‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 75 sur 864 · LIO · texte numérisé non relu

LIO

avait rassemblés le mirent à même de publier, en 1746, la Fauna suecica, ou histoire générale des animaux de la Suède, et, en 1755, une Flore générale du même pays. Depuis sou retour, il avait aussi publié les Species plantarum, Stockholm, 1753, complément du Généra plantarum, et où l’on trouve la description des espèces, et la Philosophia bolanica , Stockholm, 1751, livre admirable de concision, qui fonda le langage de la botanique, et fit bientôt loi dans la science pour la description et la nomenclature même des plantes. En même temps qu’il classait, décrivait et publiait les grandes collections alors existantes en Suède, Linné employait son influence pour faire donner à ses élèves des emplois sur la flotte ou des missions dans les pays éloignés, et ces missionnaires scientifiques, dont plusieurs, tels que Sparrmann, Solander, Hasselquist, se sont rendus célèbres par les relations de leurs voyages, rapportaient à leur maître les richesses naturelles de toutes les zones et de tous les climats. Linné aimait beaucoup ses élèves ; il s’occupait sans cesse de leurs travaux et de leur avancement, et publia pour eux, sous le titre d ’Amanilales academicœ , Stockholm, 1749-63, 6 vol. de dissertations, pleines d’intérêt et de vues neuves et ingénieuses. — Linné atteignit de son vivant l'apogée de sa gloire ; il était membre de toutes les académies de l’Europe, lié avec tons les naturalistes qui s’empressaient d’enrichir ses collections, en correspondance avec plusieurs souverains qui se montrèrent jaloux de l’attirer auprès d’eux; ses ouvrages avaient vulgarisé l’étude de la botanique, et partout on établissait des jardins classés d’après sa méthode. Il vécut ainsi, entouré d’honneurs et de considération, et quand il mourut , le roi Gustave III voulut composer lui-même son oraison funèbre ; on l’inhuma dans la cathédrale d’Upsal. On ne saura jamais trop apprécier les services que Linné a rendus à l’histoire naturelle, tant par ses travaux particuliers que par l’esprit de méthode, d’exactitude, de précision qu’il introduisit partout dans la science, et par l'immense popularité que lui dut l’étude le la botanique. Il fut le législateur et le rénovateur de a botanique; il débrouilla les travaux confus de ses prélécesseurs, et créa pour les végétaux une classification -impie et facile, fondée sur les rapports des organes floraux. En même temps il donnait au langage botanique les règles qu’on suit encore aujourd’hui, et inventait pour les êtres organisés cette admirable nomenclature binaire qui seule empêcha la science de retomber dans le chaos. En minéralogie, les essais de classification de Linné eurent peu de succès ; mais, en zoologie, ses travaux, bien que moins brillants que ceux de Butfon, méritent au plus haut degré l’admiration. La classification du règne animal de Linné est la classification actuelle, imparfaite encore, à. peine ébauchée, mais déjà appuyée sur les principes féconds de la méthode naturelle, que Linné eut ainsi l’honneur de pressentir et d’appliquer aux animaux en même temps que Bernard de Jussieu l’appliquait aux plantes. En botanique même , Linné comprenait toute la supériorité de la méthode naturelle sur le système qu’il n’avait créé que pour simplifier l’étude, et comme un moyen facile d’inventorier les richesses de la science : * La méthode naturelle, écrivait-il, est le but et la fin de la botanique ; je travaille pour la découvrir, et je continuerai j usqu’au terme de ma vie. « M — u.

LINN1CH , v. des États prussiens ( prov. du Rhin ), sur la Roër, dans la régence et à 30 kil. N. -N. -O. d’Aix-la- Chapelle; 3,000 hab. Célèbre surtout par la victoire qu’y remporta, le jour de la Sl-IIubert, en 1444, le duc de Berg, Gérard II , sur Egmont , comte de Gueldre, et en mémoire de laquelle il fonda l’ordre de S‘-Hubert ; prise par Dumouriez en 1792, reprise peu après par les Autrichiens qui l’incendièrent, elle retomba au pouvoir des Français en!794.

LINOIS (Charles-Alexandre-Léon, comte Durand de), marin français, né à Brest en 1761, m. en 1848, entra dans la marine à l’âge de 15 ans, et servit dans l’Inde et dans la guerre d’Amérique. Capitaine du vaisseau le Formidable en 1795, il tomba au pouvoir des Anglais après une lutte désespérée près de l’ile de Groix, fut bientôt échangé, commanda une division lors de l’expédition d'Irlande, fut nommé contre-amiral en 1799, puis chef d’état-major général sur la flotte de Bruix, commanda en second l'escadre de Ganteaume en 1800, vainquit avec 3 vaisseaux 6 vaisseaux anglais dans la baie d’Algésiras en 1801, fit des couvses heureuses dans les mers de l’Inde, mais fut pris à son retour, près de Madère, après un combat inégal contre l’amiral Warren, 1806. Il ne recouvra la liberté qu’en 1814, reçut de Louis XVIII le gouvernement de la Guadeloupe , mais fut révoqué et mis à la retraite . l’année suivante.

