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augmenté par les désastres de la campagne de Bohême. La désaffection était si vive dans les provinces allemandes, que, le gouvernement ayant ordonné, à l’arrivée des Prussiens devant Vienne, une levée de troupes dans les deux Autriches, la Styrie, la Carinthie et la Carniole, les populations de ces provinces firent des démonstrations contre cette mesure (17 juillet 1866), ce qui contraignit le gouvernement à demander une suspension d’armes à Nikolsbourg, et à signer jeu après le traité de Prague (28 août). Le ministère fut modifié (30 octobre) par l'entrée au service d’Autriche de l’ancien ministre saxon, M. de Beust, qui s’attacha aussitôt à satisfaire complètement la Hongrie. L'entente fut établie par la nomination d’un ministère hongrois responsable devant la Diète de Hongrie (17 février 1867), par la restauration des comitatset la sanction, avec quelques changements, des lois rendues par la Diète de 1848, enfin par le couronnement de François-Joseph à Bude comme roi de Hongrie (8 juin). Les négociations furent plus difficiles avec les autres provinces, allemandes et slaves, mécontentes des avantages accordés aux pays hongrois. La plupart de leurs diètes, réunies pour choisir des députés au Conseil de l'Empire restreint, c'est-à-dire ne représentant plus que la moitié occidentale de l’Empire, refusèrent de le faire et furent dissoutes; elles ne se rendirent qu’après de nouvelles élections qui modifièrent leur esprit, et les deux Chambres du Conseil de l’Empire restreint furent ouvertes le 20 mai 1867. Un ministère pour les pays non hongrois avait été nommé le 9 mars précédent. L’organisation du gouvernement ne fut complétée que le 30 juin; cette organisation, très-compliquée, et qui se rapproche de la première Constitution créée par la patente impériale du 20 octobre 1860, se compose de la manière suivante :
L’Empire forme deux grandes divisions : 1° les Provinces Cis-Leithanes ou en deçà de la Leithaipeiite rivière qui sépare la Hongriede l’Autriche propre), comprenantBasse-Autriche, Haute-Autriche, Palzbourg, Bohème, Moravie, Silésie, Galicie, Bulcowine, Styrie, Carinthie, Tyrol, Carniole et Littoral ; 2° les Provinces trans-Lcilhanes ou au delà de la Leitha (par rapport à Vienne), comprenant les pays hongrois, Hongrie propre, Transylvanie, Banat, Croatie-Esclavonie et Dalmatie. L’Empereur gouverne les premières par l’intermédiaire d'un ministère et d’un Conseil d’État des pays en deçà de la Leitha , et avec le concours du Conseil de l'Empire (ou Reichsrath) des pays en deçà de la Leitha. Ce ministère se compose de ciuq ministres : un ministre-président, un ministre des finances et du commerce, un ministre de l’intérieur, un ministre de la guerre, un ministre de la justice, de l’instruction publique et des cultes. Le Conseil d’Etat compte 9 conseillers; et le Conseil de l'Empire est formé de deux Chambres, celle des Seigneurs et celle des Représentants, nommées ou choisies comme les deux Chambres du même nom dans la Constitution de 1861, mais seulement dans les provinces non hongroises. L’Empereur gouverne les provinces au delà de la Leitha par l’intermédiaire d’un ministère hongrois et avec le concours de la Diète hongroise; ce ministère se compose de dix personnes : un ministre-président, un ministre à latere , un ministre de l’intérieur, un ministre de la justice, un ministre des finances, un ministre de l’instruction publique et des cultes, un ministre de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, un ministre des travaux publics, un commissaire royal pour la Transylvanie, un chancelier aulique de Croatie-Esclavonie. Les anciennes charges de chancelier aulique de Hongrie et de chancelier aulique de Transylvanie résidant à Vienne, de gouverneur royal de Hongrie, et de Palatin résidant à Pesth, sont supprimées comme incompatibles avec le ministère responsable. La Diète hongroise comprend les deux anciennes Chambres, des magnats et des députés. — Enfin les affaires communes sont dirigées par un Ministère de l'Empire, composé de trois ministres : le chancelier de
l’Empire (premier ministre), ministre des affaires étrangères et de la maison impériale (M. de Beust), le ministre des finances, et le ministre de la guerre; ces affaires communes sont soumises au contrôle de deux Délégations, l’une du Conseil de l’Empire, l’autre de la Diète hongroise, siégeant à Vienne, mais délibérant séparément. En cas de désaccord entre ces deux Délégations, on cherche à s’entendre par l’envoi de notes écrites, envoi qui peut se répéter trois fois; si ce moyen échoue, l’une des deux Délégations peut demander une assemblée plénière où l’on vote, sans délibérer. Si l’une des deux Délégations compte plus de membres que l’autre, le sort élimine le nombre de personnes nécessaire pour qu’il y ait égalité.
