‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 91 sur 864 · LOW · texte numérisé non relu

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vèreut et restaurèrent les bâtiments de la cour, et firent presque tous les travaux intérieurs; car, jusqu’alors, excepté la petite partie dite le vieux Louvre, le reste n’avait que les 4 murs. Sous les gouvernements qui suivirent, l’œuvre d’achèvement des intérieurs fut continuée par les mêmes architectes. Cependant les grands travaux de jonction avec les Tuileries étaient interrompus depuis 1814; Napoléon III les reprit, et eut la gloire de faire le Louvre ce qu’il est aujourd’hui; il termina l’aile du nord, longue de 435 mèt., et qui n’était qu’à moitié faite, construisit les galeries intérieures et leurs dépendances, ainsi que les deux façades sur la Place du Carrousel. Ces immenses travaux commencèrent le 5 juin 1851, et, en 1856, toutes les constructions extérieures étaient terminées. Visconti donna les plans, et dirigea les travaux jusqu’à sa mort, à la fin de 1853 ; M. Lefuel lui a succédé. Le Louvre est le plus vaste et le plus splendide palais, non pas seulement de Paris, mais de l’Europe; son architecture est du plus beau style antique et de la Renaissance : on y admire la pureté , la correction et la belle exécution des ordonnances, des croisées, des frises, des chambranles de portes ou de fenêtres. A l’intérieur, la beauté des distributions , l’élégance et la variété de l'architecture et de l'ornementation , répondent à toute la magnificence du dehors. C. D — Y.

LOUZA, v. de Portugal (Beira), à 26 kil. E.-S.-E. de Coïmbre; 3,200 hab. Elle est au pied d’une montagne, où l’on recueille, en été, de la glace pour Lisbonne. Papeteries.

LOVANIUM, nom latin de Louvain.

LOVAT (Simon Frazer, lord), né en Ecosse en 1657, m. en 1747, fut élevé en France chez les jésuites, entra au service de l’Angleterre, fut mis hors la loi comme coupable de rapt, s’enfuit auprès du prétendant Jacques III, à la petite cour de Sl-Germain, l’abandonna après la bataille d’inveruess, 1715, pour servir George Ier, continua néanmoins d’entretenir des relations avec les Stuarts, seconda l’iuvasion de Charles-Edouard, et eut la tête tranchée par ordre de George IL

(DVr.IRA. V. Lobeira.

LOVELACE (Richard), poëte anglais, né dans le comté deKent,à Woolwich, en 1618, m. en 1658. Brillant seigneur de la cour de Charles Ier, il voulut le servir dans le malheur, dissipa sa fortune, prit du service en France, et fut blessé à Dunkerque. Sur la fausse nouvelle de sa mort, miss Lucy Saeheverell, qu’il adorait, se maria. De retour en Angleterre, vers 1648, il la chanta sous le nom de Lucasla ( chaste lumière ) ; mais, triste et malade, il mourut sous les haillons. On a de lui : Lucasla, 1649 et 1817,

2 vol.; Poésies posthumes, 1659 et 1818, in-12. Son style,

souvent négligé, ne manque pas d’élégance. — Richardson a nommé Lovelace (des mots anglais signifiant enlacement et amour ) le héros de son roman de Clarisse Harlowe. Lovelace est devenu le type énergiquement tracé du séducteur aux belles manières. A. G.

LOVENDEGHEM, v. de Belgique (Flandre orientale), à 8 kil. O. de Gand ; 4,700 hab. Toiles de lin et de chanvre, cotonnades.

LOVEKE, brg du roy. d’Italie (prov. de Bergame), à l’extrémité N. du lac d’Jseo, et à 35 kil. E. -N. -E.de Bergame; 2,357 hab. Usiues à fer.

LOV1NCUM , nom latin de Louhans.

LOV1SA, v. de la Russie d’Europe (Finlande), petit port sur le golfe de Finlande, à 60 kil. d’Helsingfors ; 3,000 hab. On y aborde par un détroit dangereux de 38 kilom. de long, dit Orrensund. Comm. de sel. —Bâtie eu 1745 sous le nom de Degerby, cette ville fut appelée I.ovisa , en 1752, du nom de la reine de Suède, Lovisa ou Louise. Elle a été bombardée et détruite par les Anglais, en 1855, ainsi que le fort de Svartholm, placé sur une île à 11 kil. S.

LOWE ( sir Hudson) , né en Irlande vers 1770 , m. en 1844, servit en Italie contre les Français, laissa prendre l’île de Capri, dont il était gouverneur, en 1810, fut colonel des tirailleurs de Corse, et reçut , en 1815, la mission de garder Napoléon Ier àSte-Hélène. Il s’en acquitta avec une dureté qui a donné à son nom une odieuse renommée. On a de lui des Mémoires, publiés par son fils, Londres, 1845,

3 vol. in-8<> ; il y cherche à se justifier.

LOWELL, v. des Etats-Unis (Massachussetts), au confluent de la Concord et de la Merrimack, dans le comté de Middlesex, et à 42 kil. N.-O. de Boston ; 40,000 hab. Elle communique avec Boston par un chemin de fer et par des canaux. C’est une ville essentiellement manufacturière, surtout pour la filature et le tissage du coton, les toiles peintes, linge de table, etc. On la nomme le Manchester de

l'Union ; 12 associations, ayant un capital de 74 millions de fr., et employant 4,000 hommes et 8,000 femmes. Manuf. de draps, tapis de pied, locomotives, et machines pour la filature et le tissage. Poudreries, tanneries, etc. Lowell est citée pour la bonne tenue des fabriques, la conduite régulière des ouvriers, le soin donné à l’éducation des enfants. 11 y a 48 écoles primaires, 3 écoles secondaires, 1 école pour les études supérieures. Cette ville ne date que de 1813, et prit son nom d’un des négociants qui, les premiers, ont établi des manufactures de coton. B.