LINOSA, anc. Ægusa, île inhabitée de la Méditerranée, de 12 kil. de tour, entre Malte et Tunis. Les Siciliens et les Anglais s’en disputent la possession.

LINSELLES, brg (Nord), arr. et à 15 kil. N. de Lille; 1,558 hab. Brasseries, huileries; culture du lin.

LINTERNUM. V. Liternum.

LINTH , riv. de Suisse, naît dans les Alpes des Grisons, et traverse le canton de Glaris du S. au N. Autrefois elle portait directement ses eaux au lac de Zurich ; par suite de travaux exécutés de 1807 à 1811, elle se jette dans le lac de Wallenstadt, et en sort pour se rendre au lac de Zurich. Cours de 60 kil. — Soult opéra un brillant passage de la Linth, le 25 sept. 1799.

LIN US, poète grec, dont l’époque ne peut être fixée, et dont l’existence même est contestable. Comme Orphée, Olen, etc., il aurait réuni les caractères du chantre, du prêtre et du prophète. Thèbes et Argos prétendaient posséder son tombeau. Peut-être son nom doit- il se confondre avec celui d’un chant funèbre, le linus, dont il est question dans Homère, Hésiode et Eschyle. Suivant la Fable, Linus était fils d'Apollon et de Calliope; il fut tué par Hercule, auquel il enseignait sans fruit la musique. Stobée cite sous son nom douze vers, qui développent les maximes panthéistes. F. Ambrosch, de Lino disserlatio, Berlin , 1829, in-4°. D — r.

LINZ ou LINTZ , anc. Lentia, v. forte des Etats autrichiens (Haute-Autriche), sur la rive dr. du Danube, à 154 kil. O. de Vienne, 65 S.-E. de Passau; par 48° 18’ 19” lat. N., et 11° 57’ 3” loug. E. ; 27,628 hab. Les fortifications , élevées depuis 1830 , se composent de 32 forts isolés, reliés par un chemin couvert, de manière à former un vaste camp retranché. Ch.-l. de la haute Autriche, du gvt de son nom et du cercle de la Muhl. Evêché sufl'ragant de Vienne. Lycée, et écoles nombreuses de lettres, sciences et arts; institution de sourds-muets; 2 bibliothèques. Musées d’histoire naturelle , de médailles et d’antiquités. On y remarque l’église de Sl-lgnace, le tombeau de Montecuculli dans l’église des Capucins , le palais» épiscopal , une belle place, et l’hôtel de ville. Manufacture impériale de cigares. Fabriques de glaces, tapis, toiles de coton, tissus imprimés; filatures de coton, de laine, de lin. Chemins de fer sur Vienne, Budweis, et Gmunden. Bateaux à vapeur pour Vienne, Passau et Ratisbonne. — Cette ville appartint autrefois aux comtes de Kyrnberg. Prise par les Français en 1741, le grand-duc de Toscane la leur enleva l’année suivante. Un iucendie la dévasta en 1800.

lin z, v. des États prussiens (prov. du Rhin), dans la régence et à 32 kil. N. -O. deCoblentz, sur le Rhin; 2,500 hab. Produits chimiques. Aux environs, curieuses carrières de basalte à Dattemberg et au Minderberg.

LION (Le), constellation zodiacale, située entre l’Ecrevisse et la Vierge. C’est, selon la Fable, le lion de Némée vaiucu par Hercule et transporté au ciel par Jupiter.

lion (Golfe du), anc. Gallicus sinus, sinus leonis, ainsi nommé par les Anciens à cause du mistral on vent violent du N.- O. qui le rend dangereux aux petits bâtiments. Situé au N. delà Méditerranée occidentale, au S. de la France, il baigne les départ, des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard, et des Bouches-du-Rhône.

lion-d’angers (Le), ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), arr. et à 14 kil. S.-E. deSegré, sur l’Oudon et près de son confluent avec la Mayenne ; 1,512 hab. Comm. de bestiaux, vins, cidre.

lion néerlandais ( Ordre du ) , fondé en 1815 par Guillaume Ier, roi de Hollande, peur le mérite civil. La croix, suspendue à un ruban bleu foncé avec bande orange, est à 4 branches; le milieu porte, d’un côté, un lion couronné, et, de l’autre, ces mots : Vtrtus nobilitat.

lion d’or, monnaie du régne de Philippe de Valois, ainsi nommée à cause du lion qui s’y trouvait placé sous les pieds du roi. Elle était en or fin; on en taillait 50 au marc, et elle valait 25 sou3 d'argent. Elle remplaça un instant lecu d’or.

lion de zæhringen (Ordre du ) , fondé en 1812 par Charles, grand-duc de Bade, pour consacrer l’origine de sa famille, issue de celle de Zæhringen. La croix d’or est suspendue à un ruban vert bordé d’orange; l'écusson porte les armes de la maison de Bade, et, de plus, d’un côté les ruines du château de Zæhringen, de l’autre un lion.

LIONNE (Hugues de) , célèbre ministre des affaires étrangères sous Louis XIV, né à Grenoble en 161 1, d'une ancienne maison du Dauphiné, m. en 1671. Neveu de : Servien, et attaché à la fortune de Mazarin, qui le nomma 1 ambassadeur à Rome en 1655 et ministre plénipotentiaire

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