‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 811 sur 864 · KES · texte numérisé non relu

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jusqu’au delà du 80e degré de latitude N., il découvrit une baie à laquelle est resté le nom de Peabody, Anglais qui l’avait accompagné, ainsi que la terre de Greennel , séparée de la terre Washington par le canal Kennedy, et arriva dans un vaste bassin ouvert qu’on a appelé mer polaire de liane; la terre Washington fut explorée en traîneau jusqu’au cap Indépendance et il la baie Constitution , et le nom de Parry fut appliqué à un groupe de hauteurs que l’on ne put atteindre. Le récit de cette expédition a été publié sous le titre d ’Arctic explorations , Philadelphie, 1856, 2 vol. in-8°. Kane, épuisé par les fatigues qu’il avait endurées, ne tarda point à mourir à la Havane. B.

KANEM, contrée de l’Afrique centrale, sur les limites du Soudan et du Sahara, au N. du lac Tchad, entre 14°- 16° lat. N., et 11°-12° 30' long. E. A l’exception de quelques collines, le pays offre un mélange de marais et de terres fertiles où règne la plus luxuriante végétation ; quelques vallées profondes sont imprégnées de natron,ou présentent des lacs d’eau saumâtre. La population est mélangée de Tibbous, de nègres et d’Arabes; la capitale est Mâo , où réside un kalifat, tour à tour tributaire du Ouaday et du Bornou, qui se disputent ce pays. C. P.

KANSAS, un des Etats-Unis de l’Amérique septentrionale, entre le Nébraska au N., le Missouri à l’E., le Territoire indien au S., et le Colorado à l’O.; arrosé par les deux branches du Kansas et de l’Arkansas. Le pays, surtout à l’O., est en grande partie habité par des Indiens nomades, entre autres les Miamis, les Osages. On y voit de vastes savanes et des forêts. Climat froid au S.-O., doux à l’E. — Le Kansas, découvert en 1719 par le Français Dustine, faisait partie du territoire cédé en 1803 par la France aux États-Unis. Détaché plus tard du Territoire indien, il a été érigé en Territoire spécial en 1854, et en État en 1861. Ch.-l., Topéka. Superf., 210,000 ldi. carrés; populat., 107,110 hab. Le pouvoir exécutif est confié à un gouverneur et à un lieutenant-gouverneur élus par le peuple pour deux ans. La législature est composée d’un Sénat de 25 membres élus pour deux ans, et d’une Chambre des représentants de 75 membres élus annuellement. C. P.

KAOUAR, oasis du Sahara central, entre 18° 35'-19o 25' lat. N. et 10° 45'-ll° 10' long. E.; vers le centre se trouvent deux lacs salés que les indigènes exploitent. C’est la demeure de la principale tribu des Tibbous, celle des Ge'se'ra ou Gésédi. Villes: Aschénoumma, résidence du chef ou Maina; et Bilma. C. P.

KASTNER (Jean Georges), musicien, né à Strasbourg en 1810, m. en 1867, membre libre de l’Académie des beaux-arts depuis 1859, s’est distingué comme pianiste, compositeur et écrivain. Il a fait exécuter en Allemagne les opéras de Gustave Wasa, 1831 ; la Reine des Sarmates, 1832; la Mort d’ Oscar, 1833; le Sarrasin, 1834; Béatrice, 1839, et, à Paris, la Maschera, 1841, et le Dernier roi de Juda, 1844. On lui doit aussi beaucoup d’œuvres intrumentales et vocales. Parmi ses ouvrages didactiques et historiques, on remarque : Traité général d’ instrumentation, 1836; Manuel général de musique militaire, 1848; un grand nombre de Méthodes; la Danse des morts, 1852; Histoire de la musique militaire en France, 1852; Histoire musicale des cris de Paris, 1855; la Harpe éolienne, 1857 ; les Sirènes, Essai sur les mythes relatifs à l’incantation, aux enchanteurs, à la musique magique, 1858, in-4°.

KAZEII, v. de l’Afrique orientale, par 5° 0' 52" lat. S., et 30° 41' 19" long. E., dans l’Unyanyembé, district de l’Unyamesi, à peu près à égale distance de la côte de Zanzibar et des lacs Tanganyika et Ukéréwé. Les caravanes arabes y viennent échanger les produits de la côte contre l’ivoire et les esclaves de l’intérieur. C. P.

