LEROY DE SAINT-ARNAUD. V. SAINT-ARNAUD
LERWICK , v. d’Écosse, capitale des îles Shetland, au S.-E. de Mainland , une d’elles; 3,060 hab., employés à pêcher la baleine et le hareng, ou à tresser la paille. Résidence du vice-shériff des Shetlands.
LÉSADEZ ou LÉZADOIS, petit pays de l’anc. France (Foix et Languedoc), où étaient Lézat (Ariége) et Sl-Sulpice-Lézadois ou Sl-Sulpiee-de-Lézat ( Haute-Garonne).
LESAGE (Alain-René), célèbre écrivain, né à Sarzeau (Morbihan) en 1668, m. en 1747, étudia chez les jésuites de Vannes, occupa un modique emploi dans les Fermes, vint à Paris en 1692, pour y vivre de sa plume , et la pauvreté fut le prix de son indépendance. Ses premières productions furent une traduction des Lettres i'Aristénèle, une autre des Nouvelles aventures de don Quichotte par Avellana, et plusieurs comédies imitées de l’espagnol. Une comédie en 1 acte et en prose, Crispin rival de son maître, et un roman, le Diable boiteux, publiés en 1707, révélèrent, l’une la spirituelle gaieté et la verve comique de l’auteur, l’autre sa connaissance du cœur humain , son expérience des choses de la vie, et son talent à les peindre. L’idée du Diable boiteux fut empruntée à Guevara. Avec une autre comédie en 5 actes et en prose, Turcaret , 1708, et un roman de mœurs, Gil Blas, dont la lre partie parut en 1715, et la suite en 1724 et 1735, Lesage a presque égalé Molière dans la peinture des vices, des travers et des ridicules de la société à tous les rangs ; nul mieux que lui n’a reproduit le style franc et naturel , la verve satirique, l’observation profonde , et le génie du bon sens de son maître. Turcaret , où il peignit les mœurs des traitants d’alors, fut pour Lesage une occasion de faire voir l’indépendance et le désintéressement de son caractère , car il refusa 100,000 fr. que les traitants lui offrirent pour supprimer sa pièce. Gil Blas est un type vrai de la nature humaine, avec ses contrastes de misère et d’élévation , de bon sens, de courage et de sotte vanité; il a voulu déguiser son origine sous la cape et l’épée castillane, et , à l’aide do la couleur locale, le déguisement a si bien réussi , qu’un savant jésuite, Isla, a prétendu prouver que c’était une traduction de l’espagnol, et que Fr. de Neufchâteau et Audiffret ont cru devoir dûment constater sou originalité française. Lesage était trop fier pour faire fortune avec la célébrité; une cabale des comédiens du Théâtre-Français l’empêcha de produire encore des œuvres dignes de Turcaret et de Crispin rival de son maître, et le réduisit à faire, pendant 20 ans, pour les théâtres de la foire, de spirituelles parades, des comédies-vaudevilles, qui sont restées les modèles du genre, bien qu’on ne les joue plus, 1712-35. Quant à ses autres romans, il eut beau emprunter à l’Espagne les héros du genre picaresque; ni Guzman d’Alfaraclie, 1732, imité d'Aleman, ni le Chevalier de Beauchêne, 1732, ni Estevanille Gonzales, 1734, ni le Bachelier de Sala h manque , 1738, ne purent rivaliser avec Gil Blas. Les meilleures éditions des OEuvres complètes de Lesage sont celles de 1821-22, 12 vol. in-8°, et de 1828, 12 Vol. in-8<>. Gil Blas a été mille fois réimprimé, traduit et imité. M. Patin a finement analysé le talent de Lesage dans un Eloge, couronné en 1822 par l’Académie Française. G. L.
lesage (Georges-Louis| , physicien, né à Genève en 1724, d’un père français, m. en 1803, étudia la médecine à Paris, fut quelque temps précepteur, puis se livra à l’enseignement des sciences. Il a cherché à expliquer la gravitation ; ses idées sur ce sujet sont exprimées dans une
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dissertation qui a pour titre : Lucrèce newtonien (Mém. de l’Acad. de Berlin, 1782). On a trouvé de lui un manuscrit intitulé : Dissertation sur l’électricité ajrjdiyuée à la transmission des nouvelles. Il établit en 1774 , à Genève, un télégraphe électrique, construit suivant sa méthode. Ce télégraphe se composait d’autant de fils isolés qu’il y a de lettres; ou opérait sur ces fils au moyeu d’une machine électrique. V .
lesage , pseudonyme de Las Cases. V. las cases.
LESBONAX , rhéteur et philosophe grec, né à Mitylène, florissait sous l’empereur Auguste. On lui attribue deux harangues, imprimées dans les Urationes rhetorum grœcorum , Venise, Aide, 1513, et Paris, H. Estienne, 1575. J.-C. Orelli a donné une édition de Lesbonax, grec-lat. , avec notes, Leipzig, 1820, in-8°.
les iîonax, grammairien de Constantinople, d’une époque incertaine, a laissé un traité De figuris grammalicis , publié avec Ammonius par Walckenaër, Leyde, 1739.
