‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 742 sur 864 · G AV · texte numérisé non relu

G AV

GAV

équations d'un degré quelconque ; Calcul des indices des fonctions ; Exercices d'analyse et de physique mathématique , 4 vol. in-4° ; Exercices de mathématiques, 51 livraisons in-4°; Nouveaux Exercices de mathématiques, 1835 et 1836, etc. V. Biot, le baron Cauchy , ilans le Correspondant de juillet 1857. V.

CAUSSID1ÈRE (Marc), né à Lyon vers 1809, d’une famille d’artisans, ni. en 1861, subit, pour sa participation aux insurrections de Lyon et de Sl-Etienne en 1834, un emprisonnement de trois années au Mont-S’-Miehel, puis devint un des propagateurs du journal la Réforme, organe avancé du parti révolutionnaire. La République de 1848 le créa préfet de police à Paris, et il apporta dans ses fonctions une certaine habileté; faisant, comme il le disait, de l’ordre avec du désordre, il contint ses amis trop aventureux, protégea la sécurité publique lors des démonstrations populaires du 17 mars et du 16 avril, réussit à rassurer la population parisienne, et fut envoyé par elle à l’Assemblée constituante. Mis en accusation comme complice de l’attentat du 15 mai contre la représentation nationale, il s’enfuit à Londres, ou il publia des Mémoires justificatifs (2 vol in-8"), et vécut désormais par le courtage des vins. B.

CAYAIGNAC (Eléonore-Louis-Godefroy), fils du conventionnel de ce nom (F. dans le Dictionn.), né à Paris en 1801, m. en 1845, fit, dans la presse, une guerre acharnée au gouvernement de la Restauration, et prit part à la Révolution de 1830. Républicain ardent, il fut un des fondateurs de la Société des amis du peuple et de la Société des droits de l’homme. Condamné après les journées d’avril 1834, il réussit à s’échapper, profita de l’amnistie de 1841, et concourut à la rédaction du journal la Réforme. Il a laissé quelques Nouvelles.

CAYAIGNAC (Louis- Eugène), frère du précédent, né à Paris en 1802, m. en 1857, élève de l’École polytechnique, fut placé au 2e régiment du génie en 1824. Il fit, en 1828, en qualité de capitaine, la campagne de Morée. Lors de la Révolution de 1830, il était en garnison à Arras : il fut le premier officier de son régiment à se déclarer pour le nouvel ordre de choses. Mis bientôt après en disponibilité pour avoir signé à Metz une protestation contre le système de paix à tout prix que l’on attribuait au roi Louis-Philippe, rappelé à l’activité en 1832, il fut envoyé en Afrique après cette déclaration qu’il ne combattrait pas des républicains en un jour d’émeute. Un courage à toute épreuve et des services éminents firent bientôt disparaître les répugnances qu’avaient excitées chez ses chefs le républicanisme de ses opinions et son esprit déclaré d’indépendance. Il se distingua dans les expéditions de Médéah, de Bouffarik et de Cherchell, dans les combats d’Ouara, du col de Mouzaïa et de l’Affroun, passa chef de bataillon dans les zouaves en 1840, puis dans l’infanterie légère d’Afrique, et contribua, la même année, à la prise de Cherchell, qu’il défendit ensuite avec succès contre une attaque des Arabes. Nommé lieutenant - colonel des zouaves pour ce brillant exploit, il fit partie de l’expédition sur Médéah, combattit avec gloire les Beni-Menad au passage du Shaba-el-Kessa, se fit encore remarquer en 1841 devant Tagdempt, et remplaça Lamoricière comme colonel des zouaves. En 1842, il prit une part importante au combat d’El-Harbour contre les Beni-Raeliel. Il passa au 32' régiment de ligne peu de temps avant la bataille d’Isly, 1844, où il dirigea l’avant-garde, gagna le grade de maréchal de camp, et reçut le commandement supérieur de la province d’Oran. Après la Révolution de février 1848, le gouvernement provisoire lui conféra le grade de général de division et le gouvernement général de l’Algérie. Député du Lot à l’Assemblée constituante, Cavaignac arriva à Paris le surlendemain du 15 mai, où la représentation nationale avait été violée par l’émeute, et accepta de la commission exécutive le ministère de la guerre. Un mois après, lors de la formidable insurrection de juin, l’Assemblée lui confia à l’unanimité le soin de défendre Paris et la République. Selon les adversaires du général, il y aurait eu calcul de sa part à ne pas agir immédiatement avec vigueur, à laisser le péril s’aggraver et le nombre des insurgés s’accroître, à leur abandonner plusieurs quartiers de la ville, pour amener les représentants à lui déférer la dictature. Ses amis prétendent, au contraire, et avec plus de vraisemblance, qu’il agit avec une grande sagesse, en complétant d’abord les préparatifs de défense et d’attaque nécessités par la grandeur du danger, en n’exposant pas à des échecs une armée numériquement insuffisante et peut-être démoralisée, et en appelant des environs de Paris toutes les forces dispo-