KELLERMANN (Olaüs-Christian), savant antiquaire danois, né à Copenhague en 1805, m. à Rome en 1837, se fit connaître d’abord par une thèse sur l’art militaire chez les Anciens, qui lui valut de la part de son gouvernement une mission à Rome pour y compléter ses recherches sur le sujet qu’il avait traité. Là, il publia sur le corps des vigiles, ou gardes de nuit de l’ancienne Rome, une savante dissertation latine, intitulée : Vigilum Romanorum latercula duo cœlimonlana magnam partem mililiœ romance explicantia, Rome, 1835, petit in-fol.

KEMBLE (John-Mitchell) , littérateur et archéologue , fils du comédien Charles Kemble , né à Londres en 1807 , m. en 1857. Il donna d’abord une édition de 1 ’ Anglo-Saxon poem of Beawulf, 1832 et 1837. Puis il publia : First history of the English language , or Anglo-Saxon period, 1834, cours de littérature qu’il avait fait à Cambridge ; Tables généalogiques des Saxons occidentaux , 1836 ; Codex diplomaticus œvi Saxonici, imprimé aux frais de VHistorical So-

ciety , dont il était le fondateur. Enfin , rédacteur en chef de la British and foreign Review , il vulgarisa en Angleterre , à l’aide de ce recueil , la science et la littérature allemandes. , B.

KEOKUK, v. des États-Unis (towa), port sur le Haut- Mississipi, au confluent de la Rivière des Moines avec ce fleuve; 8,136 hab. Université; Académie de médecine.

KEPPEL (Auguste Eldon, vicomte de), amiral anglais, né en 1725, m. en 1786, accompagna Anson en 1740 dans l’expédition destinée à ruiner les colonies espagnoles de l’Amérique, fut chargé en 1752 de réprimer les corsaires barharesques, enleva l’ile de Belle-Isle à la France en 1759, livra au comte d’Orvilliers en 1778 la bataille indécise d’Ouessant, fut appelé au ministère en 1782 en qualité de premier lord de l’Amirauté, et reçut, peu de temps après, la pairie. B.

KÉRATRY (Auguste-PIilarion de), homme politique et littérateur, né à Rennes en 1769, m. en 1859, vint à Paris en 1790, et publia l’année suivante un petit volume de Contes et Idylles. En 1818, nommé député du Finistère, il siégea avec les représentants avancés du parti libéral. Les influences ministérielles ayant fait échouer sa rééleotion en 1822, il continua son rôle d’opposition dans le journal le Courrier français. En 1827, il rentra à la Chambre, prit part à la démonstration parlementaire qui prépara la Révolution de 1830, hâta de toute son influence l’avéneroent de la branche d’Orléans , devint aussitôt conseiller d’État, puis, en 1837, membre de la Chambre des Pairs. Lors de la Révolution de 1848, il donna sa démission de conseiller d’État, reprit son rôle d’opposant, et se fit nommer député à l’Assemblée législative en 1849. Kératry a laissé : Ruth et Noémi, pastorale biblique, 1811, in-8°; Traité de T existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme, 1815, in-12; Inductions morales et physiologiues , 1817-1841, in-12 ; Du beau dans les arts d’imitation, avec un examen raisonné des productions des diverses écoles de peinture, de sculpture, et en particulier de celles de France, 1822, 3 vol. in-18; le Guide de l’artiste et de T amateur, contenant le poème de la Peinture, de Dufresnoy , l’Essai sur la Peinture, de Diderot,... 1823, in-12; Examen philosophique des Considérations sur le sentiment du sublime et du beau,... de Kant, 1823, in-8°, etc. Kératry a composé aussi quelques romans : le Dernier des Beaumanoir, 1824, 4 vol. in-12; Frédéric Styndall , 1827, 5 vol. in-12; Saphira, ou Paris et Rome sous l'Empire , 1835, 3 vol. in-8°, etc., où il peint les mœurs de la Bretagne, et cherche à développer une idée morale.

KERSAINT (Gui-Pierre de Coeïnkmpren, comte de), marin et homme d’Etat, né à Paris en 1743, m. en 1793, se distingua en 1757 au combat des Caïques sous les ordres de son père, et fit plusieurs campagnes dans la guerre d’Amérique. Préoccupé d’innovations de toutes sortes, il donna le plan des cuisines dites à la Kersaint , et imagina un système de voilure d’après lequel la coupe des basses voiles était triangulaire au lieu d’être carrée. Dans ses Institutions navales, en 1789, il s’éleva contre le système des classes ou de l’inscription maritime , et proposa la presse comme moyen de recrutement de l’armée navale. Président de l’assemblée électorale de Paris en 1789, administrateur du département de la Seine en 1790, député suppléant à l’Assemblée législative en 1791, il se rattacha au parti des Girondins; il proposa dans l’Assemblée la mise en accusation de La Fayette, qui avait protesté contre l’insurrection du 20 juin 1792, demanda la déchéance de Louis XVI, prit une part active à la journée du 10 août, mais protesta contre les massacres de septembre et contre le procès du roi, et, après la chute des Girondins, fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire. B.