LESBOS, auj. Me te lin ou Midilli , une des îles les plus considérables de la mer Egée , sur la côte de l’Asie-Mineure, par 38° 57'-39° 24' lat. N., 23° 30'-24° 18' long. E. Chaîne de montagnes, allant de l’E. à l’O., et où les Anciens distinguaient les monts Lepethymnus au N., Ordymnus à l’O., Cveon au centre, Olympe au S., et découpée par deux baies profondes, l’une à l’E., l’autre, l’Eurypos Pyrrhææ ( Porto-Coloni ), au S. Le climat était si salubre, que les anciens appelaient Lesbos une t le fortunée. Le blé, le vin et les huîtres de Lesbos étaient renommés dans l’antiquité; les montagnes fournissaient de beaux bois de construction , et recélaient d’inépuisables carrières de marbre estimé, des mines d’agate, et la pierre noire appelée Lesbias. Auj. la côte O. est inculte; mais le littoral qui regarde l’Asie est couvert de belles forêts, d’oliviers, de vignes, d’orangers et de myrtes. Lesbos renfermait 5 villes principales: à l’E., Mitylene (Mételin), capitale; à l’O., Eresus (Erisso) , dnlissa, et Metliymne (Molivol, la 2e ville de l’ile ; Pyrrha, dans l’intérieur. — Les premiers habitants furent des Pélasges, que la tradition représente comme venus d’Argos sous la conduite de Xanthus, fils de Triopas. Au temps de la guerre de Troie, Pile avait passé sous la domination de Priara. Plus d’un siècle après, elle fut conquise par des émigrants éoliens, que commandaient des chefs acheens sortis de la famille d’Oreste. De Lesbos, les Eoliens se répandirent sur toute la côte de l’Asie-Mineure jusqu'à l'Hermus, et y fondèrent de puissantes villes qui , jointes aux cités de Lesbos, formèrent la confédération éolienne. La première forme de gouvernement de Lesbos avait été la royauté, héréditaire à Mitylène, dans la famille des Penthélides, issue d’Oreste. Les Penthélides, s'étant rendus odieux par leur tyrannie, furent massacrés, et un gouvernement aristocratique substitué à la royauté. Mais chaque ville prétendit à l’indépendance, et l'anarchie âésola Lesbos, jusqu’à ce que le sage Pittacus fut investi pa~ is concitoyens de l'autorité suprême. Lesbos fut conquise par les Perses dès le règne de Cyrus : révoltée contre Darius avec les cités ioniennes, elle fut soumise après la prise de Milet, et fournit des vaisseaux à Darius et à Xerxès dans leurs expéditions contre la Grèce. Les victoires de Platée et de Mycale lui rendirent la liberté. Entrée de force dans l’alliance d'Athènes, elle se révolta au commencement de la guerre du Péloponèse, pour se donner aux Spartiates, 428. Mais Mitylène fut prise par les Athéniens, plus de mille habitants mis à mort, les murs rasés, la floue confisquée, les colonies mityléniennes soumises à Athènes, et tout le territoire de l’ile, moins celui de Méthymne, distribué à des colons athéniens. La bataille d’Ægos-Potamos , 405, soumit Lesbos à Lacédémone, et, après avoir, dans le siècle suivant, obéi tour à tour à chacune des deux villes rivales, et , pendant quelque temps, gardé son indépendance à la faveur de leurs divisions, l'ile tomba sous la domination d’Alexandre, puis sous celle des Romains après la défaite de Persée. — Lesbos était fameuse dans l’antiquité par la beauté et la corruption de ses femmes, par l'éclat qu’y jetèrent les lettres et les arts ; les poètes Terpandre, Arion, Leschès, Alcée, et deux temmes célèbres, Sapho et Erinne, étaient de Lesbos, ainsi que le musicien Phryuis , les historiens Hellamcus, Myrtile, Charès et Théophaue, les philosophes Pittacus et Théophraste. Lesbos fit partie de l’empire grec jusqu’à la 4e croisade; comprise alors dans l'empire lalm , elle fut reconquise par les Grecs de Nicée, 1247, et tomba en 1355, au pouvoir de la famille génoise des Gateluzi , qui la conservèrent jusqu'en 1482. Mahomet II s'en empara; elle ferme auj. ua des 6 livas de l’eyalet ou gouvernement des Iles. G. P.
LESCAR, ch."!, de ca.it. {B.- Pyrénées ), Br?., et à 8 kil.
N.- O. de Pau, et près du Gave de Pau; 1,599 hab. Cette petite ville s éleva au Xe siècle , peut-être sur les ruines de l’antique Benehamum , et devint un siège épiscopal; elle souffrit cruellement des guerres de religion; depuis la suppression de son évêché, 1790, elle a perdu toute son importance. On y remarque l’église Notre-Dame, du xe siècle. .Laines filées, bonneterie.
LESCHÉ , c.-à-d. conversation , nom donné à un lieu particulier de chaque ville de l’anc. Grèce, où l’on se rendait pour converser. A Sparte, c’était la salle où l’on s'assemblait pour les affaires d’Etat, et où l’on portait chaque nouveau-né pour le faire visiter par les magistrats.
LESCOT (Pierre) , architecte illustre, né à Paris en 1510 , in. en 1571 , ami de Jean Goujon qui orna de sculptures ses monuments, fut le restaurateur de l’architecture française au xvie siècle , en substituant au gothique altéré les belles proportions de l’architecture grecque. En 1541 , il éleva la façade du vieux Louvre, à gauche du pavillon de l’Horloge, dans la cour de ce palais, véritable chef-d’œuvre, qui réunit à la pureté des lignes , à la correction , à la perfection des profils, les ornements du meilleur goût et de la plus grande richesse. On lui doit aussi, dans le môme corps de bâtiment, la salle des caryatides, autrefois des Cent- Suisses, et aux Halles, l’élégante fontaine des Innocents. Lescot est uu des plus grands architectes dont s’honore la France, et son élévation du Louvre n’a été surpassée dans aucun pays.
LESCUN (Odet d’Aydie, sire de) , né en Guienne, m. en 1498, fut le favori du duc de Guienne, frère de Louis XI, puis du duc de Bretagne François II, se vendit secrètement au roi , devint amiral de Guienne, capitaine des châteaux de Bordeaux et de Blaye, comte de Comminges, contribua activement à la ruine de Landois, son rival , entra en 1486 dans la ligue formée par le duc d’Orléans contre la régente Anne de Beaujeu, fut dépouillé de ses charges et condamné à mort, mais garda néanmoins son influence en Bretagne.
lescun (Thomas de Foix , seigneur de ) , frère puîné de Lautrec, se distingua dans la campagne de 1515 en Italie, sous les yeux de François Ier, devint maréchal de France en 1521 , se fit détester dans le gouvernement du Milanais et excommunier par le pape pour une attaque contre Reggio, combattit vaillamment à la Bicoque, 1522, et fut tué à la journée de Pavie, 1525. B.
lescun , vge ( B.- Pyrénées ) , arr. et à 29 kil. S. d’Oloron ; 1,458 hab. Titre d'une anc. baronnie du Béarn. On y battit monnaie au moyen âge.
LESCURE (Louis-Marie, marquis de), célèbre chef vendéen, né en 1766 près de Bressuire, m. en 1793, fut élevé à l’Ecole militaire , commanda quelque temps une compagnie de cavalerie dans le régiment de Royal-Piémont, émigra en 1791 , revint presque aussitôt, prit part à la défense des Tuileries dans la journée du 10 août 1792, fut un des premiers organisateurs de l’insurrection vendéenne, se distingua par son héroïsme à l’attaque du pont de Thouars, à Fontenay, Saumur, Torfou, fut blessé mortellement au combat de La Tremblaye, le 15 oct. 1793, et mourut le 3 nov. Sa veuve épousa Louis de La Rochejacquelein.
lescukk , vge (Tarn), arr. et à 4 kil. N.-E. d'Albi; 489 hab. Titre d’un anc. marquisat du Languedoc.
LESDIGUIÈRES , hameau (H. -Alpes), arr. et à 24 kil. N. -O. de Gap. Erigé en duché-pairie en 1611. On voit encore quelques restes de son anc. château.
LESDIGUIÈRES (Franç. de bonne , duc de) , né en 1543 à S'-Bonnet-de-Champsaur (Haut- Dauphiné), m. en 1626, fut destiné par ses parents nobles , mais pauvres , à la carrière de la magistrature, se fit recevoir avocat au parlement de Grenoble, mais abandonna bientôt sa profession pour celle des armes. Simple archer eu 1562, il devint par ses talents un des chefs du parti calviniste , succéda à Montbrun en 1575 dans le commandement des réformés du Dauphiné, combattit avec succès le duc d’Epernon en Provence, contribua puissamment à faire monter Henri IV sur le trône de France , défit le duc de Savoie à Esparron, 15S1 , et à Vigort, 1592, fut créé maréchal eu 1608, duc et pair en 1611 , abjura le calvinisme en 1622, et commanda les troupes royales contre ses anciens coreligionnaires, au pvix du titre de connétable. Sa Vie a été écrite par L. Videl , son secrétaire, 1638, in-fol — Scs deux filles furent successivement mariées au maréchal de Créqui. B.
