RIT
ROM
RIDOLFI (Côme, marquis de), agronome et homme d’État italien, né à Florence en 1794, m. en 1865. Directeur de la Monnaie en 1825, il essaya vainement d’introduire en Toscane le système décimal. Après avoir dirigé, (le 1828 à 1830, la maison de travail des condamnés, il fonda, dans sa propriété de Meleto, un Institut agronomique, qui fournit bientôt des maîtres à toute l’Italie, et publia depuis 1827 un Journal d'agriculture. Il fit établir à Pise un Institut et une chaire d’agriculture. Chargé de l’éducation des fils du grand-duc Léopold II, il devint ministre de l’intérieur en 1847, et, l’année suivante, président du Conseil des ministres, puis ministre plénipotentiaire à Paris, à Londres et à Bruxelles. En 1849, ayant inutilement détourné le grand-duc de fuir devant la llévolution, il renonça aux affaires politiques. L’Institut de France l’admit parmi ses correspondants en 1859.
RIETSCHEL (Ernest), sculpteur, né en 1804 à Pulsnitz (Saxe), m. en 1861, étudia à Dresde, se fit connaître par un Neptune destiné à une fontaine de Nordhausen, alla suivre à Berlin, en 1826, les leçons de Rauch, partit l’année suivante pour l’Italie, exécuta à son retour la statue colossale du roi de Saxe Frédéric-Auguste, et fut nommé, en 1832, professeur à l’Académie des beaux-arts de Dresde. Parmi ses travaux ultérieurs, on remarque : le fronton du Musée Auguste, à Leipzig, et divers bas-reliefs de ce musée, où il a représenté les diverses époques de la vie humaine; les deux frontons du théâtre de Dresde ; le modèle en terre du fronton de l’Opéra de Berlin ; une Cêrès; Marie pleurant sur le cadavre du Christ; les statues de Lessing à Brunswick, de Schiller et de Goethe à Weimar, de Weber à Dresde; les bustes de Luther et du prince de Saxe Auguste II, au Walhalla; l'Amour domptant une panthère, l’Amour emporté par une panthère, les Quatre heures du jour, Pieta , sujets envoyés à l’Exposition universelle de Paris en 1855. B.
RIGAULT (Hippolyte-Ange), littérateur et critique, né en 1821 à Saint-Germain en Laye, m. en 1858, fut élève de l’Ecole normale supérieure, et bientôt professeur à Paris. En 1847, chargé par le duc de Nemours, fils du roi Louis-Philippe, de l’éducation du comte d’Eu, son fils aîné, il quitta le professorat dans l’Université. A la Révolution de 1848, il suivit en Angleterre la famille d’Orléans, qui ne voulut pas accepter plus de six mois le sacrifice que Iîigault lui offrait. Rentré dans l’Université en 1849, il avait déjà montré, par une brillante étude sur les poésies lyriques d’Horace , tout ce qu’on pouvait attendre de lui comme écrivain, lorsqu’il devint l’un des principaux rédacteurs de la Revue de l' instruction publique, 1852, et du Journal des Débats , 1853. Il soutint dans l’une, sur la question des classiques grecs et latins, /qu’un parti exagéré voulait remplacer par les Pères de l’Eglise , une vive polémique où il prouva de nouveau avec esprit cette vieille vérité, qu’on peut enseigner et qu’on enseigne chrétiennement les lettres païennes. Dans les Débats, on goûta et l’on admira bientôt ces petits chefs-d’œuvre où, comme dans ses articles intitulés : les Jouets d’enfants, et l’Exposition des sauvages, les pensées les plus sérieuses se glissaient si heureusement sous le badinage le plus enjoué'; cette critique ferme au fond, souple et variée dans la forme, qui se pliait et se proportionnait à tous les sujets. Rigault conquit brillamment le titre de docteur par une Histoire de la querelle des anciens et des modernes, et une thèse latine sur la Critique littéraire chez Lucien, 1856. Deux mois après, il ouvrit au Collège de France, comme suppléant, un cours sur les Pères de l’Église. Forcé en 1857 d’opter entre la chaire d’éloquence française à la Sorbonne et sa collaboration au Journal des Débats, il resta fidèle à son journal, à ses sympathies, et ce fut alors que, donnant aux frivoles commérages qu’on appelait Chroniques de Quinzaine un caractère nouveau , il commença ces charmantes revues où il a si bien su se montrer moraliste sans être prêcheur, comme sa critique savait être sévère sans pédanterie. Ses OEuvres complètes ont été réunies en 4 vol. in-8°, 1859, avec une notice de M. Saint- Marc Girardin. On a publié à part, avec une notice de M. Paul Mesnarrl, les Revues de Quinzaine et quelques autres articles, sous le titre de Conversations morales et littéraires, 1859. R.
RIR (Oued), oasis du Sahara algérien, s’étend du 33° au 34° lat. N. et vers 3° 30’ long. E.; entre le Chott-el- Melghir au N., les oasis de Mzab à l’O., de Ouargla au S., et de l’Oued-Souf à l’E. Les principales localités sont : Tuggurt, capitale; Temacin, Tamerna, Tebesbest, Durîana. Les Français s’en emparèrent en 1854-55, et les comprirent dans la province de Constantine. C. P.