LOWEN, nom flamand de louvain.

LOWENBERG. V. liewenberg et leonberg.

LOWENDAHL (Ulric- Frédéric Woldiîjiar, comte de), né à Hambourg en 1700 , m. en 1755, était petit-fils d’un enfant naturel de Frédéric III, roi de Danemark. Il entra dans les troupes impériales comme simple soldat, arriva au grade de capitaine, servit ensuite comme volontaire dans l’armée danoise contre la Suède, reprit son rang en Autriche, se signala contre les Turcs à la bataille de Peterwardein, aux sièges de Temeswar et de Belgrade, et passa dans le royaume de Naples , où il fit les campagnes de 1718 à 1721. Auguste, roi de Pologne , l’attira auprès de lui , le nomma maréehal-de-eamp et inspecteur de l’infanterie saxonne. Lowendahl se distingua de nouveau à la défense de Cracovie , 1733 , et dans les campagnes de 1734 et 1735 sur le Rhin. Entrant ensuite dans l’armée russe, il figura , en qualité de général d’artillerie , au siège d’Otohakoff. Chargé de défendre l’Ukraine , il en chassa les Tatars, puis eut une grande part à la victoire de Choczim. Sollicité par le maréchal de Saxe de venir s’établir en France, il accepta , en 1743, le grade de lieutenant-général , commanda la réserve à la bataille de Fontenoy, 1745, prit Gand , Oudenarde, Ostende, Niewport , 1746 , et emporta d’assaut Berg-op-Zoom , 1747. Nommé maréchal de France , il assiégea Maastricht avec le maréchal de Saxe. Après la paix d’Aix-la-Chapelle, 1748, il vécut paisible. Lowendahl était fort instruit ; l’Académie des Sciences l’avait admis au nombre de ses membres honoraires. B.

LOWENSTEIN. V. Lœwenstein.

LOWERZ, vge de Suisse (Schwytz), sur la rive N. d’un charmant lac de même nom; 475 hab. Il faillit être détruit, en 1806, par la chute d’une montagne qui a diminué le lac d’un quart.

LOWESTOFT, v. d’Angleterre (Suffolk), port fortifié sur la mer du Nord , à l’extrémité E. de la Grande-Bretagne , à 35 kil. E.-S.-E. de Norwich , à laquelle la joint un canal , et à l’extrémité d’un bras du chemin de fer de l’Est; 4,647 hab. dans la paroisse. Pêche abondante de la morue, du hareng et du maquereau; bains de mer; 2 phares. — La flotte anglaise, avec le duc d’York, y remporta une brillante victoire sur les Hollandais commandés par d’Opdam , 3 juin 1665.

LOWICZ , v. de la Russie d’Europe (Pologne) , sur la rive dr. de la Bzura, à 51 kil. O. de Varsovie ; 7,000 hab. Ecole normale primaire ; gymnase de Piaristes. Tissage de toiles , blanchisseries de cire.

LOWISA, v. de Finlande. V. Lovisa.

LOWITZ (Tobie), chimiste, né à Gœttingue, m. en 1804 , fut professeur à St-Pétersbourg, et membre de l’Académie impériale. On lui doit la découverte du pouvoir décolorant que possède la poudre de charbon végétal. Plusieurs Mémoires sur ce sujet , ainsi que des recherches sur le vinaigre, sur la dépuration de l’eau, sur le titane, etc., sont insérés dans les Annales de chimie, dans les Annales chimiques de Crell , et dans le recueil de l’Académie de Sl-Pétersbourg. C. L.

LOWLANDS. V. Écosse.

LOWOSITZ. V. Lobositz.

LOWTH ( Robert) , critique anglais , né en 1710 à Winchester, m. en 1787 , étudia à Oxford , y devint professeur de poésie en 1741, fut évêque de Sl-David, 1766, puis d’Oxford , et de Londres , 1777 , et refusa l’archevêché de Cantorbéry. Il était membre de l’Académie de Gœttingue et de la Société royale de Londres. On a de lui : introduction à la grammaire anglaise, 1762, in-12, trad. en français, Paris, 1783, in-12; De sacra poesi llebræorum prœlectiones academicœ , Oxford, 1753, in-4°, et 1763, 2 vol. ir.-8° , Leipsick, 1815, in-8», trad. par Sicard, Lyon, 1812, 2 vol. in-8°, et par Roger, Paris, 1813 , 2 vol. in-8°.

LOXA. V. Loja.

LOXIAS , c.-à-d. en grec qui rend des oracles obscurs , surnom d’Apollon.

LOYALISTES, nom donné en Angleterre, après l’expulsion des Stuarts, à ceux qui acceptèrent la nouvelle dynastie. Les Anglais emploient spécialement l’expression générale de loyauté ( loyalty ) pour désigner le dévouement à la

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— 1650 - LUC

cause du roi. Dans la guerre d’Amérique, les Loyalistes étaient ceux qui tenaient le parti de la Grande-Bretagne.

