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Clamecy; François Jer et Louis XVI, au Havre; Gœthe, à Dresde et à Weimar; Humbaldt , à Berlin; Jérémie Bentham, en Angleterre ; Fenimore Cooper, à New-York; La Fayette et Washington, dans la salle du Congrès des États- Unis, etc. — IV. Statues : Saint Jean , Slc Cécile, et la Vierge au pied de la croix, à Angers ; Cuvier, au Jardin des Plantes de Paris et à Montbéliard; Larrey, au Val-de-Grâce ; Pliilopœmen, sur la terrasse du château des Tuileries; Talma, enlevé du Théâtre-Français en 1854, et placé aux Tuileries, près de la grille du Pont-Royal; Armand Carrel, à S'-Mandé ; Ambroise Paré, à I.aval ; le roi René , à Angers etàAix; le cardinal de Cheoerus, à Mayenne; C. Delavigne et Bernardin de Sainl-Pierre, au Havre ; P. Corneille, à Rouen ; JeanBart, à Dunkerque; De Belmas , à Cambrai ; Racine, à la Ferté-Milon; Mathieu de Dombasle et Drouot , à Nancy; Guttemberg , à Strasbourg; Bichal, à Bourg; Paul Biquet, à Béziers ; Gerbert , à Aurillac ; Jefferson , à New-York, etc. — V. Tombeaux et Monuments : le général Foy, le général Gobert, et Gouvion-Saint-Cyr, au cimetière du P. Lachaise; Fénelon , à Cambrai ; le général Bonchamp , dans l’église de Sl-Florent ; Marco Botzaris , à Missolonghi, etc. B.
DAVIEL (Jacques) , oculiste, né à la Barre (Eure) en 169b, in. en 1762, se distingua par son dévouement à Marseille lors delà peste de 1720, se livra depuis 1728 à l’étude exclusive de; maladies des yeux, et acquit une habileté remarquable dans l’opération de la cataracte. Ce fut lui qui convertit en méthode un procédé jusque-là peu usité, l’extraction du cristallin. — Son petit-neveu, Alfred Daviel, né à Evreux en 1800, premier avocat général à la Cour royale de Rouen de 1830 à 1833, procureur général en 1850, ministre de la justice en 1851, sénateur en 1854, m. en 1856, a laissé, outre quelques opuscules, un Traité de la législation et de la pratique des cours d'eau, 3e édit., 1845, 3 vol. in-8°, et un Commentaire d: la loi du 29 avril 1845 sur les irrigations, 1845, in-8".
DEBACQ (Charles-Alexandre), peintre, né à Paris en 1804, m. en 1850, élève de Gros, a laissé : Marie Stuart quittant la France, 1833, tableau qu’on voit à la vénerie de l’Empereur; la Mort de Jean Goujon, 1834; Bernard Palissy alimentant avec ses meubles le feu de son fourneau, 1837, à la manufacture de Sèvres ; la Mort de Molière, 1839 ; Louis VU, Conrad III et Baudouin III délibérant sur le plan de la Croistde, 1840, au musée de Versailles; la Reddition de Tripoli,
1842, au même musée; T Enfance de Callot, 1844, au musée
de Nancy; la Prise de Smyrne par les chevaliers de Rhodes, 1845, au musée de Versailles. Debacq faisait aussi de charmantes aquarelles. B.
DPBAY (Jean-Baptiste-Joseph), sculpteur, né à Malines (Belgique) en 1779, m. en 1863, fut élève de Chaudet, et habita d’abord Nantes, où il exécuta de nombreux travaux. En 1815, il se fixa à Paris. Il fit le Chancelier de L'Hôpital, pour la ville d’Aigueperse, 1817 ; Argus endormi et Mercure tuant Argus, 1824, statues colossales, du meilleur style classique; Léonidas, 1827 ; les trois Parques, groupe d’une composition remarquable, 1828; Louis XIV, statue équestre érigée à Montpellier, 1829; Périclès décernant des couronnes aux artistes, 1833, dans le jardin des Tuileries; Charles Martel, 1836, au musée de Versailles; Colbert, 1844, au palais du Luxembourg. On voit encore de lui un St Sébastien dans l’église Sl-Merry, à Paris, et un St Matthieu, à la cathédrale d’Arras. Il termina sa carrière, en donnant à l’Exposition universelle de 1855 la jeune Fille au coquillage, composition pleine de simplicité et d’une grâce charmante. B.