LÈSE MAJESTÉ (Crime de), ou simplement de majesté, qualification donnée, dans l’anc. jurisprudence romaine , à toute entreprise contre le peuple romain, son en.pire , sa dignité , à tout attentat direct ou indirect contre la tranquillité intérieure ou extérieure de la république. Il y avait à Rome un tribunal spécial pour en connaître ; la peine du coupable consistait dans la perte de la vie. Auguste ran-
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pca les libelles et les offenses contre l’empereur ou sa j mère parmi les crimes de majesté. Sous Tibère, les delà- j .tours abusèrent horriblement de cette loi. — Lèse majesté { crime de| en France. On en distinguait de deux sortes dans l’anc. législation : celui de lèse majesté divine ( blasphème, sacrilège, etc.), et celui de lèse majesté humaine (attentat contre le souverain et les enfants de France , désertion à l’extérieur, conspiration, rébellion, etc.). Le coupable était roué, écartelé, tenaillé, brûlé ou pendu , selon les circonstances. Le Code pénal de 1810 nommait encore crime de lèse-majesté l’attentat contre le souverain. Lors de la révision de ce Code, en 1832, cette expression disparut; on maintint seulement la disposition portant que l’attentat contre la personne du souverain est puni de la peine du parricidQ
LESE U 11 (Thomas), savant minime, né à Retlrel en 1703, m. en 1770, professa les mathématiques au collège de la Sapience à Home. 11 a écrit, en société avec le H. Jacquier, un Commentaire sur les principes de Newlon, et des Eléments de calcul intégral.
LESFARGUES (Bernard), imprimeur et auteur, né à Toulouse vers 1000, traduisit les Verrines de Cicéron elles Cou traverses de Sénèque. 11 est surtout connu par un poème héroïque de David, 1060, in-12, ridiculisé par Boileau.
LE'GIllZ, peupie de l’empire russe, dans la région caucasienne (Daghestan), entre le Koï-sou et les plaines qui bordent la mer Caspienne; 300,000 têtes. Ils sont farouches, cruels, livrés au brigandage, et cependant hospitaliers, braves, très-belliqueux, payent un tribut à la Russie, et sont musulmans sunnites ou fétichistes.
LÉSINA, ane. 1‘ haros, île de la mer Adriatique, sur la côte de la Dalmatie autrichienne, entre les îles de Brazza et de Curzola; 99 kil. sur 10; 15,000 hab. Ch.-l., Lésina, avec un bon port sur la côte S. -O. ; siège d’évêché suffragant de Zara; 1,200 hab. Bêche abondante de sardines.
lésina, v. du roy. d’Italie ( l’rov. de Foggia), sur un lac, à 20 kil. N.-N.-E. de San-Severo; 1,3 23 hab. Evêché. Elle fut détruite par un tremblement de terre en 1027.
LESLEY (Jean) , né en 1527, d’une famille illustre de l’Ecosse, m. en 1596, docteur en droit de l’Université de Baris, chanoine d'Aberdeen et de Murray en 1547 , défendit la doctrine catholique contre les réformes dans les conférences d’Edimbourg en 1500, fut chargé, l’année suivante , de ramener en Ecosse Marie Stuart , qui le nomma évêque de Ross , multiplia plus tard les tentatives pour la sauver quand elle était prisonnière, s’employa pour l’unir au duc de Norfolk, fut enfermé, par ordre de la reine d’Angleterre Elisabeth , dans Bile d’Ely , puis à la Tour de Londres, et alla implorer vainement pour Marie des secours en Espagne , en France , en Allemagne , et en Italie. On a de lui . de Origine, moribus et rébus geslis Scotorum, Rome , 1578 , in-4°; de Titulo et jure Mariai Scolorum régir tœ, Reims, 1580, in-4°, etc. 11 a fondé 3 collèges pour les Ecossais, à Baris , à Douai , et à Rome. B.
LESLIE (Charles), théologien anglican, né vers 1660 en Irlande, m. en 1722, chancelier de l’église cathédrale de Connor en 1887 , refusa de prêter serment à Guillaume 111, suivit les Stuarts à Sl-Germain et en Italie, et ne rentra en Grande Bretagne qu’en 1721. On a de lui : Méthode courte et aisee contre les déistes , 1094, in-8° ; Méthode courte et aisée contre les Juin 1689, trad. en français par le B. Houbigant, Baris , 17/0, in-8»; le Serpent sous l'Iierbe, 1697 , in-8°, ouvrage dirigé contre les Quakers et contre Antoinette Bourignon; Essai sur le droit divin des dîmes, 1700, in-8»; tes Récits, journal hebdomadaire, 1704-10, etc.
leslie (John ) , célèbre physicien écossais , né en 1766 à Largo ( File), m. en 1832, professeur de mathématiques en 1805 , et de sciences naturelles en 1819 à l’université d’Edimbourg, a inventé un thermomètre différentiel ' , 1800 , un nouvel hygromètre , et trouvé le moyen de faire artificiellement de la glace, 1810. Ses principaux écrits sont : une traduction anglaise de l 'Histoire naturelle des oiseau x de Buffon ; Essai sur la nature et la propagation du calorique, 1804; Cours de mathématiques , 1809; Eléments de philosophie naturelle , 1823 , où il traite de la mécanique et de l’hydrostatique; Analyse géométrique , 1821.
leslie, vge d’Ecosse (Fife) , sur le Leven, à 17 kil. S.-O. de Cupar; 3,625 hab. dans la paroisse. Filatures et blanchisse! ies de coton. Ane. résidence des Leslie , ducs de Rothes.
LESNEVFN , ch.-l. de cant. (Finistère), nrr. et à 25 kil. N.-E. de Brest; 1,793 hab. Collège. Vaste hôpital île la marine. Coinm. de grains, bestiaux, toiles, etc. Aux environs , chapelle gothique de la Fontaine blanche , et église gothique de Notre-Dame du Folgoet, du xve siècle. LESPARRE (André de Foix, seigneur de), frère de
Lautrec , de Lescun et de la duchesse de Châteaubriant fut chargé en 1521 de repousser les Espagnols de la Navarre, négligea d’opérer sa jonction avec don Juan de Padilla et les Comuneros , perdit son temps à attaquer Logrono, et, dans un combat prés de Pampelune, reçut une blessure qui lui fit perdre la vue. 11 mourut en 1547.
lesparre, s.-préf. (Gironde), à 65 kil. N. -O. de Bordeaux; 2,089 hab. Tribunal de lre instance. Coinm. de chevaux, bestiaux, grains, légumes, vins, sel. Fabr. delainages. Eglise très-ancienne ; ruines des fortifications et du château. — Les seigneurs de Lesparre se montrèrent fidèles alliés des Anglais jusqu’en 1451 , époque où elle fut réunie à la France. Une peste terrible la dé^la au xve siècle.