KESSELS (Mathieu), sculpteur, né à Maëstricht en 1784, m. en 1836. Pendant un séjour de 8 ans à SuPétersbourg, 1806-1814, il s’occupa à modeler et à ciseler des statuettes de tout genre. Après les événements de 1815, il vint à Paris , et , après avoir fréquenté l’atelier de Girodet, se rendit à Rome ; là , il se mit à l’école de Thorwaldsen, qui lui confia l’exécution en marbre de deux bas-reliefs, le Jour et la Nuit. En 1819, dans un concours établi par Canova , il eut le prix pour une statue de St Sébastien percé de flèches. Ses plus belles œuvres depuis cette époque sont : un Discobole couché , statue exécutée pour M. Labouchère, de Londres; Mars au repos, ouvrage colossal, placé à Laeken; un Discobole debout , fait pour le duc de Devonshire; une Femme pleurant sur une urne; le Christ à la colonne ; le Monument de la comtesse de Celles, dans l’église Sl-Julien-des-Belges , à Rome; l'Amour aiguisant ses /lèches; une Vénus, chez le duc de Pembroke; la Face du Christ, bas-relief ; les Quatre Évangélistes , un

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Christ mort, une Scène du déluge , et l'Archange St Michel, compositions en terre cuite. > B.

KHARBOUT (Eyalet de), gouv. général de la Turquie d’Asie, entre ceux de Trébizonde et de Sivas au N., d’Adana à l’0., d’Alep au S., de Diarbékir et d’Erzeroutn à l’E. Il occupe le haut plateau par lequel le Taurus d’Asie Mineure se joint au Caucase, et est arrosé par l’Euphrate. Il a pour ch.-l. Kharbout, et correspond à Tane. prov. romaine d’Arménie seconde, et à une partie de celles d’Arménie première et de Mésopotamie. Il est divisé en 5 livahs : Kharbout, Krzingian, Maaden, Melatieh, et Siiwerek. La population est composée en grande partie d’Arméniens, de chrétiens sédentaires, et de quelques tribus de Turkomans, musulmans et nomades. C.P.

KHARTOUM, v. du Soudan égyptien, fondée en 1823 par Méhémet-Ali, sur le Nil Bleu, à son confluent avec le Nil Blanc; 35,000 hab. Commerce. avec le Darfour, le Kordofan, l’Abyssinie, l’Egypte, et les ports de Massaouah et de Souakin sur la mer Rouge. La plupart des nations européennes y ont des consuls.

KILIMANDJARO, la plus haute montagne de l’Afrique, dans le pays de Jagga, à environ 300 kil. de la côte de l’océan Indien. Il fait partie, avec les monts Chira, Zigaoué, Rubeho, Amboloila et Kénia, du massif volcanique qui sépare le bassin de l’océan Indien de ceux des lacs Tanganyika et Ukéréwé. Il y a deux pics, l’un de 6,116 mèt., l'autre de 5,000. Il donne naissance à plus de 20 rivières, dont les principales et les mieux connues sont le Pangani, le Lingani, etc. On pense qu’il fournit quelque branche du Nil Blanc, ainsi que la rivière Jordans , l’une des sources du lac Ukéréwé C. P.

KIŒKKEN-MŒDDINGER, c.-à-d. en danois débris ou rebuts de cuisine , nom donné par les archéologues à des amas de décombres que l’on trouve en Danemark, sur les bords de la mer ou des eaux, quelquefois à une certaine profondeur au-dessous du sol moderne, et qui contiennent des débris d’aliments, des ossements d’animaux, de la poterie grossière, des instruments et des armes en silex, etc. Ce sont les témoins de cette civilisation primitive qu’on appelle Vâge de pierre.

KISS (Auguste), sculpteur prussien, né en 1802 à Pless (Ille-Silésie), m. en 1865, élève de Rauch, devint professeur à l’Académie des beaux-arts de Berlin. U exécuta, d’après les dessins de Schinkel, les groupes qui ornent la fontaine de l’Institut de l’industrie à Berlin, et sculpta ensuite les bas-reliefs de l’église de Potsdam. L’ouvrage qui a surtout fait sa réputation est une Amazone à cheval luttant contre une panthère , 1839. On lui doit encore une statue équestre en bronze de Frédéric le Grand, à Berlin ; un groupe colossal de St Georges combattant le dragon, etc.

