RUM
ROS
l’escadre d’évolutions de la Méditerranée, fut promu amiral en 1860. B.
ROMAN (Jean-Baptiste-Louis), statuaire, né à Paris en 1792, m. en 1835, élève de Cartellier, remporta le grand prix de sculpture en 1816. Ses principales œuvres sont : l’Entrée du duc d’Angoulême à Madrid , bas-relief destiné à l’arc du Carrousel; la Terre et l Eau, bas-relief en pierre pour la cour du Louvre ; la Mort de Nisus et d'Euryale, groupe en marbre, et l’Innocence, au musée du Louvre ; la Prudence, figure colossale destinée à l’un des angles du palais de la Bourse; Caton d’Utique, statue achevée par Rude, et placée dans le jardin des Tuileries. Roman fut admis à l’Institut en 1831. Son ciseau était aussi pur qu’élégant. B.
ROQUESTERON, ch. -1. de canton (Alpes-Maritimes), arr. et à 13 kil. S.-E. de Puget-Théniers ; 435 hab.
ROSALBA CARRIERA, femme peintre au pastel, née à Venise en 1671, m. en 1757. Elève d’Antonio Lazzari, elle eut un coloris quelquefois si vigoureux, que ses tableaux avaient l’effet de peintures à l'huile, avec beaucoup de douceur et de pureté. Elle a fait des madones, pleines de grâce et de majesté, des sujets de sainteté, et des portraits remarquables de vérité et de finesse. La galerie de Dresde possède une suite de 157 portraits, de 60 centimètres sur 43, par Rosalba ; Larmessin et Lépicié ont gravé plusieurs de ses œuvres. C. D — T.
ROSCHER (Albert), voyageur allemand, né à Hambourg en 1836, m. en 1860, se fit connaître en 1857 par un ouvrage d’une érudition un peu superficielle : Ptolémée et les roules du commerce dans l’Afrique centrale. Il forma ensuite le projet d’un voyag-e aux grands lacs de l’Afrique orientale, explora en 1859 une partie de la rivière Lufidji, puis partit de Quiloa avec la caravane qui se rendait au lac Nyassi, où il parvint en septembre. Mais, abandonné par les Arabes de la caravane, presque mourant de la fièvre, il fut tué par les indigènes dans une excursion vers la rivière Rufuma. Il n’est parvenu eu Europe que quelques notes sur son premier voyage, et des lettres laconiques sur le second. C. P.
ROSINI (Giovanni), poète et littérateur, né en 1776 à Lucignano (Toscane), m. en 1855, occupa, depuis 1803, la chaire de littérature italienne à l’Université de Pise. On a de lui : Nozze di Giove et di Latona, poëme écrit à l’occasion du mariage de Napoléon 1er avec Marie-Louise, 1810; Poésies, 1819; une bonne édition de V Histoire d'Italie de Guichardin, 1819, 10 vol.; une édition du Tasse, 1821-32 ; l’Abbesse de Monza, 1829, 3 vol., et Luisa Slrozzi, 1833, 4 vol., romans historiques; Essai sur les amours du Tasse et les causes de son emprisonnement, 1832; Torqualo Tasso, drame, 1835 ; Histoire de la peinture italienne, 1838, 4 vol. ; le Comte Ugolin et les Gibelins, 1843, 3 vol.
ROSS (James-Clark), navigateur anglais, né à Londres en 1800, m. en 1862, accompagna son oncle John Ross ( V . ce nom dans le Dictionnaire) dans son premier voyage aux mers arctiques en 1818, y retourna quatre fois de 1819 à 1827 sous les ordres de Parry, fut chargé par John Ross de la direction de la partie scientifique dans les expéditions de 1829 à 1833 au nord de l’Amérique septentrionale, et parvint alors à explorer la côte occidentale du détroit du Prince-Régent, presque toute la terre Boothia-Félix, ainsi qu’à déterminer la position du pôle magnétique boréal. Créé capitaine à son retour, il fut envoyé en 1835 à la recherche de quelques bâtiments baleiniers surpris par les banquises dans la mer de Baffin. De 1836 à 1838, l’Amirauté l’employa à fixer les points d’inclinaison et de déclinaison magnétique pour la Grande-Bretagne et l’Irlande. De 1839 à 1844, il fit trois voyages dans les parages du pôle antarctique , s’avança jusqu’au 78° 10' lat. S., découvrit la terre Victoria et un vaste golfe au S. de la terre de Pasnia, et recueillit de précieuses observations relatives au magnétisme terrestre et à la météorologie. La relation de ces voyages fut publiée en 1846. En 1818, le capitaine Ross fut envoyé à la recherche de Franklin dans la mer de Baffin, mais il ne put rien découvrir concernant ce navigateur. B.
ROST ( Val entin-Chrétien-F rédérie) , philologue allemand, né à Frédériksroda en 1790, m. on 1862, enseigna les langues anciennes depuis 1814 au collège de Gotha , et fut nommé directeur de cet établissement en 1842. Editeur, avec Frédéric Jacobs, de la Bibliothèque grecque de Gotha, il a publié en outre une Grammaire grecque, 1816, et des Dictionnaires grec-allemand et allemand-grec. En 1840, il commença un Dictionnaire complet de la grécité classique.
ROSTAN (Louis-Léon), médecin, né en 1790 à S'-Maximin (Var), m. en 1866, fut nommé membre de l’Académie de médecine de Paris en 1823, et professeur à la
Faculté en 1833. Il a publié -.Recherches sur le ramollissement du cerceau, 1819; Traité élémentaire de diagnostic, ou Cours de médecine clinique, 1826-27, 3 vol. in-8°; Cours élémentaire d'hygiène, 1823, 2 vol. in-8°; Base générale et plan d’un cours de médecine clinique, 1831 ; Exposition des principes de l’organicisme, 1846 ; des Mémoires importants dans le Journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie, et dans le Dictionnaire de médecine.
ROUSSEAU (Théodore), peintre de paysages, né à Paris en 1812, m. en 1867. Il a la fantaisie puissante, le sentiment de la lumière et l’entente de la couleur. On cite parmi ses tableaux : Côtes de Granville, 1833 : Lisière d'un bois, 1834; Fête de Barbison, 1839; Après la pluie , 1852; Marais dans les Landes, 1853 ; Groupe de chênes, 1855 ; Matinée orageuse, 1857 ; Gorges d'Apremont ; Allée de châtaigniers, etc.
ROYER-COLLARD (Albert-Paul), jurisconsulte, fils aîné du médecin de ce nom (F. Royer-Collard, dans le Dictionnaire), né à Paris en 1797, m. en 1865, occupa la chaire de droit des gens à la Faculté depuis 1829 jusqu’à sa mort, et exerça le décanat de 1845 à 1847. Collaborateur de la Revue de droit français et étranger, de Y Encyclopédie des gens du monde, et de l’Encyclopédie du xixe siècle, il adonné des éditions du Droit des gens de Vatel, et des Codes français de Bourguignon.
royer-collard ( Ilippolyte-Louis), médecin, frère du précédent, né à Paris en 1802, m. en 1850, fut chef de la division des sciences et des lettres au ministère de l’intérieur en 1830 et au ministère de l’instruction publique en 1832, obtint la chaire d’hygiène à la Faculté en 1838, et entra à l’Académie de médecine en 1842. Fondateur du Journal hebdomadaire de médecine, il écrivit encore dans le Recueil de médecine vétérinaire, le Journal de médecine vétérinaire et comparée, le Dictionnaire de médecine usuelle, etc.
RUCKERT (Frédéric), poète allemand, né à Schweinfurth (Bavière), en 1789, m. en 1866, se livrait à l’enseignement à Iéna, lorsqu’il seconda le mouvement national de 1813 par des chants patriotiques, l'Allemagne géante, le Manteau de fêle de l’ Allemagne, le Chant du Cosaque en hiver, etc. Le recueil de ces chants parut avec le titre de Poésies allemandes à Heidelberg, 1814, et sous le pseudonyme de Freimund Reinmar (le poète à la bouche libre). De 1815 à 1817, Riickert fut un des rédacteurs du Morgenblatt à Stuttgard, puis publia, en les intitulant la Couronne du temps, des chants d’amour remarquables par l’élégance, l’harmonie et la richesse de la versification. Ii professa les langues orientales à Erlangen depuis 1826, à Berlin de 1830 à 1849, et l’on retrouve l’influence des littératures de l’Orient dans les œuvres suivantes : les Roses orientales, Leipzig, 1822; Contes et récits d'Orient, 1837, 2 vol. ; Prières et méditations orientales, Berlin, 1837, 2 vol. ; Rostem et Surah, histoire héroïque, Erlangen, 1838 ; la Sagesse des Brahmanes, Leipzig, 1839. On doit encore à Riickert plusieurs traductions allemandes d’ouvrages arabes, persans et indiens, et quelques ouvrages dramatiques, Saïil et David (1843), Hérode le Grand (1844), l'Empereur Henri IV, Christophe Colomb (1845), etc.
RUFFIEUX, ch.-l. de canton (Savoie), arr. et à34kil, N.-E. de Chambéry ; 180 hab.
RULHIÈRE ( Joseph -Marcellin) , général , parent de l’historien de ce nom (F. le Dictionnaire ), né en 1787 à S’-Didier-la-Seauve (Ille-Loire), m. en 1862, entra au service en 1807 dans les vélites-grenadiers de la garde impériale, passa en 1809 comme sous-lieutenant au 3e tirailleurs, fit les guerres d’Allemagne et d’Espagne, et était arrivé au grade de chef de bataillon quand il fut pris pendant la retraite de Russie. Il prit part à la campagne de 1815. Lieutenant-colonel en 1821, colonel lors de l’expédition d’Espagne en 1823, il alla aussi en Morée, 1828-29, et à la conquête d’Alger en 1830. Maréchal de camp en 1832, il commanda une brigade au siège d’Anvers. Appelé à faire partie de la seconde expédition contre Constantine, il y gagna (1837) le grade de lieutenantgénéral. Puis, jusqu’en 1840, il commanda la division d’Alger; en 1841, on l’envoya à Toulouse, et, en 1845, il fut nommé pair de France. Mis d’office à la retraite en 1848 , il parut à l’Assemblée constituante, ensuite à l’Assemblée législative, comme député de la Hte-Loire, devint ministre de la guerre du 20 déc. 1848 au 31 oct. 1849, fut le promoteur de la loi qui releva de la retraite les officiers généraux frappés par la Révolution de février, et passa au cadre d’inactivité à la fin de 1851. B.
RUMIGNY (Marie-Théodore de Güeulluy, comte de), né en Picardie en 1789, m. en 1860, entra en 1805 à l'Ecole militaire de Fontainebleau, fit la campagne de Prusse, se distingua à Wagram et à Smoleusk, et arriva
RUS
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en 1814 au grade de capitaine de cavalerie après les combats de Nangis et de Montereau. Mis en demi-solde à la lr« Restauration, il reprit du service durant les Cent- Jours, et eombattità Ligny. Par l’intermédiaire du maréchal Gérard, dont il avait été aide de camp, il fut attaché en 1818, en qualité de lieutenant-colonel aide de camp, au duc d’Orléans Louis-Philippe. Maréchal de camp et député de la Somme après la Révolution de 1830, commissaire-général en Vendée en 1831 , député de la Mayenne de 1831 à 1837, il fut un des principaux membres du parti conservateur, et un ardent soutien de la politique personnelle du roi. 11 assista au siège d’Anvers en 1832, et fut chargé de réprimer l’émeute parisiennedu 14 avril de la même année. En 1848, il suivit le roi Louis-Philippe en exil, fut mis à la retraite par le gouvernement provisoire, et ne profita pas du décret de 1852 qui réintégrait dans la réserve un grand nombre d’officiers généraux. B.
RUSSIE (Abolition du servage en). Depuis le commencement de son règne, Alexandre II avait annoncé l’intention d’abolir le servage. La noblesse des gouvernements occidentaux, plus éclairée, s’était montrée depuis longtemps favorable à cet affranchissement, et celle de trois gouvernements de l’ancienne Lithuanie, Wilua, Grodno et Kowno, ayant demandé cette réforme, un rescrit impérial (20 nov. 1857) autorisa l’étude de la question. Alexandre II donna l’exemple en affranchissant les paysans de ses domaines et ceux des apanages de la famille impériale (6 août 1858), auxquels on reconnaissait le droit d’acquérir des terres en toute propriété, de contracter toute espèce d’obligation légale ou judiciaire, et de passer dans la classe des bourgeois ou dans celle des (60 ou 160 moyennant payement de 15 ou de 40 roubles marchands fr.). Après avoir subi une longue discussion devant le Conseil de l’empire, Pacte d’émancipation des serfs de la noblesse fut proclamé par un manifeste impérial du 19 février (5 mars, nouveau style) 1861, et promulgué officiellement le 5/17 mars. Il fut suivi d’une série de règlements destinés à pourvoir à toutes les nécessités de cette situation nouvelle de 24,000,000 de personnes. Pour accoutumer les paysans à la liberté et résoudre à loisir toutes les difficultés, on établit une combinaison de clauses à travers lesquelles le serf, se rachetant graduellement, arrive, au bout de 9 ans, à la pleine jouissance de ses droits nouveaux et de la propriété. La première période est de deux ans(1861-63), pendant laquelle le. paysan, dès lors libre de sa personne , est appelé temporairement obligé, et reçoit la jouissance de son enclos et d’une quantité déterminée de terre arable; les serfs domestiques échangent le travail obligatoire contre une redevance pécuniaire; dans cet espace transitoire de deux ans, les uns et les autres peuvent racheter définitivement les terres et cette redevance, en s’arrangeant avec les seigneurs devant des médiateurs ou juges de paix créés à cet effet, et avec l’assistance d’un comité spécial, institué au chef-lieu de chaque gouvernement et formé de fonctionnaires et de propriétaires. — Ce grand acte d’affranchissement fut d’abord mal reçu et des paysans et des seigneurs. Les premiers, ne comprenant pas la nécessité de mesures transitoires, refusaient aussitôt tout travail, toute redevance, et entendaient être mis en possession immédiate et sans rachat de leurs terres; un paysan du gouvernement de Kasan, Pétrof, excita même (août 1861) une sédition que l’on dut réprimer par la force. De leur côté, les seigneurs, perdant une partie de leur fortune, ont demandé, en compensation, qu’il leur fût accordé des libertés politiques.
Depuis Catherine II, la noblesse avait des assemblées quise réunissaient tuusles trois ansaux chefs-lieux de province, pour s’occuper des taxes locales, de l’assistance publique, de presque toute l’administration rurale, et élire un grand nombre de fonctionnaires administratifs et judiciaires, sauf confirmation par le czar ou par le gouverneur de la province. L’émancipation des serfs est venue changer non-seulement les relations établies entre l’aristocratie terrienne et les paysans, mais aussi les rapports de ces deux classes avec l’Etat, tant pour la perception de
l’impôt que pour l’administration de la justice; la noblesse a été exonérée de l’obligation de pourvoir aux besoins des indigents, et de la responsabilité que lui faisait encourir le recrutement militaire. Pour donner aux provinces une participation plus directe à leurs propres affaires et développer pour les questions locales l’élément représentatif,, un ukase du lcr-3 janv.1864 a établi des assemblées de district et des assemblées de province. Les premières sont composées de représentants élus par les propriétaires du district, par les communautés ou corporations des villes, et par celles des villages ; les secondes sont composées de représentants élus pour trois ans par les assemblées de district. Les assemblées nouvelles se réunissent chaque année ; celles de district siègent dix jours, celles de province vingt; mais les sessions peuvent être prolongées, et le ministre de l’intérieur peut convoquer des assemblées extraordinaires. Les assemblées de district sont présidées par le maréchal de la noblesse du district ; les assemblées provinciales, parle maréchal de la noblesse de la province, à moins que l’empereur ne juge convenable dénommer un autre président. Les assemblées provinciales traitent les affaires intérieures de la province: entretien et construction des édifices et des routes, gestion des impôts locaux, mesures à prendre pour préserver les populations de la famine, institutions de bienfaisance, assurances mutuelles, perception et répartition des taxes, etc. Les assemblées de district jouissent des mêmes prérogatives, mais sur une échelle réduite. — La réforme actuellement appliquée ne fusionne pas les classes; elle en maintient la démarcation, mais elle les rapproche les unes des autres, en donnant aux nobles, aux bourgeois, aux paysans même le droit de discuter les affaires du district et de la province. L’élection pour l’assemblée de district se fait dans trois réunions spéciales des trois classes: celle des propriétaires fonciers du district, celle des communautés ou corporations des villes, enfin celle des villages. Les paysans qui ont acquis en toute propriété des immeubles de l’étendue requise par la loi, peuvent prendre part à la réunion électorale des propriétaires fonciers.