LESP1NASSE (Mlle Julie-Eléonore de), née à Lyon en 1732, m. en 1776, fille adultérine d’une grande dame séparée de son mari, perdit sa mère à 15 ans. Recueillie d’abord dansuti couvent, puis placée commegouvernante chez sa soeur la comtesse de Vichy, elle sortit de là pour être la dame de compagnie de Mme Du Deffand. Après 10 ans d’intimité, une jalousie réciproque d’esprit et de domination l’entraîna ou la contraignit à rompre avec sa bienfaitrice, mais non pas avec ses nombreux amis, dont beaucoup allèrent former auprès d’elle une nouvelle société. L’attachement de Dalembert, qui était venu habiter sa maison, aurait pu la rendre heureuse, si les passions d’un cœur faible n’avaient troublé et abrégé sa vie. Un a publié d’elle, en 1809, des Lettres au comte de Guibert , qui révélent une âme ardente, ballottée entre la tendresse et le désespoir, et aussi un esprit supérieur. Elles sont accompagnées de deux chapitres qu’elle avait ajoutés au Voyage sentimental de Sterne, et qui rappellent assez bien la grâce humoristique de cet auteur. G- L.
LESSART (Antoine de Valdecde), né en Guienne en 1742, m. en 1792, vint fort jeune à Baris, s’y lia avec Necker, obtint une charge de maître des requêtes en 1768, fut nommé contrôleur-général des finances en 1790, ministre de l’intérieur en 1791, et, quelques mois après , ministre des relations extérieures. Décrété d’accusation sur le rapport de Brissot, pour s’être opposé à la guerre contre l’Autriche, il fut conduit à Orléans, où devait siéger la haute cour nationale, puis ramené à Versailles sw un ordre de Danton après les journées de septembre, et égorgé dans cette ville.
LESSAY, ch.-l. de cant. ( Manche) , arr. et à 23 kil. N. de Coutauces ; 521 hab. Salines aux environs.
LESSER (Frédéric-Christian) , théologien et naturaliste allemand , né en 1692 à Nordhausen , m. en 1754 , fut pasteur dans sa ville natale , à Frauenberg et à Halle, et administrateur de l’hospice des orphelins de cette dernière ville. Ses ouvrages tendent à établir l’existence de Dieu et la Brovidence; les principaux sont ; Litholhéologie ou Théologie des pierres, Nordhausen, 1735; de Sapienliâ, omnipolenliâ et pruvidentid divind, ex parlibus inseclorum cognoscendâ, ibid., 1735 ; Théologie des insectes, Francf. , 1738 , trad. en franç. , La Haye, 1742, 2 vol. in-8°, etc.
LESSER (CHEUZÉ DE). V. CIIEUZÉ.
LESSINES, v. de Belgique (Hainaut), sur la Dendre, à 37 kil N. -O. de Tournai; 5,000 hab. Exploit, en grand de porphyre pour pavés, de houille et de bois ; fabr. d'huile, raffineries île sel, savonneries; culture de la chicorée.
LESSING ( Gotthold-Ephraim ) , littérateur, né à Kamenz (Saxe) en 1729, d’un pauvre ministre luthérien, m. le 15 février 1781. Après avoir étudié à Meissen, il allasuivre les cours d’Ernesti à Leipsick, 1746. Son père le destinait à la théologie; mais le jeune Lessing avait un penchant irrésistible pour l’art dramatique, et, à l’âge de 22 ans, il fit représenter à Leipsick une pièce intitulée : le Jeune savant. En 1750, il entreprit avec ôîy lins la publication de Mémoires pour servir à l histoire et aux progrès du théâtre , qui parurent à Berlin. La même année, il traduisit l'ouvrage de Jean Iîuarte, intitulé : Examen de ingenios para las sciencias. Après un court séjour à Wittemberg, où il obtint le grade de maître ès arts et soutint victorieusement une vive discussion avec Lange, qui venait de faire paraître une traduction d’Horace, il revint à Berlin, 1753, et publia des articles dans la Gazette de Voss ; c’est alors qu’il se lia avec Moses Mendelssohn et le libraire Nicolai. Vers le même temps, il achevait à Botsdam M iss Sara Sampson, pièce qui fut jouée, deux ans plus tard, à Leipsick: ce fut le 1er drame représenté en Allemagne. A Leipsick, où il resta jusqu’en 1759, il vécut dans la société de Brawe et du poète Kleist, et travailla à la Bibliothèque des sciences. Beudant un 3e séjour à Berlin, il composa Philotas, tragédie en un acte et en prose ; en même temps il publiait des Lettres sur la littérature du jour , des Fables en prose , des Disser-
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/niions sur la fable, etc. Dans ses Fables, divisées en 3 livres, il a cherché à ramener l’apologue à son type primitif, et reproduit systématiquement la brièveté et la simplicité dont Esope offrit le modèle. La gêne dans laquelle Lessing vivait, le contraignit d’accepter une place de secrétaire auprès du général Tauerizien, à Breslau, 1760. Mais une pareille position était peu compatible avec l’indépendance de son caractère; il revint à Berlin, où il publia, en 1767, Minna de Barnhelm, drame qui eut un grand succès, et le Laocoon. Ce dernier ouvrage qu’il intitula ainsi, parce qu’une comparaison entre le groupe fameux qui représente la mort de ce malheureux père et le magnifique épisode de Virgile où cet événement est raconté lui servit de point de départ, porte un second titre qui en indique plus clairement le sujet : Sur les limites de la peinture et de la poésie. Il a été traduit en français par Vanderbourg, 1802. Le drame de Minna valut à Lessing la place de directeur du théâtre de Hambourg. Alors il publia sa Dramaturgie , traduite en français par Mercier et Junker, 1785; c’est une série d’articles détachés, où, à propos de chaque représentation, il exposait ses opinions sur l’art dramatique, et soumettait à sa critique les pièces que le public venait d’applaudir. Il s’attira ainsi beaucoup d’ennemis, et fut obligé de renoncer à sa direction et de quitter Hambourg. En 1769 , il donna une Dissertation sur la manière dont les anciens ont représenté la mort. En 1770, le duc de Brunswick l’appela à Wolfenbuttel : nommé bibliothécaire , il reçut en outre, pour ses ouvrages,, le privilège de non-censure, qui lui fut bientôt retiré à cause d’une querelle qu’il eut avec les théologiens relativement à la publication d’un ouvrage de Bérenger de Tours en réponse aux attaques de Lanfranc, trouvé par lui dans la bibliothèque de la ville. Malgré ces luttes, dans lesquelles s’épuisait ce qui lui restait de force et de santé, Lessing composa encore deux drames, qui peuvent être considérés comme ses chefs-d’œuvre : l’un, Emilia Galotti, 1772, qui n’est que le sujet de Virginie transporté à Venise et dans les temps modernes, a été fort admiré de Gœthe; l’autre, Nathan le Sage, 1779, a pour donnée première le Conte des Trois Anneaux de Boccace, et pour idée inspiratrice la tolérance religieuse. Lessing est un des plus grands écrivains de l’Allemagne. Comme auteur dramatique, ou l’a comparé à Diderot, dont il partageait les idées sur l’art théâtral : mais sa manière est très-différente; il est plus simple et plus vrai. C’est surtout comme critique que Lessing mérite le premier rang, et s’il créa, comme on le reconnaît, le théâtre allemand, ce fut plus encore par ses conseils et ses excellentes leçons que par les modèles qu’il donna. Avant lui, on ne jouait guère en Allemagne que des traductions ou de pâles imitations des pièces françaises; désireux de doter son pays d’un théâtre national, il entreprit de montrer ce qu'il y avait de défectueux dans les pièces de Destouches, de Marivaux, et même de Voltaire , et se livra à cette tâche avec une sorte d’animosité passionnée, qui souvent le rend injuste, mais qui trouve son excuse dans l’engouement qu’il avait à combattre. » Lessing, dit M“8 de Staël, écrivit en prose avec une netteté et une précision tout à fait nouvelles : la profondeur des pensées embarrasse souvent le style des écrivains de la nouvelle école ; Lessing, non moins profond , avait quelque chose d’âpre dans le caractère, qui lui faisait trouver les paroles les plus précises et les plus mordantes. Son style a quelque rapport avec la concision vive et brillante des Français... Dialecticien spirituel et serré dans ses arguments, l’enthousiasme pour le beau remplissait cependant le fond de son âme; il avait une ardeur sans flamme, une véhémence toujours active, et qui produisait, par des coups redoublés, des effets durables. » Les œuvres complètes de Lessing ont été publiées à Berlin, 1796-1808, 30 vol. in-8°. Minna de Barnhelm, Nathan le Sage et Emilia Galotti , ont été traduits en français par M. de Barante, dans les Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers. P — Y.
