‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 816 sur 864 · MAK · texte numérisé non relu

MAK

MAN

étudia à l’Université d’Helmstædt, fut reçu docteur en droit en 1806, devint professeur-agrégé à Helrastædt en 1808, professeur titulaire à Marbourg en 1811 et à Bonn en 1818. Ses principaux ouvrages sont : Théorie du droit de succession, d’après le Code Napoléon, Marbourg, 1811 ; Manuel des Institutes du Droit romain actuel, Giessen, 1814, réédité sous le titre de Manuel de Droit romain.

MAGELLAN (Colonie de), colonie fondée en 1843, et de nouveau en 1852, par le gouvernement chilien, à Punto d’ Arenas (Sandy Point), dans la péninsule de Brunswick et non loin du cap Froward, sur le détroit de Magellan ; 300 hab. environ. C. P.

MAGNAN (Bernard-Pierre), maréchal de France, né à Paris en 1791, m. en 1865, partit comme engagé volontaire en 1809, fit les campagnes de 1810 à 1813 aux armées d’Espagne et de Portugal, devint capitaine dans la garde impériale, combattit à Waterloo. Sous la Restauration, on l’admit dans la garde royale, et il fit la guerre d’Espagne (1823) en qualité de lieutenant-colonel. Il prit part à l’expédition d’Alger en 1830 comme colonel, et se signala à Staouëli et à Bone. De retour en France, il fut mis en disponibilité pour avoir parlementé avec des émeutiers de Lyon, passa alors au service de la Belgique, mais obtint de rentrer dans l’armée française en 1839 avec le grade de maréchal de camp. Lieutenant-général en 1845, il reçut, après la Révolution de 1848, le commandement d’une division de l’armée des Alpes, puis de cette armée entière, étouffa l’insurrection de Lyon en 1849, fut élu député de la Seine à l’Assemblée législative, et, appelé au commandement en chef de l’armée de Paris en 1851, concourut à l’exécution du coup d’État du 2 décembre. Il devint maréchal un au après, et grand veneur en 1854. B.

MAGNIN (Charles), érudit et critique, né à Paris en 1793, m. en 1862, fut attaché à la Bibliothèque impériale dès 1813. Vers 1826, chargé, dans le journal le Globe, du feuilleton des théâtres, il se fit remarquer par son goût et son esprit progressif. Appelé, en 1834 et 1835, à suppléer Fauriel dans la chaire de littérature étrangère de la Faculté des lettres de Paris, il traita des origines du théâtre moderne en Europe, et plus tard réunit ces leçons en corps d’ouvrage , sous le titre ; les Origines du théâtre, Paris , 1838 , in-8° ; c’était l’introduction d’un grand ouvrage qu’il méditait, et qu’il n’a jamais terminé. Néanmoins, ce volume le fit admettre, la même année, à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Magnin a donné, sur des sujets d’histoire dramatique, beaucoup d’articles à la Revue des Deux-Mondes et au Journal des Savants , et il en a fait un recueil choisi, intitulé : Causeries et méditations historiques et littéraires, Paris, 1842, 2 vol. in-8°. On lui doit encore une traduction avec texte du théâtre de Hroswita (V. ce nom), Paris, 1845, in-8°, et une Histoire des marionnettes en Europe, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, Paris, 1854, in-8° ; 2e édit., 1862, iq-12.

MAILATH ( Jean-Népomucène-Joseph, comte de Szekiiely), historien et poète autrichien, né d’une famille hongroise à Pestji, en 1786, m. en 1855, était fils d’un ministre d’Etat. Il avait voulu se consacrer aux lettres; mais la médiocrité de ses ressources l’obligea à entrer dans l’administration. Il était conseiller aulique de la chancellerie hongroise et judex curiæ à Pesth, quand la Révolution de 1848 lui enleva cette position. Il se retira alors à Munich, et chercha à tirer parti de ses talents littéraires. Mais, déçu dans cet espoir, il se précipita avec sa fille dans le lac de Starnberg. On a de lui , en allemand ; Poésies lyriques, Vienne, 1824; Traditions , contes et nouvelles magyares, 1825; Grammaire hongroise, 2e édit., 1838; Histoire des Magyares, Vienne, 1831, 5 vol.; Histoire de la ville de Vienne, 1832; Histoire de la maison impériale d'Autriche, 1834-50,

5 vol.; Troubles religieux de la Hongrie, 1845, 2 vol. F — T.

MAJOR DE LA MARINE, officier de l’ancienne marine française avant Louis XIV et sous le règne de ce prince, qui en régla les fonctions. A terre, le major présidait et veillait à la garde de l’arsenal, exerçait les soldats au maniement des armes, portait le mot d’ordre aux officiers généraux. A la mer, il embarquait sur le vaisseau commandant. En rade, il recevait l’ordre du commandant, et le transmettait, sur le pont, aux officiers de l’escadre qui venaient le chercher; tenait registre de tous les ordres qu’il transmettait ainsi; allait à bord des différents vaisseaux faire faire l’exercice aux soldats, et, dans les descentes, commandait les troupes débarquées. Il avait rang de capitaine de vaisseau.

MAKOLÜLO, pays de l’Afrique australe, sur le cours supérieur et moyen du Zambèze, entre 14° et 18° lat. S., 19° et 26° long. E, ; pays plat et marécageux, excepté au

S.-E., où se trouve la région montagneuse de Batoka (F. ce mot ) ; arrosé par le Zambèze et ses affluents , au N. le Kabompo ou Liambay, qui le sépare des Balonda, au S. et à l’O. le Tchobé, qui le sépare des Matébales. Culture du doura, maïs, arachides, canne à sucre, manioc; on y travaille le fer et les peaux de bœuf ; grandes forets de roseaux, de mimosas, de baobabs; beaucoup d’animaux sauvages, antilopes, autruches, éléphants, rhinocéros, lions, alligators, hippopotames; mouches tsé-tsé, qui font périr les bestiaux. Inondation annuelle, atteignant quelquefois aune hauteur de 30 mètres: aussi les villages sont-ils bâtis sur des éminences artificielles. — Les Makololos sont des Betjouanas fugitifs des rives supérieures de l’Orange : ils dominent sur plusieurs peuplades mélangées de Betjouanas, de Hottentots et de Cafres, les Barotsé, les Banyeti, les Batoka, qui habitent des pays du même nom : Livingstone les a, le premier, fait connaître à l’Europe en 1851. Capitale, Linyanti , sur le Tchobé; villes principales, Sescheké, Nariele, Katongo, sur le Zambèze. C. P.

MAKRISI (Ahmed Al.), écrivain arabe, né au Caire vers 1360, d’une famille originaire de Makriz en Syrie, m. en 1442, a laissé : Description historique et topographique de l’Egypte, ouvrage plein de renseignements curieux sur les mœurs et l'histoire du pays; Histoire des sultans Ayoubites et Mamelouks, trad. en français par Quatremère , Paris , 1842; Traité des monnaies musulmanes, et Traité des poids et mesures des Musulmans, traduits par Silvestre de Sacy dans le Magasin encyclopédique ; Traité sur les souverains musulmans établis en Abyssinie, publié, avec traduction latine, par Rinck, Leyde, 1790; Histoire des expéditions des Grecs et des Francs contre Damiette, publiée, en arabe et en latin, par Hamaker, Amst., 1824, in-4o. La Bibliothèque impériale de Paris possède 1 vol. autographe d’un Dictionnaire des hommes célèbres de l'Égypte, qu’avait entrepris Makrisi.

