‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 765 sur 864 · DUP · texte numérisé non relu

DUP

de 1830, Dunoyer devint préfet de l'Ailier, puis de la Somme, membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1832, conseiller d’Etat en 1838, et fut quelque temps administrateur général de la Bibliothèque royale en 1839. L’année suivante, il fit paraître un nouvel écrit : Esprit et méthode comparés de T Angleterre et de la France dans les entreprises de travaux publics, et, en particulier, des chemins de fer, in-8°. En 1815, il donna son œuvre capitale, De la liberté du travail (3 vol. in-8°), dont ses deux premiers livres n'avaient été que des ébauches. La République de 1848 lui conserva son titre de conseiller d’Etat; mais, après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, il rentra dans la vie privée. B.

DUPERREY (Louis-Isidore), lieutenant de vaisseau, né à Paris en 1786, m. en 1865, servit dans la marine militaire depuis 1803, accompagna Freycinet, de 1817 à 1820, dans son voyage autour du monde, et fut chargé des travaux hydrographiques. De 1822 à 1825, il dirigea lui-même, sur la corvette la Coquille, une exploration sur les côtes de l’Amérique du Sud et dans l’Océanie ; dans la relation qui en a été publiée, 1826-30, il a spécialement rédigé l’hydrographie et la botanique. Ses cartes, ses observations astronomiques, ses recherches sur les courants marins et sur le magnétisme terrestre, lui valurent l’honneur d’être élu membre de l’Académie des sciences en 1842.

DUPET1T-THOUARS (Abel Aubert), marin français, né en 1793, m. en 1864, entra au service en 1804, était arrivé au grade de capitaine de vaisseau, lorsqu’il fit, de 1836 à 1839, un voyage autour du monde sur la frégate la Vénus. Contre-amiral en 1841, commandant des forces navales dans les mers de l’Océanie, il exigea réparation des injures reçues à Taïti par les missionnaires français, et se fit céder par la reine Pomaré la souveraineté des îles Marquises, 1842. De nouvelles violences, provoquées par le missionnaire anglais Pritchard, le déterminèrent à prendre aussi possession des îles de la Société, 1843 ; mais le gouvernement de Louis-Philippe le désavoua. Promu vice-amiral en 1846, Dupetit-Thouars entra comme membre titulaire auconseil de l’Amirauté en 1848, et fut député de Maine-et-Loire à l’Assemblée législative de 1849. On le reçut membre libre de l’Académie des sciences en 1855. Son Voyage autour du monde a été publié en 10 vol. in-8°, avec atlas. B.

DUPEUTY (Désiré-Charles), auteur dramatique, né à Paris en 1798, m. en 1865, a presque toujours travaillé en collaboration avec d’autres auteurs. Parmi ses pièces, on remarque : Léonide,.ou la Vieille de Suresnes, 1824; le Hussard de Felsheim, 1827; la Femme, le mari et l’amant, 1829; 4/'”e Grégoire, 1830; Napoléon, ou Schcenbrunn et Sainte - Hélène, 1830; Viclorine, ou la nuit porte conseil, 1832; la Camargo, 1833; Pauvre idiot, 1836; les Buses graves, parodie des Burgraves de V. Hugo ; Paris la nuit (avec Cormon), 1842; le Lait d’ânesse, 1846; la Vie de café, 1850 ; la Poissarde (avec Deslaudes et Bourget), 1852; le Moulin à paroles, etc.

