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blessure qu’il reçut au Combat de l’Habra le contraignit de rentrer en France, où on le nomma général de division. Député de Saumur en 1842 et 1846, il vota avec l’opposition modérée. Par la mort de son père, 1847, il hérita du titre de duc de Reggio. Ayant adhéré à la République de 1848, sous laquelle il fut élu représentant de Maine-et-Loire à l’Assemblée constituante, il reçut le commandement de l’armée d’observation rassemblée au pied des Alpes. En 1849, il dirigea l’expédition française dans les Etats de l’Eglise, prit Rome, et y rétablit l’autorité de Pie IX. Rentré en France au mois d’août, il vint siéger à l’Assemblée législative comme député de la Meuse, montra une opposition constante à la politique du prince-président, et ce fut lui que les députés contre lesquels se fit le coup d'Etat du 2 dée. 1851 essayèrent de placer à la tête des troupes : arrêté avec ses collègues, il vécut û l’écart depuis sa mise en liberté. On a de lui : Aperçu historique sur la dignité de maréchal de France, 1838, iu-8° ; Considérations sur les ordres de Sl-Louis et du Mérite militaire, ibid., in-8°; De V Italie et de ses forces militaires, 1835, in-8° ; Considérations sur l'emploi des troupes aux grands travaux d'utilité publique, 1839, in-8°; De la cavalerie et du casernement des troupes à cheval , 1840, in-8° ; Des remontes de l'armée, 1842, in-8°; Précis historique et militaire de l’expédition française en Italie , Marseille, 1849, in-8°. B.
OUDOT (François-Julien), jurisconsulte, né en 1804 à Ornans (Doubs), m. en 1864, professeur de droit civil à la Faculté de Paris depuis 1830, a publié : Essais de philosophie du droit , 1847, iu-8° ; Conscience et science du devoir , 1856, 2 vol. in-8°.
OUFA (Gouvernement d’), division administrative de l’Empire russe, formée en 1865 de la partie septentrionale du gouv. d’Orenbourg. Il est borné au N. par ceux de Wiatka et de Perm ; à l’O. et au S. par celui d'Orenbourg, dont le sépare une partie de la chaîne de l’Oural et de la rivière Bielaia; à l’O. par ceux de Samara et de Kazan. 11 est arrosé par la Bielaia et l’Oufa, et renferme les mêmes productions que celui d’Oreubourg'. Ch.-l., Oufa.
OUKAMBANI, région de l’Afrique orientale (côte de Zanguebar), entre la rivière Adi au S.-O., les monts Amboloila et Kénia à l’O., la côte du Zanguebar à l’E. ; entre l°-3° lat. S., et au N., vers l’Equateur, le pays des Gallas. Les habitants s’appellent Ouakamba ; ils sont au nombre de 70,000, et fétichistes. C. P.
OURRY (E.-T -Maurice) , littérateur, né en 1776 à Bruyère-le-Châtel (Seine-et-Oise) , m. vers 1841. Il a donné aux divers théâtres de Paris un grand nombre de pièces, en collaboration avec Barré, Merle, Brazier, Rougemont, Sewrin, etc. Membre du Caveau moderne et des Soupers de Momus, il a encore enrichi de ses chansons les recueils de ces deux sociétés.
OUSAMBARA, région de l’Afrique orientale (côte de Zanguebar), entre la rivière Pangani au S., son aflluent le Luangera à l’O., l’océan Indien à l’E. du Pangani à Mombaza, et au N. le 4° lat. S. Pays très-montagneux (Tongway, volcan de Sagama) : riches mines de fer. Grand commerce d’ivoire, de maïs, de cannes à sucre et d’esclaves. Les Ousambara sont de race nègre , fortement mêlée de sang arabe : une partie sont musulmans, le plus grand nombre fétichistes; on en compte environ 500,000, qui obéissent à un sultan absolu résidant à Fuga ; les autres villes sont les ports de Pangani et de Ouasin. C. P.
OUSKOUB (Eyalet dj, gouvernement général de l’Empire ottoman (Turquie d’Europe), entre ceux de Nisch au N. et à l’E., de Salonique au S., et de Roumélie à l’O. Formé de la partie septentrionale de l’anc. Macédoine et de l’O. de la Roumélie ; arrosé au S. par le cours supérieur du Yardar et au N. par les sources de la Morawa bulgare, entre lesquels s’étendent les hautes montagnes du Tchar-Dagh et du Kara-Dagh. Climat rigoureux ; riches mines de fer à Egri-Palanka, de cuivre à Karatova. Pop., 400,000 hab., grecs ou bulgares; peu de musulmans. L’eyalet est divisé en 3 livalis : Ouskoub, Wranja et Pirischitna. C. P.
OUVRARD ( Gabriel-Julien), fameux financier, né prés de Clisson en 1770, m. en 1846, commença de faire sa fortune à Nantes par d’heureuses spéculations sur la fabrication du papier, fut assez heureux pour échapper aux proscriptions de Carrier, auprès duquel on l’avait dénoncé comme accapareur, se rendit à Paris après le 9 thermidor, devint l’un des intimes de Barras en 1797 , et se fit donner l’entreprise du service des subsistances de la marine. Il y gagna 15 millions en trois ans. Sous le Consulat et au commencement de l’Empire, il continua, comme
chef d’une puissante compagnie de faiseurs de services, d’entreprendre des fournitures pour les ministères de la marine et de la guerre, et, en outre, d’escompter des valeurs considérables au Trésor public. En 1806, avec la connivence d’un 1er commis, qu’il avait corrompu par le don d’un million de francs, il se fit donner successivement par le Trésor, sur des garanties douteuses et très-aléatoires, lasomme énorme de 141,800,000 fr.! Napoléon découvrit la fraude, et dès lors Ouvrard fut exclu de toutes les affaires. En 1810, Fouché, ministre de la police, l’ayant envoyé à Amsterdam pour une intrigue nouée à l’insu de l’Empereur, et qui avait pour but d’amener la paix avec l’Angleterre, Napoléon fit arrêter le prétendu négociateur dès son retour à Paris; niais son arrestation fut motivée sur ce qu’il était encore débiteur solidaire, envers le Trésor publie, d’une somme de près de 12 millions de francs sur son affaire de 1806. Il ne recouvra sa liberté qu’à la Restauration de 1814, et, comme il afficha des opinions très - royalistes , Louis XVIII, par un abus de pouvoir, lui fit remise de sa dette. Pendant la Restauration, il prit part aux négociations d’argent qui eurent pour résultat l’évacuation de la France par les étrangers coalisés. En 1823, nommé munitionuaire général de l’armée française qui envahit l’Espagne, il fit des comptes tellement exagérés, que l'Etat lui opposa toutes sortes de fins de non-recevoir. Il avait pris ses dispositions pour être insaisissable dans ses biens et meubles: Séguin, son associé, le poursuivant pour une dette de 5 millions, il se laissa incarcérer pour 5 ans, en 1824, afin de ne pas payer, et de sa prison, où il vivait somptueusement, continua de diriger de grandes opérations de finances. Depuis 1830, il mit son savoir-faire au service de don Miguel en Portugal et de don Carlos en Espagne. Il a écrit 3es Mé moires , 1826 et 1827, 3 vol. in-8°. B.
OVAMPO. contrée de l’Afrique australe, bornée par les sources de l’Ovampo à l’E., l’océan Atlantique à l’O. , le Cunène et les Damaras auS., entre 17°-20° lat. S., et 10°-17o long. E.; vers le S., les monts Otjorukakou renferment de riches mines de cuivre. Le pays est habité par des Boschimans. — La rivière Ovampo naît dans un plateau peu élevé, par 19° lat. S., et 17° long. E., coule au N. -O., et se jette dans le lac d’Onandova. C. P.