RUSTAUDS (Guerre des), insurrection des paysans de la basse Allemagne, au xvie siècle, contre les soigneurs et les monastères. La cause et le prétexte en furent les abus du régime féodal, et surtout la réformation de Luther. Les insurgés publièrent un manifeste, contenant une profession de foi toute luthérienne et leurs griefs contre les seigneurs. Us élurent un chef, et prirent, comme symbole, une bannière à l’image du Christ. L’insurrection éclata, vers le milieu d’avril 1525, depuis Bâle jusqu’à Wissembourg, et réunit de nombreux adhérents, les uns attirés par le manifeste, qui était assez modéré, les autres entraînés par la menace et la terreur. Ils envahirent l’Alsace, en pillant et tuant tout ce qui leur résistait, incendiant ou démolissant les châteaux et les monastères. Peu de jours après , à Pâques , les Rustauds se trouvèrent réunis au nombre de 30,000 environ dans la plaine d’Altorf, près de Molsheim. Une partie se dirigea sur Ideiligenstein , et donna le commandement suprême à un bourgeois de Molsheim , Erasme Gerber, qui se distinguait par son ardeur et son fanatisme. L’invasion réussit surtout dans la basse Alsace, où, après s’être beaucoup grossie, elle détacha 20,000 hommes pour opérer en Lorraine. Mais Antoine, duc de cette province, marcha au-devant de leurs bandes, les joignit à Saverne le 16 mai, et, en une campagne de 20 jours, détruisit plus de 30,000 insurgés, et refoula le reste au delà du Rhin. Sa victoire sauva la religion catholique et l’ordre social , car ces hordes féroces, non-seulement procédaient parle pillage et la destruction, mais aussi se partageaient les biens dont elles s’emparaient, même ceux de la bourgeoisie. Le nom de Rustauds vient du latin rusticus; ils sont appelés quelquefois Bourres ou Burres, corruption de l’allemand bauer, paysan. Chrestien de Chatenoy, poète du temps, a célébré la guerre des Rustauds dans un poëme ampoulé intitulé la Rusticiade. V. Henri Lepage, Documents inédits sur la guerre des Rustauds, Nancy, 1861, in-8°. C. D— T.
S AI
SAAVEDRA (Angel de). V. Rivas, dans ce Supplément.
SABBAT, nom que le club des Jacobins donna , en 1789, à un comité organisé dans tous les clubs de Paris, et qui aboutissait aux frères Lameth, chefs alors du club des Jacobins. C’était un noyau de dix hommes qui , chaque jour, venaient prendre l’ordre chez les Lameth, et le donnaient ensuite à dix hommes appartenant aux divers bataillons de la garde nationale , de manière que tous les bataillons et toutes les sections recevaient à la fois la même proposition d’émeute, la même dénonciation contre les autorités constituées, le président du département, le maire, et le commandant de la garde nationale.
SACRAMENTO, v. des Etats-Unis, cap. de l’Etat de Californie, sur le Saeramento, près de son confl. avec l’Ainerican-River, à 209 kil. N.-E. de San - Francisco; 30,000 hab. Dans son voisinage furent exploités les premiers plucers. C. P.
SADOWA, vge des Etats Autrichiens (Bohême), cercle et à 5 kilom. N. -O. de Kœniggrœtz. Célèbre bataille remportée en ce lieu par les Prussiens sur les Autrichiens, le 3 juillet 1866. Les Prussiens durent une partie de leur succès au fusil à aiguille, en usage dans leur armée depuis deux ans. On appelle aussi cette journée, en Allemagne, bataille de Kœniggrœtz.
SAID-PACHA, vice-roi d’Egypte, 4e fils de Méhémet- Ali, né en 1822, m. en 1863, reçut, après son éducation turque , les leçons de quelques maîtres français , notamment de Kœnig-Bey, et fut destiné à la marine. Il était grand amiral de la flotte égyptienne , quand il succéda à son neveu Abbas-Pacha, en 1854. Il fournit presque aussitôt au sultan , son suzerain , un contingent de 10,000 hommes pour l’expédition de Crimée. Dans son administration intérieure, il réforma les finances, pi'otégea les écoles et les établissements scientifiques, fit continuer les travaux du barrage du Nil, et favorisa de tous ses moyens la grande entreprise du percement de l’isthme de Suez. B.
SAINTINE (Joseph-Xavier Boniface, dit), littérateur, né à Paris en 1798, m. en 1865, débuta par un volume de Poèmes, odes et épitres, 1823, où il a fait preuve de goût et de talent ; puis il s’adonna au théâtre, et écrivit, sous son prénom de Xavier, une foule de pièces joyeuses, en collaboration avec Scribe, Ancelot, Duvei’t, Carmouche, Varin, etc., telles que l’Ours et le Pacha, le bouffon du prince, les Cabinets particuliers, Un monsieur et une dame, Riche d'amour, Henriette et Chariot, etc. On lui doit aussi divers romans : Jonathan le visionnaire, 1825, 2 vol. in-12; Une maîtresse de Louis XIII, 1834, 2 vol. in-83; Antoine, les Récits dans la tourelle, les Métamorphoses de la femme, etc. Mais son principal titre est la touchante histoire d’une fleur et d’un prisonnier, qu’il publia sous le titre de Picciola, 1836, in-8°, et qui obtint un immense succès. B.
SAINT-JEAN (Simon), peintre de fleurs, né à Lyon en 1812, m. en 1860, étudia à l’école de sa ville natale sous la direction de François Lepage. Ses tableaux sont des chefs-d’œuvre : la composition en est intelligente et trèsvariée , le dessin irréprochable ; mais son coloris a urfe certaine teinte jaune qui enlève du brillant aux reflets. Le musée du Luxembourg a de lui une Notre-Dame des roses.
SAINT-VICTOR ( J.-B. Bins, comte de), littérateur et poète, né au Cap-Français ( Sl-Domingue) en 1772, m. en 1858, fut attaché pendant plusieurs années à la rédaction du Journal des Débats. Il se fit connaître d’abord par deux poèmes descriptifs, où il y a un véritable talent : l'Espérance, 1804, et le Voyage du poêle, 1806.11 donna aussi, en 1804, l’Habit du chevalier de Grammont, opéra-comique fort gai , qui est resté longtemps au répertoire. Saint- Victor était helléniste, et il a traduit en vers français les Odes d’Anacréon, d’après le texte de Brunck, 1811," in-8°. Ses Œuvres poétiques ont été recueillies en 1 vol. in-18, Paris, 1822, dans la Collection des poètes français du xixc siècle. On doit encore à Saint-Victor : Tableau historique et pittoresque de Paris, depuis les Gaulois jusqu'à nos jours, 2e édit., 1822-27, 4 vol. in-8® et atlas in-4°. — Son fils, Paul de Saint- Victor, est auj. un des écrivains distingués de la presse périodique.
SAISSET (Émile-Edmond), philosophe, né à Montpellier en 1814, m. eu 1863, élève de l’École normale, professa depuis 1812, suppléa Damiron dans la chaire d’histoire de la philosophie à la Sorbonne de 1819 à 1852, fit des cours complémentaires de philosophie grecque et latine au Collège de France de 1853 à 1857, devint professeur titulaire à la Sorbonne en 1862, et, bientôt après, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. On a de lui : Ænésidème, 1840; Manuel de philosophie (avec Jacques et J. Simon), 1841; une traduction de Spinosa, 1843, 2 vol. ; une édition des Lettres à une princesse d'Allemagne par Euler, 1843 ; Essais sur la philosophie et la religion au xixe siècle, 1845; Mélanges d'histoire, de morale et de critique, 1859 ; une traduction de la Cilé de Dieu de S1 Augustin ; Essai de philosophie religieuse, 1860; Précurseurs et disciples de Descartes, 1862; l’Ame et la Vie, 1864.
SALDANHA OLIVEIRA E DAUN (Joao-Carlos, duc de), homme d'Etat et général portugais, né en 1780 à Arinhaga, m. en 1861, petit-fils du célèbre marquis de Pombal, fit ses études à Lisbonne et à Coïmbre, devint membre du Conseil d’administration des colonies, accepta la domination française en 1808 , fut pris en 1810 par les soldats de Wellington et envoyé en Angleterre, passa au Brésil, d’où il revint après les événements de 1815, et fut appelé par Jean VI, en 1825, au ministère des affaires étrangères. L’année suivante , pendant la régence de l’infante Isabelle, il fut nommé gouverneur d’Oporto, puis, après l’établissement de la Constitution de Don Pedro, ministre de la guerre. Ayant en vain réclamé le renvoi de quelques fonctionnaires suspects, il donna sa démission en 1827, et se retira en Angleterre; mais , lors de l’usurpation de Don Miguel, il revint à Oporto, pour se mettre à la tête de l’armée constitutionnelle. La lâcheté de ses troupes l’obligea de fuir de nouveau. Pendant un séjour qu’il fit en France, il se lia avec le général La Fayette. Il ne reparut en Portugal qu’en 1833, où il battit les miguélistes dans les Algarves et emporta leurs retranchements devant Lisbonne. Nommé maréchal, il figura néanmoins quelque temps dans l’opposition, par suite de ses mésintelligences avec le duc de Terceira; appelé, en 1835, au ministère de la guei-re et à la présidence du Conseil , il succomba en 1836 devant l’hostilité des Chambres, alla passer dix années en Angleterre et en France, fut rappelé en 1846 pour comprimer l’insurrection démocratique d’Oporto, et dirigea encore les affaires jusqu’en 1849. Le dépit d’avoir été renversé par Costa-Cabral le poussa à rentrer dans l’opposition, et à préparer même une Révolution, qui lui rendit le pouvoir en 1851. Il tomba définitivement en 1856, et mourut après avoir confirmé jusqu’à la fin sa réputation d’inconsistance politique. B.
SALFORD, v. d’Angleterre (Lancastre), sur l’Irwel ; 112,904 hab. Elle est quelquefois considérée comme faisant partie de Manchester, bien qu’elle ait une administration séparée.
SALGUES (Jacques-Barthélemy), littérateur et journaliste, né à Sens (Yonne) en 1760, m. en 1830, professa la rhétorique au collège de sa ville natale, manifesta des sentiments royalistes pendant la Révolution, mais put échapper aux proseripteurs. Il vint à Paris vers la fin du Directoire , et publia le Journal des Spectacles, un des meilleurs du temps; puis, sous l’Empire et sous la Restauration, il travailla à divers journaux. Salgues a beaucoup écrit ; ses principaux ouvrages sont : Des erreurs et des préjugés répandus dans la société, Paris, 1810, 1 vol. in-8° ; 3e édit., Paris, 1818, 3 vol. in-8°, recueil de petites dissertations contre les préjugés et les croyances populaires touchant l’histoire naturelle , la médecine , la magie , les astres , les phénomènes physiques, certains récits historiques, les talismans, etc. ; espèce de macédoine sans originalité, et d’un style assez vulgaire; De Paris, des mœurs , de la littérature et de la philosophie , 1813,in-8°; De la littérature des Hébreux, ou les Livres saints considérés sous le rapport des beautés littéraires, 1825, in-8° ; Des erreurs et des préjugés répandus dans le xvine et lex IXe siècle, 1828, 2 vol. in-8°, etc. C. D— t
SAM
SAU
SALIA ou ZARYIA, ville murée de l’Afrique centrale (Soudan), dans le royaume de Sokoto, par 11° 4' 46" lat. N. et 5°2' 48"long. E.; 30,000 hab. Elle a environ 16 kil. détour; une partie, à l'intérieur, est occupée par des champs cultivés. Elle fut conquise en 1807 par les Fellatahs; elle s’appelait auparavant Zeg-Zeg ou Sansan. C. P.
SALONIQUE (Eyalet de), gouvernement général de l’Empire ottoman (Turquie d’Europe), entre ceux d’Andrinople à l’E., d'Ouskoub au N., de Roumélie propre à l’O., et l’Archipel au S. Pays montagneux, arrosé par les fleuves Vardar, Strouma et Mesta ; les bords de la mer sont marécageux et offrent plusieurs lagunes, dont la plus considérable est celle de Tachyno. Il projette au S. l'ancienne péninsule Chalcidique, avec le mont Atlios. Le sol, très-fertile, surtout au S., produit le blé, le tabac, le coton, l’olivier et la vigne; les montagnes sont riches en métaux et en forêts, mais à peine exploitées, faute de moyens de communication. Ce gouvernement correspond au S. de l’ancienne Macédoine; il est divisé en deux livahs, Salonique et Sères; environ 400,000 hab.; les trois quarts sont Grecs ou Bulgares et chrétiens , les autres musulmans. C. P.
SALT1LLO, v. du Mexique, ch.-l. du dép. de Cohahuila, s’appelait anciennement Leone-Vicario ; elle est sur le cours supérieur du San-Juan, par 25° 30' lat. N. et 103° 22' long. O. ; 20,000 hab.
SALTUS , mesure agraire des anciens Romains, valant 800 jugères, ou 202 hectares 27 ares 16 centiares.
SALVANDY (Narcisse-Achille de), né à Condom en 1795, m. en 1856, acheva ses études au lycée Napoléon, à Paris , s’engagea dans le corps des gardes d’honneur, avec lequel il fit les campagnes de Saxe et de France, en 1813 et 1814 , et se retira du service lors de la lr« Restauration , avec le grade d’adjudant-major. 11 entra bientôt dans la maison militaire de Louis XVIII. Une brochure qu’il publia en 1816, la Coalition et la France, et dans laquelle il dénonçait à l’indignation de son pays les actes de la Sainte-Alliance , eut un grand retentissement. Nommé maître des requêtes en 1819 par le duc de Richelieu , privé de cet emploi par M. de Peyronnet en 1821 à cause des idées qu’il exprimait sur les modifications apportées à la Charte de 1814 et sur la Révolution d’Espagne, il donna aussi sa démission de capitaine d’état-major en 1823, et, se tournant vers la littérature, publia un ouvrage intitulé : Don Alonzo ou l'Espagne, histoire contemporaine , 4 vol. in-8°. En 1824, il fit paraître Islaor ou le Barde chrétien, nouvelle gauloise, in-12. Lancé dans le journalisme , il engagea, avec le parti royaliste constitutionnel, une polémique vigoureuse contre le ministère Villèle, rentra au conseil d’Ëtat sous le ministère Martignac en 1828 , fut chargé de soutenir devant la Chambre des pairs le projet de Code militaire, mais se retira à l’avénement du ministère Polignac, auquel il fit encore une rude guerre. Au milieu de cette lutte politique, il publia une bonne Histoire de Pologne , avant et sous le roi Jean Sobieshi, 1829, 3 vol. in-8». Ce fut lui qui, en 1830, dans un bal donné par le duc d’Orléans au roi de Naples, prononça ce mot fameux : ■< C’est une vraie fête napolitaine, nous dansons sur un volcan. » Simple spectateur de la Révolution de Juillet, Salvandy reparut sur la scène politique par une brochure intitulée -.Seize mois, ou la Révolution de 1830 et les Révolutionnaires , bientôt réimprimée sous le titre de Vingt mois. Le département de l’Eure l’envoya à la Chambre des députés : il y fut rapporteur de la loi dite de disjonction. Ministre de l’instruction publique de 1837 à 1 839, il améliora le sort des professeurs et des maîtres d’études, institua des chaires de littérature étrangère dans les Facultés des départements, créa plusieurs chaires à la Faculté des sciences de Paris et au Collège de France, introduisit dans les Facultés de droit l’étude comparée des législations pénales et celle du droit administratif, présenta un projet de loi sur la propriété littéraire, publia des ordonnances importantes sur les salles d’asile et sur les collèges communaux, etc. Ambassadeur à Madrid en 1841 , à Turin en 1843 , il donna sa démission en 1844, après avoir voté contre l’adresse où la Chambre flétrissait les députés légitimistes qui avaient été visiter en Angleterre le comte de Chambord. En 1845, il fut rappelé au ministère de l’instruction publique, et le conserva jusqu’à la Révolution du 24 février 1848. Dans cette nouvelle période, il créa la Faculté des sciences de Besançon, les Facultés des lettres d’Aix et de Grenoble, et l’Ecole française d’Athènes. Depuis 1835, Salvandy était membre de l’Académie française. B.
SAMARANG. F., plus haut, Polynésie américaine.
SAMOENS, ch.-l. de canton (Haute-Savoie), arr. et à 23 kil. E. de Bonneville; 481 hab.
SAN-JOSÉ, v. des Etats-Unis, capitale de la Californie avant Sacramento, à l’extrémité S. delà baie de San-Francisco , à 88 kil. S.-E. de cette ville; 5,000 hab. Exportation de mercure. C. P.
SAN-MIGUEL (Evaristo, duc de), général espagnol, né en 1785 à Gijon (Asturies), m. en 1862, prit part à la guerre de l’indépendance en 1808, et, fait prisonnier, fut retenu en France jusqu’en 1814. Attaché au parti libéral sous Ferdinand VII, il seconda l’insurrection de Riégo en 1820, et composa V Hymne de Riégo, devenu l’un des chants nationaux de l’Espagne. Imposé au roi par l’opinion publique comme ministre des affaires étrangères en 1822, il fut renversé par l’invasion française de 1823, et se joignit à Mina, qui le prit pour chef d’état-major : blessé et pris par les F rançais, il fut relâché à condition de vivre éloigné de son pays, se rendit en Angleterre, et ne revint que sous la régence de Marie-Christine en 1834. Nommé alors gouverneur militaire de F Aragon, il devint maréchal de camp en 1836, ministre de la marine en 1839, lieutenantgénéral dans la Nouvelle-Castille en 1843, chef des gardes de la reine Isabelle II et membre du Sénat en 1854. Il a publié: Relation de l’expédition de Riégo, 1820; Eléments de l’art de la guerre, 1826, 2 vol. ; Histoire de Philippe II, 1844-45, 4 vol. B.
SANSAN. V. Salta.
SANTANDER (Etat de) , un des Etats de la Nouvelle- Grenade, au N.-E., entre ceux de Magdalena au N., d’Antioquia à l’O., de Boyaca au S., et le Yénézuélaà l’E. ; formé des anciennes provinces de Pamplona , Socorro , et Velez; arrosé par la Magdalena et son affluent le Sogamozo; 378,376 hab. Capitale, Pamplona. C. P.
SARAYAMO, v. de l’Afrique centrale (Soudan), sur un bras navigable du Niger, au S. de Tombouctou, ch.-l. de la province de Ki-so, dans le royaume Fellatah de Masina; environ 8,000 hab. Commerce de tabac et de sel. C. P.