DUPIN (Àndré-Marie-Jean-Jacques), jurisconsulte et magistrat, né à Yarzy (Nièvre) en 1783, m. en 1865, frère de Philippe Dupin (È. ce nom dans le Dictionn.) et du baron Ch. Dupin (auj. sénateur), étudia le droit à Paris. Avocat à 17 ans, son talent, son originalité, la clarté piquante de sa parole, le firent bientôt remarquer. Il fut, en 1811, adjoint à la commission chargée de classer toutes les lois de l’Empire, travail immense, qu’il reprit seul après une interruption causée par les événements politiques de 1814 et 1815. Au retour de Napoléon Ier de l’ile d’Elbe, commença la carrière politique de Dupin : député de Château-Chinon, il se rangea dans cette majorité passionnée qui, après nos désastres, exigea de Napoléon Ier sa seconde abdication. Ayant échoué aux élections del816, il se consacra au barreau , et se fit une grande popularité en plaidant les causes, alors nombreuses, des écrivains, et surtout des journalistes libéraux, poursuivis par un parquet plein d’un zèle outré. 11 fut un des défenseurs du maréchal Ney (F. ce nom) devant la Cour des pairs, défendit aussi, devant les conseils de guerre, les généraux Savary, Gilly, Alix, le duc de Vicence, etc. En 1829, Dupin, alors député de Mamers (Sarthe), se prononça contre le ministère Polignac. Après la dissolution de la Chambre, il fut réélu par le collège de Cosne (Nièvre). Quand éclata la Révolution de 1830, le duc d’Orléans, proclamé lieutenant général du royaume, forma un cabinet, où Dupin ne voulut entrer que comme conseiller, sans traitement. Il se montra un des plus ardents pour faire adopter par la Chambre des députés la Charte de 1830. Le nouveau roi nomma Dupin procureur général à la Cour de cassation, fonctions où il se montra dévoué au régime

qu’il avait contribué à fonder. Comme député, il appuya toutes les mesures tendant à désarmer les partis. En 1832, la Chambre des députés le choisit pour son président, et, pendant huit ans consécutifs, le réélut à ce poste, dans lequel il montra beaucoup de fermeté et d’impartialité. Lors de la présentation des lois dites de septembre, contre la licence de la presse périodique, Dupin en combattit les dispositions les plus sévères. Il s’était acquis par sa présidence une telle importance politique, que deux fois, en 1839 et 1840, on lui offrit le ministère de la justice, qu’il refusa. Il soutint tour à tour le ministère Thiers et le ministère Guizot dans leurs principaux actes, mais le second moinsque le premier. Attaché à la famille d’Orléans, d’abord comme avocat, puis en 1820 comme membre du conseil privé du prince, il amena, le 24 février 1848, au plus fort de laRévolution, le comte deParis et la duches-e d’Orléans à la Chambre des députés, où il tenta vainement de faire déclarer le jeune prince roi des Français sous la régence de sa mère. — Le gouvernement provisoire ayant convoqué une Assemblée constituante, Dupin y entra comme représentant de la Nièvre. Il s’agissait d'élaborer une constitution républicaine ; ses collègues le nommèrent président du comité de législation. Dans cette Assemblée, il provoqua la dissolution des ateliers nationaux (V. ce mot), et, lors de la discussion de la constitution, se prononça pour une Chambre unique. Après l’élection du prince Louis-Napoléon à la présidence de la république (déc. 1849), Dupin, élu à l’Assemblée législative, appuya la politique du président. Il était du grand parti de coalition dit parti de l'ordre, et fut porté à la présidence de la nouvelle Assemblée. Lors du coup d’Etat du 2 déc. 1851, il fit une protestation qu’il signa avec plusieurs de ses collègues. Depuis la chute du gouvernement de Juillet, Dupin avait gardé sa place de procureur général à la Cour de cassation; mais, à la suite du décret du 23 janvier 1852, qui réunit au domaine de l'Etat, comme restitution à lui due, les biens dont Louis-Philippe avait fait donation à ses enfants, l’ainé excepté, deux jours avant de monter sur le trône, Dupin, que le roi en exil avait nommé un de ses exécuteurs testamentaires, donna sa démission, et rentra dans la vie privée. Soit que le repos lui pesât, soit qu’il sç fût souvenu, comme il le dit alors publiquement, ■< qu’il avait toujours appartenu à la France et jamais aux partis, » il manifesta, en 1857, 1e vif désir de reprendre son ancien poste à la Cour de cassation et celui d’entrer au Sénat. Ce double désir fut exaucé. Malgré son grand âge, il prouva encore dans cette sorte de restauration qu’il avait conservé toute la vigueur de son esprit, la solidité de son savoir, la ferveur de ses opinions gallicanes, et l’habileté oratoire de toute sa vie. Dupin fut membre de l’Académie française et de celle des Sciences morales et politiques. 11 a laissé beaucoup d’ouvrages de jurisprudence, sans compter une nombreuse collection de ses plaidoyers, mémoires, consultations et réquisitoires; ses principaux écrits sont : Précis historique du droit romain, 1809; Lettres sur la profession d’avocat, 1818 ; Manuel des étudiants en droit et des jeunes avocats, 1824; Les Libertés de l'Eglise gallicane, 1824: Précis historique du droit français, 1826; Du droit d’ aînesse, 1826; Traité des apanages, 1827 ; 2e édit., 1835; Manuel du droit ecclésiastique fronçais, 4e édit., 1845; Le procès du Christ, 1828; Profession d'avocat, 1830; Mémoires ou souvenirs du barreau, 1855-57, 4 vol. in-8°. Dupin a donné encore une édition des œuvres de Pothier. C. D — y.

