GRA
de l’Alma et d’Inkermann, où il commandait l’aile gauche des Russes, il donna sa démission.
gortschakoff (Michel), frère du précédent, né en 1795, m. en 1851, servit dans l’artillerie à la bataille de la Moskowa, prit part à la campagne de France, et, pendant la guerre de Turquie, en 1828, se distingua aux sièges de Silistrie et de Choumla. Lors de l’insurrection de Pologne, en 1831, il fit preuve de bravoure à Grochow, à Ostrolenka, à la prise de Varsovie, et fut nommé chef de l’état-major de l’armée. Général d’artillerie en 1843 , gouverneur de Varsovie en 1846, il eut un commandement important dans la campagne de Hongrie en 1819. Il reçut, en 1853, le commandement des troupes que Nicolas Ier dirigeait contre la Turquie; mais, après avoir franchi le Danube, en 1854, il se vit bientôt contraint de le repasser. Chargé de s’opposer en Crimée aux Français et aux Anglais, il dirigea avec gloire la défense de Sébastopol. Après la mort du czar et le rétablissement de la paix, le nouvel empereur Alexandre II le prit pour son lieutenant-général en Pologne. B.
GOUBAUX (Prosper-Parfait), littérateur, né à Paris en 1795, m. en 1859, fonda, en 1820, un établissement d’instruction qui, acheté par la ville de Paris en 1846, prit le nom de Colléye Chaptal, et dont on lui laissa la direction. Il travailla au Courrier français sous le nom de Pierre Aubry, et à la Revue de Paris sous celui de Dinaux. Sous ce pseudonyme , il donna au théâtre quelques pièces qui eurent un grand succès, entre autres : Trente ans ou la Vie d'un joueur (1827), en collaboration avec Victor Ducange ; Richard d’Arlington (1831), avec M. Alexandre Dumas; Clarisse Ha/rlowe (1832) ; Louise de Lignerolles (1838), avec M. Legouvé; l’Abbaye de Castro (1840) ; Latréaumont (1840), avec Eug. Sue ; la Dot de Suzette (1842); les Mystères de Paris (1844), avec Eug. Sue; le Morne au Diable (1Ô48); le Juif errant (1849), etc. On lui doit encore des Esquisses de mœurs françaises (1822, in-8°), la traduction de onze des Philippiques dans l'édition des œuvres de Cicéron donnée par Victor Leclerc, et une traduction en prose AesOEuvres choisies d' Horace, 1827, 2 vol. in-8°.
GOUDC1IAUX (Michel), financier israélite, né à Nancy en 1797, m. en 1862, dirigea une maison de banque à Paris depuis 1826, devint payeur de la guerre à Strasbourg après la Révolution del830,fut destitué en 1834, et revint à Paris, où il collabora au journal le National. II demanda la construction et l’exploitation des chemins de fer par l’Etat. La Dévolution de Février 1848 le porta au ministère des finances, où il ne resta que peu de temps. Député de la Seine à l’Assemblée constituante, il attaqua l’organisation des ateliers nationaux. Il fut encore ministre pendant quelques mois à la suite de l’insurrection de Juin, et fit décréter le remboursement en rentes des bons du Trésor et des dépôts des Caisses d’épargne. Réélu député eu 1857, il fut déclaré démissionnaire pour refus de serment à l’Empereur. B.
GOUM.MEL, v. fortifiée de l'Afrique centrale (Soudan), ch.-l. de la province de même nom, à l’extrémité occidentale du royaume de Bornou, près des frontières de celui de Sokoto, par 12° 38' lat. N., et 7° 6’ 20" long. E. ; environ 12,000 hab. Commerce de vases de terre, d’outils propres aux différents métiers, de bestiaux, de chevaux, et surtout de natron, qui vient du Nupe ou Nyffi, sur le Niger inférieur. C. P.
GOURARA, oasis du Sahara septentrional, au N. du Touât et au S. de la province algérienne d’Oran, dont elle est séparée par les dunes de sable mobile appelées El-Arg. Elle a environ 700 lieues carrées, et forme une dépression dont le fond est rempli par une sebkha ou lac salé : elle est divisée en 9 districts qui ont chacun un chef particulier; les principaux endroits sont Timimoun, Oulad-Said et Teganet. Le pays est fertilisé par une ligne de puits appelés Feggaguir ou Feggara, et reliés entre eux par des galeries souterraines; il abonde en légumes, dattes, maïs, fruits, garance, henné, coton, alun. Les habitants sont de la tribu arabe des Meharsa. C. P.
GOUSSET (Thomas-Marie-Joseph), prélat français, né en 1792 à Montigny-lès-Cherlieux (Haute-Saône), m. en 1866, professa la théologie morale au grand séminaire de Besançon, fut nommé évêque de Périgueux en 1835, archevêque de Reims en 1840, et cardinal en 1850. Il a publié : Doctrine de l’Église sur le prêt à intérêt , 1825; le Code civil commenté dans ses rapports avec la théologie morale, 1827 ; Justification de la théologie du P. Liguori , 1832 ; Théologie morale, 1844-48, 4 vol. in-8”; la Croyance de l'Église touchant l’ immaculée Conception, 1855; Exposition des principes du droit canonique, 1859, etc.