KITAFINE, rivière d’Afrique. V., plus haut, Cassini.

KLAGMANN (Jean-Baptiste-Jules), sculpteur, né à Paris en 1810, m. en 1867, élève de Ramey fils. On lui doit : des statuettes en bronze de Dante, Machiavel , Byron, Shakespeare, Corneille; les Saintes femmes au tombeau, et le Saint homme Job, 1835 ; les sculptures de la fontaine de la place Louvois, 1839; Nymphe endormie, 1842; Enfant tenant un lapin, 1844 ; Petite fille effeuillant une rose, 1846 ; la reine Clotilde, dans le jardin du Luxembourg, 1846; Enfant jouant avec des coquillages, 1847 ; les Attributs de la Passion, bas-rel.ef du maitre-autel de l’église Sl-Cyr à Issoudun, 1848; des bas-reliefs aux pavillons dunouveau Louvre, etc.

KLENZE (Léon de), architecte, né en 1784 à Hildesheim, m. en 1864, devint en 1808 directeur des bâtiments royaux dans la Westphalie, fut appelé à Munich en 1815 comme architecte de la cour, et donna une puissante impulsion à la renaissance des arts en Bavière. Il a/:onstruit, à Munich, l’hôtel du duc de Leuchtenberg, l’École royale d’équitation, la Glyptothèqne, la Pinacothèque, la chapelle de Tous-les Saints, le ministère de la guerre, l’Odéon, le palais Maximilien, le bazar, plusieurs magnifiques résidences particulières. On lui doit encore la restauration de la cathédrale de Spire, la construction de la Walhalla, près de Ratisbonne, celle du Musée impérial de S'-Pétersbourg, et l’arrangement intérieur de l’église Sl- Isaac dans cette ville. Klenze a aussi peint le paysage, et fait quelques publications sur son art : Les plus beaux restes de l’ornementation grecque, 1823 ; Recueil de plans d’architeclure, 1831-38 ; Instructions sur l' architecture chrétienne, 1835 ; le Temple de Jupiter olympien à Agrigenle, in-4°; Description de la Glyptothèque ; Aphorismes artistiques, 1838; la Walhalla , sous le rapport artistique et technique, 1843, etc. B.

KilETY (Georges), général hongrois, né en 1810 à Pokoragy (comitat de Gomor), m. en 1865, servit dans l’armée autrichienne, prit part à l’insurrection de la Hon-

grie en 1848, se réfugia eu Turquie après la défaite, embrassa l’islamisme, et fut admis dans l’armée ottomane sous le nom d’Ismail-Pacha. Il partagea avec l’Anglais Williams l’honneur de la défense de Kars contre les Russes en 1855.

KNIAZIEWICZ (Charles) , général polonais, né en 1762, m. en 1842, entra dans l’artillerie dès 1778, se signala dans la guerre contre les Russes en 1792, prit une part glorieuse à la défense de Varsovie , commanda l’aile gauche à la bataille de Maciejowice , y fut fait prisonnier, et ne recouvra la liberté qu’à l’avénement de Paul Ier. Le général Bonaparte l’ayant admis dans la légion polonaise, il fit partie des expéditions contre les États romains et contre Naples. Après le licenciement de son corps lors de la paix de Lunéville , il se retira dans ses terres en Pologne. Attaché en 1812 à l’état-major du roi Jérôme Bonaparte, puis commandant d’une division du 5e corps, composée de Polonais, il mérita, par sa conduite aux batailles de Smolensk et de la Moskova , le commandement supérieur de l’armée polonaise. Une blessure grave l’obligea de se retirer en Autriche, où on le retint prisonnier. Après les événements de 1814 , il alla habiter Dresde , et , en 1830 , Paris , où il mourut. B.

KNIGHT (Richard-Payne), archéologue et philologue anglais, né eu 1750, m.en 1824, fit partie plusieurs fois de la Chambre des communes, et devint en 1814 conservateur du Musée britannique. Sans parler de quelques poèmes médiocres, il a laissé : An analylical Essay on the greek alphabet, 1791, où il a exposé sur le digamma des idées d’une valeur contestable, mais où il a démontré la fausseté de certaines inscriptions publiées par Fourmont; Analylical Enquiry inlo the principles of Taste, 1805, in-8°; Sperimens of ancient sculpture, 1809, ouvrage édité par la Société des Dilettunti, et dont le 2e vol. ne parut qu’en 1835. Dans une édition qu’il donna de Y Iliade et de l 'Odyssée en 1820, il soutint que ces poèmes n’étaient pas du même auteur, et combattit les opinions de Wolf touchant l’origine des poèmes homériques. B.

