces deux places en 1797 par le Directoire pour avoir proclamé dans une Lettre imprimée la nécessité de reconnaître un seul chef, et alla enseigner à l’Ecole centrale d’Angoulême l’histoire naturelle , puis les humanités et les mathématiques. Il a traduit en français : les Nouvelles de Cervantes , Paris, 1775, 2 vol. in-8°; les Aphorismes d’Hippocrate , 1786, in-8»; Silius Italiens, 1781; lf Manuel d'Epictèle et le Tableau de Cébès , 1795; Athénée, 1789-91 , 5 vol. in-4°, etc. Ses traductions sont généralement très-médiocres et mal écrites , et il se permet souvent d’altérer le texte de ses auteurs.
VILLE-D’AVRAY, vge (Seine-et-Oise) , arr. et à 4 kil. N.-E. de Versailles, à 2 kil. O. de Sèvres, et à l'une des entrées du parc de Sl-Cloud ; 1,200 hab. Ün y voit un beau château , bâti sous Louis XVI , et une fontaine , dont l’eau était seule servie sur la table des rois à Versailles. Joli site; nombreuses maisons de campagne.
VILLLDILU (Marie-Hortense Desjardins, dame de) , née à Alençon en 1632 , m. en 1683, vécut longtemps chez la duchesse de Rohan, protectrice de sa famille, fut remar quée pour ses grâces et son esprit , mais mena une conduite romanesque et déréglée; elle s’attacha à un officier marié, Boisset de Villedieu, dont elle prit le nom. Ses OEuvres complètes, publiées à Paris, en 1710, 10 vol. in-12, contiennent des poésies fugitives, qui eurent beaucoup de succès dans le temps et n’en sont pas moins médiocres , une tragédie de Manlius Torquatus , et divers romans justement oubliés.
ville-dieu (la) , ch.-l. de canton (Vienne) , arr. et à 14 kil. S. de Poitiers ; 398 hab.
villedieu-les-poeles, ch.-l. de canton (Manche), arr. et à 22 kil. N.-E. d’Avranches , sur la Sienne; 3,678 hab. Chaudronnerie; tanneries, mégisseries, dentelles.
VILLE-EN-TARDLNOIS , ch.-l. de canton (Marne), arr. et à 20 kil. S. -O. de Reims; 487 hab.
VILLEFAGNAN, ch.-l. de canton (Charente) , arr. e< à 10 kil. S.- O. de Rufl'ec; 843 hab.
VILLEFORT, ch.-l. de canton (Lozère), arr. et à 60 kil. E.-S.-E. de Mende, dans un étroit vallon, sur la Devèze; 1,230 hab. Fabr. de cadis. Connu, de transit en vins, soie, sel, houille, grains, châtaignes. Aux environs, mines de plomb , d’argent et de cuivre.
V1LLLFRANC11E-DL-PRO VENGE. V. Villafranca.
villefranciie , ch.-l. de canton (Tarn), arr. et à 18 kil. E. d’Albi ; 828 hab.
VILLEFRANCIIE-DE-BELVÈS OU DE PÉRIGORD, ch.-l. de
canton (Dordogne), arr. et à 36 kil. S.-O. de Sarlat; 1,173 hab.
villefranche-de-conflent, ville forte ( Pyrénées- Orientales), arr. et â 6 kil. S.-O. de Brades, sur la rive dr. de la Tet, et dans la vallée du Contient; 937 hab. Place de guerre de 3e classe. Citadelle construite sous Louis XIV. Les maisons sont bâties en une sorte de marbre rouge. Grotte très-curieuse, dite Cava Dastera,
villefranciie-de-lauraguais, s.-préf. (Haute -Garonne), sur l’Hers et près du Canal du Midi , à 36 kil. S.-E. de Toulouse; 2,423 hab. Tribunal de lre instance. Commerce de graines, toile à voiles, poteries, cuirs.
VILLEFRANCHE-DELONGCHAPT, cll.-l. de Canton (Dordogne), arr. et à 42 kil. O.-N.-O. de Bergerac; 377 hab.
VII.LEFRANCIIE-DE-ROUEUGUK OU D’AVEYRON, S.-préf. (Aveyron), à 56 kil. O. de Rhodez, au confl. de l’Alezon et de l’Aveyron, et entouré de hautes montagnes; 8,164 hab. Trib. de lre instance, collège, bibliothèque. On remarque l’église Notre-Dame, et le cloître d’une une. Chartreuse. Culture de mûriers; fabr. de toiles grises et d'emballage, de chaudronnerie, etc. Commerce de grains, vins, truffés, jambons excellents. Patrie du maréchal de Belle-lsle et du médecin Alibert. — Cette ville fut fondée en 1232 par Alphonse, comte de Toulouse. Une peste la désola en