LINDSEY. V. LINCOLN
LINDUM, nom anc. de Lincoln.
LINGA, une des îles de la Sonde, au N.-E. de Sumatra; 125 kil. sur 28 ; 10,000 hab. Ch.-l., Koualo-Dat. Climat très-chaud. Gisements d’étain; un peu d’or. Sol fertile. Commerce avec la Chine. — Elle donne son nom à un petit royaume, vassal des Hollandais.
L1NGAM , dieu hindou de la puissance créalriee et de la reproduction. Son culte est surtout répandu dans le Kanara et aux environs de Goa.
LINGABD (John), historien anglais, m. en 1H51, était prêtre catholique à Newcastle-sur- l’yne, quand la publication de plusieurs écrits de controverse religieuse, sous le titre de Calliolic loyally vindiculed, 1805, in-12, attira sur lui l’attention. 11 l’entretint par de nouvelles polémiques, dont sortirent , entre autres ouvrages, les Documents servant d établir les sentiments des catholiques anglais en ce qui touche l’autorité du pape , 1812, in-8°, et une Revue de quelques écrits anti-catholiques , 1813, in-8°. La controverse ne l'empêcha pas de se livrer aux travaux historiques. En 1809, il avait publié les Antiquités de l'église anglo-su rdnne, œuvre d’une profonde érudition . traduit en français par A. Cumberworth, Paris, 1826, in-8°. Son ouvrage capital , V Histoire d' Angleterre, depuis la première invasion des Romains jusqu'à la révolution de 1688, parut à Londres, 1819-32,
10 vol. in 4°. Cette histoire, écrite du point de vu catholique, offre d’immenses recherches, des aperçus neufs et originaux, un grand art de composition et de style. Elle a été traduite en français par Roujoux et Amédée Piehot , 1825-31, 14 vol. in-8°; par Roujoux et C. Baxton, avec une suite par M. de Mariés, 1843, 5 vol. gr. iu-8°; par M. Léon de VVailly, avec continuation par Théophile Lavallée, 1843, 6 vol. gros in-18.
L1NGELBACH ( Jean ), peintre originaire d’Allemagne, mais que l’on compte toujours parmi les artistes hollandais, né à Franefort-sur-le-Mein en 1625, m. en 1686. Transporté tout jeune en Hollande, il y forma son goût d’après Jean Wyuants et Philippe Wouwermau. En 1642,
11 quitta Amsterdam, passa en Fiance, où il demeura
deux ans, puis alla résider en Italie pendant huit autres années. Il s’éprit d’un vif amour pour la nature italienne, que l’on retrouve dans toutes ses œuvres. Il avait ilh esprit poétique et une imagination féconde, employait des couleurs argentines, dessinait avec exactitude, groupait habilement, ornait ses campagnes de statues et de riches édifices. Ses sujets sont d’une variété infinie : les ports de mer italiens, les marchés publics, les scènes populaires de charlatans et de colporteurs, les paysages décorés de ruines antiques, avaient pour lui un charme particulier. Revenu en Hollande à l’âge de 27 ans, il y passa le reste de ses jours. Le musée de La Haye possède quatre tableaux de sa main; le musée d'Amsterdam, uu nombre égal, aussi bien que le musée du Louvre. A. M.
LINGEN, v. de Prusse (Hanovre), sur le canal de l’Ems, à 59 kil. N. -O. d’Osnahrüek; 3,000 hab. Ch.-l. de l’anc. comté du Bas-Lingen (le Haut-Lingen est maintenant compris dans la Westphalie prussienne). Gymnase, qualifié université jusqu’en 1820. Fabr. de toiles et lainages. — Elle fut successivement prise par le prince d’Orange en 1597, par Spinola pour l’Espagne en 1605, et par l’évêque de Munster en 1674.