LESSIUS (Léonard) , savant jésuite, né à Brecht prés d’Anvers en 1554, m. en 1623, étudia à Arras, professa la philosophie à Douai de 1574 à 1581 , alla étudier à Rome sous Suarez, et revint enseigner la théologie à Louvain. Ses opinions sur la prédestination et la grâce excitèrent de grands troubles. Il imita la vie sobre de Corn&ro, traduisit ses Discours en latin, et y mit une préface : Hyyiasticon..., Anvers, 1613. On a de lui : de Justitiâ et jure aclionum humanarum, Anvers, 1621 ; de Licito usu œquivocationum et mentalium restrictionum " de Gratiâ e/ficaci ; de Prœdeslinalione, etc. Ses Œuvres ont été recueillies à Anvers, 1525-30, 2 vol. in-fol.
LESTERPS, vge (Charente), arr. et à 8 kil. E. de Confolens; 1,425 hab. Ruines pittoresques d’une anc. abbaye.
LESTINES ou LEPTINES, brg de Belgique (Hainaut), à 20 kil. S. -O. de Charleroi. Résidence de plusieurs rois mérovingiens. On y tint, en 743, un concile pour la réforme du clergé, et où fut décidée la restitution des biens ecclésiastiques usurpés par Charles-Martel.
LESTOCQ (Jean Hermann, comte de), chirurgien, né à Zelle en Hanovre en 1692. m. en 1767, fils d’un barbier, était attaché à la maison d’Elisabeth, fille de Pierre le Grand. Il réussit à la faire monter sur le trône, 1741, fut nommé son premier médecin; mais, calomnié par Bestoujef et Apraxine, l’impératrice le fit enfermer dans une forteresse. H en sortit à l’avénement de Pierre III, et acheva sa vie dans l’oubli. Auber a écrit la musique d'un opéracomique intitulé Lestocq.
L’ESTOILE. V. Estoile (l’).
LESTOURMIÈRE (le sieur de). V. Dübois (Marie).
LESTREM , brg (Pas-de-Calais), arr. et à 15 kiL N.-N.-E. de Béthune ; 432 hab.
LESTRYGONS, Lœstrygones , peuple qui, selon la mythologie grecque, habitait la Sicile orientale, près des Cyclopes, vers le pays de Catane et de Léontium. Géants et anthropophages, ils dévorèrent plusieurs compagnons d’Ulysse. On leur attribue la fondation de Formies en Campanie. Suivant une opinion moderne, les Lestrygons habitaient le rocher de Terracine.
LESUEUR ( Eustache), un des grands peintres de l’école française, né à Paris en 1617, m. en 1655, fut admis par charité dans l’atelier de Vouet. Quand il vit la galerie de tableaux apportée d’Italie par le maréchal de Créqui , il étudia les ouvrages de Francia , d’André del Sarto, et les copies de Raphaël, et apprécia en eux la simplicité des compositions, le calme du dessin, la justesse de l’expression. Il eut aussi l’avantage de voir peindre Poussin, qui lui inspira l’amour des œuvres classiques et lui légua ses traditions. Fuyant le bruit et l’éclat, dédaignant les méthodes expéditives et de pratique , Lesueur fut longtemps à se faire connaître. Pour subvenir aux nécessités de la vie, il ornait les livres de dessins et de frontispices, et peignait des médaillons ou des portraits de Vierge pour les couvents. On a dit à. tort qu’il avait été en butte à l’envie et aux persécutions, et avait fini ses jours dans un cloître de Chartreux. Il n’est pas vrai non plus que Lebrun ait été par jalousie son persécuteur. Il n’obtint en sa vie que le titre d’académicien, 1648, et celui de peintre de la reine. Ses meilleures productions sont : Si Paul imposant les mains aux malades, peint pour l’Académie de Sl-Luc ; St Paul prêchant à Ephèse, chef-d’œuvre de poésie et de mouvement, dans la cathédrale de Paris ; Si Gerçais et St Protais, 6 tableaux ; la Messe de Si Martin ; le salon des Muses (19 tableaux], qu’il fit tout entier à l’hôtel Lambert, tandis que Lebrun en peignait la galerie. Mais la plus heureuse expression de son génie est la Vie de St Bruno, en 22 tableaux , au musée du Louvre : on y trouve toutes les qualités qui lui ont mérité le surnom de Raphaël français, étude admirable de la nature, noblesse de composition, justesse et profondeur d’expression, sensibilité de pinceau, simplicité et naïveté de couleur. Son OEuvre, gravé au trait et publié par Landon, se compose de 110 pièces ; mais il n’est pas complet. B.
lesueur (Jean-François) , célèbre compositeur de musique, était arrière-petit-neveu du précédent, né à Drucat-Plessiel, près d’Abbeville, en 1763, mort en 1837, entra comme enfant de chœur, en 1770, à la cathédrale d’Amiens, fut, à seize ans, maître de musique de la cathédrale de Séez, maître à la cathédrale de Dijou en 1780, à celle du Mans en 1782, à St-Martin de Tours en 1783, enfin à Notre-Dame de Paris en 1736. Il introduisit dans les solennités religieuses la musique â grand orchestre. Professeur au Conservatoire en 1795, directeur de la chapelle impériale en 1804, il entra à l’Institut en 1816. Lesueur a donné à l’Opéra-Comique la Caverne, 1793, et Paul et Virginie, 1794; au grand Opéra, Ussian ou les Bardes , 1804, et la Mort d'Adam, 1809. Sa musique d’église, écrite sous l’influence de cette idée, qu’elle doit être dramatique et descriptive, contient de grandes beautés; son Oratorio de Noël, ses Messes solennelles, ses Te Deum , vivront même plus longtemps que sas opéras. B.