OWEN (Robert), célèbre socialiste anglais, né en 1771 à Newtown (Montgomery), m. en 1858, reçut une éducation incomplète, fut quelque temps employé de commerce, devint associé d’un riche filateur de Manchester, et prit la direction d’une filature près de Lanark, sur les bords de la Clyde, où il fit fortune. Le succès d’une école qu’il fonda, et d’où il excluait toute idée de récompenses et de peines, lui inspira un système d’éducation à l’aide duquel il se crut appelé à régénérer la société. Il en jeta les bases dans un livre intitulé : Nouveaux aperçus de la société, ou Essais sur la formation du caractère de l’Iiomme, Londres, 1812, in-8°. Partant de cette pensée que l'homme n’est naturellement ni bon ni mauvais, qu’il devient l’un ou l’autre selon les circonstances qui l’entourent, il rejette toute contrainte, et veut qu’on n’agisse que par le bon exemple, les relations régulières et amicales. En d’autres termes, l’individu est moralement irresponsable à l’égard de la position qu’il occupe comme à l’égard de ses actions; par conséquent, on doit renoncer à la louange et au blâme, à la récompense et à la peine, et les remplacer par la bienveillance. Owen ajoute qu’on doit introduire l’égalité des droits, et abolir toutes les supériorités, celle de l'intelligence comme celle du capital. Ce système, qui n’était autre chose que le communisme , n’effraya point tout d’abord ; son auteur reçut des marques de sympathie de plusieurs gouvernements, publia une foule de brochures et tint de nombreuses assemblées pour propager sa doctrine. Mais, en 182.3, l’hostilité du clergé anglican détermina Owen à se rendre aux Etats-Unis: il acheta des
terres dans l’Etat d’Indiana, sur les bords du Wabash, et y fonda, sous le nom de Nouvelle- Harmonie, un établissement où l’on ne vit accourir que des vagabonds et des aventuriers. Il dut revenir en Angleterre, en 1827, à peu prés ruiné. De nouveaux essais pour établir la commune absolue à Orbiston (Lanark) et à Titherley (Ilampshire) ne réussirent pas mieux. Une banque d’échange, qu’Owen avait contribué à fonder, fit faillite en 1832, et compromit les restes de sa fortune. Néanmoins, il multipliait les écrits et les meetings, et, quand éclata la Révolution de 1848, il passa en France dans l’espoir de faire adopter son système par le nouveau gouvernement. Aucun échec ne parvint à ébranler sa foi, L’exposition dogmatique de son régime rationnel se trouve dans le Livre du nouveau monde moral.
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PACCARD (Alexis), architecte, né à Paris en 1813, m. en 1867, élève d’Huyot et de Lebas, remporta le grand prix en 1841, et, à la snite d'un voyage en Grèce, fit le premier essai de restauration polychrome du Parthénon. Attaché en 1847 aux travaux du nouveau ministère des affaires étrangères, il exécuta en 1852 diverses restaurations au château de Rambouillet, et commença en 1853 celle du château de Pau.
PACINI (Jean), compositeur de musique, né à Catane en 1796, m. en 1867, reçut les leçons de Marchesi et de Mattéi. Après avoir écrit de la musique religieuse, il se tourna vers le théâtre. Ses opéras, où l’on sent la précipitation du travail, se distinguent néanmoins par l'abondance, la facilité et la grâce des motifs. Les principaux sont : Adélaïde e Comingin , 1818; l’Ultimo giorno di Pompeia, 1825; Niobe, 1826 ; Gli Arabi nelle Gallie, 1828.
PAGANEL (Camille-Pierre-Alexis), avocat et historien, né à Paris en 1797, m. en 1859, fils de Pierre Paganel ( V . ce nom dans le Dictionnaire), se fit recevoir avocat à la Cour royale de Paris en 1816, devint juge suppléant au tribunal civil de la Seine en 1830, député de Lot-et-Garonne en 1834, secrétaire-général du ministère de l’agriculture et du commerce, et conseiller d’État en service extraordinaire en 1840, et cessa toute fonction publique à la Révolution de 1848. Outre une traduction de l’Histoire romaine de Florus , 1823, in-8°, il a publié: Histoire de Frédéric le Grand , 1830, 2 vol. in-8»; 2e édit., 1847; Essai sur l’établissement monarchique de Napoléon Ier, 1836, in-80; Histoire de Joseph II, empereur d'Allemagne, 1843, in-8° ; 2e édit., 1852; Histoire de Scanderbeg , ou Turcs et chrétiens au xve siècle , 1855, in-8» et in-12, etc.
PA1LLIET ( Jean-Baptiste-Joseph), jurisconsulte, né à Orléans en 1789, m. en 1861, fut reçu avocat à Paris, et exerça quelque temps au barreau de sa ville natale, où il devint juge au tribunal civil en 1830, conseiller à la Cour d’appel en 1848. On a de lui ; Manuel du droit français, Paris, 1812, in-8”, souvent réimprimé; Traité du contrat de mariage, 1813, 2 vol. in-8°; Législation et jurisprudence des successions, 1816, 3 vol. in-8°; le Droit public français , 1822, in-8°; Dictionnaire universel de droit français, 1825-28, 5 vol. in-8°, ouvrage inachevé; Manuel complémentaire des Codes français et de toutes les collections de lois, 1846, 2 vol. in-8°; Constitutions américaines el françaises, 1848.
PALATINE, parure de cou, en fourrure, à l’usage des femmes, et qui fut introduite en France, vers 1671, par Charlotte-Élisabeth de Bavière, duchesse d’Orléans, mère du Régent, fille de l’électeur palatin Charles-Louis, et connue sous le nom de princesse Palatine.
PALGRAVE (Francis Cohen) , archéologue et historien anglais, né à Londres en 1788, m. en 1861, changea son nom juif de Cohen en celui de Palgrave quand il se convertit au christianisme, fut reçu avocat en 1827, rédigea de 1827 à 1834 les Arrêts du Parlement, et devint, en 1836, directeur des archives publiques. On a de lui : Histoire d Angleterre sous les Anglo-Saxons, 1831, traduite en français par Licquet; Origine et développement de la puissance anglaise, 1832, 2 vol. in-4°; lioluli Curiæ regis, 1835, 2 vol. in-8°; Catalogue et inventaire du Trésor de l’Echiquier, 1836, 3 vol. in-8°; Documents pour servir à l’histoire de l’Ecosse, 1837, in-8°; Histoire de Normandie el d'Angleterre, 1851-57, 2 vol., etc.
PALLEGOIX ( Denis- Jean-Baptiste ), missionnaire et voyageur, né à Cambertault près de Beaune en 1805, m. à Bangkok en 1862, alla dans le royaume de Siam dès 1830, et fut créé vicaire apostolique de cës pays et évêque de Mallos en 1838. En relations étroites avec Tchao-fayaï, que son frère, le roi de Siam, tenait dans une condition privée, et à qui il apprit le latin et les sciences européennes, il profita de l'amitié de son élève devenu roi sous le nom de Chao-Phra-Mong-Kut , pour nouer des rapports politiques et commerciaux entre Siam et la 1 rance. Il en fut, avec M. de Montigny, le principal intermédiaire (1856) . Il a fait imprimer à Bangkok une Grammaire thaï-latine, et, pendant un séjour en France, un Dictionnaire de la langue thaï (ou siamoise), français,
anglais et latin, 1854, et une Description du royaume Thaï ou de Siam, 1854, 2 vol., d’une grande valeur pour l’histoire, la géographie et l’ethnographie de l’Indo Chine. C. P.