Ainsi, trois ministères, trois parlements divisés en 6 chambres, tel est le système compliqué de gouvernement appelé le Dualisme, qui régit aujourd’hui la monarchie autrichienne. Au-dessous de ces grandes assemblées, chaque pays de la Couronne garde sa diète provinciale qui, dans les provinces en deçà de la Leitha, choisit dans son sein les députés au Conseil de l’Empire; pour la Diète hongroise, les élections sont faites directement dans chaque comitat. C. P.
AVRIL 1834 (Journées des 13 et 14), journées de guerre civile pendant lesquelles le parti républicain fut vaincu à Paris par le gouvernement de Louis-Philippe. Elles furent amenées par les poursuites dirigées contre quelques députés de l’extrême gauche, et par la loi contre les associations. Après la répression de l’insurrection, les chefs insurgés des différentes localités (Lyon, S'-Etienne, Marseille, Besançon, Lunéville, etc.), au nombre de 121, furent traduits devant la Cour des pairs, et condamnés à diverses peines. Parmi eux on remarquait Godefroi Cavaignac, Lagrange, Guinard, Armand Marrast, Ker-, sausie, Caussidière, etc. Avant même la fin du procès, plusieurs des accusés avaient réussi à s’enfuir de la prison de Ste-Pélagie.
AYCARD (Marie), homme de lettres, né à Marseille en 1794, m. en 1859. On a de lui une dizaine de romans, un recueil de Ballades et chants populaires de la Provence (1826), des traductions d’ouvrages espagnols, et quelques vaudevilles, parmi lesquels on cite Mademoiselle Desgarcins (1839), qui obtint un {grand succès.
AZEGLIO (Massimo Taparelli, marquis d’), littérateur et homme d’Etat italien, né à Turin en 1801, m. en 1866, servit quelque temps dans la cavalerie piémontaise, vécut de 1821 à 1829 à Rome, où il s’occupa de peinture et de musique, et acquit un talent distingué. Après avoir épousé la fille de Manzoni, il se livra plus particulièrement à la littérature, et composa deux romans, que le public accueillit avec grande faveur : Ettore Fieramosca , 1833, et Niccolo dei Lapi, 1841. Placé, avec Balbo et Gioberti, à la tête du parti qui voulait reconstituer la nationalité italienne, il tâcha de faire comprendre aux divers princes, par un écrit intitulé : les Derniers événements de la Romagne (1846), la nécessité des réformes libérales et d’une politique plus italienne. Après l’avénement da Pie IX, il retourna à Rome, et ne fut pas étranger, diton, aux mesures heureuses qu’adopta le pontife dans les premiers temps de son règne. En 1848, il partit avec les troupes papales qui devaient seconder le roi Charles- Albert contre l’Autriche, puis passa, après le rappel de ces troupes, dans l’armée vénitienne, et fut blessé au combat de. Vicence. Elu député au Parlement sarde, il devint, en 1849, président du 1er ministère de Victor- Emmanuel. Des différends avec le comte Cavour, alors ministre des finances, l’obligèrent de se retirer en 1852. Quand la guerre de l’indépendance éclata, en 1859, il fut envoyé pour établir un gouvernement dans les Romagnes soulevées contre Pie IX. Après la proclamation du royaume d’Italie, on le nomma sénateur et gouverneur de la province de Milan. Ses principales brochures politiques ont été réunies à Turin, 1851, 1 vol. in-8°. B.