MALGAIGNE (Joseph-François) , chirurgien, né en 1806 à Charmes-sur-Moselle (Vosges), m. en 1865, suivit les cours de chirurgie militaire à Paris, alla servir dans les rangs des Polonais en 1831, prit part à la rédaction de la Gazette médicale de Paris depuis 1832, fut nommé, en 1835, agrégé de la Faculté et chirurgien du bureau central des hôpitaux, fonda en 1843 le Journal de chirurgie, entra à l’Académie de médecine en 1846, fit partie de la Chambre des députés eu 1847 comme représentant du 4' arrond. de Paris, obtint en 1850 la chaire de médecine opératoire à la Faculté, et abandonna en 1858, pour la place de chirurgien à la Charité, celle qu’il occupait depuis 1845 à l’hôpital St-Louis. C’était un savant novateur, un habile praticien, un professeur distingué, et un élégant écrivain. On a de lui : Manuel de médecine opératoire, 1834; Traité d’anatomie chirurgicale et de chirurgie expérimentale, 1838, 2 vol.; Leçons cliniques sur les hernies, 1841 ; Lettres sur l’histoire de la chirurgie, 1843; Traité des fractures et des luxations, 1847, 2 vol. et atlas; une édition annotée des OEuvres d’ Ambroise Paré, 1840-42, 3 vol. Parmi les mémoires qu’il fit insérer dans les recueils scientifiques, on remarque: Nouvelle théorie de la voix humaine, 1828; Sur l'inflammation, l’ulcération et la gangrène des os, 1832; Des polypes utérins, 1833; Sur l’asphyxie par le charbon, 1835; Sur les anévrysmes de la région inguinale, 1840; Nouvelle méthode d’opérer les Itysles séreux et synoviaux, 1840; Recherches sur les appareils employés dans le traitement des fractures, 1814; Parallèle des diverses espèces de taille, 1850, etc.

MANAGUA, v. de la république de Nicaragua, siège du gouvernement, sur le lac de Léon; 10,000 hab.

MANAOS, ou Barra de Rio Negro, v. du Brésil, cli.-I. de la prov. d’Amazonas, au confl. des Amazones et du Rio-Negro; 4,000 hab. Comm. de cacao, girofle, coton,

MANIN (Daniele), patriote italien, né à Venise en 1804, m. en 1857, étudia le droit, et occupa, depuis 1830, un rang distingué au barreau de sa ville natale. Il était de puis longtemps adversaire avoué de la domination autrichienne, lorsque ses concitoyens, en 1847, le reconnurent pour chef du parti national, ainsi que Tommaseo. Au commencement de 1848, il fut jeté en prison pour avoir demandé que l’Autriche accordât plus d’indépendance au royaume Lombard-Vénitien. A la nouvelle de l’insurreotion de Milan, les Vénitiens exigèrent de leur gouverneur Pallfy la mise en liberté de Maniu, qui obtint à son tour la formation d’une garde nationale, et qui, après le départ de la garnison autrichienne et la proclamation de la République, fut mis à la tête du gouvernement provisoire. II résigna ses fonctions quand Venise eut consenti à se rattacher avec la Lombardie au Piémont, mais les reprit aussitôt qu’elle eut de nouveau levé l’étendard républicain. Assiégé par les Autrichiens, il résista avec une rare intré-

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pidité ; la ville ayant succombé en 1849, il fut excepté de l’amnistie accordée par l’Autriche, se réfugia en France, et vécut à Paris en donnant des levons d’italien. B.

MAPIMI (Dép. de), division administrative du Mexique, entre le Texas à l’E. et au N., dont il est séparé par le Rio-Grande-del-Norte, et les dép. de Huéjuquilla à l’O. et de Cohahuila au S. ; formé de la moitié septentrionale de l’atic. Etat de Coliahuila; arrosé parle Rio-del-Novte et ses affluents, Rio-Salado, Rio-Sabinas, etc. Céréales, vins, pâturages ; mines d’argent de Monte-Lovès et de 8anta- Rosa;àl'0., vallée stérile, appelée Dolson ou désert de Mapimi , avec des lacs sans écoulement, fanta-Maria, Aguaverde, Mapimi ou Cayman, et infestée par les incursions des Apaches. Ch.-l., San-l:ernando-de-Rosas. Ce département dépend delà division militaire de Monterey. C.P.

MARCADE ( Victor - Napoléon ) , jurisconsulte, né à Rouen en 1810, m. en 1854, étudia le droit à Paris, et, après avoir été attaché au barreau de sa ville natale, fut, de 1845 à 1851, avocat à la Cour de cassation. Un des fondateurs de la Revue critique de législation et de jurisprudence, il a publié : Explication théorique et pratique du Code Napoléon, 5e édit., 1858-59, 9 vol., ouvrage très-estimé.

MARCELLUS (Jean-André-Charles Dkmartin du Ti- RAC, comte de), diplomate et littérateur français, né au château de Marcellus (Guienne) en 1795, m. en 1861. Il fut volontaire royal en 1814, puis entra dans la diplomatie, et devint secrétaire d’ambassade à Constantinople, en 1815. Envoyé, en 1820, dans la Palestine, il s’arrêta dans l’ile de Milo, et en rapporta la belle statue dite la Vénus de Milo. Premier secrétaire d’ambassade à Londres, sous Chateaubriand, en 1821, il y resta, l'année suivante, chargé d’affaires. Il eut encore deux missions, en Espagne, 1824, puis en Italie, 1826-29 , rentra dans la vie privée après la Révolution de 1830, et consacra ses loisirs aux lettres. On a de Marcellus : Souvenirs d’ Orient , Paris, 1839, 2 vol. in-8° ; Vingt jours en Sicile, 1841,in-8°, Episodes littéraires en Orient, 1851, 2 vol. in-8°; Chants du peuple en Grèce, 1851, 2 vol. in-8”, avec le texte grec en regard; les Dionysiaques de Nonttos, traduites et commentées, 1855, gr. in-4°; Souvenirs diplomatiques ; Correspondance intime de M de Chateaubriand ; Sur la politique de 1822 et 1823, Paris, 1858, in-8"; Chateaubriand et son temps, 1859; les Grecs anciens et les Grecs modernes, 1861.

MARCHAND (Jean-Gabriel), général, né en 1765 à Albenc (Isère ), m. en 1851, se destina d’abord au barreau, et était avocat à Grenoble en 1789. Mais il s’enrôla en 1791, et fut attaché à l’armée des Alpes, puis à celle d’Italie , où il conquit tous ses grades par des actions d’éclat. Chef de bataillon à la bataille de Rivoli, colonel aide de camp de Joubert à Novi, général de division à Friedland, il remplaça comme général en chef en Portugal Soult et Masséna, sous lesquels il avait servi, fut nommé comte de l’Empire, reçut deux dotations importantes en Westphalie et en Pologne, fit la campagne de Russie comme majorgénéral du roi Jérôme Bonaparte , commanda pendant la retraite une des divisions du corps d’armée du maréchal Ney, et défendit le sud-est de la France contre les alliés en 1814. Mis en disponibilité après les Cent -Jours, il reçut sa retraite en 1827. Mais le gouvernement de 1830 l’appela à la Chambre des pairs en 1837. B.

MARCHESI ou MARCHES1NI ( Luigi ), fameux soprano, né à Milan en 1755, m. en 1826, balança la réputation de Farinelli. On lui reproche d’avoir introduit dans le chant l’abus des fioritures.

MA REY-MONGE(Guill. -Stanislas), général, né en 1796 à Nuits (Côte-d’Or), m. eu 1863, était fils du conventionnel Marey,et petit-fils, par sa mère, du célèbre Monge. Admis à l’Ecole polytechnique en 1814, il prit part à la défense de Paris contre les alliés. Il entra dans l’artillerie en 1819, et rédigea sur cette arme plusieurs Mémoires remarquables. Il fit partie de l’expédition d’Alger en 1830 Chargé d’organiser des chasseurs algériens, il combattit à leur tête dans les expéditions contre Médéah, 18 30-1831. Lieutenant-colonel en 1834 , et investi du commandement politique, militaire et administratif des tribus voisines d’Alger, il organisa le corps des spahis, dont il devint colonel en 1837. Rappelé en France en 1839 pour commander le 1er régiment de cuirassiers, il reprit du service en Algérie en 1841 comme colonel du 2e régiment de chasseurs d’Afrique, et fut nommé maréchal-de-camp en 1843, général de division en 1848. Ce fut lui qui proposa de former des corps d’infanterie montés sur des chameaux. Envoyé par le gouvernement provisoire de 1848 à l’armée des Alpes, il reçut en 1850 le commandement de la 1 3e division militaire (Clermont-Ferrand) , en 1851 celui de la 3e (Metz), et fit enfin la guerre de la Ivabylie

en 1857.11 venait d’être appelé au Sénat, quand il mourut. Depuis le rétablissement de l’Empire, il avait pris le titre de comte de Péluse, que son aïeul Monge reçut de Napoléon 1er. On lui doit : Notes sur la régence d'Alger, Aperçu de son histoire, 1834; Mémoires sur les armes blanches, 1841, in-8°; Poésies d'Abd-el-Kader, 1848, in-8". B.