KNOWLES (James-Sheridan), auteur dramatique, né en 1784 à Cork (Irlande), m. en 1862, composa, dès l’âge de 14 ans, le Barde gallois, ballade restée populaire. Après avoir été acteur, il ouvrit à Belfast des cours de grarnmaiVe et de littérature. Depuis longtemps il s’exerçait à écrire pour le théâtre, lorsqu’une tragédie de Caïus Grucchus (1815) fonda sa réputation. Parmi les tragédies qu’il a fait encore représenter, on cite Virginius (1820), Guillaume Tell (1825), Alfred le Grand (1831), Jean de Procéda (1840). Dans le genre comique, ses chefs-d’œuvre sont: le Bossu (1832), la Chasse d’amour (1836), et lu Vieille Fille (1841). Knowles a imité les anciens maîtres de la scène anglaise, et particulièrement Shakespeare: ses caractères sont tracés avec beaucoup de justesse et de vé rité ; son dialogue a de la vivacité; son style, de l’élégance. En 1845, Knowles, cédant à des scrupules religieux, abandonna le théâtre : il s’exerça alors dans le genre du roman, mais sans y réussir. En 1849, devenu conservateur de la maison de Shakespeare à Stratfordsur-Avon, il entra dans une secte de Baptistes, et se mit tantôt à prêcher en public, tantôt à écrire contre l’Eglise romaine et le catholicisme. Ses OEuvres dramatiques ont été réunies en 1855, 2 vol. Des Nouvelles et des Poésies, qui parurent dans les Revues, forment un autre recueil intitulé V Improvisateur. B.

KOCH (Jean-Baptiste-Frédéric), général et écrivain militaire, né à Nancy en 1781, m. en 1861, s’enrôla en 1800 dans l’infanterie de ligne, fit la campagne d’Austerlitz, 1805, entra sous-lieutenant dans les grenadiers du roi de Naples Joseph Napoléon, le suivit en Espagne, 1808, fit la campagne d’Autriche, devint chef de bataillon, en 1811, renonça à ce grade pour avoir occasion de prendre part à la campagne de 18 12, servit en 1813 comme aide de camp de Jomini, et, en 1814, officier d’état-major de cavalerie, gagna à Craone, une deuxième fois, le grade de chef de bataillon. En 1815, il combattit à Waterloo. Sous la Restauration, il publia : Principes de stratégie, trad. de l’allemand du prince Charles, Paris, 1818, 3 vol. in-8° ; Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814, Paris, 1819, 2 vol. in-8° et atlas; Histoire des campagnes de la Révolution, Paris, 1819-1824, 15 vol. in-8“. Appelé, en 1820, à créer la chaire d’art et d’histoire militaire à l’Ecole d’application d’état-major, il l’occupa pendant 14 ans avec distinction ; nommé lieutenant-colonel en 1830, colonel en 1832, il fut attaché au dépôt de la guerre., et en devint chef en 1836. Promu général de brigade en 1841, il entra dans le cadre de réserve en 1843, et consacra ses loisirs à des travaux scientifiques militaires ; il publia :

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Traité de la lactique, d’après les documents laissés par le marquis de Ternay; Etat militaire des puissances européennes; Mémoires de Masséna, Paris, 1849-50, 7 vol. in-8°, etc. 11 a dirigé, de 1823 à 1831, le Bulletin des sciences militaires. C. D — Y.

KOEHLER (Christian), peintre de l’école de Dusseldorf, né en 1809 à Werben (Vieille-Marche), m. en 1861, élève de Bendemann, a emprunté presque tous ses sujets à l’histoire sainte : Eléazar et Itébecca, Entrevue de Jacob et de Rachel, Moïse sauvé des eaux, Agar dans le désert, Suzanne au bain, David vainqueur de Goliath, la Fille de Jephlé, Judith et Holopherne, etc. On lui doit aussi des tableaux de genre et des portraits.

