‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 812 sur 864 · LAC LAC · texte numérisé non relu

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LABLACIIE (Louis), chanteur italien, né à Naples en 1794, m. en 1858. Sa carrière ne fut qu’une suite de triomphes. A l’âge de 36 ans, et dans toute la plénitude de son talent, il vint au théâtre italien de Paris, qu’il ne quitta presque plus. Lablache avait une magnifique voix de basse chantante, et si puissante, que les Italiens l’appelaient le héros du chant ; elle embrassait deux octaves pleines, montant du sol grave au sol aigu de poitrine. En même temps elle était agile, souple, gracieuse. Non moins étonnant comme comédien , Lablache était plein de dignité dans les rôles sérieux; et jamais, dans les rôles comiques ou bouffes, gaieté ne fut plus communicative que la sienne. B.

LABROUSTE (Alexandre-Pierre-Victor), né à Paris en 1796, m. en 1866, était fils d’un député au Conseil des Cinq-Cents. Après avoir été avoué à Paris, puis suppléant d’une justice de paix, il avait quitté sa profession de praticien lorsqu’il fut choisi, en 1838, par une réunion d’anciens élèves du collège de Sainte-Barbe, où il avait fait ses études, pour diriger cet établissement qui allait succomber sous la mauvaise fortune. Avec l’aide de collaborateurs dévoués comme lui, et entre autres de M. Guérard, le préfet des études, il porta, en moins de vingt ans, son college à un degré de prospérité inouïe, qui en fit un des plus importants établissements d’instruction publique de France. Un tel succès attira l’attention sur Labrouste : il fut décoré de la Légion d’honneur, et, en 1853 , appelé au Conseil supérieur de l’instruction publique, où il montra toute son aptitude dans les questions d’éducation et d'enseignement. L’éducation à la campagne, pour les jeunes écoliers, est une idée de Labrouste : il la réalisa en créant à Fontenay-aux-Roses une succursale , qu’il appela Sainte-Barbe-des-Champs. La restauration, la transformation et le développement de l’ancien collège fondé par Victor de Lanneau fera vivre le nom de Labrouste. C. D. — y.

LACORDAIRE (Jean-Baptiste-Henri), célèbre prédicateur dominicain, né en 1802 à Recey-sur-Ource (Côted’Or), m. en 1861, était fils d’un médecin, entra, en 1812, au lycée de Dijon, fit son droit à la Faculté de la même ville et son stage d’avocat à Paris. En 1824, il sentit naître sa vocation religieuse, et entra au séminaire de Sl- Sulpice. Il fut ordonné prêtre en 1827, et remplit les fonctions d’aumônier successivement dans un couvent de la Visitation à Paris, au collège de Juilly, et au collège Henri IV (auj. lycée Napoléon). Il ambitionnait le rôle de missionnaire, et se disposait à partir pour l’Amérique, lorsque la Révolution de 1830 éclata. Le jeune ecclésiastique ayant été voir l’abbé de Lamennais en Bretagne, ce

dernier le décida à travailler avec lui à l'Avenir, nouveau journal qui parut le 18 oct. 1830. La doctrine que préconisait cette feuille était la séparation de l’Église et de l’État, un clergé doté par les fidèles et non plus par le budget, la liberté de l’enseignement et de la presse, enfin l’Italie, la Belgique, la Pologne, rendues à leur propre nationalité. Lacordaire montra dans le développement de ces idées une verve, une chaleur, une passion et un talent vraiment remarquables. L’A venir attaquait des choses établies, et professait des doctrines contraires à certaines lois ; le journal fut cité en justice; Lacordaire y comparut trois fois, comme un de ses rédacteurs , et plaida pour lui-même avec un talent qui put le faire absoudre une fois. Tant de bruit, une lutte si opiniâtre, finit par alarmer le clergé : le 18 sept. 1832 parut une Lettre encyclique du Pape, qui blâmait les doctrines et les tendances de l’Avenir. Alors Lamennais et Lacordaire se rendirent à Rome pour y soumettre leur conduite à l’arbitrage de Grégoire XVI , qui les désapprouva. Lacordaire se soumit, se renferma désormais dans l’exercice de ses devoirs de prêtre, et revint occuper, à Paris, le modeste poste d’aumônier de la Visitation. — Son début, comme prédicateur, eut lieu à Paris, en 1834, devant les élèves du collège Stanislas, auxquels il fit des conférences qui attirèrent l’attention publique. L’autorité épiscopale s’en émut , et il fallut les discontinuer. En 1835 et 1836, MBr de Quélen, archevêque de Paris, le chargea de prêcher le carême à Notre- Dame; il n’avait que des hommes, et surtout des jeunes gens, pour auditeurs; il mêla un peu de politique, un peu de toutes les questions du moment à ses saintes exhortations, et son succès fut immense. Né pour la parole, voyant tout le bien qu’elle pouvait faire, il souhaita qu’elle devînt pour lui un devoir quotidien , et, en 1810, entra dans l’ordre des Frères prêcheurs ou Dominicains. L'année suivante, il reparut dans la chaire de Notre-Dame avec son nouvel habit , mais ne prêcha qu’une fois. 11 y remonta en 1843, et, chaque année, jusqu’en 1851, il reprit ses conférences du carême au milieu de la même affluence d’auditeurs. Il donna aussi, en divers temps, des conférences ou des retraites dans les principaux diocèses. — Le P. Lacordaire souhaitait de voir revivre en I rance l’ordre dont il avait pris l’habit en Italie; il avait, peu de temps avant son admission parmi les Dominicains, publié un Mémoire pour le rétablissement de l’ordre des Frères prêcheurs en France, in-8*, et une Vie de Si Dominique , Paris, 1840, in-8°. Il réussit : l’ordre des Dominicains fut autorisé, et il en releva le premier couvent à Chalais, non loin de Grenoble et de la Grande-Chartreuse. — Les Révolutions devaient toujours être fatales au P. Lacordaire : celle de

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1830 le jeta dans une polémique brûlante, et le fit le second de Lamennais ; celle de 1848 le conduisit dans l'Assemblée constituante, où l’envoya le département des Bouches-du- Rhône. Il vint siéger, en habit de dominicain, au sommet de la Montagne, et aborda plusieurs fois la tribune, mais sans succès. Il comprit que là n’était pas sa place, et, après une dizaine de jours, il donna sa démission de représentant du peuple. Néanmoins, il conserva toujours la conviction que, la vraie politique étant une large application des lois de justice et de charité, cet ordre de choses ne devait pas être soustrait aux préoccupations du prêtre. En 1860, le P. Lacordaire se laissa porter à l’Académie française, honneur que l’humilité du P. de Ravignan avait refusé. La politique lui porta encore malheur en se mêlant à son discours de réception, qui ne répondit pas à sa haute réputation d'éloquence. Peu de temps après , le P. Lacordaire se retira à Sorèze, non loin de Carcassonne, où il avait établi une maison secondaire de son ordre, et c’est là qu’il est mort.

Le P. Lacordaire fut le plus grand orateur sacré de son temps; emporté par une bouillante et brillante imagination, il manquait quelquefois de goût, de noblesse même, et descendait jusqu’à la vulgarité, comme pour mieux se faire entendre de certains de ses auditeurs, mais , ainsi que l’a dit M. Sainte-Beuve, « il n’en est aucun qui, par la hardiesse des vues et l’essor des idées, par la nouveauté et souvent le bonheur de l’expression, par la vivacité et l’imprévu des mouvements, par l’éclat et l’ardeur de la parole, par l’imagination et même la poésie qui s’y mêlent , puisse se comparer au P. Lacordaire. » Ses Conférences de Notre-Dame forment un ensemble dogmatique reposant sur cette idée que l’Eglise est immuable, mais qu’à chaque âge nouveau du catholicisme , il surgit des nouveautés nécessaires , sans que cela doive porter atteinte à la Foi. Il expose les moyens d’acquérir la Foi, et montre l’influence civilisatrice de la doctrine catholique sur l’humanité et sur la société; enfin, il examine la vie de Jésus-Christ sous le triple aspect de Dieu , de législateur et d’homme. Outre les ouvrages cités, on a encore du P. Lacordaire : Considérations philosophiques sur le système de M. de Lamennais, Paris, 1834, in-8°; Conférences de Notre-Dame de Paris, 1835-50, 3 vol. in-8°; Prédications du R. P. Lacordaire à Nancy, 1843,in-8u; Conférences du R. P. Lacordaire, prêchées à Lyon et à Grenoble, Lyon, 1845, in-8°; Oraisons funèbres de M. de Forbin- Janson, du général Drouot, et d’O’Connell , Paris, 1844-48, in-8°. Ces trois discours sont remarquables; le plus beau est l’oraison du général Drouot, une des plus heureuses et des plus sympathiques inspirations du grand orateur. Son dernier ouvrage publié roule sur la liberté de l'Italie et de l'Eglise, Paris, 1860, in-8°; il le composa de verve; c’est un éloquent plaidoyer pour le maintien de la souveraineté temporelle du Pape. C. D — y.

LACORNÉE (Jacques), architecte, né à Bordeaux en 1779, m. en 1856, fils d’un tailleur de pierres, fut élève de Bonnard. On lui doit trois des plus beaux édifices de Paris : le palais du Conseil d’Etat et de la Cour des Comptes, commencé sous la direction de Bonnard, mais peu avancé quand il mourut ; l’Hôtel du ministère des affaires étrangères , sur le quai d’Orsay ; et le grand bâtiment de la Manufacture impériale des tabacs. Les deux premiers édifices, bien qu’ils ne soient pas irréprochables sous le rapport de l’effet des lignes et des masses, placent Lacornée au rang de nos premiers architectes. C. D — y.

