‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 791 sur 864 · H AM · texte numérisé non relu

H AM

lement sa réputation. Un acte plein de verve et de gaieté, le Dilettante d'Avignon, représenté peu de temps après à Feydeau, lui aplanit tous les obstacles, et, quand il fut entré comme chef du chant à l’Opéra, en 1830, il écrivit la musique du ballet de Manon Lescaut. 11 produisit ensuite : Ÿella, opéra-comique non représenté, 1830; la Langue musicale, 1831; la Tentation, ballet-opéra en collaboration avec Gide, 1832; le s Souvenirs de La fleur, opéracomique, 1834; Ludovic, commencé par Hérold, 1834; la Juive, l'un des chefs-d’œuvre de la scène française, 1835; l’Éclair, 1835; Guido et Ginevra, 1838; les Treize (1839) et le Drapier (1840), qui ne réussirent point; la Heine de Chypre , 1841; le Guitarrero , 1841; Charles VI, 1843; le Lazzarnne, 1844; les Mousquetaires de la Heine, 1846; le Val d’Andorre, 1848; la Fée aux Roses. 1849; la Dame dépiqué , 1850; la Tempesla, opéra féerique pour le Théâtre-Italien de Londres, 1851; le Juif errant, 1852; le Nabab, 1853; Jaguarxta, 1855; Valenline d’Aubigné, 1856; la Magicienne, 1858. Halévy se distingue par une élégance correcte et de bon goût; une inspiration, sinon continue, du moins assez fréquente et assez élevée pour que toutes ses œuvres contiennent des beautés de premier ordre ; une science profonde, qui lui donne une grande supériorité dans le maniement des chœurs et de l’orchestre. Outre ses opéras, il a laissé : Prométhée enchaîné, scènes d’après Eschyle, 1849; les Plages du Nil, cantate avec chœurs; beaucoup de romances, nocturnes, etc. ; divers morceaux de musique religieuse. Il succéda à Fétis, en 1833, comme professeur de composition au Conservatoire, et à Reicha, en 1836, comme membre de l’Académie des Beaux-Arts, dont il devint le secrétaire perpétuel en 1854. En cette qualité, il a écrit les Éloges d'Onslow, de Blouet, de David d’Angers, etc. Il a pris part à la rédaction du Dictionnaire des Beaux-Arts , que l'Académie a commencé de publier en 1858. B.

HALIBURTON (Thomas-Chandler), littérateur angloaméricain, né vers 1800 dans la Nouvelle-Écosse, m. en 1865, fut avocat à Halifax, et, depuis 1842, juge au tribunal suprême de la Nouvelle-Écosse. On a de lui : Essai historique et statistique sur la Nouvelle-Écosse, 1829, 2 vol. in-8°; le Marchand d'horloges, 1837-40, 3 vol., recueil de lettres humoristiques où les mœurs américaines sont peintes de la façon la plus amusante, et qu’il avait d’abord publiées dans un journal sous le pseudonyme de Sam Slick ; Un attaché d'ambassade, ou Sam-Stick en Angleterre, 1843 et suiv., 4 vol., observations critiques du même genre sur la société anglaise; te Vieux juge, ou la Vie dans une colonie, 1849, 2 vol., tableau des mœurs de la Nouvelle-Écosse ; les Anglais en Amérique, 1851, 2 vol., histoire des premiers colons; Traits d'humour américaine , 1852, 3 vol., réunion d’articles publiés à diverses époques. B.

HALL (Basile), marin et voyageur anglais , né en 1789, m. en 1844, entra en 1802 dans la marine royale, et fut attaché en 1816 à l’expédition de lord Amherst en Chine. La relation d’un voyage qu’il fit alors sur les côtes de la Corée et dans l’archipel Lieou-Khieou , parut à Londres en 1818 sous le titre à’ Account of a voyage of discovery to the west coast of Corea and the Great-Loochoo island. Élevé au grade de capitaine , il explora les côtes de l’Amérique, et publia des Extracts from a Journal writlen on the coast of Chili, Peru, and Mexico in 1820-22, Londres, 1824, 2 vol. Ayant abandonné le service actif, il entreprit dans les États-Unis, 1827-28, un voyage qu’il a retracé dans ses Travels in North-America. On a encore le récit d’autres voyages et aventures dans ses Fragments of voyages and travels , 9 vol. , et dans Patchwork, 1842 , 3 vol. 11 mourut dans une maison de fous.

HALLAM (Henry), historien anglais, né à Windsor en 1777, m. en 1859, était fils d’un chanoine de Windsor, qui dirigea son éducation. En 1806, il fut nommé commissaire-directeur du timbre, place qu’il garda 20 ans ; mais ses fonctions ne l’empêchaient pas de cultiver les lettres. Il se fit connaître d’abord par de nombreux articles dans la Revue d'Edimbourg, et par le chaleureux appui apporté au philanthrope Wilberforce pour l’abolition de la traite des noirs. Il s’est surtout illustré par deux œuvres considérables : le Tableau de l’Europe au moyen âge, 1818, 2 vol. ’n-4°, et l’Histoire constitutionnelle de l’Angleterre depuis V avènement de Henri Vil jusqu’à la mort de George II 1827, 2 to in-4°, ouvrages traduits en français, le premier p;r Bn-ghers et Dudouit, 1820-22, 4 vol. in-8», l’autre par les soins et avec une préface de M. Guizot, 1828-29, 5 vol. in-8°. Son tableau du moyen. âge n’est qu’une série d’histoires particulières; et, dans son histoire d’Angleterre , il a trop morcelé l’exposé des institu-