SARGASSE (Mer de), appelée aussi mer de varech ou mer herbeuse. C’est un immense bassin placé au centre du circuit que forme le grand courant de l’Atlantique, et où s’accumulent les algues, les herbes, les végétaux arrachés aux rivages. Il s’étend entre 17°-38° lat. N., et 30"-84° long. O., et a 20 à 30,000 kilom. de pourtour. Les végétaux flottants, que Christophe Colomb avait déjà remarqués, et qui entravent souvent la marche des navires, semblent former deux massifs distincts : l’un, plus étendu, mais moins dense, couvre l’espace situé entre les grandes Antilles et Terre-Neuve ; l’autre s'étend à l'O. des îles du cap Vert, et remonte vers le N. jusque par le travers des Açores. La superficie des deux massifs est d’environ 370 millions d’hectares.
SASSARI (Prov. de), division du roy. d'Italie, formée de la moitié septentrionale de l'ile de Sardaigne, est bornée au S. par la prov. de Cagliari, au N. par le détroit de Bonifacio, à l’0. et à l’E. par la Méditerranée. Traversée à l’E. par les monts Linobara, elle présente à l’O., entre des hauteurs confuses, des plages basses et marécageuses; arrosée parle Coghinas et le cours supérieur de l’Oristano. Sol fertile, mais mal cultivé; bois de construction, tabac, salines. Ch.-l., Sassari. Cinq arrond. : Sassari, Alghero, Nuoro, Ozieri, Tempio. Les îles Asinara, Maddalena, Caprera et Tavolara en dépendent. Superf., 10,720 kil. carrés; pop., 215,967 hab. C. P.
SAUVAGE ( Pierre-Louis-Frédéric ) , né à Boulogne-sur- Mer en 1785, m. en 1857, fut d’abord attaché à l’administration du génie maritime dans sa ville natale, puis, en 1811, se fit constructeur de navires. Il a puissamment contribué à la substitution de l’hélice aux roues à aubes, comme moyen de propulsion des navires. Continuant des recherches commencées avant lui , il mit hors de doute les avantages de l’hélice comme propulseur sous-marin. Malheureusement, faute de secours , il ne put faire qu’en petit des essais où il épuisa ses ressources, et il se trouvait en prison pour dettes, au Havre, lorsqu’on mit à la mer, dans la même ville, un bateau où l’hélice se trouvait appliquée par un Anglais dans des conditions peu différentes de celles proposées par l’ingénieur français. On doit aussi à Sauvage l’invention du Physionomètre , employé plus tard sous le nom de Physionolype , et à l’aide duquel on peut prendre des empreintes d’objets en relief ; celle du Réducteur, instrument qui permet d’obtenir des copies réduites des statues; et celle du Soufflet hydraulique. Sauvage est mort dans une maison de fous. V.
sauvage (Jean- Augustin -Alexis), ingénieur-mécanicien, né aux environs de Paris en 1781, m. en 1857, apprit la mécanique dans l’atelier du fameux serrurier Gamain, se lia, en 1816, avec Windsor, qui était venu établir en France l’éclairage au gaz, et monta les usines à gaz des
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Panoramas et du Luxembourg-. De 1820 à 1830, il remplit les fonctions de chef de l’éclairage de Paris et des théâtres royaux. On lui doit les premiers moyens de contrôle dans la distribution du gaz, et notamment le timbrage des becs et la réalisation industrielle des compteurs.
SAUVEUR (SAINT-), cli.-l. de canton (Alpes-Maritimes), arr. et à23kil. N.-E. de Puget-Théniers ; 604 hab.
SAVIGNY (Marie-Jules-César Lelorgne de), naturaliste, né en 1777 à Provins, m. en 1851, étudia d’abord la médecine , puis la botanique , sous la direction de Lamarek. Il venait d’être chargé de l’enseignement de cette science à l’École centrale de la Seine-Inférieure , lorsque Cuvier le décida à suivre l’expédition d’Egypte en qualité d’adjoint à Geoffroy Saint-Hilaire. Il parcourut toute l’Égypte pour recueillir les éléments du travail sur les animaux sans vertèbres qui devait former sa part dans le grand ouvrage sur l’Égypte. Rentré en France, il donna des Mémoires sur des sujets entièrement nouveaux. En 1821, il entra à l’Institut. En 1824, pris d’un mal dont il avait eu déjà des atteintes en 1817 , il fut forcé, pendant vingt-sept ans , au milieu de souffrances inouïes , de rester dans une obscurité complète. Les recherches de Savigny sur les annélides , les ascidies , la composition de la bouche des insectes , etc. , sont encore le point de départ des zoologistes qui étudient les animaux inférieurs. V.
savigny (Frédéric-Charlesde), jurisconsulte allemand, né à Francfort-sur-Mein en 1779, m. en 1861, fit des cours à Marhourg jusqu’en 1804, puis voyagea en Allemagne et en France pour recueillir des documents relatifs au droit romain. En 1807, il fut nommé professeur à Landshut, et passa à l’Université de Berlin en 1810. Il devint membre de l’Académie des sciences de cette ville en 1811, conseiller intime de justice en 1816, conseiller d’Etat en 1817, membre de la Cour de révision pour les provinces rhénanes en 1819, ministre de la justice du royaume de Prusse en 1842. Les mouvements révolutionnaires de 1848 le firent rentrer dans la vie privée. Savigny a été, avec Hugo et Schlosser, le fondateur de l’école historique des jurisconsultes; peu d’hommes ont aussi bien approfondi la connaissance du droit ancien et de ses rapports avec le droit moderne, et ses leçons excitèrent un vif intérêt, à cause de la clarté et de la précision de sa méthode. On a de lui : Traité de la possession , Marhourg, 1803 ; Mission de notre temps dans la jurisprudence et la législation, Berlin, 1814 ; Histoire du droit romain au moyen âge , 2e édit., Heidelberg, 1834-51, 7 vol.; Histoire du droit de la noblesse dans l’Europe moderne, Berlin, 1836; Système du droit romain actuel, 1840-49, 8 vol.; le Droit des obligations , 1851-53, 2 vol.; Ecrits divers , 1850, 5 vol. 11 a encore rédigé depuis 1815, avec Eichhorn, Rüdorff, Gœschen et Ixlenze, le Journal de jurisprudence. B.
SCHADOW (Frédéric-Guillaume), peintre allemand, né à Berlin en 1789, m. en 1862, 2e fils du statuaire Jean- Godefroy Schadow ( V. le Dictionnaire). La fréquentation d’Ovevbeck, de Yeit, de Cornélius, de Führich, à Rome, éveilla son talent. Il peignit, avec les deux premiers, le Songe de Joseph et la Douleur de Jacob apprenant la mort de son fils. De retour à Berlin en 1818, il fut nommé professeur à l’Académie, et attira, par l’excellence de sa méthode, un grand nombre d’élèves. A cette période de sa vie, pendant laquelle il cultiva surtout le portrait, appartient une belle peinture religieuse, l’Adoration des Mages , qui fut faite pour l’église de la garnison à Potsdam. En 1826, Schadow alla x-emplacer Cornélius comme directeur de l’Académie de Dusseldorf, et il devint le chef d'une brillante école, où l’on remarque Iliibner, Sohn, Hildebrand , Lessing , Schirmer, Scheuren , Schraeter, Reinick, Kretschmar, Stilke, Gœttiug, Rethel, etc. Ses œuvres les plus importantes depuis cette époque sont : Mignon (1828), chef-d’œuvre popularisé par la gravure ; les Quatre évangélistes , dans l’église de Werdet, à Berlin; les Vierges sages et les Vierges folles, à l’Institut Stædel de Francfort; la Source de vie, toile exécutée pour le roi de Prusse; une Assomption, dans l’église S*-Paul à Aix-la-Chapelle; le Paradis, le Purgatoire, l 'Enfer, grandes compositions allégoriques. Schadow eut un style pur, beaucoup d’habileté de dessin, et sut choisir et exécuter les détails; mais ses conceptions manquèrent de puissance, et il fut un peintre de plus de goût que de génie. Il fut anobli par le roi de Prusse , en 1843, sous le nom de Schadow-Godenhaus. Il a laissé des Mémoires en allemand , et un écrit en langue franaise Sur l’influence du christianisme dans la peinture, trasboufg, 1842. B.
SCHAFARIK (Paul- Joseph), savant slave, né à ICoblejarowo (Hongrie), m. en 1861, acheva ses études à l’Uni-
versité d’Iéna, se livra à l’enseignement dans différentes villes de 1817 à 1833, se rendit ensuite à Prague pour entreprendre des travaux sur les littératures slaves, et y devint, en 1848, bibliothécaire de l’Université. On a de lui, en allemand : Histoire de la langue et de la littérature slaves, Bude, 1826; l'Origine des Slaves, 1828; les Anciens monuments de la langue bohémienne, Prague, 1840; Terminologie judiciaire et politique de la langue slave, Vienne, 1850 ; Monuments de la vieille littérature des Slaves du Sud, Prague , 1851 ; Terminologie scientifique germanico-bohémienne , Prague, 1853. B.
SCHAYES (Ant.-Guill. -Bernard), savant belge, né à Louvain en 1808, ru. en 1859, fut d’abord attaché à la bibliothèque royale de La Haye et aux .archives générales du royaume, puis devint, en 1830, conservateur du musée d’armures et d’antiquités. Il a publié : Essais historiques sur les usages, les croyances... des Belges anciens et modernes , 1834, in-8° ; les Pays-Bas avant et pendant la domination romaine, 1836, 2 vol. in-8°; Sur l’apparition et le caractère spécial de T architecture ogivale en Belgique, 1838 ; Histoire de T architecture en Belgique , 1849-50, 4 vol. in-12, etc. B.
SCI1EFER (Léopold), poète et musicien allemand, né en 1784 à Muskau (Prusse), m. en 1862, est rangé au nombre des meilleurs lyriques de son temps. On a de lui : deux recueils de Poésies, Berlin, 1811 et 1813; Mélanges lyriques, Francfort, 1828 ; le Bréviaire du laïque, Berlin, 1834, 9e édit., 1852; Vigiles, ibid., 1834; le Prêtre séculier, Nuremberg, 1846; le Coran de l’amour, Hambourg, 1854, etc. Ces divers ouvrages présentent une association bizarre, mais non sans grandeur, de panthéisme et de mysticisme. Schefer a publié aussi des œuvres dramatiques (Mahomet II, Èuphrosine, les Mendiants, etc.), des contes, nouvelles et romans en prose. Bon organiste, il s’est encore fait connaître par des symphonies, des ouvertures, des morceaux pour piano et des romances. B.
SC11EFFER (Ary), peintre, né à Dordrecht (Hollande méridionale) en 1795, m. en 1858, vint à Paris étudier dans l’atelier de Pierre Guérin. Il débuta aux expositions du Louvre par des tableaux d’histoire, Abel et Thirza chantant les louanges du Seigneur, 1812; la Mort de St Louis, 1817 ; le Dévouement des bourgeois de Calais, 1819. Il crut que ce genre ne convenait pas à son génie, et choisit des scènes familières, touchantes et même pathétiques, qu’iltraita dans de simples tableaux de chevalet. Il composait ces sujets avec un art admirable; sa touche était libre et fine, exprimant tout sans appuyer, indiquant avec suavité des contours d’une exquise élégance, et laissant à sa couleur une sorte de légèreté et de transparence qui semblait tenir un peu de l’aquarelle. Il produisit dans ce genre : la Veuve du soldat, 1820; la Famille du marin, 1823; Épisode delà retraite d'Alsace en 1814, 1828; la Sœur de charité, 1829 ; les Orphelins sur la tombe de leur mère, l'Incendie de la ferme, etc. Cependant, en 1827, il fit un retour vers les grandes machines, par un tableau admirable de composition, d’énergie et de couleur, les Femmes souliotes se précipitant du haut d'un rocher, pour ne jias tomber entre les mains des Turcs. Après cette belle page, il rentra dans la voie des sujets simples, et désormais, afin de donner plus de carrière à son génie , il les traita de grandeur naturelle. Beaucoup de ces compositions comptent parmi ses meilleures œuvres , telles que : Le Larmoyeur , Faust tourmenté par le doute, Marguerite à son rouet, 1831; Marguerite à l’église ou au prie-Dieu, Marguerite au Sabbat, le tiiaour, 1832; Médora, 1833; Francesca de Rirnini, 1835; le Christ consolateur, 1837; Marguerite sortant de l’église, Mignon aspirant au ciel, Mignon regrettant sa patrie, le Roi de Tliulé, 1838 ; le Christ au jardin des Oliviers, 1839; les Rois mages, 1844 ; Ensevelissement du Christ, 1845; St Augustin et Ste Monique, 1846; les Saintes femmes revenant du tombeau, 1847 ; le Christ pleurant sur Jérusalem, le Christ au roseau, 1848; Madeleine en extase, Ilut h et Noémi, 1855 ; la Tentation du Christ, 1856 ; Marguerite à la . fontaine, les Douleurs de la terre s’élevant vers le ciel et se transformant en espérance et en béatitude, Apparition de Jésus-Christ à la Madeleine après la résurrection, 1858, etc. On voit au musée de Versailles plusieurs grandes toiles historiques de Scheffer : la Bataille de Tolbiac, la Soumission des Saxons par Charlemagne , Pierre l’Ermite prêchant la Croisade; ce ne sont pas ses meilleurs travaux. Scheffer a fait aussi de beaux portraits. Si l’on peut donner le nom de peintre psychologique à un artiste, Scheffer l’a mérité plus que personne; dans la plupart de ses ouvrages, il s’est proposé d’exprimer les sentiments de l’âme, les passions douces, profondes, mélancoliques, énergiques ; et afin de concentrer son inspiration, il n’a, sauf de rares exceptions, mis en scène que deux ou trois personnages,
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quelquefois un seul. Il fait penser le spectateur par sa manière d’exprimer le sentiment; en un mot, il a porté le spiritualisme dans l'art, et là est sa véritable originalité. V. M. Vitet, Ary Scheffer ( Revue des Deux-Mondes de 1858, 1er octobre).
scheffer (Henry), peintre, frère du précédent, né à La Haye en 1798, m. en 1862, vint à Paris lors de la réunion de la Hollande à l’Empire français, et fut élève de Guérin. 11 a excellé dans le portrait, et cultivé néanmoins les autres genres avec succès. Parmi ses tableaux d’histoire , on distingue : le Christ sur les genoux de la Vierge, 1824; Don Juan endormi sur les genoux d'Haydée , 1825 ; Charlotte Corday protégée par les membres de la section contre la fureur du peuple , son chef-d’œuvre, 1830; Jeanne d’Arc marchant au supplice, 1836; Prêche protestant après la révocation de l'édit de Nantes, 1838; Conseil tenu par le roi au château de Champlatreux , 1839; Jésus chez Marthe et Marie, 1842; Mme Rolland allant au supplice, 1845 ; le Christ portant sa croix, dans l’église SVRoch à Paris, 1846; le Christ enfant, 1850; le Christ au mont des Oliviers, 1852; la Bataille de Cassel , et Jeanne d’Arc faisant son entrée dans Orléans, au musée de Versailles; la Jeune captive, œuvre inspirée d’André Chénier; la Vision de Charles IX, etc. Au nombre des portraits, on a remarqué ceux d’Armand Carrel (1831), d’Arago (1837), d’Augustin Thierry (1840), de Casimir Delavigne (1841), de Blainville (1842), de Daru (1845), de Louis Blanc (1849), de Jobert de Lamballe et de Picard (1850), de MSr Sibour et d’Orfila (1853), etc. B.
SCHILLOUKS, peuple d’Afrique. V., plus haut, Ciiel- I.OUKS.
SCHLAGINTWEIT (Adolphe), voyageur, né à Munich en 1829, m. en 1857, visita, de 1846 à 1848, les Alpes orientales, de 1851 à 1852 les Alpes occidentales, atteignit le premier le plus haut sommet du Rosa, et publia deux reliefs de cette montagne et deux ouvrages riches en observations de toute nature : Recherches sur la géographie physique des Alpes, Leipzig, 1850, et Nouvelles recherches sur la géographie physique et la géologie des Alpes, 1854. Appelé, en 1854, à poursuivre la description scientifique de l’Hindoustau commencée par ordre de la Compagnie des Indes , il fit d'intéressantes observations magnétiques dans le Dekkan (1854-55), puis dans le Nord-Ouest, dans l’Himalaya et dans le S. du Thibet, où il détermina un grand nombre de hauteurs et de positions astronomiques, fit connaître des passages inconnus , et parvint sur le glacier de l’Ibi-Gamin à 6,782 met., le point le plus élevé qui ait jamais été atteint. 11 explora de nouveau le Dekkan, en 1856, au point de vue géologique et magnétique, remonta la même année à l’Himala va pour visiter le Thibet occidental , déterminant la direction et les passages des grandes chaînes du Kouenloun et du Karakorum, et arriva dans le Turkestan chinois à Yarkand, puis à Kachghar. Là, il fut reconnu comme chrétien et agent du gouvernement de l’Inde, et assassiné par une bande de musulmans fanatiques. Partout il avait été accompagné par ses frères Hermann et Robert. V. Résultats de la mission scientifique de l’Inde et de la Haute-Asie , en anglais, Londres, 2 vol., 1861-1862. C. P.
