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La Constitution fédérale, dont les principales conditions avaient été énoncées dans les traités de juillet et d’août 1866, fut complétée dans des conférences que tinrent à Berlin (15 déc. 1866-9 février 1867) les plénipotentiaires des Etats confédérés. Le pouvoir législatif est exercé par deux assemblées, le Conseil fédéral et le Parlement ( Reichstag ); l’accord des deux majorités des deux assemblées est nécessaire pour une loi fédérale. Le Conseil fédéral se compose des représentants des 22 États confédérés, comptant 43 voix, dont la Prusse possède 17, et votant à la simple majorité. Le Parlement est élu au suffrage universel et direct et au scrutin secret par tous les citoyens âgés de 25 ans et parmi les électeurs étant au moins depuis trois ans citoyens d’un Etat de la Confédération ; il y a un député par 100,000 habitants La période legislative est de trois ans : le parlement peut être dissous par une résolution du Conseil fédéral avec l’assentiment de la Présidence; un nouveau parlement doit être alors réuni, dans un délai de trois mois. Le pouvoir exécutif appartient exclusivement, sous le titre de Présidence de la Confédération, à la couronne de Prusse, qui convoque, ouvre, proroge et clôt le Conseil fédéral et le Parlement, représente la Confédération dans ses relations extérieures, et est chargée du soin de sa défense. Elle est représentée dans les assemblées législatives parle chancelier fédéral, nommé par le roi de Prusse, et qui préside le Cotise 1 fédéral et contre-signe les ordonnances sous sa responsabilité. La législation douanière et commerciale, celle des chemins de fer, sont réglées par l’autorité fédérale, et les postes et télégraphes considérés comme institutions publiques communes, sous la direction supérieure de la Présidence. Il y a une marine de guerre fédérale sous le commandement en chef de la Prusse, avec les deux ports fédéraux de Kiel et de Heppens sur la Jahde. Tout Allemand du Nord e t tenu au service militaire, et toutes les forces de terre forment l’armée fédérale sous le commandement du roi de Prusse. Les recettes fédérales sont fournies par les douanes, les impôts de consommation, les revenus des postes et télégraphes, et, en cas d’insuffisance, par des impôts directs perçus dans chaque État proportionnellement à la population. La capitale de la Confédération est Berlin.
Le premier Parlement fédéral, élu en vertu de cette Constitution, s’ouvrit le24 février 1867,etfutclosle 17 avril, après avoir adopté la Constitution. Le budget fédéral fut réglé pour 1868 , recettes égales aux dépenses , à 342,653,000 fr. L’armée fédérale, répartie en 13 corps, et divisée en armée de campagne, troupes de dépôt et troupes de garnison, est de 319,000 hommes sur le pied de paix, et de 972,000 sur le pied de guerre. La flotte fédérale, qui porte le pavillon noir-blanc-rouge, se compose de 87 bâtiments, dont 43 à vapeur, et compte un personnel de 4,724 hommes.
Restaient à régler les relations de la Confédération du Nord avec quelques membres de l’ancienne Confédération germanique, le Luxembourg et les États de l’Allemagne du Sud. Le roi des Pays-Bas, membre de l’ancienne Confédération pour le duché de I. imbourg, partie intégrante du royaume des Pays-Bas, et pour le grand-duché de Luxembourg, entièrement distinct du royaume, craignait de s’attirer le sort du Danemark. Quand la guerre parut imminente entre la Prusse et l’Autriche, il demanda que le Limbourg fût autorisé à se séparer de la Confédération (19 mai 1866). Cette proposition n’avait pas encore été discutée, quand, au commencement des hostilités (16 juin), il se déclara neutre pour le Luxembourg, et, la Prusse ayant déclaré la Confédération dissoute, il demanda qu’elle retirât la garnison qu’elle n’entretenait dans Luxembourg qu’à titre de forteresse fédérale. Mais la Prusse traînant l’affaire en longueur et paraissant vouloir demeurer dans la forteresse, le roi des Pays-Bas s’adressa à la France, dont cette occupation menaçait les frontières, et lui offrit la cession du Luxembourg (février 1867). La Prusse s’y opposa, et la guerre parut un instant imminente entre la Prusse et la France, quand ou convint d'une conférence à Londres. Le 11 mai fut signé le traité par lequel le Limbourg était séparé de l’Allemagne et réuni aux Pays- Bas ; le Luxembourg, également dégagé de tout lien avec l’Allemagne, formait un Etat indépendant, gouverné, sous le régime de l’union personnelle, par le roi des Pays-Bas, grand-duc de Luxembourg; de plus, il devenait neutre sous la garantie des puissances signataires; les fortifications de la place de Luxembourg devaient être rasées en grande partie, mais la Prusse en retirait sa garnison.