MARIE-LOUISE (les), très-jeunes soldats levés à la hâte pour la campagne de France, en 1814, et répartis dans l'armée de ligne. On les appelait les Marie-Louise, parce qu’ils avaient été levés par ordre de l’Impératrice régente, épouse de Napoléon 1er. C’étaient presque des enfants, la plupart sortis de Paris, manquant de force et d’instruction, et pouvant à peine charger leur fusil ; mais leur courage était indomptable, et le cri : En avant les Marie-Louise, les électrisait. A la bataille de Champaubert, (10 février 1814), employés en tirailleurs, ils s'élancèrent dans un bois où étaient embusqués les grenadiers russes, et contribuèrent à la victoire. C. D-y.

MARISTES. V. Frères de Marie, dans ce Supplément.

MAROC (Guerre de l’Espagne avec le). Les Présidios que possède l’Espagne sur la côte du Maroc étant souvent attaqués par les pirates du Riff, l’Espagne venait en 1859 de signer un traité avec le sultan du Maroc pour réprimer ces incursions, quand les tribus Kabyles de l’Anghéra détruisirent un petit fort espagnol près de Ceuta. Sur le refus du sultan Sidi-Mohammed de céder à l’Espagne un territoire qui poussait les dépendances de Ceuta jusqu’à la Sierra de Bullonësetles rendait plus faciles à défendre, la guerre lui fut déclarée. Le général O’Donnell conduisit l’armée; les Marocains furent repoussés de Ceuta, et les hauteurs de la Sierra de Bullones emportées et fortifiées par les Espagnols. O’Donnell marcha de là sur Tétouan, culbuta les Maures à Castilléjos, devant Tétouan même, et entra dans la ville, 1850. On se dirigea ensuite vers Tanger, mais les Marocains, de nouveau vaincus dans la vallée de Gualdras, demandèrent la paix. L’Espagne acquit le territoire au S. de Ceuta jusqu’à la sierra de Bullones, un établissement maritime à Santa-Cruz-la-Péquéna sur l’Atlantique, une indemnité de plus de 100,000,000 de fr., et le droit d’entretenir à Fez un représentant et des missionnaires.

MAROCHETTI (Charles, baron), sculpteur, né à Turin en 1805, m. en 1867, vint étudier à Paris dans l’atelier de Bosio, et se fit naturaliser Français en 1841. Ses principales œuvres sont : une Jeune fille jouant arec un chien, 1827; un Ange déchu, 1831; la statue équestre d'Eminanuel-Philiberl, à Turin ; la Bataille de Jemmapes, bas-relief à l’arc de triomphe de l’Etoile, à Paris; le Tombeau de Bellini, dans le cimetière du P. Lachaise; le maître-autel de l’église de la Madeleine; la statue de La Tour d'Auvergne, à Carhaix; un St Michel, pour la chapelle de Champmotteux ,où repose le chancelier de L’Hospital ; le Tombeau de Napoléon, dans l’église des Invalides; une statue du Duc d’Orléans, qui fut placée dans la cour du Louvre, puis transportée à Versailles. Après la Révolution de 1848, Marochetti se retira en Angleterre, où il a encore exécuté: une Sapho, 1850; une statue colossale de Richard Cœur de Lion , en face de l’entrée d- la Chambre des Lords, 1851; l'Amour jouant arec un terrier, 1854; une statue équestre de la reine Victoria, pour la ville de Glasgow, 1854; l’Obélisque en granit élevé à Scutari à la mémoire des Anglais tués en Crimée, 1856; un monument cénotaphe de même destination, dans l’église S'-Paul à Londres, etc. B.

MARONCELLI (Pietro), patriote italien, né à Forli en 1795, m. en 1846, s'affilia aux Carbonari | V. ce mol), subit un emprisonnement à Rome, 1819-20, puis se rendit en Lombardie, et conspira contre l’Autriche, qui le fit arrêter. 11 demeurera célèbre surtout pour avoir partagé la captivité de Silvio Pellico au Spielberg. Mis en liberté en 1830, il se retira en France, passa aux Etats-Unis en 1833, et, après avoir longtemps lutté contre le malheur, mourut fou à New- York.

MAROTO (Don Rafaël) , chef carliste, né en 1785 à Conca (Murcie), m. en 1847, était commandant général du Guipuzcoa, lorsqu’il s'attacha à la fortune de Don Carlos. Il dirigea, en 1834, le siège de Bilbao sous les ordres de Zumala-Carreguy, auquel il succéda en 1835 comme commandant de la Biscaye, encourut, malgré de brillants avantages sur Espartero, la disgrâce de Don Carlos, fut remis à la tête des troupes en 1838, mais, en butte aux envieux, et par lassitude de la guerre, signa avec les Christinos la convention de Bergara, 1839. L'année suivante, on le nomma membre du conseil supérieur de la guerre et de la marine; mais sa trahison le faisait mépriser de tous les partis : il alla finir scs jours au Chili.

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MARQUIS (Alexandre-Louis) , naturaliste, né à Dreux en 1777 , m. en 1828, professeur de botanique au jardin des plantes de Rouen depuis 1811, a laissé: Histoire naturelle et médicale de la famille des Gentianes, Paris, 1810; Recherches historiques sur le chêne, Rouen, 1812; Plan raisonné d'un cours de botanique spéciale et médicale, 1815; Eloge de Linné, 1817 ; Esquisse du règne végétal, 1820, avec une Suite , 1828 ; Fragments de philosophie botanique, 1821, etc.

MARSCHNER (Henri), compositeur de musique, né en 1795 à Zittau (Lusaee), m. en 1881. Après avoir fait représenter, dans diverses villes de l’Allemagne, les opéras de Henri IV et d'Aubigné, de Saidar,de Lucrèce, etc. , il s’établit à Dresde, où on le chargea, en 1825, conjointement avec Weber etMorlaechi, de diriger la musique de l’Opéra italien et allemand. L’immense succès de deux nouveaux opéras, le Vampire (1828) et le Templier et la Juive (1829), lui valut, en 1830, la place de maître de chapelle du roi de Hanovre. Depuis cette époque, il a donné encore au théâtre Hans Heiling ( 1833 ). Marschner appartient à l’école romantique de Weber. Outre ses opéras, il a laissé des morceaux pour le piano, des trios et des quatuors d’instruments, des romances et des chansons. B.

MARSEILLAIS, bataillon de fédérés appelés de Marseille à Paris par les Jacobins, qui conspiraient la ruine de la royauté. Les individus dont ce bataillon fut composé faisaient depuis longtemps trembler le midi de la France par leurs excès révolutionnaires; ils arrivèrent à Paris le 30 juillet 1792, furent, par ordre du maire Pétion, logés et nourris aux frais de la municipalité, se signalèrent par des violences sanguinaires contre une centaine de gardes nationaux du parti constitutionnel , et fraternisèrent avec la plus mauvaise populace. Le 2 août , ils envoyèrent une députation à l’Assemblée législative pour demander la déchéance du Roi. Au 10 août, ils formèrent un corps à part à l’attaque des Tuileries, et se conduisirent très-peu bravement devant les Suisses. Ce bataillon , si tristement célèbre , comptait environ 500 hommes, et un témoin oculaire assure que la plus grande partie n’étaient ni Marseillais ni Français, mais des bandits étrangers. C. D — y.