PALMERSTON (Henry-John Tempi.e, lord vicomte), homme d’État anglais, né en 1784 à Broadlands (Southampton), m. en 1865, fit d'excellentes études à l’école d’Harrow, puis aux Universités d’Édimbourg et de Cambridge. Envoyé à la Chambre des communes dès 1807, il fut nommé, cette même année, un des lords de l’Amirauté, et conserva, de 1809 à 1828, sous diverses administrations, le secrétariat de la guerre. Dans cet intervalle, s’éloignant de plus en plus du parti tory, il soutint les demandes d’émancipation politique des catholiques, et se rangea parmi les libéraux conservateurs. Après la mort de Canning, dont il avait adopté les opinions sur la politique étrangère, il sortit du ministère avec Huskisson, son ami ; il fit de l’opposition au cabinet tory dirigé par Wellington, auquel il reprochait de rechercher sur le continent l’alliance des gouvernements absolus, tandis que l’Angleterre avait intérêt à y soutenir les institutions constitutionnelles et la cause des nationalités opprimées. Eu 1830, la Révolution de France ayant amené la retraite de Wellington, Palmerston reçut, dans le ministère Grey, le département des affaires étrangères. Il accepta alors la réforme parlementaire, qu’il avait précédemment combattue, travailla, de concert avec le roi Louis-Philippe, à faire reconnaître l’indépemlanee de la Belgique par toutes les puissances de l’Europe, mais ne fit rien pour la Pologne insurgée, et, en 1834, eut la plus grande part à la quadruple alliance de la France, de l’Angleterre, de l’Espagne et du Portugal, destinée à protéger les reine: Isabelle H contre don Carlos, et dona Maria contre don Miguel. Il poursuivit encore avec ardeur la répression de la traite des noirs, comprima en 1837 la révolte du Canada, et fit à la Chine, en 1840, la guerre inique dite de l’opium. Sa politique audacieuse et provoquante dans la question d’Orient le rendit très-populaire parmi les Anglais : inquiet de l’influence de la Russie à Constantinople et des sympathies que la France témoignait au vice-roi d’Egypte Méhémet-Ali, il entreprit d’affaiblir l’une par l’autre ces deux puissances qu’il ne pouvait attaquer à la fois. Le ministère français ayant refusé d’agir avec lui contre la Russie eu forçant les Dardanelles, il se vengea en faisant accepter au Sultan l'appui de l’Angleterie contre les Égyptiens, exploita les antipathies des grandes puissances contre le gouvernement français sorti de la Révolution de 1830, et signa avec ces puissances, et sans la France, qui n’y fut point appelée, le traité de Londres du 15 juillet 1840. Il savait que Louis-Philippe et les Chambres françaises ne se décideraient pas à la guerre, en sorte que, sans un danger sérieux, il fournit à la marine anglaise l’occasion de se signaler par le bombardement de Beyrouth, au pouvoir du pacha d’Egypte, et releva l’influence de son pays en Turquie. En 1 841, des causes intérieures ramenèrent les tories au pouvoir; lord Palmerston, bien que placé dans l’opposition parlementaire, appuya les réformes commerciales de Robert Peel. En 1846, il reprit la direction des affaires extérieures : se mêlant alors à toutes les querelles du continent, sous prétexte de protéger des intérêts ou des doctrines, il se brouilla avec l’Autriche au sujet de l’occupation et de l’anéantissement de la petite république de Cracovie, rompit l'entente cordiale avec la France à propos du mariage du duc d’Aumale avec une sœur de la reine d’Espagne, contrecarra en Suisse les projets de ces deux puissances favorables au Sunderhund ; envoya des armes et des munitions aux mécontents de la Sicile, puis les abandonna aux vengeances du roi de Naples à cause de leurs tendances républicaines. En 1848, il reconnut la République française, qui protestait de ses intentions pacifiques. Sans autre mobile que l'avantage de l’Angleterre, on le vit tour à tour, cette même année, encourager les insurrections de Vienne et de Berlin, et soutenir Léopold Ier contre les révolutionnaires de Belgique; applaudir aux réformes de Pie IX, aux projets de Charles-Albert
PAN
PAR
en Sardaigne pour l’indépendance italienne, et abandonner à elle-même la Hongrie révoltée. Après le triomphe de l’Autriche sur la Sardaigne à Novare, 1849, il s’opposa énergiquement aux abus de la victoire, afin de balancer l’influence que la France avait prise en Italie par l’expédition de Rome. En 1850, il faillit troubler la paix de l’Europe en soutenant la revendication d’une misérable somme que le juif Pacifico faisait auprès du gouvernement grec. L’approbation qu il donna, sans consulter ses collègues, au coup d’Etat exécuté en France par Louis- Napoléon le 2 déc. 1851, lui attira des difficultés, et il fut contraint de donner sa démission. On le rappela l’année suivante, dans le cabinet Aberdeen, mais en qualité de ministre de l’intérieur. Chef d’un nouveau ministèreet premier lord de la Trésorerie en 1855, il poussa la guerre de Crimée avec plus d’activité que son prédécesseur, se montra hostie, après les conférences de Paris, 1856, à l’union des Principautés danubiennes; combattit, dans un intérêt anglais, le percement de l’isthme de Suez, et déplot a en 1857 la plus grande vigueur pour réprimer l’insurrection de l’Inde. Après la tentative d’a-sa-sinat d’Orsini contre Napoléon 111, 1858, la liberté dont avaient joui les réfugiés et les conspirateurs à Londres produisit entre la France et l’Angleterre une hostilité que les adversaires de lord Palmer?ton mirent à profit pour le renverser. Mais, dès 1859, on lui rendit le pouvoir, et il le conserva jusqu’à sa mort. Dans ses dernières années, il fit avec la France le traité de commerce de 1860 et la guerre contre la Chine, mais contraria ses desseins dans le réglement des affaires de Syrie (F. ce mot au Supplém.), approuva l’abandon que le corps expéditionnaire anglais fit de la petite armée française dans l’expédition du Mexique, prit une attitude tour à tour menaçanie et timide dans les affaires de Pologne et de Danemark, et dut mettre en jeu toute son habileté pour prévenir des complications avec les États-Unis, irrités des sympathies de l’Angleterre pour les Etats sécessionistes. Lord Palmerston, malgré de grands talents et une incontestable habileté d'homme d’État, a été jugé par des esprits sévères comme un politique empirique, fuyant devant l’opinion publique de sou pays, se réglant sur ses variations, ses engouements, ses jalousies, ses préventions du moment, sans jamais chercher à la dominer ou à la redresser. B.
PANGANI, v. de l’Afrique orientale (côte de Zanguebar), sur la rive g. de la rivière de son nom, et près de son embouchure dans l’océan Indien. Elle est composée de huttes et d’une vingtaine de maisons en pierre. Environ 4,000 habitants, Arabes, Ousambaras, et beaucoup de femmes esclaves. Elle dépend du sultan d’Ousambara. Tout le district de Pangani est très-fertile en maïs, riz, orge, cocos, bétel, girofliers, coton. La ville exporte beaucoup d’esclaves, et annuellement 350,000 livres d’ivoire, outre 2,000 livres de dents de rhinocéros et d’hippopotame , que les Ousambaras apportent de l’Unyarnesi. — La rivière Pangani, appelée dans son cours supérieur Riroua ou Loufou , naît au mont Kilimandjaro, reçoit le Luangera ou Mkomaki et le Louéré, et sc jette dans l’océan Indien, entre les îles de Pemba et de Zanzibar. f C. P.
PANIE-FOUL, lac de la Séncgambie (pays d’Oualo), à 48 kilomètres É. de St-Louis ; 60 kil. sur 8. Il est traversé par la Taouey, et coupé vers le milieu par une ile. On le nomme aussi N'Guier.
PANüFKA (Théodore), archéologue et antiquaire, né à Breslau en 1801, m. en 1858, dirigea les fouilles de Nola en 1828, et devint professeur à l’Université de Berlin en 1844. On a de lui : Antiquités de Naples, 1828 ; Itecherclies sur les noms des vases grecs et sur leurs différents usages, Paris, 1829, in-fol., fig., ouvrage fort critiqué par Letroune, qui y signala de nombreuses erreurs; Il Museo Bnrtoldiano , Berlin, 1827; Musée Blacas, Paris, 1830, in-fol.; Antiques du cabinet Pourtalès, Paris, 1834, in-fol. ; Terres cuites du Musée royal, Berlin, 1842; Scènes de la vie antique , ibid., 1843; Grecques et Grecs d'après l'antique, ibid. , 1844; Sur quelques ex-voto antiques, ibid., 1838; Parodies et caricatures des ouvrages de l’art classique, ib., 1851; Gemmes et inscriptions du Musée royal de Berlin, ib., 1851 ; Essai d'un Commentaire archéologique de Pausanias, ibid., 1853, in-4°, etc. Panofka fut un des collaborateurs des Annales de l'Institut de correspondance archéologique de Home; on le nomma, eu 1856, conservateur des vases peints du Musée de Berlin.
PANSKRON (Auguste), musicien, né à Paris en 1795, m. en 1859, remporta le grand prix de composition en 1813. Après avoir composé plusieurs messes à
grand orchestre, il essaya d’aborder le théâtre en 1819, échoua, et eut alors le bon esprit de se renfermer dans le genre de la musique d’église, de romance, et de se livrer à l’enseignement. Il fit des romances d’un caractère original , avec accompagnements de cor, hautbois, flûte, violon, violoncelle. Parmi ces petites compositions, on a longtemps cité : la Nouvelle Nina, Vogue ma nacelle, Petit blanc mon bon frère, la Ballade du cor, le Songe de Tarlini, Appelez-moi je reviendrai, la Fêle de la Madone, Malvina, J’ attends encore, Au revoir , etc. En 1826, Panserou fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris. Il a écrit un Traité d’harmonie pratique, des Méthodes, etc., qui ont obtenu beaucoup de succès. B.
PAPETY ( Dominique-Louis-Féréol), peintre, né en 1815 à Marseille, m. en 1849, obtint le grand prix de Rome en 1836 pour un tableau représentant Moïse frappant le rocher, et compléta ses études en Italie, d’où il envoya , en 1838 , un Moïse sauvé des eaux , et , en
1839, une très-belle figure d’Odalisque couchée, sans contredit son plus bel ouvrage. Il s’occupa aussi d’archéologie, et visita la Grèce et l’Orient. On a de lui, dans la Revue des Deux Mondes, le récit d’une excursion au mont Athos, où il copia les peintures de Panselinos, artiste byzantin. Ses plus remarquables tableaux sont : Rêve de bonheur, 1843, grande et vaste composition, sorte d’idylle ou d’allégorie mythologique; la Tentation de St Hilarion, 1844 ; le Siège de Ptolémaïs, au musée de Versailles, 1845; Memphis, 1845; Solon dictant ses lois, 1846; Moines décorant une chapelle, 1847; le Récit de Télémaque, 1847. Il a aussi laissé une foule de dessins et d’aquarelles fort recherchés. Le sentiment poétique est ce qui distingue en général les compositions les plus originales de Papety. B.