KOEKKüEK (Bernard-Cornélius), paysagiste hollandais, né en 1803 à Middelbourg, m. en 1862, était fils d'un peintre de marines. Pendant un séjour de trois ans qu’il fit à Amsterdam, il s'appropria la manière de Schelfhout et de Van Oos. Ses tableaux reproduisent la nature avec fidélité, tout en offrant une certaine poésie dans la composition. Koekkoek a fondé et dirigé l’école de dessin de Clèves. Il a écrit des Souvenirs et communications d’un paysagiste, Amsterdam, 1841.

KOLOBENG, v. de l’Afrique australe, au N.-E. du désert de Kalahari, près de la République Transvaalique, à 1,450 kil. N.-E. du Cap. Bâtie au milieu de la tribu des Balcwains, aux sources de la rivière Notuani, qui se jette dans le Limpopo, elle a été fondée, vers 1845, par la mission évangélique de Londres. C. P.

KOPAL, v. de la Sibérie occidentale (Turkestan russe), fondée en 1847 au pied du rameau Kopal de l’Ala-Tau Dzoungarien , dans le pays des Sept- Rivières , sert d’entrepôt commercial avec la ville chinoise d’ili ou Ivouldja, et de poste militaire pour maintenir dans la soumission les Kirghiz de la Grande-Horde. Elle est le chef-lieu d’un des 4 arrondissements du district des Sept-Rivières, situé entre ceux d’Ala-Tau au S., d’Ayagouz au N., la frontière chinoise à l’Ë., et le lac Balkaseh à l’O. C. P.

KORTUM (Jean-Frédéric-Christophe), historien, né en 1788 à Eiehhorst (Mecklembourg), m. en 1858, reçut, en 1812 , une place de professeur à l’Institut d’Hofwyl, passa au collège d’Aarau en 1817, à celui de Neuwied en 1819, et devint professeur d’histoire à Bâle en 1821, à Berne en 182H, à Heidelberg en 1840. Il a publié, en allemand : L'Empereur Frédéric Ier, Aarau, 1818, in-8°; Histoire des constitutions politiques de la Grèce, Heidelberg, 1821 ; Histoire de la formation des républiques fédératives au moyen âge et dans les temps modernes, Zurich , 1827-29 , 3 vol. in-8° ; Histoire du moyen âge, Berne, 1836-37, 2 vol. in-8° ; Histoire romaine jusqu’à la chute de l’Empire d’Occident, Heidelberg, 1843 ; Histoire de l’origine de l’ordre des Jésuites, Mannheim, 1843; Histoire de la Grèce jusqu'à la chute de la fédération achéenne , 1854, 2 vol. in-8°. B.

KOSEGARTEN ( Jean-Godefroi-Louis), orientaliste et historien allemand, né en 1792 à Altenkirchen, dans l’ile de Riig-en, m. en 1860, enseigna les langues orientales en 1817 à Iéna, et depuis 1824 à Greifswald. On a de lui : une édition de la Pomerania de Kantzow, Greifswald, 1816-17, 2 vol.; une édition des Moallakât .d’Amrou -ben- Kelthum, Iéna, 1819; une traduction allemande du Tùti- Ndmeh, recueil de contes persans, Stuttgard, 1822; Commentatio de priscâ Ægyptiorum litteraturâ, Weimar, 1828; Chrestomathia arabica, Leipzig, 1828 ; des éditions des Annales arabes de Taberi, Greifswald, 1831, du recueil de chants indiens intitulé Kitâb al Agliâni, ibid. , 1840, et du Pantschatantra , Bonn, 1848; Monuments de l’histoire de la Poméranie et de l'ile de Riigen, en allemand, Greifswald, 1834; Codex Poineraniœ diplomaticus , Greifswald, 1843 et

KüSSOGOL (Lac), appelé par les Mongols Baigal-Dalai , grand lac de l’Empire chinois (Mongolie), entre 49» 6'-51° 33' 45" lat. N., et 98° 12'-99» 8' long. E. , au S. des monts Sayanes, et tout près de la frontière du gvt russe d’Irkoust; longueur d’environ 250 kil.; largeur moyenne de 50; profondeur inconnue. Il est élevé d’environ 1,880 mèt. au-dessus du niveau de la mer, et très-poissonneux. Encaissé entre deux hautes ramifications des Sayanes, il en reçoit de nombreux ruisseaux, et principalement au N. les neiges du glacier Munko-Sardyk : il se déverse au S. par l’Iga, le principal bras de la Sélenga. 11 renferme au milieu une île conique qui parait avoir été soulevée par des forces volcaniques , et l’on trouve des laves sur plusieurs points de ses rivages. C. P.