LESUR (Charles-Louis), littérateur, né à Guise en 1770, m. en 1849. Venu à Paris au commencement de la Révolution, il fut historiographe au ministère des relations extérieures Il fut, jusqu’en 1825, un des inspecteurs de la loterie de Paris. On a de lui : deux pièces de théâtre; un poëme, les Francs, 1797, in-8°, dont le sujet est les campagnes d Italie du général Bonaparte. Progrès de la puis- , sauce russe, 1807, in-8°; la France et les Français, 1817 ; i Histoire des Cosaques, 1814, 2 vol. in-8°. Mais il est surtout
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connu comme fondateur de V Annuaire historique universel, grand recueil utile, qu’il a publié de 1818 à 1832.
LESURA mons, nom latin du mont Lozère.
LESURQUE | Joseph ), né à Douai en 1764, fut envoyé à l’échafaud en 1796 par le tribunal de Paris, comme coupable d’assassinat sur un courrier de Lyon. On reconnut plus tard cette erreur judiciaire, contre laquelle il paraît que les juges ne se mirent pas assez en garde, et qui fut le résultat d’une prodigieuse ressemblance de Lesurque avec le meurtrier Dubosc.
LETAROUILLY ( Paul-Marie ), architecte , né à Coutances en 1795, m. à Paris en octobre 1855, se destinait à la carrière militaire , après avoir fait de bonnes études au lycée de Rennes, lorsque la paix de 1814 lui fit tourner ses vues vers l’architecture. 11 entra dans l’atelier de Perdes- , et fut nommé , à l’âge de 24 ans , architecte-inspecteur de la réédification du théâtre de l’Odéon. L’année suivante, il entreprit un voyage d’étude en Italie, de 1820 à 1824. De retour à Paris, il devint successivement, de 1828 à 1832, architecte-inspecteur de l’hôtel du ministère des finances ; des monuments de la place de la Concorde et des Champs-Elysées; des nouvelles constructions de l’Observatoire ; enfin, en 1834, architecte du Collège deFrance, qu’il restaura, et dont il édifia la jolie façade latérale sur la rue Sl-Jacques. La réputation de Letarouilly repose principalement sur un grand ouvrage intitulé : les Edifices de Rome moderne, dessinés, mesurés et décrits, 3 vol. in-fol., composés de 355 planches gravées au trait, et 1 vol. in-4° de texte, consacré à l’histoire, â l’examen, à l’appréciation artistique de chaque monument, et orné de gravures sur bois, Paris, 1840-55. Cet ouvrage fut la passion de toute sa vie : il le commença dès 1821, ne cessa d’y travailler assidûment pendant 35 ans , et refusa des affaires lucratives pour n’être point distrait de ses chères études. Les Edifices de Rome moderne sont un magnifique travail, qui, par la beauté de l’exécution, autant que par l’intérêt et l’importance du sujet, se place au premier rang des grandes œuvres d’art. Letarouilly a laissé inachevés une foule d’autres travaux du même genre, entre autres, une Histoire du Vatican, dont il avait déjà fait graver plusieurs planches. Elève du grand artiste qui a ramené le bon goût architectural en France, il a puissamment contribué, par ses Edifices de Rome, à continuer l’œuvre de son maître, et s’est lui-même placé au rang des maîtres. C. D — y.
LETELL1ER ou mieux LE TELLIER (Michel ), ministre de Louis XIV, fils d'un conseiller à la cour des Aides, né en 1603, m. en 1685. Il fut remarqué de bonne heure par Mazarin, qui le nomma secrétaire d’Etat de la guerre, 1643, et il partagea la fortune et les périls du premier ministre pendant la Fronde. Il contribua à la perte du surintendant Fouquet, son rival en crédit, 1661, et commença la réforme de l’armée, qui a illustré le nom de son fils Louvois. En 1666, il résigna ses fonctions en faveur de Louvois, et garda le titre et la fonction de ministre d’Etat jusqu’en 1677, où il fut chancelier à la place d'Étienne d’Aligre. 11 garda les sceaux jusqu’à sa mort, marqua son administration par des actes d’une grande sagesse , et signa la fameuse déclaration qui révoquait l’édit de Nantes, 1685. Sa mémoire a été honorée d’oraisons funèbres par Bossuet et par Fléchier. G.
le tellier (Charles-Maurice), fils puîné du précédent et frère de Louvois, né à Turin en 1642 , m. en 1710 , archevêque de Reims en 1671, présida l’assemblée du clergé en 1700. Il légua par testament à l’abbaye de Ste-Geneviéve sa bibliothèque, composée de 50,000 vol.
LE TELLlElt ou tellier (Michel), jésuite, né en 1643, fils d’un paysan de Vire (Basse-Normandie), confesseur de Louis XIV en 1709, m. en 1719. Après avoir fait ses études à Caen , il entra dans la société de Jésus en 1661, passa par tous les degrés de la hiérarchie, professeur, théologien, recteur, provincial, écrivain, se fit connaître par des livres estimés de sa compagnie, fut nommé confesseur du roi après la mort du P. de La Chaise, détruisit Port-Royal, 1709, anima Louis XIV contre le cardinal de Noailles, et obtint du saint-siège la bulle Unigenitus, 1713. Après la mort du roi , il se retira auprès de l’évêque d’Amiens, et, plus tard , dans le collège des jésuites, à La Flèche, 17 19. On a de lui : Défense des nouveaux chrétiens et des missionnaires de la Chine, du Japon et des Indes, 1687, 2 vol. in- 12 ; Recueil de bulles sur les erreurs des deux derniers siècles, 1697 ; Histoire des cinq propositions de Jansénius (sous le pseudonyme de Dumas ), Liège, 1699, in-12; le P. Quesnel séditieux et hérétique, 1705, in-12. Il fut un des premiers collaborateurs du Journal de Trévoux. G.
letellier , peintre, né à Rouen en 1614, m. en 1676, était neveu du Poussin, qui lui donna des leçons. Il apprit
de ce maître l’entente de la perspective et la noblesse de l’expression ; mais il laissa toujours à désirer du côté de la couleur. Le musée de Rouen possède 17 tableaux de Letellier, entre autres, une Ste Famille et les Adieux de St Paul et de Silas. Parmi ses autres ouvrages, on cite deux Ascensions , une Annonciation , et une Purification.
letellier (Constant), maître de pension à Paris, né à Boulogne en 1762, m. en 1840, a publié des ouvrages d’instruction élémentaire qui ont été fort répandus dans les écoles, entre autres, une Grammaire française, et un Traité des participes.