SCHLIK (François, comte de Bassano et deWEisskirciien), général autrichien , né vers 1790, m. en 1862, prit part aux guerres contre Napoléon Ier, et perdit un œil à la bataille de Leipzig. Lors de l’insurrection de la Hongrie, en 1848, il décida la victoire de Kapolna. Dans la guerre d’Italie de 1859, il partagea avec le général Hess le commandement général de l’armée.
SCHLOSSER (Frédéric-Christophe), historien allemand, né en 1776 à Jever (Oldenbourg), m. en 1861. En 1807, il publia un ouvrage intitulé Abailard et Dulcin, et , en 1809, une Vie de Pierre-Martyr Vermigli. S’étant fixé à Francfort, il y donna, en 1812, une Histoire des Empereurs iconoclastes d’Orient , qui lui valut la place de professeur d'histoire au lycée de la ville. En 1817, il accepta une chaire d’histoire à Heidelberg. Ses principaux ouvrages ont été, depuis cette époque : Histoire universelle en récits continus , 1817-41; Histoire du XVIIIe siècle, 1823; Aperçu de l'histoire de l’ancien monde et de sa civilisation, 1834, 3 vol.; Jugement sur Napoléon, 1832-35; Histoire universelle à l’usage du peuple allemand, 1844 et suiv. Schlosser a aussi publié, avec Bercht, des Archives d’histoire et de littérature. B.
SCHNEIDER (Charles-Ernest-Christophe), philologue allemand, né en 1786 à Wiche (Saxe prussienne) , m. en 1856, étudia à l’Université de Leipzig, et, après avoir été précepteur particulier, obtint en 1811 une chaire dans l'un des collèges de cette ville. Appelé à Breslau en 1816
en qualité de professeur de littérature classique, il y remplit encore les fonctions de co-directeur du séminaire philologique. On cite, parmi ses meilleurs travaux : Manuel élémentaire de lecture grecque, 1813; De numéro Platonis commenlaliones duæ, 1822 ; des éditions de la République de Platon, Leipzig, 1830-33, 3 vol., et du Truculentus de Plaute, 1834; Leçons académiques de grammaire grecque, Breslau, 1837; une édition de César, Halle, 1840-55, 2 vol.; une traduction du Timée de Platon, Breslau, 1847 ; une édition des Commentaires du Timée par Proclus, 1851.
schneider ( Jean-Gotlob) , musicien allemand, né en 1789 à Vieux-Gersdorf, m. en 1864, fut organiste de l’église de l’Université à Leipzig en 1811, passa, l’année suivante, à la cathédrale de Gœrlitz, fonda dans cette ville une Académie de chant, et fut appelé, en 1825, à la cour de Dresde. Il a perfectionné la construction de l’orgue, et écrit beaucoup de morceaux pour cet instrument qu’il touchait avec un rare talent.
SCHNEIDEWIN (Frédéric-Guillaume), philologue, né en 1810 à Helmstedt (Brunswick), m. en 1856, professa à Brunswick en 1833, et, depuis 1836, à Gœttingue. Outre de savantes éditions d ’lbycus, de Simonide, de Pindare, d’Hypéride, d’Ovide, de Martial, de plusieurs discours de Cicéron, il a publié : Exercitationes criticœ in poetas grœcos minores, 1836; Delectus poeseos Grœcorum elegiacœ, iambicæ , melicœ, 1838-39, 2 vol.; Corpus parœmiographorum grœcorum, 1839, 2 vol. ; Observations critiques sur les poètes lyriques de la Grèce , en allem., 1844; Commentaires sur Sophocle, 1854, etc. Enfin il a rédigé, de 1845 à 1855, le Philologus, importante revue classique.
SCHCENBEIN, savant chimiste de Bâle, m. en 1868. On lui doit la découverte du coton-poudre et de l’ozone. Il a reconnu que partout où une oxydation lente se produit, il y a formation d’eau oxygénée, et qu'il est beaucoup plus difficile de rencontrer des réactions chimiques sans formation d’eau oxygénée qu’accompagnées de ce corps. 11 a mis en évidence la propriété étrange que possède le rhuténium d’opérer la décomposition de l’eau, par l’intermédiaire du chlore, sans rien perdre et sans rien céder : il se forme alors de l’acide chlorhydrique, et un dégagement d’oxygène s'opère.
SCI1RŒDER - DEVRIENT ( Wilhelmine) , cantatrice allemande, née en 1805 à Hambourg, m. en 1860, fille de Sophie Schrœder, fut danseuse et tragédienne avant de se produire dans le drame lyrique. Dés ses débuts dans la Flûte enchantée, Fidelio, et la Famille suisse, 1821-22, elle se plaça au premier rang par la beauté de sa voix, sa science musicale et sa puissance dramatique. En 1823, elle épousa à Berlin l’acteur Devrient. Engagée au Théâtre- Italien de Paris en 1830, elle y fut éclipsée par Mme Pasta, Mlles Sontag et Malibran.
SCHUBERT (Gotthelf-Henri de), philosophe et naturaliste, né en 1780 à Ilohenstein (Saxe), m. en 1860, fut nommé professeur des sciences naturelles à Erlangen en 1816, et à Munich en 1828. On a de lui : Des obscurités des sciences, Dresde, 1808 ; Symbolique du rêve, 1814 ; Aperçus d’une histoire générale de la vie, 1806-20, 3 vol. ; le Monde primitif et les étoiles, 1822; Histoire de l'âme , 1830; Anciens et nouveaux fragments sur l’âme, 1817-44, 5 vol.; la Structure du monde, la terre et l’époque humaine, 1852; Lettres originales de M "1C la duchesse d’Orléans, dont il avait été le précepteur, 1859, etc.
SC1IULZE (Fréd. -Théophile), économiste allemand, né en 1795 près de Meissen, m. en 1860, fut nommé en 1821 professeur d’économie politique à Iéna, fonda en 1826 un Institut privé d’économie politique et d’économie rurale, et reçut du gouvernement, en 1832, la mission d’organiser la grande école d’Eldena, près Greifswald. Il en garda la direction jusqu’en 1839, époque où il reprit ses fonctions à Iéna. On lui doit, entre autres ouvrages : De l’économie et des sciences qui s'y rattachent, Iéna, 1826; Revue allemande d’économie rurale et d’économie politique, ibid. , 1844-53, 2 vol.; Économie nationale ou populaire, Leipzig, 1856, etc.
SCHUMACHER (Henri-Christian), astronome danois, né en 1780 à Bramsted (Holstein), m. en 1850, fut professeur agrégé à Copenhague en 1810, directeur de l’observatoire de Mannheim en 1813 , professeur titulaire d’astronomie et directeur de l’observatoire de Copenhague depuis 1815. En 1817, le gouvernement le chargea de déterminer l’arc du méridien compris depuis le Lauenbourg jusqu’à Skagen, et depuis Copenhague jusqu’à la cote occidentale du Jutland. En 1821, il dirigea les opérations nécessaires pour dresser la carte du Holstein et du Lauenbourg. En 1824, il mit en rapport les mesures anglaises avec celles de Danemark, en déterminant la différence de
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longitude entre l’observatoire d’Altona et celui de Greenwich. Il a calculé les distances qui séparent de la Lune les planètes Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Ses Tables astronomiques (1820-29) sont un modèle d’éphémérides calculées avec précision, et ses Nouvelles astronomiques (1813 et suiv.) contiennent des dissertations du plus haut intérêt. Enfin il a commencé, en 1836, avec Bessel et autres astronomes, la publication d’un Annuaire astronomique.
SCHUMANN (Robert), compositeur de musique, né en 1810 à Zwickau (Saxe), ni. en 1856, se forma presque seul par l’étude des œuvres de Haydn et de Mozart. Après avoir publié des mélodies sur des poésies de lord Byron, animé par les succès du violoniste Paganini, qu’il avait entendu en Italie, il voulut aussi devenir un virtuose , et choisit le piano : mais une infirmité de la main droite, en 1831, l'obligea de renoncer à ce dessein, et de se consacrer à la composition. Il a laissé des Fantaisies, des Symphonies, des Concertos, un oratorio intitulé : le Paradis et la Péri , 1813, et un opéra de Geneviève, 1847. En 1850, il accepta à Dusseldorf une place de maître de chapelle, que sa santé le contraignit bientôt d’abandonner. Schumann fut encore un critique distingué : il fonda en 1834 une Gazette musicale, et on a réuni ses articles sous le titre A1 Écrits divers sur la musique et les musiciens , 1854, 4 vol. B.
SCHWARZENBERG (Félix, prince de), homme d’Etat autrichien, né en 1800, m. en 1852. Ministre d’Autriche à Naples, en 1848, il quitta cette ville pour le camp de Radetzki, où il se distingua par une grande bravoure et des talents militaires qu’on ne soupçonnait pas. Envoyé près de la cour impériale alors exilée à Insprück, il y déploya des vues d’homme d’Etat qui le firent appeler au pouvoir par François-Joseph; il fut nommé président du Conseil et ministre des affaires étrangères. Après avoir fait dissoudre la Constituante de Kremsier et proclamer la Constitution du 4 mars 1849, il appliqua à tout l’Empire les réformes civiles et sociales que demandait la Révolution de 1848; mais il en rejeta les aspirations politiques. Ainsi il abolit les privilèges féodaux, les corvées et les dîmes, moyennant indemnité, tout rapport de sujétion politique entre les seigneurs et les paysans, l’ancienne organisation féodale de la commune et les justices seigneuriales, remplaçant partout les pouvoirs locaux et aristocratiques par des agents du gouvernement. Il fit ensuite abroger la Constitution du 4 mars 1849, qui n’avait pas même été mise à l’essai pendant l’espace de trois ans, et rétablit, en droit comme en fait, l’ancien gouvernement absolu; on institua seulement dans les provinces des diètes locales qui n’eurent que l’apparence de la vie politique ; car elles furent rarement convoquées , et leurs vœux exaucés plus rarement encore. Schwarzenberg porta dans la politique extérieure la même opiniâtreté, et des allures trop souvent acerbes et impérieuses. La victoire de Novare lui permit de rétablir l’influence autrichienne en Italie, de dompter Venise, d’intervenir à Parme, à Modène, en Toscane, dans les Légations, et de prêter un secours empressé aux vengeances de la réaction absolutiste. Profondément humilié d’avoir dû recourir à l’intervention russe en Hongrie, il se promettait « d’étonner le monde par son ingratitude, » et, en attendant, il prenait plaisir à se venger de la Prusse, dont il aurait préféré l’intervention, que cette puissance lui avait refusée. Il profita habilement de ses tergiversations pour rallier autour de l’Autriche les petits princes du Midi, effrayés de l’hégémonie prussienne, fit échouer les desseins qu’avait la Prusse de former une Confédération restreinte dont aurait été exclue l’Autriche, et l’amena enfin, lors de l’entrevue d’Olmiitz (29 nov. 1850), à coopérer ellemême, par la menace d’une guerre immédiate, à la restauration de l’électeur de Hesse et au rétablissement de l’ancienne diète de Francfort. Non content de ces avantages, il voulut, en 1851, faire entrer toutes les provinces autrichiennes dans la Confédération , mais dut s’arrêter devant les alarmes de l’Allemagne et les réclamations de l’Angleterre, de la France et de la Russie, qui ne pouvaient voir sans crainte un tel agrandissement du corps germanique. Schwarzenberg mourut subitement. C. P.
SCORESBY (William) , capitaine de la marine anglaise , né vers 1790 à Whitby (Yorkshire), m. en 1857 , alla de bonne heure à la pêche de la baleine dans les mers du Nord, et, dès 1806, avait pénétré jusque sous le 8 1° 30'. En 1820, il publia, sous le titre de the Arctic régions , la relation intéressante de ses explorations. Le chapitre qu’il consacra à l’hydrographie des mers du Groenland fut d’une grande importance pour les sciences physiques et géographiques ; ses notices sur la météorologie et l’histoire
naturelle des régions arctiques ont formé la base des recherches subséquentes dans ces branches de la science ; ses définitions des termes employés par les pêcheurs à la baleine pour désigner les diverses formes de glaçons ont été adoptées dans les traités scientifiques; enfin, il tenta, le premier, des expériences sur l’électricité de l’atmosphère dans les hautes régions septentrionales, et les résultats de ces expériences , faites avec un seul conducteur, sont encore étudiés de nos jours avec intérêt. La visite de Scoresby à bile de Jean-Mayen fut une des plus fortes preuves de l’existence d’une communication entre les mers du Nord et l’océan Pacifique : mais l’espérance d’une mer Polaire perpétuellement ouverte lui a toujours paru chimérique. On lui doit de nombreuses observations touchant l’influence de l’armature en fer des navires sur la boussole. 11 a enrichi d’articles d’histoire naturelle et de météorologie VEdinburgh philosophical journal , et divers autres recueils périodiques, et publié, de 1839 à 1843, des Magnelical observations , qu’il réunit en volume en 1848. B.
SCOTT (Winfield), général américain, né dans la Virginie en 1786, m. en 1866, prit une part brillante à la guerre contre l’Angleterre de 1812 à 1814, vint ensuite à Paris étudier la tactique française, se signala de 1832 à 1838 contre les Indiens insurgés, reçut le commandement des troupes dirigées contre le Mexique en 1817, prit Vera-Cruz et Zalapa, défit le président Santa-Anna à Cerro-Gordo, à Contreras, à Churubusco, et lui imposa la paix dans Mexico.
SCRIBE (Augustin-Eugène), poëte comique, né à Paris en 1791, m. en 1861. Orphelin de bonne heure, placé sous la tutelle du célèbre avocat Bonnet, qui voulait le diriger vers le barreau, il ne se sentit aucune vocation pour la profession d’avocat, se tourna vers la littérature, et travailla pour le théâtre. Ses premiers vaudevilles, composés soit seul , soit en collaboration , ne furent pas heureux : il ne trouva sa veine qu’en 1815, avec Une Nuit de la Garde nationale, pièce où il eut Poirson pour collaborateur. L’année suivante, il donna, encore avec Poirson, le Comte Ory, succès non moins grand que le précédent ; désormais, pendant une carrière qui se prolongea près de 45 ans, cette chance heureuse et méritée ne se démentit que rarement. Voici une liste des principaux ouvrages, qui conquirent la faveur du public : le Nouveau Pourceaugnac, le Solliciteur, les Deux Précepteurs, 1817 ; Une visite à Bedlam, 1818 ; la Somnambule , 1819 ; l' Ennui, l’Ours et le Pacha, 1821; l’Intérieur de l'Etude, le Gastronome sans argent , la Petite Sœur, le Mariage enfantin, le Parrain , Philibert marié , le Colonel, Michel et Christine, 1821; le Vieux Garçon , la Demoiselle et la Dame, 1822 ; V Intérieur d'un Bureau, Partie et Revanche , la Maîtresse au logis, l’ Héritière, 1823; la Mansarde des Artistes, le Coiffeur et le Perruquier, la Haine d’une femme, le Baiser au porteur, Coraly, 1824; la Quarantaine, le Plus beau jour de la vie, les Premières amours, le Charlatanisme, 1825 ; la Demoiselle à marier, la Belle-mère, Simple histoire, le Mariage de raison, la Lune de miel, l’Ambassadeur, 1826; le Diplomate, la Chatte métamorphosée en femme, la Marraine, 1827; Avant, Pendant et Aqirès , la Manie des places, les Moralistes, Malvina ou un Mariage d'inclination , 1828; Louise ou la Réparation, 1829, etc. La fécondité de Scribe fut entretenue par la création du Gymnase dramatique, théâtre qui devint son domaine exclusif, par contrat passé avec le directeur de l’entreprise. C’est en 1822 qu’il aborda le Théâtre-Français par Valérie , comédie en 3 actes, composée en collaboration avec Mélesville. Ensuite il donna seul : le Mariage d'argent, 5 actes, 1827 ; Bertrand et Raton ou l’Art de conspirer, 5 actes, 1833 ; la Camaraderie ou la Courte échelle, 5 actes, 1837 ; Une Chaîne, 5 actes, 1811 ; le Verre d’eau, 5 actes, 1842, etc.; avec M. E. Legouvé : Advienne Lecouvreur, 3 actes, 1849; Bataille de Dames, 3 actes, 1851 ; les Contes de la reine de Navarre, 3 actes, ibid.; les Doigts de fée, 3 actes, 1858. A l’Opéra-Comique, il donna : Fiorella, en 1822 ; la Neige, 1823 ; Léocadie, 1824, avec Auber; la Dame blanche, 1825, avec Boïeldieu; le Maçon, 1825; la Fiancée, 1829; Fra Diavolo, 1830 ; la Marquise de Brinvilliers, 1831 ; Lestocq, 1834; le Cheval de Bronze, 1835; l’Ambassadrice, 1836; le Domino noir, 1837 ; les Diamants de la Couronne, 1841 ; la Part du diable, 1843 ; la Sirène, 1844; Haydée, 1847, tous avec Auber ; l’Etoile du Nord, 1854, avec Meyerbeer, etc. Tous ces ouvrages sont de grandes pièces du genre, c.-à-d. en 3 actes.
Son début au Grand-Opéra fut le Comte Ory, 1826, musique de Rossini : c’était l’ancien vaudeville tourné en rimes et mis en 2 actes. Vinrent ensuite : la Muette de Portici , 5 actes, 1828, musique d’Auber; le Dieu et la Bayadère, 2 actes, 1830, musique du même; liobert-le-Diable,
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5 actes, 1831, musique de Meyerbeer; Gustave III , 5 actes, 1833, musique d’Auber; la Juive, 5 actes, 1835, musique d’Halévy ; les Huguenots, 5 actes, 1838, musique de Meyerbeer; Guido et Ginevra, 5 actes, musique d’Halévy; Don Sébastien de Portugal , 5 actes, 1843, musique de Douizetti; le Prophète, 5 actes, 1849, musique de Meyerbeer ; les Vêpres siciliennes, 5 actes, 1855, musique de Verdi. Scribe fut admis à l’Académie française en 1836.
