VIL — 2750 — VIN
duction de Paris. Il périt dans un mouvement séditieux à Bruges.
Vili.iers-de-l’isle-Adam (Philippe de), grand-maître de l’ordre de Sl-Jean-de-Jérusalem , né à Beauvais en 1464, ni. en 1534, était ambassadeur en France, lorsqu’il fut élevé au magistère en 1521, au moment où Soliman II se disposait à faire le siège de Rhodes. Pendant l’année 1522, il défendit, avec 600 chevaliers, et 4,500 soldats cette île attaquée par 200,000 hommes et 400 bâtiments de guerre. Trahi par le chancelier d’Amaral, il fut obligé d’accepter une honorable capitulation, 1523. Abandonnant Rhodes avec ses chevaliers, il s’arrêta à Candie et à Messine, campa sur les ruines de Cumes. et obtint du pape Clément VU la permission de s’établir à Viterbe, jusqu’à ce que Charles-Quint eût cédé à son ordre les îles de Malte et de Gozzo, 1530. Les désordres de ses chevaliers et les divisions qui éclatèrent parmi eux le jetèrent dans une mélancolie qui hâta sa fin.
VI I. T. I ers, duc de Buckingham. V. BUCKINGHAM.
villiers-saint-georges , ch.-l. de canton (Seine-et- Marne), arr. et à 15 kil. N.-E. de Provins; 517 hab.
VILL1NGEN, v. du grand-duché de Bade (Cercle du Lac), sur la Brigach, à 90 kil. N. -O. de Constance; 4,000 hab. Ecole Normale primaire. Ville jadis très-forte, et plus importante. Fabr. de draps et de porcelaine. Comm. de fruits.
V1LLOISON (Jean-Baptiste d’Ansse de), helléniste né à Corbeil en 1750, d’une famille d’origine espagnole, m. en 1805, acquit une connaissance profonde des auteurs grecs et des langues orientales, fut admis, en 1772, à l’Académie des Inscriptions, et voyagea en Allemagne, en Italie et en Hollande, faisant partout des recherches philologiques. Ayant découvert à Venise un manuscrit de l Iliade , il crut qu’il en trouverait un de V Odyssée en Orient, et partit, en 1785, avec Choiseul-Gouffier, ambassadeur de France à Constantinople; mais il parcourut en vainSmyrne, les îles de l’Archipel et les couvents du mont Athos. Pendant la Révolution, il vécut à Orléans, couvrant de notes les livres de la bibliothèque, rentré à Paris, il venait d'être nommé professeur de littérature grecque au Collège de France, quand il mourut. On a de lui : Apollonii Lexicon grœcum Iliadis et Odysseæ, Paris, 1773, 2 vol. in-4°; Langi pasloralium de Daphnidv et Cliloe libriiv, Paris, 1778, 2 vol. in-8° ; Anecdota græca è rcgiâ Parisiensi et è Venelâ Marci bibliothecis deprompta , Venise, 1781, 2 vol. in-4°; Nova versio græca Proverbiorum, Ecclesiastis , Cantici Canticorum, Ilutlii , Threnorum Danielis , et selectorum Pentateuchi locorum , Strasbourg, 1784, in-8° ; Homeri Ilias ad veteris Codicis Veneti /idem recensita. Venise, 1788, gr. in-fol., un des plus beaux monuments de l’érudition moderne, avec des prolégomènes, des scolies d’Aristarque, et les signes conventionnels des premiers critiques.
4 1LLON (François;, poète français, né à Paris en 1431, mort, peut-être, vers 1484. On ne connaît guère sa vie que par ses vers, où il a tracé le tableau, tantôt joyeux, tantôt insouciant ou piteux, de ses plaisirs, de ses mésaventures, et des expédients déplorables auxquels le réduisirent trop souvent son oisiveté en détresse et ses goûts de francbasochien. Deux fois même emprisonné et condamné à la potence pour larcins assez graves, il ne dut son salut qu’à la clémence de Louis XI, apitoyé sans doute par le rire mêlé de larmes du poète, qui déjà faisait ses adieux à la vie. Enfant des rues de Paris, Villon fut un poète populaire, et, à ce titre, un novateur dans la langue, les idées et la poésie ; et bien qu'on puisse reprocher souvent à sa muse, comme à celle de Régnier, « de se sentir des lieux que fréquentait l’auteur, >• il faut reconnaître que c’est de ces inspirations de bas lieu que la poésie française a tiré son véritable caractère de franche allure et de naturel, de grâce et de malice, de gaieté et de mélancolie, de bon sens et d’imagination pittoresque. Avec Villon, elle se débarrasse de l’érudition indigeste, de la fade galanterie, et des allégories métaphysiques, que le Roman de la Rase avait mises à la mode, et c’est pour cela que Boileau a dit:
Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers,
Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers.
Avec lui commence le règne de l’esprit français ou gaulois; de lui procèdent Marot, Régnier, La Fontaine, et plus tard Ghaulieu félicitera Voltaire d’être le successeur de Villon Les (Euvres de Villon, publiées en 1489, et réimprimées en 1712, avec notes de Le Duchat, se composent de ballades, de rondeaux et de sonnets. On y remarque surtout son Petit et sou Grand Testament, sa complainte patibulaire, sa ballade des Dames du temps jadis , etc. Une nou-
velle édition en a été donnée par le bibliophile Jacob (P. Lacroix), Paris, 1854. G. L.
VILLMANSTRAND , v. forte de la Russie d’Europe (Finlande), gvt et à 62 kil. N. -O. de Viborg, sur le lac Saima; 1,360 hab. Victoire des Russes sur les Suédois en 1741.
VILNA, v. de Russie. V. Wii.na.
VILVORDE ou VILVORDEN, v. de Belgique (Brabant- Méridional), près du canal de Bruxelles, à 12 kil. N. -N.-E. de Bruxelles ; 4,400 hab. Maison centrale de détention.
VIMARCÉ, vge ( Mayenne ) , arr. et à 46 kil. N.-E. de Laval ; 1,107 hab. Ruines imposantes du vieux manoir de Courlallierru. *
VIMEUX (Le), Vimacensis pagus, petit pays de l’anc. France (Picardie), près de la Manche, entre la Bresle et la Somme; ch.-l., Sl-Valery-sur-Somrne.
VIMIEIRO, v. de Portugal (Estramadure), à 65 kil. N. de Lisbonne; 1,800 hab. Les Français, commandés par Junot, y furent vaincus, le 21 août 1808.
VIM1NAL (Mont). V. Collines de Rome.
VLMIOSO, v. forte de Portugal (Tras-os-Montes), à 28 kil. O. -N. -O. de Miranda; 1,000 hab. Berceau de la famille de Bragance.
V1MORY, vge (Loiret), arr. et à 8 kil. S. de Montargis; 980 hab. Victoire du duc Henri de Guise sur les Allemands alliés des calvinistes, en 1587.
VLMOUTIERS, ch.-l. de canton (Orne), sur la Vie, arr. et à 30 kil. N.-E. d’Argentan ; 2,453 hab. Tribunal de commerce. Fabr. de toiles cretonnes, tanneries, blanchisseries.
V1MY, ch.-l. de canton (Pas-de-Calais), arr. et à 10 kil. N. d’Arras ; 1,1.35 hab.
YINADIO, v. du royaume d’Italie (Coni), sur la rive g. de la Stura, à 13 kil. O. de Démonté; 3,404 hab. Exploit, de plomb argentifère.
VINAGE, droit perçu, au moyen âge, par les seigneurs sur le vin récolté dans leurs domaines ou transporté à travers leurs terres.
V1NAL1ES , fête de l’ouverture des vendanges, chez les anciens Romains. Elle avait lieu le 14 des calendes de septembre ( 19 août) ; un pontife immolait une brebis à Jupiter, et pressurait une grappe de raisin sur l’autel, pour offrir au dieu les prémices du vin.
V1NAROZ, v. d’Espagne (Valence) , province et à 44 kil. de Castellon-de-la-Plana ; port sur la Méditerranée. Pêche et construction de navires. Le duc de Vendôme y mourut en 1712. Population de la commune: 9,311 hab.
V1NAY, ch.-l. de canton ( Isère), arr. et à 10 kil. N.-E. de St-Marcellin ; 1,660 hab. Filatures de soie, taillanderie.
VINÇA, ch.-l. de canton (Pyrénées-Orientales), arr. et à 10 kil. E.-N.-E. de Brades, près de la Tet; 1,921 hab. Entourée de vieilles fortifications. Eaux minérales chaudes et froides , et établissement de bains.
V1NCENNES, ch.-l. de canton (Seine), arr. et à 20 kil. E.- N.-E. de Sceaux, à 6 kil. E. de Paris; 6,558 hab. Place de guerre. Ecole et parc d’artillerie. Le château doit son origine à Philippe-Auguste; Louis IX y venait souvent, et on a montré longtemps le chêne sous lequel il rendait la justice. Philippe VI de Valois commença le donjon ; Charles V fit élever la chapelle, achevée sous François 1er et Henri II , et dont les vitraux furent peints par Jean Cousin sur les dessins de Raphaël. Sous Louis XI, le donjon devint prison d'Etat; parmi les prisonniers illustras , on compte le duc de Beaufort, les princes de Coudé et de Conti, Diderot, Mirabeau, etc. Sous Louis XIII , et pendant les premières années de Louis XIV, le château était encore une résidence d’agrément des rois de France. Le duc d’Enghien fut amené à Vincennes le 20 mars 1804, jugé, et, après sa condamnation, fusillé dans les fossés du château le 21. En 1830 , les ministres de Charles X y furent retenus prisonniers jusqu’à leur translation à llam. En 1814 et en 1815, le général Daumesnil , commandant du château , refusa de le rendre aux armées étrangères , et sauva ainsi son immense matériel. Un chemin de fer relia Vincennes à Paris depuis 1860, et va jusqu’à La Varenne. La ville et le château sont enveloppés par un bois de 732 lieet., clos de murs, et qui, pendant la minorité de Louis XIV, était la promenade à la mode pour les gens de la cour. En 1859-60, ce bois a été converti en un trèsbeau parc paysagiste, avec lacs, rivières, etc.
vincennes, v. des États-Unis (Indiana), sur la rive g. du AVabash et prés de son embouchure dans l’ühio, à 230 kil. S. -U. d’Indiaua polis ; 2,000 hab. Evêché catholique. Académie. — Fondée par les émigrants français du Canada,
VINCENT (Saint) , martyr, né à Saragosse, fut ordonné
VIN
VIN
diacre par Yalère, évêque de cette ville; arrêté avec lui pendant la persécution de Dioclétien, il périt au milieu d’horribles supplices , en 304. Sa résignation fit un tel effet sur le geôlier de la prison où il expira , qu’il se fit chrétien. Fête , le 22 janvier.
Vincent de lérins (Saint), Gaulois d’origine, avait suivi la carrière des armes , puis occupé dans le monde des emplois distingués, quand il entra au monastère de Lérins.
Il y étudia les saintes Ecritures et les Pères, devint un théologien profond , et mourut vers 450. Fête , le 24 mai. On a de lui un Corumonitorium peregrini, c.-à-d. avertissement du voyageur ou du pèlerin, petit livre très-estimé, composé en 434 à l’occasion du Nestorianisme, et qui a pour but de préserver les fidèles des nouveautés en matière de foi. Il a eu un grand nombre d’éditions ; la meilleure a été donnée par Baluze , 1663.
Vincent de Beauvais, dominicain, né vers 1200, m. vers 1264 , fut chargé par Louis IX de rédiger un résumé des sciences connues de son temps. Cet ouvrage, intitulé Spéculum majus , a été imprimé pour la première fois à Strasbourg, 1473, 10 vol. in-fol. 11 est divisé en 4 parties : le Miroir naturel , description delà nature; le Miroir moral, traité de morale ; le Miroir scienlifique , contenant la physique, la philosophie , la théologie, la rhétorique, la grammaire, la politique , le droit, la médecine, etc. ; et le Miroir historique. V. Eludes sur Vincent de Beauvais par l’abbé Bourgeat, Paris, 1356.
