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perdu les deux tiers de sou équipage, n’ayant plus que trois canons en état de tirer, et se voyant menacé de l’abordage par un nouvel assaillant, le capitaine commandant dut amener son pavillon. Au silence qui se fait alors, Du Chayla revient à lui, et apprend l’état de son vaisseau : » Eh bien! dit-il, tirez toujours; notre dernier canon peut nous donner la victoire. » Des envieux calomnièrent auprès du général Bonaparte l'admirable conduite de Du Chayla; il fut abreuvé de dégoûts, et quitta volontairement le service en 1803. Louis XVIII lui conféra, en 1816, le grade honoraire de vice-amiral et le titre de comte. C. D — y.
DUCHESNE (Jean), iconographe, né à Versailles en 1779, m. en 1855, entra, pendant la Révolution, comme employé au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale, et parvint jusqu’au rang de conservateur en 1839. Ses principaux ouvrages sont : Notice, historique sur la vie et les ouvrages de J. -II. Mansard , dans le Magasin encyclopédique, 1805; Eloge historique de P. Pugel , Paris, 1807, in-8° ; Notice des estampes exposées à la Bibliothèque du roi , 1819, et 4e édit., 1855, in- 8°; Essai sur les nielles, 1820, in-8°; Voyage d'un iconophile, revue des principaux cabinets d'estampes , bibliothèques et musées d' Allemagne, de Hollande et d' Angleterre , 1834, in-8° ; Jeux de cartes tarots du XIVe au XVIIIe siècle, 1844, in-fol.
duchesne ( J. -B. -Joseph |, peintre en miniature et sur émail, né à Gisors en 1770, m. en 1856. En 1840, il fut chargé de continuer au musée du Louvre la série des émaux commencés par Petitot. Parmi ses miniatures, on mentionne les portraits de Napoléon Ier, 1812, de la Duchesse d’Angouléme , de la Duchesse de Berry, du Comte de Paris, etc. Elles se distinguent toutes par le naturel de la pose, la vérité de l'expression , la puissance du modelé, et la vie des carnations ; le temps n’en a point altéré la fermeté et la fraîcheur. Dans la peinture sur émail , Duchesne montra aussi une rare délicatesse, et sut donner à ses œuvres un éclat inaltérable ; on cite principalement les émaux qu’il fit pour la reine d'Angleterre d’après les miniatures de W. Ross, ainsi que les portraits de Léopold, roi des Belges, du roi Louis-Philippe Ier, de la reine Marie- Amélie, et du jeune duc de Galliera. B.
D1JCORNET (Louis-César-Joseph), peintre, né à Lille en 1806, m. en 1856, élève de Lethière, était né sans bras. Il se servait de ses pieds pour peindre. Parmi ses productions, on remarque: les Adieux d'Ilector et d’Andromaque , 1823, et S1 Louis rendant la justice sous un cliéne du bois de Vincennes, 1831, à Lille; Jacob refusant de livrer son fils Benjamin, 1829; les Marchands d’esclaves, 1833, au musée d’Arras ; Marguerite demandant à une fleur si elle est aimée de Faust, 1834; Une scène du siège d’Anvers, 1834; Apparition du Christ à Madeleine, 1835; une Odalisque, 1837 ; la Mort de la Madeleine, 1840 ; le Bepos de la Sle Famille en Egypte, le Christ au tombeau, 1341 ; le Christ en croix, 1845; S' Denis prêchant dans les Gaules , 1846, à l’église Sl-Louisen-l’lle de Paris; Vision de S,c Philomène , 1846, dans l’église de S*- Riquier ( Somme ) , un de ses meilleurs tableaux ; le Nid de mésanges, 1348; le portrait du général Négrier, 1849, à Lille; Gloria in allissimis Deo , 1850, à l’église d’Auxi-le-Château (Pas-de-Calais); la belle Edith, au château de Compiègne, 1855. Ducornet se distingue comme coloriste. B.
DUCOS (Théodore), né à Bordeaux en 1801, m. en 1855, fut député de Bordeaux de 1834 à 1848. Il combattit les lois dites de septembre, contre la presse périodique, 1835, la loi de disjonction, 1837, les taxes exagérées qui frappaient les fers, la compatibilité entre les fonctions publiques et le mandat de député, la dotation du duc de Nemours, les fortifications de Paris, et les réductions du budget de la marine, et fit de remarquables rapports sur la pêche de la morue et sur la police du roulage. Après la Révolution de 1818, il fit encore partie de l’Assemblée constituante, où il demanda la dissolution des ateliers nationaux et rédigea un rapport sévère sur les comptes du gouvernement provisoire. Le département de la Gironde ne l’ayant pas réélu pour l’Assemblée législative, en 1849, il réussit aux élections complémentaires dans celui de la Seine, fut nommé ministre de la marine le 9 janvier 1851, se retira le 24 avec tout le cabinet devant un vote de défiance émis par l’Assemblée, après que le commandement de l’armée de Paris, occupé par le général Changarnier, eut été supprimé, reprit son portefeuille après le 2 décembre, et fut nommé sénateur en 1853. Son administration a été très-active : on lui doit de grandes améliorations dans l’organisation du conseil de l’amirauté, de l’infanterie et du commissariat de marine, des matelots canonniers et du génie maritime, dans le système de sur-
veillance des fournitures de bois et de vivres, et, de plus, l’institution des aumôniers de la flotte, l’augmentation de la marine à vapeur et du chiffre de l’inscription maritime, l’amélioration du sort des matelots et des ouvriers, la création des tribunaux commerciaux maritimes, et des règlements sur la police de la navigation et de la pêche côtière. C’est sous son ministère enfin que s’opéra la transportation des bagnes à Cayenne, que la France prit possession de la Nouvelle-Calédonie, et que plusieurs expéditions étendirent l’influence française dans le Sénégal. B.