tions. Dans l’un comme dans l’autre, c’est à la constitution des États que veut s’attacher l’historien ; les faits n’y sont présentés que rapidement et pour mémoire. Il manque à Hallam l’éclat du style et la perfection du plan. — A ces deux grandes œuvres historiques, Hallam a ajouté, de 1837 à 1839, un livre d’un autre genre, plein de recherches utiles, d’appréciations justes, d’analyses des grands ouvrages cités : c’est une Introduction à l’histoire littéraire de l'Europe du xve , xvie et xvne siècle, 4 vol. in-8°, traduite en français, par M. Borghers, sous le titre (l’Histoire de la littérature de l’Europe pendant les xve, xvie et xvne siècles, Paris, 1839-40, 4 vol. in-8°. Hallam fut membre de la Société royale de Londres, l’un des conservateurs du British Muséum, membre correspondant de l’Institut de France ( Académie des sciences morales et politiques) en 1833, et associé étranger du même corps en 1838. R.

HALLENBERG (Jonas), savant suédois, né en 1748 à Hallaryd (Smaland), m. en 1834, répétiteur à l’Université d’Upsal en 1777, historiographe du royaume en 1784, garde des médailles en 1803, secrétaire de l’Académie des belles-lettres de Stockholm jusqu’en 1819, a laissé, entre autres ouvrages estimés : Nouvelle Histoire universelle depuis le commencement du xvie siècle, Stockholm, 1782-85, 3 vol. in-8u ; Histoire du royaume de Suède sous le règne de Gustave- Adolphe, 1790-96, 5 vol. in-8°; Remarques historiques sur l'Apocalypse, 1800, 3 vol. in-8°; Collectio nunmwrum cuficorum , 1800; Numismata orienlalia, 1822, 2 vol. in-8».

HAMADA, nom donné à plusieurs élévations de terrain de l'Afrique septentrionale, dans le Sahara, mais plus particulièrement au plateau stérile qui sépare le Fezzan de la côte de Tripoli, entre 28° 30’ et 30° 30' lat. N. Sa hauteur moyenne est de 450 mètres, et son point culminant de 520. C’est un pays sans eau, brûlé par le soleil, couvert de pierres rouges sur des rochers de grès noir. Il est inhabité, et parcouru seulement par les caravanes qui vont de Tripoli à Mourzouk. C. P.

HAMBERGER ( Georges -Christophe ) , bibliographe allemand, né dans la principauté d’Anspach en 1726, m. en 1773, professeur de philosophie et d’histoire littéraire à l’Université de Gœttingue depuis 1755, est auteur des ouvrages suivants : Disserlatio de pretiis rerum apud veleres Romanos, Gœttingue, 1754, in-4° ; Renseignements authentiques sur les principaux auteurs, depuis le commencement du monde jusqu’en 1500, en allem., Lemgo, 1756-64, 4 vol. in-8° ; l'Allemagne savante, ou Dictionnaire des écrivains allemands aujourd’hui vivants, ibid . , 1767-8, 5 vol. in-8°, ouvrage réédité avec des additions de Meusel; Directorium historicum medii potissimiun œvi, Gœttingue, 1772, in-4°.

HAMELIN (Jacques-Félix- Emmanuel), marin français, né à Honfleur en 1768, m. en 1839, prit part à l’expédition d’Irlande comme capitaine de frégate en 1796, et accompagna Freycinet dans son voyage de découvertes de 1800 à 1803. On le chargea ensuite d’établir à Paris, dans l’ile des Cygnes et à la Râpée, deux chantiers de construction pour les chaloupes canonnières et les bateaux plats destinés il la flottille de Boulogne. Nommé capitaine de vaisseau, il fit, de 1809 à 1811, de brillantes campagnes dans les parages de l’ile de France, et reçut en récompense, avec le titre de baron, le grade de contre-amiral. Sa santé l’obligea, en 1823, de renoncer au commandement de l’escadre qui devait seconder l’expédition d’Espagne. On le nomma directeur général du dépôt des cartes et plans, et président de la commission de perfectionnement de l’École navale. B.

hamei.in (Ferdinand-Alphonse), neveu du précédent, né à Pont-l’Évêque en 1796, m. en 1864, entra au serv.ce maritime dès 1806, et arriva au grade d’enseigne en 1812. Lieutenant de vaisseau en 1821, il fut envoyé en croisière devant Cadix pendant la guerre d’Espagne de 1823, combattit en 1827 les pirates de la Méditerranée, fut nommé capitaine de frégate en 1823, prit part à l’expédition d’Alger en 1830, devint capitaine de vaisseau en 1836, contre-amiral en 1842, reçut en 1843 le commandement de la station navale de l’Océanie, et fut nommé, à son retour, membre du conseil de perfectionnement de l’École polytechnique et inspecteur général des arrondissements maritimês de Toulon et de Rochefort. Vice-amiral en 1848, membre du conseil de l’Amirauté et préfet maritime de Toulon en 1849, il commanda, de 1853 à 1855, l’escadre dirigée contre les Busses dans la mer Noire. Durant cette campagne, il ravitailla Bntoun et le fort S'-Nicolas, bombarda Odessa, transporta l’armée de terre de Varna en Crimée, et coopéra au siège de Sébastopol. Nommé amiral en 1854, il prit, à son retour en 1 rance, le ministère de la marine, qu’il abandonna en 1860. B.

Page 1