MARSEILLAISE (La), chant martial, composé en 1792 par Rouget de l’Isle ( V . ce nom) au moment de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche, oeuvre de verve et d’inspiration , dont Rouget fit la musique en même temps que les paroles, en une seule nuit. C’était pour l’armée du Rhin, où il était officier, et il l’appela simplement Chant de guerre. Comme il y a une grande exaltation de sentiments patriotiques dans cette pièce, et qu’elle respire une sorte de haine féroce contre les rois, les révolutionnaires les plus fougueux l’adoptèrent en quelque sorte. Au 10 août, à l’attaque des Tuileries, le bataillon des Marseillais , dont l’intrépidité avait besoin d’être aiguillonnée, entonna le Chant de guerre, qui , depuis ce temps, a été appelé la Marseillaise. Pendant toute la Révolution, ce fut l’hymne révolutionnaire par excellence, et plus d’une fois elle a retenti au milieu des batailles, comme jadis les chants de Tyrtée, et a électrisé les soldats de la République. Sous le premier Empire français, et surtout sous la Restauration, la Marseillaise devint un chant séditieux. On la chanta un peu, et surtout on en joua la musique dans les premiers temps de la Révolution de 1830. A la Révolution de Février 1848, on essaya de la remettre en honneur pour réchauffer la fibre révolutionnaire et républicaine; mais elle ne produisit que peu d’effet. La Marseillaise fut un chant de circonstance, et , comme toutes choses, elle a beaucoup perdu en perdant son à-propos. C. D — Y.

MARTI N-DE-LANTOSQUE (Saint-), cli.-l. de cant. (Alpes-Maritimes!, arr. et au N. de Nice; 2,034 hab.

MARTINEZ DE LA ROSA (Francisco), poète et homme politique espagnol, né à Grenade en 1789, m. en 1862, devint, à 19 ans, professeur de philosophie morale à l’Université de sa ville natale. C’était au moment où Napoléon Ier envahissait l’Espagne. La Junte nationale l’envoya à Gibraltar réclamer l’appui de l'Angleterre. En même temps, le poète se révélait, et l’un des faits héroïques de la guerre de l’Indépendance lui inspirait le poème épique de Saragosse, plein de douleur et d’enthousiasme. Réfugié à Cadix avec la Junte, il fut envoyé en Angleterre avec un caractère diplomatique. Ce fut à Londres, en 1811, qu’il publia son poème de Saragosse. Il revint, l’année suivante, à Cadix, dernier refuge des Cortès, et on le nomma secrétaire de la commission de la liberté de la presse, l es Français assiégeaient la ville, et Martinez, voulant servir l’opinion publique, fit jouer une tragédie,

la Veuve de Padilla, offrant des allusions à la situation actuelle du pays, et une comédie, Ce que peut un emploi, dirigée contre la manie des places. Les Cortès ayant été convoquées à Madrid, au commencement de 1814, Martinez y fut envoyé par la province de Grenade. Elles prétendaient faire accepter à Ferdinand VII la Constitution de 1812, et Martinez se fit remarquer alors par une brochure intitulée : la Révolution actuelle de l’Espagne esquissée. Mais Ferdinand, de retour à Madrid, abolit (4 mai 1814) tout ce qui avait été fait pendant son absence, et proscrivit les hommes du parti libéral. Martinez fut arrêté, et, après 7 mois de détention, fut condamné à 6 ans d’exil, et transporté dans un des plus affreux présides que l’Espagne possède sur la côte d'Afrique. Après la Révolution de l’ile de Léon, en 1820, nommé membre des Cortès extraordinaires, il ne craignit pas de déclarer la Constitution de 1812 trop républicaine. Les élections de 1822, faites sous l’empire de cette Constitution, ayant produit une majorité révolutionnaire devant laquelle le ministère se retira, Ferdinand VII choisit pour premier ministre Martinez de la Rosa, qui voulut modérer les exaltés royalistes, aussi bien que les exaltés démocrates. 11 y usa ses forces : une émeute, qui dura du 30 juin au 7 juillet 1823, le détermina à donner sa démission. L’intervention française ayant rétabli Ferdinand dans tout son pouvoir absolu, Martinez, contraint de s’exiler, se fixa à Paris, où il donna une édition complète de ses OEuvres, 1827-30, 5 vol. in-12, et fit jouer au théâtre de la Porte -Saint- Martin, 1830, un drame, Aben-Humeya, ou la Révolte des Mores sous Philippe II. L’année suivante, il lui fut permis de rentrer en Espagne, mais non à Madrid ; il alla vivre à Malaga. Il rentra dans la vie politique en janv. 1834, où la reine régente Marie-Christine le nomma 1er secrétaire d’Etat. Martinez fut le promoteur du Statut royal , charte octroyée par la régente (V. Coktès), et du traité de la quadruple alliance, entre l’Angleterre, la France, le Portugal et l'Espagne, en vertu duquel le gouvernement espagnol envoya en Portugal une armée qui en chassa don Miguel et don Carlos. Des troubles insurrectionnels qui éclatèrent au mois d’août 1834, une révolte des provinces basques à l’occasion de la suppression de quelques fueros ( V . ce mot), amenèrent la retraite du ministère; Martinez disparut de la scène politique. Les élections de 1836 le ramenèrent aux Cortès, où il se fit remarquer comme un des meilleurs orateurs de l’assemblée. 11 fut nommé ambassadeur à Paris en 1839, puis à Rome en 1842. Au mois de juillet 1843 , Espartero ayant été dépossédé de la régence, et le maréchal Narvaez chargé de former un cabinet, Martinez de la Rosa en fit partie. Il reprit l’ambassade de Paris de 1847 à 1851, puis revint occuper à Madrid la présidence du Sénat, la quitta, en 1857, pour le poste de 1er secrétaire d’Etat, se rallia, en 1858, au cabinet O’Donnell, qui avait renversé le précédent ministère, devint président du nouveau conseil d’État, et, à la fin de la même année, président des Cortès. — Martinez de la Rosa a rendu des services à son pays comme homme politique, mais il manquait de la qualité essentielle pour gouverner en temps de troubles, l’initiative jointe à la fermeté. — 11 eut une assez grande réputation comme poète; outre les ouvrages déjà cités, il a donné trois tragédies : OEdipe, la Conjuration de Venise, et Morayma ; une charmante comédie, dirigée contre les mères qui ne savent pas vieillir, la Fille à la tnaison et la mère au bal ; un Art poétique, inspiré de ceux d’Horace et de Boileau, et suivi d’un ample commentaire qui est presque une histoire littéraire de l’Espagne. Martinez a donné aussi un roman, dans le genre de Walter Scott, Isabelle de Solis, reine de Grenade , 1837, 3 vol. in-12; une Vie de Hernan Perez del Pulgar, biographie savante d’un héros espagnol du xve siècle, 1834, in-8°; enfin l’Esprit du siècle, 1835-51, 6 vol. in-8°, essai historique sur la Révolution française et ses conséquences en Europe. On a publié à Paris, en espagnol, un choix des ouvrages de Martinez de la Rosa, sous le titre d ’ OEuvres mêlées, collection Baudry, 1814-45, 5 vol. in-12. C. D— Y.

MARX (Adolphe -Bernard), compositeur et musicographe allemand, né en 1799 à Halle, m. en 1866, professeur à l’Université de Berlin depuis 1830, a écrit des opéras, des oratorios, des morceaux de musique vocale et instrumentale, mais doit surtout sa réputation à ses ouvrages didactiques : l'Art du chant, 1826; De la peinture en musique, 1828 ; Théorie générale de la musique, 1839; la Science de la composition musicale, 1837-45,4 vol.