PAKANA, v. de l’Amérique méridionale (Confédération Argentine), sur la rive gauche du Parana; 5,000 hab. environ. Elle fut appelée Baxada de Santa- Fé jusqu’en 1853, où, par suite de la séparation de Buénos-Ayres, elle devint la capitale des treize Etats de LaPlata. En 1862, le titre de capitale fédérale a été rendu à Buénos-Ayres rentrée dans la Confédération. Parana n’est plus que la capitale de l’Etat d’Entre-Rios. C. P.
PAlîAVIA (Pierre-Alexandre), littérateur italien, né en 1797 à Zara (Dalmatie), m. en 1857, fut conservateur de la bibliothèque à Venise. Appelé, en 1832, à la chaire d’éloquence italienne de l’Université de Turin, il fut encore professeur de mythologie à l’Académie des beauxarts. 11 a laissé : une traduction des Lettres de Pline le Jeune, 1830; le Système mythologique de Dante, 1837-39, 2 vol. ; Mémoires de littérature et d'histoire vénitiennes, 1850; Traité de T épigraphie vulgaire, 1854, etc.
PARCIIaPPE (Max), médecin, né vers 1800, m. en 1866, fut professeur de physiologie à l’Ecole secondaire de Rouen, directeur de l’asile des aliénés de cette ville en
1840, et devint, en 1850, inspecteur général du service des aliénés et des prisons en France. On a de lui : De la nature et du traitement du choléra, 1832; Recherches sur l’encéphale, 1836; Causes de l'aliénation mentale, 1839; Traité théorique et pratique de la folie, 1841 ; Du cœur, de sa structure et de ses mouvements, 1844; Des principes à suivre dans la fondation des asiles d’aliénés, 1851 ; De la folie paralytique, 1859, in-8°, etc.
PAR13-ALFANI (Domenico), peintre d’histoire, né à Pérouse en 1483, m. en 1520, fut élève du Pérugin, dont il imita la manière, mais avec plus de grandiose. On n’a plus de lui que 2 figures dans le tableau de la Madone des grâces, à Pérouse. — Son fils Orazio, né à Pérouse vers 1510, m. eu 1581, rivalisa de talent avec lui.
PARIS EN 1860-1868. — Appendice à l'article Paris, qui se trouve dans le corps du Dictionnaire.
Nous avons donné un tableau de Paris en 1857 ; presque tout ce qu’il contient n’a pas cessé d’être exact, et beaucoup de faits le seront encore pendant des siècles, et même tant que Paris subsistera. Un certain nombre sont changés, la ville a été modifiée sur bien des points ; il nous eût été facile de retoucher notre tableau pour lui donner la ressemblance d'aujourd’hui ; mais est-il permis «le repousser ainsi le passé dans l’oubli, d'effacer, d’annales qui attirent les regards du monde entier, des faits qui ont eu leur authenticité ? Le tableau de Paris n’acquiert-il pas plus d’intérêt quand on y peut voir, par comparaison, ce que la ville était hier, ce qu’elle est aujourd’hui? C’est là de l’histoire, il faut donc la respecter. Voilà pourquoi nous allons compléter et rectifier ici notre tableau de Paris tracé en 1857.
Annexion de la banlieue suburbaine en 1860. Lorsque l’on construisit les fortifications de Paris, le gouvernement songea qu’elles devraient être un jour les limites naturelles de la ville; il essaya même de fixer l’époque où cela serait :
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mais, devant des réclamations d’intérêt privé, il ajourna indéfiniment le projet qu’il méditait. L’accomplissement de cette grande mesure est due au second Empire français; un décret impérial du 9 février 1859 ordonna l’extension des limites de Paris jusqu’à l’enceinte fortifiée, y compris, hors du mur bastionné, une zone de 250 mètres assujettie aux servitudes militaires défensives. Ce décret est devenu exécutoire le 1er janvier 1860, et après les enquêtes les plus sérieuses. Par suite de cette extension, ont été annexées à Paris, et supprimées administrativement, onze communes entières, presque toutes très-importantes : au N., Montmartre (36,500 hab.) ; La Chapelle-Sl-Denis (33,500 hab.); La Villette (30,300 hab.); — auS., Vaugirard (26,200 hab.); Grenelle (14,800 hab.); — à l'E. , Bercy (14,500 hab.) ; Charonne (12,200 hab.) ; Bcdleville (57,700 hab.) ; — à l’O., Auteuil (6,500 hab.); Passy (17,600 hab.); Les Batignolles (44,100 hab.), etc. — En outre, 13 autres communes de la grande banlieue, hors de l’enceinte, ont dû céder une partie considérable de leur territoire et de leur population enclavés dans la banlieue suburbaine; ce sont, au N., Sl-Ouen et Aubervillers ; à l’E., Pantin, les Prés-S‘-Gervais, Bagnolet, et Sl-Mandé; au S., Ivry, Gentilly, Montrouge, Yanves, et Issy ; enfin à l’O., Neuilly et Clichy. Sur ces 13 communes, 5 ont ainsi perdu la moitié de leur population, les autres les 3/4 et les 4/5. — Le mur d’octroi qui formait l’enceinte de Paris depuis 1784 a été démoli, ainsi que toutes les barrières et presque tous leurs bâtiments, dans les 2 premiers mois de l’annexion (P. Propylées de Paris, dans notre Dictionnaire des Lettres et des Beaux-Arts). Les nouveaux bâtiments pour la perception de l’octroi ne sont que de petits bureaux accolés à la partie intérieure du mur bastionné, et sans aucun caractère monumental. Les barrières sont de larges et belles grilles en fer forgé ; leur nombre est de 66.
Circonférence et superficie de Paris. — Ses arrondissements. — Sa population. — La circonférence intérieure de l’enceinte bastionnée, mesurée sur le chemin intérieur de ronde militaire, et en y comprenant les deux largeurs de la Seine, est de 33 kilomèt. 330 mètres; — la circonférence extérieure, prise à l’extrémité des glacis, et avec les deux largeurs de la Seine, est de 34 kilomèt. 530 mètres. — La superficie égale 7,802 hectares. — Paris est divisé en 20 arrondissements municipaux, rangés à peu près en cercles concentriques; 9 forment le premier cercle, commençant aux murs d’enceinte; 7 le second; et 4 sont au cœur de la ville. Voici la situation , les noms, et la population de chaque arrondissement d’après le recensement officiel de 1866, le dernier effectué :
Nos. Noms. Habitants.
1er Le Louvre 81,665 (
2® La Bourse 79,909 )
3e Le Temple 92,680 1
4e L’Hôtel-de-Ville 98,648 [
5e Le Panthéon 104,083
6e Le Luxembourg 99,115
7e Le Palais-Bourbon.... 75,348
8e L’Élysée 70,259 [
9e L’Opéra 106,221
10e L’Enclos-S'-Laureut . . . 116,438 (
11e Popincourt„ 149,641 )
12e Reuilly 78,635 (
13e Les Gobelins 70,192 (
14e L’Observatoire 65,506 )
15e Vaugirard 69,340 )
R>e Passy 42,187 (
17e Les Batignolles 93,193 \
18e La Butte-Montmartre. 130,456 (
19e Les Buttes-Chaumont. 88,930 )
20e Ménilmontaut 87,444 [
Garnison 25,291
Total.. 1,825,274
Observations.
Noyau du vieux Paris sur la rive droite de la Seine, au N. et dans l'ile Notre-Dame.
C’est , sur la rive gauche de la Seine, presque toute la superficie du Paris d’avant 1860, partie du vieux Paris, et partie du Paris des xvne et xvm® siècles.
Parties les plus excentriques à l’O., au N. et àl’E. sur la rive dr. delaSeine, de Paris av. 1860.
Côté Sud de la ville , et presque entièrement composé d’anc. communes annexées.
Ceinture de Paris sur la rive dr.
de la Seine, à l’O., au N. et à l’E., et composée entièrement d’anc. communes annexées.
Les 20 arrondissements sont subdivisés en 80 quartiers, a 4 quartiers par arrondissement.