Vincent , chanoine de l’église épiscopale de Prague au XIIe siècle, est auteur d’une Chronique latine sur les événements arrivés en Bohême de 1140 à 1197 , qu’il dédia au roi Vladislas. Elle est insérée dans le premier volume des Monumenta historica Boheniiœ de Dobner.
Vincent fekrier (Saint) , dominicain espagnol, né à Valenae en 1357 , m. à Vannes en 1419 , eut une réputation immense comme sermonnaire, et prêcha en Espagne, en France, en Angleterre et en Allemagne. Il fut canonisé en 1455. lête, le 5 avril. V. A. Bayle , Vie de St Vincent Ferrier, 1856.
VINCENT DE FAUT. (Saint), né en 1576 au vge do Pouy, près de Dax (Landes), d’une famille pauvre, m. en 1660.
Il garda les troupeaux dans son enfance, étudia chez les Cordeliers à l’âge de 12 ans, trouva difficilement les ressources nécessaires pour aller suivre les cours de théologie à Toulouse, et fut ordonné prêtre en 1600. Dans un voyage par mer de Marseille à Narbonne , il tomba entre les mains de pirates de Tunis, qui le vendirent comme esclave dans leur pays, 1605. 11 y eut trois maîtres , dont le dernier était un Savoyard renégat , qu’il ramena à la îeligion chrétienne, et avec lequel il revint en France, 1607. Après avoir accompagné à Rome, en 1608 , le vicelégat d Avignon , et reçu du pape une mission auprès de Henri IV, il se fixa à Paris, où il s’occupa d’œuvres de charité. Une absurde accusation de vol, au détriment du juge De Sore , son commensal et son ami , pesa sur lui pendant 6 ans, mais ne servit qu’à mettre au grand jour sa patience évangélique, et ne l’empêcha pas d’être nommé, en 1610, aumônier de Marguerite de Valois. Il se mit en retraite , l’année suivante, sous la direction de Pierre de Bérulle, prit possession de la modeste cure de Clichy, près de Paris, en 1612 , et y renonça en 1613 , pour se charger de 1 éducation des trois fils d’Emmanuel de Gondi, comte de Joigny , général des galères. En 1617 , après avoir prêché une mission a 1 olleville ( diocèse d’Amiens ), il alla desservir la cure de Chàtillon-lez-Dombés ( Bresse ) , où il institua une Confrérie de charité, modèle de toutes celles qui s’établirent depuis en France. 11 reprit bientôt scs missions dans les diocèses de Beauvais , de Soissons et de Sens , et employa ses loisirs a améliorer le sort des criminels dans les prisons. Louis XIII le nomma aumônier-général des galères, eu 1619. Ou a raconté qu’à Marseille il prit la place d un forçat père de famille : c’est une anecdote controuvée, et d'ailleurs invraisemblable de tous points. En 1625, il fonda la congrégation des Prêtres de la Mission, destinés à former des prêtres dans les séminaires, et à instruire le peuple des campagnes Eu 1634, il créa l’admirable institution des Sœuis de charité, pour le service des pauvres malades. Après avoir assisté Louis XI II dans ses derniers moments, 1643, il fut nommé par la régente Anne d’Autriche président du conseil de conscience, et contribua à la réforme de plusieurs monastères. En 1648, il put constituer définitivement, à force de persévérance et d’éloquence,
1 établissement des Enfants trouvés. Enfin, il fonda a Paris î 1 hospice du nom de Jésus pour 80 vieillards, en 1653, et j 1 hôpital général de ht Salpêtrière, 1655 On le surnomma | 1 Intendant de la Providence. Il fonda 35 établissements de | charité. Benoit XIII l’a béatifié eu 1729. et Clément Xll
l’a canonisé en 1737. Fête, le 19 juillet. On a de S' Vincent de Paul : Requit B seu Constituhones communes congregationis Missionis, Paris, 1658, in-16; Conférences spirituelles puur l’explication des règles des Soeurs de la charité, 1826, iu-4°. V. son Panégyrique par l’abbé Maury; et S1 Vincent de Paul, sa vie , son temps, ses œuvres, son influence, par M. l’abbé Maynard, Paris, 1860, 4 vol. in-8°. B.
vincent-de-faul (Eglise de saint-) , à Paris, à l’extrémité N. de la rue Hauteville, sur la place La Fayette. Sa façade, tournée au S. , a 37 mèt. de large , environ, et se distingue par un grand péristyle en saillie, large de 22 mèt. environ, et formé de 12 colonnes ioniques cannelées, 6 de front et 3 de profondeur; elles supportent un fronton avec bas-relief en ronde-bosse, représentant S* Vincent de Paul entiela Foi et la Charité, travail de M. Lemaire. A chaque extrémité de la façade est une tour quadrangulaire, de 46“ d’élévation; entre les deux règne une espèce de plate-forme avec balustrade , et acrotères sur lesquels sont les statues colossales des 4 évangélistes par MM. Bar, Brian, Foyatier, et Valois. Dans 2 niches quadrangulaires , à droite et à gauche du fronton , on voit les statues de S1 Pierre et de S1 Paul , par M. Ramey. Le péristyle repose sur un perron de 15 degrés : au bas, et sur l’axe du monument , est un escalier de 23 degrés en 2 sections, sur 12™ de large, descendant directement sur la place. De chaque côté se développent 2 vastes rampes, avec balustrades en pierre, qui servent de montées aux voitures pour accéder au perron.— L’intérieur de l’église offre l’image d’une basilique romaine (F. Basilique), longue de 70“ environ, avec une triple nef formée par 44 colonnes ioniques en pierre polie. La nef centrale, large de 14™, haute de 27, a un ordre corinthien superposé, sur un stylobate élevé de 3™. La charpente de son toit est apparente , avec poutres peintes et fonds blancs rechampis d’ornements dorés ou d’azur. L’abside est voûtée, et dans cette voûte M. Picot a peint S1 Vincent de Paul agenouillé devant le Christ sur son trône, et lui présentant des petits enfants. 1 .e stylobate de la galerie haute est orné d’une vaste peinture sur fond d’or, de M. Flandrin , représentant une longue procession de chrétiens distribués par groupes , depuis les simples fidèles jusqu’aux évangélistes et aux docteurs. — Les nefs latérales n’ont que la hauteur de l’ordre ionique du bas, et sont couvertes parun plafond à caissons peints comme la grande nef. Tout autour sont 8 chapelles , et au fond, dans l’absidç, la chapelie de la Vierge derrière le maitreautel1. — L’église de Sl-Vincent de Paül a été bâtie aux frais de la ville de Paris, sur les plans et sous la direction de Lepère et de M. Hittorff. Les travaux , commencés en 1824, ont été achevés par M. Hittorff seul, et l’on a livré l’église au culte en 1844. C’est un des plus beaux temples de Paris, et le plus beau dans le genre d’architecture grecque , tant par l’ingénieuse combinaison de son plan, que par son ornementation à la manière byzantine. C. D — y.
Vincent (Isabeau). V. bergère de crest (La).
Vincent (Grégoire de saint-) V. saint-vincknt.
Vincent (François-André), peintre d’histoire, né à Paris en 1746, m. en 1816, fils d’un peintre de portraits qui fut en vogue sous Louis XV, entra dans l’atelier de Vien, remporta à 22 ans le grand prix de Rome, et, lors de l’organisation de l’Institut, en fut nommé membre, puis professeur à l’Ecole des Beaux-Arts. Parmi ses tableaux, on distingue : St Jérôme éveillé par un ange , le president Mole saisi par les factieux, Achille luttant contre le Xanlhe , la Piscine miraculeuse, Borée enlevant Orilhie , A rie et Pirtus , Guillaume Tell précipitant Gessler dans le lac, Henri IV rencontrant Sully blessé après la bataille d'Ivnj. M. Horace Vernet a été au nombre de ses élèves. Vincent est un peintre de second ordre; il compose bien , sa couleur est harmonieuse, mais son dessin manque de correction et de style. B.
Vincent (saint-), île des Antilles anglaises ( Petites- Antilles | , dans le gouvernement des Iles-du-Vent, à 90 kil. S.- O. de Ste-Lucie, par 13° 17’ lat. N., et 65° 30' long. O. ; 35,000 hect. ; 31,8 >0 hab. Ch.-l. , Kingston. Sol fertile : canne a sucre , café, etc. Belles forêts. Il y a moins d'ouragans que dans les autres Antilles. Le centre est montagneux, et renferme un volcan en activité. Comm. de sucre, café, rhum. — Découverte par Christophe Colomb , et occupée, après le naufrage d’un bâtiment négrier, par des nègres, qui exterminèrent peu à peu les Caraïbes indigènes, elle fut successivement au pouvoir des Français et des Anglais, et ceux-ci l’ont conservée depuis 1763,
Vincent (saint-) , Sacrum promontorium , cap du Portugal , au S.- O. de l’Algarve , par 37° 2’ 54” lat. N. , et 11° 19’ 51” long. O. Tourville y battit une flotte anglo-
VIN
VIN — 2752
hollandaise en 1693, et l’amiral anglais Jervis y défit les Espagnols en 1797.
vincent-de-tyrosse (saint-), ch.-l. de canton (Landes ) , arr. et à 24 kil. S.- O. de Dax ; 42ii hab.
VINCI (Léonard de) , peintre célèbre de l’école florentine, sculpteur, architecte, physicien , ingénieur, écrivain cl musicien, né en 1452 au château de Vinci, près de Florence, d’un notaire de cette ville, m. en 1519 près d’Amboise. Doué d’une rare vigueur corporelle et de tous les agréments de la nature, il montra de bonne heure des dispositions extraordinaires pour les sciences et les arts , excella dans l’escrime , l’équitation, la musique et la danse, et acquit de grandes connaissances en mathématiques , en physique , eu philosophie , et dans toutes les branches de la littérature. Après avoir étudié la peinture sous Andrea Verrochio, il se rendit à Milan en 1489 pour y fondre une statue équestre de François Sforza; mais le modèle qu'il fit était de proportions si colossales, qu’on crut impossible de l’exécuter en bronze. Habile mécanicien et ingénieur, il construisit la plupart des canaux de la Lombardie par ordre de Ludovic le More, qui le nomma directeur de l’Académie de peinture et d'architecture de Milan. Ce fut sur l’invitation du même prince qu’il peignit à fresque, dans le réfectoire des Dominicains, le célèbre tableau de la Cène, qui fut son chef-d’œuvre, car auj. il n’en reste plus rien; le temps l’a presque effacé. Cette composition a 8m, 60 de large, 4“, 51 de naut, et les figures sont de 2“, 91. Il en existe une copie très-exacte, à l'huile, à l’Ecole des beaux-arts de Londres , et une copie réduite au Musée du Louvre. Après l’invasion du Milanais pat- Louis XII, bien que ce monarque lui eût témoigné beaucoup d’égards, Léonard se retira à Florence, où il fut chargé par le sénat de peindre, avec Michel-Ange, la salle du Conseil. Le carton qu’il exécuta , et qui périt avec celui de Michel-Ange dans les guerres du xvie siècle , représentait la défaite de Nicolas Piccinino. Mécontent de son jeune rival et des Florentins, Léonard de Vinci alla à Rome , où Léon X , prévenu contre lui , l’accueillit assez mal, et, après avoir erré dans plusieurs villes d’Italie, accepta les offres de François Ier, 1515, qui lui donna un logement à Amboise. La tradition qui le fait mourir entre les bras du roi de France, n’est rien moins que certaine. Léonard est un des premiers peintres modernes qui aient eu à un haut degré le sentiment du beau, et qui en aient fixé les principes. Son goût fut sévère ; il poursuivit la perfection avec patience et par une exactitude souvent minutieuse; il arrêta les contours avec une précision qui donne à son dessin quelque sécheresse , et ne fut pas irréprochable comme coloriste ; mais il partage avec Raphaël l’honneur d’avoir peint les plus belles tètes de Vierges. Comme statuaire, il a laissé de superbes chevaux en relief, un St Jérôme à Florence , et un admirable Jésus enfant. On voit de lui, au Musée du Louvre : le portrait d’une femme, présumée Lucrezia Crivelli; celui de Mona Lisa, célèbre sous le nom de la Joconde; un St-Jean-Baptiste , la Vierge sur les genoux de Ste Anne, la Vierge aux rochers , un Bacchus, et 8 dessins originaux, dont plusieurs ont été gravés à l’eau-forte par le comte Va Caylus. Léonard avait étudié l’anatomie avec ardeur, et fit faire quelques progrès à cette science. Musicien , il inventa une nouvelle espèce de lyre. Littérateur, il a laissé beaucoup de manuscrits , en caractères tracés de la main gauche et à rebours. On a publié de lui un Traité de la peinture , avec dessins du Poussin, Paris, 1651 , traduit en français par Gault de 'A-Germain , 1803. B.