LOYOLA (Ignace de). V. Ignace.

lotola, sanctuaire en Espagne, et autrefois college de jésuites, dans la province de Guipuzcoa et la commune d’Azpeitia. Fondé au xvil® siècle par la reine Marie- Anne d’Autriche , veuve de Philippe IV, sur l’emplacement du château de Loyola , où naquit saint Ignace de Loyola; le plan de ses magnifiques bâtiments figure un aigle aux ailes déployées; le collège renferme auj. un musée et les archives de la province.

LOYOLA, v. de la république de l’Équateur, à 130 kil.

N. - O. de Jaen-de-Bracamoro , au pied des Andes. Fondée en 1542. Aux environs , mines d’or.

LOYSEAU ( Charles), avocat au parlement de Paris, né en 1566 à Nogent-le-Roi , m. en 1627, fut lieutenant particulier du présidial de Sens, puis bailli de Châteaudun. Ses ouvrages, d’un style très-piquant, roulent généralement sur des matières qui ont cessé d’être en usage , mais conservent un grand mérite sous le rapport historique. L’édition la plus complète est celle de Lyon, 1701 , in-fol. On y remarque : Traité des offices et seigneuries ; Discours sur l’abus des justices de village ; Des ordres de noblesse , etc. Ed. T.

LOYSEAU demauléon ( Alexandre-Jérôme ), né en 1728, m. en 1771 , avocat au parlement de Paris, fut lié avec J.-J. Rousseau , et contribua avec Voltaire à la réhabilitation de Calas. On a publié ses Plaidoyers, 1760, 2 vol. in-4°, et ses Mémoires , 1781 , 3 vol. in-8°.

Loyseau (Jean-Simon), né en Franche-Comté vers 1776 , m. en 1822, vint à Paris en 1807 , et acheta un office d’avocat à la Cour de cassation. Il a laissé : Jurisprudence du Code civil (avec Bavoux), ouvrage périodique, 1804-12, 19 vol. in-8°; Dictionnaire des arrêts modernes, 1809 , 2 vol. in-8« ; Traité des enfants naturels , 1811 , in-8°, avec un Appendice , 1819 , in-8°; De la juridiction des maires de village, 1813, in-12; Mémoire sur le duel , 1819, in-8°.

LOYSON (Olivier), né vers 1765 à Damvilliers, m. à Liège en 1816, entra comme volontaire, au commencement de la Révolution, dans un bataillon de la Meuse, arriva au grade de général de brigade , commanda au 13 vendémiaire an îv sous Bonaparte , présida le conseil de guerre où furent jugés les chefs de cette insurrection, servit en Suisse sous Masséna, fut nommé général de division, et se distingua à Wertingen, Guntzbourg , Austerlitz, reçut en 1806 le gouvernement des prov. de Munster et d’Osnabrück, et combattit en Espagne en 1808. Nommé par Louis XVIII, en 1814 , commandant de la 5e division militaire , il conserva son grade pendant les Cent- Jours; mais, après la bataille de Waterloo, il s’établit dans les Pays-Bas.

loyson | Charles), né à Château-Gonthier en 1793, m. en 1820, maitre de conférences à l’Ecole normale supérieure, se distingua par son goût pour la poésie. En 1814, il entra dans l’administration , et fut chef du secrétariat de la librairie; en 1815, il devint chef de bureau au ministère de l’intérieur. 11 a laissé des Epitres et élegies, Paris, 1819, in-12.

LOZÈRE (Mont), Lesura mons , mont de la chaîne des Cévennes, dans le département de la Lozère, au S.-E. de Mende ; 1 ,490 mèt. d'élévation.

Lozère (la) , département du S. de la France, ch.-l. Mende; formé du Gévaudan, dans la prov. du Languedoc; situé entre les départements du Cantal au N. , de la Haute- Loire à l’E., de l’Ardèche et du Gard au S., de l’Aveyron à l’O.Superf., 524,806 hect ; pop., 137,367 hab. Arrosé par l’Ailier, le Lot, le Tarn, le Gard; couvert par les montagnes des Cévennes et de la Margeride; beautés naturelles remarquables. Climat souvent rigoureux. Sol pauvre; récolte d’un peu de blé, châtaignes, quelques vignes; élève de moutons, porcs, vers à soie. Mines peu importantes d'argent, plomb, antimoine, marbre. Peu d’industrie : soies, cuirs, lainages, papier. Sources minérales à Bagnols-Choldette. Ce département forme le diocèse de Mende et dépend de la cour impériale de Nîmes.

LUA , divinité des anc. Romains , à laquelle on consacrait les armes prises à l’ennemi, et ramassées sur le champ de bataille. Le général en faisait faire un monceau, auquel il mettait le feu. On croit que Lua était la déesse des expiations, et que ce feu servait à purifier l’aruée victorieuse du sang versé par elle.

LUAUCA, v. d’Espagne (Asturies), prov. et à 60 kil.

O. -N. -O. d’Oviédo , port sur l’océan Atlantique; 2,300 hab.

LUBBENAU, v des Etats .prussiens (Brandebourg), sur la Sprée, à 66 kil. S.-O. de Francfort-sur-Oder; 4,000 hab. Tribunaux; école latine. Fabr. de draps, toiles, ta-

bac; eaux-de-vie de grains; brasseries. Château des comtes de Lynar.