LIXGENDES (Jean de), né à Moulins vers 1580, m. en 1616, cultiva la poésie française avec succès, dans un temps où l’on ne connaissait pas encore le bon goût. Il a surtout réussi dans les stances. On a de lui des Sonnets, des Stances, une Ode à Marie de Médicis, les Changements de la bergère Iris, Paris, 1618, in-12, et une traduction des Epilres d'Ovide, 1615, in-8°. C. N.
lingendes (Jean de), cousin du précédent, né à Moulins en 1595, m. vers 1665, fut précepteur du comte do Moret , fils naturel d’Henri IY. Il parvint , par son talent
LIN
LIN
pour la prédication , à l’évêché de Sarlat , puis à celui de Mâcon. Le plus beau morceau de l 'Oraison funèbre de Tu-
renne par Fléchier : « Ennemis de la France, vous vivez ,
est tiré de celle d'Amédée, duc de Savoie, composée par Lingendes, en 1527. Il prononça aussi celle de Louis XIII en 1643. Il fut député à l’Assemblée générale du clergé en 1665. Ou a de lui , outre ses Oraisons funèbres, des Constitutions synodales, 1653. C. N.
lingendes (Claude de), jésuite, cousin des deux précédents, né en 1591 à Moulins, m. à Paris en 1660, fut un des plus célèbres prédicateurs du xvii® siècle. Il fut recteur du collège de Moulins pendant 11 ans, et député trois fois à Rome aux assemblées générales de sa société. Il y a de la noblesse et de la chaleur dans la plupart de ses sermons. Il les débita en français, mais il les mit ensuite luimême en latin, et ils furent publiés dans cette langue après sa mort , Paris, 1661, in-4°. On les traduisit en français en 1666, 2 vol. in-8°, en se servant des copies qu’on en avait faites pendant qu’il les prononçait. C. N.
LINGONS, Lingones, peuple de la Gaule (Lyonnaise Ire, au N.), entre les Eduens au S., les Séquanes à l’E., et les Sénons à l’O. ; ch.-l., Andomalunum ou Lingones (auj. Langres). Il était répandu sur les deux versants de la Côte-d’Or, dans les départ, actuels de la II.- Marne, de la Côte-d’Or, de l’Yonne et de l’Aube. — Des Lingons, émigrés en Italie, occupaient, sur les bords de l’Adriatique et vers les bouches du Pô, les pays appelés depuis Romagne, Ferrarais, et Polésine de Rovigo; ch.-l., Spina.
LINGUET (Simon-Nicolas-Henri), avocat et littérateur, né à lîeims en 1736, m. en 1794, fit de brillantes études à Paris, au collège de Beauvais, dont son père avait été principal, fut ensuite attaché au duc des Deux-Ponts, qui l'emmena en Pologne , puis devint secrétaire du prince de Beauveau, qu'il suivit en Portugal. A son retour en France, il se présenta à l’Académie française, et échoua. Reçu avocat, en 1764, ses débuts firent du bruit; il gagna des causes fameuses et tenues pour désespérées; mais ayant abusé, dans ses plaidoiries et dans ses Mémoires, du droit de railler ses confrères et même les magistrats, il fut rayé du tableau en 1774. Il se fit alors journaliste, et rédigea un Journal politique et littéraire, où il attaquait à peu près tout le monde. Son privilège fut révoqué en 1776. Alors Linguet visita la Suisse, la Hollande, l’Angleterre et la Belgique. En Angleterre, il publia des Annales politiques, et s’y dédommagea de la réserve qui lui était imposte en France. Ayant eu l’imprudence de revenir à Paris, on le mit à la Bastille, où il resta deux ans. Il en sortit, en 1782, pour aller en exil à Ilethel. Il rompit son ban, alla à Bruxelles, où il se concilia la faveur de Joseph II, par ses écrits sur la navigation de l'Escaut, et il en obtint 1 ,000 ducats et des lettres de noblesse. Louis XVI lui permit de revenir en France et de plaider. Linguet fit une rentrée triomphante au barreau , après quoi il retourna à Bruxelles. Là, oubliant qu’il avait soutenu les droits de Joseph II dans la question de l’Escaut, il défendit les insurgés des Pays-Bas contre ce même prince; on le chassa des États autrichiens. 