V1NCIAC ou VINCY, ancien village de la Gaule, qu’on croit être auj. Jiuchy ou Crèvecœur, entre Arras et Cambrai. Charles-Martel y battit les Neustriens, en 717.
VINClUM, v. de la Gaule (Narbonaise IIe); auj. Vence.
V1NDASCINUM, nom latin de Venasque.
VINDÉ. V. Morel de Vindé.
VINDÉL1CIE , région de l’Europe ancienne, entre le Danube au N. , la Gaule à l’O. , la Rhétie au S. , et la Xoriqueàl’E. ; capitale, Augusta Vindelicorum (Augsbourg). Elle tirait son nom de 2 rivières : le Vindo (Wertach) , et le Licus (Lech). Les principales tribus étaient les Licates, les Butinâtes , les Calenales , et les Consuanetes. Soumise par les Romains, l’an 15 av. J.-C. , la Vindélicie ne forma qu’une province avec la Rhétie. Au il' siècle, elle en fut séparée par Marc-Aurèle et forma la Bhétie II ', dans le diocèse d’Italie. C’est auj. le S. du Wurtemberg et de la Bavière occidentale.
VINUEX (Julius) , Gaulois de naissance, et issu d’anciens rois d’Aquitaine, fut propréteur de la Séquanaise sous Néron; en 67, il se mit à la tête d’une armée d’Eduens, d’Arvernes et de Séquanais , pour soutenir l’empereur
Galba ; il avait entraîné L. Rufus Virginius , qui lui était opposé avec les légions de Germanie par l’empereur, quand les deux armées, qui ignoraient cet accord, en vinrent aux mains ; les Gaulois furent battus devant Vesontio, et Vindex se tua de désespoir, 68.
vindex, répondant d’un citoyen cité en justice, chez les anc. Romains , et qui s’engageait à comparaître à sa place, à suivre la défense comme s’il était lui - même mis en cause. C. D — y.
VINDHYA, chaîne de montagnes de l’Hindoustan , au N. , s’étend de l’E. à l’O. sur 1,300 kil. , entre Bénarès et le golfe de Cambaye, se rattache aux monts Gaadouana, et séparé le bassin du Gange de celui de la Nerbudda. Les pics de Chaizgour et d’Ambawara en sont les points les plus élevés.
VINDICES, Vindiciæ , fragments d’une propriété en litige , meuble ou immeuble , comme un flocon de laine pour un troupeau , une motte de terre pour un champ , que dans l’antique jurisprudence romaine, les plaideurs étaient obligés d’apporter à l’audience , et sur lesquels ils mettaient le pied , en exposant leur affaire au juge, comme s’ils étaient sur ou devant la chose même. C. D — y.
V1ND1CTA, baguette dont le magistrat romain touchait trois ou quatre fois la tête de l’esclave que l’on venait affranchir devant lui. C’était probablement une baguette des faisceaux de ses licteurs. C. D — y.
VINDILES, Vindili , le même nom que les Wendes et les Vandales.
VIN D1L1S, nom ancien de Belle-Ile et de Portland.
VINDüBONA, ville de la Pannonie Supérieure; auj. Vienne (Autriche).
VINDOMAGUS , v. de la Gaule (Narbonaise Ire) , chez les Volces Arécomiques; auj. le Vigan.
VINDON1S, v. de l’ile de Pretagne (Flavie Césarienne), chez les Trinobantes; auj. Windsor.
VINDONISSA, v. de la Gaule ( Grande-Séquanaise ) , chez les Helvètes ; auj. Windisch.
VINEA, petit appareil de siège des anc. Romains, espèce de galerie en charpente légère , terminée en toit rond , comme un berceau de vigne , d’où son nom. Elle avait 7 pieds de large |2m,073), et servait à abriter des traits de l’ennemi les travailleurs envoyés à la sape des murailles. Des claies en fermaient les parties latérales, et le tout était recouvert de gazon ou de peaux fraîchement écorchées, pour défendre la galerie contre le feu que les assiégés lançaient dessus. C. D— Y'.
VINET (Elie), savant du xvie siècle, né près de Barbezieux vers 1519, m. en 1587, enseigna les humanités au collège de Bordeaux , dont il devint principal en 1558. Il fut l’ami de Cujas et de Jos. Scaliger. On a de lui des éditions estimées de Sidoine Apollinaire , Solin , Eutrope , Perse, Ausone, Elorus, Pomponius Mêla, une traduction de la Sphère de Produs, un recueil des traités de Priscien, Bhemnius Fannius , Beda , etc. , sur les poids et mesures des anciens, Paris, 1565, in-8° ; des recherches sur V Antiquité des villes de Bordeaux , Saintes , Barbezieux , etc.
vinet (Alexandre- Rodolphe ) , littérateur, critique, et théologien protestant, né à Lausanne en 1799, m. en 1847, était fils d'un instituteur de village, fut destiné au ministère évangélique, et manifesta un goût très-vif pour la littérature. A 20 ans, il occupa au gymnase de Bâle une chaire de langue et de littérature françaises. Eu 1819 il fut consacré pasteur, et se démit de ses fonctions religieuses en 1840. Pendant cette longue carrière, il se livra avec talent et succès à la prédication et à la controverse. Il fut un des collaborateurs du Nouvelliste Vaudois et du Semeur. En 1837, ses compatriotes le rappelèrent pour lui confier la chaire de théologie de l’Académie de Lausanne, ce qui ne l'empêcha pas, de 1844 à 1846, de s’occuper encore de littérature française, dans une chaire de la même ville. La révolution vaudoise de 1845, plus sociale que politique, affligea profondément Vinet. La part qu’il y prit, pour en atténuer les effets, en ce qui tenait à la liberté du culte, acheva de ruiner sa santé, déjà fatiguée par ses travaux antérieurs. Vinet a beaucoup écrit; ses principaux ouvrages sont : la Liberté des cultes, Paris, 1826 , in-8°, ouvrage couronné par l’Institut; Essai sur la manifestation des convictions religieuses, et sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, 1842, in-8°, couronné par la Société de la morale chrétienne de Paris; Discours sur quelques sujets religieux, 1831, in-8°; Nouveaux discours sur quelques sujets religieux, 1841,in-8°; Méditations évangéliques, 1849, in-8°; l'Education, la famille, la société , in-8°; Chrestomathie française, 1829-30, 3 vol. in-8°; Etudes sur Pascal, Paris, 1848, in-8°; Eludes sur la littérature française au xi Xe siècle, 1849, 2 vol. in-8°; Eludes sur la littérature française au xvn® siècle,
VIN
VIR
1857, etc. Comme théologien et controversiste , Vinet, dit
M. Sainte-Beuve, fut le plus sympathique des protestants;
comme professeur, il avait « une éloquence élevée et pénétrante, un langage fin et serré, grave à la fois et intérieurement ému. » Ces qualités expliquent les succès qu’il obtint dans cette double carrière ; la plupart de ses livres sur les matières religieuses, ont eu les honneurs de plusieurs éditions. Sa Clirestomalhie est un recueil de morceaux de poésie et de prose, pour l’enfance, l’adolescence, la jeunesse, et l’âge mûr, gradation qui est bien plus dans le titre que dans le livre. Mais on y remarque, comme travail original, des morceaux bien écrits où l'auteur traite, sous forme de lettres, de l’enseignement de la langue maternelle, de l'histoire des langues, et de l’étude de la littérature. Il y a en tête du 3e vol., un excellent précis de l’histoire de la littérature française. Ses Etudes sur Pascal, sont un livre très-distingué, <> où l’on voit, dit M. Havet, le protestantisme tirant à lui les Pensées, .et y faisant son butin avec un zèle ingénieux. » La critique de Vinet est toujours élevée, saine, sagace; il a du trait sans le chercher, et possède l’art de caractériser en peu de mots les liv res et les auteurs : quelquefois c’est avec un bonheur d’expressions qui frappent la pensée et s’y gravent sans peine. Son style, nerveux et précis, sent néanmoins l’étranger, eu ce qu’il est souvent incorrect, et surtout entaché de mauvais néologisme. C. D — y.
VINNIUS (Arnold Vinnen, en latin), jurisconsulte hollandais , né en 1588, m. en 1657, fut recteur du collège des humanités à La Haye, de 1619 à 1633, puis professeur de Digeste à Leyde. Il a laissé, entre autres ouvrages : Instilulionum inrperalium commentarius , Amst. , 1655, le meilleur commentaire des Institules; Institutiones Jusliniani, cum notis , Leyde, 1646; Selectarum quœstionum juris libri n, Utrecht, 1722.
VINS J Halle aux) et eaux-de-vie de Paris, ou Entrepôt des liquides, situé sur le quai Sl-Bernard , entre les rues Cuvier à l’E., des Fossés-Si-Bernard à l’O., Sl-Victor et de Jussieu au S., sur le 5e arrondissement. C’est un vaste parallélogramme de 450 mèt. de face sur le quai, et de 312 de côté. Au centre s’élèvent sept corps de bâtiments quadrangulaires, construits en meulière, avec angles et chaînes en pierre de taille, et toits couverts en tuiles creuses. Quatre de ces corps de bâtiments ont 160 mèt. sur 80, et sont perpendiculaires au quai ; trois rues larges de plus de 22 mèt., plantées de chaque côté d’un rang d’érables, les séparent, et leur front, tourné au
N. , se déploie sur une espèce de préau, large de plus de 60 mèt., planté de plusieurs rangées d’érables. A l’extrémité S., s’élèvent les trois autres corps, en travers, derrière les premiers, sur une longueur de 390 mèt environ ; ils en sont séparés par une allée transversale de 22 mèt., plantée aussi d’érables.
Des quatre corps du devant, les deux du centre ne se composent que d’un rez-de-chaussée, avec toit surmonté d’un pavillon bas, ou espèce de grande lanterne vitrée, éclairant l'intérieur des magasins ; les deux autres reposent sur une terrasse, haute de 4 mèt. environ, formée d’une multitude de voûtes formant des celliers. Une double rampe très-large, à chaque bout de la terrasse, au N. et au S., permet aux voitures de monter jusqu’aux magasins supérieurs.
Les bâtiments du fond sont sur des caves, que l’élévation du terrain, de ce côté, a permis d’établir comme des hypogées ; leur entrée est à rez-de-chaussée sur l’avenue transversale nommée ci-dessus , tandis que la terrasse de leur voûte se trouve de niveau avec la rue de Jussieu; on y monte par deux grandes rampes à voitures.