DUCPÉTIAUX (Edouard), économiste belge, né à Bruxelles en 1804, m. en 1868, écrivit dans les journaux hostiles au gouvernement dés Pays-Bas, et, lorsque le royaume de Belgique eut été constitué, y fut nommé inspecteur général des prisons et des établissements de bienfaisance. On a de lui : Des Caisses d'épargnes, 1 31 ; Progrès et état actuel de la réfnme pénilenciaire, 1838, 3 vol.; De la condition physique et morale des ouvriers, 1813, 2 vol.; Enquête sur la condition des classes ouvrières et sur le travail des enfants dans les manufactures, 1846, 3 vol.; Mémoire sur le paupérisme des Flandres, 1850 ; Des colonies agricoles, 1851, etc.
DUFOUR (Gabriel-Michel), jurisconsulte, né à Moulins en 1811, m. eu 1868, fut avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation depuis 1839, et repré.- entant de l’Ailier à l'Assemblée législative en 1850. On a de lui : Traité général du Droit administratif appliqué, 2e édit., 1854-57, 6 vol.; De T expropriation et des dommages causés à la propriété, 1858.
DUFRÉNOY (Pierre-Armand), géologue et minéralogiste, fils de Mme Dufrénoy, la femme poète, né en 1792 à Sevran (Seine-et-Oise), m. en 1857, entra à l’École polytechnique en 1811, à l’École des mines en 1813, et publia bientôt des Mémoires qui contribuèrent à asseoir la géologie sur des bases nouvelles, entre autres, des Recherches sur les terrains tertiaires et volcaniques de l’Auvergne, sur les roches des Pyrénées , sur les terrains volcaniques des environs de Naples. Il y démontre que des terrains très-modernes peuvent présenter, par suite de métamorphisme, les caractères de terrains anciens, et que les Pyrénées et les Cévennes sont d’un âge plus récent qu’on ne l’a cru jusqu’à ce jour. Il prouve que l’enfouissement des villes d'Hereulanum et de Pompéi est en grande partie le résultat d’un éboulement du Vésuve, et non d’une éruption de ce volcan. Dès 1823, il commença avec Élie de Beaumont la Carte géologique de F rance , à l’échelle d’un cinq-cent-millième, travail qui a duré près de 20 ans, et qu’on regarde avec raison comme un modèle d’exactitude. A la suite d’une mission en Angleterre , où il devait étudier les avantages que peut donner l’air chaud substitué à l’air froid comme moyen d’alimenter la combustion des fourneaux, 1827, il fit connaître à la France, dans un ouvrage intitulé Voyage métallurgique en Angleterre (2e éd., 1837^39, 2 vol. in-Bo), et publié avec le concours d’Elie de Beaumont, de Coste et de Perdonnet, les procédés nouveaux de la fabrication du fer. Ingénieur en chef des travaux publics en 1833, professeur à l’Ecole des mines, au Muséum d’histoire naturelle, et à l’École des ponts et chaussées, élu à l’Académie des sciences en 1840, il devint inspecteur des travaux publics en 1846, inspecteur général de lre classe en 1851. Directeur de l’Ecole des mines, il en a ouvert au public les cours et les collections. Outre les ouvrages déjà cités, et une foule d’articles insérés dans le Dictionnaire des arts et métiers, le Dictionnaire technologique , les Annales des ponts et chaussées, les Comptes rendus de l’Académie des sciences, Dufrénoy a laissé : Mémoires pour servir à une description géologique de la France (avec Elie de Beaumont), 1830-38, 4 vol. in-8°, avec pl. ; Mémoire sur les groupes du Cantal, du mont Dore, et sur les soulèvements auxquels ces montagnes doivent leur relief actuel (avec le même), 1833; Mémoire sur la position géologique des principales 'mines de fer de la partie orientale des Pyrénées, 1834. Dufrénoy a donné à la cristallographie une précision toute mathématique. En employant le double contrôle du calcul de la forme géométrique et de l’analyse chimique, il a fait rejeter de la classification minéralogique une foule d’espèces qui n’y avaient été introduites que par l’étude seule de leurs caractères chimiques. Enfin il a appliqué à la minéralogie ia méthode dichotomique , employée dans la botanique par Lamarck. B.
DUGËS (Antoine-Louis), médecin et naturaliste, né à Mézières en 1797, m. en 1838, agrégé à la Faculté de Paris eu 1824, fut professeur de pathologie externe et de médecine opératoire à Montpellier. Éditeur de la Pratique des accouchements de M“e Lachapelle, 1825, 3 vol. in-8°, collaborateur du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pia-