debay (Auguste-Hyacinthe), peintre et sculpteur, fils du précédent, né à Nantes en 1804, m. en 1865, élève de Gros, remporta le grand prix de peinture en 1824. Ses principaux tableaux sont : Lucrèce sur la place publique de Collalie, 1831, au musée du Luxembourg; les Enrôlements volontaires en 1792, 1833, œuvre qui fut détruite dans le Palais-Royal à la Révolution de 1848; T Entrevue du Camp du drap d'or, 1839, au musée de Versailles; la Bataille de Dreux, 1846, au musée de Dreux. 11 a peint encore, en
1843, à la coupole de l’église S'-Pierre de Chaillot, les
Vingt-qualre vieillards de V Apocalypse. Comme sculpteur, il a laissé des bustes, la statue de Perrault au nouveau Louvre, le mausolée de M*r Affre dans la cathédrale de Paris, etc. B.
DECAMPS (Alexandre-Gahriel) , peintre de genre et de paysage, né à Paris en 1803, m. en 1860, étudia sous Abel de Pujol. En 1828, il fit en Orient un voyage traduit plus tard en charmants tableaux. On cite, entre autres ; Souvenir de la Turquie d’Asie, Albanais, Café turc, Grand bazar turc , Halte de cavaliers arabes, le Tigre et l'Éléphant, la Sortie de l'École, le Boucher turc, Enfants turcs avec des tortues. Comme sujets européens, il a donné : les
Joueurs de boules, Anes et chiens savants , un Chenil, le Singe peintre, les Singes experts, etc. Dans le genre historique, on a de lui : Moïse sauvé des eaux, la Pêche miraculeuse, Joseph vendu par ses frères, Rebecca à la fontaine, et surtout la Défaite des Cimbrcs, qui sont encore des inspirations de l'Orient. Decamps se distinguait par l’énergie du coloris, par la crudité des effets de lumière, qui, dans les scènes d’Orient, n’est que la vérité, et par l'expression des personnages. Il excellait aussi dans l’aquarelle : il agence ses masses d’une manière si juste, si bien rencontrée, qu’il vous ravit dans sa propre inspiration, et vous fait voir tout ce que son pinceau a indiqué plutôt que rendu. Il a lais-é enfin de fort beaux dessins, entre autres une suite de 9 compositions représentant la Vie de Samson. A l’Exposition universelle de Paris, en 1855, Decamps reçut une grande médaille d’honneur.
DLCAZES (Élie, duc), homme d’État français, né en 1780 à S'-Martin-de-Laye (Gironde), m. en 1860, fit ses études au collège de Vendôme, et, après quelques succès au barreau de Libourne, vint à Paris, où il occupa un emploi au ministère de la justice. Ayant épousé la fille du comte Muraire, 1er président à la Cour de cassation, il fut nommé, en 1805, juge au tribunal civil de la Seine. Appelé en Hollande, en 1807, par le roi Louis Bonaparte, sa santé le contraignit bientôt de rentrer en France, où il dirigea, avec le titre de conseiller de cabinet, les intérêts particuliers du prince. Quand celui-ci eut abdiqué, en 1810, il alla le rejoindre à Tœplitz, et l’accompagna quelque temps en Bohême et en Autriche. Nommé, en 1810, conseiller à la Cour impériale de Paris, il fut choisi par Mme Lætitia, mere de Napoléon 1er, pour secrétaire de ses commandements. En 1814, à la tête d’une compagnie de garde nationale, il prit part à la défense de Paris. S’étant rallié au gouvernement constitutionnel promis par la déclaration de Sl-Ouen, il refusa de prêter un nouveau serment à l’Empereur pendant les Cent-Jours, fut privé de ses fonctions de conseiller, et exilé loin de Paris : mais il revint lors de la 2e Restauration, et sut, en qualité de préfet de police, avec la garde nationale et 50(1 gendarmes, assurer le rétablissement des autorités royalistes et la tranquillité publique; lorsque parut l’ordonnance royale qui exceptait de l'amnistie un certain nombre de personnes, il eu fit rayer plusieurs de la liste, entre autres le comte de Montaüvet et Benjamin Constant. A la fin de septembre 1815, il fut chargé du ministère de la police générale. Il ne tarda pas à être suspect à la Chambre introuvable, qui se prétendait plus royaliste que le roi luimême : elle l’attaqua à propos de l'évasion du comte de Lavalette ( F. La Valette, Marie-Chamans), comme s’il l’eût favorisée, et de la répression des troubles de Grenoble , qu’il avait tout fait pour prévenir. La Chambre fut dissoute en 1816, et Decazes fut élevé à la pairie avec le titre de comte en 1818. Il contribua puissamment à l’abolition des lois d’exception portées en 1815, à la libération du territoire et des charges de l'occupation étrangère, à la loi du recrutement, au rappel de nombreux bannis, à la suppression de la traite des nègres. Après la retraite du duc de Richelieu, en 1818, il accepta le ministère de l'intérieur : il rétablit alors l’exposition quinquennale de l’industrie française, renouvela les courses annuelles de chevaux, institua un Conseil général de l’agriculture, réorganisa les conseils généraux du commerce et des manufactures, coopéra à la formation d’une société pour le soulagement et la moralisation des prisonniers, et fit accorder au Jardin des Plantes une dotation annuelle de 20,000 fr. En 1819, par suite d’une modification ministérielle qu’amenèrent des dissentiments au sujet de la loi électorale, il eut la présidence du conseil. Mais, après l’assassinat du duc de Berry (février 1820), les ultraroyalistes ayant voulu en faire retomber sur lui la responsabilité, il se retira: Louis XVIII, dont l’amitié le soutenait contre toutes les attaques, l’éleva au rang de duc, et lui confia l’ambassade de Londres. Decazes y renonça à la fin de 1821, et ne prit plus ostensiblement aucune part à la politique. Pendant le règne de Charles X, ses travaux à la Chambre des pairs furent importants : il contribua à l’amélioration des lois du jury et du Code pénal militaire, fit instituer les quatre jurés supplémentaires et les deux jurés suppléants, et combattit les lois du droit d’aînesse et du sacrilège. Sous Louis-Philippe il fut nommé grand référendaire de la Chambre, en 1834. La métallurgie française lui doit un de ses principaux établissements, les forges de Decazeville (Aveyron). Pour avoir voulu se préserver des excès en politique et tenir la balance entre les partis, le duc Decazes a été attaqué par tous les partis : on ne peut lui refuser une grande intelli-
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gence, beaucoup de souplesse et de fécondité d’esprit, jointes à l’aménité des manières et au charme de la conversation. B.
DECKER ( Charles de), écrivain militaire, né à Berlin en 1784, m. en 1844, prit part à toutes les guerres contre la France de 1800 à 1814, fut nommé professeur à l’École d’artillerie et du génie en 1818 , chef de division au Bureau topographique en 1821, et arriva au grade de général-major en 1842. On a de lui, en allemand, entre autres ouvrages : Vues sur la conduite de la guerre selon Vesprit de l’époque, Berlin, 1817; la Tactique des deux armes réunies de la cavalerie et de l'artillerie à cheval, 1819; Essai d’une histoire du tir et de V artillerie en Europe, 1819; Livre de lecture pour les sous-officiers et soldats de l’armée prussienne, 1836 et 1845; la Petite guerre au point de vue de la conduite actuelle de la guerre ordinaire, 1822, et 4e édit., 1844; Campagnes de Bonaparte en Italie, 1825 ; Tactique complémentaire de l'artillerie de campagne, 1834; Tactique des trois armes, infanterie, cavalerie et artillerie, 1834; Batailles et principaux faits d’armes de la guerre de Sept ans, 1837; l’Algérie et la guerre qui s'y fait, 1844, etc. B.
DECOMBEROUSSE (Alexis-Barbe-Benoît), auteur dramatique, né en 1793 à Vienne (Isère), m. en 1862. Ses œuvres qui ont eu le plus de succès sont : T Incendiaire, drame en 3 actes, en collaboration avec Antier, 1831; Une bonne Fortune (avec Bayard), comédie-vaudeville en un acte, 1832; Salvoisy , ou l’Amoureux de la reine (avec Scribe et Rougemont), comédie en 2 actes, 1834; l'Ami Grandet (avec Ancelot), comédie en 3 actes, 1834; Frétillon (avec Bayard), vaudeville en 5 actes, 1834 ; Vouloir, c’est pouvoir (avec Ancelot), comédie en 2 actes, 1837.