LUBECK , Lubeca, Lubecum , v. libre d’Allemagne, capitale de la petite république de son nom, sur la rive g. de la Trave et à son confluent avec la Wackenitz , à 80 kil. N.-E. de Hambourg, à qui elle est jointe par un canal, à 844 kil. N.-E. de Paris et 15 kil. de la Baltique, sur laquelle elle a son port à Travemunde; par 53° 52’ 6” lat. N., et 8° 20’ 48” long. E.; 49,183 hab-, protestants. Siège de l’administration; évêché; cour suprême des

4 villes libres ; gymnase ; écoles d’hydrographie, de commerce, d’industrie, de dessin, de chirurgie, etc.; bibliothèque; monnaie; arsenal; nombreux établissements do bienfaisance. Lubeck , entouré de remparts convertis en promenades , est assez mal bâti ; on y remarque la cathédrale ; l’église Ste-Marie, du xne siècle, surmontée de deux tours très-élevées, et où se trouvent une horloge astronomique et des peintures "de la Danse des Morts; la Bourse ; l’hôtel-de-ville, du XVe siècle, renfermant la salle hanséatique et les archives de la Hanse ; le couvent de SLJean; la maison de correction. Les fabr. de tabac, savon, chapeaux, velours, soieries, cuirs, cordes, toile à voiles, les raffineries de sucre, etc., en sont la principale industrie. Son commerce, quoique déchu, est encore très-important avec le Danemark, la Suède, la Russie, ta Prusse, Hambourg, et l’Angleterre. Bateaux à vapeur poui Copenhague, Christiania, Stockholm, Riga et St-Pétcrsbourg. — Fondée en 1144 par Adolphe II, comte de Holstein , sur les ruines d’une autre Lubeck, détruite par les Rugiens, cette ville fut, en 1158, agrandie par son nouveau possesseur, Henri le Lion, qui lui donna un code appelé le Règlement de Lubeck, et en fit le siège de l’évêché d’Oldenbourg, 1162. Déclarée, en 1226, ville libre et impériale par Frédéric II, sous la protection duquel elle s’était mise, elle devint, en 1241, le foyer et ensuite la métropole de la Ligue hanséatique. La décadence de cette société commerciale au xvie siècle fut aussi un coup porté à la prospérité de Lubeck, qui cependant, par son organisation et sa position, resta une des premières villes d’Allemagne. Lubeck soutint de longues guerres contre les Danois, et souffrit beaucoup pendant la guerre de Trente Ans. Un traité de paix y fut signé, en 1629 , entre Christian IV, roi de Danemark et l’empereur Ferdinand IL En 1806, les Français y défirent les Prussiens, commandés par Blücher , et s’emparèrent de la ville, qui, en 1810, devint un des ch.-l. d’arrond. du département français des Bouches-de-l’Elbe. Elle redevint ville libre en 1814. Patrie de Jung, Mosheira, Meibomius, Kneller, Van Ostade. — La république de Lubeck n’a qu’un petit territoire de 363 kil. carrés, borné au N.-E, par la mer Baltique, à l’E. par le Mecklembourg, au S., à l’O. et au N., par le duché de Holstein ; elle est divisée en

5 districts, et peuplée d’environ 55,000 hab. Son gouvernement est démocratique; le pouvoir exécutif est confié à un sénat de 14 membres, le pouvoir législatif à 120 bourgeois élus par le suffrage universel pour 6 ans, et renouvelés par tiers tous les 2 ans. Le sénat nomme, tous les 2 ans, deux de ses membres aux fonctions de bourguemestres. Revenu : 1,940,000 fr. Dette publique : 20 millions de fr. Force armée : 910 hommes. Lubeck a une voix dans le conseil fédéral de la Confédération allem. du N.: marine marchande en 1861 : 56 navires. B.

LUBERSAC, ch.-l. de cant, (Corrèze), arr. et à 48 kil. N.-N.-O. de Brive; 1,289 hab. Commerce de fruits et de bestiaux. Beau château.

LUBIN (Saint), Leobinus, ne à Poitiers, fut sacré évêque de Chartres en 554, et mourut en 556. Fête, le 14 mars.

LUBITZ, v. du grand-duché de Mecklembourg-Schworin, à 11 kil. S.-E. de Schwerin; 2,500 hab. Toiles, draps, tabac ; distilleries.

LUBLIN , v. de ia Pologne russe, au milieu de lacs et de marais, sur laBistricza, à 150 kil. S.-E. de Varsovie; 9,000 hab., dontmoitié de juifs. Ch -1. de gouvern., et autrefois d’un palatinat. Evêché catholique; tribunaux d’appel, civil et criminel; séminaire, collège de Piaristes. On y remarque la cathédrale de S'-Michel et le palais de Sobieski. Il s’y tient annuellement 3 foires imoortantes. — Le gvt de Lubbn, entre ceux de Plock, Varsovie, Radom, Grodr.o, Wolhynie, et la Galicie, a 967,202 hab.