Une large avenue de ceinture fait le tour de l’établissement ; une immense grille, avec pilastres en pierre de place en place, et dont les barreaux se terminent en pommes de pin , forme sa clôture sur toute la longueur des façades du N. et de l’O., et sur une partie de celles du S. et de l'E. Dans ces grilles sont ménagées trois entrées sur le quai, deux sur la rue des Fossés -SVBernard, une sur la rue de Jussieu. Chaque entrée est flanquée de deux pavillons de pierre pour les gardiens , et il y a en outre, du côté du quai, un bâtiment d’administration. La superficie totale de l’établissement est de 141,700 mèt., dont plus de 90,000 pour les bâtiments. Les caves et les celliers peuvent contenir 1 million d’hectolitres de vin. 63 fontaines sont réparties dans les rues pour les besoins du service. — L’Entrepôt occupe l’emplacement d’une ancienne halle aux vins, et des bâtiments et terrains de l’ab- : baye Saint-Victor, démolis pendant la Révolution. Napoléon I«r en ordonna la construction, aux frais de la ville de Paris; les travaux, commencés en 1811, sur les plans
et sous la direction de l’architecte Gaucher, n’ont été terminés qu’en 1818. La dépense s’est élevée à 30 millions de fr. environ ; le produit annuel, en droits perçus, est de
10 à 11 millions, tant pour la ville que pour le Trésor.
C’est un des beaux établissements de Paris : on a tiré habilement parti du terrain pour créer des caves en hypogées ou pseudo-hypogées, le niveau de la Seine ne permettant pas d’en creuser dans la terre, Ses proportions sont vraiment colossales, et son aire équivaut à celle d’une ville de 4e ordre. C. D — y.
VINTIMILLE , anc. Album Intemelium , en italien Ventimiglia, v. forte du royaume d’Italie (Port-Maurice), petit port à l’embouchure de la Roja dans le golfe de Gênes, à 33 kil. E.-N.-E. de Nice; 6,000 hab. Evêché. Pèche active.— Fondée par les Ligures, elle fut, sous les Romains, une colonie florissante, eut des comtes indépendants au x' siècle, fut prise par les Génois en 1222, et cédée par eux, en 1266, à Charles d’Anjou. Les Français, qui la prirent en 1792, la démantelèrent; les fortifications ont été relevées en 1831-32.
vintimille (les comtes de), maison illustre d’Italie, étaient issus de Conrad, 4e fils de Bérenger, empereur et roi d’Italie. Ils se partagèrent en plusieurs branches, telles que les marquis du Luc, les barons d’Ollioules, et les comtes de Tende, ces derniers alliés aux Lascaris.
vintimille lascaris -castelard (Paul de), grandmaître de l’ordre de Malte, né en 1560, m. en 1657 , descendait , par sa mère, des Lascaris, anciens empereurs de Constantinople. Elevé au magistère en 1636, il déjoua les entreprises de Vladislas IV, roi de Pologne, et du duc de Montalte, vice-roi espagnol de la Sicile, qui cherchaient à priver les chevaliers de leurs faibles ressources, mit l’île sur un pied de défense formidable, remporta des succès sur les Barbaresques et les Turcs, envoya des secours à l’ile de Candie contre Mahomet IV, qui fut obligé de lever le siège, acquit l’ile de S1- Christophe en Amérique, et fonda une bibliothèque publique à Malte.
vintimille-du-luc (Charles-Gaspard de), né en 1655, m. en 1747 , évêque de Marseille en 1692 , archevêque d’Aix en 1708, et de Paris en 1729. Ce fut lui qui fit fermer, en 1732, le cimetière de SMVIédard , où les Convulsionnaires opéraient leurs prétendus miracles.
vintimille-du-luc (Charles -François de), frère du précédent. V. Luc (le comte Du).
vintimille-du-luc ( J.-B.-Félis-Hubert de), petitneveu de l’archevêque de ce nom, fut maréchal-de-camp.
11 n’est fameux que pour avoir épousé Mlle de Mailly ( V. ce mot), maîtresse de Louis XV.
VIOCURES. V. Quatuorvirs.
VIOLANTE CEO. V. Ceo.
VIOMÉNIL (Charles-Joseph-Hyacinthe Du Houx de), né en 1734 à Ruppe (Lorraine), m. en 1827, assista, tout jeune encore, à la bataille de Lawfeld et au siège de Berg op-Zoom , acheva son éducation à l’école des Cadets de Lunéville, fut aide-de-camp de Chevert dans la guerre de Sept- Ans, fit campagne en Corse sous le maréchal de Vaux, devint brigadier en 1770 et maréchal-de-camp en 1780, servit sous Rochambeau en Amérique, obtint le gouvernement de la Martinique et des îles du Vent en 1789, revint en France l’année suivante, alla combattre dans l’armée de Condé, puis en Russie et en Portugal, entra à la Chambre des pairs lors de la Restauration, et reçut le bâton de maréchal en 1816. B.
VIOTTI (Jean-Baptiste), chef de l’école des violonistes modernes, né en 1755 à Fontanetto près de Turin (Piémont), m. à Londres en 1824, fut élève de Pugnani, avec lequel il parcourut une partie de l’Europe , et se fixa à Paris en 1782. Il dirigea bientôt l’Opéra, -Italien avec Chérubini : ayant perdu sa fortune dans cette entreprise, il alla la refaire à Londres. On lui confia encore , en 1818, la direction de l’Académie royale de musique. Viotti a laissé 36 duos, 21 trios, 17 quatuors, 29 concertos, 2 symphonies concertantes , 6 sérénades, 3 divertissements ou nocturnes, etc. ; ces œuvres sont pleines d’idées et de sensibilité ; la mélodie est noble, pure, expressive. Quant a l’exécution, jamais artiste n’avait possédé un son plus beau, une élégance aussi soutenue, une verve et une variété semblables. B.
VIRB1US, nom que Diane fit porter àHippolyte, quand Esculape l’eut rappelé à la vie.
VIRE, Viria, Viriense castrum, s.-préf. (Calvados), à 59 kil. S.-O. de Caen, sur la rive dr. de la Vire; 7,189 i hab. Trib. de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque. On remarque la tour de l’Horloge, édifice de la Renaissance, et l’église gothique de Notre-Dame. Filât, de laine; fabr. de gros draps, toiles fiues, papeteries, etc.
VIR
VIR
Coram. de forains et de toiles. Patrie d’Olivier Basselin, du jésuite Le Tellier, et de Duhamel.
vire (La), riv. de France, naît sur les confins des départements do la Manche et du Calvados, passe à Vire et àSl-Lô, reçoit l’Aure et la Douve, et se jette dans la Manche près et au-dessous d'Isigny ; cours de 10Û kil. On y a exécuté des travaux de canalisation.
VI R LT (Pierre), théologien, et l’un des chefs de la Réformation en Suisse , né en 1511 à Orbe, m. à Orthez en 1571, aida Farel à renverser le catholicisme à Genève, fut pasteur à Lausanne en 1536, puis à Genève, pendant l’absence de Calvin, et visita, dans l’intérêt de sa religion, Nimes, Montpellier, Lyon, d’où il fut banni comme séditieux, Orange, et le Béarn, où l’appelait Jeanne d’Albret. Le plus important de ses ouvrages a pour titre : De origine, continuatione , «su, aucloritate alque prœstantia ministerii Verbi Dei alque sacramentorum , Genève, 1554, in-fol. On cite encore un pamphlet : Satires chrétiennes de la cuisine papale, Genève, 1560, in-8°.
VIKETON, anc. arme de trait et de jet. C’était une flèche de moyenne grandeur, que ses ailerons, qui étaient croisés, faisaient virer ou tourner en l’air après qu’elle avait été lancée.
V1KEY ( Jules- Joseph ), médecin, né en 1776 àHortes (Haute-Marne), m. eit 1847, fut membre de l’Académie de médecine, pharmacien en chef des hôpitaux militaires, et député de la Haute -Marne. Outre des articles dans le Dictionnaire des sciences médicales et le Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, il a laissé divers ouvrages, facilement écrits, mais diffus : Histoire naturelle du genre humain, 1801 ; Traité de pharmacie, 1800-1811; Mœurs et instinct des animaux, 1821 ; De la puissance vitale, 1823 ; De la femme, 1823. Virey fut un adversaire du matérialisme en médecine.
VIRGILE, P. Virgilius Maro , célèbre poète latin , né Pan 683 ou 684 de Rome, 70 ou 69 av. J.-C., à Andes, près de Mantoue, m. en l’an 734, ou 19 av. J.-C. On conjecture que son père était cultivateur; il l’envoya à Crémone , à Milan , puis à Naples , où le jeune Virgile fit des études savantes de littérature , d’histoire , de philosophie, et même de mathématiques et de médecine ; mais il étudia surtout à fond la poésie grecque. Il débuta par de petites pièces, le Culex, le Ciris, le Moretum, etc., qui n’étaient peut-être pas celles que nous avons aujourd’hui. Après la bataille de Philippes, le territoire de Crémone et de Mantoue fut distribué par les triumvirs à leurs vétérans, en 41 ; Virgile dut à Pollion et à, Mécène la restitution de sa terre, et, pour témoigner sa reconnaissance à ses protecteurs, il composa une suite de 10 églogues sous le titre général de Bucoliques ; la lre églogue des éditions modernes est un remercîment allégorique à Octave. Virgile entreprit ensuite , sur l’invitation de Mécène, un poème entier sur l’agriculture, les Géorgiques, auxquelles il travailla 7 ans ; et enfin il s’occupa, pendant 12 ans, d’un grand poème national , qui devait rappeler les origines de Rome, et qu’il intitula l'Enéide, parce que les Romains prétendaient descendre d’Enéc. Ce poème était attendu avec impatience; Auguste obtint, après de vives instances, la lecture des 2e, 4e et 6e livres. Octavie s’évanouit en entendant le passage consacré à la mort prématurée de son fils Marcellus ( liv. 6) , et fit compter au poète dix grands sesterces pour chacun de ces vers-. Virgile alla en Grèce pour achever son œuvre; après un séjour de trois ans, il revint avec Auguste , qui l’avait rencontré à Athènes ; mais, déjà malade, il mourut àBrindes, âgé de 52 ans. Il voulait que son Enéide , qu’il laissait incomplète , fût brûlée : on respecta du moins ses dernières volontés, en ne complétant pas les vers inachevés; ce furent ses amis Tucca et Varius qui publièrent le poème. Virgile fut enterré près de Rouzzoles, où l’on montre encore l’emplacement de sa tombe. — Virgile , dans ses Bucoliques , est inférieur àThéocrite pour la vérité des tableaux et des personnages ; ses bergers sont trop élégants et trop spirituels ; on sent trop souvent que l’imitation seule a amené les sujets. C’est dans les Géorgiques et l'Enéide qu’il faut chercher la supériorité du poète. Les Géorgiques, que Mécène provoquait pour ramener à l’agriculture, forment 4 livres : 1° la culture des champs ; 2° les arbres, et particulièrement l’olivier et la vigne ; 3° les bestiaux ; 4° les abeilles, dont l’organisation merveilleuse méritait une place à part. Ainsi l’intérêt va par gradation. Virgile varie infiniment les formes didactiques; son vers est simple et souple dans les préceptes, riche et éclatant dans les descriptions; il s’intéresse à ses plantes, les aime et les hait, suivant qu'elles sont utiles ou nuisibles à l’homme. Les épisodes sont liés ‘ intimement à la pensée de l’auteur , comme les chœurs de la tragédie grecque, Us révèlent la moralité du sujet;
toutefois, il y a sur Aristée un épisode qui sort un peu des proportions ordinaires. L’amour de la campagne , l’admiration pour l’agriculture, qui a formé les conquérants du monde, l’horreur de la guerre civile, un sincère patriotisme, telles sont les inspirations de Virgile. Comme Horace , il voit dans Auguste le seul remède aux plaies de Rome, et, dans l'empire, le seul gouvernement possible à cette époque; une fois seulement, ses éloges sont exagérés dans la forme. — La même inspiration le soutient dans V Enéide, poème en 12 chants, dont les 6 derniers seulement peignent les origines de Rome , et auquel on peut reprocher une action double , des caractères faibles et pâles, des mœurs effacées, dans les 6 premiers chants, mais qui partout est admirable pour le pathétique et pour le style. Virgile excelle à rendre les passions, surtout les passions douces ; il est plein d’une sensibilité pénétrante, qui n’a rien de romain. Ses vers ont la plus exquise perfection ; ce n’est pas l’élégance monotone de beaucoup de poètes; c’est une harmonie souple, variée, s'élevant et s’abaissant avec le sujet, rendant avec une admirable expression les mouvements et les sentiments. — Les principales éditions de Virgile sont celles de Venise , avec les commentaires de Servius, 1482, in-fol.; des Aide, Venise, 1519, in-8° ; de Laccrda, Lyon, 1617, 3 vol. in-8», avec un très-bon commentaire ; du P. de La Rue, ad usum Delphine, Paris, 1682, in-4«; de Burmann, Amst. , 1746,4 vol. in-4°; de Franz, Leipzig, 1774, 2 vol. in-8»; de Pierre Didot, Paris, 1798, gr. in-fol., avec de belles gravures d’après Gérard et Girodet; de Heyne, Leipzig, 1800, 6 vol. in-80, la plus savante et la plus complète; de Lemaire, dans sa Bibliothèque latine, Paris, 1819, 8 vol. in-8°; d’Amar, qui reproduit l’édition de Heyne, Paris, 1824, 5 vol. in-8°; de Forbiger, Leipzig, 1836-39, et 1852, 3 vol. in-8°. Parmi les traductions françaises en prose , on cite celles de l’abbé Desfontaines, Paris, 1743, 4 vol. in-8", qui n’est souvent qu’une paraphrase; de Binet, 1805,4 vol. in-12;de de Guerle, 1825, 2 vol. in-8°; de Delestre, 1829-32, 3 vol. in-12; de Villenave et Charpentier, dans la Bibliothèque laline-française de Panckoucke , 1833-35 , 4 vol. in-3° ; d’Aug. Nisard, dans la Bibliothèque latine, avec trad. française, de D. Nisard; en vers : celles de Dclille ( Géorgiques et Enéide), de Gaston (l'Enéide), 1808, 4 vol. in-12; de Cournand, Mollevaut, Barthélemy, Duchemin , etc. Les Bucoliques seules ont été traduites en vers par MM. Didot, Lauwereyns, Tissot. — V. Tissot, Eludes sur Virgile, 1841; Eichhoff, Etudes grecques sur Virgile, 1825, 3 vol. in-8»; Sainte-Beuve, Elude sur Virgile, 1857, in-12; Destainville, De l'influence du siècle d’Auguste sur la composition de l’Enéide, 1826; Malfilâtre,ie Génie de Virgile, 1810,4 vol. in-80 ; Lauter, de Virgilio imitatore Iiomeri, Heidelberg, 1796, in-4° ; Meusel, de Theocriti et Vtrgilii poësi bucolica, Gœttingue, 1766, in-4°; Posselt, de Virgilii Georgicis, Carlsruhe, 1786, in-8°; Ludewig, Claris Virgiliana, Berlin, 1805, 2 vol. in-8°. D — R.