Scribe occupera une grande place dans l’histoire du théâtre au xixe siècle, d’abord par la popularité dont il a joui, non-seulement en France, mais sur tous les théâtres de l’Europe, et même de l’Amérique, où ses ouvrages, traduits ou imités, ont été applaudis par des publics si divers; ensuite, par sa fécondité vraiment prodigieuse, puisqu’il a laissé plus de 350 pièces de théâtre ! La plupart sont faites en collaboration avec un grand nombre d’auteurs : mais dans ces mariages d’esprit, comme on a dit, il prit toujours la place de' maître et de chef delà communauté; dans ces ouvrages à deux et quelquefois à trois, il a toujours mis sa manière, imprimé un cachet à lui, que l’on reconnaît aisément, et qui ne se retrouve plus dés que les mêmes collaborateurs ont travaillé sans lui. Scribe savait choisir ses sujets avec un tact parfait; personne n’eut plus d’habileté que lui pour disposer ses plans, nouer une action, la compliquer, l’embrouiller avec une facilité d’invention tout à fait étonnante, puis la dénouer par des moyens simples et imprévus. Ses ouvrages valent beaucoup par l’exécution matérielle, pour ainsi dire, et bon nombre roulent sur un sujet si faible, qu’on a dit qu’ils étaient bâtis sur la pointe d’une aiguille. Son dialogue est plein de finesse et de grâce, de jolis mots, ou de mots piquants, quelquefois empruntés, mais toujours bien placés. 11 a plus d’esprit que de comique, et un naturel un peu vulgaire, qui, sans être trivial, n’atteint jamais à l’élégance ; mais cette absence d’une qualité, qui ajoute du prix à bien des choses, se remarque d’autant moins dans le mouvement de la représentation , que Scribe n’a jamais écrit qu’en prose ses comédies grandes ou petites. Ces dernières ne sont guère que de très-rapides esquisses et de demi-portraits des mœurs du temps. On y trouve d’excellentes intentions de scènes, mais rarement tout à fait et franchement mises en œuvre ; l’esprit y sent un travail hâtif. Aujourd'hui, ces jolies pièces, qui apparurent roses, fraîches, coquettes, ressemblent beaucoup à des bouquets fanés ; néanmoins, elles ont produit une petite révolution dans le genre : le vaudeville, simple cadre à couplets, est devenu comédie-vaudeville. — Quand Scribe aborda l’opéra-comique et le grand opéra, il n’eut pas à changer sa manière ; car, pour des ouvrages où la musique doit tenir une très-grande place, il faut des situations indiquées plutôt que développées; aussi, dans ces deux genres, passe-t-il avec raison pour un maître. Il a fait progresser l’opéra comique particulièrement, et la plupart des siens pourraient être de charmantes comédies. Quant au grand opéra , les poèmes de Scribe n’ont certes pas la valeur poétique de ceux de Quinault; cependant ils en ont encore une très-grande, c’est d’être admirablement composés pour la scène et disposés pour la musique. Tous les plus grands succès, à ce théâtre, obtenus depuis 35 ans, l’ont été avec des poèmes de Scribe; lui, dont la veine était si naturellement bourgeoise, il a compris la noblesse de l’art, la grandeur et l’enthousiasme héroïque, et c’est sur ses inspirations que les grands compositeurs de nos jours ont écrit leurs plus belles partitions. — Son Théâtre français a une teinte généralement morale et ingénieusement satirique : il se prend à la contagion régnante, aux défauts du jour, et là il a changé sa manière, car on y trouve des scènes bien approfondies. Ce n’est pas de la haute comédie, mais ce sont des tableaux de genre de premier ordre, très-agréables, très-amusants, peints avec entrain, avec verve et une mordante finesse.
Scribe, qui voulut tenter tous les genres dramatiques, hors la tragédie, esquissa pour l’Opéra quelques jolis ballets, qu’un chorégraphe réglait; il donna ainsi : la Somnambule, 1827 ; Manon Lescaut, 1830; le Dieu et la Bayadère , opéra-ballet, 1830; l'Orgie, 1831 ; la Tarentule, 1839; le Cheval de brome, 1857, qu’il emprunta à son opéra comique. Il eut aussi une autre fantaisie; ce fut de pouvoir inscrire au moins une pièce sous chacune des lettres de l’alphabet : pour tenir cette sorte de gageure, il fit le Kiosque, opéra-comique, 1842; la Xacarilla, opéra, 1839; Yelva, comédie-vaudeville, 1828; Zerline , opéra-comique, 1851. Scribe voulut être aussi romancier, et là, comme au théâtre, il obtint encore des succès ; il a donné : Carlo Broschi, 1840, 1 vol. in-8° ; la Maîtresse anonyme, ibid..
in-8°; Proverbes et Nouvelles, ibid., in-12, 1840; Piquillo Alliaga ou les Maures sous Philippe II, 1847, 11 vol. in-8°; Maurice , le Boi de carreau, Judith ou la Loge de l'Opéra, etc. En 1827, Scribe réunit son théâtre en recueil, et composa une collection un peu choisie de ses comédies-vaudevilles, opéras comiques et comédies , 10 vol. in-8°, Paris, 1828-31 ; 2e édit., 1842. Il en parut une autre édition, fort augmentée, avec de jolies vignettes, Paris, 1833-37, 20 vol. in-8° ; une autre, avec vignettes aussi , Paris, 1840- 42, 5 vol. gr. in-8°, imprimés à 2 colonnes ; enfin , une en 20 vol. in-12, ainsi distribuée : comédies, 3 vol.; opéras, 2; opéras comiques, 5; comédies-vaudevilles, 10, Paris, 1855 et suiv. C. D — y.
SCRIYE (Gaspard-Léonard), médecin militaire, né à Lille en 1815, m. en 1861, était devenu, en 1856, inspecteur du corps de santé. Il a publié : Traité des plaies d'armes blanches, 1844; Cours de petite chirurgie, 1851 ; Esquisse des maladies qui ont sévi sur l’armée d'Orient, 1856; Relation médico-chirurgicale de la campagne d'Orient, 2e édit., 1858.
SECTIONS DE PARIS pendant la Révolution. V. Quartiers (Anciens) de Paris, dans le présent Supplément.
SEETZEN (Ulrich), voyageur allemand, né en Frise en 1767, m, en 1811, explora la Syrie et l’Arabie. Arrivé à Alep en 1804 , il fixa exactement la latitude et la longitude de cette ville, et y séjourna prés d’une année , occupé de l’étude pratique de la langue arabe, et de l’achat de manuscrits orientaux destinés à la bibliothèque de Gotha. De Damas , où il se rendit en 1805, il entreprit des explorations dans la région encore à peu près inconnue qui s’étend à l’E. du Jourdain et de la mer Morte jusqu’aux confins du désert, la Pérée des Romains. Il retrouva dans ces cantons la nomenclature encore vivante des époques bibliques et les monuments dont les Romains avaient orné les villes de ce pays pendant la durée de leur domination. Il contourna le sud de la mer Morte, dont il donna le premier une carte exacte. En 1806, il explora Jérusalem et la Galilée. En 1807, il alla au Caire, où il séjourna deux ans. Ayant, en apparence, embrassé la religion musulmane, pour pénétrer plus aisément en Arabie, il entreprit en 1809 le pèlerinage de la Mecque, visita cette ville et Médine, parcourut en 1810 tout l’Yémen, Sana, Aden, Moka, et, voulant retourner de Moka à Sana, périt en chemin, empoisonné, à ce que l’on pense, par les Arabes, dont ses bagages excitaient la cupidité (sept. 1811). Le journal de ses courses en Arabie périt dans ce malheureux événement ; elles ne sont connues que par les lettres qu’il écrivait en Europe, et qui furent publiées dans le journal géographique du baron de Zacli, Monatliche correspondens (Correspondance mensuelle). Ses mémoires sur la Syrie et l’Egypte, expédiés par lui en Europe, ne furent publiés qu’en 1854 par Ivriise, sous le titre de: Voyages en Syrie, en Phénicie, dans le pays à l’Est du Jourdain, dans l’Arabie Pétrée et la Basse-Égypte, Berlin, 3 vol. in-8° (en allemand), avec un commentaire qui laisse à désirer au point de vue géographique et historique.
SEM1PALATINSK (Territoire de), province asiatique de l’Empire russe (Sibérie occidentale), formée d’une partie de l’ancienne Sibérie au N. et au S. de l’Irtyscb, entre l’Empire chinois et le gouv. de Tomsk a l’E., celui de Tobolsk au N., les Territoires des Kirghiz de la Sibérie et du Turkestan à l’O. et au S. Sa surface est de 467,000 kil. carrés, remplis en grande partie de steppes que parcourent des Kirghiz, de la grande et de la moyenne horde. La population est de 217,000 hab. Ch.-l., bemipalatinsk. G. P.
SÉNARMONT (Henri Hureau de), minéralogiste et physicien, né en 1808 à Broué (Eure-et-Loir), m. en 1862, entra à l’École polytechnique en 1826, en sortit dans le corps des mines, ne tarda point à être rappelé à Paris en qualité d’ingénieur, devint examinateur de physique à l’École polytechnique, ingénieur en chef en 1848, professeur de minéralogie à l’École des mines, et remplaça Beudant à l’Académie des sciences en 1852. Il a écrit des Mémoires sur la cristallographie, la physique et la zoologie, insérés dans les Annales des mines et dans les Annales de physique et de chimie.
SENOUDEBOU, v. de l’Afrique occidentale (Colonie du Sénégal) dans le pays de Bondou, sur la rive g. de la Falémé, à 45 kil. de son confluent avec le Sénégal. Achetée par la France en 1848, en échange d’une coutume ou tribut annuel supprimée en 1854 quand le Bondou nous fit la guerre, elle fait partie de l’arrond. de Balcel, et a 600 hab.; commerce d’arachides, d’indigo, de cire. C. P.
SÉRAPHINS (Ordre des), le plus ancien et le plus révéré des ordres suédois de chevalerie, fut fondé vers la
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fin du xme siècle par Magnus Ladulas. Le roi est chef et grand-maître de l’ordre, et les princes de la famille royale en sont membres-nés. 11 n’y a qu’une seule classe de chevaliers; leur nombre est borné à 31, dont 23 suédois et 8 étrangers; mais il peut en être créé extraordinairement d’autres parmi les souverains et leurs fils aines. Nul Suédois ne peut devenir membre de l’ordre des Séraphins s’il n’est déjà chevalier de l’Épée ou de l’Étoile polaire ; alors sa promotion le rend, de droit, commandeur de l’ordre dont il était déjà membre. La réception des chevaliers se fait à Stockholm, dans l’église de Kitterholen, ou dans la chapelle du château royal. Le récipiendaire jure, au risque de sa vie et de ses biens, de défendre la religion, de servir fidèlement le roi et l’État , de protéger les veuves, les pauvres et les orphelins. — Les insignes de l’ordre sont une plaque, portée à gauche sur la poitrine, et une croix suspendue à un large ruban bleu, passé en sautoir de l’épaule droite à la hanche gauche. Sur la face de la croix, ainsi que sur la plaque, sont les initiales I. H. S., signifiant Jésus, hominum salvator , « Jésus, sauveur des hommes, » et, au revers de la croix, F. R. S., c.-à-d. Fredericus, rcx Sueciœ, « Frédéric, roi de Suède,» en l’honneur de Frédéric Ier, qui reconstitua cet ordre en 1748.
SERRES (Antoine-Etienne-Renaud-Augustin), physiologiste, né en 1786 à Clairac (Lot-et-Garonne), m. en 1866, vint étudier la médecine à Paris, fut nommé inspecteur à l’Hôtel-Dieu en 1812, chef des travaux anatomiques à l’amphithéâtre central des hôpitaux en 1814, médecin en chef de la Pitié et membre de l’Académie de médecine en 1822, entra à l’Académie des sciences en 1828, et devint en 1839 professeur d’anatomie et d’histoire naturelle de l’homme au Muséum du Jardin des plantes. Ses principaux ouvrages sont : Traité de la fièvre entéromésentérique (avec A. Petit), 1813 ; Des lois de l'ostéolngie , 1815 ; Essai sur l’anatomie et la physiologie des dents, 1817; Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes des animaux vertébrés, 1824,2 vol.; Théorie des formations et des déformations organiques, 1832; Recherches d’anatomie transcendante et pathologique ,1832; Principes d'organogénie, 1842; Principes d’embryogénie, de zoogénie et de tératogénie, 1860.
SERVAIS (Adrien-François), célèbre violoncelliste, né en 1807 à Halle (Belgique), m. en 1866, fut élève de Platel au Conservatoire de Bruxelles. Il a écrit un grand nombre de morceaux pour son instrument.
SEDR.RE (Charles-Marie-Emile), sculpteur, né à Paris en 1798, m. en 1858, élève de Cartellier, remporta le grand prix en 1824, et envoya de Rome une Léda qui fut très-remarquée. Mais, depuis, il ne fit guère que des bustes et des sculptures de genre. 11 est l’auteur de la statue de Napoléon Ier qui surmonta la colonne Vendôme de 1833 à 1864, et qu’on a transportée à Courbevoie.
SEURRE (Gabriel-Bernard) , statuaire, frère du précédent, né à Paris en 1795, m. en 1867, élève de Cartellier, remporta le grand prix en 1818, et fut admis à l’Institut en 1852. Ses principales œuvres sont : une Baigneuse, 1823, placée à Triauon ; Ste Barbe, dans l'église de la Sorbonne; la Victoire d’Aboulnr, bas-relief à l’arc de triomphe de l’Etoile; Molière, 1842, statue qui orne la fontaine de la rue Richelieu.
SHANTAU. V., plus loin, Swatau.
SHIRWA, lac de l’Afrique. V '., plus haut, Ciiirwa.
SIEBOLD (Philippe-François de), voyageur et naturaliste, né à Würzbourg en 1796, m. en 1866, a surtout exploré le Japon. Il a publié : Epitoine linguœ Japonicæ, Batavia, 1826; Niphon, archives pour servir à la description de l’empire japonais, Leyde, 1832-51, en 20 livraisons; Fauna Japonica, 1833 et suiv., 4 vol. ; Bibliotlieca Japonica, 1833-41, 6 vol.; Flora Japonica, 1835-53, 2 vol.; Isayoge in bibliothecam Japonicam, 1841 ; Catalogus librorum Japonicorum, 1845; Histoire des tentatives des Pays-Bas et de la Russie pour entrer en rapport avec le Japon, 1854.
SIENNE (Prov. de), division du roy. d’Italie, formée du sud de Pane. Toscane, entre les prov. de Grosseto et de Pise à 10., de Florence au N., d’Arezzo et de Pérouse à l’E., et l’Etat romain au S.; arrosée par l’Eisa et l’Arbia. Belles futaies, beaux pâturages, huiles, vin renommé de Montepulciano. Le sud renferme des maremmes insalubres désolées par la malaria. Exploitation de marbre jaune aux environs de Sienne. Ch.-l. , Sienne. Deux arrond. , Sienne et Montepulciano. Superf. , 3,793 kil. carrés; pop., 193,935 habitants. C. P.
S1ÈVERS (Jacques-Jean, comte), homme d’Etat russe, né à Wesenberg en 1731, m. en 1808, commença par servir dans l’armée, où il montra de la capacité et de la valeur. Distingué par Catherine II, qui le nomma gouverneur de Nowogorod , puis gouverneur-général de Nowo-
gorod, Twer et Pskoiv, il fut envoyé en Pologne en 1789, et, de concert avec Repnin, contribua puissamment à la chute de ce royaume en favorisant les prétentions des chrétiens du rite grec protégés par la Russie, et en corrompant les principaux membres de la diète polonaise. Il fut comme l’âme de la diète de Grodno (1793), qui sanctionna le second partage. 11 a laissé des Mémoires, publiés par C.-L. Blum, Leipzig et Heidelberg, 1857-8 , 4 vol. ; ils font bien connaître le gouvernement et la société russes du xvnie siècle. C. P.
SIMART (Pierre-Charles), sculpteur, né à Troyes en 1807, m. en 1857, fut élève de Desbœufs, de Dupaty et de Pradier. 11 prit aussi des leçons de M. Ingres , qui lui inspira le goût de l’antique. 11 obtint, en 1833, le grand prix de Rome par un bas-relief sur ce sujet : le Vieillard et ses Enfants. Un séjour de cinq années en Italie ne fit que développer en lui l’imitation du style grec et romain. 11 entra à l’Institut , en 1852 , comme successeur de Pradier, qu’il remplaça aussi en qualité de professeur à l’École des Beaux- Arts. Ses principaux ouvrages sont : Oreste réfugié à l’autel de Pallas , 1840, statue envoyée de Rome, et qui est auj. au musée de Rouen; Coronis mourante, 1841; la Philosophie, 1843, et la Poésie épique, 1845, statues en marbre exécutées pour la bibliothèque du palais du Luxembourg ; une Vierge, 1845, groupe en marbre destiné à la cathédrale de Troyes; la Justice et V Agriculture , au bas de l’une des colonnes de la barrière du Trône , à Paris ; la statue colossale de Napoléon Ier, dans la chapelle du fond de la crypte de l’église des Invalides , les Victoires décoratives du tombeau de l’Empereur, et 10 bas-reliefs qui rappellent ses institutions ( la Légion d’honneur, les Grands Travaux publics, le Commerce et l’Industrie, la Cour des Comptes , l'Université, le Concordat, le Code, le Conseil d'Etat, l’Administration, la Pacification des troubles) ; le fronton du pavillon Denon, au nouveau Louvre (aile du Sud) , représentant Napoléon III étendant ses mains protectrices sur les Arts, le Commerce et l'Industrie; les caryatides colossales de la nouvelle façade occidentale du vieux Louvre (pavillon de Sully) ; enfin, en 1855, la Minerve du Parlhénon, statue chryséléphantine commandée par M. le duc de Luynes, restauration, en médiocres proportions, de la célèbre statue de Phidias. Simart avait une admiration réfléchie pour les chefs-d’œuvre de l’antiquité. Amoureux de la régularité, de la beauté et de la noblesse de la forme, il voulait conserver à la statuaire un caractère sérieux et monumental; il marcha toujours dans cette voie, et ses dernières œuvres , les sculptures du Louvre, comptent parmi ses plus beaux ouvrages. B.