LUC (Saint) , évangéliste, naquit à Antioche. On est fondé à croire qu’il exerça la médecine ; mais le talent pour la peinture, que le moyen âge lui attribua, n’est nullement prouvé. 11 devint le disciple et le compagnon de S1 Paul, le suivit en Macédoine, en Grèce, et jusqu’à Rome, où il partagea sa prison. Après le martyre de son maître, il parcourut, en prêchant, l’Italie, la Gaule, l’Asie Mineure, et l’Egypte, et vint mourir pour la foi en Achaie

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LUC

Vête, le 18 octobre. L 'Evangile de S1 Luc est le 3® dans l'ordre chronologique; il fut composé l’an 51 ou 53 de l’ère chrétienne , et adressé à Théophile , païen converti ; il rapporte plusieurs traits omis par S1 Mathieu et par S1 Marc. On doit encore à S* Luc les Actes des apôtres, histoire des premiers temps de l'Eglise, qui s’arrête à la 2® année du séjour de S1 Paul à Rome, et qui fut écrite, par conséquent, vers l’an 63. La pureté , la noblesse et l’élégance distinguent les œuvres de S1 Luc. Il a pour emblème le bœuf. — Il y eut à Rome une académie de peinture, dite de St Luc, fondée au xvi® siècle par Muziano ; elle a été réunie en 1676 à l’école fondée par Louis XIV. En France, S1 Luc fut pendant longtemps le patron des médecins ; l’Académie de Paris célébrait sa fête. Cet usage a cessé vers la fin du xvie siècle. L — n.

Luc (le), ch.-l. de cant. (Var), arr. et à 27 kil. S. -O. de Draguignan; 2,885 hab. Comm. de marrons, bouclions de liège. Verrerie aux environs.

luc- en -diois (le), Lucus Augusti , ch.-l. de cant. (Drôme) , arr. et à 21 kil. S.-E. de Die , près de la rive df. de la Drôme; 910 hab. Ce ne fut pas, comme le dit Pline, le ch.-l. des Voconces. Sa fontaine publique est un j tombeau antique. — Le lac de Luc, formé, en 1442, par l’éboulement d’une masse de rochers dans le lit de la Drôme , est auj. desséché, et se nomme le Claps.

lüc-sur-mer, vge (Calvados) , arr. et à 16 kil. N. de Caen; 1,821 hab. Pêche importante; préparation des salaisons de Caen. Bains de mer.

LUC (Charles-François, comte du), de la maison de Vintimille, né en 1643, m. en 1740, fut ambassadeur de France en Suisse, puis en Autriche. J. -B. Rousseau, qu’il protégea, lui a dédié une de ses plus belles odes.

LUCA, peintre florentiii du ixe siècle, que sa piété fit surnommer II Santo, est l’auteur des tableaux de la Vierge avec l’enfant Jésus que l’on voit à Bologne et à Rome ; une ressemblance de nom les fit attribuer à S1 Luc.

LUCA , nom latin de lucques.

LUCAIN , Marcus Annœus Lucanus , poëte épique latin , né à Cordoue l’an 792 de Rome, 39 de J.-C., d’Annæus Mêla, frère de Sénèque, et m. l’an 818, fut porté à Rome dès sa première enfance. Sa parenté avec Sénèque le rapprocha de Néron ; mais, l’ayant emporté dans un concours poétique sur l’empereur, il se vit interdire la poésie et les plaidoyers. Pour se venger, il entra dans la conspiration de Pison. Découvert, il eut la lâcheté de dénoncer sa mère : cette infamie lui fut inutile ; Néron lui laissa le choix de son genre de mort; il se fit ouvrir les veines, et mourut en déclamant des vers d’un grand poëme épique qui a transmis son nom jusqu’à nous, de la Phartale. Ce poème , en 10 chants , est le récit de la lutte entre César et Pompée ; il dépasse la mort de celui-ci, et s’arrête, d’une façon assez inexplicable, à la bataille de Munda. Th. May y a ajouté un supplément en 7 chants jusqu’à la mort de César. C’est une œuvre historique bien plus que poétique, pour le sujet , le plan et l’inspiration; rien n’y exige et n’y justifie le vers ; le merveilleux y est postiche, et l’imagination oratoire. C'est aussi , comme l’a remarqué Quintilien, le caractère de son style, nerveux, précis, exact, semblable en tout à une bonne prose. Sa versification est brillante, mais monotone ; il affecte les coupes à effet. A travers beaucoup de déclamation et de surabondance , Lucain a de belles pensées , et , dans certains passages, une élévation qu’il doit au stoïcisme. Il croit aux grandes idées qu’il développe , il ne voit pas ce qu’elles ont de faux ; cette sincérité soutient son œuvre , et la place au second rang malgré ses défauts. Les principales éditions de la Pharsale sont celles d’Oudendorp , Leyde, 1728; de P. Burmann , Leyde, 1740; de Bentley, 1760 ; de Weber, Leips. , 1821-31, 3 vol. in -8°; de Naudet, dans la Bibliothèque latine de Lemaire. Il existe des traductions françaises, en vers, par Brébeuf, 1658 ; en prose, par Marmontel, 1766; Chasles, Greslou, et Courtaud, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke , 2 vol. in-û°, 1835-36. Lucain avait encore composé 2 poèmes héroïques , une tragédie de Médée , et des épîtres : tous ces ouvrages sont perdus. D — r.