11 reparut à Paris en 1791. Pendant la Terreur, il se cacha à la campagne, près de Paris. Découvert et traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et exécuté. Histoire, économie politique, littérature, jurisprudence, diplomatie, Linguet s’était rendu familiers tous ces genres, et il en a traité quelques-uns avec une véritable originalité; mais il a déconsidéré son talent par un amour excessif du paradoxe, un naturel insolent, et une passion pour le scandale, même aux dépens de la vérité, Ses principaux ouvrages sont : Histoire du siècle d' Alexandre, Amsterdam (Paris), 1762, in-12; le Fanatisme des philosophes, 1764; Histoire des révolutions de l'Empire romain, depuis Auguste jusqu'à Constantin, 1766-68, 2 vol. in-12 : ce devait être la suite des Révolutions romaines de Vertot, mais l’auteur s’arrêta à Trajan; Histoire impartiale des Jésuites , 1768, in-8°, écrite en faveur de cette congrégation; Théâtre espagnol (Laideron et Lope de Véga), 1768, 4 vol. in-12; Annales politiques, civiles et littéraires du xvme siècle, 1777 à 1792, 15 vol. in-8°; Mémoires sur la Bastille , Londres, 1773, in-8°; Théor.tdes lois civiles, 1774, 3 vol. in-12, où il soutient les principes de la monarchie absolue; Théorie du libelle, ou l’art de calomnier arec fruit, Amsterdam, 1775, in-12; Examen des ouvrages de Voltaire, un des bons livres de Linguet, 1788, in-8®; Mémoires et plaidoyers, 1772, 11 vol. in-12. C. N.
LINGULA, épée courte à large lame, chez les anc. Latins. — Instrument d’aruspices , chez les anc. Romains; il avait à peu près la forme d'une petite rame, 15 centim. de long environ, et servaità toucher les fibres des entrailles des victimes au montent où ou les consultait. C. D — Y.
LINIÈRE (François Payot de), poëte, né à Paris en 1628, d’une famille de robe, m. en 1704, fit les délices de la société de son temps par les grâces de son esprit et de sa figure. Il ne manquait pas de goût, puisqu’un des premiers il attaqua la Pucelle de Chapelain par ses épigrammes. Il eut aussi une part dans le Chapelain décoiffé, ou Parodie de quelques scènes du Cid , 1664. En 1667 , Boileau fait encore l’éloge du goût de Linière (Satire IX) s’attaquant à Chapelain; mais quand le chansonnier satirique eut critiqué le Passage du Rhin, 1672, il s’attira à son tour les foudres de Boileau. Les chansons et les épigrammes de Linière sont répandues dans les recueils du temps, et surtout dans celui de Sercy. F. B.
LINIERS-BRÉMONT (Santiago), contre-amiral espagnol, né Français, à Niort, vers 1760, m. en 1809, entra d'abord dans l'ordre de Malte, puis au service de l’Espagne, défendit avec gloire Buénos-Ayres contre les Anglais en 1806, reprit cette ville l’année suivante, fut nommé capitaine-général du Rio-de-la-Plata, prit le commandement de quelques troupes royales lors de l’insurrection de Buénos-Ayres contre l’Espagne, fut vaincu par les rebelles, fait prisonnier et fusillé.