GOYET (Eugène), peintre, né en 1798 à Châlon-sur-
Saône, m. en 1857, fut un des meilleurs élèves de Gros, et se voua à la peinture religieuse. Ses tableaux ont de précieuses qualités de couleur et de composition, et sont empreints d’une véritable distinction et d’un goût sévère. On distingue : Siméon le Juste tenant l'enfant Jésus dans ses bras, au séminaire de S1- Pons; St Germain l'Auxerrois bénissant Ste Geneviève de Paris, à la cathédrale de Montpellier; St Luc faisant le portrait de la Ste Vierge, à Pézénas; le Christ en croix, à Sarlat ; une Assomption, à Mirande ; un Christ en croix, et Louis XIV et le chancelier Voisin, à Châlon-sur- Saône; St Étienne, à l’église Notre-Dame-de-Lorette , à Paris ; Si Leu guérissant les malades, à l’église Sl-Leu ; les Quatre Evangélistes, à Sl-Médard; Si Magloire, et une .4 scension, à Sl-Jacques-du-Haut-Pas ; le Christ au jardin des Oliviers, dans l’église S1 -Louis d’Antin. Goyet fit aussi quelques portraits, entre autres, celui de Pie IX. Il a laissé enfin un Incendie , le Triomphe de Cimabué à Florence, une Ste Françoise, une Tête de Christ , le Massacre des Innocents, etc. B.
GOZLAN (Léon), littérateur, né à Marseille en 1803, m. en 1866. Parmi ses romans, on distingue : les Mémoires d'un apothicaire , 1828 ; le Notaire de Chantilly, 1836 ; les Méandres, 1837; le Médecin du Pecq, 1839; Une nuit blanche, 1840 ; la Dernière sœur grise, 1842; Aristide Froissard, 1843; le Dragon rouge, 1843 ; les Nuits du P. Lachaise, 1846; les Vendanges, 1853; Histoire de cent trente femmes , 1853; le Tapis vert , la Comédie des comédiens, la Folle du logis, la Famille Lambert, 1855, etc. Il a écrit un certain nombre de drames [la Main droite et la main gauche, 1842; Ève, 1843 ; Notre-Dame des Abîmes, 1845; le Livre noir, 1848; Pied de fer, 1850 ; Louise de Nanteuil, 1854) et de comédies [Une tempête dans un verre d’eau, 1846; Un cheveu blond, Trois rois , trois dames, 1847 ; le Lion empaillé, 1848; la Queue du chien d' Alcibiade, 1849; la Fin du roman, 1851; le Coucher d'une étoile , 1851; Dieu merci, le couvert est mis, 1851 ; les Paniers de la comtesse, 1852 ; le Gâteau des reines, 1855; la Famille Lambert, 1857, etc.) On lui doit enfin les Châteaux de France, 1844, 4 vol.
GRÆFE (Charles-Ferdinand de), célèbre chirurgien, né à Varsovie en 1787, de parents allemands, m. en 1840, fonda l’hôpital de Ballenstedt en 1808, et l’établissement thermal d’Alexisbad dans la vallée de la Selke, devint en 181 1 directeur de la clinique chirurgicale et professeur de chirurgie à l’Université de Berlin, et, pendant la guerre de 1813 à 1815, administrateur des hôpitaux militaires et des lazarets dans les États prussiens. Il a inventé ou perfectionné une foule d’instruments et de méthodes opératoires. Parmi ses ouvrages, on distingue : Étude sur la nature et le traitement rationnel des dilatations vasculaires, Leipzig, 1808; Rhinoplastie, 1818.
GRAFF (Antoine), peintre de portraits, né en 1736 à Winterthur (Suisse), m. en 1813. On loue dans ses ouvrages le dessin, l’expression et le coloris. 11 a fait environ 1,200 portraits; il y en 9, 22 très-remarquables à la bibliothèque de l’Université de Leipzig.
graff (Eberhard-Gottlieb ), philologue , né à Elbing en 1780, m. en 1841, fut professeur d’histoire de la langue allemande à l’Université de Kœnigsberg depuis 1824. On a de lui un précieux Dictionnaire du haut allemand, qu’il n’eut pas le temps d’achever, et dont les 7L' et 8e vol. ont été publiés par Massmann.
GRAHAM (Thomas), lord Lynedoch, général anglais, né en 1750, m. en 1843, prit part comme volontaire à l’expédition de Toulon en 1793, servit en Italie dans les rangs des Autrichiens sous les ordres de Wurmser pendant les campagnes de 1796 et 1797, dirigea le blocus de Malte de 1798 à 1800, combattit en Espagne sous John Moore en 1808 , fut promu au grade de lieutenant général en 1810, défit le maréchal Victor à Barossa en 1811, et commanda l’aile gauche des Anglais à la bataille de Vittoria. Contraint par la maladie de prendre du repos, il reparut en Hollande en 1814, contribua au succès de la journée de Merxhem, mais échoua devant Berg-op-Zoom. Après la guerre, on le nomma pair d’Angleterre. B.
GRAMMONT (Jacques-Philippe Diclmas de), général, né en 1792, m. en 1862, servit dans la cavalerie, commanda une brigade de l’armée des Alpes eu 1848, fut député de la Loire à l’Assemblée législative de 1849, et fit passer, en 1850, la loi Grammont, destinée à réprimer les mauvais traitements exercés sur les animaux. Après le coup d'État du 2 déc. 1851, il fit partie de la Commission exécutive, et obtint le grade de général de division en 1853.
GRANDE CÉSARIENNE, province romaine de la Bretagne. [V. Bretagne, au Supplément.)
GUATIOLET (Louis-Pierre), naturaliste, né en 1815