LUCANIE, contrée de l’Italie ancienne, dans la Grande- Grèce, bornée au N. par le fleuve Silarus, à l’E. par le Bradanus et le golfe de Tarente, au S. par le Crathis et le Laos, à l’O.par la mer Tyrrhénienne. Les villes étaient : sur la côte O., les colonies grecques de Posidonie ou Pæstum, Elée ou Vélia, Pyxus, Laos; sur le golfe de Tarente, Sybaris, Thurii, Siris, Héraclée, Pandosie, Métaponte ; dans l’intérieur, Grumentum, Sontia, Tegianum, Atinum, Vulci, Poteutia, et Forentum. Les Lucaniens, branche des Samnites, n’occupèrent d’abord que la partie centrale

de l’anc. Œnotrie, les gorges de l’Apennin, abandonnant les côtes des deux mers aux colonies Helléniques: mais ils attaquèrent ces villes vers le milieu du v® siècle, s’emparèrent de Pandosie, de Laos, menacèrent Thurii, et inspirèrent une telle terreur, que les Grecs de cette contrée formèrent contre eux, avec Denys l’Ancien, tyran de Sicile, une ligue défensive, 394. La ligue fut vaincue, et, au milieu du IVe siècle, les Lucaniens dominaient du Silarus au golfe de Scylacium. Ils se partageaient en plusieurs cantons , qui avaient chacun ses lois particulières et son chef, appelé Meddix ou Prœfucus. Cette division , et la révolte des Brutiens, en 355, affaiblit leur puissance, et leur frontière recula jusqu’au Laos et au Crathis. Ils voulurent attaquer de nouveau Thurii, qui implora le secours de Rome : l’abricius les battit en 282; ils se joignirent à Pyrrhus dans la guerre de Tarente, mais furent vaincus encore et définitivement soumis par Papirius en 272. Les Lucaniens étaient les plus barbares de tous les peuples d’origine samnite. La Lucanie correspond à une partie des provinces modernes de Cosenza, d: Pctenza, et de Salerne. C. P.

LUCAR (Cyrille), patriarche grec. V. Cyrille.

LUCAR -DE-BARRAMEDA (SAN-), Fanum sancti Lucifer i, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 30 kil. N. -O. de Cadix, sur la rive g. et à l’embouchure du Quadalquivir dans l'océan Atlantique ; 19,900 hab. Port vaste et sûr, défendu par deux châteaux-forts. Pêche abondante. Manuf. de coton et soieries ; tanneries. Marais salants aux environs. Commerce considérable devins renommés (mansanilla, jerez, muscatel), eaux-de-vie, sel, huile, fruits. — Prise sur les Maures par Alphonse le Sage, en 1264.

lucar-la— mayor (SAN-), v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 11 kil. O. -N.- O. de Séville; 3,700 hab. Elle eut titre de duché, et appartint à la maison de Guzman; le ministre Olivarès fut duc de San-Luear.

LUCARIES , Lucariæ, fête des anc. Romains , instituée en commémoration de ce que l’armée romaine, battue, lors de l’invasion gauloise de l’an 365, avait trouvé un refuge dans un bois (lucus) entre la voie Salaria et la rive gauche du Tibre. Les Lucaries revenaient annuellement le 14 des calendes de sextilis ( 19 juillet) .

LUCAS de Leyde, peintre, né à Leyde en 1494, ra. eu 1533, publia, dès l'âge de 9 ans, des planches sur cuivre de son invention. A 12 ans, il exécuta à la détrempe et sur toile la légende de S1 Hubert. A 15 , il grava une Tentation de S‘ Antoine , qui rivalise avec celle de Callot, et une admirable Conversion de S1 Paul. Voyageant pour se perfectionner dans son art, on croit que des rivaux jaloux l’empoisonnèrent en route, car, depuis son retour jusqu’à sa mort, il garda constamment le lit. Ce fut dans cette triste position qu'il exécuta son chef-d’œuvre, Jésus guérissant l'aveugle de Jéricho, en 1531. Son œuvre gravé se compose de 172 planches. Ses tableaux authentiques sont très-rares ; on remarque l’ Adoration des Muges au musée d’Anvers, et l’ Adoration des bergers à Notre-Dame de Tournai. Le dessin en est d’une grande netteté, le coloris splendide et harmonieux; par un singulier mélange, l’expression d’un sentiment élevé s’y trouve souvent unie à des types et à des postures vulgaires. On cite encore le Jugement dernier, à l'hôtel-de-ville de Leyde. Le Louvre possède de ce peintre deux tableaux : le livret lui en attribue un 3®, la Salutation angélique. A. M.

LUCAS (Paul), célèbre voyageur, né à Rouen en 1664, m. en 1737, se livra d’abord au commerce de la joaillerie, et voyagea pour cet objet à Constantinople, en Syrie et en Egypte. Puis il prit du service dans les troupes vénitiennes, assista au siège de Négrepont, fit la course contre les Turcs, et revint en France vers 1696. 11 entreprit alors des voyages dans le Levant, pour recueillir des pierres antiques gravées, des médailles et des manuscrits. Dépouillé de ses collections par un corsaire, il en forma de nouvelles, qui furent déposées au cabinet du roi. Louis XIV le nomma son antiquaire en 1714, et Louis XV lui donna encore d’autres missions en 1723. Il voulut aussi visiter l’Espagne, fut bien accueilli par Philippe V, mais mourut peu de temps après son arrivée à Madrid. On a de lui ; Voyage au Levant, Paris, 1704, 2 vol. in-12; Voyage dans la Grèce, T Asie- Mineure, la Macédoine et l’Afrique, 1710, 2 vol. in-12; Voyage dans la Turquie, l’Asie, la Syrie, la Palestine, la Haute et Basse-Egypte, 1719, 3 vol. in-12. Malgré ses inexactitudes et son exagération, on peut le consulter avec fruit Baudelot de Dairval l’aida à rédiger le 1«* ouvrage, Fourmont le 2®, et l’abbé Banier le 3®. B.

