BUG
(1817) et contre l’intervention française en Espagne (1823), et réclama la réduction de l’armée, l’émancipation des catholiques d’Irlande, l’amélioration de la justice, l’abolition de l’esclavage, la réforme parlementaire. Sans être détourné de ses fonctions d’avocat par ses labeurs de la vie politique, on le vit défendre le démocrate Hunt, poursuivi pour s’être élevé contre l’emploi de la peine du fouet dans l’armée, la reine Caroline accusée d’adultère (1820), et le libraire Williams, auteur d’un pamphlet contre l’Eglise anglicane. En même temps il se vouait à la propagation de l’instruction : il prit part à la ci’éation des Mechanic’s institules (1823), écoles d’ouvriers adultes, à l’établissement de l’Université de Londres, et de la Société pour la diffusion des connaissances utiles (1827), et publia : Observations pratiques sur l'éducation du peuple, 1825; But, avantages et plaisirs de la science, 1827. Député du comté d’York en 1830, Brougham fit bientôt partie du cabinet de lord Grey, avec le titre de chancelier d’Angleterre, et reçut la pairie : il eut alors à soutenir devant la Chambre des Lords tout le poids des dernières luttes pour le triomphe de la réforme électorale, et contribua puissamment à l’adoption de toutes les mesures prises par le ministère, telles que la réforme judiciaire, la loi en faveur des pauvres, les réductions d’impôts, le dégrèvement sur les objets de consommation usuelle, l’abolition de l’esclavage, l’organisation municipale, les restrictions apportées au despotisme du clergé anglican en Irlande, l’appui prêté au dehors à la Belgique et aux autres gouvernements constitutionnels. Etranger, depuis 1834, aux combinaisons ministérielles, il soutint, en 1838, les plaintes du Canada contre le gouvernement anglais, et combattit la politique de lord Palmerston dans la question d’Orient en 1840. Il a passé ses dernières années dans une villa à Cannes (Yar). On a de lui : Précis historique du partage de la Pologne, 1831; Discours au barreau et au Parlement, 1838, 4 vol. in-8° ; Esquisses historiques des hommes d’Etat du temps de Georges III, 1839- 43 ; Vies d'écrivains et de savants, 1845 ; Essai sur la constitution anglaise, 1845; Voltaire et Rousseau, 1845; Recherches expérimentales et analytiques sur la lumière, 1850; Appréciation analytique des principes de Newton , 1855, etc. B.
BROWN (Robert), botaniste anglais, né à , en
1781, m. en 1858, fut protégé par le célèbre J. Banks, qui le fit attacher en 1801 à un voyage d’exploration dans la Nouvelle-Hollande. Il passa à la terre de Van-Diémen, aux îles du détroit de Bass, et revint en Angleterre, 1805, avec une collection de plus de 4,000 espèces de plantes. A son retour, Banks le prit pour conservateur de ses collections et de sa bibliothèque, et le mit à même de publier les résultats de ses explorations dans un Prodromus floræ Novœ Hollandiœ, 1810. Observateur plein de sagacité, Brown a fait plusieurs découvertes dans la physiologie végétale, entre autres celle du mouvement particulier des molécules de la poussière fécondante, auquel les botanistes ont donné le nom de mouvement brownien, et la démonstration que les corpuscules polliniques des anthères arrivent aux ovules en passant à travers le style. Tout cela se trouve consigné dans ses Mélanges ou Opuscules de botanique. Les autres écrits de Brown sont : Observations générales sur la botanique des terres australes, 1814; Supplementum primum llorœ Novœ Hollandiœ, 1830. 11 a rédigé la partie botanique de plusieurs voyages faits par d'autres Anglais; ce sont : Plantœ Javanicœ, description des plantes recueillies de 1802 à 1815 dans l’ile de Java par Horsfield, 1838-40; les herbiers du Voyage en Abyssinie, de Sait, 1816; du Récit de l’expédition à l’embouchure du Zaïre, par le capitaine Truckey, 1818; de l’Expédition dans l’intérieur de l’Afrique, par Oudeney et Clapperton. Enfin il a donné des notices botaniques pour les voyages aux régions antarctiques de J. Ross, Parry et Franklin.
BRUAT (Armand- Joseph), marin français, né en 1796 à Colmar, m. en 1855, reçut en 1829 le commandement du brick le Silène, attaché au blocus de la côte d’Afrique, fit naufrage, et devint prisonnier du dey d’Alger. Délivré lors de la prise de cette ville par les Français, promu capitaine de frégate en 1831, capitaine de vaisseau en 1838, il fut, en 1843 , gouverneur des îles Marquises, puis des établissements français de l’Océanie , et commissaire du roi Louis-Philippe Ier près de Pomaré , reine des îles de la Société , qui fut amenée à accepter le protectorat de la France. Nommé contre-amiral à son retour, 1846, Bruat, reçut en 1848 la préfecture maritime de Toulon, et étouffa par sa fermeté les velléités d’indiscipline dans l’arsenal de cette ville. En 1849, il fut nommé gouverneur général de la Martinique, de la Guadeloupe et de eurs dépendances. Ces colonies étaient troublées depuis
la récente émancipation des esclaves : Bruat sut tout à la fois résister aux suggestions ou aux exigences des blancs, faire respecter la liberté et les droits des affranchis, mais les maintenir au travail. Vice-amiral en 1852, il prit place au Conseil d’amirauté, obtint, l’année suivante, le commandement de la Hutte de l’Océan, commanda ensuite une escadre dans la mer Noire sous les ordres de l’amiral Hamelin, dont il fut bientôt le successeur, 1854, et se distingua par des reconnaissances de nuit jusque dans le port de hébastopol, par une brillante expédition dans la mer d’Azov, et par la prise de Kinbourn. 11 revenait en France avec le titre d’amiral, quand une maladie l’enleva. (B.