DU PONCEAU (Pierre-Etienne), linguiste, né en 1760 à Sl-Martin (ile de Ré), m. en 1844, partit pour l'Amérique en 1777, servit dans l’armée des Etats-Unis, puis se mit à la jurispi-udence , et devint avocat à Philadelphie. Il y fonda une Académie de droit, et fut président de la Société philosophique. L’Académie des inscriptions de France le nomma correspondant en 1827. On a de lui : English phonology , Philadelphie, 1818, in-8°; On the language, manners and customs of the Berbers of Africa, ibid., 1 824, in-8»; Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations indiennes de l’ Amérique du Nord , Paris, 1838, in-8°, couronné par notre Institut; Dissertation on the nature and character of the chinese System of writing, Philadelphie, 1838, in-H°, etc.

DUPONT DE L’EURE ( Jacques-Charles), homme politique, né au Neubourg (Eure) en 1767, m. en 1855, fut reçu avocat au Parlement de Rouen en 1789, embrassa avec ardeur les principes de la Révolution, fut successivement maire du Neubourg, administrateur du district de Louviers en 1792, juge au tribunal de cette ville, substitut du commissaire exécutif en l’an v, accusateur public près le tribunal criminel en l’an vi , député la même année

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au Conseil des Cinq-Cents, conseiller aut ribunal d’appel de Rouen en 1800, en même temps président de la Cour de justice criminelle d’Èvreux, et, en 1 81 1, président à la Cour impériale de Rouen. Député de l’Eure au Corps législatif en 1813, il était, en 1814, vice-président de la Chambre. Réélu pendant les Cent-Jours, et nommé de nouveau viceprésident, il rédigea la déclaration de la Chambre au peuple français, par laquelle la France ne devait reconnaître qu’un gouvernement garantissant l’égalité devant la loi, la liberté individuelle, la liberté de la presse et des cultes, le système représentatif, l’abolition de la noblesse héréditaire, l’irrévocabilité des ventes des biens nationaux , l’inviolabilité des propriétés , l’inamovibilité des juges, l’institution du jury, le payement de la dette publique, etc., et fit partie de la commission chargée de notifier cette déclaration aux souverains alliés. Mais cette démarche fut empêchée par les événements militaires. Dupont a été député de l’Eure de 1817 à 1848, sans interruption, et il s’opposa toujours aux mesures rétrogrades ou antilibérales. Son attitude à la Chambre le fit destituer de ses fonctions de président à la Cour de Rouen en 1818. Après la Révolution de juillet 1830, il fut nommé ministre de la justice, s’efforça de développer dans l’ordre judiciaire les conséquences de cette Révolution. Des dissidences avec le roi Louis -Philippe l’amenèrent à donner sa démission dès le mois de décembre, et il reprit sa place sur les bancs de l’opposition. A la Révolution de 1848, il devint membre et président du gouvernement provisoire, député de la Seine et de l’Eure à l’Assémblée constituante, mais ne fut pas réélu en 1819, et vécut désormais dans la retraite. B.

DUPORT (Paul), auteur dramatique, né à Paris en 1798, m. en 1866, débuta par des Essais sur Shakespeare et des articles dans divers recueils littéraires. Puis il travailla pour le théâtre ; parmi ses pièces on distingue : la Vendéenne , 1837, qui servit aux débuts de MUe Rachel. Il écrivit, en collaboration avec Duvert : Kettly, ou le Retour en Suisse , 1828; — avec Bayard: Marie Mignot , la Fille de l'avare, 1835; — avec Scribe : le Quaker et la danseuse (1831), le Chaperon (1832), etc. Il fut aussi le collaborateur de Planavd pour plusieurs opéras-comiques.