LUCAS DE CRANACH. V. CRANaCII.

LUCAYES (iles). V. Bahama.

LUCCA, nom italien de Luccjues.

LUC

LUC

LUCE (Saint). V. Lucius.

luce (Sainte). V. lucie.

luce i Louis-René), graveur, né à Paris vers la fin du xvne siècle, se distingua dans la gravure sur métaux par le bon goût de ses dessins et par l’habileté de l’exécution. Nommé graveur à l’Imprimerie royale , il substitua aux vignettes en bois des poinçons en métal, confectionnés de manière à pouvoir s’agrandir ou se rétrécir à volonté, et se combiner avec les lettres. On conserve toujours cette collection. Luce avait aussi gravé une fonte de caractères qui n’étaient guère lisibles qu’à la loupe.

luce de la NCI val ( Jean-Charles-Julien ), poëte, né à S‘-Gobain en 1766, m. en 1810. Professeur de rhétorique au collège de Navarre à 22 ans, un caprice d’imagination le transporta dans la chaire religieuse, et, prédicateur en vogue, il était déjà grand-vicaire de l’évêque de Lescar, lorsque la Révolution vint rompre ses vœux, et lui fit quitter la chaire pour le théâtre, où il ne fut pas très-heureux. 11 a donné fi tragédies, dont les principales sont : Mucius Sccevola, en 3 actes, 1793; et Hector, en 5 actes, 1809 , son meilleur ouvrage , pièce puisée tout entière dans X Iliade. Il a composé encore un poème épique en 6 chants, imité de Stace, Achille à Scyros , dénué d'action et d’intérêt, mais où il y a quelque talent de style. Quand on réorganisa l’Université, Luce de Lancival fut nommé professeur de rhétorique au Lycée impérial, auj. Louis-le- Grand. Il avait un goût très-vif pour l’enseignement, et il y réussissait beaucoup ; néanmoins il ne renonça pas au culte des muses : quelques poésies légères et gracieuses, et une satire beaucoup trop longue , Folliculus , dirigée contre le critique Geoffroy , achevèrent une réputation qu’il soutenait d’un autre côté comme homme du monde, par l’agrément de son esprit et la bonté de son cœur. Ses Œuvres ont été recueillies en 1826, 2 vol. in-8°, par M. Colljn de Plancy. G. L.

LUCÉ ( le GRAND-). V. Grand-Lucé.

LUCENA, v. d’Espagne (Andalousie), prov. età 63 kil. S.-E. de Cordoue. Belle église. Bains d’eaux minérales. Comm. d’huiles, vins, etc. Population de la commune • 21,000 hab.

LUCENAY- L’ÉVÊQUE, cli.-l. de cant. (Saône-et- Loire), arr. et à 15 kil. N. -N. -O. d’Autun ; 464 hab.

AUCENTUM, v. d Hispanie ( Bétique), chez les Contestants, port sur la Méditerranée. Auj Alicante.

LUCERA, anc. Luceria, v. du royaume d’Italie, dans 'a province et à 17 kil. O. -N. -O de Foggla; 14,517 hab. Evêché. Haute cour criminelle de la province, tribun 1 civil, collège royal, bibliothèque, collections de médailles et d’antiquités. Belle cathédrale. — Anc. cité des Samnites, fondée, dit-on, par Diomède, à l’O. de l’Apulie, et fameuse par la beauté de ses laines, elle fut prise par les Romains sur Pontius Ilérennius, 320 av. J.-C., détruite après une révolte, puis rebâtie. Déjà ruinée au temps de Strabon, elle servit plus tard de poste avancé aux Lombards. Vers 665, l’empereur Constant II, dans son expédition en Italie, la prit et la brûla; mais elle se releva de ses ruines, puisqu’elle résista aux armes de Charlemagne, 802, et à celles des Normands , 1107. Toutefois elle était retombée dans un état misérable , lorsque l’empereur Frédéric II conçut le projet de faire de Lucera une colonie militaire pour les Sarrasins qu’il avait transportés de Sicile en Capitanate; en 1233, il fit construire près de l’anc. ville une citadelle entourée d’une enceinte fortifiée, qui existe encore aujourd’hui. Cette enceinte renfermait alors des mosquées, des arsenaux, des ateliers et des maisons pour une population qu’on peut évaluer à 60,000 âmes. Les Sarrasins de Lucera, fort redoutés par les papes, servirent très -fidèlement les princes de la maison de Souabe, et résistèrent à Charles d’Anjou, qui les réduisit par la famine en 1269. Il les employa ensuite dans ses guerres contre la Sicile et l’empire grec. Mais son fils Charles II s’indigna d’une tolérance contraire à l’esprit du temps ; il chassa les Arabes de Lucera, condamna à la mort ou à l’esclavage tous ceux qui ne voulurent pas se convertir, et changea le nom de la ville en celui de Santa- Maria , 1299-1304. Cependant l’ancien usage a prévalu. Lucera a gardé son nom. Plusieurs historiens du moyen âge ont confondu cette ville avec Nocera degli pagani , dont ]£ surnom, beaucoup plus ancien, se rattache aux invasions arabes du ixe siècle; il n’y eut jamais, sous Frédéric II, de colonie sarrasine à Nocera. H. B.