virgii.e (Saint), né en Aquitaine, fut moine de Lérins, puis évêque d’Arles en 588, et reçut le pallium, en 595, du pape Grégoire le Grand, qui le nomma vicaire du Saint- Siège en Bourgogne et en Austrasie. 11 mourut en 624. Fête, le 5 mars.
Virgile (Saint), d’une noble famille d'Irlande, évêque de Salzbourg eu 764, est sans doute le même que le prêtre Virgile, censuré par le pape Zacharie pour avoir avancé qu’il existait, aux antipodes, des habitants qui ne descendaient pas d’Adam. 11 fut canonisé par Grégoire XI. Fête, le 27 novembre.
virgile ou vebgile (Polydore), historien, né vers 1470 à Urbin, m. en 1555, reçut les ordres, professa les belles-lettres à Bologne, et fut envoyé en Angleterre par Alexandre VI, pour y recevoir le denier de S1 Pierre. Là, il gagna la faveur des rois Henri Vil et Henri Vin, et devint, en 1507, archidiacre de Wals. Il revint en Italie en 1550. On a de lui : Anglicœ historiée li’ori xxvi, Bâle, 1534, in-fol.; de Invenloribus rerum libri viii, neenon de Prodigiis libri ni, Amsterdam, 1671, in-12, trad. en français par Belleforest, Paris, 1582, in-8°. Les Anglais l’accusèrent d’avoir calomnié leur nation dans son histoire ; les Italiens, au contraire, de l’avoir trop flattée. C. N.
VIRGINIE, jeune Romaine plébéienne, d’une grm.tR. beauté, née vers l’an 290 de Rome. Appuis Claudius, l’un des Décemvirs, en étant éperdument épris, et se voyant repoussé par la jeune fille, aposta un de ses clients, pour la réclamer en justice comme son esclave, afin de la lui livrer ensuite. Virginius, son père, centurion dans l’armée, accourut à Rome, et, au moment où Appius, devant le tribunal duquel l’affaire était portée , adjugeait Virginie à celui qui la revendiquait , il la tua d’un couteau qu’il
VIS
VIS
saisit-sur l’étal d’un boucher, l’an 305 de Rome, 448 av. J.-C. Virginie avait 15 ans. Sa mort fut le signal de la chute des Décemvirs. L’aventure de Virginie a fourni un sujet de tragédie à Mairet, 1628, Leclerc, 1645, Campistron, 16H3, La Beaumelle, Chabanon, 1769, La Harpe, 1786, Guiraud, 1827, Latour de Saint-Ybars, 1845, Alfieri,
Lessing, etc.
Virginie (la ), un des Etats-Unis de l’Amcrique du N., l>ornée au N . parle Maryland, à l’O. par la Virginie occidentale et le Kentucky, au S. par la Tennessee et la Caroline du Nord, à l’E. par l’Atlantique; entre 36° 50' et 40° 50' lat. N., 78°et 86° long. U. ; 84,700 kil. car. ; 1,261,397 hab., dont 490,887 esclaves avant 1863. Ch.-L, Richmond. Elle est arrosée par la Potomac, le James, l’Ohio et ses affluents, et traversée par les monts Alleghany. Côtes basses et sablonneuses. Les principaux produits sont le tabac et le coton. Mines d’or, fer, plomb, cuivre. Elève considérable de bétail. Industrie très-active : fabr. d’armes, poudre, tissus, etc. L’Etat est divisé en 68 comtés. — Walter Raleigli visita ce pays en 1584, et l’appela Virgi-
nie en l’honneur de la reins vierge Elisabeth, qui lui en donna la souveraineté. En 1606, Jacques Ier transporta ce privilège à deux compagnies dites de Londres et de Plymoutli. Après la mort de Charles Ier, les Virginiens restèrent attachés à sa famille, et voulurent reconnaître son fils aîné. Cromwell fut obligé d’envoyer une escadre pour les soumettre. Ils ne capitulèrent qu’à la condition de jouir des mêmes franchises que le peuple d’Angleterre, et de n’être taxés que du consentement de leur assemblée générale. Charles II confirma cette capitulation en 1676. La Virginie prit une part active à la guerre de l’Indépendance. Elle se donna, en 1776, sa première constitution, modifiée en 1830, et adopta, en 1788, celle des Etats-Unis. Le pouvoir exécutif est exercé par un gouverneur élu pour quatre ans par l’Assemblée générale. Celle-ci se compose d’un sénat de 50 membres, élus pour quatre ans, et d’une Chambre des députés de 152 membres élus pour deux ans. Il y a aussi un conseil d’Etat, dont le membre le plus âgé remplit les fonctions de lieutenant-gouverneur. La Virginie fut, de 1861 à 1865, le principal théâtre de la guerre civile (K. Etats-Unis, au Supp.). Mais, dès 1862, la partie à l’O. des Alleghanys, restée fidèle à l’Union, forma l’Etat de Virginie occidentale ( V . ce mot au Supplément). Avant cette séparation, la Virginie avait 144,925 kil. carr., 119 comtés, et 1,569,083 hab. O.
VIRG1NIUS, centurion romain, père de Virginie ( V. ce mol ).
yirginius rufus (Lucius), général romain, né aux environs de Côme, l’an 14 de J.-C., m. en 97, fut trois fois consul, en 63, en 70, et en 97, puis gouverneur de la Haute Germanie, et défit le rebelle Vindex ( V. ce mol), en 09. L’Empire lui fut offert deux fois par ses soldats, qui, irrités de ses refus obstinés, menacèrent, ses jours. Tacite, qui lui fut subrogé dans le consulat, prononça son éloge.
VIRIATHE, chef lusitanien, avait été pâtre, chasseur, puis brigand. Echappé au massacre ordonné par Sulpicius Galba en 149, il souleva ses compatriotes contre Rome, défit successivement 4 préteurs, C. Vétilius en 149, C.Plautius en 148, Claudius Unimanus en 147, et C. Nigidius Figulus en 146, fut battu en 144 par Fabius Æmilianus, maiscontraign.it, en 141, Fabius Servilianus de capituler, et le traité fut conclu entre le peuple romain et Viriathe. Servilius Cépion, frère de Fabius, n’en recommença pas moins la guerre, et la termina en faisant assassiner Viriathe par deux de ses officiers, en 140. Les Lusitaniens se soumirent en 139; transportés sur la côte orientale de l’Espagne, ils y fondèrent Valence ; la guerre de Numanee acheva de soumettre, en 133, la Ccltibérie, soulevée aussi par Viriatlve. A. G.
V1RIEU, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 13 kil. S.-E. de la Tour-du-Pin, sur la Bourbre ; 758 hab.
virieü-le-gkand, ch.-l. de canton (Ain), arr. et à 12 kil. N. -O. de Belley; 803 hab.
V1ROVESCA, nom latin de Briviesca.
VISA, Bizia, v. de la Turquie d’Europe (Andrinople), à 130 kil. N.- G. de Constantinople. Ch.-l. de livah. visa (Chambre dul. V. chambre.
VISAPOUR, v. de l’IIindoustan. V. Bedjapour. VISBY, v. de Suède. V . Wisby.
VISCAINO (Sébastien), navigateur espagnol, prit possession de la Californie en 1595, et en releva adroitement les côtes. Ses relations manuscrites ont été publiées par avarié te dans sa Collection des voyages et découvertes des Espagnols depuis la fin du xve siècle, trad. en français par Dezos de la Roquette, Paris, 1828.
VISCERATIO, distribution gratuite de viande crue à
la plèbe do l’anc. Rome. Les jeux célébrés à la suite des pompeuses funérailles, et les triomphes, étaient souvent des occasions de Visceratio. Elle se faisait aux frais de celui qui donnait les jeux ou qui triomphait. C. D — y.
VISCONTI (Les), célèbre famille gibeline de Milan, ont donné, pendant deux siècles, des maîtres à cette ville. Ses principaux membres furent :
visconti (Othon), né à Ugogne en 1208, m. en 1295, accompagna en diverses ambassades le cardinal Ottaviano de’ Ubaldi, et obtint, en 1263, du pape Alexandre IV, l’archevêché de Milan, dont il ne put prendre possession qu’en 1277, après une guerre contre les Délia Torre. I) employa le reste de sa vie à assurer l’autorité de sa famille dans la ville.
visconti (Mathieu), dit le Grand, neveu du précédent, né en 1250 à Masino sur le lac Majeur, m. en 1323, porta les armes pour la cause et sous les ordres de son oncle, qui lui abandonna une partie de l’administration. 11 devint capitaine-général, acquit Verceil en 1290 et Côme en 1292, fut reconnu vicaire impérial en 1294, seigneur perpétuel de Milan eu 1295, se vit dépouillé de presque toutes ses possessions en 1302 par une ligue qu’avaient organisée les Délia Torre, fut ramené à Milan par l’empereur Henri Vil en 1311, et étendit sa domination sur Bergame, Ravie, Plaisance et Tortone. Au milieu de ces luttes, il avait eu aussi des différends avec le Saint-Siège, et encouru les anathèmes de Jean XXII. En 1322, il abdiqua en faveur de son fils Galéas, et alla finir ses jours au couvent de Ciescenzago, près de Milan.
visconti (Galéas Ier), fils aîné du précédent, né en 1277, m. en 1328, devint souverain de Milan par l’abdication de son père, 1322, fut chassé la même année par les Guelfes, parvint à rentrer au bout d’un mois, et déjoua, avec l’appui de l’empereur Louis de Bavière, les intrigues de ses propres frères, Marc et Ludovic. Mais s’étant ensuite rapproché des Guelfes, il perdit les bonnes grâces de l’empereur, qui le fit emprisonner à Monza, 1327.