MASSA-CARRARA (Prov. de), division du royaume d’Italie, comprend les parties des anciens duchés de Parme et de Modène situées au S. de l’Apennin; elle est

MAT

MAX

bornée à l’O. par la prov. de Gênes, au N. par celles de Parme, de Reggio et de Modène, à l’E. par celle de Lucques, au S. par la Méditerranée. Arrosée par la Magra et le Serchio, et presque entièrement montagneuse; on y exploite du cuivre, du fer (14,000 quintaux métriques palan), du soufre, du pétrole, du plâtre, et surtout des marbres, dits de Carrare (environ 500 carrières). Ch.-l. , Massa. Trois arrond. : Massa-Carrara, Castelnovo-di-Garfagnana, Pontrémoli. Superf. , 1,596 kil. carrés; pop., 147,838 hab. C. P.

MASSAIiD (Jean-Baptiste-Raphaël-Urbain), graveur, né à Paris en 1775, m. en 1849, élève de David pour le dessin et de son père Jean Massard (K. ce nom dans le Dictionnaire ) pour la gravure, s’est distingué par la fer meté du burin, l’habile arrangement des tailies et l'harmonieuse vigueur de l'effet. Il a gravé la Ste Cécile de Raphaël, les Sabines de David, Homère de Gérard, les Funérailles d'Alala et Hippocrate refusant les présents d'Artaierxès de Girodet, le portrait en pied de Louis XVIII par Gérard, etc.

MASSIAS (le baron Nicolas), littérateur, né à Villeneuve d’Agen en 1764, m. en 1848, servit dans l’armée des Pyrénées, enseigna les belles-lettres à l’École militaire de Saumur, puis, entrant dans la carrière diplomatique, fut chargé d’affaires près le cercle de Souabe en 1800, et consul général à Dantzig de 1807 à 1815. On a de lui, entre autres ouvrages : Rapport de la nature à l’homme et de l'homme à la nature, ou Essai sur l’instinct, l'intelligence et la vie, Paris, 1821-22, 4 vol. in-8°; Théorie du beau et du sublime, 1824, in-8° ; Problème de l'esprit humain, ou Origine, développement et certitude de nos connaissances, 1825, in-8°; Principes de littérature, de philosophie, de politique et de morale, 1826-27, 4 vol. in-12 ; Traité de philosophie psycho-physiologique, 1830, in-8° ; Influence de l’écriture sur la pensée et sur le langage, 1828, in- 8°.

MASTARNA. Suivant la tradition étrusque, Servius Tullius, avant de devenir sous cette dernière dénomination le sixième roi de Rome, avait, en Etrurie, porté le nom de Mastarna. Il avait suivi longtemps et fidèlement Cœlès Vibenna; chef d’une armée de mercenaires étrusques, et était venu s’établir, avec une partie de cette armée, sur le mont Cœlius, à Rome. Cette tradition est rappelée, avec le nom même de Mastarna, dans le discours de Claude pour l’entrée des Gaulois au Sénat, discours gravé sur des tables de bronze découvertes à Lyon en 1528, et que Ton conserve dans cette ville. Cf. Tacite, Ann. XI, 24. Les noms de Mastarna, Cœlès Vibenna, Tarquin, Tanaquil, sont inscrits dans les peintures murales de la crypte de Vulci. Cf. Noël Desvergers, l’Etrurie et les Etrusques, in-fol., t. II, p. 45-52.

MATAMOROS (dép. de), division administrative du Mexique, entre le Texas au N., dont il est séparé par le Rio-Grande-del-Norte, et les dép. de Nuevo-Léon à l’O. , de Tamaulipas au S., et le golfe du Mexique à l’E. ; formé de la moitié septentrionale de l’anc. Etat de Tamaulipas. Littoral marécageux et malsain, où s’enfoncent la lagune de Matamoros et la Laguna Madré. Commerce de métaux, cuirs, plantes médicinales, laines. Ch.-L, Matamoros. Ce département dépend de la division militaire de Monterey. C. P.

MATÉBALES, peuple de l’Afrique australe, entre le Limpopo au S., le désert de Kalahari à l’O., le Zambèze au N., et les monts Lupata à l’E. Leur pays, encore peu connu, forme vers le centre un plateau montagneux (monts Matoppo et Maschoua), qui verse de nombreux affluents au S. vers le Limpopo, au N. vers le Zambèze. Les Matébales appartiennent à la famille des Cafres. Le village de Matlokotloko , au centre du pays, est la résidence de leur chef. C. P.

MATEHUALA, v. du Mexique, par 23° 40' lat. N. et 103° 15' long. O., sur un plateau formé par la branche orientale de la Sierra-Madre. Le dép. de Matéhuala, partie septentrionale de l’ane. État de San-Luis-Potosi, est borné par ce dép. au S., par ceux de Tamaulipas à l’E., de Nuevo-Léon et de Cohahuila au N., de Fresnillo et de Zacatecas à l’O. On y voit les pics Cerro-San-Angelès et Bianco; belles forêts; riches mines d’argeut, surtout à Alamos de Catorze; direction des mines à Charcas. Ce département dépend de la division militaire de San-Luis- Potosi. C. P.

MATHEW (Théobald), apôtre de la tempérance, né en 1790 à Tomastown en Irlande (Tipperary ), m. en 1856, entra dans Tordre des Franciscains, et se rendit populaire comme prédicateur à Cork. Eu 1833, il se dévoua à l’organisation de Sociétés de tempérance. Le succès de cet apostolat fut immense : jusqu’en 1844, le P. Mathew en-

leva à l’ivrognerie 2 à 3 millions d’Irlandais. Continuant son œuvre en Angleterre, il fit aussi de nombreuses conversions à Londres, à Liverpool, et dans les autres grandes villes manufacturières. Il obtint des résultats non moins satisfaisants aux États-Unis, d’où il ne revint qu’en 1851. Il alla encore en mission aux îles Fidji. B.

MATTER (Jacques), philosophe, né en 1791 à Alt- Eckemlorf (Bas-Rhin), m. en 1864, fut nommé professeur d’histoire au collège royal de Strasbourg en 1818, cumula depuis 1820 les doubles fonctions de directeur et de professeur d’histoire ecclésiastique au gymnase de cette ville, devint inspecteur de l’Académie eu 1828, inspecteur général de l’Université eu 1832, et inspecteur général des bibliothèques de Fravrce en 1845. Il a publié: Histoire de l’ école d’ Alexandrie , 2e édit., 1840,3 vol. in-8°; Histoire critique du Gnosticisme, 2e édit., 1843, 2 vol. ; Histoire universelle de l'Eglise chrétienne, 2e édit., 1839, 4 vol. ; De l'influence des mœurs sur les lois et des lois sur les mœurs, 2e édit., 1843; Histoire des . doctrines morales et politiques des trois derniers siècles, 1836-37,3 vol.; De T Affaiblissement des idées et des études morales, 1841; Schelling et la philosophie de la nature, 2e édit., 1845; De l’état moral, politique et littéraire de V Allemagne, 1847, 2 vol.; Histoire de la philosophie moderne dans ses rapports avec la religion, 1854 ; Philosophie de la religion, 1857, 2 vol.; le Mysticisme en France au temps de Fénelon, 1863; Swedenborg , sa vie, sa doctrine et ses écrits, 1864, etc. B.

MATTEUCC1 (Carlo), physicien italien, né à Forli en 1811, m. en 1868, fut professeur à Ravenne en 1838, à Pise depuis 1840, établit les premières lignes télégraphiques en Toscane, et devint sénateur du royaume d’Italie. On lui doit des ouvrages importants, un Cours de Physique, un Manuel de Télégraphie, un Traité des phénomènes électrophysiologiques, qui lui a valu la médaille de Copley de la Société de Londres.