LACROSSE (Bertrand-Théobald-Joseph, baron de), fils du contre-amiral de ce nom (F. le Diction.), né à Brest en 1796, m. en 1865, entra dans la marine en 1811, passa dans la garde impériale en 1813, et se retira du service en 1815 avec le grade de capitaine. Député de Brest depuis 1834, il fit encore part-ie de l’Assemblée constituante de 1848, et reçut, aux journées de juin, le commandement des gardes nationales des départements. Dans le 1er ministère formé par le prince Louis -Napoléon, il eut le portefeuille des travaux publics. Réélu à la Législative, il fut encore ministre de l’intérieur par intérim pendant quelques mois, et reprit la direction des travaux publics en 1851. Après le coup d’État du 2 décembre, il fut membre de la Commission exécutive, puis entra au Sénat avec le titre de secrétaire. B.

LACTÉE (Voie) (Mythologie), partie du ciel composée de myriades d’étoiles qui font une longue trace blanchâtre du N. au S. Les Grecs disaient que Junon ayant donné à téter à Hercule nouveau-né, qu’elle avait trouvé abandonné dans un champ, il aspira son lait avec tant d’avidité, qu’il s’en répandit dans le ciel une grande partie,

qui forma la voie lactée. C’est en suivant la voie lactée que les héros divinisés entraient dans le ciel.

LA FAGE (Juste-Adrien Lenoir de), musicographe et compositeur, né à Paris en 1805, m. en 1862, fut le premier qui introduisit l’orgue d’accompagnement dans les églises. Depuis 1833, sa vie fut partagée entre les voyages , les études théoriques , l’enseignement et les travaux de la composition. 11 a laissé divers morceaux de musique instrumentale, des romances et chansons, des cantiques, des messes, des motets, des psaumes, et les ouvrages suivants : Manuel complet de musique vocale et instrumentale, eu Encyclopédie musicale (avec Choron), Paris, 1836-38, 6 vol. ; Séméiologie musicale, ou Eerposé succinct et raisonné des principes élémentaires de la musique, 1837, in-8Ç; De la chanson considérée sous le rapport musical, 1840, in-8° ; Eloge de Choron, 1843, iu-8°; Histoire générale de la musique et de la danse, 1844, 2 vol., où il n’est traité que de l’antiquité ; Notice sur Joseph Baini, 1844, in-8° ; Miscellanées musicales, 1844, in-8°, où ont été recueillies des notices publiées à diverses époques sur des musiciens célèbres; Cours complet de plain-chant, 1855-56, 2 vol. in-8°, etc. B.

LA FARINA (Joseph), littérateur et homme d’État italien, né à Messine en 1815, m. en 1863, fut quelque temps avocat. Compromis en 1837 dans un mouvement libéral, il quitta la Sicile, et lorsque, deux ans après, il eut obtenu d’y rentrer, il fonda successivement plusieurs journaux hostiles au gouvernement. Comme on lui interdit bientôt de rien publier, il alla s’établir à Florence, où il fit paraître des Études sur le xme siècle, ainsi que des ouvrages illustrés sur l’ Italie, l’ Allemagne rhénane, la Suisse et la Chine, et entreprit la publication d’une Histoire d’Italie depuis 1815. Lorsqu’en 1847 l’Italie commença sa réforme politique, il seconda les efforts des libéraux toscans par la création de l 'Alba (l’Aurore), journal démocratique et antipapal. La Sicile s’étant soulevée, il se hâta d’y retourner, et fut nommé membre du comité de la guerre, puis représentant au Parlement : après s’être acquitté de missions à Rome, en Toscane et auprès du roi de Piémont Charles-Albert, il cumula les portefeuilles de l’intérieur, des travaux publics et de l’instruction publique. En 1849, le rétablissement de l’autorité du roi de Naples le contraignit de se retirer à Turin, où il écrivit une Histoire de la Révolution de Sicile, 2 vol. Au moment de la guerre de 1859 contre l’Autriche, il voyait encore dans la république le salut de l’Italie ; mais il ne tarda point à adopter les idées d’unité monarchique, et devint un des agents les plus actifs du comte de Cavour. 11 fonda donc la Société nationale italienne, qui contribua puissamment au mouvement unitaire de 1860, et fut député au Parlement italien par 24 collèges électoraux. Après que la Sicile eut fait sa révolution, ou l’envoya dans l’ile pour hâter l’annexion au Piémont et empêcher le débordement des passions démocratiques; mais Garibaldi Je fit expulser. La Farina fut ensuite appelé au Conseil d’État, et, quand il mourut, il avait la vice-présidence du Parlement. B.

LAFERRIÈRE (Louis-Firmin-Julien), jurisconsulte, né à Jonzac en 1798, m. en 1861, avocat près la Cour royale de Bordeaux depuis 1821, fut nommé professeur de droit administratif à la Faculté de Rennes en 1838, inspecteurgénéral des Facultés de droit en 1847, conseiller d’Etat en 1849, recteur de l’Académie de Seine-et-Oise en 1850, et enfin administrateur de l’Académie de Toulouse. Il entra, par décret impérial, à l’Académie des sciences morales et politiques, eu 1855. On a de lui : Essai sur l’histoire du droit français, 1836-38, 2 vol. in-8°; Cours de Droit public et administratif, 1839, 2e édit., 1854, 2 vol. in-8°; Histoire du droit civil de Rome et du droit français, 1846-58, 6 vol. in-8°; Essui sur la réforme hypothécaire et sur le développement du crédit foncier, 1848, in-8°; De l’enseignement administratif dans les Facultés de droit, 1849, in-8° ; Histoire des principes, des institutions et des lois pendant la Révolution française, 1850 et 1852, in-12 ; Essai sur les anciennes coutumes de Toulouse, 1855, in-8°; Mémoire sur les lois de Simon de Montfort et sur les coutumes d’Albi des xme, xiv° et xve siècles, 1856, in-8°; Mémoire sur les origines de l’Université de Paris, dans le Compte rendu des séances de l’Académie des sciences morales et politiques, t. XXIII.

LAFONT (Charles), auteur dramatique, né à Liège en 1809, m. en 1864, fut attaché à la Bibliothèque Ste-Geneviève de Paris. Ses principaux drames sont : la Famille Moronval, 1834; Jarvis l’honnête homme, 1840, remanié sous le titre du Marchand de Londres; la Folle de la Cité, 1843. Il fit jouer au Théâtre-Français le Chef-d'œuvre inconnu, 1837.

LAFRENSEN (Nicolas), connu en France sous le nom de Lavreince ou La Yrince, peintre suédois, né en 1746,

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m. en 1808, fit un premier séjour en France en 1771, et y revint de 1774 à 1791. Il peignait à la gouache, et son œuvre est le curieux reflet du monde léger et galant, des modes et de. l’ameublement du temps de Louis XVI. Son oeuvre gravé est fort connu des amateurs. 11 subsiste de lui, dans les châteaux royaux de Suède, et ailleurs, d’intéressantes compositions. M. H. Vienne prépare un Essai sur l’œuvre gravé de Lafrensen (août 1868).

LAGRANGE (Charles), conspirateur, né à Paris en 1804, m. en 1857, servit dans l’artillerie de marine, prit part à la Révolution de 1830 et à l’insurrection de Lyon en 1834, fut condamné à la détention perpétuelle, réussit à s’échapper de prison, revint en France après l’amnistie de 1839, fut encore un des acteurs de la Révolution de 1818, figura, comme représentant de la Seine, dans l’Assemblée constituante et la Législative parmi les Montagnards, et fut expulsé après le coup d’Élat du 2 déc.

LAGRENÉ (Théodore-Marie-Melchior-Joseph de), diplomate, né près d’Amiens en 1800, m. en 1862, eut à s'occuper, comme chargé d’affaires à S‘ - Pétersbourg, des négociations relatives à la Belgique en 1831, des complications qu’entraîna l’insurrection polonaise, et protesta contre le traité d’Unkiar-Skelessi, conclu entre la Russie et la Turquie. Nommé ministre à Darmstadt en 1834, à Athènes en 1835, il accepta en 1843 une mission extraordinaire en Chine, où il obtint un traité de commerce avantageux et une certaine liberté pour le culte chrétien. De retour en 1846, il fut élevé à la pairie. Député de la Somme à l’Assemblée législative en 1849, il rentra dans la vie privée après le coup d’Etat de 1851, et devint un des administrateurs du chemin de fer du Nord. B.

LA GUETTE (Catherine Meürdrac de), née à Mandres (Brie) en 1613, m. en 1680, épousa Jean Marius ou Mariotde La Guette, gentilhomme qui, pendant la Fronde, prit parti pour les princes. Elle se mêla activement aux intrigues des Frondeurs, et, quand tout fut rentré dans l’ordre, se retira en Hollande. Mn*e de La Guette est surtout connue par des Mémoires sur les événements de son temps et sur elle-même. Ils parurent un an après sa mort, La Haye, 1681, in-18, et ont été réimprimés dans la Bibliothèque elzévirienne, Paris, 1856, in-18.

LA1NG ( Alexandre-Gordon ) , voyageur anglais , né en 1794 à Edimbourg , d’un maître de pension , m. en 1826, entra au service militaire dès l’âge de 16 ans. En 1820, il était à Sierra-Leone, comme lieutenant et aide-de-camp du gouverneur Maccarthy , quand on le chargea de reconnaître la contrée située entre la Rochelle et la Gambie. C’est à ce voyage qu’on doit les premiers renseignements un peu exacts sur la région qui environne Tombouctou. Promu au grade de major, à son retour en Angleterre , 1825, il accepta une mission de découvertes aux sources du Niger, alla de Tripoli à Tombouctou avec une caravane, et fut étranglé, sur la route de Tombouctou à Sansanding, par ordre d’un cheik arabe qui voulait le contraindre à se faire musulman.