KOUBAN (Territoire du), division administrative de l’Empire russe (lieutenance de la Caucasie) ; formé en 1863 de l’ancien pays des Cosaques de la mer Noire, auquel on a joint toute l’ancienne Circassie (Adighes et Tcher-

kesses) dans le Caucase occidental; borné au N. par le pays des Cosaques du Don, à l’O. par la mer d’Azow, le détroit d’Iénikalé et la mer Noire, au S. par le gouv. de Koutaïs, à l’E. par celui de Stavropol et le Territoire du Térek. Il est séparé par le Kouban en deux parties ; au N., plaines marécageuses sur les bords de la mer d’Azow, mais assez fertiles en céréales et en pâturages, arrosées par la Jeja, le Tchelbasi, le Kirpili, le Kouban; au S., vallées encaissées entre le Caucase et la mer, pays montagneux et peu fertile. Sup., 98,000 kil. carrés, dont 48,000 pour la partie au N. du Kouban; pop., 512,000 hab., dont 314,000 pour la partie septentrionale. Ch.-l., lékatérinodar. La principale population est celle des Cosaques Tchernomores (de la mer Noire), descendants des anciens Cosaques Zaporogues de l’Ukraine, établis dans ce pays en 1792. On les appelle aujourd’hui Cosaques du Kouban, divisés en 8 régiments au N. du fleuve, et 10 au Sud. C. P.

KOUTAIS ou KOTATIS (Gvt de), pi-ovince de l’Empire de Russie , dans la lieutenance de la Caucasie, au S. du Caucase, entre les Territoires du Kouban et du Térek au N., le gouv. de -Tiflis à l’E., celui d’Erivan et la Turquie d’Asie au S., la mer Noire à l’O. Pays trèsmontagneux, divisé par des rameaux du Caucase en profondes vallées , où coulent le Rion ou Phase, VEngouzi, le Kour, etc.; mines de fer, de cuivre et d’argent; terres fertiles en blé, vins, miel; 38,170 kil. car.; 644,344 hab.. Géorgiens, Arméniens, Juifs, ou Tartares. Ce gvt, qui correspond à l’ancienne Colchide, comprend les petits pays de Gourie, d’Iméréthie, de Mingrélie, d’Abasie. Outre Koutaïs, le chef-lieu, il renferme les villes d’Akhiska, et les forts maritimes de Poli et de Soukoum-Kalé. C. P.

KOWNO ( Gvt de), gvt de l’Empire russe, formé de l’ancienne province lithuanienne de Samogitie, entre les gvts de Courlande au N., de Vilna à l’E., d’Angustowo au S., la Prusse propre et la Baltique à l’O. Pays plat, arrosé par l’Aa, la Windau, le Niémen inférieur et ses affluents ; sol fertile ; commerce de blé, de miel, surtout de lin et de chanvre. Ch.-l., Kowno. 40,571 kil. car.; 988,287 liab., catholiques. C. P.

KOZMIAN (Cajetan), poëte polonais, né en 1783 , m. en 1856 , a été, comme chef de l’école classique , en butte aux attaques des romantiques , à la tête desquels se trouvait Mickiewicz. Ses odes passent pour ce que la langue polonaise possède de plus beau dans le genre lyrique. On lui doit aussi des biographies de Kosciuszko , de Dombrowski, de Czartoryiski , etc., et des traductions d’Horace et des Bucoliques de Virgile. Mais son chef-d’œuvre poétique est les Géorgiques de la Pologne.

KRASINSKI (Valérien, comte), littérateur polonais, né dans la Russie Blanche vers 1780, m. en 1855, appartenait à une famille luthérienne. Placé, jeune encore, à la tête d’une division du ministère de l’instruction publique, et chargé de la direction des cultes dissidents en Pologne, il fit obtenir aux Juifs l’établissement d’un collège rabbinique à Varsovie, et introduisit dans sa patrie l’impression stéréotype. Lors de l’insurrection de 1830, il fit partie de la députation envoyée à Londres par le gouvernement national pour solliciter l’appui de la Grande-Bretagne : le triomphe des Russes l’empêcha de revenir, et, pour échapper à la misère, il se livra aux lettres. Les livres qu’il a publiés sont en anglais : The Rise , progress, and décliné of the Reformation in Roland, Londr., 1839-40, 2 vol. in-8°; Panslavism and Germanism, ibid., 1848, in-12; Lectures on the religious history of the Slavonian nations, Edimbourg, 1851, in-8°; Monténégro and the Slavonians in Turkey, ibid., 1853, in-8°. Il a aussi traduit en anglais le Traité des Reliques par Calvin, 1854, in-8°.