LLNKŒPING, v. de Suède, sur le Stang-A, à 215 kil. S. -O. de Stockholm; 6,300 hab. Ch.-l. du lân de son nom; évêché ; école latine, avec bibliothèque et cabinet de médailles. Belle cathédrale; anc. château. — Le lân ou préfecture de Linkœping, situé dans le N.-E. de la Gothie, et baigné à l’E. par la Baltique, comprend l’anc. prov. d’Ostro-Gothie ; entre la préf. de Nykoping au N.-È., la Baltique à l’E., les préf. de Calma:- au S., de JonkOping au S.- O., de Skaraborg à l’O., dont le lac Wetter la sépare, et d Œrebro au N.-O.; 10,800 kil. carres; 233,867 hab.- Sol fertile, riche surtout en forêts, et couvert de lacs. Peu de céréales. Fonderies de fer, cuivre et laiton.
LINLITHGOW', v. d’Ecosse, cap. du comté et sur un lac.de son nom, à 27 kil. O. d’Edimbourg; 3,700 hab. Station du chemin de fer d’Edimbourg à Glasgow. Belle église gothique de S^Michel (xne siècle). Belles ruines d'un château foudé par Edouard Ier, et où naquit Marie Stuart. Maisons très-vieilles. Fabr. de cuirs. Commerce déchu. Murray y fut assassiné en 1569.— Le comté de Lin lithgow ou West-Lothian, entre le golfe du Forth au N., les comtés d’Edimbourg au S.-E. et à l’E. , de Lanark au S.- O., de Dumbarton au N.-O., a 35 kil. sur 25, compte 13 paroisses et 38,650 hab.; sol assez fertile; houille, plomb argentifère. Elève de bétail. Villes principales : Queenferry, Borrow-Stounness.
LINNÉ (Charles), eu latin Linnœus, le plus célèbre botaniste du xvine siècle, né à Rœshult (Suède), le 24 mai 1707, m. à Upsal le 10 janvier 1778. Fils d’un pauvre pasteur de village, il fut d’abord apprenti cordonnier, et dut à la protection de Stobœus, d'Olaiis Celsius, et de Rudbeck, de pouvoir se livrer à son goût pour la botanique et perfectionner ses connaissances à l’université d’Upsal. En 1732, il fut envoyé en Laponie pour recueillir et décrire les plantes de ce pays, et, son voyage terminé, il passa en Hollande, où l’amitié de Boerhaave le retint pendant trois années. Dès 1735, il publia à Leyde la lre édition du Syslema natures, ouvrage d'abord en 3 feuilles, enrichi successivement d’additious nombreuses, qui eut, du vivant de l’auteur, 11 éditions, et dans lequel les trois règnes sont distribués d’après la méthode linnéenne. C’est là, et dans les Fundamcnta bolanica , Amsterdam, 1736, qu’on trouve l’ébauche des transformations radicales que le savant suédois allait faire subir à l’histoire naturelle. Ensuite vinrent l'Horlus cliffortinnus , Leyde, 1736, description du jardin de son hôte Clifford; la Flora laponica, Amsterdam, 1737, résultat du voyage en Laponie ; la Bibliollieca bolanica, Amsterdam, 1737, revue de tous les livres jusqu’alors publiés sur la matière; les Généra plantarum, Leyde, 1737, où les caractères des genres sont donnés avec étendue; la Crilica bolanica, Leyde, 1737, et les Classes plantarum, Leyde, 1738, qui renferment l’histoire des anciens systèmes et le développement des lois de la nouvelle nomenclature, et que suivent les Fragmenta Melhodi naturulis Après avoir quitté la Hollande, Linné parcourut la France et l’Angleterre, et revint en Suède, où l’attendait une fortune rapide et brillante. En 1738, il fut nommé médecin de la flotte et professeur de botanique à Stockholm; en 1739, médecin du roi et président de l’Académie des Sciences; en 1741, professeur de botanique à l’université d'Upsal, chaire qu’il occupa pendant 37 ans. Chargé par les Etats d’explorer les diverses provinces du royaume afin d en recueillir les productions naturelles, il donna en suédois d intéressantes j relations de ses voyages, et les immenses matériaux qu’il
LIN