SIvARDO. F., plus haut, Iskaedo.
SLESVIG -HOLSTEHST (Guerres du), 1848-65. Les traités de 1815, en faisant entrer le roi de Danemark dans la Confédération germanique comme duc de Holstein et de Lauenbourg, le placèrent dans la situation difficile de prince moitié Danois, moitié Allemand, situation aggravée par l’esprit de nationalité. Le Holstein et le Lauenbourg étaient, en effet, des pays entièrement allemands; mais le Slesvig était un pays mixte, où, sur 400,000 hab., 135,000 parlent danois au nord, 177,000 allemand au midi, et 82,000 au centre se servent d’un patois dano-allemand ; dans les villes de la partie mixte et même danoise, l’allemand est la langue presque seule usitée, et avait toujours été la langue officielle. L’université de Kiel propageait aussi l’influence allemande dans le Slesvig, où la noblesse et le clergé ont toujours uni leurs intérêts à ceux du Holstein. — En 1848, Frédéric VU donna à ses États une constitution libérale qui augmenta le mécontentement des duchés, où les mœurs et les institutions féodales étaient encore toutes-puissantes. Les dissentiments se compliquaient d’une querelle de succession. La branche directe de la maison d’Oldenbourg paraissant devoir s’éteindre avec Frédéric VII, le plus proche héritier du trône était un prince de Hesse, neveu par sa mère du dernier roi Christian VIII. Mais les Allemands du Holstein prétendirent que ce duché, régi par la loi salique, devait se séparer du Danemark à la mort de Fi-édério VU, et que le Slesvig, uni étroitement au Holstein d’après les stipulations de 1460, devait suivre les mêmes destinées. De là le désir de former un Etat indépendant de Slesvig-Holstein, désir favorisé par les rêves unitaires de l’Allemagne en 1848 et par l’ambition de la Prusse. La Révolution éclata le 24 mars 1848 dans les duchés : ils élurent pour souverain le duc Christian de Slesvig- Holstein-Augustenbourg, descendant d’une ancienne branche masculine danoise, mais qui, dès le xviii' siècle, avait renoncé à tout droit de succession dans le Slesvig. Les insurgés furent battus à Bau , près de Flensbourg
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(9 avril). La Prusse vint à leur secours, et le général Wrangel rejeta les Danois du Danewerke (23 avril), leur livra de sanglants combats à Duppel et à Nybel, et envahit le Jutland. Mais les Danois furent vainqueurs à Ulderup, à Koiding, à Fridericia (6 juillet 1849), et la Prusse signa la paix (2 juillet 1850). Les insurgés furent battus ensuite à Istedt (25 juillet), à Frederickstadt(5 octobre), et rejetés dans le Holstein, où l’Autriche et la Prusse les forcèrent de se dissoudre (1851). Pour obtenir que les troupes de ces deux puissances évacuassent le Holstein, Frédéric VII dut promettre (6 nov. 1851) de ne pas incorporer le Slesvig au royaume, lui donner une diète spéciale (28 janvier 1852) , et conserver même quelques institutions communes aux deux duchés, entre autres l’Université de Kiel. 11 signait ensuite le traité de Londres (8 mai 1852), qui, garanti par les grandes puissances de l’Europe, appelait au trône, après Frédéric VII, le duc Christian de Slesvig-Holstein-Glucksbourg, descendant par son père des anciens rois de Danemark, neveu par sa mère de Christian VIII, et apte par conséquent à succéder dans les duchés comme dans le royaume. Le duc d’Augustenbourg renonça pour lui et ses héritiers, en échange d’une somme de 9 millions, à toutes ses prétentions politiques et à ses propriétés privées dans les duchés. Enfin l’Allemagne exigea pour toute la monarchie une constitution commuue, à côté des institutions particulières à chaque province; c’est le système du Helstat ( V . Danemark, dans le Dict .), assemblage informe d’institutions féodales et démocratiques, d'assemblées générales et particulières de Danois et d’Allemands. L’établissement de cette organisation compliquée amena en 1863 une nouvelle guerre. Le Holstein refusa d’envoyer des députés au Riysraad ou assemblée commune. Frédéric VII accorda alors au Holstein une autonomie administrative complète (30 mars 1863), qui ne laissait subsister entre lui et le duché qu’un simple lien d’union dynastique, et il unit le Slesvig au Danemark par la nouvelle Constitution du 13 nov. 1863. Ce n’était pas le compte de la Diète de Francfort, qui, voyant dans cette constitution la violation des promesses de 1851-2, menaça Frédéric VII d'une exécution fédérale dans le Holstein. La mort du roi (15 nov.) précipita les événements en y ajoutant un nouvel élément de discorde. En effet, Christian de Glucksbourg étant devenu le roi Christian IX aux termes du traité de Londres, les petits Etats allemands, qui n’avaient pas signé ce traité, reconnurent pour duc de Slesvig-Holstein le prince Frédéric d’Augustenbourg, fils du duc Christian qui avait renoncé en 1852 à ses prétentions; en même temps, Christian IX ayant confirmé, le 18 novembre, la Constitution du 13, la Diète de Francfort fit envahir le Holstein par 12,000 Saxons etHanovriens. Les Danois évacuèrent sans résistance le Holstein, territoire soumis légalement à la compétence de la Diète, mais se tinrent prêts à défendre le Slesvig, comme province danoise. La Prusse et l’Autriche proposèrent à la Diète d’occuper ce duché comme gage pour l’avenir, et, malgré le refus de la Diète, elles déclarèrent qu’elles exécuteraient ce projet en leur qualité de grandes puissances. Le feld-maréchal prussien Wrangel envahit le Holstein, en expulse les troupes fédérales, et passe l’Eyder (1er février 1864). Les Danois, écrasés par des forces supérieures (90,000 contre 35,000), sont rejetés derrière le Danewerke. Slesvig et Flensbourg sont occupés par les alliés (6-7 février), puis tout le Nord-Slesvig; ils envahissent le Jutland (28), sont vainqueurs à Veile (8 mars), et occupent tout le Jutland jusqu’au Lym-Fiord. Les deux places qui restaient aux Danois dans le Slesvig, Duppel et Fridericia, sont abandonnées après des assauts sanglants (18-26 avril), les îles de Fehmern et d’Alsen occupées, le Lym-Fiord franchi, et tout le Jutland conquis jusqu'à Skagen (14 juillet). Le Danemark qui, espérant dans les secours de la Suède et dans la protection diplomatique de la Russie, de laFrance et surtout de l’Angleterre, avait refusé de traiter de la paix en suspendant les hostilités sur mer, abandonné par toutes les puissances, signa des préliminaires le 1er août, et le 30 octobre la paix définitive de Vienne, par laquelle il renonçait au Lauenbourg, au Holstein et au Slesvig, y compris toutes les îles de la mer du Nord, et dans la Baltique celles de Fehmern et d’Alsen; il perdait 1 million d’habitants sur 2,800,000. — Mais la Prusse et l’Autriche, maîtresses des duchés, n’entendaient les laisser ni au prince d’Augustenbourg, ni au duc d’Oldenbourg^ autre prétendant, malgré les réclamations des petits Etats allemands et de la Diète. Après les avoir occupés en commun pendant plus d’une année et y avoir levé d’écrasantes contributions de guerre, elles se les partagèrent par la
convention de Gastein (août 1865) de la manière suivante : la Prusse gardait définitivement le Lauenbourg, sauf compensation pécuniaire payée à l’Autriche; elle occupait le port de Kiel et la ville de Rendsbourg à titre de places fédérales, etcontinuait d’administrer provisoirement le Slesvig; l’Autriche administrait provisoirement le Holstein. Mais les Etats des deux duchés protestèrent contre cette séparation; des associations slesvig-holsteinobes se formèrent, appelèrent dans le pays le duc Frédéric d’Augustenbourg, et furent appuyées à la Diète de Francfort par un grand nombre de petits Etats allemands qui redoutaient l’agrandissement de la Prusse. Celle-ci interdit ces manifestations, intimida la Diète, et traîna l’affaire en longueur jusqu’à la guéri e de 1866 (F. plus haut Allemagne), pendant laquelle les Prussiens envahirent le Holstein, que le corps autrichien, trop inférieur en nombre, fut forcé d’évacuer. Par la paix de Prague (28 août 1866), l’Autriche céda ses droits sur le Slesvig-Holstein à la Prusse, qui en fit la nouvelle province de Slesvig-Holstein. C. P.
SLESVIG-HULSTEIN (Province prussienne de), bornée au N. par le Danemark (Jutland), dont la sépare une ligne passant au S. de Ripen, suivant dans son cours moyeu le Konge-Aa ou Kœnigs-Au, et finissant dans le Petit-Belt au S. de Koiding entre Heilsminde et Christiansfeld; à l’E. par le Petit-Belt, y compris les îles d’Aaroé, d’ALen et de Fehmern, et par les territoires de Lubeck et du Mecklembourg ; au S. par l'Elbe qui la sépare de la province de Hanovre et par le territoire de Hambourg ; à l'O. par la mer du Nord avec les iles du littoral jusqu’à et compris Romoé. Superficie: 18,645 kil. carrés; 998,000 hab. D’après le traité de Prague, les districts septentrionaux du Slesvig, au N. de Tondern et d’Apenrade, où la population est exclusivement danoise, devaient être rétrocédés au Danemark, s’ils en exprimaient le désir. Mais la Prusse a jusqu’à présent différé de les consulter. C. P.
SMITH (Albert), littérateur anglais, né en 1816 à Chertsey, m. en 1860, étudia la médecine à l’hôpital de Middlesex, se fit recevoir au collège des chirurgiens en 1838, puis alla suivre à Paris la clinique de l’Hôtel-Dieu. De retour dans sa ville natale, il fournit des articles littéraires au Medical Times. Etabli à Londres depuis 1841, il publia un grand nombre de romans, contes , nouvelles, pièces de théâtre, etc. Après un voyage en Orient, il raconta ses impressions dans un volume intitulé : A Month in Constantinople (1849). Enfin, ayant exécuté en 1851 l’ascension du mont Blanc, il entreprit de l’expliquer au public de Londres, dans Egyptian-Hall, à l’aide de dioramas et de plans en reliefs ; cette exhibition , pour laquelle il écrivit une Histoire du mont blanc (1853), fut assez lucrative pour qu’il renonçât désormais à la littérature.
Smith ( Thomas-Southwood), médecin anglais, né en 1788 à Martoek (Somerset), m. en 1861, exerça sa profession à Londres depuis 1820, et y devint médecin de l’hospice des Fiévreux. Il a fait partie de la commission d’euquête des manufactures en 1832 , de celle de la loi des pauvres en 1838, et du bureau général d’hygiène depuis 1842. 11 a laissé, entre autres écrits: le Gouvernement de Dieu, 1814, où il conclut de la diminution progressive du mal au salut de l’humanité; Traité de la fièvre, devenu classique dans l’enseignement; A quoi les morts servent aux vivants, études sur le trafic auquel les anatomistes anglais étaient alors obligés de se livrer pour disséquer ; Philosophie de la santé, 1834, développement d’un ouvrage publié antérieurement sous le titre de Physiologie animale ; Sur les causes physiques de la maladie et de la mortalité, 1839.
SM1THSON (James), fils naturel du duc de Nortlrumberland et d’Élisabeth Hangerford, nièce du duc de Somerset , né vers 1770, m. en 1829 , a illustré son nom par le noble emploi qu’il a fait de sa fortune. En 1826 , il légua aux États-Unis 100,000 liv. sterl. pour fonder l'Institution Smithsonienne , association savante , recommandable par les immenses travaux qu’elle édite sur les sciences mathématiques, physiques, historiques, économiques, et par la générosité avec laquelle elle répand ses livres magnifiques dans le monde entier. Il rivalisait avec Wollaston pour les manipulations et l’analyse des petites quantités. On a de lui une trentaine de Mémoires , parmi lesquels on en distingue un sur la découverte d’un Minium natif , un autre sur la composition de la Zéolitlie, un troisième sur VUlmine, et un travail sur les Tabashcers ou concrétions siliceuses des bambous de l’Inde. La médecine légale lui doit plusieurs procédés très-utiles pour la découverte des poisons, entre autres l’arsenic et le mercure. Ses différents travaux chimiques ont été imprimés dans les Annales
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de philosophie de Thomson , dans les Annales de chimie et de physique, dans le Journal de chimie médicale , et mentionnés dans la Toxicologie d’Orfila. J. G.
SOLFERINO, vge du roy. d’Italie, prov. et à 37 kil. S.-E. de Brescia, sur une hauteur couronnée par la Tour de l’Espion. Il a été, le 24 juin 1859, le centre d’une grande bataille, entre les trois armées française , sarde et autrichienne , commandées par leurs souverains. Cette bataille, engagée sur une ligne de 5 lieues d’étendue, de Pozzolengo et San-Martino à gauche jusqu’à Cavriana, Medole et Guidizzolo à droite, dura 16 heures, et se termina par une victoire complète des alliés ; ils y perdirent près de 18,000 hommes, et les Autrichiens encore plus, outre 4 drapeaux, 30 canons et 6,000 prisonniers.
SONGHAI ou SONRHAY, peuple nègre de l’Afrique centrale, aux limites du Soudan et du Sahara, fut puissant dans le Soudan occidental dès le xie siècle, où il embrassa l’islamisme et établit sa capitale à Gagho, sur le Niger moyen. Au commencement du xvi° siècle, son chef Hadj-Mohammed-Askia s’empara même de l’oasis d’Asben et des routes commerciales du Sahara. Cette domination fut renversée en 1588 par Muley-Hamed, sultan de Maroc, Tombouktou enlevée, et Gagho détruite. Auj. la langue des Sonrhay est encore parlée de Tombouktou à Asben; mais ils sont, dans cette dernière oasis, tenus dans une condition très-inférieure par les Touaregs qui l’habitent, ainsi que l’est par les Touaregs de Tombouktou la masse principale des Sonrhay sur le Niger moyen, entre Tombouktou et les frontières du royaume de Sokoto. C. P.
SOUABE-ET-NEUBOURG (Cercle de), division administrative du roy. de Bavière, au S.-O.; entre ceux de Haute-Bavière à l’E., de Moyenne-Franconie au N., le Wurtemberg à l'O., le lac de Constance et l’Empire d’Autriche (Tyrol) au S. Sa partie méridionale est traversée par les Alpes Algaviennes ; le centre et le nord présentent de vastes plaines arrosées par le Danube, le Leck, laWertach, la Zusam, la Mindel, la Gunz et l’Iller . Ce cercle a une superficie de 953,414 liect., et 576,758 hab. Il est formé d’un ancien pays bavarois (Neubourg), et des possessions de Souabe que la Bavière acquit au recez de Ratisbonne en 1803. Il a pour ch.-l. Augsbourg , forme le ressort d’un évêché qui a son siège dans la même ville, et d’une Cour d’appel qui réside à Neubourg. C. P.
SOUAL, port des Philippines, récemment ouvert par l’Espagne au commerce étranger, au fond de la baie de Lingayen et près de cette ville , sur la côte N. -O. de Luçon, par 16° lat. N. et 118° long. E. Exportation de poissons, sel, noix de coco, sucre et peaux. Pop., 3,450 hab. C. P.
SOUF (Oued), oasis du Sahara algérien, par 33°-34° lat. N., et vers 4° 30' long. E., à la frontière des Etats de Tunis et de Tripoli, entre le Chott-el-Melghir au N., le Nefzaona à l’E., l’Oued-Rir à l’O., et le Désert au S. Elle dépend de la province de Constantine, et comprend sept petites villes, entre autres : El-Oued, la capitale ; El-Guemar, Bihima; pop., 30,000 hab. , possédant 10,000 chameaux, et beaucoup de moutons et de chèvres renommés pour l’abondance et la finesse de leur toison. Plus de 6,000 personnes, surtout les femmes, y sont occupées à tisser des haïks et des burnous. C. P.
SOUKNA, oasis du pachalik de Tripoli. La ville qui lui donne son nom, par 29° 4' 4" lat. N., et 13° 28' 8” long. F.,, est entourée d’un cirque de montagnes, dont celles de l’E. s’appellent Souda ou montagnes noires, et renferment des mines de fer; environ 2,500 hab., Berbères. C. P.
SOULOUQUE, nègre d’Haïti, né en 1789, m. en 1867, prit part à la guerre de 1802 contre les Français, entra dans la garde du président Pétion en 1810, et, pendant les administrations de Boyer, d’Hérard et de Guerrier, passa par tous les grades jusqu’à celui de général. Elevé à la présidence, en 1847, malgré son incapacité notoire, il se laissa dominer par le plus vil entourage, se maintint au pouvoir par la terreur et les proscriptions, prit le titre d’empereur avec le nom de Faustin Ier en 1849, composa une cour et une noblesse de manière à se faire la risée de l’Europe, éprouva de honteux échecs en voulant soumettre les Dominicains en 1855-56, fut enfin renversé par Geffrard en 1859, et s’enfuit à la Jamaïque.
