RE
R El
son art à Montpellier, et l’exerça à Paris, depuis 1822, dans le faubourg Sl-Antoine, où il se cousacra principalement aux pauvres. Affilié au parti républicain, compromis dans plusieurs complots sous Louis-Philippe, il fut nommé, au début de la Révolution de 1848, adjoint au maire de Paris. Les électeurs de la Seine et des Hautes- Pyrénées l’envoyèrent à l’Assemblée constituante, dont il fut l’un des vice-présidents. Ministre de l’intérieur sous le gouvernement provisoire, il fit cesser les pouvoirs des commissaires envoyés dans les départements. Après les journées de Juin , il fut ministre des travaux publics , puis préfet de la Seine, mais renonça à la vie politique dès la fin de 1848. B.
REDEN (Fréd.-Guill.-Otton-Louis, baron de), statisticien allemand, né en 1804 dans la principauté de Lippe- Detmold, m. en 1857. Il fut député en 1832, parles électeurs du comté de Hoya, à la première Chambre du Hanovre, en devint le secrétaire général, et coopéra activement à la rédaction de la Constitution libérale de 1833. Nommé, l’année suivante, secrétaire général du ministère des finances, il contribua à fonder la Société industrielle du Hanovre. Mais, lorsqu’en 1837 la Constitution eut été renversée par le roi Ernest-Auguste, il se démit de ses emplois. Directeur du chemin de fer de Berlin à Stettin en 1841, puis professeur des sciences économiques et administratives à l’Université de Berlin, attaché au ministère des affaires étrangères de Prusse en 1843, député d’un district hanovrien au Parlement de Francfort en 1848, et aux États de Hanovre en 1849, il perdit, à cause des opinions qu’il manifesta, ses fonctions à Berlin. Il vécut à Francfort, et, depuis 1854, à Vienne. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages en allemand, entre autres : Statistique du royaume de Hanovre, 1839, 2 vol.; les Chemins de fer allemands, Berlin, 1843-47, 11 vol., exposé historique et statistique; Histoire et statistique des chemins de fer français, ibid., 1845 ; Statistique de l'Empire de Russie, 1843 ; Géographie comparée du commerce et de l’industrie, 1844; Statistique comparée des grandes puissances de l’Europe, 1846-48, 2 vol.; Du Paupérisme, de ses causes et de ses remèdes, 1847 ; Statistique financière s, générale et comparée, Darmstadt, 1851-53, 4 vol.; les États de la Plata et leur importance pour l'Europe, ibid., 1852; les Finances et les forces militaires françaises sous les quatre derniers gouvernements, 1853; Statistique commerciale et industrielle de la Prusse, 1853-54, 3 vol.; l’Europe orientale, Francf., 1854; la Destinée de la Russie, son passé et son avenir, 1854; l’Allemagne et le reste de l’Europe, Wiesbaden, 1854. B.
REGGIO d’Emilie (Prov. de), division du roy. d’Italie, comprenant l’O. de l’ancien duché de Modène, est bornée parles provinces de Modène à l’E., de Massa-Carrara au S., de Parme à l’O., de Crémone et la Vénétie au N.; arrosée par le Pô, l’Enza et le Crostolo, elle est couverte au S. par les ramifications de l’Apennin ; le Nord, plat et marécageux, coupé de rivières, de canaux, de fossés et de digues, abonde en blé et en fourrages; exportation de fromages et de bétail. Ch. -b, Reggio. Deux arrond. , Reggio etGuastalla.Superf., 2,888 kil. carrés; 230,246 hab. C. P.
REGNAULT (Elias-Georges-Soulange-Olive), littérateur, Dé à Londres en 1801, m. en 1868, fut avocat à la Cour royale de Paris, et, après la Révolution de 1848, chef du cabinet aux ministères de l’intérieur et des finances.. On a de lui: Histoire criminelle du gouvernement anglais, 1841 ; Histoire de l’Irlande, 1846 ; Histoire d’Angleterre, 1846, 2 vol. ; Histoire de Napoléon , 1846-47, 4 vol. ; Histoire du Gouvernement provisoire , 1849 ; Histoire de huit ans, 1851 et suiv., 3 vol., etc.
REIFFENBERG (Fréd.-Aug. -Ferdinand-Thomas, baron de), littérateur belge, né à Mons en 1795, m. en 1850, servit dans l’infanterie à Waterloo, fut professeur à l’Athénée d’Anvers en 1818, puis à celui de Bruxelles, professeur de philosophie à l’Université de Louvain en 1822, ensuite à celle de Liège, et devint en 1837 conservateur à la bibliothèque royale de Bruxelles. Parmi ses nombreux écrits, on remarque : Archives philologiques , Bruxelles, 1825-26, 2 vol. in-8°; Archives pour l’histoire civile et littéraire des Pays-Bas, Louvain, 1827-28, 2 vol. in-8° ; Nouvelles Archives historiques des Pays-Bas, Bruxelles, 1829-32, 2 vol. in-8°; Histoire de l’ordre de la Toison d’or, ibid., 1830, in-4°, etc. Il a inséré une multitude d’articles dans les recueils périodiques, et publié, comme éditeur, l’ Histoire des troubles des Pays-Bas par Vandervynckt, les Mémoires de Jacques Duclercq , la Chronique de Philippe Mouskes, la Correspondance de Marguerite d'Autriche avec Philippe II, etc. B.