nibles, pour frapper l’insurrection sur tous les points à la fois et avec certitude de succès. En effet, la répression fut vigoureuse et complète, et lorsqu’après la victoire Cavaignac vint remettre à l’Assemblée les pouvoirs discrétionnaires qu’elle lui avait donnés, on le nomma, par acclamation, chef responsable du pouvoir exécutif, et on déclara qu’il avait bien mérité de la patrie. Quand vint l’élection d’un président de la République, le patriotisme et le désintéressement de Cavaignac ne furent pas, aux yeux de la majorité des citoyens, une garantie suffisante pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, alors que , maître absolu de l’autorité , il s’était entouré d’hommes déjà compromis dans l’opinion , ou manifestement inhabiles. Le 20 décembre 1848, Cavaignac descendit du pouvoir avec dignité. Depuis ce jour, se regardant comme solidaire de ses amis politiques auxquels tout échappait, il fit air président de la République une opposition qu’on a pu attribuer au désappointement, et la poussa jusqu’à se rapprocher des hommes qu’il avait combattus dans les journées de juin. Au coup d’Etat du 2 décembre 1851, il fut arrêté par mesure de précaution et transporté à Ham. Relâché quelques jours après, il demanda sa mise à la retraite, et rentra dans la vie privée. Élu député de Paris en 1852, il refusa de prêter serment, et fut déclaré démissionnaire par un vote du Corps législatif. Il venait de recevoir un nouveau mandat aux élections de 1857, lorsque la mort l’a enlevé. B.

CAVOUR (Camille-Paul-Philippe-Jules Benso, comte de ), homme d’Etat sarde, né à Turin en 1809, m. en 1861. Possesseur d’une grande fortune, il fut d’abord militaire, puis il donna sa démission, et visita la France et l’Angleterre pour en étudier les institutions. De retour en Italie, il tourna ses idées vers l’économie politique, et se fit connaître dans le journal il Risorgimento, qu’il fonda avec le comte de Balbo, et dans lequel il agita bientôt la question de l’unité italienne. En 1849, il fut élu à la Chambre des députés, où l’opposition modérée le reconnut pour chef. En 1850, le roi l’appela au ministère du commerce et de l’agriculture; il y joignit, en 1851, celui des finances, où il rétablit l’ordre que les guerres du roi Charles-Albert avaient dérangé. L’année suivante, se trouvant en dissentiment avec ses collègues, il résigna son portefeuille, se rapprocha du parti avancé, et, fortement appuyé par la majorité du Parlement, rentra aux affaires en qualité de président du conseil des ministres. Il s’unit à la France et à l’Angleterre, pour la guerre de Crimée contre la Russie, en 1854, et, lors de la paix, au Congrès de Paris, en 1856, il plaida la cause de l’Italie. 11 imprima alors à son gouvernement une marche décidée dans le sens de l’émancipation et de l’unification italiennes : prenant pour point de départ et pour but les principes de la Révolution française de 1789 sur la liberté civile et religieuse, il fit vendre les biens de mainmorte, et ôta au clergé le monopole de l’enseignement public. De Cavonr mit le gouvernement sarde à la tête du mouvement national qui demandait l’unification de l’Italie ; il accepta une souscription des villes italiennes pour l’armement de la citadelle d’Alexandrie. L’Autriche y vit une menace ; les relations diplomatiques furent rompues entre les deux Etats; de Cavour ne fléchit pas, et sa iermeté finit par amener l’invasion des Etats sardes par l’Autriche; la France prit alors fait et cause, et la guerre d’Italie, faite par la France et la Sardaigne, se termina par la paix de Villafranca, où le roi de Sardaigne reçut le Milanais de la générosité de la France. Après cette paix, le parti de l’unification devint plus exigeant et plus fort ; de Cavour dut le laisser faire, et peut-être même le seconda secrètement, voyant bien qu’il recueillerait le fruit de ses tentatives. C’est ainsi que furent entreprises, contre son désaveu officiel, les expéditions de Garibaldi contre la Sicile, puis contre Naples, la réunion de ces pays à la Sardaigne, puis celle des duchés de Toscane, de Parme et de Modène. 11 y eut alors un temps d’arret dans sa politique; puis les unionistes devinrent plus pressants et plus entreprenants que jamais, et de Cavour, afin de ne point leur laisser prendre trop d’empire, se mit avec résolution à la tête du mouvement. En septembre 1860, profitant d’un instant où il était ministre de la guerre par intérim, il somma le gouvernement du pape de licencier les troupes étrangères qu’il avait à sa solde, sous prétexte qu’elles étaient un danger pour l’Italie; sur le refus de Sa Sainteté d’obtempérer à cette injonction, une armée sarde envahit les Marches et l’Ombrie, s’en empara, et les réunit au Piémont, entreprise audacieuse, mais inique, qui rendit immédiatement à de Cavour toute sa popularité. Quand le Parlement sarde eut acclamé Victor-Emmanuel

Page 1