LAJARD (J. -B. -Félix), archéologue, né à Lyon en 1783, m. en 1858, fut attaché comme secrétaire, en 1807, à l’ambassade du général Gardanne en Perse, et prit dans ce pays le goût des antiquités orientales. Rentré dans la vie privée en 1815, il se livra à ce genre d’études, et publia : Recherches sur le culte, les symboles, les attributions et les monuments fiyurés de Vénus, en Orient et en Occident, 1837-1847, in-4°; Recherches sur le culte public et les mystères de Mythra, en Orient et en Occident, 1847-48, in-4°. Lors de l’épuration politique de l’Institut, en 1816, Lajard entra , par ordonnance royale , à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, bien qu’alors il n’eût encore rien publié. Il prit une part active aux travaux de cette Académie, fut de la commission de V Histoire littéraire de la France , et inséra, dans le tome XVI des Mémoires, un travail considérable intitulé : Recherches sur le culte du cyprès pyramidal chez les peuples civilisés de l'antiquité , et divers autres Mémoires dans le même recueil. Les ouvrages de Lajard ont pour but principal de démontrer l’existence de rapports antiques entre la Grèce et l’Orient.

LAJATICO (Don Neri Corsini, marquis de), homme d’Etat italien, né à Rome , m. en 1859, entra de bonne heure au service de la Toscane. 11 était gouverneur civil et militaire de Livourne lors des événements de 1847. Appelé en février 1848, par le grand-duc Léopold , aux ministères des affaires étrangères et de la guerre, il contracta une alliance intime avec Charles-Albert, et organisa rapidement un petit corps d’armée avec lequel il se distingua à la journée de Curtatone : mais, contrecarré dans ses

projets parle grand-duc tout dévoué à l’Autriche, il dut bientôt se retirer, et vit avec douleur la fuite du souverain (7 février 1849) et son rétablissement par l’intervention armée de l’Autriche. Représentant de la Toscane au camp des souverains alliés, il fit la campagne de 1859, puis accepta la mission de défendre à Paris et à Londres les vœux des Toscans pour l’annexion à la Sardaigne. Il mourut à Londres pendant le cours de sa mission. C. P.

LA LAGUNA (dép. de), division administrative du Mexique, entre les dép. de Campêche à l’E., de Tabasco et de Chiapas à i’O. , la colonie anglaise de Balise au S. et le golfe du Mexique au N., comprend le S. -O. de la presqu’île d’Yucatan, et tire son nom de la vaste Lagune de Terminas, formée par le golfe du Mexique entre le continent et l'île de Carmen. Côtes basses et marécageuses, climat malsain ; commerce de bois de teinture et de peaux. Ce dép. dépend de la division militaire de Mérida. Ch.-l., Carmen. C. P.

LA MARMORA (Albert Ferrero, comte de), général et archéologue italien, né à Turin en 1789, m. en 1863, servit dans les armées françaises de 1807 à 1814, puis dans l’armée sarde, fut confiné pendant près de 9 ans en Sardaigne comme soupçonné d’avoir sympathisé avec la Révolution de 1821, reçut en 1841 le commandement de l’École royale de marine établie à Gênes, dirigea en 1848 les troupes piémontaises qui participèrent à la défense de Venise, fit partie du Sénat institué par Charles-Albert, et retourna en Sardaigne en qualité de commissaire extraordinaire en 1849. On a de lui un Voyage en Sardaigne, grand ouvrage divisé en 4 parties : Description physique et politique, 1826 et 1839; Antiquités, 1840: Description géologique, 1852; Itinéraire, 1860. Il est aussi l’auteur de plusieurs Mémoires sur les grès et sables du Sahara, et sur la géologie du bassin occidental de la Méditerranée. C. P.

LAMBEL, né à en , m. en , dé-

puté du Rouergue (Aveyron) à l’Assemblée constituante, proposa la suppression des titres de noblesse. Ce fut à la séance du soir du 19 juin 1790 que cette proposition fut faite. La Fayette etLameth l’appuyèrent; Leehapelier la formula en projet de décret, qui fut adopté, et qui interdisait jusqu’aux titres d’excellence, monseigneur, grandeur, abbé, etc., et défendait aux citoyens de prendre d’autres noms que leurs noms de famille et patronymiques, et prohi liait l’usage des livrées, des armoiries et de l’encens, quand il n’est pas offert à la divinité.

LAMBLARDIE (Jacques-Elie), ingénieur, né à Loches en 1747, m. eu 1797, exposa, dans un Mémoire sur les côtes de la haute Normandie (le Havre, 1789, in-4°), un nouveau système d’écluses de chasse pour repousser les bancs de galets accumulés à l’entrée des ports de ces parages. Puis il imagina des moyens simples et ingénieux de tenir, dans les ports d’assèchement, les bâtiments à flot sans le secours des portes. On lui doit la construction des écluses du Tréport et de Dieppe, et celle du pont à bascule du Havre. Enfin, s’occupant des moyens propres à détruire les obstacles qu’éprouve la navigation de la basse Seine, il conçut l'idée hardie d’un canal qui irait de Villequier au port du Havre, et qui pourrait recevoir les plus gros bâtiments. En 1793, il fut appelé à Paris pour remplacer Perronnet dans la direction de l’Ecole des ponts et chaussées ; en 1795, il devint, en outre, professeur à l’Ecole polytechnique. B.^

LAMBOY (Guillaume de), général au service de l’Empire d’Allemagne, était d’origine belge. Il fut envoyé en 1636 au secours de la ville de Dole menacée par Coudé, fit lever le siège de S‘-Omer au maréchal de Châtillon en 1638, se distingua sous les murs d’Arras i n 1640, assista au combat de La Marfée en 1641, perdit contre le comte de Guébriant la bataille de Kempen en 1642, et commanda une partie des troupes espagnoles à celle de Lens en

LAMORICIÈRE (Christophe -Louis -Léon Jcchault de), général, né à Nantes en 1806, m. en 1865. Au sortir de l'École polytechnique et de l’École d’application de Metz, il entra dans le génie, fit partie de l’expédition d’Alger en 1830, et passa capitaine aux zouaves nouvellement créés. Directeur du premier bureau arabe et chef de bataillon en 1833, lieutenant-colonel en 1835, colonel après la prise de Constantine en 1837, il fut nommé manéchal de camp à la suite du combat de Mouzaïa ea 1840, se distingua encore aux affaires de Tagdempt et de Mascara en 1341, devint lieutenant-général en 1843, prit part à la bataille d’Isly en 1844, organisa en 1847 l’expédition qui fit tajnber la smalah d’Abd-el-Kader aux mains du duc d’Aumale, et reçut la soumission de l’émir lui-même. Élu, l’année précédente, député de S'-Calais,

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il se trouvait à Paris quand éclata la Révolution de 1848 : il marcha aux insurgés, et fut blessé. Représentant de la Sarthe à l’Assemblée constituante, il combattit pendant les journées de Juin au Faubourg-Poissonnière et à la Bastille, puis accepta le ministère de la guerre, qu’il conserva jusqu’à l’élection présidentielle. Réélu à l’Assemblée législative, dont il fut vice-président, il combattit la politique du prince Louis-Napoléon, fut arrêté lors du coup d État du 2 déc. 1-851, enfermé quelques jours à Ham, puis éloigné du territoire français. Autorisé à rentrer en France en 1857, il alla, en 1860, prendre le commandement des troupes pontificales contre la révolution italienne, fut attaqué par les généraux piémontais Fanti et Cialdini, défait à Castelfidardo, et contraint de capituler dans Ancône (F. Italie dans ce Supplém.). On a de lui : Réflexions sur l’élat actuel d'Alger, 1836; Projet de colonisation de l’Algérie, 1845 ; Rapport sur les haras, 1850. , B.

LA MOTHE-FOUQUÉ (Henri- Auguste, baron de) , né à La Haye en 1698, d’une famille de réfugiés calvinistes français, m. en 1774, fit comme simple soldat, en 1715, la campagne des Prussiens contre Charles XII, passa au service du Danemark en 1738, reçut du grand Frédéric, en 1740, un régiment à la tête duquel il se distingua en Silésie, et devint lieutenant-général à l’époque de la guerre de Sept ans. On a de lui des Mémoires, Berlin , 1788, 2 vol. ^ B.

la mothe-fottquÉ (Frédéric-Hcnri-Charles, baron de), petit-fils du précédent , né à Brandebourg en 1777, m. en 1843 , fit les campagnes de 1793-1795 dans la cavalerie prussienne, puis se livra à la poésie et au roman idéal. Il est , avec Chamisso , le représentant de cette école poétique allemande qui, se détachant des souvenirs grecs et romains, a puisé ses inspirations dans le moyen âge chrétien. Ses principaux ouvrages sont : l'Anneau féerique , les Voyages de Thiodulf, le Troubadour amoureux , le Chevalier Galmye, Ondine , Bertrand Du Guesclin , et la Lutte de Wartbourg. B.

LANCASTRE (Thomas, comte de), né vers 1275, m. en 1322, cousin germain du roi d’Angleterre Edouard II, se mit à la tête des nobles qui firent décapiter, en 1312, le favori Gaveston, et dirigea le conseil du roi de 1316 à 1318. En 1320, il se déclara encore contre deux nouveaux favoris, les Spenserpère et fils, et eut le tort d’appeler à son aide les Ecossais : poursuivi par les troupes royales, il dut se rendre et fut mis à mort.

lancastre (Henri, comte de Derby, puis duc de), né vers 1310, m. en 1362, reprit aux Français, en 1337, l’ile de Cadsand, prit part à la bataille navale de l’Ecluse en 1340, fut nommé, en 1345, lieutenant du roi Edouard III en Aquitaine, participa, en 1347, au siège de Calais, et eut, par ses conseils, une grande influence sur la conclusion de la paix de Brétigny, en 1360.

lancasthe (Jean de gand, duc de), troisième fils d’Edouard III, né à Gand en 1339, m. en 1399, suivit son frère le Prince Noir en Castille, se signala à la bataille de Najara (1367), épousa la fille aînée de Pierre le Cruel (1370), fit une campagne désastreuse en France (1373), ne réussit pas mieux dans une attaque contre S'-Malo (1378), et tomba dans une impopularité qui ne fut pas sans influence sur l'insurrection de Walt-Tyler (1381 (.Appelé par Jean Ier, roi de Portugal, contre la Castille, il conquit d’abord la Galice, mais n’éprouva ensuite que des revers (1386). Un de ses fils devint roi sous le nom de Henri IV.

