‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 721 sur 864 · AUG · texte numérisé non relu

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bleu, fragment d’un grand drame romantique, et d’un ouvrage important pour l’histoire littéraire de la Suède, les Bardes et les Scaldes, 1841-49, 5 vol. in-8°. B.

AUBERT DE V1TRY (Franç.-Jean-Philibert), littérateur et économiste, né à Paris en 1765, m. en 1849, débuta dans les lettres par un ouvrage politique intitulé J. -J. Rousseau à l'Assemblée nationale, 1789. En 1792, il publia des Etudes sur V Education. Des attaques contre les Jacobins l’obligèrent de quitter Paris, et, partageant les périls des Girondins, il fut emprisonné jusqu'au 9 thermidor. Puis il occupa, sous le D.rectoire, des fonctions dans les administrations départementales de la Belgique. Dans la suite, il fut chef de bureau au ministère de l'Intérieur. à Paris, de 1813 à 1821. Il a publié : Recherches sur les vraies causes de la misère et de la félicité publiques, ou De la population et des subsistances, 1815, où sont combattues les doctrines de Malthus; Essai sur les colonies militaires de la Russie, 1826; des traductions des Contes moraux de mistress Opie, 1818, 5 vol. iu-12, et des Mémoires de Goethe, 1823, 2 vol. in-8°, etc. B.

AUDiN ( J.-M.-V. ), littérateur, né à Lyon en 1793, m. en 1851, dirigea à Paris une maison de librairie. On a de lui : Essai sur le romantisme, 1822, 2 vol. in— lâ ; Histoire de la Sl-Barthélemy , 1826; Histoire de la vie, des ouvrages et des doctrines de Luther, 1839, 2 vol. in-8° ; Histoire de la vie, des ouvrages et des doctrines de Calvin, 1841, 2 vol. in-8°; Histoire de Léon X et de son siècle, 1844, 2 vol. in-8°; Histoire de Henri VIII et du schisme d'Angleterre, 1850, 2 vol. in-8°. Ces livres sont écrits au point de vue catholique, et d’après des documents originaux ; pour la Réformation l’auteur ne s’appuie que sur les écrivains protestants. Le style en est souvent affecté et prétentieux. B.

AUDITEURS au conseil d’État, fonctionnaires ainsi appelés parce qu’ils font une espèce de noviciat, auprès des conseillers et des maîtres des requêtes, pour s’instruire des affaires administratives. Us sont admis à la préparation et à l’instruction des affaires, et ont voix consultative dans celles dont ils ont fait le rapport. Les auditeurs, au nombre de 80, sont de deux classes; ceux de la lre seuls reçoivent un traitement de 2,00 ) fr. On prend parmi eux les maîtres des requêtes, les conseillers de préfecture, les sous-préfets, etc. — Les auditeurs au conseil d’État furent créés en 1803 par Napoléon 1er. Il n’y en eut d’abord que seize; mais, peu d’années après, leur nombre devint indéfini, parce que l’Empereur les envoyait en mission dans toutes les parties de son vaste empire. La Restauration de 1814 supprima les auditeurs au conseil d’Etat. Napoléon 111 les a réinstitués en 1852, en rétablissant le Conseil.

AUDÜUIN (Franç. -Xavier), économiste, né à Limoges en 1766, m. en 1837, embrassa avec ardeur la cause de la Révolution. On a de lui : Du commerce maritime, de son influence sur la force et la richesse des Etats, 1800; Réflexions sur l'armement en course , sa législation et ses avantages, an ix, 2 vol. in-8°; Histoire de l'administration de la guerre, 1811, 4 vol. in-8°.

ai douin (Pierre), graveur au burin, élève de Beauvarlet, né à Paris en 1768, m. en 1822. 11 a une extrême facilité, et, en moins de 30 ans, il a donné près de 100 planches. Fa manière est large, ferme sans dureté, moelleuse et cependant pleine de vigueur.

A DOVERE, première femme de Chilpérie Ier, fut répudiée sous prétexte qu’elle avait tenu elle-même l’un de ses enfants sur les fonts baptismaux, et enfermée dans un monastère, où, dit-on, Frédégonde la fit étrangler. Mérovée, qui épousa Brunehaut à Rouen, était son fils.