DEDREUX (Alfred), peintre de genre et d’histoire, né à Paris en 1812, m. en 1860, élève de Léon Cogniet, se fit une réputation méritée par son talent à peindre les chevaux. Un Intérieur d’écurie, et un Jeune Poulain sautant un fossé , furent son début au Salon de 1831. On vit de lui aux Expositions suivantes une foule de courses, de chasses, meutes, etc. Comme peintre de genre, on lui doit Riche et Pauvre, Chien et Chat, le Déjeuner trop chaud, la Châtelaine, la Vie intime. 11 aborda la peinture d’histoire dans le Martyre de St Hippolyte, la Bataille de Baugé, la Chusse au vol sous Charles VII. Enfin, on lui doit des portraits équestres du duc d’Orléans et de Napoléon III.
DEIR-EL-KAMR, v. de la Turquie d’Asie (Syrie), sur les premières pentes du Liban central, par 33° 42' lat. N. et 33° 14' long. E., fut longtemps la résidence de l’émir Béehir-Cliehabb, prince des Druses. Exceptée de l’organisation générale donnée à la Montagne en 1842, elle avait un gouverneur et des troupes turques, et comptait 17,000 hab., lorsqu’eut lieu, en 1860, le massacre des chrétiens de Syrie (Ë. ce mot plus loin). A la suite de l’expédition française, Deïr-el-Kamr est devenue le ch.-l. de l’eyalet du Liban, créé par le règlement du 9 juin 1861. V. Liiîan au Suppl., et Dair-ul-Kamar, dans le Dict. C. P.
DELACROIX ( Ferdinand -Victor- Eugène ) , célèbre peintre d’histoire, né à Charenton, près Paris, en 1799, m. en 1863, était fils d’un conventionnel, qui fut ministre des relations extérieures sous le Directoire. Il entra dans l’atelier de Pierre Guérin, et, quand l’école de David fut attaquée, il se rangea parmi les novateurs. Son premier succès fut obtenu au Salon de 1822, où il exposa Virgile , ou mieux, l'Ombre de Virgile introduisant le Dante aux enfers, et passant avec lui dans la barque à Caron, composition originale et puissante. En 1824, il exposa le Massacre de Scio, épisode de la guerre de l’Indépendance de la Grèce moderne. Là il déploya encore ses plus belles qualités, une splendide couleur, et quelques-uns de ses défauts, tels que l’incorrection du dessin, mais, en somme, montra une composition hardie de vérité, d’horreur et de génie. Vinrent ensuite : le Doge Marina Faliero, décapité en haut de P escalier des Géants, 1827; le Tasse dans l'hospice des fous, 1827; Sai danapale mourant au milieu de ses femmes qu’il fait égorger, 1827, tableau où il a voulu donner une idée de la volupté et de la richesse de l’Orient ; Millon aveugle dictant le Paradis jierdu à ses filles, 1827 ; le Cardinal de Ri Lelieu officiant, entouré de ses gardes, dans la chapelle du Palais-Royal, 1828; Meurtre de l’évêque de Liège, 1831 ; la Liberté guidant le peuple sur les barricades, 1830. Eu 1832, Delacroix fit une excursion au Maroc et en Algérie, et rapporta de ces pays des souvenirs pour son art; nous citerons son tableau des Femmes d'Alger dans leur appariement, 1834, chef-d’œuvre de couleur, une Noce juive dans le Maroc, 1841, et le Combat du Giaour et du Pacha, 1835. Delacroix, après bien des luttes, et sous le feu des jugements les plus passionnés, pour ou contre lui, ne cessa de voir grandir sa réputation. Le régime de liberté
plus absolue qui suivit la royauté de Juillet réagit aussi dans les arts, et fut plus favorable à l’école romantique, au moins dans les régions officielles. Alors Delacroix fut chargé de grands travaux pour le gouvernement; de 1834 à 1837, il peignit dans quatre caissons qui divisent le plafond du Salon du Roi, à la Chambi-e des députés, la Justice, la Guerre, l’Agriculture, et l’Industrie, grande machine allégorique, où, en fuyant toujours les chemins battus et les conventions de la vieille école, il mit de l’action dans un genre de tableau qui n’en a guère ordinairement, et ordonnança sa composition avec originalité. Peu après, il fut encore chargé de déeorer les cinq coupoles de la bibliothèque du même palais, et représenta, dans deux hémicycles qui la terminent, d’un côté, l'Invasion d'Attila, de l’autre, Orphée enseignant aux Grecs les arts de la paix. Ces deux compositions, si contrastées, lui ont permis d’étaler l’énergie un peu brutale de son style, et de montrer aussi de la dignité, de la grâce, et même de la correction. Dans les cinq coupoles, il a peint vingt tableaux mythologiques ou bibliques, ou d’histoire grecque ou romaine, pris de faits relatifs à l’éloquence ou à la science. Vers 1842, ayant à peindre le plafond de la bibliothèque de la Chambre des pairs, il y représenta les champs Elysées, d’après le 4e chant de la Divine Comédie du Dante, puis, dans les extrémités, Alexandre faisant m tire dans une cassette d'or les poèmes d’Homère, et Justinien écrivant son Code. Il avait composé précédemment, pour le musée de Versailles, la Bataille de Taillebourg, 1837. Delacroix était enfin classé, et il semblait que les grandes pages lui devaient être réservées dans les palais du gouvernement ; la magnifique galerie d’Apollon, au vieux Louvre, ayant été presque toute reconstruite, en 1854, la décoration de son immense voûte fut encore confiée à Delacroix, ou du moins toute la partie centrale : il y représenta Apollon vainqueur du serpent Pilhon, et là encore réussit comme aux deux autres palais.