SOUTZO (Alexandre), le plus grand poète de la Grèce moderne, né à Constantinople au commencement du XIXe siècle, m. en 1863, débuta dans les lettres, en 1824, par des satires qui suscitèrent contre lui les plus vives animosités. Obligé de quitter la Grèce, il se rendit à Paris, où il publia, en 1829, une Histoire de la Révolution grecque. De retour dans son pays sous l’administration de Capo-d’Is-
tria, il ne cessa, depuis cette époque, d’exercer sa verve mordante aux dépens de tous les partis politiques, et fonda divers journaux périodiques pour les poursuivre. Sans parler de cette poésie militante, il écrivit quelques pièces de théâtre assez médiocres, et un roman en prose, intitulé l’Exilé. 11 a laissé aussi deux poèmes épiques inachevés, l'Errant, et la Grèce combattant les Turcs. Retiré à Odessa pendant la lutte de la France et de l’Angleterre contre la Russie, 1854-56, il y composa, sous le titre de la Guerre d'Orient, un poème en l’honneur des armées russes.
SPARMANN ou SPARRMANN, naturaliste suédois, né en 1747, m. en 1820, a laissé un Voyage au cap de Bonne- Espérance, traduit en français par Letourneur, 1787,2 vol. in-4°. Il prit part au 2e voyage de Cook.
SPEKE ( John-Hanning), voyageur anglais, né en 1827, à Jordans (Somerset), m. en 1864. En 1854, il fit avec Burton une première excursion dans le pays de Somâl, et, en 1857, entreprit, avec le même compagnon, un voyage aux grands lacs de l'Afrique équatoriale. Partis de Zanzibar, ils découvrirent, en 1858, le grand lac Tanganyilca ( V . ce nom), et, pendant qu’au retour Burton s’arrêtait à Kazeh, Speke, se portant vers le Nord, reconnut l’extrémité sud du lac Ukéréwé ( V . ce mot) ou Victoria Nyanza, d’où il présuma que devait sortir le Nil blanc. Voulant l'ésoudre ce problème, il partit une seconde fois de Zanzibar avec Grant en 1860. Arrêté dans l’intérieur par la famine qui désolait le pays et par les guerres intestines de ses peuplades, il ne revit le lac Ukéréwé qu’en 1861, et en explora les côtes au N. -O. et au N.; il reconnut qu’à environ 0» 20' lat. N. trois courants, dont il appela le principal, large de 250m, Rivière Napoléon, en sortent dans la direction du N., et, après avoir formé un vaste delta, se réunissent vers 1° 50’ lat. S. Il côtoya le fleuve jusqu’à 2e 20'; mais là, arrêté par les dispositions des naturels, il ne put suivre le coude que le fleuve forme vers l’O., et, marchant directement au N., il rejoignit vers 3° 40' un courant aussi considérable que le premier et qu’on lui assura être le même. Arrivé à Gondokoro en 1863, Speke se préparait à retourner encore sous l’équateur, quand il mourut d’un accident de chasse. Ses deux premières excursions, de 1854 et 1857-58, ont été publiées par lui sous le titre de What led to the discovery of the source of the Nil, Londres, 1864 ; et la grande, dans l’ouvrage : Journal of a discovery of the source of the Nil, 1863, trad. en franç. par E. Forgues, 1864. C. P.
SPINDLER (Charles), romancier allemand, né vers 1795 à Breslau, m. en 1855, a été doué d’une fécondité remarquable. Pourvoyeur des cabinets de lecture, il a donné plus de 100 volumes, sans compter les romans français dont il fit la traduction. On distingue parmi ses productions : Eugène de Kronstein , ou Esquisses de la vie et de l’amour, 1824; le Bâtard, 1826; le Juif, 1827 ; le Jésuite, 1829 ; l'Invalide, 1831; le Boa constrictor, 1836. Spindler réussit beaucoup mieux au théâtre.
SPOFIR (Louis), violoniste et compositeur de musique, né à Brunswick en 1784, m. en 1859, étudia d’abord le violon, fit partie pendant quelque temps de la chapelle du duc de Brunswick, puis accompagna son maître François Eck en Russie, et, depuis 1804, se fit entendre seul, avec le plus grand succès, en Allemagne, en France et en Italie. Directeur des concerts de la cour de Gotha en 1805, chef d’orchestre du théâtre de Yienne en 1813, il dirigea de 1817 à 1819 la musique du théâtre de Francfort-sur- Mein. Après un séjour, à Londres, il se fixa en 1822 à Cassel en qualité de maître de chapelle. Au nombre de ses opéras on distingue Faust, Zémire et Azor (1818), dessouda (1823), l’Esprit des montagnes (1825), Pietro d’Abano , l’Alchimiste, les Croisés (1844). il a écrit, entre autres oratorios, le Jugement dernier, les Dernières Heures du Sauveur, la Chute de Babylone, une grande quantité de musique instrumentale (symphonies, concertos, quatuors, trios, duos, sonnets, fantaisies, etc.), et une méthode fort appréciée en Europe sous le titre de Principes d’une école de violon, Yienne, 1831. Spohr est un très-grand harmoniste; le sentiment élégiaque domine dans ses compositions. B.
STADE (Droit de), ou de Brunshausen, péage que le Hanovre percevait à Stade sur les bâtiments qui remontaient l’Elbe , pour s’indemniser des frais de balisage et d’ancrage dans ce fleuve. Il a été racheté par les nations maritimes de l’Europe en 1861, au prix de 9,715,017 fr., dont l’Angleterre et Hambourg ont payé chacune 3,873,887 fr. ; le reste a été réparti entre les autres nations, Danemark, Pays-Bas, Suède, France, etc., proportionnellement au nombre de leurs vaisseaux qui remontaient annuellement l’Elbe. C. P.
STALLBAUM (Godefroi), philologue allemand, né en
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1793 â Zaach, près de Delitscli, m. en 1861, fit ses études à Leipzig- sousBeek, Hermann, et Spohn, obtint une place de professeur à Halle en 1817, et revint bientôt à Leipzig, où il fut nommé, en 1835, recteur de l’école Thomas. 11 donna une grande prospérité à cet établissement par l’emploi de méthodes développées dans les ouvrages suivants : l’Ecole Thomas de Leipzig, son progrès et son développement , 1839; Sur l'alliance de l’instruction musicale avec les études littéraires, 1812; Le latin et le grec dans nos gymnases, et leur importance à l’époque actuelle, 1846. Stallbaum devint professeur à l’Université. 11 a publié aussi des commentaires critiques sur chacun des traités de Plalon; une édition générale des oeuvres de ce philosophe (1821-25, 12 vol.); une édition de Parménide (1839), précédée de savantes recherches sur les origines de la philosophie grecque; des révisions du Commentaire d'Euslathe sur Homère (1825-30,
5 vol.), des Inslitutiones grammaticœ lalinæ de Ruddiman (1823, 2 vol.), et du Térence de Westerhov (1830-31,
6 vol.), etc.
STANKIELD (Clarkson), célèbre peintre anglais de marines et de paysages, né en 1798 à Sunderland (Durham), m. en 1867. Parmi ses tableaux, que distinguent la facilité, la sûreté et la largeur de la touche, on remarque : le Calme en mer, 1827 ; les Environs de Chalonsur-Saône, 1829; le Mont St-Michel , 1830; Vues de Venise, 1830 et 1834 ; la Bataille de Trafalgar, 1836; le Château d' Ischia, 1841 ; le Lendemain du naufrage, 1844 ; le Passage de la Macta, 1847 ; le Siège de S{-Sébastien, 1855.
STAPFER (Philippe-Albert), philosophe, littérateur et critique, né à Berne en 1766, m. en 1840, était ministre protestant. En 1792, il professa les humanités, puis la philosophie à l'Institut politique de Berne. En 1797, il publia, en latin, la République morale, ouvrage où il examine comment l’humanité pourrait être sauvée de deux barbaries, la guerre et le mauvais exemple mutuel. Sous la République helvétique, en 1798, il fut ministre des arts, des sciences et du culte. Ce fut lui qui fournit alors à Pestalozzi (T. ce nom ) les moyens de fonder son institut. En 1800, après la victoire de Marengo, Stapfer fut ministre de la République helvétique près de la République française, et s’opposa, en 1802, à la cession du Valais à la France. Quand le premier consul Bonaparte se fut constitué médiateur de la Confédération suisse, 1803, Stapfer rentra dans la vie privée, mais sans quitter la France, où il continua de cultiver les lettres. Il a fourni à la Biographie universelle de Michaud beaucoup d’articles sur des philosophes anciens et modernes. Alliant la philosophie à la révélation, il avait une science profonde et variée, et le talent de l’écrivain. M. Vinet a recueilli les discours, discussions historiques, critiques, controvei'ses sacrées, etc. , de Stapfer, sous le titre de : Mélanges philosophiques , littéraires, historiques et religieux, Paris, 1844, 2 vol. in-8°.
STAVROPOL ( gvt de), division politique de l’Empire russe (lieutenance de la Caucasie), appelée autrefois Cis- Caucasie ou Province du Caucase, bornée au N. par les gvts d’Astrakhan et des Cosaques du Don, à l’E. par la mer Caspienne, au S. par le Territoire du Térek, à l’O. par le Territoire du Kouban. Arrosé au S. par le Térek, au centre par la Kouma et le Kouban , il est formé de steppes immenses, assez aride, couvert de lacs salés et de marécages, et inondé périodiquement par les débordements du Kalaous et du Manyteh. On y fait un assez grand commerce de sel, de laines et de soie. Ch.-l., Stavropol; villes principales, Piatigorsk, Mozdok et Kizlar. Superf., 74,250 kil. carr. ; population, 356,671 hab., la plupart Kalmouks et Tartares Nogaïs. — La partie méridionale de ce gouvernement en a été détachée en 1863, pour former le Territoire du Térek. ( V. ce mot ci-après.) C. P.
STE1ERDORF, v. de l’Empire d’Autriche (Hongrie, comitat de Krasso, dans l’anc. province du Banat), au pied d’un rameau des Carpathes du Sud, par 45° 5' lat. N., et 19° 25’ long. E.; 4,000 hab. Elle fut fondée en 1773 par des montagnards venus de la Styrie, d’où son nom de Steierdorf , village des Styriens. C. P.
SThKIN (Territoire du), colonie anglaise dans l’Amérique du Nord, séparée, en 1862, du Territoire de la baie d’Hudson, et bornée au N. par la Nouvelle-Bretagne, au N. -O. et à l’O. par les possessions tusses, au S. par la Colombie anglaise, à l’E. par les montagnes Rocheuses; entre 55°-62° lat. N. et 127° 20'-143° 20' long-, O. Pays couvert à l’E. par les Rocheuses, à l’O. par les monts Peak; arrosé au N. par le cours supérieur du Youcon etdu Liard, au S. par le Simpson, au centre par le Stekin ou Stikine, qui lui donne son nom, et dont les gisements aurifères ont attiré un grand nombre de mineurs. On trouve aussi des mines de cuivre dans le bassin du Tako, qui se
jette dans l’océan Pacifique, mais dont l’embouchure, comme celle du Stekin, est sur le territoire russe. Le Stekin dépend provisoirement du gouverneur de la Colombie anglaise. C. P.
STEPHENSON (Robert), ingénieur anglais, né en 1803 à Wilmington, m. en 1859, était fils de Georges Stephenson (F. dans le Dictionnaire ). Il alla, en 1825, explorer les mines d’or et d’agent de la Colombie. De retour en Angleterre en 1828, il s’occupa de la question, alors nouvelle, des chemins de fer, etgagna un prix de 500 liv. sterl. proposé à l’inventeur d’une locomotive consumant sa fumée, ne pesant pas plus de 6 tonnes, et pouvant traîner un poids de 20 tonnes avec ttne vitesse de 10 milles à l’heure. Chargé, en 1833, de construire le chemin de fer de Liverpool à Birmingham, il donna de telles preuves de talent, que désormais on lui demanda les plans et on le chargeade surveiller l’exécutiou des principales lignes ferrées de l’Angleterre. Il fut aussi consulté pour l’établissement du réseau belge et des chemins de fer de Suède. Son plus étonnant ouvrage est le pont tubulaire Britannia, jeté sur la rivière Conway et sur le détroit de Menay (1847-1850). Depuis 1847, Stephenson fut membre de la Chambre des communes. 11 a construit le pont de Newcastle sur la Tyne, de 1846 à 1849, et tracé un projet de chemin de fer à travers l’isthme de Suez. En 1853, il se rendit au Canada pour l’établissement du pont de Montréal. Il a écrit des Observations sur la construction des chemins de fer atmosphériques.
STERBINI (Pietro), homme politique et littérateur, né en 1795 à Frosinone, m. en 1863, débuta en 1827 par une tragédie de la Vestale, pleine d’allusions hostiles' au gouvernement des papes, et par une ode sur la bataille de Navarin. Compromis dans l’insurrection de 1831 et obligé de s’enfuir de Rome, il devint l’un des agents les plus actifs de la Jeune Italie. En 1848, Pie IX l’accepta comme ministre du commerce et des travaux publics. Sterbini conserva son portefeuille après la fuite du pontife, et, dans l’Assemblée constituante, contribua à faire proclamer la république. Il prit part à la défense de Rome contre les Français, et se retira en Suisse après la prise de la ville. On le laissa venir en France, où il ne s’occupa plus que de littérature.
ST1EVENART (J. -F.), helléniste, né en 1800, m. en 1860, entra à l’Ecole normale en 1818, fut professeur à Nancy et à .Strasbourg, et devint professeur de littérature grecque et doyen à la Faculté des lettres de Dijon. Il a laissé : Considérations sur les dieux d’ Homère, 1827 ; des traductions des Odes d’Horace, 1827, des Œuvres complètes de Démosthène et d’Eschyle, 1842, et de Thucydide, 1850 ; Examen de cinq comédies d'Aristophane, 1848 ; Etude sur le comique Eupolis , 1850; Idée du théâtre de Ménandre et de la société athénienne, 1856, etc.
STIFT, division ecclésiastique, en Suède. Le royaume est partagé en 12 stifts ou diocèses, qui sont : Upsal (archevêché), Strengnâs, M'esteras, Carlstad, Linkoping, Calmar, Wexiô Wisliy, Lund, Gotheborg, Skara, Hernosand. Chaque stift est présidé par un évêque. — C’est aussi une division administrative en Danemark et en Norwége (F. Amt).
STR1KE (Robert), architecte anglais, né en 1781, m. en 1867, était fils d’un peintre d’histoire estimé. Il fut nommé membre de l’Académie royale de Londres en 1813. 11 a bâti le British Muséum et l’hôtel des postes de cette ville, les châteaux de Lowther et d’Eastnor, et reconstruit le minster d’York qu’un incendie avait dévoré en 1829.
STRUYE (Frédéric-Georges-Guillaume de), célèbre astronome russe, né en 1793 à Altona, m. en 1864, étudia à l’Université de Dorpat, fut attaché à l’observatoire de cette ville en 1813, et en devint directeur en 1817. Il continua pendant plusieurs années les recherches de Hersehell sur les étoiles fixes et doubles, exécuta la triangulation de la Livonie, et mesura une partie du méridien depuis le cap Nord jusqu’à Ismaïl en Bessarabie. Appelé à l’observatoire de Poulkova, 1839, il dirigea le nivellement des pays situés entre la mer Noire et la mer Caspienne, l’étude topographique de plusieurs points de la Sibérie, celle des provinces du Caucase, etc. Ses principaux ouvrages sont : Observaliones astronomicce, Dorpat, 1817-39, 8vol.in-4°; Catalogus novus stellarum duplicium, 1827 ; Description de la mesure du méridien faite dans les provinces Baltiques, 1831 ; Stello.rum duplicium et multiplicium mensurœ micrometricce , Sl-Pétersb., 1837 ; Expédition chronométrique exécutée entre Poulkova et Alloua, 1844; Expédition exécutée entre Altona et Greenwich, 1846; Description de l’observatoire de Poulkova, 1845, 2 vol. et atlas; Catalogue de la bibliothèque astronomique de Poulkova, 1845 ;
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Sur la voie lactée et les étoiles /ires, 1847; Sur la dilatation de la glace , 1848 ; Exposé des travaux pour la mesure de l’arc du méridien entre Fuglenacs et Ismaïl, 1852, etc.
STULER (Auguste), architecte, né à Berlin en 1800, m. en 1865, élève de Schinkel, fut élu, en 1864, associé de l'Institut de France. Il a construit, à Berlin, la Bourse, le nouveau Musée, la chapelle royale, l’église de S'-Matthieu au Jardin zoologique, le château du grand-duc de Mecklembourg-Schwérin, etc. On lui doit encore plusieurs salles nouvelles au château de Postdam, le remaniement des jardins de Sans-Souci, la Bourse de Francfort, le nouveau palais d’hiver de S*-Pétersbourg.
SUC (Nicolas), sculpteur, né à Lorient en 1802, m. en 1855, élève de Lemaire, passa presque toute sa vie dans la ville de Nantes, qui a recueilli ses œuvres avec soin. Les plus importantes sont : Pêcheur breton jouant avec un crabe, la Petite Mendiante , et l'Enfant prodigue rentrant en luimême, 1838 ; l'Aveugle breton, V Innocence, la Mélancolie ; la statue de La Chalotais, à Rennes. On remarque dans toutes l’animation du sujet et la finesse du travail.