AUGOYAT (Ant,.-Mar.), écrivain militaire, né à Maçon en 1783, m. en 1864, élève de l’École polytechnique, servit dans l arme du génie pendant le premier Empire, devint, sous la Restauration, professeur de fortification à l’école d’application de Metz, et fut nommé, après la Révolution de 1830, conservateur de la galerie des plans en relief à l’hôtel des Invalides de Paris. Outre des éditions d’ouvrages anciens et de- traductions de livres étrangers, il a publié : Précis des campagnes et des sièges d’Espagne et de Portugal, 1839; Aperçu historique sur les fortifications, 1858-64, 3 vol. in-8°.

AUGU1S (Pierre-René), littérateur, né à Melle en 1786, m. en 1846, se voua d’abord à l’enseignement des lettres, puis servit dans la marine hollandaise. Elu député eu 1830, il siégea longtemps dans 1 opposition. 11 publia : Examen critique des lettres inédites de I oltaire à la comtesse de Lutzelbourg, 1812; Sur les monuments anciens et modernes de l' Hindoustan, 1812; Histoire de Catherine II, impératrice de Russie, et de Paul Jir, son fils, 1813; les Révé-

lations indiscrètes du xviii' siècle, 1814; Correspondance de Louis XVIII avec le marquis de Favras, 1815; Du génie de la langue française, 1820; Collection des poètes français depuis le XIe siècle jusqu’à Malherbe, 6 vol. in-8°, avec beaucoup de notes savantes et curieuses. B.

AULNES (du latin barbare alcunæ ), génies malfaisants de l’Allemagne; ils habitaient les campagnes, les fontaines, etc.

AURE le comte d’), né vers 1800, m. en 1863, écuyer en chef de l’école de Saumur, a publié : Aperçu sur la situation des chevaux en France, 1826; Traité d'équitation, 1834; De l’industrie chevaline en France, 1840; Cours d'équitation, 1H53; Question chevaline, 1860.

AUSCHWITZ, en polonais Osioiecim ou Oswieczym,\. de Gallicie, à 50 kil. S.-O. de Cracovie, sur Ja Sola, affl. de la Vistule; 3,000 hab. Ane. ch.-l. d’iin duché polonais.

AUTICHAMP (Charles de Beaumont, comte d’), neveu du général de ce nom (V. l’art, du Dictionnaire ), né en Anjou en 1770, m. en 1852, fit partie de la garde constitutionnelle de Louis XYI , fut l’un des chefs de l’insurrection vendéenne, et en prit la direction après la mort de Bonchamp et de Stoftlet. Ce fut lui qui signa le traité de pacification avec Hoche. A la Restauration, on le nomma pair de France. B.

AUTLAN, dép. du Mexique, dans la division militaire de Guadalaxara ; entre ceux de Xalisco au N . de Tancitaro à l’E., de Colima au S., et le grand Océan à l’O. ; formé du S. de l’ancien Etat de Xalisco; arrosé par le Rio-Chacala et le Rio-Almeria. Le ch.-L, Autlan-de-la- Grana, a 4,000 hab. Culture de la canne à sucre, de la cochenille et du cacao. Commerce de sel.