Boulevards. La ville s’est accrue de 22 boulevards nouveaux , achevés , ou en cours d’achèvement très - prochain ; ce sont : les grandes lignes du boulevard de Strasbourg, commençant, au N. , à l’embarcadère du chemin de fer de ce nom, et du boulevard de Sébastopol qui la continue jusqu’à la rive droite de la Seine; le boulevard du Palais , dans l’ile de la Cité; et le boulevard Sl-Micliel, de la rive gauche de la Seine à l’Observatoire; ces trois boulevards forment une ligne continue, longue de 4,250 met., c.-à-d. près de la moitié de la traversée de Paris; — sur la rive droite de la Seine, le boulevard Magenta , allant de l’anc. barrière Poissonnière, au N. -O., au boulevard Sl- Martin, près le Château-d’Eau : longueur, 2,000 mèt. ; — le boulevard du Prince-Eugène , du boulevard Sl-Martin, prés de la rue du Faubourg-du-Temple, à la place du Trône : 3,000mèt.; — le boulevard Richard-Lenoir, de l’avenue des Amandiers à la place de la Bastille : 1,800 mèt.; il est sur une voûte qui couvre une grande partie du canal Sl-Martin ; quinze parterres, à 100 mèt. l’un de l'autre, décorent sa partie médiane; dans chacun est un bassin à jet d'eau, et, caché dans une touffe d’arbustes, un regard circulaire, de 3 mèt. de diamètre, donnant de l’air et un peu de jour sous la voûte du canal. Ce boulevard rappelle les fameux jardins suspendus de Sémiramis. — Cette série se complète par le boulevard des Amandiers, du boulevard St-àlartin à l’anc. barrière des Amandiers, 1,600 mèt.; et celui de Philippe-Auguste , de l’anc. barrière des Rats à la place du Trône , 1,100 mèt. — A l’autre extrémité de la ville, à l’O., on trouve le boulevard Maleslierbes , de la place de la Madeleine au boulevard de Chartres, 1,300 mèt. ; puis, un peu plus à l’O. , douze boulevards, rayonnant tous de la place de l’Etoile, et qui sont appelés : Avenue de la Grande Armée , — d ’Essling,
— du Prince Jérôme, — de Wagram, — de la Reine Hortense, — de Friedland, — des Champs-Elysées , — Joséphine,
— ù’iéna, — du Roi de Rome, — d’Eylau, — de Y Impératrice. Le boulevard de V Empereur, partant, hors de rayonnement, de la partie S. de l’Avenue du Roi-de-Rome, aboutit à la porte de la Muette. Vers la Seine, le boulevard de Y Alma conduit du pont de ce nom à l’avenue des Champs-Elysées. — Dans la partie S., sur la rive gauche de la Seine, le boulevard Sl-Germain commence à l’Entrepôt des vins, pour pénétrer dans le faubourg Sl-Germain , et aboutir au quai d’Orsay, près du Corps Législatif; il est ouvert, à l’E., dans un tiers de son parcours, et à peu près autant à son débouché sur le quai d Orsay. — Il faut joindre encore à cette liste l’immense zone des boulevards naguère extérieurs, que l’ancien mur de l’octroi séparait de la ville. Ils furent ouverts en 1784, pour isoler le mur d'octroi que les fermiers généraux faisaient construire , et se composent d’une voie large de 30 mètres, ayant au milieu une chaussée pavée ou cailloutée, pour les voitures ou les chevaux, de chaque côté une contre-allée réservée aux piétons, et plantée de deux rangées d’arbres. Ils sont fractionnés nominalement en 45 boulevards, et ce n’est pas trop quand on songe qu’ils faisaient tout le tour de l’ancien Paris. Il y en a 30 sur la rive droite, et 15 sur la rive gauche de la Seine; leurs noms, empruntés aux anciennes barrières que chaque boulevard avoisinait, sont :
Sur la rive droite : les boulevards de la Râpée, — de Bercy, — de Charenton, — de Reuilly, — de Picpus, — de Saint-Mandé , — de Montreuil, — de Charonne, — de Fonlarubie , — d'Aunay, — des Amandiers , — des Trois-Couronnes, — de Belteville, — de la Chopinette , — du Combat,
— de la Butte-Chaumont, — de La Villette, — des Vertus, — de La Chapelle, — des Poissonniers, — Rochecliouart, — des Martyrs, — Pigalle, — de Clichy, — des Batignolles, — de Monceaux, — île Courcelles , — de l’Etoile, — de Passy, — de Longchamps.
Sur la rive gauche : les boulevards de la Gare, —
— d'ivry , — d’Italie, — de la Glacière, — de la Santé , — d’ Accueil, — de Montrouge , — de Vanves, — des Fourneaux,
— d’ Issy, — de Vaugirard, — de Sèvres, — de Meudon, — de Grenelle, — de Javelle. Cette immense ligne, non interrompue, a 23,381 mètres, dont 15,222 sur la rive droite de la Seine, et 8,159 sur la rive gauche. — On pourrait appeler aujourd’hui Paris la ville aux boulevards, car elle n’eu compte pas moins de 78 !
Enfin le chemin de ronde militaire, que l’on pourrait appeler boulevard de ceinture, est planté de deux rangées d’arbres, et divisé, sans solution de continuité, en dixneuf sections, portant les noms de dix-neuf maréchaux du 1er Empire français.
Rues, squares et promenades. Beaucoup de rues nouvelles ont été ouvertes, et d’autres agrandies; nous citerons:
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la rue La Fayette, prolongée en ligne droite du boulevard de la Villette à la place de l’Opéra; la rue Turbigo , de la place du Prince-Eugène à la Pointe-Sl-Eustache ; la rue de V Impératrice, de la place du Théâtre-Français au boulevard des Capucines en face du nouvel Opéra; la rue des Écoles, dans le prolongement de la rue de TEcole-tfe- Médccine, et conduisant derrière l’Entrepôt des vins ; la rue de tiennes , partant de l’embarcadère de l’Ouest, et aboutissant quai Conti. — 11 y a auj. plus de 2,600 rues, boulevards ou avenues ; environ 230 impasses, 49 quais, 244 places ou carrefours. La longueur totale de toutes les rues équivaut à 850 kilomètres, au moins.
Des squares ont été plantés sur divers points, et forment de charmants jardins ouverts au public : ce sont le square des Innocents, sur une partie de l’anc. marché de ce nom, et remarquable par la belle fontaine de J. Goujon ; — le square de Louvois, rue de Richelieu, vis-à-vis de la Bibliothèque impériale : c’est l’ancienne place Louvois, pleine de verdure et de fleurs , et ayant gardé sa belle fontaine monumentale , maintenant bronzée par le procédé galvanoplastique; — le square Sl-Martin , entre la rue de ce nom et le boulevard de Sébastopol, devant le Conservatoire des ai-ts et métiers ; — le square Sl-Jacques, rue de Rivoli, au pied de la tour Sl-Jacques; — le square Montholon, dans la rue de ce nom; — le square du Temple, le plus spacieux de tous, et qui occupe l’emplacement de l’anc. couvent et de la Tour du Temple; — le square Slc-Clotilde, devant l’eglise de ce nom, place Belle-Chasse; — le square Sl-Ambroise , devant la nouvelle église de ce nom ; — le square des Balignolles, derrière l’église Sle- Marie ; — le square de la Trinité, devant cette église. — Des promenades, ombragées d’arbres en plein âge transplantés à grands frais, ont été créées sur divers points, telles que : la place du Châtelet, la place du Louvre, la place Lobau, la place du Théâtre-Français, etc. Enfin il y a un vaste jardin sur les buttes Chaumont. — 11 faut encore compter, parmi les nouvelles promenades (car elle a été faite pour Paris), le bois de Vincennes, converti en magnifique parc paysager, à l'instar de celui du bois de Boulogne, et le Parc de Montsouris, en voie de création.
Ponts. Le nombre des ponts est maintenant de 26 dans toute la traversée de Paris, dont 4 nouveaux, qui sont : en amont du pont d’Austerlitz, les ponts Napoléon III et de Bercy, avec piles en pierre et arcs en fer; le pont de Solferino, construit de même, entre les ponts Boyal et de la Concorde; entre le pont des Invalides et celui d’Iéua, celui de l’Alma, tout en pierre; enfin, en aval du pont d'Iéna, le pont de Grenelle, avec piles en pierre et arcs en bois. En outre, quatre anciens ponts ont été refaits : le pont de la Cité, appelé auj. pont Sl-Louis, en un seul arc do fer fondu, de 90 mètres d’ouverture; les ponts Louis- Philippe, Sl-Michel, au Change, tous les trois en pierre ; le pont d'Austerlitz a été élargi , et cintré en pierre meulière.
Marchés, abattoirs. On compte plus de 70 marchés de détail , dont 27 appartenaient aux communes annexées. Les Halles centrales se sont augmentées d’un pavillon, destiné à la vente en détail de la viande de boucherie, et d'un autre pour la volaille et le gibier. Les anciens abattoirs ont disparu, et sont remplacés par un vaste Abattoir central, placé au N.-E., en dedans du mur d’enceinte, et sur le bord du canal de l’Ourcq. Tout auprès est un Marché central aux bestiaux pour la consommation de Paris.