LANGERON (Andrault, comte de), général, né à Paris en 1763, m. en 1831, combattit dans la guerre d’Amérique en 1782-83, émigra à la Révolution, prit du service en Russie, et porta les armes contre la France dans la Belgique avec le duc de Brunswick et le prince de Saxe- Cobourg. Lieutenant-général en 1799, il commanda une division russe à Austerlitz en 1805. Envoyé contre les Turcs, il défendit Bukharest, et prit Silistrie, Routschouk, Giurgewo. Lors de l’expédition de Napoléon I«r en Russie, 1812, il eut un commandement dans l’armée de Tehitcliagof. Après avoir fait les campagnes de 1813, 1814 et 1815, il devint gouverneur des bords de la mer Noire. Il commença la guerre de Turquie, en 1828; mais, le commandement en chef ayant été donné à Diebitsch, il prit sa retraite. B.

LANSDOWNE (Henri Petty Fitz-Maurice, marquis de), homme d’Etat, né à Londres en 1780, m. en 1863, était fils du comte de Shelburne (F. le Dict.). Député, depuis 1802, à la Chambre des communes, il fit de l’opposition. En 1806, il fut du ministère de coalition formé par Fox et Greuville, et remplaça Pitt comme chancelier de

l’Echiquier; mais son parti tomba du pouvoir dès l’année suivante. La mort de son frère aîné, en 1809, l’appela dans la Chambre des lords, où il soutint l’abolition des lois pénales contre les catholiques irlandais et celle de l’esclavage. En 1827, à la demande de Canning, il accepta le portefeuille de l’intérieur, puis, sous la courte administration de lord Goderich (Ripon), celui des affaires étrangères. Il devint président du conseil dans le ministère whig de lord Grey, 1830-34, et conserva la même position dans le cabinet Melbourne, 1835-41 ; il prit part alors à la réforme parlementaire, à la réforme ecclésiastique, à l’établissement de la taxe unique des lettres, etc. Il eut encore la présidence du conseil dans le ministère Russell, 1846-52, et occupa un siège, mais sans fonctions déterminées, dans les cabinets du comte d’Aberdeen et de lord ' Palmerston. B.

LANSLEBOURG, ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à l’E. de S'-Jean-de-Maurienne; 1,470 hab.; c’est le point de départ de la magnifique route du mont Cenis.

LAPÈNE ( Blaise-J. -B. -Fr. -Edouard), général et écrivain militaire, né en 1790, m. en 1854, fit les dernières campagnes de l’Empire. Capitaine en 1813, il devint, pendant la Restauration, sous-directeur de la manufacture d’armes de Tulle, chef d’escadron après la Révolution de 1830, servit de nouveau en Afrique, fut commandant supérieur de Bougie, lieutenant-colonel en 1839, colonel en 1843, et général de brigade en 1848. Il a laissé : Événements militaires devant Toulouse en 1814, Paris, 1822; Conquête de l'Andalousie, campagnes de 1810 et 1811 dans le midi de l'Espagne , 1823 ; Campagnes de 1813 et 1814 sur l’Èbre, les Pyrénées et la Garonne, 1823; Vingt-six mois à Bougie, ou Collection de mémoires sur sa conquête, son occupation et son avenir ; Notice historique, morale, politique et militaire sur les Kabyles, 1840; Tableau historique de l’Algérie, depuis l’occupation romaine jusqu’à la conquête par les Français en 1830, 2 parties, in-8°, 1845; Tableau historique, moral et politique sur les Kabyles, 1846. On trouve encore, dans les Mémoires de l’Académie de Metz, un Tableau historique de la province d'Oran, depuis le départ des Espagnols en 1792 jusqu'à l'élévation d' Abd-el- Kader en 1831.

LAPIE (Pierre) , cartographe , né à Mézières en 1779, m. en 1850 , entra dans le corps des ingénieurs-géographes en 1794, fit plusieurs campagnes en Italie , arriva au grade de colonel d’état-major, devint directeur du cabinet topographique du roi Louis XVIII en 1814, et, plus tard , son premier géographe , enfin chef de la section topographique du dépôt de la guerre. Dès 1818 , il prit part à l’exécution de la grande Carte de France. Auteur d’un Allas classique, 1812 , amélioré dans les éditions ultérieures, et d’un trèsbel Allas universel de géographie ancienne et moderne , 1828 , il a , en outre , donné des cartes spéciales de F Europe ( en 6 feuilles), de la Turquie d' Europe (en 16 feuilles ), de V Empire romain avec l’indication de tous les Itinéraires anciens, des Iles Britanniques , de V Europe centrale , de la Russie , de 1 Egypte , des provinces d’Alger, d’Oran et de Constanline , enfin des globes de différents diamètres. B.

LARDNER ( Dionysius), savant, né à Dublin en 1793, m. en 1859, se fit connaître par deux ouvrages sur la Géométrie algébrique, 1823, et sur le Calcul différentiel et intégral, 1827. Il fit paraître ensuite un Traité de l’application de la vapeur, 1828, in-8°. Appelé, en 1828, à la chaire de philosophie naturelle (physique) et d’astronomie à l’Université de Londres, il publia un Traité analytique de Trigonométrie plane et sphérique. Vers cette époque, il conçut le plan d’une vaste Encyclopédie populaire, qu’il exécuta avec le concours des premiers écrivains du temps, tels que Brewster, Ilerschell, W. Scott, Southey, Mackintosh, Moore, Lindley, Powell, etc., et contribua pour sa part à l’œuvre commune en donnant divers traités sur l’Hydrostatique, la Pneumatique, la Chaleur, l’ Arithmétique et la Géométrie. Cette collection, précieuse quoique incomplète, est connue sous le titre de Lardner’ s Cyclopœdia , et forme 135 vol. in-12 (1830-1844); il en a été publié une 2e édition en 1854. A la suite d’un procès scandaleux, en 1840, Lardner s’expatria, et se rendit aux États-Unis, où il fit des lectures scientifiques qui lui rap portèrent au moins un million de francs. A son retour d’Amérique, en 1845, Lardner, fixé à Paris, publia ; Economie des chemins de fer, 1850 ; Revue de l’Exposition universelle de Londres, 1852 ; Manuel de Physique et d’ Astronomie, 2e édition, 1855, 6 vol.; Muséum de la Science et de l'Art, 1853 et suiv., 12 vol. in-12; des Manuels de Physique, de Pneumatique, d' Hydrostatique , de la Chaleur , d’ Optique, de Mécanique, d' Electricité, de Magnétisme et d’ Acoustique (1854-1856).

LA RIBOIS1ÈRE (Honoré-Charles Baston, comte de),

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né en 1788 à Fougères (Ille-et-Vilaine), ni. en 1868, était fis du général de ce nom (F. le Dictionn,'). Élève de i'Éeole polytechnique, il servit dans l'artillerie à Wagram, (it la campagne de Russie, et devint chambellan, puis officier d’ordonnance de Napoléon 1er. Député de Fougères de 1829 à 1835, puis pair de France, il reparut à l’Assemblée législative de 1849, et entra au Sénat en 1852. — Sa femme (Élisa Roy), m. eu 1851, a fondé l’hôpital La Riboisière à Paris.

LA ROCHEFOUCAULD-LIANCOURT (Frédéric-Gaétan, marquis de), un des fils du duc de La Rochefoucauld- Liancourt (7. ce mot dans le Dictionnaire), né en 1779, m. en 1863, fut sous-préfet du premier Empire à Clermont et aux Andelys, et, pendant le gouvernement de la Restauration et celui de Louis-Philippe, siégea à la Chambre comme député du Cher. Il y combattit le système pénitentiaire et l’esclavage des noirs. La Société de la morale chrétienne le nomma son président. Le marquis de La Rochefoucauld a donné, en 1862, une édition en 10 vol. de ses Œuvres : on y trouve des fables, des poésies, des pièces de théâtre, des discours politiques, des Etudes de Racine sur la littérature, la morale et l'histoire, etc.

LA ROCHEJAQUELEIN (Henri-Auguste-Georges Du Vergiek, marquis de), neveu du héros vendéen, né en 1805 au château de Citran (Gironde), m. en 1867, fut élève de l’École militaire de Sl-Cyr, fit en 1823 la guerre d’Espagne dans la cavalerie, reçut la pairie en 1825, alla servir dans l’armée russe contre les Turcs en 1828, se démit de la pairie en 1830, fut député du Morbihan de 1842 à 1848, adhéra à la République, et, après avoir fait partie de l’Assemblée constituante et de l’Assemblée législative, entra au Sénat en 1852.

LARRA (Mariano-José de), poëte espagnol, né à Madrid en 1809 , m. en 1837 , vécut avec sa famille en France de 1813 à 1822, débuta dans la poésie en 1827, publia successivement deux joui'naux satiriques, le Farfadet satirique, 1828, et le Pauvre causeur, 1831, devint en 1833 rédacteur en chef de la Revue espagnole, puis participa à la rédaction du journal le Monde. On a de lui : N ornas mostrador, 1831, comédie en prose, imitée des Adieux au comptoir de Scribe; Macias , tragédie, 1834; el Doncel de don Enrique el Doliente , roman, 1834, 4 vol.; De 1830 à 1835, ô la Espaiia desde Fernando Vil hasta Mendizahal , 1836; Figaro, colecc.ion de articulos dramâticos, literarios, politicos y de coslumbres, 1837 , 5 vol., recueil des articles qu’il publia sous le nom de Figaro dans la Revue espagnole. Ses Œuvres complètes ont été réunies à Madrid, 1837, 13 vol.