AUTRICHE ( Cercle d’), l’une des grandes divisions politiques de l’anc. Empire d’Allemagne établies par Maximilien 1er eu 1512, était situé entre ceux de i avière et de Souabe au N. -O., la Suisse à l’O., les Etats Vénitiens et l’Adriatique au S.-O. et au S., le roy. de Hongrie à l’E., la Bohême et la Moravie au N. Il comprenait 7 Etats : 1° l'Autriche, d visée en archiduehé d’Autriche, Autriche intér. (Styrie, Carinthie, Carniole, Frioul). Autriche super (Tyrol et Vorarlberg), et Autriche infér. (enclaves du cercle de Souabe, Brisgau, villes Forestières, vdles du Danube, Burgau, etc.); 2° et 3° les évêchés de Trente et de Bri.xen; 4° Révêché de Coire en Su sse; 5° et 6° les ordres Teutonique et de Malte pour des terres qu’ils possédaient dans l’Autriche le Tyrol et le Brisgau ; 7° la seigneurie de Trasp en Suisse. 1. archiduc d’Autriche en était le seul directeur; mais la maison d'Autriche possédant ce cercle presque en entier, il n’y avait pas d'assemblées de cercle. Elle en devint encore plus complètement maîtresse par le recez de Ratisbonne (1803), qui lui donna les évêchés de Trente et de Bri.xen, et elle en augmenta l’étendue en y incorporant Salzbourg et Berchtolsgaden détachés du cercle de Bavière. Mais la paix de Presbourg (26 déc. 1805) le diminua de l’Autriche intér., séparée entre Bade et le Wurtemberg, et de l’Autriche supér., donnée à la Bavière. Il cessa d'exister lorsque Napoléon Ier établit la Confédération du Rhin en 1806. C. P.

Autriche. — Nouvelle organisation politique et administrative. — A la suite de la guerre malheureuse de 1859, le déficit croissant des finances autrichiennes et la crainte d’une banqueroute, la rigueur des réquisitions èt des mesures militaires, les vexations religieuses contre les protestants et les juifs, fruit du concordat autrichien, le système absolu de centralisation administrative. 1 abolit on complète de toute liberté réelle, enfin l’interdiction des idiomes nationaux au profit de l’allemand partout imposé et seul reconnu comme langue officielle, avaient excité les plus vifs mécontentements dans toutes les provinces de l’Empire, surtout dans la Hongrie et ses anciennes annexes Le gouv1, pour connaître les vœux des populat ons et détourner les périls qui le menaçaient, adjoignit d’abord au Conseil de l’Empire, dont les membres sont nommés par le souverain, 38 personnes eho'sics par lui dans les diverses provinces (5 mars 1860). On satisfit à peu près aux réclamations de cette assemblée, qui s’ouvrit le 31 mai, en publiant une patente impériale (20 oet.) qui substitua au gouv1 absolu de l'Autriche une monarchie limitée, et à l'ancien syslème de centralisation à outrance une certaine décentralisation administrative.

D'après cette patente, le pouvoir législatif fut partagé entre le souverain et le Conseil de l’Empire pour les affaires d’intérêt général, entre le souverain et les diètes de chaque province pour les affaires d’intérêt local. Le Conseil de l’ Empire se composa de 100 membres, non compris ceux qui sont nommés à vie par le souverain ; les

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autres furent nommés par les diètes provinciales, et leur nombre fut fixé pour chaque prov. en raison de son étendue, de sa population, et de la quotité des impôts quelle paye. Les idiomes nationaux furent reconnus pour langues officielles dans chaque prov. Les diètes provinciales furent composées, conformément à des statuts particuliers pour chacune, non de membres représentant indistinctement toute la province, mais de députés des diver.-es classes de la population, clergé, noblesse et grands propriétaires, industriels et commerçants, villes, communes rurales.