DUQUESNAY (François- Alexandre), architecte, né à Paris en 1790, m. en 1849, élève de Percier. Ses travaux principaux, à Paris, sont : la restauration de l’hôtel des Mines, et l’embarcadère du chemin de fer de Strasbourg. On lui doit aussi le Palais de justice de Lille.

DURANTON (Alexandre), jurisconsulte, né à Cusset en 1783, m. en 1866, obtint en 1820 la chaire de procédure civile et de législation criminelle à la Faculté de droit de Paris, puis occupa, de 1822 à 1856, celle de Code civil. On a de lui : Traité des contrats et obligations en général, 1819, 4 vol. in-8°; Cours de droit français, suivant le Code civil, 4' édit., 1844, 22 vol. in-8°.

DUREAU DE LA MALLE ( Adolphe- Jules -César- Auguste), poëte, archéologue et géographe, né à Paris en 1777, m. en 1857, cultiva d’abord les arts du dessin, et trouva dans son talent de paysagiste une ressource pendant les mauvais jours de la Terreur. Puis, se livrant à la poésie, et encouragé par Delille, il traduisit du Dante, en vers corrects et élégants, l’épisode de Françoise de Rimini (dans la Décade de 1798 1, et entreprit une traduction de T Argonautique de Valérius Flaccus, qui ne fut publiée, avec un savant commentaire, qu’en 1811, 2 vol. in-8°. Un voyage dans les Pyrénées, 1807, fut suivi de la publication d'un nouveau poëme, intitulé les Pyrénées. La même année, Dureau de La Malle donnait une Géographie physique de la mer Noire, de l'intérieur de l’ Afrique, et de la Méditerranée, 1 vol. in-8°. Deux Mémoires, Sur la position de la roche Tarpéienne, et Sur la prononciation ancienne du grec et du latin, le firent admettre à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, en 1818, et, depuis cette époque, sauf un poëme en 12 chants, Bayard, ou la Conquête du Milanais, 1823, 2 vol. in-18, il ne s’occupa plus que de travaux d’érudition. Les plus importants sont : Poliorcélique des Anciens, ou de ï Attaque et de la Défense des places avant l’invention de la poudre, 1819, 1 vol. in-8° avec atlas in-4°, où la question n’est traitée que pour les Égyptiens et les Hébreux; Mémoire sur l’origine et la patrie des céréales, 1819; Recherches sur la patrie et l'origine des animaux domestiques et des plantes usuelles, 1825; Mémoire sur la population de ta France au XIVe siècle, 1827 ; Sur la topographie de Carthage, 1835 ; Recherches sur l’histoire de la partie de ï Afrique septentrionale connue sous le nom de Régence d'Alger, 1837, in-8°; Peyssonnel et Desfontaines, Voyages dans les Régences de Tunis et d’Alger, 1838, 2 vol. in-8° ; Economie politique des Romains, 1840, 2 vol. in-8°, travail estimable, bien qu’in-

complet et un peu systématique en plusieurs points. B.

DUKET (Francisque), statuaire, né à Paris en 1804, m. en 1865, élève de Bosio, partagea avec Dumont le grand prix de sculpture en 1823, sur le sujet d ’Évandre pleurant Pallas. A son retour de Rome, il exposa un Mercure inventant la lyre, 1831, statue brisée en 1848 dans le pillage du Palais-Royal, mais dont une reproduction en bronze fut placée en 1850 dans le foyer de l’Opéra. On lui doit aussi : la Malice, 1831, charmante tête d’expression; Jeune pécheur dansant, 1833; une statue de Casimir Périer, 1833, pour la Chambre des députés, et une de Molière, 1834, au musée de Versailles; Chactas sur la tombe d’Atala, 1836, au musée de Lyon; le S' Sacrement, ouïe Christ se révélant au monde, 1835, et l'Ange Gabriel, 1838, dans l’église de la Madeleine ; Vendangeur improvisant sur un sujet comique, 1839; les statues de Philippe, frère de Louis XIV (1840), de Danois (1841), et du cardinal de Richelieu, au musée de Versailles; Vénus au bain, couronnement de l’une des fontaines des Champs-Elysées ; la statue de la Justice, à l’un des angles de la Bourse; la Tragédie et la Comédie, sous le péristyle du Théâtre- Français, 1852; les deux vieillards en bronze qui ornent l’entrée du tombeau de Napoléon Ier aux Invalides; la France protégeant ses enfants, fr.nton du nouveau Louvre, vers le Palais -Royal ; une Victoire, dans la salle du Sénat; une statue de Chateaubriand, 1855; la fontaine monumentale Sl-Michel, 1860. Duret fut admis à l’Institut en 1843. B.