LASINIO (Carlo, comte), graveur italien, né à Trévise en 1757, m. vers 1830, passa la plus grande partie de sa vie à Florence. Son œuvre est très-considérable. Nous citerons : les planches de l’ouvrage intitulé : Ritratti degli Archivescovi e Vescovi di Toscana, 1787 ; une quarantaine de planches exécutées d’après les maîtres florentins pour la collection de l’ Etruria pittrice ; 20 planches d’après Benozzo Gozzoli, et 20 d’après Dominique Ghirlandajo ; les Infortunes de Job et la Cène, de Giotto ; St Pierre prêchant les Gentils, de F. Lippi ; le Jugement dernier et le Triomphe de la mort, d'André Orcagna; V Exposition du St-Sacremeut, de Rosselii ; la Chaire de l'église Ste- Croix à Florence, en 7 planches in-fol. — Son fils, Glov.-Paolo Lasinio, m. en 1855, a été aussi un graveur estimé. Sans parler de sa collaboration à la Galerie de Turin, à la Galerie de Florence et au Musée Bourbon de Naples, il a publié de grands ouvrages à gravures : Monumenti sepolcrali délia Toscana, Florence, 1819; la Metropolitana Fiorentina, ibid. , 1820; Raccolta di Pitture antiche, Lise, 1820 ; le Ire Porte del Battisterio di Firenze, Florence, 1821 ; Galleria Ricciardiana, ibid., 1822-24; Raccolta di monumenti di scullura del Campo- Santo di Pisa, ibid., 1825.

LASSAIGNE ( Jean-Louis ), chimiste, né à Paris en 1800, m. en 1859, élève de Vauquelin, remplaça Dulong, en 1828, dans la chaire de physique et de pharmacie à l’école d’Alfort. Il a découvert la delphine, l’éther phosphorique, l’acide phosphovinique, l’acide pyrocitrique, les acides pyrogénés de l’acide malique, la cathartine ; fait connaître les propriétés de certains sels de chrome ; démontré la possibilité d’appliquer le chromate de plomb à la teinture de toutes les étoffes ; étudié l’iode, ses réactifs et ses composés ; indiqué les moyens de doser l’acide acétique des vinaigres du commerce, et les procédés de carbonisation des matières organiques pour la recherche des sels plombiques et de l’arsenic ; perfectionné la confection de l’émail des poteries, etc. Il a publié : Dictionnaire des réactifs chimiques employés dans toutes les expériences, 1839, in-8° ; Traité de l’histoire naturelle el médicale des substances employées dans la médecine des animaux domes-

LAU

tiques, 1841, in-8°; Abrégé élémentaire de chimie, 4e édit., 1846, 2 vol. in-8", etc.

LASSUS (Jean-Baptiste- Antoine), architecte, né à Paris en 1807, m. en 1857, entra en 1828 à l’École des Beaux- Arts, fit une étude toute particulière des monuments de l’époque ogivale, fut nommé en 1837 architecte de l’église Sl-Séverin, à la façade occidentale de laquelle il ajouta la porte de Sl-Pierre-aux-Bœufs qu’on venait de démolir dans la Cité, pr-ésida en 1838 aux restaurations de Sl-Germainl’Auxerrois , construisit l’église St-Nicolas à Nantes en 1843, devint architecte de Notre-Dame de Paris en 1845, avec M. Viollet-Le-Duc , restaura le clocher neuf de la cathédrale de Chartres, fut chargé en 1852 de bâtir la nef de la cathédrale de Moulins, et, depuis 1849, dirigea les travaux de restauration de la Ste-Chapelle à Paris, commencés par M. Duban. En 1849. il entreprit encore l’église S‘-Nicolas de Moulins, et, en 1853, celle de Sl-Pierre de Dijon. On lui doit enfin la instauration de Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, de l’église de S^-Aignan (Loiret-Cher), et la construction de l’église de Belleville - Paris. Dans l’architecture civile, il n’a produit que l’hôtel du prince Soltykoft', sur l'avenue Montaigne à Paris. Lassus donnait aussi des modèles pour les œuvres d’orfèvrerie ou de bronze. En 1837 , le Comité des arts et des monuments le chargea de diriger la partie graphique de la monographie de la cathédrale de Chartres. Les Annales archéologiques de M. Didron contiennent plusieurs articles où est exposée sa doctrine sur l’architecture ogivale : il y combat l’école classique, qui prétend imiter les temples antiques avec d’autres matériaux , sous un autre climat, pour une autre religion , en un mot, dans d’autres conditions que celles où ils furent élevés. B.

LATOUR (Aristide), compositeur de musique, né en Bretagne, m. en 1855, suivit d’abord la carrière des armes. De 1838 à 1849, il publia chaque année un Album de chant, dont les morceaux se fout remarquer par une élégance peu ordinaire. B.

LAUDERDALE (James Maitland , comte de), homme d’Etat et économiste anglais , né en 1759, m. en 1839, fut admis au barreau d’Edimbourg en 1780, et, bientôt député de Newport au Parlement, fit partie en 1787 de la commission chargée de poursuivre Warren Hastings. Appelé à la Chambre des lords par la mort de son père , il y combattit les tendances hostiles à la République française, et, dans un voyage à Paris, se lia avec les Girondins. Pendant le ministère de Fox, 1806, il fut nommé pair d’Angleterre, membre du Conseil privé, et lord-chancelier d’Ecosse. En 1816 , il appuya une motion de lord Holland contre la captivité de Napoléon à Ste-Hélène. Vers la fin de sa vie, il déserta les principes libéraux, et combattit les plans de réforme parlementaire. 11 a laissé beaucoup de brochures sur les affaires de lTnde et de l’Irlande , sur les céréales , sur les finances , etc. B.

LAURENT (Auguste), chimiste, né en 1807 à la Folie, près de Langres, m. en 1853. Fils d’un négociant, il était destiné au commerce ; mais, entraîné par son goût pour les sciences, il entra en 1826 à l'École des mines. Pourvu, trois ans après, du diplôme d’ingénieur, il parcourut les provinces rhénanes, l’Autriche, la Saxe, la Pologne, en visitant les mines et les usines métallurgiques. Puis il consacra à la cliimié tout son temps. Il fut admis comme préparateur à l’École centrale des arts et manufactures ; mais bientôt Brongniart, directeur de la manufacture de Sèvres, l’associa à ses travaux, et s’en fit puissamment aider dans les analyses et les recherches dont les résultats sont consignés dans le beau Traité sur les arts céramiques. Ces occupations ne répondant pas aux vues de Laurent , il quitta la manufacture de Sèvres pour installer, dans une mansarde, un laboratoire public de manipulations, qui l’aida à poursuivre ses recherches particulières pendant quelque temps. Cette ressource était trop précaire ; aussi fut-il contraint d’entrer chez un parfumeur, où il distilla des essences et essaya les drogues employées par son patron. Là, il s’occupa aussi de faire un résumé de ses idées théoriques sur la constitution des corps composés et de réunir ses vues dans un corps de doctrine. Il composa une thèse sur ce sujet, et la soutint avec succès en 1837. Lavoisier et Berzélius admettaient que, dans tous les composés, il existe deux éléments, doués de propriétés opposées, réunis entre eux par l’affinité, et qu’il est possible de séparer. C’est là le principe du dualisme. Laurent prétend, au contraire, que, dans tout composé, il est impossible de reconnaître deux éléments préexistants, et qu’un composé organique constitue un ensemble arbitraire formé par la réunion directe d’éléments simples ou composés, éléments qu’on peut remplacer dans ce composé par des groupes

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analogues, sans altérer l’harmonie du composé ou du type. C’est là la théorie de la nouvelle école, de l 'École unitaire, dont Laurent devint le chef. — Laurent , sorti de chez son patron le parfumeur, qui l’avait associé à ses bénéfices, alla dans le duché de Luxembourg diriger une manufacture de porcelaine; il fut bientôt rappelé par Thénard, qui lui fit donner la chaire de chimie de la Faculté des sciences de Bordeaux, 1838. Dans cette position tranquille, il entreprit et publia un nombre considérable d’analyses et de recherches, qui ont toutes paru dans les Annales de chimie et de physique (2e et 3« série). En 1846, il revint à Paris, travailla quelque temps dans le laboratoire de l’École normale, et, en 1818, fut nommé essayeur à la Monnaie. Indépendamment des mémoires, notices, communications présentées à l’Institut , et qui figurent dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences ou dans les Annales de chimie et de physique , Laurent a laissé : Précis de cristallographie , suivi d’une méthode simple d'analyse au chalumeau, 1847 ; Méthode de chimie, 1854. Beaucoup de ses Mémoires ont été faits en collaboration avec Gerhardt. J. G.

LAVALLÉE (Théophile-Sébastien), historien, né à Paris en 1804, m. en 1867, professeur à l'Ecole militaire de Sl-Cyr depuis 1826, a publié : Jean sans Peur, scènes historiques, 1829-30, 2 vol. ; Géographie physique, historique et militaire, livre fait avec beaucoup de soin et très-bien réussi, 6e édit., 1857 ; Histoire des Français, 12e édit., 1858, 4 vol. in-12, excellent résumé, qui obtint un grand sucoès; Histoire de Paris, 1851, gr. in-8°; Atlas de géographie militaire, in-4°, 1851, bon travail aussi; Histoire de la maison royale de Saint-Cyr, 1853, gr. iu-8°; Histoire de l’Empire ottoman, 1855, gr. in-8°. Il a continué l’Histoire d’Angleterre de Lingard, refondu la Géographie universelle de Malte-Brun, et donné une édition des Lettres et des OEuvres de i l/me de Mainienon , Paris, 1856-66, 10 vol. in-12. Cette dernière publication, très-estimable, a deux défauts : le premier, l’éparpillement des lettres par genres; le second, un manque de critique, qui a conduit l’auteur à admettre dans sa collection plusieurs lettres dont l’authenticité n’est pas établie. Dans tous les cas, ce recueil est bien supérieur à celui de La Baumelle.