Le pouvoir exécutif resta tout entier entre les mains de l’Empereur et de ses ministres; mais le système d'administration centrale fut profondément modifié. Les cinq ministères des affaires étrangères et de la mai-on de l’Empereur, du commerce, de 1 industrie et des travaux publics, de la guerre, des finances, de la police, furent seuls conservés; ceux de l’intérieur, de la justice, de l’instruction publique et des cultes, furent supprimés comme autorités centrales, et leurs attribuiionsrespectives furent réparties entre deux autorités supérieures correspondant aux deux grandes divisions nouvelles de l’Empire. Ainsi la Hongrie et ses anciennes annexes, la Transylvanie, la Croatie-Esclavonne, la Woïvodie-Banat, formèrent la lre grande division, que l’Empereur gouverna, de concert avec les diètes provinciales, par l’intermédiaire des grandes autorités abolies en 1849 et rétablies alors, la chancellerie royale de Hongrie et la chancellerie aulique de Transylvanie résidant à Vienne, le gouverneur royal de Hongrie, et le palatin résidant à Pesth. Furent également rétalilies la Curie royale ou Table royale de Hongrie comme cour d'appel dans cette partie des Etats héréditaires, et la Table septemvirale comme cour suprême. On rendit au pays la diète hongroise, telle qu’elle existait avant 1848, si ce n’est que l’on supprima la position privilégiée de la noblesse, que l’on donna une représentation plus équitable aux villes, et que la diète n’eut autorité que pour les affaires intérieures du pays, sans aucun des droits que lui avait donnés la Constitution de mars 1848, ministres responsables, droit de voter les impôts, de fixer le contingent de l'armée. L’ancienne organisation par comitats fut également rétablie; mais la Hongrie n’en resta pas moins une province, la plus considérable, il est vrai, de l'Empire , et ne redevint pas un Etat distinct ayant pour roi l’Empereur d’Autriche. — La 2” grande division de l’Empire se composa du reste des pays de la Couronne, Allemands, Italiens, Slaves de Bohème et de Galicie, et l’Empereur les gouverna, de concert avec les diètes provinciales, par un ministre d'Etat, charge récemment ins ituée à cet effet. Le lien entre ces deux parties de la monarchie fut établi par le Conseil de l'Empire, ainsi que par les cinq ministres chargés des affaires générales et destinés à maintenir l’unité du gvt et la centralisation politique, pendant que l’institution de ministres spéciaux pour chacune des deux grandes divisions de la monarchie et le rétablissement des diètes provinciales devaient répondre à la diversité des populations qui composent l’Empire, et consacrer la décentralisation administrative.

Cette Constitution, amalgame d’antiques institutions et de quelques principes de gouvernement moderne, mécontenta tout le monde : la Hongrie, bien qu’avantagée, était irritée de n’avoir pas obtenu l’union personnelle pure et simple; les autres provinces se plaignaient de l’importance exagérée donnée dans leurs d êtes à l'aristocratie, et de la nullité d’un Conseil de l’Empire élu par de telles diètes et si peu nombreux. Le gouvernement écouta ces demandes : le ministre d’Etat, principal auteur de la patente du 20 oet., M. de Goluchowski, fut remplacé par un membre influent du parti allemand et libéral, M. de Schmerling (13 déc. 1860), et par ses conseils fut publiée une nouvelle Constitution, la Loi fondamentale sur la représentation de l'Empire, du 26 fév. 1861, qui régit l’Autriche jusqu’en 1865. En consacrant la dé- Centralis ition administrative et le respect des nationalités distinctes par le maintien des diètes provinciales, cette Constitution augmenta la centralisation politique, et établit plus pleinement le système constitutionnel. Ainsi le pouvoir exécutif se composa de l’Empereur et de 13 ministres : le président du conseil; le ministre de la maison de 1 Empereur et des affaires étrangères; le ministre de la police; le ministre de la guerre; le ministre d’Etat, chargé de l’instruction publique et des cultes, et surtout de représenter le gvt dans les assemblées politiques ; le ministre de l’intérieur; le ministre des finances; le ministre de la justice; le ministre du commerce et de l’économie publique ; le ministre de la marine ; enfin les trois

chanceliers auliques de Hongrie, de Croatie-Esclavonie et de Transylvanie. Un Corne 1 d’Etat fut chargé de préparer les projets de loi. Le pouvoir législatif fut partagé entre l’Empereur et le Reichsrath ou Conseil de l’Empire, composé d’une Chambre des seigneurs et d’une Chambre des députés. Etaient membres de la Chambre des seigneurs : 1° par droit de nais ance, les princes majeurs de la maison impériale; 2° à titre héréditaire, les chefs majeurs des familles nobles possédant de vastes propriétés et auxquels l’Empereur conférait cette dignité; 3° en raison de leur dignité e clésiastique , tous les archevêques et évêques ayant titre de prince; 4° membres à vie, les hommes distingués dans l’Etat, l’Eglise, les sciences, etc., nommés par l’Empereur. La Chambre des députés se composa de 343 personnes, choisies par les diètes de chaque prov. parmi leurs propres membres, et ainsi réparties : Hongrie, 85; Bohême, 51; Vénétie, 20; Dalmatie, 5; Croatie-Esclavonie, 9 ; Galicie et Cracovie, 38; Basse-Autriche, 18; Haute-Autriche, 10; Salzbourg, 3; Styrie, 13; Carinthie, 5; Carniole, 6; Bukowine, 5; Transylvanie, 26; Moravie, 22; Silésie, 6; Tyrol et Vorarlberg, 12; Littoral, 6 Les Chambres étaient convoquées tous les ans, leurs présidents et vice-présidents nommés par l’Empereur, et les ministres responsables devant le Conseil de l’Empire. Telle était la Constitution centrale de 1 Autriche.

