CHA
roi d’Italie (14 mars 1861), et, peu de jours après, fait la déclaration étrange que Rome, capitale d’un État indépendant, serait la capitale du nouveau royaume, de Cavour, qui avait provoqué et dirigé ouvertement tout ce drame politique, considéra qu’une ère nouvelle, et pour ainsi dire un nouveau règne commençait ; il donna sa démission , avec le ministère entier dont il était le chef, afin que le roi pût choisir ses ministres dans toutes les parties du nouvel Etat. 11 fut chargé de constituer un nouveau ministère, où il prit le poste de président du conseil , avec les portefeuilles de la marine et des affaires étrangères. Dès le début de sa nouvelle administration, il eut à lutter contre le parti des impatients , qui voulaient que le décret du Parlement s’accomplît aussitôt , et que le pays se mît en guerre vers Rome et vers Venise, pour achever l’unification italienne. Cavour résista à ces demandes, qui pouvaient tout compromettre, et, après avoir été, au début, hardi jusqu’à la témérité, il s’arrêta, et fit prévaloir une sage modération. En politique habile, il vit qu’il fallait avant tout s'occuper de l’organisation du royaume, constituer une armée nationale, et établir un bon régime financier. Moins de trois mois après, au moment où l’Italie célébrait l’anniversaire de son affranchissement, le comte de Cavour fut saisi d’une fièvre pernicieuse, à laquelle il succomba. Il mourut au milieu même de son triomphe. On a publié : OEuvres parlementaires du comte de Cavour, trad. en français et annotées par Artom et Albert Blanc, Paris, 1862, in-8°; Lettres inédites du comte de Cavour au commandeur Urbain Ratlazzi, trad. en français, et précédées d’une Élude par M. Ch. de la Varenne, Paris, 1862, in-8°. C. D — y.
CAYX (Remi-J. -B. -Charles), historien, né à Calrors en 1795, m. en 1858, élève de l’Ecole normale en 1812, attaché à la bibliothèque de l’Ai'senal en 1815, professeur d’histoire au lycée Charlemagne depuis 1818, inspecteur de l’Académie de Paris en 1837, député de Cahors de 1840 à 1846, administrateur de la bibliothèque de l’Arsenal en 1842, inspecteur général de l’Université en 1845, vice-recteur de l’Académie de Paris en 1850, a publié : Précis d'histoire ancienne (avec M. Poirson), 1823, 1 vol. in-8°, souvent réimprimé; Histoire de France pendant le moyen ârje, 1835, in-8 Histoire de l'Empire romain depuis la bataille d’Actium , 1828 et 1837, ouvrage inachevé. Il a annoté les Mémoires de Villars dans la collection Petitot et Montmerqué. B.
CENIS (Tunnel du mont), souterrain creusé dans les Alpes Cottiennes pour réunir les chemins de fer de la Savoie à ceux du Piémont, et, par suite, l’Italie à tout le réseau de l’Europe occidentale. 11 commence dans la vallée de l’Are, à Modane, à 20 kil. S.-O. du Cenis, et aboutit à Bardonèehe, dans la vallée de la Doire-Ripaire, à travers un massif de 12,230"' de longueur, et sous une voûte de 1,600"’ d’épaisseur. Proposé dès 1832 à Charles- Albert par un ingénieur savoisien, Joseph Médail, puis en 1845 par un belge, Mans, ce projet fut interrompu par les événements de 1848 ; mais M. de Cavour le reprit sous le roi Victor-Emmanuel. Les travairx furent commencés en décembre 1857, à l’aide de puissantes machines dues à trois ingénieurs éminents, Sommeiller, Grandis et Grattoni. C. P.
CENTRALES (Provinces), grand gouvernement de l’Inde anglaise, créé par ordonnances du 2 nov. 1861 et du 30 avril 1862. Il se compose des prov. suivantes, détachées de la présidence du Bengale : Nagpour et dépendances au centre, Sironcha au S., Sambalapour et dépendances au N.-E., Saugor et Nerbnddah au N.-O., avec les Etats tributaires de Bostar , Kalahundy et Gurjat. Ce sont les anciens pays de Gondawana et de Bérnr, situés au centre de l’Inde, entre les monts Windhia et le Bundelkund au N., le Nizam à l’O. et au S., les présidences de Madras et cle Calcutta à l’E. C’est un vaste plateau, traversé par le Mahanady, la Nerbuddah et le Tapty supérieur, le Godavéry inférieur, et la Pranita, son affluent. Le coton et la canne à sucre y abondent, et les forêts y renferment d’innombrables pieds de bois de sal et de tek. Superf., 392,000 kil. carr.; popul., 9,000,000 d’hab ; cap., Nagpour, où réside le haut commissaire anglais, relevant du gouverneur général de Calcutta. C. P.
CERCLE CONSTITUTIONNEL, nom donné, sous le Directoire, à des réunions publiques de citoyens où l’on s’occupait de matières politiques. Les cercles furent autorisés par la Constitution de l’an m. Après le coup d’Etat du 18 fructidor (V. Fructidor — dix-iiuit), le Directoire fit fermer les cercles royalistes, et la loi du 19 fructidor lui donna le droit de supprimer tous ceux qui lui paraîtraient dangereux. Le gouvernement consulaire usa de ce
droit, et fit disparaître tous les Cercles constitutionnels.