Delacroix a beaucoup produit, et nous n’avons pas énuméré toute son œuvre; il put en réunir une notable partie à l'Exposition universelle des produits de l’industrie et des beaux-arts, àTaris, en 1855, et la comparaison qui en fut faite avec les travaux des peintres de toutes les nations lui fit confirmer par un public européen la réputation d’artiste éminent; à cette occasion il fut nommé commandeur de la Légion d'honneur. — Delacroix affectionnait particuliérement les sujets terribles, et les rendait avec une sorte de furie. Le laid, comme dans sa Médée furieuse, 1838 , l'odieux, même le repoussant, ne l'effrayent pas; il les aborde de front et magistralement. Réaliste dans sa composition, il se soucie peu de l’unité dans un sujet : il l’entoure, il l’entrave, il l’étouffe pour ainsi dire sous des accessoires sans nombre, pourvu qu’ils lui fournissent une mine à couleur, comme dans son Sardanapale, par exemple, où il a fait briller en armures, meubles, vases, vaisselle, étoffes, tout ce luxe que l’Orient accumule dans ses palais et dans ses harems. Il visait à la lumière et à la couleur, et leur sacrifiait tout, jusqu’au dessin. Néanmoins, sa couleur est souvent crue et manque d’harmonie. Ses compositions sont exécutées pour être vues à leur point : si l’on s’en approche trop, on ne distingue plus ni dessin, ni modelé, ni effet; c’est, pour ainsi dire, le procédé de la grande mosaïque. Cela n’empêche pas qu’il ne soit un artiste d’une puissante originalité, poussée parfois jusqu’à la sauvagerie, mais jamais jusqu’au faux : il y a presque toujours un mélange de poésie dans son réalisme. Ses admirateurs l’ont proclamé un maître : soit, mais un maître de la catégorie de ceux qui ne peuvent faire qu’une mauvaise école. A ses qualités d’artiste il joignit aussi quelquefois celles d’écrivain critique ; il a publié dans la Revue de Paris et dans la Revue des Deux-Mondes plusieurs articles sur son art et sur plusieurs de ses illustres devanciers, où il fait preuve d’un jugement sain. C. D — Y.
DE LA F AGE (Adrien). V. La F âge.
DELAROCHE (Hippolyte, dit Paul), peintre, né à Paris en 1797, m. en 1856, entra dans l’atelier de Gros. Géricault l’encouragea, le soutint de sou amitié. 11 devint gendre d’Horace Vemet. En 1832, il fut nommé membre de l’Institut, et, en 1833, professeur à l’École des Beaux- Arts. Ses œuvres les plus importantes sont : Nephlliali dans le désert, 1819; le Christ descendu de la croix, 1820; le Songe d’Athalie , 1821; Joas dérobé aux bourreaux par Josabelh, 1822, au Luxembourg; Filippo Lippi, 1822; St Vincent de Paul prêchant devant la cour pour les enfants abandonnés , 1823; Jeanne di Arc, interrogée dans sa prison par le cardinal de Winchester, 1824; St Sebastien secouru par Irène, 1824; la Mort d'Augustin C arrache , 1824; Miss Macdonald portant des secours à Charles- Édouard après la