Cimetières. Les 3 grands cimetières dits de l’Est ou du Père La Chaise, de l’Ouest ou de Montmartre, du Sud ou du Mont-Parnasse, situés naguère hors de l'enceinte de Paris, se trouvent auj. dans la ville. Les annexions ont porté à
10 le nombre de ces champs de sépulture; les nouveaux sont les cimetières d'Auteuil, de Passy, de Batignolles, de Montmartre, de La Villette, de Vaugirard et de Grenelle. Il existe encore 8 autres cimetières, qui , manquant d’espace pour de nouvelles tombes , ont été supprimés, et ne sont plus ouverts qu’à la piété des familles.
Fontaines. Egouts. Eaux publiques. Paris compte une fontaine monumentale de plus, la fontaine St-Micliel, inaugurée en 1860 sur le boulevard de Saint-Germain, au débouché du pont Sl-Michel. La fontaine du Palmier a été augmentée : on l’a transportée tout d'une pièce sur une base nouvelle, composée de trois demi-vasques superposées, avec quatre sphinx égyptiens jetant de l’eau.
11 y a, pou»- le service des fontaines publiques et celui des concessions aux maisons particulières, environ 1,380 kilomètres de conduites d’eau. — Des égouts ont été construits dans les rues nouvelles ; l’étendue de tous les égouts dépasse aujourd’hui 518 kilomètres, dont 176 de
grands égouts avec rails de fer et bateaux-vannes pour le curage. Toutes les maisons nouvellement construites sont obligées de verser directement leurs eaux ménagères et même pluviales dans les égouts. Enfin, un grand égout collecteur reçoit les eaux de tous les égouts secondaires, et va les porter à la Seine, au-dessous du pont d’Asnières, où leurs immondices sont recueillies. ( V . notre Dictionnaire des Lettres et des Beaux-Arts, au mot Paris ci.oacal.) Les égouts de la rive gauche de la Seine passent sous le fleuve, dans un double tube d’un mètre de diamètre en fer battu, immergé en contre-bas du lit du fleuve, au pied et en amont du pont de l’Alma. Ce tube, établi en 1868, porte ses eaux au grand collecteur. — Paris a 17 réservoirs, pouvant contenir 244 millions de litres d’eaux vives. I)e grands réservoirs ont été construits sur les buttes Chaumont. Les 17 réservoirs fournissent 350 millions de litres en 24 heures, et, quand les travaux en cours cl’exécution seront finis, il y aura environ 450 millions par 24 h. Les besoins actuels absorbent environ 250 millions de litres, distribués dans la ville par 1,580 kilom. de conduites.
Eclairage de nuit. Chaque soir, 33,859 lanternes éclairent la ville depuis la chute du jour jusqu’à sa renaissance. En outre, 360,000 becs de gaz, environ, dans les boutiques et les établissements ouverts au public, forment, depuis le soir jusque vers minuit , comme un supplément à l’éclairage municipal. Dans certaines rues et sur les boulevards intérieurs, ils font plus que le décupler.
Maisons. En 1859, le nombre des maisons était de 32,250 ; il est doublé aujourd’hui.
Écoles. 11 y a 187 salles d’asiles, recevant environ
20.000 enfants; 1,843 écoles communales primaires, et 1,482 écoles libres. Ces établissements ont reçu plus de
180.000 élèves, filles ou garçons. Il y a encore 211 classes d’adultes, 56 écoles spéciales de dessin pour filles ou garçons, et 59 ouvroirs. En outre, l’enseignement libre compte 45 écoles , dont plusieurs subventionnées par la Ville, et recevant près de 4,500 élèves, filles ou garçons. Enfin, la Ville entretient encore une école primaire supérieure de jeunes filles, et une école dite municipale, l’école Turgot, où l’on fait, à 800 élèves externes, des cours d’instruction professionnelle, moyennant une rétribution de 15 fr. par mois. L’instruction publique, depuis la salle d’asile jusqu’au lycée inclusivement, figure au budget municipal de 1869 pour une somme de 6,100,000 fr.
Monuments divers. Paris a 75 églises ou temples; parmi les plus récentes et les plus monumentales, on cite la Trinité, au bout de la rue de la Chaussée-d’Antin ; Saint-Augustin, en pei-spective du boulevard Malesherbes ; Saint- Ambroise, au boulevard du Prince-Eugène. On y compte 15 casernes, dont plusieurs, les casernes Napoléon, du Prince-Eugène, des Petits-Pères, du boulevard du Palais, sont fort belles et vraiment monumentales. La Ville a fait élever un Tribunal de commerce sur le quai aux Fleurs, deux salles de spectacle sur la place du Châtelet ; l’une, à l’E., pour le Théâtre lyrique; l’autre, à l’O., pour le Cirque impérial; et le théâtre de la Gaîté, sur l’un des côtés du square des Arts-et-Méliers ; enfin, près du boulevard des Capucines, s’est élevée une nouvelle salle monumentale pour le grand Opéra.
Chemin de fer de Vincennes. — Chemin de ceinture. Vincennes est relié à Paris par un chemin de fer qui part de la place de la Bastille, d’où il traverse en partie, sur un assez long viaduc en maçonnerie, tout le faubourg Sl- Antoine, de sorte qu’en peu de minutes le Parisien peut aller se promener au nouveau parc tracé dans le bois de Vincennes. — Le chemin de fer de Ceinture a été terminé, en dedans de la route militaire, et fait tout le tour de Paris.
Administration. Police. Chacun des 20 arrondissements de Paris a sa mairie, avec un maire et deux adjoints, chargés des actes de l’état civil; les autres attributions municipales, partout ailleurs conférées aux maires, sont centralisées dans les mains du préfet de la Seine, véritable maire de Paris, ayant à sa préfecture une division dite Mairie centrale. Il administre avec un conseil municipal composé de 60 membres , nommés par l’Empereur, et dont deux membres au moins doivent être pris dans la circonscription de l’arrondissement , qui forme en outre un canton de justice de paix. — La police de la ville, partagée entre le préfet de la Seine et le préfet de police, compte maintenant 67 commissaires de police; 5,670 sergents de ville, y compris les brigadiers, sous-brigadiers, inspecteurs, et les auxiliaires; elle a 2,298 hommes de garde de Paris; enfin 10 compagnies de sapeurs-pompiers, formant un effectif de 1,298 hommes. Dans le budget de
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1869, les dépenses de la préfecture de police figurent pour une somme de 15,956,072 fr.
Assistance publique. Elle a 16 hôpitaux et 12 hospices. Sa dotation s’est accrue avec l’augmentation de la ville, et le budget municipal, pour 1869, lui alloue une subvention de 9,454,727 fr. L’administration de l’Assistance publique entretient dans ses divers hôpitaux et hospices 17,320 lits; 1,600 aliénés sont soignés dans des asiles de province; 21,487 enfants assistés sont placés chez des particuliers, dans des établissements privés , dans des colonies agricoles de France ou d’Algérie. Le nombre des indigents inscrits dans les 20 arrondissements est de 117,248.
Théâtres, bals publics, cafés-concerts. Ces établissements sont de forts contribuables pour l’Assistance publique, qui prélève le 10e de leurs recettes brutes. Paris a 40 théâtres de tous genres, 29 cafés-concerts qui sont presque comme des théâtres chantants, et 57 bals publics.
Revenus et dépenses. Eu 1858, les recettes se sont élevées à 109,843,046 fr. 56 c., parmi lesquelles les recettes ordinaires figurent pour 76,252,800 fr. 85 c. — Les dépenses ordinaires ont été de 48,760,933 fr. 68 cent., et les dépenses extraordinaires, de 31,211,463 fr. 39 c.
En 1859, recettes, 110,300,124 fr. 18 c., où les recettes ordinaires comptent pour 79,327,925 fr. 85 cent. — Dépenses ordinaires, 49,163,178 fr. 08 c.; dépenses extraordinaires, 39,808,387 fr. 77 cent.; total des dépenses, 97,720,511 fr. 85 c.
A l’époque du rétablissement de l’Empire, en 1852, l’excédant des recettes sur les dépenses était de 19,171,258 fr.
Les prévisions du budget de 1869 sont de 245,212,059 fr. pour les recettes, et d’une somme égale pour les dépenses.
Les recettes se décomposent ainsi :
Recettes ordinaires 149,680,183 fr.
— extraordinaires 14,404,135
— supplémentaires 20,000,000
— extraordinaires applicables à des
services spéciaux 61,127,140
Total général 245,212,059
Dans ces recettes l’octroi entre pour... 100,000,000 fr.