RITTER (Cari), géographe allemand, né à Quedlim-
bourg en 1779, m. en 1859, enseigna d’abord à Schnepenfthal et au gymnase de Francfort-sur-le-Mein, avant d’être professeur de géographie à l’Université de Berlin. Il débuta par donner : Evénements Je l’histoire des peuples de l’Europe avant Hérodote, et Histoire de l’Arabie Pétrée; puis il fit paraître, en 1817, une Géographie générale comparée, ou Etude de la terre dans ses rapports avec la nature et avec l'histoire de l’homme. Cet essai , agrandi et complété devint en 1822, sous le même titre, une géographie particulière de V Afrique (l vol.), suivie bientôt d’une géographie de l’Asie, qu’il a laissée incomplète. Aux sèches nomenclatures ou aux compilations indigestes de la plupart des livres du siècle précédent, il substitua la plus vaste érudition, éclairée par une critique sûre, et dominée par un esprit véritablement philosophique; il montra ce que chaque continent, chaque pays devait à l’action de la nature, aux phénomènes météorologiques ou souterrains, et comment le sol avait agi à son tour sur les nations diverses qui en avaient fait leur demeure. Comparant entre elles les formes des continents, les directions des grandes chaînes de montagnes ou des principaux fleuves.il chercha à déterminer les lois de la formation du globe, et ramena à un petit nombre d’idées générales l’infinie variété des notions géographiques. Ritter a quelquefois porté dans ses ouvrages l’exagération de ses grandes qualités, et l’on peut lui reprocher des développements prolixes, des pensées obscures et subtiles. Le premier volume de sa géographie, qui contient l’Afrique, a seul été traduit en français par Buret et Desor, 1835, et fait 3 vol. in-8° dans cette traduction. Outre son grand ouvrage, Ritter a laissé une foule de Mémoires et d’articles insérés dans les journaux scientifiques de Berlin, principalement dans la Zeitschrift Erdkunde (Revue de Géographie). C. P.
RIVAS (Angel de Saavedra, duc de), poëte et homme d’État espagnol, né à Cordoue en 1791, m. en 1865, fut élevé au collège des Nobles à Madrid, et entra dans un régiment de cavalerie de la garde royale en 1807. Lors de l’invasion française, il se mit sous les ordres de Castanos, et reçut une grave blessure à la bataille d’Ocana. 11 quitta le service en 1814 avec le grade de colonel. Quand éclata la Révolution de 1820, il figura parmi les chefs du parti libéral, et fut député aux Cortès par la province de Cordoue. La contre-révolution de 1823 l’obligea do s’expatrier. De retour en Espagne après la mort de Ferdinand VII, il devint, en 1835, pair du royaume. Ministre de l’intérieur dans le cabinet Isturitz en 1836, exilé pendant la régence d’Espartero, il reparut avec Marie-Christine en 1843 , et fut ambassadeur à Naples jusqu’en 1848. 11 eut encore pendant quelque temps l’ambassade de Paris en 1854. Ses œuvres poétiques, fort estimées, ont donné aux littérateurs espagnols l’exemple de s’affranchir de l’imitation française ; ce sont : Essais poétiques, Madrid, 1813, 2 vol.; Florinda , poème épique, dont le sujet est la conquête de l’Espagne par les Maures, 1825; les tragédies de Lanuza , 1823, et d’Alvaro, 1835; Romances historiques, Paris, 1841,2 vol.; la Moresque d’Alajuar, et les Consolations du prisonnier, drames, 1842 ; le Prix de l’argent, comédie; El Moro esposito, Paris, 1844, 2 vol., poème sûr les sept infants de Lara ; Histoire de l’ insurrection de Naples en 1647, Madrid, 1848, trad. en franc, par d’Hervey de S'-Denis, Paris, 1849, 2 vol. B.
ROBERTS (David), peintre, né à Edimbourg en 1796, m. en 1864. Il a exécuté de nombreux paysages, remarquables par la facilité du dessin et par de beaux effets de lumière. Ses croquis, esquisses, aquarelles et lithographies, ses illustrations de livres, lui ont fait aussi une belle réputation.
ROCHETTE (La), ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à 18 kil. S.-E. de Chambéry ; 957 hab.
ROELANDT (Louis), architecte belge, né en 1786 à Nieuport, m. en 1864, étudia à Paris sous la direction de Percier et de Fontaine, et devint professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Gancl. Il a élevé, dans cette ville, l’Université, le Palais de Justice, la salle de spectacle, le Casino, etc. On lui doit encore l’entrepôt d’Anvers.
ROMAIN-DESFOSSÉS (Joseph), marin français, né en 1798, m. en 1864, entra au service dès 1807. Nommé, en 1844, commandant de la station navale de Bourbon et de Madagascar, il fit, en 1845, une expédition contre Tamatave, d’où l’on avait chassé tous les étrangers. Contreamiral en 1847 et major de la marine à Brest, il fut député du Finistère à l’Assemblée législative de 1849, reçut bientôt le portefeuille de la marine et des colonies, commanda la station navale du Levant en 1851, devint viceamiral en 1853, entra au Sénat en 1855, présida le Conseil des travaux de la marine, et, après avoir dirigé