REIGNIER, ch.-l. de canton (Haute-Savoie), arr. et à 15 kil. deSl-Julien; 208 hab.
REILLÈ (Honoré-Charles-Michel-Joseph, comte), né à Antibes en 1775, m. en 1860, servit en Belgique sous les ordres de Dumouriez en 1792, et fit comme aide de camp de Masséna la campagne d’Italie. Il fut nommé capitaine sur le champ de bataille de Lodi, et chef de bataillon sur celui de Rivoli, reçut une blessure à la Brenta, et se trouva encore aux affaires d’Arcole, de Bellune et de Tarvis. En 1799, il suivit Masséna à l’armée d’Helvétie, et obtint, par sa conduite brillante à Zurich , le grade d’adjudantgénéral. En 1800, porteur d’ordres du premier consul Bonaparte pour Masséna que les Anglais bloquaient dans Gênes, il réussit à pénétrer dans la place. L’année suivante, il fut envoyé de nouveau en Italie avec les corps d’élite aux ordres de Murat, et reçut le commandement de Florence. Général de brigade en 1803. il fut chargé du commandement en second du corps de débarquement envoyé aux Antilles sur l’escadre de l’amiral Villeneuve, et assista au combat naval de Trafalgar. Il fit avec distinction la campagne de 1805 en Autriche, celle de Prusse en 1806, et reçut le grade de général de division, 1807. Le combat d’Ostrolenka lui mérita encore le titre d’aide de camp de l’empereur, et, après la paix de Tilsitt, il participa à la prise de Stralsund. Dans la guerre de 1808 en Espagne, il dégagea la place de Figuières cernée par les Catalans, et s’empara de Roses. En 1809, il commanda une division de la garde impériale à Wagram. Renvoyé en Espagne comme gouverneur de la Navarre, il prêta l’appui de ses troupes à Suchet pour prendre Valence en 1811, et, chargé en 1812 du commandement de l’armée du Portugal, découragée moins par les revers que par les privations et les souffrances, sut pourvoir à ses besoins et relever sa confiance. Il protégea la retraite des Français après le désastre de Vittoria en 1813. Lors de l’invasion de la France, il combattit sur la Bidassoa, à Orthez et à Toulouse, sous les ordres de Soult. Au rétablissement de la paix, il épousa la fille de Masséna. Nommé pair de France et commandant d’un corps à l’armée du Nord pendant les Cent- Jours, il prit part à la bataille de Waterloo, couvrit Paris du côté de Gonesse, puis se retira sur la Loire. Mis en demi-solde à la 2e Restauration, rappelé à l’activité en 1818, il fut appelé à la Chambre des pairs en 1819 , devint gentilhomme de la chambre du roi en 1820 , se rallia au gouvernement de 1830, fut nommé président du Comité supérieur de l’infanterie en 1836, maréchal de France en 1847, et occupa, en vertu de ce dernier titre, une place au Sénat depuis 1852. B.
REINAUD (Joseph-Toussaint), orientaliste, né à Lambesc (Bouches-du-Rhône) en 1795, m. en 1867, fut attaché à la Bibliothèque royale de Paris en 1824, devint membre de l’Académie des inscriptions en 1832, en même temps conservateur-adjoint des manuscrits orientaux, professeur d’arabe à l’Ecole des langues orientales en 1838, président de la Société asiatique en 1847, et conservateur administrateur à la Bibliothèque en 1855. Il a publié : Monuments arabes, persans et turcs du cabinet du duc de Blacas , 1829; Extraits des historiens arabes relatifs aux Croisades, formant le tome îv de la Bibliothèque des Croisades de Michaud, 1829 ; Invasions des Sarrasins en France, 1836 ; une édition de la Géographie d’Aboulféda (avec M. de Slane), 1837 ; Notice sur Silvestre de Sacy, 1839 ; Histoire de l’artillerie (avec Favé), 1845 ; Relation des voyages faits par les Arabes et les Persans dans l'Inde et à la Chine dans le IXe siècle (avec Daremhourg), 1845, 2 vol. ; Fragments arabes et persans inédits relatifs à l Inde antérieurement au XIe siècle, 1845 ; Mémoire sur l’Inde antérieurement au milieu du xie siècle, 1847 ; une traduction de la Géographie d'Aboulféda, 1848-52, 2 vol. ; Notice sur Mahomet, 1860, etc.
REISSIGER (Carl-Gottlieb), compositeur de musique, né en 1798 à Belzig près Wittemberg, m. en 1859, fut élève de Schicht à Leipzig et de Winter à Munich. Après avoir écrit deux opéras, la Petite Pileuse (1821) et Didon (1822), il fut chargé parle roi de Prusse, en 1824, d’aller étudier les institutions musicales de la France. A son retour, 1826, il fit jouer à Dresde le Trésor des aïeux, opéra dont le sujet avait une grande ressemblance avec celui du Freyschütz de Weber. Il professa à l’Institution musicale de Berlin, et fut ensuite chargé d’organiser à La Haye un Conservatoire de musique. A son retour, on le nomma directeur de la musique à l’Opéra de Dresde, à la place de Marschner, et maître de la chapelle royale après la mort de Weber. Reissiger a écrit de nombreux opéras ( Yelva , 1827; Libella, 1828; le Naufrage de la Méduse, 1846, etc.), des messes, un oratorio de David, des pièces instrumentales, et beaucoup de romances et de mélodies fort esti-