MAUROCORDATO (Alexandre), homme d’Etat grec, né en 1791 à Constantinople, m. eu 1865, fut secrétaire de l’hospodar de Valachie, JeanCaradja, son oncle maternel, puis voyagea en Suisse et eu Italie. Appelé en Grèce par l’insurrection de 1821, il prit part au siège de Tripolitza, fut nommé président du Conseil exécutif par l’assemblée d’Epidaure en 1822, promulgua une constitution provisoire, multiplia les efforts pour maintenir la concorde- entre les chefs grecs, et soutint avec succès un siège dans Missolonghi en 1823. Par suite de différends avec Kolocotroni, il se retira à Hydra, où il mit tous ses soins à organiser la flotte. Chargé du commandement militaire de la Grèce occidentale en 1824, il se lia avec lord Byron, et négocia dans le but d’intéresser l’Angleterre à la cause des Grecs. En 1825, il défendit Navarin contre les Turcs; puis, de nouveau abreuvé de dégoûts, il abandonna la vie politique. Pendant la minorité du roi Othon, il fut quelque temps ministre des finances et président du Conseil, puis ambassadeur à Munich, à Berlin, à Londres, à Constantinople. Après la révolution de 1843, il piésida l’assemblée qui établit le gouvernement constitutionnel, et dirigea momentanément le ministère. En 1850, il reçut l’ambassade de Paris. Rappelé au moment de la guerre d’Orient, 1853, il s’opposa à ce que la Grèce prit parti pour la Russie, et parvint à rétablir les relations pacifiques avec la Porte. Depuis 1856 , il demeura étranger aux affaires publiques. B.

MAXIMILIEN II, roi de Bavière, né en 1811, m. en 1864, succéda en 1848 à son père Louis Ier, qui avait abdiqué. Pour lutter contre la démocratie dans sou royaume et contre les tendances unitaires de la Prusse dans la Confédération germanique, il s’appuya sur l’Autriche, et fut secondé dans celte œuvre par son ministre De Pfordten. Les mesures réactionnaires du gouvernement et ses sympathies pour la Russie dans la guerre d’Orient causèrent un mécontentement très-vif ; le ministre dut se retirer en 1859, un code criminel et un code de police furent votés par les Chambi-es en 1861, les peines corporelles abolies, le jury établi dans presque toutes les affaires criminelles, les juifs affranchis, etc. Dans la politique germanique, Maximilien II eut les mêmes idées que le roi de Wurtemberg, Guillaume Ier (T. ce nom, dans le Supplém.). Pendant la guerre d’Italie de 1859, il montra des dispositions très-hostiles à la France. C’était un prince lettré, disciple de Schelling.

MAXIMILIEN, empereur du Mexique, de 1864 à 1867, était né en 1832. Archiduc d’Autriche, et frère de l’empereur François-Joseph, il commanda en chef la marine autrichienne, et fut gouverneur général du royaume Lombard-Vénitien jusqu’en 1859. Il épousa, en 1857, la princesse Charlotte, fille de Léopold Ier, roi des Belges. Lors

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de l’intervention française au Mexique, il accepta d’être empereur de ce pays. Juarès, président de la République attaquée par la France, le fit prisonnier à Queretaro, et ordonna de le fusiller.

MAZËRES (Edouard- Joseph-Ennemond), auteur dramatique, né à Paris en 1796, m. en 1866, suivit pendant quelque temps la carrière des armes, puis travailla pour le théâtre. Il écrivit, en collaboration avec Picard; l’Enfant, trouvé, 1824; les Trois quartiers, 1827; le Bon g arçon, 1829; — avec Scribe: la Vérité dans le vin 1823; le Coiffeur et le Perruquier, 1824; l’Oncle d’Amérique, 1826; la Quarantaine , 1827 ; le Charlatanisme , et Vatel, 1828. La Demoiselle de compagnie (1826), le Jeune mari (1826), Chacun de son côté (1828), pièces qu’il composa seul, eurent aussi du succès. Il était depuis peu de temps lecteur de Charles X, quand la Révolution de 1830 arriva. Après avoir fait jouer, avec Empis, la Mère et la Fille, la Dame et la Demoiselle (1830), Un changement de ministère (1831), il se tourna vers les fonctions administratives : sous-préfet de Sl-Denis en 1832, il donna néanmoins, avec le même auteur, la pièce intitulée Une liaison, 1834. Il devint préfet de l’Ariége en 1835, de l’Aveyron en 1837 ; de la Hle-Saône en 1839, et du Cher en 1847. La Révolution de 1848 le rendit complètement à la vie littéraire; mais il ne composa plus que trois comédies : l'Amitié des femmes (1849), le Collier de perles (1851), et la Niaise (1854). Un choix de ses œuvres a été publié sous le titre de Comédies et Souvenirs, 1857,3 vol. in-8°.

MEDHUKST (Walter-Henry), sinologue anglais, né à Londres en 1796, m. en 1857, étudia pour être pasteur, entra en 1816 dans la Société des missions étrangères, parcourut l’Inde, et, bien qu’établi depuis 1822 à Batavia, alla prêcher à Java, à Bornéo et en Chine. Outre une traduction de la Bible en chinois, il a laissé ; Vocabulaire anglais et japonais, Batavia, 1830, in-8°; Vocabulaire comparé du chinois, du coréen et du japonais, ibid. , 1835, in-8°; la Chine, sa situation politique et géographique , Londres, 1838, in-8° ; Répertoire chinois, Canton, 1838-51, 20 vol. in-8° ; Dictionnaire chinois-anglais, Batavia, 1842-43, 2 vol. in-4° ; Dictionnaire anglais-chinois , 1847-48, 2 vol. in-4°; Mélanges chinois, 1849-53, 3 vol. in-8°, etc.

MÉDIATISÉ (Prince), expression empruntée à l’ancien droit germanique, et signifiant qu’un prince souverain cessait de dépendre immédiatement du chef suprême de l’Empire, pour n’en dépendre que médiatement ; qu’il tombait, par conséquent, sous l’autorité du souverain territorial dans les États duquel il était enclavé, et voyait disparaître ainsi sa souveraineté. Les droits souverains transportés étaient ceux de législation , de juridiction suprême, de haute police, d’impôt, de recrutement; le médiatisé conservait la basse et moyenne justice, la police forestière, les droits de pêche, de chasse, de pâturage, d’exploitation de mines, toutes les redevances de nature féodale, les propriétés personnelles, le droit de n’être jugé que par ses pairs. En un mot, il descendait du rang de prince régnant à celui de sujet privilégié. C. D — y.

MEERUT, v. de l’Inde anglaise (prov. Nord-Ouest), ch.-l. de l’une de ces provinces, à 61 kil. N.-E. de Delhi. C’est à Meerut que commença, 1857, la révolte des cipayes qui faillit détruire la domination anglaise en Asie. C. P.

MÉLESVILLE(Anne-Honoré-Joseph Duveykiek, dit), auteur dramatique, né à Paris en 1787, m. en 1865, fut avocat à Montpellier enl809,puis substitut du procureur impérial et du procureur général. Démissionnaire à la Restauration, il résolut de travailler pour le théâtre, où il avait déjà réussi avec la comédie de l'Oncle rival (1811), et prit le pseudonyme de Mélesville. 11 a écrit, seul ou en collaboration avec divers écrivains, 341 pièces de tous genres. Ainsi, il a fait les livrets des opéras suivants : Ali-Baba, Zampa, le Concert à la Cour, le Chalet , le Lac des fées, etc. il a composé, entre autres comédies ; Valérie, 1823, avec Scribe; la Marquise de Senneterre, 1837, avec son frère Ch. Duveyrier. Plus spécialement heureux dans le vaudeville, il donna avec Scribe : les Deux Précepteurs, 1817 ; Frontin mari-garçon, 1821 ; les Mémoires d’un colonel de hussards, 1822; la Demoiselle à marier, 1826; la Chatte métam orphosée en femme, 1827; Zoé ou T Amant prêté, et la Seconde aimée, 1830; — avec Roger de Beauvoir: le Chevalier de Saint-Georges, 1840; — avec Merle, Brazier, Carmouehe, Bayard, etc. : la Famille normande , 1822 ; le Précepteur dans l’embarras, 1823; le Bourgmestre de Saardam, 1825; l’Espionne russe, 1829; le Philtre champenois, et le Bouffon du Prince, 1831; les Vieux péchés, 1833; Michel Perrin, 1834; Elle est folle, 1835; Une fièvre brûlante, 1847, etc. Tous ces ouvrages montrent une grande souplesse d’esprit, de l’imagination, et une rare entente du

théâtre. Les meilleurs sont ceux qui ont été faits en société avec Scribe.