CESARE (Giuseppe di) , littérateur, né à Naples vers 1783, m. en 1856, fut directeur général des douanes, perdit cette place pour avoir pris part à l’agitation constitutionnelle de 1827 , et eut un instant l’intendance de la province deBari en 1848. On a de lui : une traduction italienne de 1 ’Agricola de Tacite , 1805 ; un Examen de la Divine Comédie, 1807 ; beaucoup de dissertations historiques insérées dans II Progresso , revue dont il était le directeur ; A rrigo Abbale , roman historique dont les Vêpres siciliennes sont le sujet; Histoire de Manfred, roi de la Sicile et de la P ouille , Naples, 1837, 2 vol., etc. B.
CHAMBRE (La), ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à
10 kil. N.-O. de S'-Jean-de-Maurienne, sur la rive droite de l’Arc; 570 hab.
CHAMBRUN (Jacques Pineton de), ministre protestant, né à Orange en 1637, publia, en 1666, une Relation du rétablissement de l’autorité du prince d’Orange, rééditée en 1676, et trad. en allemand, llerborn, 1690. On a aussi de lui, sous le titre de Larmes, La Haye, 1688 et 1739, le récit des persécutions qu’il eut à endurer avec. ses coreligionnaires sous Louis XIV. Ce livre, écrit naïvement et sans amertume, a été réimprimé à Paris, 1 854.
CHAMOUX, ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à 25 kil. S.-E. de Chambéry, près de la rive gauche de l’Arc et non loin de son confluent avec l’Isère; 869 hab.
CHAMPOLLION-F1GEAC (Jean -Jacques), archéologue, frère du célèbre Champollion (F. ce nom dans le Dictionn.), né à Figeac en 1778, m. en 1867, fut professeur de littérature grecque à la Faculté de Grenoble, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque royale de Paris jusqu’en 1818, puis bibliothécaire du palais de Fontainebleau. On a de lui : Antiquités de Grenoble, 1807, in-4° ; Nouvelles Recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de France, 1809, in-8°; Annales des Lagides, 1819, 2 vol. in-8° ; Notice sur le cabinet des chartes et diplômes de l’histoire de France, 1827 ; l'Egypte ancienne, dans la collection de l’Univers pittoresque de Didot, 1810; Documents inédits tirés de la Bibliothèque royale et des Archives, 1842-43, 4 vol. in-4° ; l'F.criture démotique égyptienne, 1813, in-4°; Fourrer et Napoléon, mémoires et documents sur l’expédition d’Egypte, 1844, etc. Il a aussi publié beaucoup de manuscrits du moyen âge, travaillé à la Paléographie universelle de Silvestre et à un grand nombre de recueils savants, et pris part à l’organisation et à l’enseignement de l’Ecole des chartes, ainsi qu'à la fondation du musée égyptien. B.
CHANTELAUZE ( Jean-Claude-Balthazar-Victor de), magistrat et homme politique, né à Montbrison en 1787, m. en 1859, suivit la carrière du barreau, fut substitut du procureur du roi dans sa ville natale en 1814, avocat général à Lyon en 1815, procureur général à Douai en 1826, puis à Riom, et premier président de la Cour royale de Grenoble en 1829. Député en 18z7, garde des sceaux dans le cabinet Polignac en 1830, il signa avec ses collègues les fameuses ordonnances de Juillet, et les accompagna d’un préambule justificatif. Il suivit Charles X dans sa fuite à Rambouillet, et, quelque temps après, arrêté près de Tours, il fut conduit au donjon de Vincennes. Mis en accusation devant la Cour des pairs, avec ses anciens collègues, défendu par M. Sauzet, condamné à la prison perpétuelle, gracié en 1838 par le roi Louis-Philippe, il vécut depuis dans la retraite la plus profonde. B.
CHAPITRE NOBLE, congrégation religieuse où l’on n’admettait que des personnes nobles. Il y en avait beaucoup en Allemagne dans lesquels on ne recevait que des nobles de quatre races. En France, avant la Révolution,
11 n’existait que trois chapitres nobles : ceux de Sl-Jean de Lyon, de St-Pierre de Mâcon, et de S‘-Julien de Brioude. Dans ces chapitres, tous les chanoines étaient comtes ; de là, une infinité de familles, ayant eu des chanoines nobles, en ont gardé le titre de comtes. — Il y avait aussi plusieurs chapiti'es de femmes qui ne faisaient pas de vœux, et pouvaient se marier en renonçant à leurs prébendes.
CHAPSAL (Charles-Pierre), grammairien, né à Paris, en 1788, m. en 1858, était maître d’études au lycée Louisle-Grand à Paris, lorsqu’en 1823 il composa et publia une Grammaire française avec des Exercices. 11 avait sollicité et obtenu la collaboration de Noël, inspecteur général de l’Université. Bien des imperfections, même des fautes trèsgraves, furent signalées dans les livres de Chapsal, sans pouvoir en arrêter la vogue : on reconnaît que l’auteur a étudié notre idiome superficiellement; on lui reproche de vouloir refaire la langue de nos grands écrivains; de décider, de son autorité privée , que telle locution de