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La justice civile est également exercée par les Cours de comtés, sorte de tribunaux de lre instance composés d'un seul magistrat inamovible. — L’Angleterre est divisée en 8 circonscriptions judiciaires, visitées alternativement tous les six mois par les membres des Cours supérieures de Londres ; iis y président les jurys. — Il existe à Londres des Cours spéciales, comme la cour de l 'Amirauté et celle des Divorces. La Cité a deux tribunaux de police où siègent le lord-maire et un alderman. — Certaines causes peuvent être portées en appel même devant la Chambre des Lords.
Acte de réforme de 1867 : — D’après cet Acte, qui a modifié le système électoral de l’Angleterre, tout habitant des bourgs qui occupe une maison à titre de propriétaire est électeur, pourvu qu’il ait une année de résidence et qu’il acquitte la taxe municipale ou taxe des pauvres. Les tenanciers ( house-holders ) sont électeurs après un an de domicile, à la condition de payer un loyer d’au moins un shilling et demi par semaine et d’acquitter personnellement la taxe municipale. Ceux d’entre eux qu’on désigne sous le nom de compound householders devront payer directement la taxe, qu’ils n’acquittaient précédemment que par l’intermédiaire de leur propriétaire ou landlord. Quant aux locataires partiels ( lodgers ), ils auront droit de franchise s’ils justifient d’une année de résidence, et s’ils payent un, loyer de 10 liv. st. (250 fr.) par an. — Dans les comtés, il suffit, pour être électeur, d’être propriétaire foncier d’une terre rapportant 5 liv., ou d’occuper un immeuble payant un loyer ou fermage de 12 liv. st. et soumis à la taxe des pauvres correspondante. — Les circonscriptions électorales ont été remaniées. Plusieurs petits bourgs, qui, à eux seuls, élisaient un député, ont cessé de jouir de ce privilège. Les villes au-dessous de 10,000 âmes n’enverront à l’avenir qu’un député au Parlement. Les contingents urbains des comtés leur ont été enlevés. — On évalue le nombre des électeurs d’après cette réforme à 1,440,000 ; les bourgs seuls auront 750,000 votants, dont 450,000 ouvriers. La réforme n’est pas encore appliquée à l’Ecosse et à l’Irlande. — En Angleterre, l’élection se fait par main levée; si le résultat est indécis, on a recours au poil ou vote écrit. B.
BRETONNEAU (Pierre), médecin, né en 1771 à Tours, m. en 1862, médecin en chef (le l’hôpital de sa ville natale, a fait de beaux travaux sur le croup; on lui attribue la découverte de la trachéotomie.
BREWSTER (David), célèbre physicien anglais, né à Jedburg (Ecosse; en 1781, m. en 1868, étudia à l’Université d’Edimbourg, devint membre de la Société royale de cette ville en 1807, et fut chargé, l’année suivante, d’éditer V Encyclopédie d' Edimbourg , à laquelle il donna ses soins jusqu’en 1830. Après quelques essais d’enseignement public, il y renonça, pour se consacrer aux travaux scientifiques. Il rédigea, de 1819 à 1824, avec le minéralogiste Jameson, le Journal philosophique d’Edimbourg , puis le remplaça par le Journal scientifique. L’Institut de France l’élut membre correspondant en 1825, et membre associé en 1849. Les recueils scientifiques de la Grande-Bretagne contiennent une foule de Mémoires, Dissertations et Notes de Brewster. Dès 1800, vérifiant la théorie de Newton sur la lumière, il découvrit que l 'inflexion, ou changement de direction des rayons lumineux, indépendante de la nature du corps par lequel elle est produite, n’est modifiée que par l’état des surfaces. En 1810, il s’occupa de la construction des lentilles composées ou polygonales. Puis, dans un Traité sur les nouveaux instruments scientifiques , 1813, in-8°, il décrivit un grand nombre d’ingénieux appareils d’optique, tels que télescopes, goniomètres, micromètres et microscopes, et une foule d’expériences nouvelles faites avec ces instruments ; on y remarque aussi une étude sur les proportions qu’offrent les couleurs dans le spectre solaire selon les substances qui le produisent, et un travail sur le pouvoir de dispersion et de réfraction des diverses substances. En 1813, Brewster commença, sur la polarisation de la lumière, des recherches qui ont surtout fondé sa renommée. En 1819, il publia un Traité sur le Kaléidoscope, instrument d’optique de son invention. En 1831, il fut le principal fondateur de V Association britannique , dont le but était de réunir les savants anglais et étrangers pour débattre les questions scientifiques. En 1851, il inventa le stéréoscope par réfraction. Parmi ses écrits, on remarque : Lettres sur la magie naturelle , 1824; Vie de Newton, 1831; les Martyrs de la science , ou Vies de Galilée, de Tyr.ho-Brahé et de Kepler, 1841; Plus d’un monde, ou Croyance du philosophe et espoir du chrétien, 1854; Mémoires sur la vie , les écrits et les découvertes de Newton, 1855, 2 vol. in-8°.