MELVILLE (Baie de), enfoncement profond de la mer de Baffin, sur la côte occidentale du Groenland, entre 75° et 76° de lat. N. Découverte par Baffin en 1616, explorée par John Ross en 1818, elle est très-fréquentée par les pêcheurs de baleines; mais les tempêtes qui la bouleversent, et les bancs flottants de glace qui la sillonnent en été, la rendent le théâtre de nombreux naufrages. C. P.

melville (Détroit de), un des 4 détroits qui forment le passage nord-ouest dans l’Amérique septentrionale, entre ceux de Barrow à l’O., de Banks à l’E., les îles Melville, Bathurst, et Byam Martin au N., les terres du Prince de Galles, du Prince Albert, et le canal Mac-Clintock au S. Découvert par Ed. Parry en 1819, et appelé aussi Bassin de Melville, à cause de sa largeur, ou Détroit de Mac-Clure, parce que c’est dans ce détroit que ce naviga teur, arrivant par le détroit, de Behring, rencontra les vaisseaux venus par le détroit de Barrow , et constata le premier l’existence du passage nord-ouest par les détroits du nord et les Archipels occidentaux, 1853, sept ans après que Franklin (dont l’expédition ne fut connue qu’en 1859 ) l’eut reconnu par les détroits du sud et les archipels orientaux des mers polaires. C. P.

melville, île des terres polaires de l’Amérique septentrionale (Archipel Parry), située entre celles d’Eglington et du Prince Patrik à l’O., de Byam Martin et de Bathurst à l’E., la mer Polaire au N., et les détroits de Banks et de Melville au S., par 74° 30'-76° 30' environ de lat. N., et 108°-121°de long. O. Elle fut découverte en 1819 par Ëd. Parry. La neige la couvre pendant presque toute l’année ; mais le court été des régions polaires la pare de mousses, de gazons, de saxifrages, que viennent paître des bœufs musqués et des multitudes de lièvres. On y trouve également le loup et le renard polaires attirés par ces proies, et les baies sont remplies d’oies boréales , de pluviers et de gelinottes. Les Esquimaux viennent quelquefois y chasser. C. P.

MELZI (Gaétan, comte), bibliographe, né à Milan en 1783, m. en 1852, a laissé deux bons ouvrages : Biografia dei romanzi e poemi cavallereschi Italiani, 1838; Disionario di opéré anonime e pseudonime di scrittori Italiani o corne che sia aventi relazione ail' Italia , 1848-59, 3 vol. gr. in-8°.

MEMPHIS ou SAKKARAH (Table de), monument de la chi'onologie égyptienne, trouvé par M. Mariette en 1861, au S. de la pyramide de Sakkarah, parmi les tombes de l’ancienne nécropole de Memphis. Elle fait partie du monument funèbre d’un fonctionnaire nommé Tounari, proclamé juste et admis comme tel dans la société des meilleurs rois. Entre la figure de Tounari et celle d’Osiris, sont gravés 58 cartouches royaux, disposés en égal nombre sur deux bandes horizontales. C’est une liste ascendante, c.-à-d. qu’elle remonte de la XIXe dynastie à la première, en omettant les XVIIe, XVIe, XVe (dynasties des Hycsos) , XIVe, XIIIe, Xe, IXe, VIIIe et VIIe dynasties. La partie neuve et intéressante de cette Table est relative aux 6 premières dynasties; elle confirme et complète les listes de Manéthon, les deux Tables d’Abydos, et les autres monuments analogues. F. Mariette, la Table de Sakkarah, Revue archéologique de sept. 1864. C. P.

MENDIE (Mont). V. Adamawa, dans ce Supplément.

MENNECHET (Edouard), littérateur, né à Nantes en 1794, m. en 1845. Louis XVIII, en 1820,1e choisit pour lecteur et chef du bureau de sa chambre, place que lui conserva Charles X. 11 a fait des comédies, des opérascomiques, et des Contes en vers et poésies diverses, 1826, oubliés aujourd’hui. Ses principaux titres littéraires sont : le Plutarque français , ou Vies des hommes et des femmes illustres de la France, depuis le Ve siècle jusqu’à nos jours, avec leurs portraits en pied, 2e édit., 1844-47, 6 vol. gr. in-8°, ouvrage que Mennechet a conçu et dirigé, mais dont il n’a écrit que l’introduction; les Matinées littéraires, cours complet de littérature moderne, 1857, 4 vol. gr. in— IB.

MENSA, pays de l’Afrique orientale, entre l’Abyssinie au S., le pays des Bogos à l’O., celui des Habab au N., et le Samhar ou littoral de la mer Rouge à l’E. Il forme

un plateau très-élevé, divisé en profondes vallées qu arrosent la Lava ou Labga et son affluent la Mensa; à l’O. s’élève la Devra-Sina, montagne célèbre par des grottes immenses, où l’on a établi un couvent et une église, aujourd’hui abandonnés. Marbres, albatre. Les habitants sont des Abyssins, indépendants de l’Abyssinie, et chrétiens. C. P.

MENZEL (Charles-Adolphe), historien allemand, né en 1784 à Grunberg (Silésie), m. en 1855, professeur à Breslau depuis 1809, a laissé, entre autres ouvrages : Histoire

MER

MET

de la Silésie, 1807-10, 3 vol.; Histoire des Allemands jus qu’au temps de la Réforme, 1815-23, 8 vol. in-8°; Histoire de notre temps depuis la mort de Frédéric II , 1824-25, 2 vol. in-8°; Histoire moderne des Allemands depuis la Réforme jusqu'à l'acte de confédération, 1826-48, 11 vol. in-8° ; Histoire politique et reliqieuse des royaumes d’Israël et de Judo, 1853.

MERAT (François- Victor), médecin, lié à Paris en 1780, m. en 1851, chef de clinique à la Faculté de médecine de 1805 à 1815, et membre de l’Académie de médecine en 1821 , a laissé : Flore des environs de Paris, 1812; Éléments de botanique , 1822; Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique générale (avec DeLens), 1829-46, 7 vol.

MERCE Y (Frédéric Bourgeois de), peintre de paysages et littérateur, né à Paris en 1808, m. en 1860, se forma comme artiste par les voyages qu’il fit de 1829 à 1837. Chef de bureau dans la division des beaux-arts au ministère de l’intérieur en 1840, il passa, en 1853, au ministère d’État comme chef de cette division, et devint membre de l’Institut I Académie des Beaux-Arts) en 1859. Il a donné des Vues d'Ecosse, du Tyrol et d’Italie, et des études de forêts qui furent appréciées des connaisseurs. On a de lui : le Tyrol et le nord de iltalie, 1836, 2 vol.; Scotia, 1841, 2 vol.; Etudes sur les beaux-arts , 1857, 3 vol. in-8°; Histoire de la gruvure en médailles en France, 1856-57, 3 vol. in-8°; enfin un grand nombre d’articles dans la Revue de Paris, la Revue des D'-ux-Mondes, l’Artiste, etc.

ME RC Y -ARGENTE A U (Florimond-Claude, comte de), né à Liège en 1722, m. en 1794, petit-fils, par adoption, du corn e Claude-Florimond Mercy (F. le Dictionn.), fut ambassadeur à Turin, à S^Pétersbourg , puis en France, depuis 1766 jusqu’en 1790, où il jouit de la confiance de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il s’entremit pour leur faire passer les conseils politiques que leur donnait Mirabeau, et fut, avec le comte de La Marck, tout ce fameux comité autrichien dont les démagogues révolutionnaires firent si grand bruit. En 1790, il quitta la France pour aller achever de pacifier les Pays-Bas, que les réformes imprudentes de Joseph II avaient soulevés. Pendant deux ans, il eut les pouvoirs de gouverneur général. Il tenta, de Bruxelles, d’arracher la famille royale de France aux fureurs des révolutionnaires. Quand les Français envahirent la Belgique, 1794, il passa en Angleterre avec ordre de solliciter des subsides pour la coalition qui se préparait contre la France; mais il mourut peu de jours après son arrivée à Londres.