La contribution foncière pour 10,995,702
Les patentes pour 17,291,587
Les dépenses se chiffrent ainsi :
Dette municipale (charges annuelles) . . 21,044,364 fr.
Dépenses annuelles ordinaires 81,627,332
Dette municipale (remboursements). . . . 11,687,891
Dépenses extraordinaires 49,727,731
Dépenses supplémentaires 20,000,000
Dépenses sur fonds spéciaux 61,127,740
Total général 245,212,059
Le budget des dépenses peut toujours être réglé en équilibre avec celui des recettes, au moyen de l’allocation faite aux travaux extraordinaires, laquelle équivaut à près du quart des recettes ordinaires, et qui, dans un moment critique, pourrait être plus ou moins diminuée, ou même suspendue momentanément. En outre, les dépenses prévues et non effectuées (et il y en a toujours) accroissent de leur allocation les ressources du budget de l’exercice suivant.
Industrie. Le nombre des fabricants, recensés en 1864 (dernier recensement fait par la Chambre de commerce), fut de 101,171. L’importance de leurs affaires annuelles s’élevait à 3 milliards 369 millions 92,949 fr. Le montant des loyers payés pour l’exercice de leur industrie était de 107,390,710 fr. par an. Enfin la population ouvrière occupée par eux était de 416,811 personnes, dont 111,891 femmes, et 19,059 jeunes garçons. Plus, 133,469 patrons travaillant seuls, sous-entrepreneurs ou ouvriers particuliers.
Les arrondissements les plus industrieux étaient, par ordre d’importance, les lie, 2 », 4e, 5e et 10e ; les moins industrieux, les 7e, 15e, 13e, 14e et 16e. L 'article dit de Paris occupe seul plus de 25,000 ouvriers. — Les groupes industriels les plus nombreux sont : celui de l’alimentation, 29,069 individus, principalement dans les 4e, 18e et 11e arrondissements; et celui du vêtement, 23,800 individus, siégeant principalement dans les 1er, 2e, 3® et 4.° arrondissements.
Physionomie du nouveau Paris. Le Paris de Napoléo III, élevé en partie sur les démolitions de l’ancien Paris, a modifié la physionomie de la capitale de la France.
L’administration préfectorale, particulièrement celle de M. Haussmann, depuis 1853, l’a faite, et chaque jour la fait encore si belle, si élégante, si séduisante, qu’on y voit maintenant une population mobile de visiteurs étrangers plus considérable qu’en aucun temps. Les grandes voies nouvelles ont un aspect vraiment magistral, qui annonce la cité de l’opulence et des prodiges ; les splendides maisons qui les bordent seraient, dans d'autres pays, appelées des palais. Une pensée profondément réfléchie a présidé à l’ouverture de tant de belles voies, a calculé leur direction, leur parcours, leur largeur, pour qu’une population incessamment croissante y puisse circuler sans encombre, pour que les principaux quartiers de la ville, les grands établissements du gouvernement et de l’administration soient en communication facile et prompte les uns avec les autres, ainsi qu’avec les endroits nécessaires à leur service. Une idée stratégique a été mêlée à ces combinaisons; Paris étant place forte, il a fallu songer à ce qu’il puisse, en cas de besoin, être efficacement défendu suivant les principes naturels de la guerre. L’admiration pour les belles rues s’augmente encore de leur nombre; dans les grandes villes de l’Europe, Londres excepté, il y a une ou deux rues principales, et le plus souvent une seule, où semblent s’être concentrés l’animation et le caractère de la ville: détournez-vous à droite ou à gauche, la vie a cessé, vous ne trouvez plus que le silence. A Paris, au contraire , il serait bien impossible de dire quelle est la rue principale, ni même les 15 ou 20 rues principales; vous sortez d’une rue brillante ou bruyante, vous entrez dans un quartier presque paisible, qui vous semble le vestibule de la région du calme, quand soudain vous rencontrez à la traverse une autre rue pleine de ce même bruit, de cette même presse de piétons, d’autant de voitures, de chevaux, d’équipages, que vous en aviez laissé dans un quartier différent. Jetons les yeux sur le plan de Paris, et comptons les voies dont une ou deux seulement, par leur importance ou leur bouillante animation, suffiraient pour annoncer une très-grande ville ; sur la rive droite de la Seine, dans l’ordre où elles se présentent, de l’E. à l’O., perpendiculairement au fleuve, nommons les rues Sl-Louis, Vieilledu-Temple, du Temple, S’-Martin, le boulevard de Sébastopol, les rues Sl-Denis, Montorgueil, Turbigo, La Fayette, Poissonnière, Montmartre, Vivienne, Richelieu, de la Paix, Royale-SMîonoré, Tronchet ; du S. au N., parallèlement au fleuve, les quais de la rive droite, les rues Sl-Antoine, de Rivoli, S‘-Honoré, Rambuteau, Neuve -des- Petits - Champs, etc. — Sur la rive gauche de la Seine, du N. au S., les rues Mouffetard, S‘-Jacques, le boulevard Saint- Michel, les rues Dauphine, Mazarine, de Seine, de Tournon, Bonaparte, du Bac; puis, parallèlement au fleuve, de l’E. à l’O., les quais de la rive gauche, la rue S^Victor, le boulevard S'-Germain, les rues Sl-André-des-Arts, de Buci, de Lille, Jacob, de l’Université, S‘-Dominique, de Grenelle, du Four, de Sèvres, du Cherche-Midi, de Vaugirard, de Rennes, etc. Ces rues, au nombre de plus de 40 (car nous en omettons une foule de faible parcours), sont comme les grandes artères de la ville. Il faut joindre encore à cette liste toutes les lignes des onze boulevards intérieurs du Nord, chaque jour encombrés de monde, au point d’être à peine suffisants, dans leur immense développement, pour cette prodigieuse circulation ordinaire, ainsi que la prolongation à travers les faubourgs, et jusqu’aux extrémités de la ville, des rues du Temple, La Fayette, St- Martin, Sl-Denis, Poissonnière, Montmartre, de la Chaussée-d’Antin, S‘-IIonoré, S'-Jacques, et de Vaugirard. Quiconque se promène dans Paris en observateur est frappé de ce mouvement qui rayonne de toutes parts ; à force de le voir renaître dans les quartiers les plus opposés et les plus éloignés, on se prend parfois à douter qu’il finisse même avec l'enceinte de la ville.
On pourrait reconnaître encore au Paris de Napoléon III la physionomie de l’idée démocratique, au meilleur sens du mot, celui de splendeur nationale et d’admission de tous à la jouissance des beautés de l’art et des agréments de la vie. Paris, avant 1852, avait ses beaux et ses vilains quartiers : les boulevards intérieurs du Nord, les rues de la Paix, de Castiglione, de Rivoli, Royale-S1- Honoré; les promenades des Tuileries, des Champs-Elysées, du bois de Boulogne, faisaient de la partie N.-O. de la ville, c.-à-d. un cinquième environ, comme une cité à part, réunissant toutes les splendeurs et toutes les magnificences.— Maintenant, les quartiers populaires et ouvriers de l’E. sont reliés et comme alliés aux quartiers aristocratiques du centre et de l’O. par la rue de Rivoli, qui est venue, en quelque sorte, épouser la rue Sl-Antoine , ceux du N. s’y joignent par la rue La Fayette d’une part,
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les boulevards Magenta et de Sébastopol de l’autre; ceux du S. et du S.-E. y accèdent par les boulevards S'-Michel et St-Gerinain. Il y a partout de très-belles rues débouchant sur ces grandes et nouvelles voies de communication ; des squares , jolis jardins avec de belles pelouses, des parterres embaumés de fleurs, et souvent des eaux vives, décorent la plupart des quartiers, rivalisent avec les anciens et rares jardins publics, et leur sont préférables en ce qu’on les a placés au centre même des populations, qui en jouissent ainsi à toute heure du jour. Il y a déjà plus de 20 squares, et l’on en crée encore de nouveaux ( V. notre Dictionnaire des lettres, au mot Square). En outre, dans la ville, les Jardins de Monceaux , au N. -O. ; des Buttes-Chaumont, au N.-E. Enfin la moitié de la ville au N.-E., à l’E. et au S.-E., a aussi son parc extérieur, rivalisant d’étendue, de fraîcheur et d'élégance avec le bois de Boulogne, nous voulons dire le bois de Vincennes , transformé de la manière la plus heureuse. Bientôt, les quartiers de l’extrême Sud auront leur Parc de Montsouris. En résumé, Paris n’a plus de ces quartiers sombres, d’une insalubrité plusieurs fois séculaire, et sillonnés de ruelles plutôt que de rues : l’égalité des droits se reflète dans la ville, où l’on trouve maintenant de l’air, du jour, du soleil, des quartiers élégants et du bien-être partout. Les squares de Paris, ses nouveaux jardins, ses deux grands parcs extérieurs, ont une superficie totale de 1,783 hectares.