LÈTES, Lœti, nom que l’on trouve appliqué à diverses tribus barbares de la Gaule au moyen âge : Lœti Acli ou Adores , à Ivoy ; Lœti Batavi, à Bayeux et à Coutances ; Lœti Batavi Contraginenses , à Noyon; Lœti Batavi Nemetacenses , à Arras; Lœti Franci, à Rennes; Lœti Genliles , à Reims; Lœti Genliles Suevi , au Mans et à Clermont (Auvergne) ; Lœti Lagenses, près de Tongres ; Lœti Lingones, dans la Belgique lre; Lœti Nervii , à Famars; Lœti Teutoniciani , à Chartres. Ausone donne encore le nom de Lèles à une tribu de Sarmates ou Sauromates , transportée , par ordre de Maximien, dans le pays des Nerviens et des Trévires. Tous ces Létes étaient des races barbares établies d’une manière permanente sur le sol romain dans les derniers temps de l’empire, à charge de le cultiver ou de le défendre. — On appela Lèles ou Lides , selon Du Cange, non pas des esclaves proprement dits, mais des colons attachés à la culture des terres, une sorte d’esclaves de la glèbe , qui ne devaient à leur maître qu’une certaine redevance , et dont a condition n’était pas vile. Selon d’autres, c’étaient des hommes gratifiés d’un bénéfice, et qui, à raison de ce bénéfice, devaient le service militaire à ceux qui les en avaient gratifiés. Ils descendaient des Létes germaniques par ]e sang, ou tirèrent d’eux leur nom et leur état. B.
LÉTHË , c.-à-d. oubli, une des rivières des Enfers chez les païens ; ceux qui buvaient de son eau oubliaient le passé. Suivant les uns, il coulait au bout des Champs-Elysées ; selon d’autres, il était contigu au Tartare.
lethe, nom anc. du guadalète.
LETHIÈRE (Guillaume-Guillon), peintre d’histoire, né à la Guadeloupe en 1760, m. en 1832, élève de Doyen, remporta le grand prix en 1786, fit le voyage d’Italie, puis devint directeur de l’Académie de France à Rome, 1811, et membre de l’Institut, 1818. Ses tableaux sont d’une belle ordonnance et d’une grande énergie. On distingue : le Christ apparaissant sous la forme d'un jardinier, dans l’église SCRoch à Paris ; Brulus condamnant ses fils ; le Jugement de Paris; Homère chantant ; Philoclète gravissant les rochers de Lemnos, dans le palais du Corps-Législatif. Il fit aussi le paysage avec succès.
LETHINGTON. V. Haddington.
LETI ( Gregorio ), écrivain italien, né à Milan en 1630, m. en 1701, dissipa sa fortune dans les plaisirs, embrassa le protestantisme à Lausanne , alla enseigner l’italien à Genève, s’en fit chasser, en 1679, pour quelques traits satiriques, se retira en Angleterre, d’où on l’expulsa encore pour le même motif en 1682. et obtint enfin la place d’historiographe d’Amsterdam. On a de lui : Vie de Sixte-Quint, Lausanne, 1669, trad. en français par Lepelletier, Paris, 1685, 2 vol. in-12; — de Philippe II, 1679; — de Cromwell, Amst. , 1692, trad. en français, 1694, 2 vol. in-12;
— d'Elisabeth , 1693, trad. en français, 1696, 2 vol. in-12;
— de Charles-Quint , Amst., 1700, trad. en français, 1702, 4 vol. in-12; Histoire de la Grande-Bretagne . Lond., 1682, 2 vol. in-4° ; — de Belgique, 1690, etc. Partial et inexact, il ne sait même pas recouvrir le mensonge à l’aide de l’esprit et du style; il est prolixe, négligé et ennuyeux. B.
LETOURNEUR (Pierre), littérateur, né à Valognes en 1736, m. à Paris en 1788, s’est voué au genre de la traduction, et a publié : les Nuits et OEuvres diverses d'Young, Paris, 1769-70, 4 vol. in-8° et in-12; Méditations sur les tombeaux, par Hervey, 1770, in-8°; Histoire de Richard Savage, suivie de la Vie de Thomson, 1771, in-12; Théâtre de Shakspeare, 1776 et suiv., 20 vol. in-8°, version reproduite, avec des corrections, par M. Guizot, 1824, 13 vol. in-8°; Ossian, fils de Fingal, poésies galliques, 1777, 2 vol. in-8°; Clarisse Harloice, 1784-87, 10 vol. in-8». Ces traductions ont de la facilité et de l’élégance, mais aussi de la recherche et de l’emphase. B.
letourneur (Charles-Louis-François-Houoré) , né à Granville en 1751, m. en 1817, était capitaine du génie à la Révolution. Député de la Manche à l’Assemblée législative et à la Convention, il vota la mort de Louis XVI, mais avec appel au peuple. Membre du Directoire en 1795 , il en sortit en mai 1797. Nommé inspecteur I général de l’artillerie, préfet de la Loire -Inférieure en
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1800, maître des comptes en 1810, fut banni comme régi- I eide par la Restauration , et mourut à Laeken , prè3 | Bruxelles.
LETRONNE ( Jean-Antoine), critique célèbre, qu'on a surnommé le Fréret du xix® siècle, né à Paris en 1787, m. en 1848. D’une famille pauvre, il lutta longtemps contre le dénûment, et, après la mort de son père , 1800, soutint lui-même son existence et celle de sa mère. Il se préparait, dans l'atelier de David, à suivre une carrière d’artiste, lorsque le géographe Mentelle l'appela à lui. Bien qu’âgé de 20 ans, il recommença ses études, et approfondit sans maître les langues anciennes et les principales langues modernes. 11 fut successivement nommé membre de l’Institut, 1810, inspecteur de l’Université, 1819, professeur au Collège de France, 1834, conservateur des médailles à la Bibliothèque royale, 1832, directeur du même établissement, 1835, administrateur du Collège de France, 1839, garde général des archives, 1840, directeur de l’Ecole des chartes, 1847, et il allait être élevé à la pairie, lorsque la révolution de février 1848 arriva. A la fois géographe, philologue, chronologiste, et archéologue, il s’est occupé de toutes les grandes questions scientifiques de son temps, et les a presque toutes terminées. Ses travaux sur l’Egypte sont devenus classiques dans toute l’Europe.