DUROZOIR (Charles), historien et publiciste, né à Paris en 1790, m. en 1844, fut élevé dans des principes hostiles à la Révolution française, s’attacha à Lacretelle, dont il devint le secrétaire et le collaborateur à la Gazette de France, dirigea, de 1815 à 1817, le Journal général de France, écrivit ensuite dans le Messager des Chambres, les Annales politiques et le Moniteur, fut professeur d’histoire au collège Louis-le-Grand depuis 1818, et en même temps suppléant à la Faculté des lettres, prit une part active à la publication de la Bibliothèque latine- française de Pane- . koucke, de la nouvelle édition de l'Art de vérifier les dates, et de la Biographie universelle de Michaud , et écrivit, entre autres ouvrages estimables : Chronologie historique des rois de France, 1820, in-8°; Programme de l'histoire romaine, 1820, in-8° ; Éloge historique de Pie VI, 1825, in-8°. B.

DUSEIGNEUP (Bernard-Jean), sculpteur, né â Paris en 1808, m. en 1866, élève de Bosio, Dupaty et Cortot. Ses principales œuvres sont : Roland furieux, 1831 ; S1 Michel vainqueur de Satan, groupe colossal, 1834; la Conversion de S‘ Augustin, dans l'église Notrc-Dame-des- Victoires, 1835; ,Ÿe Agnès, à la Madeleine; S1 François d’ Assise, à Sle-Élisabeth ; la chaire de l’église S'-Vincentde-Paul ; la Vierge et l'Enfant Jésus, dans la cathédrale de Bordeaux. On lui doit un grand nombre de bustes, placés au musée de Versailles et dans divers monuments de Paris et de la province. Il a écrit, dans le Moyen âge et la Renaissance, de Lacroix et Séré, une Histoire de la sculpture du ive au xvi'' siècle, 1851, et publié une Notice biographique sur Ch.-Ânt. Coysevox, 1855. Enfin il a donné une édition annotée et complétée de l’ Histoire de la sculpture française, par Emeric David, 1853. B.

DUTENS (Joseph-Michel), ingénieur et économiste, né à Tours en 1765, m. en 1848. 11 devint membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1840. Partisan des doctrines des physiocrates, il a publié, entre autres ouvrages : Analyse raisonnée des principes fondamentaux de l’économie politique, 1804, in-8° ; Eloge de Montaigne,

1818, in-8°; Mémoires sur les travaux publics de l’Angleterre,

1819, iu-4°; Histoire de la navigation intérieure de ta France,

1829, 2 vol. in-4°; Philosophie de V économie politique, 1835, 2 vol. in-8°, où il a refondu son Analyse raisonnée; Essai comparatif sur la formation et la distribution du revenu de la France en 1815 et en 1835, Paris, 1842, in-8°. B.

DUVERNOY (Georges-Louis), naturaliste, né â Montbéliard en 1777, m. en 1855, partit, en 1799, pour l’armée des Alpes avec le brevet de pharmacien de 3e classe. Dès cette époque, il avait publié, dans le Magasin encyclopédique de Millin , de remarquables Réflexions sur les corps organisés et les sciences qui en sont l’objet. Affranchi du service par l’intervention de Parmentier, 1800, il revint à Paris, soutint en 1801 sa thèse inaugurale sur V Hystérie, et fut associé par G. Cuvier, en 1803, à la rédaction de ses Leçons d'anatomie comparée, dont il publia les trois derniers volumes. Nommé professeur-adjoint de zoologie à la Faculté des sciences de Paris, 1809, des exigences de famille l’empêchèrent d’ouvrir son cours, et, pendant 20 ans, il alla exercer la médecine dans son pays natal. Ayant perdu sa femme et 7 enfants, il accepta, en 1827, une chaire d’histoire naturelle à la Faculté des sciences de Strasbourg,