KRASINSKI (Sigismond, comte), poëte polonais, né en 1810, m. à Paris en 1859, publia, sous le voile de l’anonyme, la Comédie humaine et Iridion , poëmes qui eurent un grand retentissement à l’étranger.

KREIL (Charles), physicien et astronome, né en 1793 à Ried (Autriche), m. en 1863, étudiaàl’Université deVienne, obtint successivement divers emplois aux observatoires de Vienne , de Milan et de Prag;ue ; fut appelé, en 1845, à diriger celui de cette dernière ville, et, depuis 1851, fut directeur de l’Institut de météorologie et de magnétisme terrestre à Vienne. Outre les articles qu’il fit insérer dans les recueils scientifiques, il a publié , en italien : Tables historiques et théoriques sur les comètes, Milan, 1832: Observations sur le mouvement de libration de la lune, ibid., 1836; les 2 vol. de Supplément aux Ephèmérides astronomiques de Milan, 1836-38; — en allemand : Essai d'une appréciation de l’influence de la lune sur l’étal atmosphérique de la terre, Prague, 1841 ; Sur la nature et le mou-

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vement des comètes, ibid., 1843 ; Topographie magnétique et géographique de la Bohême, ibid., 1846; Topographie magnétique et géographique de l'Empire d'Autriche , Vienne, 1846- 1851, 5 vol. ; Influence des Alpes sur la manifestation de la force magnétique terrestre, ibid., 1850; Comptes rendus de l'Institut central de météorologie et de magnétisme terrestre , ibid., 1852 et suiv. ; Influence de la lune sur la déclinaison magnétique et sur l’intensité des forces horizontales qui composent la force magnétique de la terre, ibid., 1852-53, 2 vol.

KRUCKOWIECKI (Jean, comte), général polonais, né vers 1770 , m. en 1850 , fit la campagne de 1796 contre la France en qualité d’aide-de-camp du général autrichien Wurmser, entra en 1806 au service du grand-duché de Varsovie, et fit avec distinction toutes les campagnes jusqu’en 1813. Nommé gouverneur de Varsovie lors de l’insurrection de 1830, il mit la ville en état de défense, et, en 1831, devint président du gouvernement; mais, dépourvu de hautes capacités militaires, il traita bientôt avec le général en chef russe Paskévitch. Les Russes le reléguèrent dans l’intérieur de leur Empire.

K1TGLER (François-Théodore), archéologue allemand, né à Stettin, en 1808, m. eu 1858, professeur à l’Académie des beaux-arts de Berlin en 1835, est un de ceux qui ouvrirent des voies nouvelles à l’histoire de l’art, et qui provoquèrent en Prusse la naissance d’un art na-

tional. Ses écrits sont nombreux ; on a de lui , entre autres : Monuments des arts plastiques du moyen âge dans les Etats prussiens, Berlin, 1830, in-fol. ; Sur la polychromie dans l’architecture et dans la sculpture grecques, et sur ses limites, 1835, in-4°; Manuel de l’histoire de la peinture depuis Constantin jusqu’aux temps modernes , 1837 et 1847, 2 vol. in-8°; Description des trésors de l'art conservés à Berlin et à Potsdam, 1838, 2 vol.; Manuel de l'histoire de l’Art, Stuttgard, 1841 et 1847 ; Opuscules sur l’histoire de l’Art, Berlin, 1853; Histoire de l’architecture , Stuttgard, 1856, 2 vol.

KUNTH (Charles-Sigismond) , botaniste, né à Leipzig en 1788, m. en 1850, fut professeur de botanique à l’Université de Berlin en 1819, et membre de l’Académie des sciences de la même ville en 1829. On a de lui : Flora Berolinensis , Berlin , 1813 et 1838, 2 vol. in-8°; Nova généra et species plantarum, Paris, 1815-25, 7 vol. in-fol. ; Monographie des légumineuses, 1819; Graminées de l'Amérique tropicale , 1829-33,2 vol. ; Suites à la Monographie des mélastomées et des plantes équinoxiales commencée par Bonpland, contenant près de 6,000 descriptions de plantes.

KURUMAN, ou Nouveau-Litaliou , ville de l’Afrique australe, au N. du fleuve Orange, et sur les bords du Kuruman, par 27° 24' lat. S., et 21° 50' long. E., à 320 kil. S. -O. de Kolobeng. Elle a été fondée en 1812 parles missionnaires anglais Hamilton et Moffat. C. P.

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