Pour l’Allemagne du Sud, des articles secrets, insérés dans les traités de 1866, et publiés seulement en 1867,
avaient stipulé, en cas de guerre, la réunion des troupes de la Bavière, du Wurtemberg, de Bade et de Hesse- Darmstadt à l’armée du Nord sous le commandement du roi de Prusse. Depuis, ces quatre Etats ont adopté, dans une conférence tenue à Stuttgard (3 février , une organisation militaire uniforme, et conclu une ligue militaire pour leur défense commune. De ces quatre États, deux étaient de plus entraînés vers une union politique avec la Prusse et demandaient à entrer dans la Confédération du Nord, Bade par les tendances prussiennes de son gouvernement et la crainte de la France, Hesse-Darmstadt par sa position bizarre, la partie de ses provinces située au N. du Mein étant partie intégrante de la Confédéra ion, et la partie méridionale en étant séparée. Au contraire, la Bavière par crainte de perdre son importance politique, le Wurtemberg surtout par les tendances panicularistes de sa population souabe, résistaient à cet entrainement. Un progrès considérable fut fait cependant vers l’union complète des 2 parties de l’Ail magne par la reconstitution du Zollverein et l’établissement du Parlement douanier . Par conventions des 4, 7 et 8 juin et traité du 8 juillet 1867 entre la Confédération de l’Allemagne du Nord et les quatre États du Sud ,les mesures qui intéressent le Zollverein seront discutées et votées par le Conseil fédéral du Zollverein et le Parlement douanier, qui ne sont autres que le Conseil fédéral et le Parlement fédéral du Nord auxquels les gouvernements du Sud envoient des ministres et les populations des députés. Le bureau central du Zollverein, auparavant autorité supérieure de l’Union douanière, est remplacé à ce titre par le comité permanent de comptabilité formé au sein du Conseil fédéral du Zollverein. Il reste donc peu à faire pour que cette union douanière se transforme en union politique, et que les 8,516,000 Allemands du Sud se joignent à ceux du Nord, pour former, comme avant la scission qu’a engendrée la guerre, une seule Confédération dp 37,834,000 Allemands. C. P.
ALLETZ (Pierre-Édouard), littérateur, né à Paris en 1798, m. en 1850, fut professeur de philosophie morale à la Société royale des bonnes lettres, entra dans la carrière diplomatique, et devint consul à Gênes, puis à Barcelone. Un a de lui, outre des poèmes auj. oublies : Essai sur l’homme, ou Accord de la religion et de la philosophie , 1826, 2 vol. in-8° ; Tableau de l’histoire générule de l'Europe depuis 1814 jusqu'en 1830, Paris, 1831, 3 vol. in-8°; Maladies du siècle, 1835 ; Esquisses de la souffrance morale, 1836, 2 vol. in-8°, son principal ouvrage, où les peintures philosophiques sont quelquefois présentée.' sous forme de drames; la Démocratie nouvelle, ou des Mœurs et de la puissance des classes moyennes en France, 1837 ; Harmonies de l' intelligence humaine, 1845, etc.
ALLUNVILLE (Armaud-Octave-Marie, vicomte d’), général, né en 1809, m. en 1867, débuta au siège d’Anvers en 1832 comme aide de camp du général Kulhière, fit ensuite partie de l’armée d’Afrique, devint, en 1838, commandant des corps indigènes irréguliers de la province d’Alger, se distingua devant Bougie, à l’affaire du Chéliff. au combat de Bourami, à la Mil anah et à la bataille d’Isly, et rentra en France pour être colonel du 5e hussards en 1847. Lors de la guerre de Crimée en 1854, il commanda une brigade de chasseurs d’Afrique, et mérita le grade de général de division par sa conduite au combat de Balaclava. 11 devint président du comité de cavalerie et sénateur en 1865. B-
ALLSTEDT, v. du duché de Saxe-Weimar, à 67 kil. O.-N.-O. de Leipzig; 3,000 liab. Haras. — Cette ville forme, avec un territoire peuplé de 5,000 hab., une enclave au centre de la régence prussienne de Mersebourg.
ALMEIDA-GAliRETT (J.-B. d’), poète portugais, né à Oporto en 1799, m. en 1854. Après avoir débuté dans le genre classique par des tragédies de Xerxès, de Lucrèce et de Mérope, il se rattacha, par la tragédie de Caton, à l’école romantique. Menacé en 1823, à cause des sentiments libéraux qui animaient cette œuvre, il dut se réfugier en Angleterre, puis en France, où il publia divers poèmes : Camoens, en 10 chants, 1825; Dona Branca ou la Conquête des Algarves, 1826 ; Adozinda, 1828 ; et Bernal-Francez, 1829. Il prit part, en 1832, à l’expédition de Don l’edro, entra aux Cortès en 1836, et y fit preuve de talent oratoire. Dans le but de réformer le théâtre de son pays, il écrivit plusieurs drames, Gil Vicente (1838), Dona l-'ilippa de Vichena (1840), Alfageme de Santarem (1841), Fret Luiz de Souza (1844), etc. On lui doit encore un roman historique, l 'Arc de Saht' Anna, 1846, et un Romanceiro ou recueil de chants populaires portugais, 1851-53, 3 vol. in-8°. Ses œuvres complètes ont été publiées à Lisbonne, 1854-55, 16 vol.
ALOUPKA, vge de Crimée, sur le bord de la mer