BRIFAUT (Charles), poète et publiciste, né à Dijon en 1781, m. en 1857, débuta par des articles dans la
Gazette de France, puis fitjouer des'tragédies :]Jeanne Gray\ 1814; Ninus II, 1814; Charles de Navarre , 1820). Parmi ses autres ouvrages, on cite : la Journée de T Hymen, 1810, poème dédié à l’impératrice Marie-Louise; Ode sur la naissance du roi de Rome, 1811; l’Hymen et la Naissance, 1812; Rosamonde, poème, 1813; Stances sur le retour de Louis XVIII, 1814; Olympie, tragédie lyrique, musique de Spontini, 1819; Dialogues, contes et autres poésies, etc. Scs Œuvres ont été recueillies après sa mort, 1858, 3 vol. in-8°; on y trouve, sous le titre de Récits cl’un vieux parrain à son jeune filleul, des mémoires sur sa vie qui prouvent qu’il aimait le monde et le plaisir plus que les lettres. F— t.
BRISBANE, riv. de l’Australie (Queensland), sort des monts Craig, prolongement des montagnes Bleues, et se jette dans la baie de Moreton, en face de l’ile de ce nom ; cours d’environ 100 ldi. — Ville de l’Australie, capitale du Queensland, à 27 kil. de l’embouch. du Brisbane, qui avers cet endroit 600 m. de largeur; 6,000 hab. Commerce de laines et de coton. C. P.
BRIZEUX ( Julien- Auguste-Pélage), poète, né à Lorient en 1806, m. en 1858, consacra son talent à peindre les mœurs de la Bretagne. Quelques pièces insérées dans la Revue des Deux Mondes, en 1833, furent remarquées. Encouragé par ce succès, il donna, en 1836, Marie, poème dont une aventure de sa. première jeunesse, un amour pour une jeune paysanne, fait le sujet. Cette composition, qui renferme quelques élégies empreintes d’une grâce mêlée de tristesse , révéla un vrai poète. Brizeux publia ensuite une sorte d’épopée rustique, intitulée les Bretons, puis Primel et Nota, les Pécheurs, Télen Arvor, sortes de pastorales dans le genre des précédentes. Il a encore donné : Histoire des Indo- Armoricains, 1854, et Histoires poétiques, 1855. Brizeux a cherché la poésie dans la nature, à la manière d’Homère, mais sans se préoccuper des Anciens. Malgré son talent, il est peu sympathique, et l’on sent dans sa poésie pastorale une naïveté un peu étudiée, et qui n’est pas exempte de sécheresse.
BRO DIE (Benjamin Collins), chirurgien anglais, né en 1783 à Winterslow (Wilts), m. en 1862, fut attaché, de 1808 à 1830, à l’hôpital Sl-Georges de Londres, devint professeur d’anatomie au Collège royal des chirurgiens en 1819, premier chirurgien de la reine Victoria, etc. Il a apporté de nombreuses améliorations aux instruments de chirurgie. On a de lui : Recherches sur l'influence de la chaleur animale, 1810; Expériences et Observations sur les divers modes d'action des poisons végétaux, 1819 ; Lectures sur les affections des voies urinaires, 1849 ; Observations pathologiques et chirurgicales sur les maladies des articulations, 5e édit., 1851, etc.
BRONTE (Mistress Nichols, et auparavant miss Charlotte), romancière anglaise, née à Haworth (comté d’York) en 1824, m. en 1855, publia, sous le pseudonyme de Currer Bell, trois romans qui ont eu un grand succès : Jane Eyre, 1847; Shirley , 1849; et Villette, 1853. Ces ouvrages dénotent une profonde connaissance du cœur humain, et se distinguent par la vigueur des portraits et la verve du style. V. E. Montégut, Miss Brontë , sa vie et ses œuvres (Revue des Deux Mondes du 15 juillet 1857).
BROUGHAM (lord Henri), jittérateur, jurisconsulte et homme d’Etat anglais, né à Edimbourg en 1779, m. en 1868. Neveu, par sa mère, de l’historien Robertson, il suivit les cours de l’Université de sa ville natale, et publia, dès 1796, un Essai sur la flexion et la réflexion de la lumière, et, deux ans après, des Problèmes généraux de géométrie transcendante. En même temps il étudiait la jurisprudence et se préparait aux luttes de la parole. Inscrit au tableau des avocats en 1800, il continua néanmoins de cultiver les sciences, et fit paraître, en 1802, un travail Sur les propriétés de l'hyperbole conique, qui lui ouvrit l’entrée de la Société royale de Londres. La Revue d’ Edimbourg , récemment fondée, trouva en lui, jusqu’en 1828, un collaborateur infatigable. Dans des Recherches sur la politique coloniale des puissances européennes, 1803, il exposa les divers systèmes de colonisation, et proposa l’abolition de la traite des nègres. En 1806, il alla s'établir à Londres. Chargé de soutenir, à la barre de la Chambre des Communes, une requête des négociants contre des ordonnances qui, en réponse au blocus continental, fermaient les ports de l’Angleterre aux produits étrangers, il prit une place distinguée parmi les hommes politiques, et devint, de 1810 à 1812, député de Camelford, et, de 1816 à 1830, député de Winchelsea. Fougueux adversaire des tories, il attaqua le ministre Castlereagh pour l’appui qu’il donnait à la Sainte-Alliance, tonna contre la suppression de 1 ’Habeas corpus lors des troubles de Manchester