Les Constitutions particulières des provinces furent fixées par des statuts provinciaux, publiés également le 26 fév. 1861. Chaque pays de la couronne eut une diète composée des prélats et du recteur de l’Université de la province, membres-nés de la diète, et de députés élus directement par les grands propriétaires, les chambres de commerce et les villes, et au second degré par les communes rurales. Les maréchaux ou présidents des diètes, dont la session durait six ans, étaient nommés par l’Empereur ; la diète choisit d ms son sein un comité permanent de six membres, qui prépara les travaux des ses-ions et représenta la diète dans l’intervalle auprès des agents du gouvernement. Aucune province n’eut de droits particuliers; la seule différence consista dans le nombre des membres; Basse-Ant' iche, 66; Haute- Autriche, 50 ; Salzbourg, 26; Tyrol et Vorarlberg, 88; Styrie, 63 ; Carinthie, 37; Carniole, 37; Littoral, 52; Da'mntie,43; Bohême, 241; Moravie, 100; Silésie, 31; Galicie et Cracovie, 150; Bukowine, 30. La Vénétie ne reçut pas de statut ses congrégations centrales , assemblées de chacune de ses délégations, lui tinrent lieu de diète; les Confins militaires restèrent en dehors du droit commun, et soumis à leur législation particulière; enfin la Hongrie, la Croatie- Esclavonie et la Transylvanie recouvrèrent leurs anciennes diètes, composées de deux chambres, celle des magnats et celle des députés. — L’établi.-sement toujours difficile d’un nouveau système de gvt fut encore aggravé en Autriche par les luttes des nationalités si diverses qui la composent. Le Conseil de l’Empire, dans ses deux premières sessions (mai 1861 à déc. 1862), vota la plupart des lois organiques qui devaient compléter la Constitution; mais il ne fut jamais qu'un Conseil restreint de l’Empire ; car les diètes de Hongrie, de Croatie-Esclavonie, la Vénétie et le Tyrol it lien, ont obstinément refusé d’y envoyer des députés, les deux premières réclamant énergiquement l’autonomie complète, et repoussant tout autre lien politique que l'union personnelle sous le même souverain que les autres parties de l’Empire, les deux autres persévérant dans leur haine contre l’Autriche et leur aspiration à se joindre au royaume d’Italie.

De longues négociations traînèrent jusqu’en 1865 entre le gouvernement autrichien et la Diète de Hongrie, conduite par le célèbre patriote Deak. Une première satisfaction fut donnée aux Hongrois par la démission du ministère de M de Fchmerling, chef du parti allemand et centralisateur, remplacé, le 27 juillet 1865, par le ministère Belcredi-Majlath, favorable aux idées de décentralisation. Ce ministère fit rendre le manifeste impérial du 20 septembre 1865, qui suspendait la Constitution de 1861 jusqu’à ce que l’entente fût établie avec la Diète hongroise. Toutes les Diètes provinciales furent appelées à se prononcer (10 nov.) sur ce manifeste : les Diètes slaves et hongroise y applaudirent ; mais celles des pays allemands, qui perdaient leur prépondérance dans le gouvernement central, réclamèrent le maintien de l’ancenne Constitution, et des actes d’hostilité eurent lieu dans les pays où deux nationalités étaient en présence, principalement en Bohême, entre les Tchèques et les Allemands. La guerre avec la Prusse surprit l’Autriche au milieu de ces difficultés, et le mécontentement public fut encore

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