LA VREINCEou Lavreince ou Là Vrince. Voy.Lafrensen.

LAWRENCE (William), chirurgien anglais, né vers 1785, m. en 1867, membre de la Société royale de Londres depuis 1813, professa de 1815 à 1819 la médecine opératoire au Collège des chirurgiens, puis fut attaché à l’hôpital S‘-Barthélemy et à l’hôpital ophthalmique. On a de lui : Introduction à l’anatomie comparée, 1810; Traité des hernies, traduit en français par Béclard et Cloquet, 1818 ; Leçons de physiologie, 1819 ; Traité des maladies de l’œil, 1841, etc. B.

LÉAKK (William-Martin) , voyageur et archéologue anglais, né à Londres en 1777, m. en 1860, servit dans l’artillerie, où il arriva au grade de lieutenant-colonel. Il commença à parcourir l’Orient, l’Asie Mineure, Chypre, la Syrie et la Palestine en 1800, puis, en compagnie de W.-R. Ilamilton , l’Egypte en 1801, la Syrie de nouveau en 1802, enfin la Grèce de 1804 à 1809. Ses principaux ouvrages sont : Recherches sur la Grèce, 1814 ; Topographie d'Athènes , 1821 et 1841; Voyage en Asie Mineure , 1824; Voyages en Morée , 1830 ; Voyages dans la Grèce septentrio nale , 1835; la Grèce après 23 ans de protectorat , 1851; Numismatique hellénique, 1854 et 1859. Ces ouvrages sont plein^ d’nne solide érudition et d’observations judicieuses. C. P.

LE BAS (Philippe), fils du conventionnel de ce nom, historien et archéologue, né à Paris en 1794, m. en 1860, servit d’abord dans la marine impériale, et depuis 1813 dans les gardes d’honneur. Il fut choisi, en 1820, par la reine Hortense, pour faire l’éducation du prince Louis- Napoléon (Napoléon III), auprès duquel il resta jusqu’en 1827. Puis, il prit ses gradés près la Faculté des lettres de Paris, occupa quelque temps une chaire au collège S '-Louis, et devint, en 1830, maître de conférences d’histoire à l’École normale. Il passe pour avoir fait rétablir alors sur le fronton du Panthéon l’inscription primitive. Quatre ans plus tard, il prit à l’École normale l’enseignement de la langue grecque. En 1842, le ministre de l’instruction publique le chargea d’une mission scientifique en Grèce et en Asie Mineure, où il recueillit un grand nombre de documents précieux. Eu 1846, il fut nommé conservateur-administrateur de la bibliothèque de l’Université à la Sorbonne. Depuis 1838, il était membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Outre des Précis d’Histoire ancienne, d’ Histoire romaine ,

d’ Histoire du moyen âge, et d' Histoire moderne, et divers ouvrages élémentaires destinés à l’enseignement de la langue allemande , Le Bas a donné, dans la collection de l’Univers pittoresque de Didot, Suède et Norvège, Allemagne, Etats de la Confédération germanique, et Asie Mineure, et dirigé la publication des Annales et du Dictionnaire encyclopédique de l’histoire de France de la même collection. On lui doit encore : une traduction des Mémoires de Brandes et d’Iffland, dans la collection des Mémoires dramatiques, 1823, 3 vol. in-8”; Aventures de Hysminê et Hysménias, par Éumathe, trad. du grec, dans la Collection des romans grecs, 1828, in-8°; la traduction de l’4//as historique des États européens , de Kruse, 1834, infol.; Explication des inscriptions grecques et latines recueillies en Grèce par la commission de Morée, 1835-37, 2 cahiers ; Antiquités grecques et romaines, 1836; Commentaires sur Tite-Live, composés pour la Collection des auteurs latins publiée par M. Nisard, 1840; Restitution et explication des inscriptions grecques et latines de la grotte de la Vipère de Cagliari, 1840, in -8° ; une traduction des Aventures de Drosilla et Chariclès, 1841, roman de Nicétas EugéniaAus, dont il donna aussi une édition en 1856 dans la Bibliothèque grecque-latine de Didot; Fragments inédits de deux romans grecs, dans la Bibliothèque de l'iscole des chartes, 1841; une partie de l’édition de Guillaume de Tyr, dans la collection des Historiens occidentaux des Croisades, 1844; Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, 1847-63, 12 vol. gr. in-4°, etc. B.

LEBER ( Jean-Michel-Constant), littérateur, né à Orléans en 1780, m. en 1859, fut chef du bureau du contentieux au ministère de l’intérieur. Il réunit une belle bibliothèque, dont il fit don à la ville de Rouen. U a laissé : Cérémonies du Sacre, 1825, à l’occasion du sacre de CharlesX ; Histoire critique du pouvoir municipal ; de la condition des cités, des bourgs, et de l' administration comparée des communes en France, depuis l’origine de la monarchie jusqu'à nos jours, 1829; Essai sur l’appréciation de la fortune privée au moyen âge, 1847 ; De l’état de la presse et des pamphlets , depuis François Ier jusqu'à Louis XIV, 1834, in-8°; Collection des meilleures dissertations, notices et traités particuliers relatifs à l’histoire de France, 1826-42, 20 vol. in-8°; Plaisantes recherches d’un homme grave sur un farceur ( Tabarin ) , 1835 et 1836. Leber a encore publié le Catalogue des livres de sa bibliothèque, 1839-52, 4 vol. in-8°.

LE BLANC ( Nicolas), chimiste, né à Issoudun en 1753, m. en 1806, élève de D’Arcet père, chirurgien de la maison d’Orléans avant la Révolution , est surtout célèbre par l’invention d’un procédé pour l’extraction de la soude du sel marin. Il s’associa, pour l’exploitation en grand de son procédé, le duc d’Orléans, Henri Shée, administrateur des deniers du prince, et Dizé, préparateur de chimie au Collège de France. Une usine fut créée à la Maison-de-Seine, près S ‘-Denis ; mais bientôt les événements de la Révolution amenèrent le séquestre des biens du duc d’Orléans , et , par suite, celui de la fabrique dans laquelle il était intéressé. Le Blanc s’était assuré la propriété de son procédé par un brevet d’invention, 1791 ; mais à l’appel du Comité de salut public, qui demandait le sacrifice généreux de toute espèce de secret pour la patrie, il autorisa la publication de son procédé. Le Bl<?nc, ruiné, tomba dans la détresse et se tua de désespoir. J. G.

LEBRUN (Louis-Sébastien), compositeur de musique, né à Paris en 1764, m. en 1829, fut maître de chapelle à l’église S‘-Germain-l’Auxerrois en 1783, et attaché tour à tour, en qualité de ténor, de 1787 à 1803, à l’Académie royale de musique et au théâtre Feydeau, enfin à la chapelle de Napoléon Ier. Il a composé plusieurs opéras, dont un seul, le Rossignol (1816), eut un grand succès; un Te Deum exécuté en 1809 après la victoire de Wagram, deux messes, et d’autres morceaux de musique religieuse.

LECLERC (Joseph-Victor), érudit, né à Paris en 1789, m. en 1865, professa aux lycées Napoléon et Charlemagne, fut nommé maître de conférences à l’École normale en 1821, professeur d’éloquence latine à la Faculté des lettres en 1824, doyen de cette Faculté en 1832, et fit partie du Conseil royal de l’instruction publique depuis 1843. On a de lui : Eloge de Montaigne, 1812 ; la Mort de Rotrou, poëme, 1812; Lysis, poëme en grec, 1812; Chrestomathie grecque, 1812; Pensées de Platon, 2e édit., 1824; Rhétorique française, 10e édit., 1848; une édition de Cicéron, avec traduction française, 1823-27, 35 vol. in-8°; Des journaux chez les Romains, 1838, in-8°; des articles dans la Biographie universelle de Michaud, la Nouvelle Biographie générale de Didot, la Revue encyclopédique, etc. Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1834, il a travaillé à la continuation de l’Histoire littéraire de la

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France, par les Bénédictins, et, à partir de 1840, dirigé cette publication, dont il fut un des meilleurs collaborateurs. B.

LECOINTE (Jean-François- Joseph), architecte, né à Abbeville en 1783, m. en 1858, étudia dans l’atelier de Bellanger, puis à l’École spéciale d’architecture de Paris. Associé avec Hittorff, son ami, ils construisirent ensemble le théâtre de l’Ambigu-Comique, sur le boulevard S'-Martin, et, en 1825, restaurèrent la salle Favart (auj. l’Opéra-Comique). En 1841, Lecointe construisit, avec M. Gilbert, la prison cellulaire de Mazas, à Paris.

LEDIEU (François), écrivain français, né à Péronne en , m. en 1713, prit les ordres sacrés, fut attaché depuis 1884 à Bossuet, en qualité de secrétaire particulier, et devint chanoine et chancelier de l’église de Meaux. L’abbé Guettée a publié : Mémoires el journal de l'abbé Ledieu sur la vie et les ouvrages de Bossuet, Paris, 1856-57, 4 vol. in-8°. Les Mémoires ne sont pas sans intérêt; mais le Journal est une mauvaise rapsodie.

LEECH (John), dessinateur, né à Londres vers 1816, m. en 1864, exposa quelques toiles de genre, mais renonça bientôt à la peinture pour s’adonner à l 'illustration des ouvrages périodiques. Émule de Cruiskshank, il s’est fait connaître par de nombreuses séries de caricatures, qui décèlent autant de finesse d’observation que de savoirfaire et de joyeuse humeur.

