JOU
mériques. Jomard ne revint d’Egypte qu’en 1802, explora, en passant, les îles Ioniennes, et, à peine arrivé à Paris, fut chargé de diriger des études géographiques dans le Haut-Palatinat. En remplissant ses fonctions, il étudia la géologie des montagnes du pays, au point de vue des révolutions du globe, et prouva qu’elles étaient toutes causées par le feu central. L’année suivante, il fut rappelé à Paris pour concourir au grand ouvrage de la Description de l’Egypte , que le gouvernement faisait préparer. Après la mort de Conté, 1805, il lui succéda comme secrétaire de la commission de cette vaste entreprise, en fut nommé directeur en 1807, et fit en entier la publication de l’ouvrage, de 1809 à 1826. Pendant un voyage à Londres, 1825, il vit les écoles de Bell et de Lancaster, où l’on pratiquait le mode d’enseignement mutuel pour les classes populaires. 11 fut frappé des heureux résultats qu’on en obtenait, et il le fit connaître dans un ouvrage spécial, Tableau des écoles élémentaires , 1826, in-fol., contribua à la fondation d’une école mutuelle , et s’occupa toujours désormais des petites écoles, comme membre de la Société pour l’instruction élémentaire. Il rapporta aussi de son voyage en Angleterre la règle à calculer, aujourd’hui d’un usage si général, et publia : Description de la règle à calculer, avec des réflexions sur l’industrie anglaise, 1816. Jomard fut élu, en 1818, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 11 était déjà membre de la Société de géographie de France, dont il rédigea les statuts en 1821. LTn département de la géographie et des voyages ayant été créé, en 1828, à la Bibliothèque royale de Paris, le roi l’en nomma conservateur administrateur. Jomard a publié un grand nombre cl’ouvrages, particulièrement sur la géographie de l'Orient et sur l’Egypte. Ils ont un double intérêt, en ce qu’il ne sépare jamais l’étude de la géographie de celle de l’histoire et des mœurs des pays qu’il décrit. Nous citerons les principaux : Parallèle entre les antiquités de l’Inde et de l’Egypte, 1819, in-8°; Voyage à l’oasis de Syouah, 1822, in-fol., d’après des notes de Caillié, Caillaud et Drovetti ; Sur les rapports de l'Ethiopie et de l'Egypte, 1822, in-8°; Sur la communica-
tion du Niger avec le Nil , 1828, in-8°; Remarques sur le cours du Sénégal et de la Gambie, 1828, in-8° ; Recueil d'observations et de mémoires sur l’Egypte ancienne et moderne, ou Description historique et pittoresque des principaux monuments, 1830, 4 vol. in-8° (collection de ses travaux personnels dans la grande Description de l’Egypte); les Monuments de la Géographie , ou Recueil d’anciennes caries européennes ou orientales, accompagnées de sphères terrestres, mappemondes , astrolabes, etc., depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque d'Orlélius et de Mercator, publiés en fac-similé de la grandeur des originaux, Paris, 1854 et suiv., grand in-fol., travail remarquable et très-utile pour l’histoire de la science. C. D — T.
JOUANNIN (Joseph-Marie), orientaliste, né à Sl-Brieuc en 1783, m. en 1844, alla, en 1806, en Perse, en qualité de chancelier-interprète; en 1809, il resta chargé d’affaires de France à Téhéran; 2e secrétaire d’ambassade à Vienne, 1811, consul àMémel, 1812, il devint, en 1814, archiviste de la division politique du ministère des relations extérieures, drogman de l’ambassade de Constantinople, 1816, fut rappelé en 1826, pour occuper à Paris le poste de premier secrétaire-interprète du roi, adjoint pour les langues orientales, et devint, en 1829, directeur de l’école des jeunes de langue au collège royal Louis-le-Grand, puis professeur suppléant de persan au Collège de France, en 1837. Jouannin a publié, dans l’Univers pittoresque , la Turquie, histoire de l’Empire ottoman, 1840, in-8°; il a pris part aux travaux de la Société géographique de Paris, et donné dans le Bulletin de cette Société, t. X, Souvenirs d’un séjour à Brousse. C. D — T.
JOURDY (Paul), peintre d’histoire, né à Dijon en 1805, m. en 1856, obtint le grand prix de Rome en 1834, pour un tableau dont le sujet était : Homère chantant ses poésies. Il donna depuis : Eve tentée par le démon, 1836 ; Prométhée , 1842, qu’il a offert à la ville de Dijon; le Christ au milieu des docteurs ; Saint Louis, tableau commandé pour le conseil d’Etat; le Baptême du Christ, à l’église des Blancs-Manteaux de Paris, 1847 ; les Sept Sacrements, peinture murale à l’église Ste-Elisabeth, etc.