Il a fait voir d’une manière irréfragable que la conquête des Perses n’avait pas apporté dans la constitution et les mœurs de l’Egypte les bouleversements qu’on supposait. Letronne était membre de plus de 30 Académies étrangères, tant en Europe que dans le Nouveau-Monde. Ses principales œuvres sont : Essai sur la topographie de Syrctr cuse, 1813 ; Recherches sur le livre de Dicuil, 1814; Considérations générales sur les monnaies grecques et romaines, et sur la valeur de l'or et de l'argent avant la découverte de l'Amérique, in-4°, 1817; Recherches pour servir à l'histoire d’Egypte, 1823 ; Observations critiques et archéologiques sur les zodiaques, 1823 ; Sur le Christianisme en Egypte, en Nubie et en Abyssinie, 1832 ; Dissertation sur la statue vocale de Memnon, 1833, véritable modèle en ce genre, son chef-d’œuvre, où il a montré jusqu’où peut aller la divination historique, aidée d’une induction critique telle que la sienne; Lettres d'un antiquaire à un artiste sur l'emploi de la peinture historique murale chez les Grecs et les Romains, 1 vol. in-8®, 1835, avec appendice, in-8°, 1837 ; Sur l’Inscription de Rosette, 1840; Sur le prétendu coeur de St Louis, 1844; Mémoire sur la civilisation égyptienne, 1846; Recueil des inscriptions grecques et latines de l'Egypte, commentées et discutées. Après sa mort, on a imprimé un Mémoire Sur le système métrique d’ Héron d’ Alexandrie, et un autre Sur le calendrier égyptien. Letronne a laissé en outre plus de 200 articles dans le Journal des savants, de 1816 à 1848, d’autres dans la Revue archéologique, et dans une foule de revues allemandes, anglaises et italiennes. Il a donné une édition des OEuvres de Rollin, 1821-25, 30 vol. in-8° , composé presque seul le 4® vol. de la Géographie des quatre parties du monde de Mentelle , 1806 , achevé la traduction française du Slrabon in-4°, commencée par Laporte Du Theil, etc.
LETTEKE, v. du royaume d’Italie (prov. de Naples), à 6 lfil. E.-N.-E. de Castellamare ; 5,962 hab. Evêché.
LETTIA , nom latin de la Lithuanie.
LETTONS, peuple de la Russie d’Europe, répandu surtout en Lithuanie, en Esthonie , en Courlande , en Samogitie, et qui donna jadis son nom à la partie S. de la Livonie , dite Lettonie. Sa langue comprend 2 dialectes, le letton pur et le sémigall.
LETTRE DOMINICALE. Les lettres dominicales , que les premiers chrétiens substituèrent aux lettres nundinales dans le calendrier Julien, sont les premières lettres de l’alphabet , au nombre de sept , parce qu’il y a sept jours dans la semaine. Elles sont placées par ordre régulier visà-vis des quantièmes de chaque mois dans le calendrier perpétuel , depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre. Elles marquent successivement les dimanches, la lettre A vis-à-vis du l” janvier, la lettre B vis-à-vis du 2, la lettre C vis-à-vis du 3 , et ainsi de suite , ce qui veut dire que quand la lettre dominicale est A, alors le 1er janvier est un dimanche; quand elle est E, c’est le 5 janvier qui est un dimanche. Ces lettres servent pour la fixation du jour de Pâques. M.
lettres d'abolition, lettres obtenues en grande chancellerie, et par lesquelles les anciens rois de France abolissaient un crime irrémissible de sa nature, et faisaient remise, par avance, de la peine portée par la loi.
lettres apostoliques, nom donné aux actes émanant. de la chancellerie du Saint-Siège (rescrits, brefs, bulles, etc.) .
lettres de cachet, nom donné, sous l’ancienne mo-
narchie française , aux lettres scellées du sceau privé du roi, adressées à des corps constitués ou à des particuliers, et renfermant l’expression de sa volonté personnelle. On les appelait lettres closes , par opposition à celles dans lesquelles le monarque parlait en législate”r, et qui, adressées ouvertes aux différentes Cours, scellées du grand sceau et contre-signées par un secrétaire d’Etat, étaient désignées par le nom de lettres-patentes. Les lettres de cachet donnaient trop de latitude à l’autorité du souverain, pour qu’il n’en résultât pas des abus; avec elles, il fut possible de prononcer des exils et des emprisonnements , sans formes „ sans jugement , suivant le caprice. On en usa principalement aux xviie et xvme siècles. L’idée première des lettres de cachet avait été d’épai'gner aux grandes familles l’éclat d'une condamnation publique. B.
lettre de change, traite faite de place en place: par laquelle un banquier ou un négociant tire sur son correspondant une somme d’argent au profit ou à l’ordre d’un tiers, qui en a fourni la valeur par lui-même ou par un autre. On attribue généralement l’invention des lettres de change aux juifs chassés de France par Philippe-Auguste, en 1181, qui, pour sauver l’argent qu’ils n’avaient pu emporter, donnèrent des lettres spéciales secrétes enjoignant à leurs dépositaires de le remettre à des voyageurs ou à des négociants étrangers qui leur en avaient compté la valeur. D’autres attribuent cette invention aux Florentins chassés d’Italie, au XIIIe siècle, par les Gibelins, et réfugiés en France; il est plus probable qu’ils ne firent qu’imiter les juifs. La ville de Lyon paraît avoir adopté la première, en France, l'usage des lettres de change, sous Louis XI, vers 1460. Les anciens Romains ont connu quelque chose d’analogue aux lettres de change : c’étaient des bons donnés à Rome , par les fermiers des impôts , sur leurs receveurs dans les provinces. Peut-être ces billets de change ne se donnaient-ils qu'aux amis des fermiers, et seulement pour les grands centres de recettes; mais il est certain qu’ils existaient. V. Cicéron, Lettres à Atticus, xn, 24. C. D — T. lettres closes. V. lettres de cachet, lettres de créance , lettres par lesquelles un souverain accrédite un ambassadeur auprès d’une cour étrangère» lettres d’état. V. état (Lettres d’).
lettres de grace , lettres par lesquelles les anc. rois de France remettaient une peine. Il y en avait de trois espèces : les lettres d’abolition, les lettres de rémission, et les lettres de pardon ( V. ces mots). La lettre de grâce pour un roturier était adressée aux baillis et sénéchaux ; pour un noble, aux cours souveraines.
lettres de jussion , nom donné, dans Pane, monarchie française , aux lettres que le roi adressait aux parlements pour leur enjoindre de procéder à l’enregistrement, des édits qu’ils refusaient d’entériner. Quand ces lettres n’avaient pas eu leur effet, on en adressait de nouvelles, qui prenaient le nom de lettres d’itérative jussion ; si celles-ci ne suffisaient pas encore , le roi avait recours à un lit dejustice ( V. ce mot). B.
lettres de maîtrise , lettres par lesquelles les rois accordaient, moyennant une certaine somme, la dispense du chef-d’ œuvre exigé d’ordinaire pour être reçu maître dansune corporation d’arts et métiers.
lettres de marque , actes du gouvernement qui autorise, en temps de guerre, un particulier à armer et équiper un navire pour courir sus aux ennemis.
lettres de noblesse , lettres par lesquelles les rois de France accordaient à un roturier et à sa postérité le titre de noble, qui était attaché d’abord à la naissance et à la propriété d’un fief. Raoul , orfèvre de Philippe III le Hardi, reçut le premier cet anoblissement.
lettres de pardon, lettres par lesquelles les rois remettaient un crime qui n’était point capital et qui n’avait pas d’excuse.
lettres pastorales , écrits que s’adressent les évêques entre eux, ou bien qu’ils adressent au clergé ou à la généralité des fidèles, pour appeler leur attention sur certains faits. Elles diffèrent des Mandements , qui sont des espèces d’ordonnances adressées par un évêque aux fidèles de son diocèse.