SUE (Eugène), romancier, né à Paris en 1801, m. en 1857, fils d’un médecin distingué, fut tenu sur les fonts baptismauxpar Joséphine et le prince Eugène. Après avoir fait ses études en médecine, il partit pour l’Espagne en 1823 comme sous-aide du personnel des ambulances, et fut bientôt attaché à l’état-major du duc d’Angoulême. Puis il fut aide-chirurgien dans la marine, visita l’Asie, l’Amérique, les Antilles, et assista à la bataille de Navarin, 1827. Peu de temps après, il quitta le service, et revint à Paris. Héritier d'une grande fortune en 1831, il s’adonna à la peinture et aux lettres, fit quelques vaudevilles auj. oubliés, mais trouva sa voie dans le roman. Son premier ouvrage en ce genre fut un roman maritime, Kénolc le pirate, 1830; puis il donna Pliclc et Ploclc, Scènes maritimes, 1832, ainsi qu ’Atar-Gull. Durant les deux années suivantes, il publia la Coucaratcha, la Salamandre, la Vigie de Koat-Ven, tous romans maritimes aussi, dans lesquels il a peint avec beaucoup de vérité, et quelquefois un peu de crudité, la vie du matelot à la mer. Vinrent ensuite une Histoire de la marine française pendant le règne de Louis XIV, Paris, 1835-37, 5 vol. in-8°, puis des romans de mœurs, Arabian Goldophin , Comédies sociales , Cécile, Arthur, et la publication, au nom du gouvernement, des Mémoires de Sourdis. E. Sue collaborait encore activement au Livre des conteurs, à la Revue des Deux Mondes, à la Revue de Paris, au Journal des Demoiselles, etc. Enfin, il publia l'Hôtel Lambert, Paula Monti, le Marquis de Létorière, Latréiiurnont, le Morne au Diable, Thérèse Dunoyer, et fit représenter, en collaboration avec M. A. Dinaux, la Prétendante, comédie en 3 actes, et les Pontons, drame en 5 actes, qui réussirent. En 1840, le roman de Mathilde parut dans le journal la Presse , eut un immense succès, et fut réimprimé à part en 6 vol. in-8“ ; l’auteur et M. Félix Pyat en tirèrent en 1842 un drame. — Jusque-là, E. Sue avait été assez goûté dans le monde aristocratique, bien qu’il y eût dans tous ses romans une tendance à la désillusion, une sorte d’obstination à peindre des caractères étranges, désespérés, voués à la fatalité. En 1842, il commença une série d’œuvres politiques et sociales : les Mystères de Paris, publiés alors par le Journal des Débats, furent lus avec avidité, et réédités en 8 vol. in-8°, Paris, 1842-43; bientôt transportés sur le théâtre, ils excitèrent une émotion non moins vive. A son tour, le journal le Constitutionnel popularisais Juif errant, 1844-45, 10 vol. in-8°, puis Martin ou l’Enfant trouvé, 1847, 12 vol. in-8°, romans inférieurs aux Mystères de Paris, bien qu’ils aient été l’objet d'une assez ardente curiosité, les Sept Péchés capitaux, 1847-19, 16 vol. in-8°, et surtout les Mystères du peuple, 1849-56, témoignentd’unedégénérationplus grande encore. Nommé membre de l’Assemblée législative en avril 1850, Sue y siégea parmi les démocrates socialistes. E. Sue sortit de France après le 2 décembre 1851, et vécut à Annecy. C’est là qu’il a écrit ses derniers ouvrages, la Bonne aventure, l ernand Duplessis ou les Mémoires d’un Mari, Cornélia d'Amtilfi, Gilbert et Gilberte, la Famille Jouffroy, etc. E. Sue possède à un haut degré l’art de la narration et celui de mettre un caractère en scène; mais il manque de style.
SUÈDE. Ce pays a reçu, depuis 1865, une nouvelle organisation politique. L’antique représentation par ordres délibérant à part, la noblesse en son palais de la place des Chevaliers, le clergé dans la sacristie de la cathédrale de Stockholm, les bourgeois à la Bourse, les paysans à l’hôtel de ville, a disparu. La Suède a, comme la plupart des autres Etats de l’Europe, un parlement composé d’une chambre haute et d’une chambre basse. Les membres de la première sont choisis dans tout le royaume pour
neuf ans, par les assemblées provinciales ou landsthings , et, dans les villes qui ne participent point aux assemblées provinciales, par les conseillers municipaux. Pour être élu membre de la première chambre, il faut avoir atteint l’âge de trente-cinq ans, et posséder un immeuble évalué, pour l’assiette de l’impôt, à 80,000 rixdales au moins (le rixdale vaut 1 fr. 40 c.), ou un revenu annuel d’au moins 4,000 rixdales; mais on comprend dans ce revenu les traitements, appointements ou honoraires, de quelque nature qu’ils soient. Chaque assemblée provinciale choisit un membre de la chambre haute pour chaque nombre de 30,000 hab. Les députés ne reçoivent aucune indemnité; mais ils peuvent continuer, tout en étant membres delà Diète, à remplir des fonctions publiques salariées. Les députés de la seconde chambre sont élus seulement pour trois années. Les élections à cette chambre ont lieu séparément pour la ville et pour la campagne. Le suffrage est établi sur des bases très larges. Un cens peu élevé, l’âge de vingt-cinq ans, une année de domicile dans la commune, telles sont les conditions exigées pour élire ou être élu à la seconde chambre. Les députés de cette assemblée reçoivent comme traitement 1,200 rixdales par chaque session.
SUISSE ROMANDE, partie de la Suisse où l’on ne parle ni allemand, ni italien, mais français, avec beaucoup demots du vieux français qu’on appelait le Romand, d’où l’on a fait romande. C’est la Suisse occidentale, depuis Genève jusqu’à Porentruy, comprenant les cantons de Vaud, Neufchâtel, Genève; partie de ceux de Fribourg, de Berne (le Jura- Bernois), et du Valais (le Bas-Valais) .
SUYS (Tilman-François), architecte belge, né à Ostende en 1783, m. en 1861, fut élève de Percier et Fontaine. Nommé architecte de Guillaume Ier, et chargé de l’organisation de l’Académie d’architecture, il s’attacha, après la Révolution belge, au roi Léopold, qui lui confia les fonctions de professeur à l’Académie de Bruxelles. 11 a bâti, dans cette ville, l’église S'-Joseph, le pavillon C’asaux, l’hôtel d’Aremberg, la porte d’Anvers, etc. On a de lui deux publications in-fol., le Palais Massimi à Rome, et le Panthéon de Rome.
SWATAU ou SHANTAU, port de l’Empire chinois (Chine propre, prov. de Kouang-Toung), ouvert par les traités de 1858 et de 1860 au commerce européen, par 23° 28' lat. N., et 114° 25' long. E., à l’embouchure du Han, et à 48 kil. S.-E. de la grande ville de Tehao- Tchéou. Les Anglais avaient déjà établi, en 1856, sur la petite île Double, à l’embouchure du Han, un comptoir pour l’importation de l’opium. L’exportation consiste principalement en cannes à sucre et en tabac. C. P.
SWETCHINE (Soymonof, Mme), dame russe, née à Moscou en 1782, m. à Paris en 1857, vint, à l’âge de 36 ans, se fixer à Paris avec son mari, général qui avait été attaché à la personne de l’Empereur de Russie, Alexandre 1er. Son salon fut fréquenté par le plus grand monde poli, et même le monde lettré de l’époque. Plusieurs années avant son expatriation, elle s’était convertie au catholicisme, par des études approfondies d’ouvrages de controverse religieuse. Femme d’un caractère ferme, sérieux et d’une grande élévation, elle lisait beaucoup, écrivait souvent, mais ne publia jamais rien : sa réputation fut toute domestique de son vivant ; cependant, par ses convictions religieuses, ses tendances ascétiques, ses opinions monarchiques légitimistes, son esprit ferme, vif, volontaire, militant, elle exerça un ascendant véritable sur tous ceux qui se liaient avec elle. Après sa mort on a publié, sous le titre: Mme Swetcliine, savie et sesœuvres (Paris, 1861, 5e édit., 2 vol. in-12), une monographie de cette dame par M. de Falloux, avec quelques-uns des écrits qu’elle a la ssés, et de nombreux fragments de ses Lettres à diverses personnes. Les OEuvres s’ouvrent par une collection de Pensées, réunies sous le titre A’ Airelles, nom d’une plante de Russie, portant des baies rouges qui mûrissent et se colorent sous la neige. U y a des choses bien observées et bien senties dans ce petit recueil au nom symbolique, suivi de Pensées, qui en sont la suite. Le morceau le plus remarquable du recueil est une espèce de traité sur la vieillesse, où Mnlc Swetchine s’occupe plus particulièrement de la vieillesse des femmes. C’est un panégyrique de cet âge de la vie, mais un panégyrique pris du point de vue exclusivement chrétien, où il y a beaucoup d’élévation, de l’imagination, du pittoresque, et eu même temps bien des assertions contestables, comme dans tous les panégyriques. Ce. traité est complété par un essai de la Résignation, dans la même couleur, écrit avec une habileté sentie; il est entremêlé de prières, qui fout quelquefois penser à la Prière de Pascal pour demander à Dieu le
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bon usage des maladies. Plus tard, M. de Falloux donna les Lettres de Mme Swetchine, 1862, 2 vol. in-12. Ce sont des lettres familières, écrites avec beaucoup d’esprit, mais un esprit toujours sérieux et une facilité si remarquable, qu’on ne les croirait pas d'une étrangère. Néanmoins, ici comme dans les auires écrits de Mme Swetchine, l’origine est quelquefois rappelée par de certaines dissonances littéraires que l’on ne rencontre jamais chez nos dames françaises, qui, d s qu’elles écrivent eu femmes d’esprit, ont le goût aussi sûr que le tact. M. de Falloux a encore publié : MmK Swetchine, Journal de sa conversion, Méditations et prières , 1863, in-8°. V. M. Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t lLr. C. D — y.
SYRACUSE, v. des Etats-Unis (New-York), à 250 kil. N.-O. d’Albany, sur le canal Erié ; 28,119 hab. Entrepôt des pelleteries et des bois du Canada, des céréales de l’Ouest, et des produits manufacturés de New-York et de la Pensylvanie. C. P.
SYRIE. Expédition française de 1860-61. — Depuis que la Porte avait recouvré la Syrie en 1840, elle avait cherché à ruiner la demi-indépendance du Liban, en remplaçant la famille des Chehabb, qui l’avait gouverné sans distinction de Druses et de chrétiens ou Maronites, par deux kaïmakans ou lieutenants soumis au pacha de Beyrouth, un kaimakan chrétien pour les districts du Nord exclusivement chrétiens, un kaimakan druse pour les districts du Sud, où Druses et chrétiens étaient mêlés. Les Turcs avaient ainsi fait naître des haines religieuses, et favorisaient ouvertement les Druses. Au mois d’août 1859, le cheik druse Ab-ul-Mélek brûla plusieurs villages chrétiens, et, pendant plusieurs mois, il y eut des assassinats isolés, dont les consuls européens ne purent obtenir justice. Les Maronites prirent alors les armes pour leur défense ; les Druses, les ayant défaits (mai 1860), pillèrent et massacrèrent dans le district mixte ; puis, avec l’aide des Druses du Haouran conduits par Saïd-Djemblatt, des Kurdes et des Bédouins du voisinage, ils vinrent attaquer Hasbeya et Rascheya, situées en dehors de la Montagne et occupées par des troupes turques. Le commandant Osman-Bey offrit aux chrétiens de ces villes de les protéger s’ils livraient leurs armes, et, quand ils l’eurent fait, il les abandonna aux Druses, qui les massacrèrent. Les fugitifs qui cherchèrent un asile à Saïda y furent égorgés par les Druses et les musulmans de la ville, sans opposition de l’autorité ottomane. Les deux principales villes du Liban, Zahlé dans la kaïmakanie chrétienne, Déir-el- Kamr qui avait des troupes turques, subirent le même sort (18, 20 juin), avec la connhence du gouverneur-général de Beyrouth, Kourchid-Pacha, qui abusa de la parole des consuls européens pour empêcher un jeune chef maronite, Joseph Karam, de marcher au secours de la première de ces villes, et qui présida lui-même à la dévastation de la seconde. Près de 80 villages étaient brûlés, 4,000 chrétiens tués, 20,000 fugitifs, quand éclatèrent des événements plus tragiques encore. Le 9 juillet, la population chrétienne de Damas, qui montait à 25,000 âmes, fut attaquée p;ir la populace musulmane, et le massacre dura 6 jours, le gouverneur Ahmed-Paclia laissant ses irréguliers ou bachi-bousouks y prendre part, et se renfermant avec ses autres troupes dans la citadelle sans s’opposer à rien, près de 6,000 personnes furent égorgées, et toute la population chrétienne aurait péri sans la généreuse intervention d’Ab-el-Kader, qui, aidé de ses Algériens, recueillit dans son palais et nourrit ceux qu’il put dérober à la fureur des assassins. Les consulats européens, et tous les établissements religieux, étrangers ou indigènes, furent livrés aux flammes.
L’Europe fut soulevée d'indignation. La Porte crut d’abord avoir rempli son devoir en envoyant un commissaire, Fuad- Pacha, qui se contenta de faire partir Kourchid et Ahmed pour Constantinople. Cette indulgence, et le peu de sûreté qu’offraient les troupes turques de Syrie,
déterminèrent les grandes puissances à signer une convention par laquelle 8,000 Français, commandés par le général de Beaufort-d’Hautpoul, devaient aider les Turcs à rétablir l'ordre en Syrie. Cette mesure fut prise malgré les objections de la Porte et surtout les difficultés soulevées par l’Angleterre, dont le gouvernement ne connaît jamais d’autre morale ni d’autre logique que celle de ses intérêts, même les plus éventuels. Les Français débarquèrent à Beyrouth le 16 août, et Fuad dut alors montrer moins d’indulgence : prés de 200 coupables furent condamnés à mort à Damas, entre autres Ahmed, d'autres à la détention; 15 chefs druses, entre autres Saïd-Djemblatt et Abdul-Mélek, furent arrêtés à Beyrouth et livrés à un tribunal extraordinaire, qui devait les juger, ainsi que Kourchid et les autres fonctionnaires turcs coupables ou complices des massacres. U fallait rétablir les chrétiens dans leurs demeures, et arrêter les autres Druses : l’armée française se chargea de la première tâche et l’accomplit heureusement ; mais Fuad, chargé de la seconde, laissa échapper dans les montagnes inaccessibles du Haouran les Druses les plus compromis, et n’en ramena à Beyrouth que quelques centaines des moins coupables. Le tribunal condamna les chefs druses à mort, et les fonctionnaires turcs à la détention perpétuelle. La majorité de la commission européenne, instituée en Syrie pour surveiller les actes de la Porte, demandait que la première sentence fût exécutée, et qu’on aggravât la peine portée contre les Turcs, évidemment aussi coupables ; mais elle n’obtint rien : la Porte, profitant des divisions qui régnaient dans la commission, et appuyée par l’Angleterre, qui protégeait Saïd- Djemblatt, confirma la sentence indulgente prononcée contre ses fonctionnaires, et commua la peine des Druses en une déportation à Tripoli d’Afrique (1861). Elle obtint même, en 1862, de la faiblesse des puissances, qu’ils pourraient rentrer dans leur pays après cinq ans d’éloignement. — L’Europe ne se laissa pas moins jouer par la Porte dans le règlement des indemnités dues aux chrétiens de Damas et du Liban. La commission européenne avait estimé les pertes des chrétiens de Damas à 30 millions de francs; après lui avoir dénié le droit de traiter cette question, Fuad la porta à Constantinople, et obtint des ambassades la réduction à 15 millions, qui seraient distribués par l’autorité turque. Les indemnités du Liban durent être estimées par des commissions mixtes; mais les chrétiens seraient morts de faim et de misère en attendant ces décisions, s’ils n’eussent reçu 2,500,000 fr. d’une souscription ouverte, en France, par les soins de l’Œuvre des écoles d’Orient. L’appui donné par l’Angïeterre à la Porte, dans la commission et à Constantinople, eut pour effet d’enhardir l'autorité ottomane en Syrie à de nouvelles violences. A Damas, le nouveau gouverneur, Emin- Paclia, flattait les Musulmans et les Druses, réintégrait dans leurs fonctions de police les auteurs connus des massacres, et, devant ordonner un désarmemnt général, s’efforçait de ne l’appliquer qu’aux seuls Algériens d’Abdel-Kader. Aussi les chrétiens, loin de vouloir rentrer dans leurs habitations, s’enfuyaient-ils vers la côte et venaient demander asile à nos vaisseaux. En présence d’une telle situation, le gouvernement français obtint, mais avec peine, de l’Europe, que ses troupes pussent demeurer en Syrie jusqu’au 5 juin 1861. Elles la quittèrent à cette époque. Les ambassades européennes, contrariées par les intrigues de la Porte et leurs propres divisions, n’avaient pu s’entendre encore sur l’organisation politique à donner au Liban. Elle ne fut décrétée que le 9 juin. (V. Liban, dans ce Suppl.) Si la Porte, bien qu’appuyée toujours par l’Angleterre, ne put réussir à maintenir la division du Liban en deux kaïmakanies, elle obtint du moins que le gouverneur unique de la Montagne ne serait pas indigène, et serait à la nomination du Sultan. Tels ont été, grâce aux intrigues politiques, les résultats insuffisants de l’intervention européenne en Syrie. C. P.