Le crédit de Castruccio Castracani lui fit rendre la liberté en 1328.
visconti (Azzo), fils aîné du précédent, n' vers 1302, m. en 1339, partagea la captivité de son père à Monza en 1327, reçut, l’année suivante, de l’empereur Louis de Bavière le titre de vicaire impérial à Milan, se déclara bientôt contre ce prince, et fut nommé, en 1330, par le pape Jean XXII, vicaire de l’Eglise. Il entra dans la ligue formée contre Jean de Bohême, qui voulait asservir l’Italie, et soumit à sa domination Bergame, Plaisance, Crémone, Pavie, Crème, Côme, Lodi, Brescia, Vigevano, etc. De ses trois oncles, l’un, Marco Visconti, fut assassiné par ses ordres; le 2e, Ludovic, se fit chasser de Milan pour un complot, prit les armes, et fut battu par le 3e, Luchino.
visconti (Luchino), oncle et successeur du précédent et 3e fils de Mathieu Visconti, exerça le pouvoir à Milan, 1339-49, de concert avec l’un de ses frères, l’archevêque Jean, montra une grande fermeté envers les séditieux, acquit Parme, Asti et Locarno, et fut assassiné par sa , femme Isabelle de Fiesque, dont il se préparait à châtier les désordres.
visconti (Jean) , 4° fils de Mathieu, et frère du précédent , par qui il fut associé au pouvoir en 1339, était cardinal-archevêque de Milan depuis 1329, et régna seul de 1349 à 1354. 11 acheta Bologne à JeanPepoli, 1350, et obtint la soumission de Gênes, 1353.
visconti (Mathieu II), neveu du précédent, et fils d’Etienne, 5e enfant de Mathieu Ier, partagea l’autorité à Milan avec ses frères Galéas et Barnabo, et eut en propre Vigevano, Monza, Lodi, Bobbio, Pontremoli, Plaisance, Parme, Borgo-San-Donino, et Bologne. Son cousin, Jean d’Oleggio, fils de l’archevêque Jean, lui prit Bologne en 1355, et ses frères l’assassinèrent la même année.
visconti (Galéas II ), frère du précédent, avec lequel il partagea le pouvoir à Milan en 1354 , avait reçu en propre Crème, Novare, Verceil, Asti, Tortone, Alexandrie , et y joignit plus tard Plaisance , Bobbio , Monza et Vigevano. Sa vie s’écoula dans la mollesse et les plaisirs, et il abandonna à des condottiere le soin de défendre ses Etats contre les Vénitiens. Il mourut en 1378.
visconti (Barnabo), frère des deux précédents, et avec eux seigneur de Milan en 1354, possédait en propre Côme Crémone, Bergame, Brescia, et y ajouta Lodi et Parme. Mais Venise le contraignit de céder Gênes et Bologne,
1356 ; le Saint-Siège, les maisons délia Scala, de Gonzague, de Carrare, etd’Este, la république de Florence, l’attaquèrent à la fois. Son neveu et gendre, Jean -Galéas, mit fin aux débauches et aux violences dont il se souillait, en le faisant jeter dans une prison, où il fut bientôt em-
VIS
VIS
poisonné, 1385. 11 avait protégé Pétrarque, et fondé l’université de Pise.
visconti ( Jean-Galéas), fils de Galéas II, né en 1347, m. en 1402, succéda à son père dans une part de la seigneurie de Milan en 1378. Il avait épousé, en 1364, Isabelle de Valois, et reçu comme dot le comté de Vertus. Veuf en 1372, il se remaria en 1380 avec Catherine, fille de son oncle Barnabo, emprisonna ce dernier en 1385, et chassa ses fils. Il s’empara de Vicence et de Vérone en 1387, de Padoue en 1388, soutint ensuite la guerre contre Bologne et Florence, et acheta de l’empereur Venceslas le titre de duc de Milan, 1395, en faisant comprendre dans ce duché Feltre, Bellune, Bassano, Arezzo et Sarzane. Il acquit encore Pise et Sienne, soumit Pérouse, Spolète, Assise, Nocera, battit, en 1401, l’empereur Robert de Bavière, qui voulait lui retirer les concessions de Venceslas, conquit enfin Bologne, et mourut pendant le siège de Florence. Il avait marié sa fille Valentine à Louis d’Orléans, frère de Charles VI.
visconti (Jean-Marie), fils aîné du précédent, né en 1389, m. en 1412, fut proclamé duc de Milan, 1402, sous la régence de sa mère Catherine. Il secoua cette tutelle en 1404, enferma Catherine à Monza, et l’y fit empoisonner. Tyran de ses sujets, il nourrissait, dit-on, ses chiens avec de la chair humaine. Ses cruautés excitèrent un soulèvement, à la tête duquel se mit le comte Blandrate; après s’être vu enlever Alexandrie, Tortone, Verceil, Novare et Milan, il périt sous les coups d’Astorre, fils naturel de Barnabo.
visconti ( Philippe-Marie ) , frère et successeur du précédent, 1412-47, né en 1391, avait eu d’abord en partage le comté de Pavie. Il épousa la veuve de son frère, dont il employa la riche dot à s’assurer la possession de Milan, et qu’il fit ensuite décapiter, 1418, sur une calomnieuse accusation d’adultère. Il prit à sa solde le condottiere Carmagnola, qui rétablit la domination des Visconti sur toute la Lombardie, et enleva aux Suisses Bellinzona et le Val de Levantine. Carmagnola, qu’il ne paya que d’ingratititude, étant passé aux Vénitiens, il le remplaça par Piccinino et Sforza, et donna à ce dernier la main de sa fille naturelle, Blanche-Marie. Avec lui finit la dynastie des Visconti. Trois ans après sa mort, 1450, Sforza devait fonder une nouvelle maisou ducale. B.
visconti ( J. -B. -Antoine), antiquaire, né en 1722 à Vernazza (diocèse de Sarzane), m. en 1784, descendait d’un fils naturel de Barnabo Visconti. Ami de Winckelmann, qui faisait le plus grand cas de son savoir et de son goût, il lui succéda en 1768 dans la charge de préfet des antiquités à Rome, et eut la plus grande part à la formation du musée Pio-Clémentino.
visconti (Ennius-Quirinus),fils duprécédent, né à Rome en 1751, m. à Paris en 1818, montra une aptitude précoce pour les lettres, traduisit à 13 ans VHécube d’Euripide en vers italiens, fut nommé, en 17 71 , bibliothécaire du V atican , montra dans l’étude des antiquités une rare perspicacité, devint, en 1784, conservateur du musée du Capitole, accepta, en 1798, le ministère de l’intérieur dans la République romaine, se réfugia en France quand les Napolitains fondirent sur Rome en 1798, et reçut du 1er consul Bonaparte, en 1799, et sans aucune sollicitation, une place d’administrateur du Musée des antiques et des tableaux formé au Louvre. Plus tard, il occupa une chaire d’archéologie, et entra à l’Institut. Ses principaux ouvrages sont : II museo Pio-Clemenlino, Rome, 1782-1807, 7 vol. in-fol., commencé par son père, mais entièrement de lui, sauf quelques parties du 1er vol.; Il museo Chiaramonli, ibid., 1808, 1 vol. in-fol., qui complète le précédent; Iscrizioni greche Triopee, ora Borghesiane , ibid., 1794, in-fol.; Monumenli Gabini, 1797, in-8°; Iconographie grecque, Paris, 1808, 3 vol. in-fol., et 1811, 3 vol. in-4° et atlas; Iconographie romaine, 1817, in-fol. : ces deux ouvrages, remarquables par la vérité des types , la science et l’exactitude des recherches, furent demandés à Visconti par Napoléon Ier, et magnifiquement exécutés aux frais du gouvernement. Visconti a composé encore beaucoup de dissertations très-estimées sur une foule de sujets d’antiquité : sur le tombeau des Scipions, la statue dite de Pasquin, Jupiter Ægiocus, les sculptures du Parthénon, etc., et bien d’autres encore conservées en manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris.
visconti (Louis), architecte, fils du précédent, né à Rome en 1791, m. en 1854, fut amené en France dès 1798, et naturalisé. Il eut pour maître Percier, remporta, en 1817, le second grand-prix à l’Ecole des Beaux- Arts, fut successivement inspecteur des travaux de l’Entrepôt des vins à Paris, puis de l’hôtel du ministère des finances,
architecte de la Bibliothèque impériale, et architecte de l’empereur Napoléon III. L’Académie des Beaux-Arts l’admit parmi ses membres. On lui doit les fontaines Gaillon, Molière , Louvois, et St-Sulpice, à Paris; les monuments funéraires de Lauriston, Gouvion-Saint-Cyr, Suchet, et Soult. Mais ses œuvres les plus importantes sont le Tombeau de Napoléon /« r dans l’église des Invalides à Paris, et le Nouveau Louvre, entre la cour du Louvre et les Tuileries. Il est mort avant d’avoir achevé ce dernier travail, qui a été continué par M. Lefuel. Visconti avait du savoir, du goût, de l’élégance, mais peu d’imagination ; il possédait la science des détails plus que celle de l'ensemble. Les fontaines Gaillon et Molière, qui sont de ses meilleurs ouvrages, peuvent être regardées comme une sorte de type de son genre de talent.
V1SDELOU (Claude) , jésuite et missionnaire, né en Bretagne en 1656, m. à Pondichéry en 1737 , partit en 1685 pour la Chine, prit part aux querelles qui divisaient les missionnaires des divers ordres, et fut nommé, en 1708, d’abord vicaire apostolique, puis évêque de Claudiopolis. Les progrès étonnants qu’il fit dans la langue, chinoise lui permirent de déchiffrer les annales de ht Chine, et de recueillir sur l’histoire de ce pays les premières notes exactes et suivies. On lui doit une Histoire de la Tartarie, insérée dans la Bibliothèque orientale, édit, de 1777-79, 4 vol. in-4°, ou 2 vol. in-fol. ; cet ouvrage contient la fameuse inscription de Si-an-fou , qui constate l’introduction du christianisme en Chine dès le vu6 siècle.
VISÉ ou VIZÉ (Jean Donneau de), littérateur trèsmédiocre, né à Paris en 1640, m. en 1710, débuta par des essais de critique, où il se montra toujours hostile à Molière et favorable à Corneille, qu’il défendit contre l’abbé d’Aubignac. Il s’essaya au théâtre, où il donna 12 comédies, qui obtinrent peu de succès, et se mit alors à publier, depuis 1672, sous le titre de Mercure galant, un recueil périodique, contenant, avec les nouvelles de la cour, des anecdotes, des pièces de vers, l’annonce et la critique des ouvrages nouveaux, et qui, en 1677, prit le titre de Mercure de France. Il sut, par des éloges prodigués à Louis XIV, se faire donner la charge d’historiographe de France, une pension de 500 écus, et un logement au Louvre. On doit encore â Visé : des Nouvelles nouvelles, Paris, 1663, reproduites en 1669 sous le titre de Nouvelles galantes et comiques, des Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV, 1697- 1705, 10 vol. in-fol., ouvrage de luxe, mais sans valeur; un Recueil de diverses pièces touchant les préliminaires de la paix proposée par les alliés et rejetée par le roi, ouvrage rare parce qu’il a été supprimé dès son apparition, Paris, 1709, in-12.