Le Paris suburbain ou annexé, y compris quelques faubourgs de l’ancien Paris, renferme des champs en culture et beaucoup de marais à légumes couvrant près de 14,000 hectares, et des terrains vagues, destinés à devenir un jour des rues et des places bâties; aussi les nouveaux arrondissements sont-ils 2 fois, et jusqu’à 4 et 5 fois plus étendus que ceux tracés dans les limites de l’enceinte qui n’est plus. Ses centres communaux, surtout ceux de l’É., du N. et de 10., sont des cités manufacturières, avec une population bourgeoise de rentiers à petits revenus, d’employés à médiocres honoraires, que des loyers d’un taux moins élevé, la vie un peu à meilleur marché que dans Paris l’ancien, amenèrent à peupler cette banlieue. La région du S.-O. et du S. est plus largement champêtre : on y voit beaucoup de guinguettes et de fort jolies maisons de plaisance rendues citadines par le décret d’annexion; ces arrondissements conservent tout à fait leur caractère, de sorte que, sans aucune fiction, beaucoup de Parisiens trouvent la campagne à la ville. C. D — y.
PARKER (Théodore), théologien et moraliste américain, né près de Lexington (Massachusetts) , en 1810, m. en 18(10, avait puisé dans les entretiens de Channing les doctrines de l' Unitarisme ; il les développa en introduisant le premier dans le protestantisme américain les idées philosophiques et religieuses de la critique allemande. Appelé à Boston en 1845, il y prêcha avec énergie et une haute éloquence contre les vices privés et publics, surtout contre l’esclavage, traduisit 1 'Introduction o l’Ancien Testament de De Wette, publia des Discours sur les matières religieuses et la Bevue trimestrielle du Massachusetts pour exposer ses idées sur la religion, fit annuellement 80 ou 100 lectures dans les diverses villes de l’Linion, et consacra une grande partie de son temps et de sa fortune à développer la fondation des écoles publiques. Epuisé par tant de travaux , il quitta l’Amérique en 1859, visita l'Angleterre, la France et l’Italie, où il mourut. Son éloquence était grave, et parfois assaisonnée de terribles sarcasmes. Les œuvres de Parker ont été publiées à Boston en 12 vol., 1842-59. Outre les écrits déjà cités, elles renferment des études de critique religieuse, des sermons, des biographies d’hommes illustres de l’Amérique, etc. V. Réville, Un Béformaleur américain , dans la Revue des Deux Mondes, 1861. C. P.
PARME (Prov. de), division du roy. d’Italie, comprend l’E. de l’ancien duché de Parme, est bornée par les prov. de Crémone au N., de Plaisance à l'O., de Gênes et de Massa-Carrara au S., de Reggio à l’E. Arrosée par le Pô, le Taro , le Parma, l’Enza, elle est montagneuse au S., adossée à l'Apennin, et plate au N., et produit des céréales, du tabac, des olives, des vins; ses principales richesses sont l’élève du bétail, surtout des porcs, l’exportation des fromages dits parmesans , l’exploitation du pétrole et des salines de Salso-Maggiore (35,000 quintaux métriques par an). Ch.-l., Parme; trois arrond. : Parme, Borgo-San- Donnino, Borgo-Taro. Superf., 3,239 lui. carrés; pop., 256,029 hab. C. P.
PARSEYAL- DKSCHÉNES (Alexandre -Ferdinand) , marin français, né à Paris en 1790, m. en 1860, entra au service en 1804 , assista , l’année suivante , à la
bataille de Trafalgar, devint aspirant en 1807, et combattit encore aux Sables-d’Olonne, en 1809, contre les Anglais. Enseigne de vaisseau en 1811, il fit partie de l’escadre de l’Escaut , puis fut chargé de plusieurs expéditions à la Guyane, au Brésil et aux Antilles. Lieutenant de vaisseau en 1819, capitaine de frégate en 1827 , il prit part au siège d’Alger en 1830, et, après l’attaque de Bougie en 1833, fut nommé capitaine de vaisseau. En 1838, il était de l’expédition dirigée contre Rosas, puis il se fit distinguer à l’attaque de Sl-Jeand’Ulloa. Contre-amiral en 1840, préfet maritime de Cherbourg en 1841, vice-amiral en 1846, membre de la commission mixte des travaux publics et préfet maritime de Toulon en 1847, inspecteur-général des équipages de ligne en 1848, membre du Conseil de l’amirauté en 1851, président du Conseil des travaux de la marine et sénateur en 1852, il reçut, en 1854, le commandement de l’escadre chargée d’opérer contre les Russes dans la Baltique, et aida le général Baraguey-d’Hilliers à prendre Bomarsund. A la suite de cette campagne, il fut promu amiral. B
PASQUIER (Étienne-Denis, duc), magistrat et homme politique, né à Paris en 1767, m. en 1862, était fils d’un conseiller au Parlement de cette ville. Il obtint luimême , avec dispense d’âge, en 1787, une charge de conseiller. Incarcéré quelques joui’s avant le 9 thermidor, il recouvra la liberté par la chute de Robespierre, et vécut dans la retraite jusqu’en 1808 , où il fut nommé maître des requêtes au conseil d’Etat, sur la recommandation de Cambacérès. Baron de l’Empire en 1809, conseiller d’Etat et préfet de police en 1810, il se laissa surprendre en 1812 par la conspiration du général Malet, et conserva, néanmoins ses fonctions jusqu’à la reddition de Paris aux alliés en 1814. La première Restauration, acceptant ses services, lui donna la direction générale des ponts et. chaussées, place qu’il perdit au retour de Napoléon Ier. A la deuxième Restauration, 1815, Pasquier fit partie du premier ministère Talleyrand en qualité de garde des sceaux, et, chargé en même temps de l’intérim du département de l’intérieur, tenta en vain de diriger dans un sens modéré les élections d’où sortit la Chambre introuvable. En quittant le pouvoir, il reçut les titres de membre du Conseil privé et de ministre d’Etat, et présida la commission de liquidation des créances étrangères. Porté à la députation par les départements de la Seine et de la Sarthe, il fut élu président de la Chambre en 1816, et, l’année suivante, fut garde des sceaux dans le cabinet Richelieu : il posa alors avec netteté les principes qui devaient régir la liberté de la presse, et ne dissimula point à Louis XVIII les dangers de la nouvelle loi électorale. Appelé au ministère des affaires étrangères en 1819, il y resta même après l’assassinat du duc de Berry et la démission de Decazes, 1820, et fut chef effectif du cabinet: pendant cette période de sa vie politique, il demanda ouvertement la suspension de la liberté individuelle, la restriction de la liberté des journaux, et, dans cette lutte contre les idées libérales, il apporta beaucoup d’intelligence, de logique, de souplesse et de sang-froid. Pair de France depuis 1821, il sortit du ministère peu de mois après, et vint se mettre à la tête de l’opposition dans la Chambre des pairs : il repoussa le rétablissement du droit d’aînesse, les lois de tendance et de sacrilège, la réduction de la rente 5 p. 100 en 3 p. 100. Après la Révolution de 1830, il fut nommé président de la Chambre des pairs, poste qu’il conserva durant tout le règne de Louis-Philippe ; il dirigea avec prudence et fermeté les débats, qui furent souvent orageux, soit lorsque l’Assemblée siégeait comme corps politique, soit lorsqu’elle était transformée en haute cour de justice. La dignité de chancelier de France lui fut conférée en 1837; il entra à l’Académie française en 1842, et le roi l’éleva au rang de duc en 1844. La Révolution de 1848 le rendit à la vie privée. Ou a de Pasquier un recueil de Discours et Opinions, 1842, 4 vol. in-8°, où l’on trouve un vrai talent de discussion, et qui furent son titre académique. B.
PASSAVANT (Jean-David), peintre et écrivain allemand, né à Francfort-sur-le-Mein en 1787, m. en 1861, descendait d’une famille bourguignonne protestante. Après avoir pris part comme volontaire aux guerres contre Napoléon Ier, il fréquenta les ateliers de David et de Gros, puis s’attacha à l’école romantique d’Overbeck, et devint inspecteur de la galerie de Staedel dans sa ville natale. Parmi ses tableaux, on cite le Henri II de la salle des Empereurs à Francfort. On a de lui, entre autres ouvrages : Idées sur les arts plastiques, en allemand, Heidelberg, 1820, in-8° ; Voyage artistique en Angleterre et en Belgique, enallem., Francfort, 1833,in-8°; Recherches sur