LEFEBVRE (Armand-Édouard), diplomate et écrivain français, né en Hollande en 1807, m. en 1864, fut, en 1850, ministre plénipotentiaire à Oarlsruhe, passa en la même qualité à Berlin en 1851, et fut nommé conseiller d’Éiat en 1852. Trois ans après, il devint membre de l’Académie des sciences morales et politiques. On a de lui : Histoire des cabinets de l'Europe pendant le Consulat et l’Empire, 1845-47, 3 vol. in-8°; divers articles dans la Revue des Deux-Mondes. >.

LEFEBVRE-DESNOUETTES (Charles, comte), né à Paris en 1775, m. én 1822, entra fort jeune dans la carrière des armes, fut colonel en 1804, général de brigade en 1806, général de division en 1808, tomba au pouvoir des Anglais pendant la guerre d’Espagne, s’échappa de leurs mains, et fit encore les campagnes de Russie, de Saxe et de France. Quand Napoléon revint de l’ile d’Elbe, il essaya vainement de soulever la garnison de La Fère, alla rejoindre l’empereur à Lyon , fut nommé pair de France, et combattit à Fleurus et à Waterloo. Proscrit par la Restauration , condamné à mort par contumace en 1816, il s’embarqua pour l’Amérique. Plus tard, il périt dans un naufrage. B.

LEFÈVRE ( Robert), peintre d’histoire et de portraits, né à Bayeux en 1756, m. en 1831, élève de Régnault, fut peintre de Louis XVIII. On cite de lui : l'Amour aiguisant ses flèches; Vénus désarmant V Amour ; Socrate buvant la ciguë , 1816; Roger délivrant Angélique ; Héloïse et Abailard, 1818. Ses portraits les plus remarquables sont ceux de Pierre Guérin , 1804 ; de Napoléon Ier sur son trône , 1806 ; de Napoléon en costume de 1er consul, 1810; de Mme Laetitia, de la princesse Borghèse, et du baron Denon, 1808; de Marie- Louise, 1812 ; du marquis de Lescure, de la comtesse d’Osmond, du poëte Malherbe ( pour la ville de Caenl , de la duchesse d’Angoulême, de Louis XVIII sur son trône, etc. Les bons ouvrages de Robert Lefèvre se distinguent par un dessin correct, un coloris plein d’harmonie et de vigueur, et, dans ses portraits, la physionomie est bien saisie.

Lefèvre (Jean-Jacques), libraire-éditeur, né à Neufchâteau en 1779, m. en 1858, se fixa à Paris, où il exerça pendant plus de 50 ans sa profession, et se distingua parla réimpression des meilleurs ouvrages français du xvne siècle. Ses éditions sont remarquables par le choix des textes, la correction et la beauté typographiques. C’est lui qui a eu l’idée des éditions dites compactes.

Lefèvre (Désiré- Achille), graveur, né à Paris en 1798, m. en 1864, traita la gravure d’histoire et les vignettes. Parmi ses œuvres, on distingue le Portrait du ge n érnl l'oy, l' Empereur Napoléon d’après Steuben, la Bataille d’Abouliir d’après Gros, V Amionciation et la Conception de Murillo, la S te Cécile de Raphaël.

LEGENTIL DE LA GALAISIÈRE ( Guillaume - Joseph-IIyacinthe-Jean-Baptiste ), astronome, né à Coutances en 1725, m. en 1792, avait déjà publié quelques Mémoires sur divers points d’astronomie, lorsqu’il partit, en 1760, pour l’Inde, afin d’observer le passage de Vénus de 1761. La guerre contre les Anglais l’ayant empêché de faire son observation, il se décida à attendre le passage de 1769; mais alors le ciel resta couvert. 11 rentra en France en 1771. Il avait profité de sou séjour

dans l’Inde pour étudier les connaissances astronomiques des Brahmanes , leurs méthodes pour calculer les éclipses, etc. On a de lui : Mémoire sur le passage de Vénus, 1760 ; Voyage dans les mers de l’Inde, à l'occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil, Paris, 2 vol. in-4°, 1779, 81 fig., et 1782, 8 vol. iu-8°. Legentil entra à l’Académie des sciences en 1753. V.

LÉGER (Saint), en latin Leodegarius , né vers 616, m. en 678, abbé de S‘-Maixent (Poitou) vers 650, fut appelé en 656 à la cour de Neustrie par la reine Bathilde, pour former, avec S* Eloi et S1 Ouen, une sorte de conseil de régence pendant la minorité de Clotaire 111. Récompensé de ses services par l’évêché d’Autun, 659, il contribua plus tard à la chute d’Ebroïn ( V. ce mot) et à l’élection de Childéric II, dont il devint le ministre eu 670, tomba en disgrâce trois ans après, et fut enfermé au monastère de Luxeuil. 11 ne recouvra la liberié que pour être arraché de sa ville épiscopale par Ebrom, eut les yeux crevés en 676, et fut décapité, au bout de deux ans, dans une forêt de l’Artois. V. Dom Pitra, Histoire de St Léger , Paris, 1846, 1 vol. in-8°. B.

LE GLAY (André-Joseph-Ghislain), littérateur, né en 1785 à Arleux (Nord), m. en 1863, exerça la médecine à Cambrai, fut nommé bibliothécaire de cette ville en 1826, et accepta en 1835 la direction des archives du département du Nord. On a de lui : Mélanges historiques et littéraires, 1834, in-4°; Analecles historiques, ou Documents inédits pour l'histoire des faits, des mœurs el de la littérature, Lille, 1839, in-8°; Cameracum christianum , ou Histoire ecclésiastique du diocèse de Cambrai, ibid. , 1849, in-4° ; Nouveaux Analecles, ibid., 1852, in-8“ ; Spicilége d’histoire littéraire, ibid., 1858, in-8°. Le Glay a édité la Chronique d’Arras et de Cambrai par Balderic, Paris, 1834, in-8», la Correspondance de l'empereur Maximilien /er et de Marguerite d'Autriche, 1839, 2 vol., et les Négociations diplomatiques entre la France et l'Autriche durant les trente premières années du xvie siècle, 1845, 2 vol. gr. in -4°. B.

LE HONGRE (Etienne), sculpteur, né à Paris en 1628, m. en 1690, fut admis en 1668 à l’Académie royale de peinture et de sculpture. On lui doit la statue équestre de Louis XIV à Dijon, beaucoup d’ouvrages placés dans le parc de Versailles, et l'un des bas-reliçfs de la porte Sl-.\Jartin à Paris.

LE HOUX (Jean) , poëte , né à Vire vers le milieu du xvie siècle, m. en 1616, fut avocat, mais dut surtout sa réputation à ses chansons bachiques, qu'il publia avec les Vaux-de-Vire de son compatriote Olivier Basselin (F. ce nom dans le Dictionnaire). On l’a surnommé le Romain, parce qu’il fit le pèlerinage de Rome pour se faire pardonner les joyeusetés de ses compositions.

LE IlUÉROU (Julien-Marie), historien, né en 1807 à Prat (Côtes-du-Nord), m. en 1843. Après avoir professé dans divers collèges, il fit le cours de littérature étrangère à la Faculté de Rennes. On a de lui : De l’établissement des Francs dans la Gaule, et du gouvernement des premiers Mérovingiens jusqu'à Bruneliaut , Caen, 1838, in-8°; Histoire des Institutions mérovingiennes et du gouvernement des Mérovingiens jusqu’à l'édit de 615, Paris, 1841, in-8° ; Histoire des Institutions carlovingiennes et du gouvernement des Carlovingiens, ibid., 1843; Histoire de la constitution anglaise depuis l’ avènement de Henri VIII jusqu'à la mort de Charles 1", Nantes, 1863, in-8°. B.

LELEWEL (Joachim), homme politique et historien polonais, né à Varsovie en 1789, m. en 1861, fut nommé professeur d’histoire au lycée de Krzemieniee (Volhynie) en 1809, à l’Université de Wilna en 1814, à celle de Varsovie en 1816 , puis reprit ses fonctions à Wilna. Son enseignement ayant inspiré de l’ombrage au gouvernement russe, il fut destitué en 1824. Elu député à la Diète de Varsovie en 1828, il contribua, par ses écrits et ses discours, à faire éclater la Révolution de 1830. Après avoir été successivement membre de la commission exécutive, ministre des cultes dans le gouvernement provisoire, et, après la chute du dictateur Chlopieki, dont il était l'adversaire, membre du gouvernement national et président du club patriotique, il s’éloigna lors du triomphe des Russes, et vint chercher un asile en France. En 1833, à raison de proclamations qu’il avait signées, et sur les instances de l’ambassadeur de Russie, il fut expulsé. Depuis cette époque, il vécut à Bruxelles, où il fit des leçons à l’Université. On lui doit: l'Edda des Scandinaves, Wilna, 1807 ; Coup d’œil rétrospectif sur les antiquités du peuple lithuanien, 1808; Recherches sur la géographie ancienne, Varsovie, 1818 ; Découvertes des Carthaginois et des (Srecs dans l’océan Atlantique , 1821; Ancienne bibliographie polonaise, 1823-26, 2 vol.; Monuments de la langue et delà

LEN

LEP

constitution de Pologne et de Masovie aux xmc, xive et XVe siècles , 1824; Essai historique sur la législation polonaise civile et criminelle , de 730 à 1430, Varsovie, 1828, réédité en français , Paris, 1830 ; Histoire de Pologne , 1829, rééditée en français, Lille, 1844, 2 vol. in-8° et atlas in-4°; Histoire de la Pologne sous Stanislas-Auguste , 1831 ; Analyses el parallèle des trois Constitutions polonaises de 1791, 1807 et 1815, en français, Paris, 1832; Numismatique du moyen âge , Paris, 1835, 2 vol. in-8° et atlas in-4°; Petits écrits géographiques et historiques, 1838; Pythéas de Marseille et la géographie de son tenais, 1836,in-8° ; Histoire de la Lithuanie et de la Petite-Russie jusqu'à leur union avec ta Pologne, 1839; Eludes numismaliques et archéologiques, type gaulois ou celtique, Bruxelles, 1840, in-8° et atlas in-fol . ; Traités critiques , Posen, 1844, 1846; la Pologne au moyen âge , ibid. , 1846-51, 3 vol.; Géographie du moyen âge, Berlin, 1852, 4 vol. et atlas; Géographie des Ara lies , Paris, 1851, 2 vol., etc. B.