MÉRILHOU (Joseph), magistrat, né à Montignac (Dordogne) en 178 !, m. en 1856, reçu avocat à Paris en 1810, se fit un nom comme défenseur des accusés poli tiques que poursuivait la réaction de 1815. Élu député en 1828, il se trouva chargé, après la Révolution de juillet 1830, du portefeuille de l’instruction publique, puis de celui de la justice. Il donna sa démission lors des poursuites dirigées contre son ami Charles Comte; mais il fut nommé conseiller à la Cour de cassation en 1832, et, en 1837, pair de France. Suspendu de ses fonctions en 1848, il ne les reprit que l’annce suivante.il a donné une édition des Discours de Mirabeau, F — T.

MER1NAGHEN, vge de la colonie française du Sénégal, près de la lagune de Panié-Foul, est le ch.-l. du cercle S.-E. du Oualo, auquel il donne son nom. Le cercle a environ 2,000 liab., et le village 300 à peine. C. P.

MERLE (Jean -Toussaint) , auteur dramatique, né à Montpellier en 1785, m. en 1852 , dirigea le théâtre de la Porte-Sl-Martin de 1822 à 1826, et fut, après la Révolution de 1830, rédacteur du feuilleton des théâtres au journal la Quotidienne. Merle a fait représenter plus de 120 ouvrages, comédies, drames, vaudevilles, composés en société avec divers auteurs, et dans lesquels on remarque beaucoup d’invention , d’entente de la scène , et d’esprit d’obsevvation. On cite , entre autres : le Ci-devant jeune homme , le Savetier et le Financier, la Maison du rempart , le Bourgmestre de Saardam, Préville et Taconnet, et un cer tain nombre de vaudevilles grivois dont tantôt Cadet- Roussel et tantôt Jocrisse sont les héros. Merle avait épousé la célèbre actrice M“e Dorval.

MÉRODE I l’hilippe-Félix-Balthazar-Othon Ghislain , comte de ( , né à Maëstricht en 1791 , d’une famille noble et riche . m. en 1857 , se maria en France avec la fille du marquis de Grammont, et passa dans sa nouvelle famille presque tout le temps de la Restauration. Lorsque la Révolution de 1830 éclata en Belgique, il s’y jeta généreusement. Membre d’abord de la commission municipale de Bruxelles, puis du gouvernement provisoire, il aida puissamment le mouvement de son nom , de ses talents , de sa

réputation sans tache. Le roi Léopold, qu’il avait fait élire, le nomma successivement ministre des affaires étrangères, de la guerre et des finances. Il se retira pour ne pas signer la cession du Limbourg et du Luxembourg. Depuis lors, il fut l’un des membres les plus assidus de la Chambre des représentants, et l’un des plus fervents du parti catholique> Sa fille épousa M. de Montalembert. F — T.

MERY (Joseph), poète et romancier, né en 1798 aux Aygalades, près de Marseille, m. en 1866. 11 fit ses études à Marseille, où il fut témoin des violences qui signalèrent le retour des Bourbons, et fit dans les journaux une vive opposition à leur gouvernement. Venu à Paris en 1824, il se lia avec Barthélemy (V. ce nom dans le Supplém.), et collabora à ses satires contre les hommes de la Restauration. Déçu dans ses espéranc s après la Révolution de 1830 â laquelle il avait pris part, il écririt encore quelques sat res avec Barthélemy, mais renonç i bientôt à la politique pour ne s’occuper que de romans et de pièces de théâtre. Ses œuvres dramatiques n’ont pas vécu ; mais, comme conteur, il a montré beaucoup d’esprit, une imagination féconde, une verve inépuisable. Nous citerons parmi ses ouvrages; le Bonnet vert, 1830; Scènes de la vie italienne, 1837, 2 vol. ; les Nuits de Londres, 1840, 2 vol.; un Amour dans l’avenir, 1841, 2 vol. ; Anglais et Chinois, 1843 ; Héva, 1843; la Comtesse Hortensia , 1844; la Floride, 1846, 2 vol. ; la Guerre du Ni:am , 1847, 3 vol. ; une Veuve inconsolable, 1847, 2 vol. ; un Mariage de Paris, 1848 ; les Etrangleurs de l’Inde, 1858 ; Ursule, 1860, eic. Quelquesunes de scs pièces de vers ont été réunies sous le titre de Mélodies ; i-oétiques, 1853. B.

MÉSÈNE ET CHARACÈNE, petit royaume arabe fondé des débris de l'Empire des Séleucides, à la mort d’Antiochus VII, eu 129 av. J. -G., par Spasinès ou Pasinas, chef de bandes arabes. H comprenait les embouchures du Tigre et de l’Euphrate, au-dessous du confluent de ces deux fleuves. La cap. était Spasini-Charax, la ville de Spasinès. Ce royaume fut renversé, en 225 ap. J. -O., par Ardeschir, le 1er des monarques persans Sassanides, et fut compris, sous le second Empire persan et sous celui des califes, dans l’Irak-Araby; il forme auj. le livah de Bassorah, dans l’eyalet ottoman de Bagdad. V. Saint-Martin , Recherches sur l’histoire et la géographie de la Mésène et de la Kharai-ène , 1838 ; Reinaud , Mémoire sur la Mésène et la Kliaracène. C. P.

MESNARD (Jacques-André), magistrat et littérateur, né à Rochefort en 1792, m. eu 1858, d’abord avocat dans sa ville natale, défendit en 18161e commandant de la Méduse, et devint premier avocat général à Poitiers en 1830, procureur général à Grenoble en 1832 et à Rouen en 1836, conseiller â la Cour de cassation en 1841, pair de France en 1845, président de chambre à la Cour de cassation en 1850, sénateur et vice-président du Sénat en 1852, membre de l’Académie des sciences morales en 1855. On a de lui : de T Administration de la justice crimi nelle en France. 1831; une traduction de la Divine comédie de Dante, 1855-58, 3 vol. in-8°.

MÉTEMPSYCOSE (du grec mêla, qui marque changement, en, dans, et psuliè, âme), passage d’une âme dans un autre corps après la mort. Les phdosophes grecs, et Pythagore en particulier, enseignaient que les âmes séjournent tour â tour dans les corps de différents animaux, passant des plus nobles aux plus vils ou aux plus féroces, suivant 1 s vices dont elles s’étaient souillées. Les Grecs avaient pris cette doctrine des prêtres égyptiens , qui admettaient une circulation des âmes dans différents corps d'animaux terrestres, aquatiques, volatiles , d’où , après trois mille ans , elles revenaient animer des corps d’hommes. — Cette croyance existe encore chez les Siamois, les Japonais, les noirs de la Guinée. — C’est l’idée de la métempsycose qui fait que les Hindous et surtout les Banians s’abstiennent de chair.

METTERNICH ( Clément-Wenceslas-Népomucène-Lothaire, prince de), né à Coblentz en 1773, m. en 1859, épousa Eléonore de Kaunitz, petite-fille du ministre de ce nom , représenta au congrès de Rastadt le collège des comtes de la Westphalie, puis accompagna le comte de Stadion, ambassadeur à St-Pétersbourg. Ministre d’Autriche à Dresde, puis à Berlin, il prépara la coalition qui fut dissoute par la victoire d’Austerlitz. Nommé ambassadeur à Paris après le traité de Presbourg en 1806, il crut que le meilleur moyen pour l'Autriche de reconquérir quelque influence en Europe était de conserver 1 alliance de Napoléon 1er, ou mieux une neutralité dont elle sortirait seulement dans une circonstance décisive. L’empereur eut foi dans ses flatteuses promesses, dans ses protestations de paix, pendant que l’Autriche, pour profiter de la

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