VISEU, Verurium, Viens A quarius, ville de Portugal, chef lieu du Haut-Beïra, entre le Mondego et la Vouga, à 80 kil. N.-E. de Coïmbre; 9,000 habitants. Évêché suffragant de Braga. Importante foire en septembre, la plus considérable du royaume. Comm. de bijoux, ouvrages d'or et d’argent, draps, bestiaux. Le titre de duc de Viseu a été porté par Henri le Navigateur, 4e fils du roi Jean Ier; par Ferdinand, 2e fils du roi Edouard, et par ses fils Jean et Jacques ; enfin par le roi Emmanuel.
VISIGOTHS. V. Wisigoths.
VISIT ANDINES, ou Religieuses de la Visitation, ordre institué en 1610, à Année*/, par S1 François de Sales et la baronne Jeanne de Chantal, en mémoire de la Visitation de la Ste Vierge. Il fut approuvé par Urbain VIII en 1626, et se répandit bientôt en France, en Italie, en Allemagne, et en Pologne. Le costume des religieuses était une robe noire, un voile d’étamine sans bordure, un bandeau noir au front, une barbette de toile au lieu de guimpe, et une croix d’argent sur la poitrine. Les Visitandines étaient dispensées des jeûnes rigoureux et des offices nocturnes.
VISITATION (La), fête de l’Eglise catholique, en mémoire de la visite que la Ste Vierge fit à Ste Elisabeth, quelques jours après l’Annonciation. On la célèbre le 2 juillet. Etablie d’abord par S1 Bonaventure, en 1263, pour l’ordre de S* François, le pape Urbain VI l’étendit à toute l’Eglise en 1379.
VISITE (Droit de). F. Droit de visite.
VISO, anc. Vesulus mons , montagne des Alpes Cottiennes, entre la France (Hautes-Alpes) et le Piémont (province de Coni); 3,836 met. de hauteur. Une route, construite au xivc siècle, et en partie taillée dans le roc, la traverse; détruite par le roi de Sardaigne, elle fut rétablie par Napoléon Ier en 1811, quand ce pays appartenait à l’Empire français. On dit que c’est à cet endroit que Bellovèse et Annibal traversèrent les Alpes pour descendre en Italie. Le Pô prend sa source au mont Viso.
VIT
VIT
VISTULE, en polonais Kisla, en allemand Weichsel, fleuve d'Europe, prend naissance au mont Skalza, dans la Silésie autrichienne, prés de Teschen, traverse la Gallicie, la Pologne et la Prusse, en baignant Cracovie, Sandomir, Pulawy, Varsovie, Modlin, Plock, Thorn, Culm, Elbing, Marienbourg, et se jette dans la Baltique par 3 bouches, dont l'une est à Dantzick, et les deux autres sur le Frische- Haff. Cours de 1,100 kil. , navigable depuis Cracovie. Elle reçoit: la Poprad, la Dunajec, la San, la Wieprz, la Naretv, le Boug et la Drewenz, à droite; la Pilica, la Bzura, la Brahe, à gauche. Elle est unie au Dniéper par le canal de Horodetz, à l’Oder par celui de Bromberg, au Niémen par celui d’Augustow.
VISURGIS , nom anc. du Weser.
VIT ou GUI (Saint], Vilus, martyr au ivB siècle, avec S1 Modeste et Ste Crescence. Fête, le 15 juin.
VITAL (Saint), Vitalis, martyr du icr siècle. On le croit père de S‘ Gervais et de S* Protais. Il est le patron de la ville de Ravenne, où l’on garde ses reliques dans une magnifique église bâtie par Justinien en 546. Fête , le 28 avril.
vital (Saint], né dans le diocèse de Bayeux vers 1060, m. en 1122, fut chapelain de Robert, frère utérin de Guillaume le Conquérant , en 1080. Il abandonna ses bénéfices, pour fonder, en 1112, près de Coutances, l’abbaye de Savigny, à laquelle il donna la règle de S‘ Benoit, et dont il fut le 1er abbé. 11 brilla par son éloquence au concile de Reims, 1119. Fête, le 16 septembre.
vital, de Blois, écrivain du xu8 siècle, est auteur d’un poème latin intitulé Querolus , et imité du Querolus ou Aululayia de Plaute. On l’a imprimé en 1595.
VITAL (ORDEKIC). V. ORDERIC.
V1TAL1EN , général scythe, fils de Patrociolus et arrière-petit-fils d’Aspar, était chef d’une confédération des peuples de la Scythie, de la Thrace et de la Mœsie,’Sous l’empereur Anastase et ses successeurs. Il vint deux fois, à la tête d’une armée, devant Constantinople, pour protéger les catholiques persécutés par Anastase, zélé partisan des doctrines d’Eutychès. La première fois, 513, il se retira à la condition que les évêques catholiques rentreraient dans la ville; mais les traités furent violés. La 2e fois, 518, le peuple le demanda à grands cris pour empereur. A force d’astuce, Anastase parvint à éloigner son rival en lui payant un tribut. En 520, Justin le Thrace créa Vitalien consul, et, quelque temps après, le césar Justinien le fit assassiner par la faction des Bleus. S.
vitalien, pape, 657-672, était né à Signia (Campanie). Il maintint avec soin la discipline ecclésiastique. On l’a accusé d’un penchant secret pour l’hérésie des Monothélites.
VITCHEGDA, riv. de la Russie d’Europe (Vologda), se jette dans la Dwina, rive dr.
V1TEBSK , v. de Russie. V. VVitebsk.
VITEGRA ou VYTEGRA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le S.-E. du gouv. d’Olonetz, coule au N.- O., sur 60 kil., et se jette dans le lac Onéga. Le canal de Mariienskoï, qui la joint à la Kovja, établit une ligne navigable entre la mer Noire et la Baltique.
VITELLIO , mathématicien , né en Pologne dans le xnie siècle, a laissé un curieux traité d’optique sous le titre de: Perspectives libri X, Nuremberg, 1533, in-fol., et Bâle, 1572. On lui attribue la première connaissance de la réfraction.
VITELLIUS (Aulus), 8e empereur romain , l’an 822 de la ville, 69 ap. J.-C. Né, l’an 768, de Lucius Vitellius, un. des plus lâches flatteurs de Claude, il fut élevé à Caprée, sous les yeux de Tibère, et mérita la faveur de Caligula par son talent à conduire les chars, celle de Claude par son goût pour les jeux de hasard , et celle de Néron par ses vices de toute sorte. Consul sous Claude , en 48 , puis habile proconsul et lieutenant en Afrique pendant deux ans, il reçut de Galba le commandement de l’armée de Germanie-Inférieure,- 68. Il se l’attacha par ses largesses et ses familiarités, et elle le proclama empereur, en apprenant la mort de Galba. Reconnu par l’armée de Germanie - Supérieure, par les gouverneurs de la Belgique et de la Lugdunaise, Vitellius laissa ses lieutenants, Valens et Cécina, traverser les Alpes, et battre à Bédriac l’armée d’Othon , que Rome avait proclamé empereur. Il les suivit alors, visita le champ de bataille de Bédriac, et dit : •< Le corps d’un ennemi sent toujours bon, surtout si c’est un compatriote •> ; puis \! entra à Rome avec 60,000 soldats toujours ivres comme lui-même. Ce fut le règne des cuisiniers, des histrions et des bouffons. Des révoltes éclatèrent eu Mœsie, en Pannonie, en Syrie. Vespasien, proclamé en Egypte , envoya en Italie Antonius Primus, qui
battit à Crémone l’armée de Vitellius, et prit Rome après un sanglant combat. Vitellius voulut en vain abdiquer; il fut promené dans la ville, les mains liées derrière le dos, puis massacré , et jeté dans le Tibre. Il avait régné 8 mois. A. G.
V1TERBE , anc. Fanum Voltumnœ, en italien Viterbo, v. des Etats de l’Eglise, ch.-l. de délégation, au pied du Cimino, à 90 kil. N.-N.-O. de Rome; 13,900 hab. Evêché. Ville bien bâtie, où l’on remarque surtout la cathédrale, le couvent des Dominicains, le palais public ou hôtel-de-ville, etc. Eaux minérales. Comm. de blé, vins, raisins secs. Manuf. de verroterie. Les environs sont embellis de nombreuses villas. Fondée vers 773 par Didier, roi des Lombards, Viterbe fut donnée aux papes par la grande-comtesse Mathilde en 1077, avec ses autres biens allodiaux qui formèrent la prov. dite Patrimoine de St Pierre , dont Viterbe fut le ch.-l. Le traité qui enleva au domaine de l’Eglise Parme et Plaisance, y fut signé, en 1515, entre François 1er et LéonX. Patrie de Nanni, dit Annius de Viterbe, — La délégation de Viterbe, au N. de la comarca de Rome, a 90 kil. sur 85, et 130,000 hab. Sol très-accidenté, généralement fertile, mais mal cultivé. On y trouve le lac de Bolsena.
VITERIC , roi des Wisigoths en Espagne, 603-610, s’éleva par le meurtre de Liuva II , favorisa l’arianisme, prit pour gendre Thierry II , roi de Bourgogne, qui lui renvoya sa fille après un an de mariage, et fut tué par ses sujets.
VITET (Louis), médecin, né à Lyon en 1736, m. en 1809, exerça dans sa ville natale, adopta avec ardeur les principes de la Révolution, fut maire de Lyon, puis député à la Convention et au Conseil des Cinq-Cents. 11 a laissé : Médecine vétérinaire, Lyon, 1771, 3 vol. in-8°, ouvrage dont le succès fut européen ; Médecine expectante. Paris, 1803, in-8°; Médecine du peuple, Lyon, 1804, etc.
VITI ( Archipel de). V. Fidji.
VITIGÈS, roi des Ostrogoths en Italie, 536-540, s’était distingué comme général de Théodoric le Grand. Proclamé par ses soldats après la mort de Théodat , il lutta vigoureusement contre Bélisaire, ne put empêcher la prise de Rome, châtia avec sévérité la révolte de Milan, de Bergame et de Corne, suscita contre les Grecs Chosroès, roi des Perses, et Théodebert, roi des Franks austrasiens, et, assiégé par Bélisaire dans Ravenne, fut réduit à capituler. Envoyé à Constantinople, il fut bien traité par l’empereur Justinien , et vécut jusqu’en 553. B.
VIT1KIND. V. Witikind.
VITIM , riv. de Sibérie ( Irkoutsk), sort des monts de la Daourie, à l’E. du lac Baïkal, coule au N., et tombe dans la Léna, rive dr.; cours d’environ 1,500 kil.
VITIZA, roi des Wisigoths d’Espagne, fut associé au trône par son père Egiza en 696, régna seul à partir de 701, laissa le général arabe Mouça, gouverneur de l’Afrique pour le calife Walid, s’emparer des îles Baléares, fut détrôné et privé de la vue en 710 par Roderic, dont il avait outragé la famille, et survécut peu de temps à cette disgrâce.
V1TO (SAN-), v. du royaume d'Italie (Vénétie), dans la province et à 42 kil. b. -U. d’Udine, sur la Lemene ; 5,000 hab.
viro-DEGLi-scniAvi (san-), v. du royaume d’Italie, à 24 kil. O. de Brindisi; 6,002 hab.
VITODURUM , ville des Helvétiens, chez les Tugènes; auj. Winterlhur.