LEN AU (Nicolas), poëte allemand, dont le nom véritable était Niembsch de Strahlenau, né à Csatad (Hongrie) en 1802, m. en 1850, a laissé : deux recueils de Poésies publiés en 1832 et 1838; un Faust, 1836, poëme épieodramatiqne, où les personnages de Goethe ont été étrangement défigurés; Savonarole, 1837, et les Albigeois, 1841, poëmes qui excitèrent un vif intérêt, mais où la pensée de l’écrivain n’est pas toujours facile à comprendre.

LENET (Pierre), diplomate et historien, né à Dijon, où il devint conseiller au Parlement et procureur général, m. en 1671, se jeta dans le parti de la Fronde, fut inten dant de justice, de police et des finances pendant le siège de Paris, suivit le prince de Condé en Guyenne, et le représenta aux conférences de la Bidassoa. On a de lui : Mémoires contenant l’histoire des guerres civiles des années 1649 et suivantes , 1729, 2 vol. in-12 ; Mémoires sur le grand Condé, publiés par Champollion-Figeac, 1840.

LENNEP (Jacob Van), romancier hollandais, né en 1802 à Amsterdam, m. en 1868, a été comparé par ses compatriotes à Walter Scott, pour avoir introduit, à son exemp'e, l’histoire nationale dans le domaine de la fiction. On distingue, parmi ses romans : les Aventures de Ferdinand Hayek, Brin/nia , et la Rose de Dekama , traduits en français. Il écrivit aussi, après l’insurrection de la Belgique, deux comédies politiques qui eurent un grand succès, le Village frontière et le Village au delà de la front ère. Enfin il a laissé une Description des vieux châteaux de la Hollande, et un recueil de poésies intitulé Légendes nationales.

LENORMANT (Charles), archéologue, historien et numismate, né à Paris en 1802, m. à Athènes en 1859. Un voyage en Italie détermina sa vocation. A l’âge de 23 ans, il avait déjà acquis assez de connaissances pour mériter le poste de sous-inspecteur des beaux-arts dans la maison du roi Charles X. 11 fut autorisé, en 1828, à suivre en Egypte Champollion jeune, et, ce voyage à peine fini, il rejoignit la commission scientifique de Morée. En 1830, Lenormant fut appelé à la direction des beaux-arts près le ministère de l’intérieur. Deux ans après, il devint conservateur à la Bibliothèque de l’Arsenal, d’où il passa, peu après, à la Bibliothèque royale, en qualité de conservateuradjoint ducabinet des médailles, conservateur des imprimés en 1837, enfin conservateur titulaire du cabinet eu 1841. Dès 1835, M. Guizot l'avait choisi pour son suppléant dans la chaire d’histoire moderne de la Faculté des lettres de Paris, et, en 1839, Lenormant avait été élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1846, les auditeui-s de son cours de la Faculté des lettres, trouvant ses opinions trop favorables au catholicisme, s’efforcèrent de troub'er ses leçons; Lenormant céda à leurs violences et se retira. 11 fut indemnisé, vers la fin de 1848, par la chaire d’archéologie égyptienne du Collège de France, qu'il conserva jusqu’à la fin de sa vie. — Lenormant a beaucoup écrit; ses ouvrages se rapportent, les uns à la critique d’art , tels que : les Artistes contemporains, salons de peinture de 1831 et 1833, 2 vol. in-8°; les autres, à ses cours d’histoire, comme : Introduction à l’histoire de l'Asie occidentale, 1837, iu-8"; Questions historiques, 1845, 2 vol. in-8° ; le plus grand nombre, à l’archéologie et à la numismatique, dont les principaux sont : Musée des antiquités égyptiennes, 1836-1840, in-fol., en collaboration avec M. Lhôte ; Recherches sur le cercueil du roi Mycérinus ; Essai sur le texte grec de l'inscription de Rosette; Trésor de numismatique et île glyptique , Paris, 1836-50, 8 vol. in-fol.; Elite des monuments céramographiques , matériaux pour l'intelligence des religions et des moeurs de V Antiquité, expliqués cl commentés, Paris, 1837-61, 3 vol. in-4», en collaboration avec de Witte; enfin, des Mémoires dans le recueil

de l’Académie des inscriptions (t. XIX et XXI, nouv. série), des articles dans le Journal des Savants, la Revue arcliéolgique, ou le Correspondant. Mais les plus intéressants travaux de Lenormant sont peut-être ceux qu’il a insérés dans la Revue numismatique ; on y trouve, entre autres, une étude pleine de vues nouvelles sur les Monnaies mérovingiennes. Les ouvrages de Lenormant se distinguent par beaucoup de sagacité, une imagination ingénieuse , une érudition étendue. D.

LÉOPOLD 1er, roi des Belges, né en 1790 à Cobourg, m. en 1865, était fils de François, duc de Saxe-Cobourg- Saalfeld, et reçut une brillante instruction littéraire et scientifique. Après le mariage de sa sœur avec le grandduc Constantin, il entra dans l’armée russe avec le grade de général, et accompagna l’empereur Alexandre à Erfurth en 1808. il fit preuve de bravoure, en 1813, à Lutzen, Bautzen, Kulm, Leipzig, et, en 1814, à Brienne, Arcis-sur-Aube et La I; ère-Champenoise. En 1816, il se fit naturaliser Anglais, et épousa la fille du prince de Galles, Charlotte, qu’il perdit l’année suivante. Il continua de résider en Angleterre, au château de Claremont, avec les titres de duc de Kendal, feld-maréchal et membre du conseil privé. En 1830, il refusa la couronne de Grèce, et accepta, en 1831, celle de Belgique. En 1832, il contracta un second mariage avec Louise d’Urléans, fille du roi Louis-Philippe ; de cette union, que la mort de Louise rompit en 1850, sont nés : en 1835, le duc de Brabant, roi actuel des Belges; en 1837, le comte de Flandre; en 1840, la princesse Charlotte, mariée en 1857 à l’archiduc d’Autriche Maximilien, devenu empereur du Mexique en 1864. Léopold a créé un ordre qui porte son nom, et donné aux Belges la Constitution libérale de 1833. 11 a suivi jusqu'à sa mort une politique habile de conciliation entre les partis, gouverné prudemment dans le sens de l’opinion publique, mérité l’affection de son peuple, et servi souvent d’arbitre dans les querelles des autres puissances. B.

LEOPOLBO (San-), colonie allemande du Brésil (province de Rio-Grande do Sul), fondée en 1824 sur le Rio Dos Sinos, à 50 kil. N. de Porto-Alegre. Elle comprend plusieurs villages : San-Leopoldo proprement dit, Hambourg-Mont , Valachie, Vallée de misère. Outre 6,0(>0 artisans et laboureurs qui en sont sortis pour se disperser dans toute la province, on y compte 12,000 hab., dont les trois quarts protestants, et qui ont conservé les mœurs et la langue allemandes. Commerce de céréales, lin, chanvre, coton, tabac, cannes à sucre, bestiaux, etc. C. P.

LE PAYS DE BOURJOLLY (Jean-Alexandre), général, né en 1791 à Sl-Domingue , m. en 1865, servit comme aide de camp de Bessières en Espagne, en Russie et en Allemagne, combattit à Toulouse sous le maréchal Soult, et prit part à la bataille de Waterloo. Tenu à l’écart par le gouvernement de la Restauration, il fut envoyé en Afrique après la conquête d’Alger, et y parvint, en 1845, au grade de lieutenant général. En 1852, on le nomma président du comité consultatif de cavalerie et sénateur. Il a publié : Colonies de l’Algérie, 1849, in-8° ; Du mode de gouvernement en Algérie, 1850 ; De l’armée en 1848, Paris, 1853, récit des événements de Lyon pendant les premiers temps de la République.

LE PRÉDOUR (Fortuné-Joseph-Hyaeinthe) , marin français, né à Brest en 1793, m. en 1866, fit les guerres maritimes de l’Empire, et, après être arrivé au grade de contre-amiral, commanda, de 1847 à 1851, la station navale du Brésil. Là, il eut à surveiller le blocus de la Plata, et négocia avec Rosas (1850) un traité stipulant la libre navigation du Parana et l’indépendance de la République Orientale. Nommé vice-amiral en 1852, puis membre titulaire du Conseil d’Amirauté, il entra au Sénat en 1858. 11 a publié : Instructions nautiques sur la mer de Chine, traduites de l’anglais de J. Horsburgh, 3e édit., 1851; Résumé des opérations hydrographiques faites sur la côte occidentale d’Afrique dans les années 1826-27, Paris, 1828 ; Instructions nautiques sur les mers de l’Inde, traduites de J. Horsburgh, 2e édit., 1851, 3. vol. in-4°.

LEPREVOST (Auguste), archéologue, né à Bernay en 1787, m. en 1859, fut sous-préfet de Rouen en 1814, député de l’Eure de 1834 à 1848, et membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1838. On a de lui : une édition annotée du Roman de Ru u, 1829, d’après celle de Pluquet; Notice historique et archéologique sur le département de l’Eure, 1832, in-12; Dictionnaire des anciens noms de lient du département de l'Eure, 1840; Ancienne division territoriale de la Normandie, Caen, 1840, iit-4°; Pouillés du diocèse de Lisieux, ibid. , 1844, in-8°; Preuves de la découverte du cœur de St Louis, 1846, in-8°;

LES

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