BRUuK (Charles-Louis, baron de), homme d’Etat allemand, né à Elberfeld en 1798, m. en 1860, fut d’abord commerçant à Bonn, puis, s’étant établi à Trieste, y devint directeur du Llo)d. En 1848, député à l’Assemblée nationale de Francfort et ministre du gouvernement autrichien auprès du lieutenant-général de l’Empire, il ne tarda pas à être appelé à Vienne, où on lui confia le ministère du commerce et des travaux publics. Il concourut à la Constitution du 4 mars 1849, et négocia la paix avec le Piémont après la défaite du roi Charles-Albert. L’Autriche lui doit la création de chambres de commerce et de plusieurs lignes télégraphiques, l’amélioration du système postal et du régime des chemins de fer, la suppression de certaines entraves douanières, et les premières bases d’un droit maritime. Démissionnaire en 1851 par suite de dissentiments avec ses collègues, il fut rappelé en 1855, et prit le portefeuille des finances. Après la guerre de 1859 contre la France, il se trouva impliqué dans une affaire de détournements, et se donna la mort. B.
BRUNEL (Isambart-Kingdom), ingénieur civil, né à Portsmouth en 1806, m. en 1859, fils du célèbre ingénieur de ce nom (V. Brunel, dans le Dictiorm.), fut employé par son père au grand travail du tunnel de la Tamise, à Londres. En 1833, chargé de construire le chemin de fer du Great-Western, il fit tous les beaux travaux d’art qu’on y remarque, entre autres les ponts de Maidenhead, de Chepstow, et du Thamor. Il a contribué aussi à l’établissement des énormes ponts tubulaires de Conway et de Britannia ; enfin il a fait des machines à vapeur, des bâtiments en fer pour la marine, entre autres le Great-Western, paquebot tout en fer, et alors le plus colossal navire de ce genre que l’on eût encore construit ; il eut aussi l’honneur de lancer le Leviathan, bâtiment de même genre, encore plus colossal, opération où d’autres ingénieurs avaient échoué.
BRUNET (Jacques-Charles), bibliographe, né à Paris en 1780, m. en 1867, fit de la bibliographie son étude et sa passion. En 1811 il publia le Manuel du libraire et de l’amateur de livres, 3 vol. in-8°, qui obtint beaucoup de succès. Il en donna plusieurs éditions successives, et une 6e et dernière en 1860-65, 6 vol. gr. in-8°, en 12 parties. C’est l’ouvrage le plus étendu sur la matière, et qui fait autorité par son exactitude. Brunet a publié encore divers opuscules bibliographiques, fruit des plus patientes recherches.
BRUNSWICK (Léon Lévy, dit Lhékie et), auteur dramatique, né en 1805, m. en 1859, débuta dans la petite presse avant de s’essayer au théâtre. 11 a donné, sur diverses scènes de vaudeville : Mistress Siddons, 1836; le Bon Moyen, 1841 ; la Chasse aux maris, 1843 ; la Foire aux idées, 1848, pièce qui eut un grand succès lors de la réaction contre la Révolution de Février; Boccace, ou le Décerner on, 1855, etc. Il est aussi l’auteur de plusieurs opéras-comiques : le Postillon de Longjumeau , 1836; le Brasseur de Preston, 1839; le Roi d’Yvetot, 1842; Gibby la Cornemuse, 1847 ; la Promise, 1854, etc. Pour tous ces ouvrages, Brunswick eut des collaborateurs.
BUCHANAN (James), homme d’Etat américain, né en 1795 à Stony-Batter (Pensylvanie), m. en 1868, se livra à l’étude de la jurisprudence, entra en 1814 à l’Assemblée législative de la Pensylvanie, en 1820 au Congrès de Washington, fut ministre plénipotentiaire des Etats-Unis à S'-Pétersbourg de 1831 à 1833, puis sénateur en 1845, secrétaire d’Etat de 1845 à 1849, ambassadeur à Londres de 1853 à 1856, et enfin président de l’Union de 1857 à 1861. Avide d’agrandir son pays, il médita l’acquisition de Cuba, l’occupation militaire de l’isthme de Panama, le démembrement du Mexique, etc. C’était un partisan de l’esclavage. B.
BUCHEZ (Philippe-Joseph-Benjamin), publiciste et homme politique, né en 1796, à Matagne-la-Petite (prov. de Namur), m. en 1865, fit ses études à Paris, et, tout