VITORIA, v. forte d’Espagne (prov. Basques), capit. de la prov. d’Alava, à 333 kil. N.-N.-E. de Madrid, prè3 de la Zadorra, au milieu de belles et fertiles campagnes. Evêché. Autrefois siège d’une Université , réunie à celle de Valladolid en 1842. Cette ville fut fondée, dit-on, par I.éovigilde, roi des Visigoths, en mémoire d’une victoire sur les Suèves, et agrandie par Sanche le Sage, roi de Navarre (xne siècle). Le 21 juin 1813, l’année française y perdit une bataille contre les Anglais, les Espagnols et les Portugais, commandés par Wellington. Pop. de la commune : 18,730 hab. Industrie assez active : papiers peints , ébénisterie , carrosserie , etc. Comm. de vins de liqueur, fer, poteries.
VITRÉ ou VITRA Y (Antoine), imprimeur, né peu de temps avant 1600, m. en 1674, fut imprimeur du roi , et directeur de l’imprimerie royale. Il a édité, entre autres ouvrages, la Bible polyglotte de Lejay, 10 vol., 1628-1641, qui surpasse, comme beauté de caractères, la polyglotte d’Alcala. V. Aug. Bernard, Ant. Vitré et les caractères orientaux de la Bible polyglotte de Paris, 1857.
I vitré, s.-préf. (llle-et— Vilaine) , à 36 kil. E. et sur le | chemin de fer de Rennes, près de la rive g. de la Vilaine; 7,016 hab. Tribunal de lre instance, collège. Remparts
VIT
flanqués de tours, et dominée par un anc. château. Belle | église gothique de Notre-Dame. Fabr. de toiles, bonneterie à l’aiguille en fil ; tanneries. Sur son territoire se fait une grande récolte de cantharides. — Jadis titre d’une baronnie, que posséda la maison de La Trémoille, Vitré embrassa le calvinisme au xvie siècle, et fut vainement assiégée par le duc de Mercœur en 1588. Patrie de Pierre Landais, de Bertrand d’Argentré, et du voyageur Savary.
V1TKEY, ch.-l. de canton (Haute-Saône), arr. et à 42 kil. N.- O. de Vesoul; 926 hab.
V1TRUVE , Marcus Vitruvius Pollio, architecte latin du siècle d’Auguste, né peut-être à Vérone, et plus vraisemblablement à Formies, servit dans les armées de César, où il était employé à la construction des machines de guerre. 11 est connu comme auteur d’un Traité d'architecture, en 10 livres, adressé à l’empereur Auguste. Les 7 premiers sont consacrés à l’architecture proprement dite (qualités de l’architecte, choix des lieux, matériaux, extraction des pierres, ordres d’architecture, décoration, etc.); le 8e, à l’hydraulique ; le 9e, à la gnomonique; le 10e, à la mécanique. Bien que plusieurs de ces matières importantes soient loin d’être traitées à fond, et qu’il y ait beaucoup de lacunes dans la nomenclature des sujets, néanmoins cet ouvrage est fort curieux pour la connaissance de l’architecture chez les anciens ; le style en est souvent obscur, soit par la faute de la matière , soit par le manque d’élégance de l'auteur. Les principales éditions de Vitruve sont celles de Venise, 1497, in-fol.; de Joconde, Venise, 1511, in-fol. avec fig. et commentaire; de Philander, Lyon, 1552, in-4°, avec d’assez bonnes figures; de Barbaro, Venise, 1567 , in-fol. , avec commentaire et figures ; d’Elzevier, Amsterdam, 1649, in-fol., avec les notes de Philander et autres; de Galiani, Naples, 1758, in-fol., avec traduction italienne, édition fort estimée; de Rode, Berlin, 1801 et 1802, 2 vol. in-8° ; de Schneider, Leipzig, 1808, 3 vol. in-8°. Les principales traductions françaises sont celle de Claude Perrault, 1678 et 1684, gr. in-fol., fig., un peu libre et diffuse, et pas assez empreinte du sentiment de l’antique, et celle de M. Maufras, mieux réussie, Paris, 1847, 2 vol. in-8°, dans la Bibliothèque latine- française de Panckoucke, 2e série. D — R.
V1TRY (Jacques de) , chroniqueur du XIIIe siècle, né à Argenteuil près Paris, ou, selon d’autres, à Vitry-sur- Seine, fut chanoine régulier et curé d’Oignies (diocèse de Liège), eut de grands succès dans la prédication, devint évêque de Ptolémaïs en Terre-Sainte , fut chargé par le pape Innocent III de prêcher en Belgique et en Allemagne la croisade contre les Albigeois, se démit de son évêché après cette mission pour revenir à Oignies, mais reçut plus tard l’évêché de Tusculum et le chapeau de cardinal.
Il mourut à Rome en 1244. On a de lui des Lettres , des Sermons , des Vies de quelques saintes femmes; une Histoire orientale, tableau de la Terre-Sainte sous les princes chrétiens, en 3 livres, dont deux sont insérés dans les Gesta Dei -per Francos de Bongars ; et une Histoire occidentale, qui n’est que l’histoire de l’Eglise au temps de l’auteur , et qu’on a jointe au 1er vol. d’une édition de l'Histoire orientale, Douai , 1597. B.
vitry (Louis GAlxucio de lhospital , marquis de), issu d’une famille napolitaine , fut gentilhomme de la chambre du duc d’Alençon, et, après la mort de ce prince, 1584, passa au service de Henri III. Quand ce prince eut été assassiné , il se rangea sous les ordres du duc de Mayenne, contribua à défendre Paris contre Henri IV, se prononça fortement contre l’Espagne aux Etats de 1593, prit part aux conférences de Suresnes, qui amenèrent l’abjuration du roi, rendit alors la ville de Meaux, dont il était gouverneur, adressa à la noblesse un manifeste pour l’engager à la soumission, fut nommé capitaine des gardes, mestre-de-camp de la cavalerie légère, lieutenant de la vénerie et fauconnerie, et mourut en 1611. B.
vitry (Nicolas de lhospital, marquis, puis duc de), fils du précédent, né en 1581, m. en 1644, succéda à son père dans la charge de capitaine des gardes du roi en 161 1 , se lia intimement avec le duc De Luynes, favori de Louis XIII , travailla auprès du roi à miner le crédit du maréchal d’ Ancre, et obtint enfin de Louis l’ordre de l’en débarrasser ; il le tua de trois coups de pistolet , dans la cour du Louvre, en 1617. Nommé, pour ce honteux exploit, maréchal de France, il se fit donner encore une charge de conseiller de robe-courte au parlement de Paris, afin, en cas de poursuites, de ne pouvoir être jugé que par les chambres assemblées. Les Huguenots s’étant soulevés en 1621, il contribua, avec beaucoup de valeur, à la prise de Château-Renaud, Gien, Jargeau, et Sancerre, qu’il fit rentrer sous l’autorité royale. Pendant l’administration '
| de Richelieu, il se fit remarquer à l’attaque de l’He de Ré et au siège de La Rochelle. Appelé au gouvernement de la Provence, 1631, il y commit des actes arbitraires, qui pouvaient pousser les Provençaux à la révolte; Richelieu le rappela et le mit à la Bastille, 1637, d’où il ne sortit qu’après la mort du cardinal, 1 643 ; l’année suivante, il fut créé duc et pair. B.
vitry-en-artois , ch.-l. de cant. (Pas-de-Calais) , arr. et à 18 kil. N.-E. d’Arras, sur la ÿcarpe; 2,481 hab. Sigebert 1er, roi d’Austrasie, y fut assassiné par deux émissaires de Frédégonde, en 575.
VITR Y-LE- BRULE OU V1TRY-EN-PERTIIOIS, Vge (Marne),
arr. et à 4 kil. N.-E. de Vitry-le-François ; 774 hab. C’était une ville importante, lorsqu’en 1144 Louis VII s’en empara et y mit le feu; 1,300 habitants enfermés dans une église périrent; ce fut pour expier ce crime que le roi entreprit la 2e croisade. Vitry, relevé de ses ruines, fut détruit par Charles-Quint en 1544.
VITRY-le-françois, s. -préf. (Marne), à 32 kil. S.-S.-E. de Châlons-sur-Marne, sur la rive dr. de la Marne; 6,945 hab. Place de guerre; tribunal de lre instance, collège, bibliothèque. On y remarque l’église, bâtie sous François 1er. Commerce de vins, ferronnerie, grains, laines,, bois. Fabr. de bonneterie et de chapellerie, filatures de coton, huileries. — Ville fondée en 1545 par François Ier, dont elle a reçu le nom, pour servir de refuge aux habitants de Vitry-en-Perthois, ruiné par Charles-Quint.
vitry-sur-seine, brg, anc. Victoriacum (Seine), arr. et à 13 kil. N.-E. de Sceaux, à 8 kil. S.-E. de Paris; 2,895 hab. Exploitation de pierres; pépinières, fruits et légumes.
VITSLIBOCHTLI, dieu de la guerre et de la divination chez les Mexicains. Son temple à Mexico était au sommet d’un téocalli ( V . ce mol), et ou lui immolait de3 victimes humaines. Il est représenté assis sur un trône que supporte un globe d’azur, coiffé d’un casque de plumes, tenant de la main gauche 4 flèches et un bouclier, et appuyant la droite i-ur une couleuvre.
VITTALIENS (Frères), association de pirates ennemis des villes hanséatiques , vers 1380, pendant la lutte de Marguerite de Valdemar contre Albert de Mecklembourg , roi de Suède. On les appelait ainsi, parce qu’ils fournissaient des vivres à Stockholm.
VITTEAUX, ch.-l. de canton (Côte-d’Or), arr. et à 25 kil. E.-S.-E. de Semur, sur la Brenne; 1,458 hab. Autrefois fortifié. Commerce de pruneaux, laine, chanvre, fil. Fabr. de châles.
VITTEL, ch.-l. de canton (Vosges), arr. et à 22 kil. S. -O. de Mirecourt; 1,273 hab. Fabr. de dentelles et broderies.
VITTORIA, v. de Sicile (province de Noto), à 26 kil. O. -N. -O. de Modica; 12,000 hab.
vittoria, v. d’Espagne. V. vitoria.
vittoria, musicien. V. Victoria.
VIVARAIS (Le), petit pays de l’ancienne France (Languedoc ) , entre le Lyonnais au N. , le Rhône et le Dauphiné à l’E. , le diocèse d’Uzès au S., le Vélay et le Gévaudan à l’O. ; ch.-l. , Viviers. Habité au temps des Romains par les Helviens, il fut donné par Louis le Débonnaire, en 817 , à son fils Lothaire , après lequel il passa à Charles de Provence , l’un de ses enfants. Joint au comté de Provence , il dépendit ensuite des comtes de Toulouse , et fut réuni au domaine royal en 1229. Ses évêques conservèrent néanmoins l’exercice des droits régaliens. Le Vivarais est presque entièrement compris auj. dans le département de l’Ardèche.
VIVARIUM , nom latin de Viviers.
VIVERO, v. d’Espagne (Galice) , province et à 60 kil. N. de Lugo , à l’embouchure de la Landrove dans l'océan Atlantique. Population de la commune: 11,200 hab.
V1VEROLS, ch.-l. de canton ( Puy-de-Dôme | , arr. et à 28 kil. S.-E. d’Ambert; 760 hab. Fabr. de dentelles.
VIVES ( Jean-Louis) , savant philologue espagnol , né à Valence en 1492 , m. en 1540 , professa les belles-lettres à Louvain , fut appelé en Angleterre par Henri VIII , qui lui confia l’éducation de la princesse Marie, sa fille, puis le nomma professeur au collège Corpus Cliristi, à Oxford. Mais Vivès, ayant osé désapprouver le divorce de ce prince avec Catherine d’Aragon, fut destitué et mis en prison; il en sortit au bout de six mois, quitta l’Angleterre, et se retira à Bruges. Il était un des triumvirs de son siècle : on donnait l’esprit à Budé, la parole à Erasme, ses deux amis , et le jugement à lui-même. Il a écrit des ouvrages d’éducation, entre autres : De epistolis conscribendis libellus, 1549, in-8°; — cum epistolarum conscribendarum melhodo à ' Sambuco, 1552, in-8°; De ratione sludii puerilis, 1536, in-4o.
YIV