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dont il devint doyen en 1833. Ce fut alors qu’il donna une nouvelle classification des mammifères, et publia des travaux intéressants Sur les serpents venimeux, une Monographie des Musaraignes, des Observations physiologiques sur le caméléon, des Éludes sur le foie, etc. Membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris dès 1833, et membre libre en 1847, il occupa, depuis 1837, la chaire d’histoire naturelle des corps organisés au Collège de France, et, en 1850, celle d’anatomie comparée. Il a professé, dès 1840, une des découvertes modernes, l’ovulation spontanée chez les mammifères. Dans cette dernière partie de sa vie, outre un grand nombre de Mémoires et de Notices (Sur les dents des Musaraignes, — sur les organes de la génération des Reptiles, des Scorpions, des Crustacés, des Myriapodes, des Céphalopodes, — sur le système nerveux des Mollusques bivalves ou lamellibranches, — sur l’anatomie des Orangs, des Chimpanzés et des singes supérieurs, — sur les Cétacés vivants et fossiles, — Monographie des Rhinocéros fossiles, — Monographie des Oryctéropes vivants, — Monographie du bœuf, — Note sur l'Yack, etc.), il fit paraître’: Leçons sur l’histoire naturelle des corps organisés, 1839, in-8° ; Leçon; sur l’histoire des corps organisés, 1842; une nouvelle édition des Leçons d'anatomie comparée de Cuvier, 1835-45, 9 vol. F.

DU VEYRIER. V. Métæsvii.tæ.

DUVILLARD DE DURAND ( Emmanuel -Etienne ) , économiste, né à Genève en 1755, d’une famille de réfugiés rotestants français, m. en 1832, vint se fixer à Paris en 773, obtint un emploi au Contrôle général sous Turgot, fit partie du Corps législatif de 1799 à 1802, et , attaché au ministère de l’intérieur en 1805, fut chargé de la statistique de la population. On lui doit : Recherches sur les rentes, les emprunts et les remboursements, Paris, 1787, in-4°; Plan d’une association de prévoyance, 1790, in-4° ; Analyse et tableaux de l’influence de la petite vérole sur la mortalité, 1806,

in-4°, ouvrage qui contient une table de mortalité souvent consultée comme élément de détermination des conditions de tontines ou d’opérations financières dont le principe est la jouissance en viager ; Formule pour trouver la hauteur des lieux par celles du baromètre et du thermomètre, 1826, in-4°.

DWERNICKI (Joseph), général polonais, né à Varsovie en 1779, m. en 1857 , commença à servir sa patrie sous les ordres de Poniatowski, et fit toutes les campagnes de Napoléon Ier depuis 1809. Après les événements de 1815, il prit du service dans l’armée russe; mais, en 1831, lorsqu’une insurrection éclata contre le gouvernement du grand-duc Constantin, il se joignit aux Polonais. Victorieux des Russes à Stoczek et à Nova-Wies, il les rejeta au delà de la Vistule, les battit encore à Boremel, et chercha à soulever la Volhynie : poursuivi par les généraux Rüdiger et Kranowski, il se réfugia sur le territoire autrichien , et fut retenu comme prisonnier de guerre en Hongrie. Mis en liberté l’année suivante, il vint en France, où il fut président du comité polonais, et contribua à la fondation de l’école polonaise des Batignolles. En 1848, il refusa le commandement que lui offrait le gouvernement insurrectionnel de Milan après l’expulsion des Autrichiens, et rentra en Pologne, où il est mort.

DYCE (William), peintre, né en Écosse vers 1800, m. en 1864, débuta par des portraits, puis se livra à l’histoire, et devint membre de l’Académie royale de Londres. Ses principales œuvres sont : Dacchus nourri par les Nymphes, 1827; la Descente de Vénus, 1831; S' Dunstan séparant Edwy et Elgive, 1839; deux grandes fresques du nouveau Parlement de Londres, la Consécration de l'archevêque Parker, 1844, et le Baptême d' Éthelbert, 1845; la Vierge et l’Enfurit Jésus, 1846; le Roi Lear dans la tempête, 1851 ; Entretien de Jacob et de Racket, 1855. B.

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