LUCERES, nom d’une des trois tribus primitives de Rome, de la 3e qui occupait le mont Cœlius. C’était une colonie d’Etrusques établie là par Tullus Hostilius, et conduite par le lucumon Cœlès Vilenna. Lucères venait de Lucerum, lieu d’origine de ces colons.

LUCERNAIRE ( du latin lucerna , flambeau), nom donné quelquefois au répons des Vêpres, ou aux Vêpres ellesmêmes, parce que cette partie de l’office se chantait jadis le soir et aux lumières.

LUCERNE, en allemand Luzern, v. <3 - Suisse, cli.-l. du cant. de sou nom, à l’extrémité N. -O. du lac de Lucerne, à 80 kil. S.-E. de Bâle, par un chemin de fer. 64 U. -N. -O. de Berne, 37 S.-S.-E. de Zurich; par 47° 3’ 22" lat. N., et 5° 58' 42" long. E ; 11,522 hab. (dont 10,859 catholiques). C’était, avant 1848, une des trois villes directoriales, siège de la diète fédérale. Résidence du gouvernement, des administrations et tribunaux cantonaux. Lycée,, gymnase, école polytechnique, séminaire, bibliothèque. Arsenal, avec collection d’armoiries et trophées. Les rues sont, en général, droites et larges. On doit citer la cathédrale de Sl-Leodegar (Sl-Léger), avec de beaux vitraux, une sonnerie et un orgue remarquables; 1 hôtel de ville; plusieurs fontaines gothiques; le pont couvert, dit Hofbrücke, de 98 arches, jeté parallèlement à la Reuss sur un petit golfe qu’elle forme, et orné de 238 tableaux représentant des sujets tirés de la Bible; les ponts Mülilenbruche et Kapellbrücke, qui ont aussi des toits ornés en dedans de très-anciennes peintures. Filatures de coton, lin, chanvre; tanneries, blanchisseries, brasseries; fabr. de bas, gants, papier, draps légers, chapeaux et ouvrages en paille. Comm. de fromages, bestiaux, eau de cerise, vins, fruits. Transit actif avec la France, l’Allemagne et l’Italie. Près de la ville est un lion colossal, taillé dans la montagne, sur les plans de Thorwaldsen, en mémoire des soldats suisses qui moururent à Paris eu défendant le roi dans la journée du 10 août 1792. Lucerne tire son nom, dit-on, d’un fanal [lucerna), allumé jadis à la pointe du lac pour servir de guide aux voyageurs. Cédée en 788 aux abbés de Murbach par Pépin le Bref, elle fut, au xmc siècle, vendue par l’un de ces abbés, à la maison de Habsbourg. En 1332, ses habitants proclamèrent leur indépendance, et se réunirent aux trois cantons primitifs de la ligue helvétique. Son gouvernement fut oligarchique. Prise par les Français eu 1798, elle fut, pendant 8 mois, la capitale de toute la Suisse. Elle a joué un rôle dans la guerr du Snnderbund; l’armée fédérale, commandée parle général Dufour, la prit en 1847. — Le canton de Lucerne, au centre de la Suisse, entre ceux d’Argovie au N., de Berne à l’ü. et au S., de Zug, Untenvald et Schwitz à l’E., a 1,244 kil. carr., et 130,504hab. (dont 127,867 catholiques) . Près iic la moitié du territoire forme la vallée de l’ÊmiLe ou de l’Entlebuch, dans le bassin de l’Aar et de la Reuss. Sol montueux, couvert de lacs, dont les principaux sont ceux de Baldegg, de Sempach et de Lucerne, fertile en grains, vins, fruits, plantes oléagineuses. Beaux pâturages; préparation de fromages estimés; élève de bétail. La constitution du canton, rédigée en 1815, a subi une révision en 1840 et en 1842. La souveraineté réside dans le peuple, représenté par un grand conseil de 100 députés. Le pouvoir exécutif est exercé par un petit conseil de 15 membres élus pour 3 ans par le grand conseil, et dont le président prend le titre d’avoyer ; de ce conseil dépendent les divers départements ministériels. Il y a une hautecour d’appel, composée de 13 membres élus par le grandconseil, un tribunal militaire, un tribunal criminel, 18 tribunaux de lre instance, et des juges de paix. Le canton de Lucerne est le 3e de la confédération par ordre d’admission, le 10e par son étendue, le 7e par sa population. On y parle l’allemand. B.

Lucerne ( Lac de) , n’est proprement qu’un golfe du lao des Quatre-Cantons ( V . ce mot), au N. -O. Souvent on étend le nom de Lucerne à ce lac tout entier.

LUCHÉ , brg (Sarthe ), arr. et à 13 kil. E. de La Flèche, sur la rive dr. du Loir; 795 hab-

LUCHEUX, brg (Somme), arr. et à 7 kil. N.-E. de Doullens , près d’une vaste forêt; 1,320 hab. Comm. important de bois. On remarque le château et l’église.

LUCHON ( B AGNÈ RES-DE- ). V. Bagnères.

LUC1BURGUM ou LUCILIBURGUM, nom latin do Luxembourg.

LUCIE (sainte), vierge et martyre, mise à mort l’an 304 à Syracuse. Fête, le 13 décembre.

lucie ( sainte-), île , une des Petites- Antilles (Antilles anglaises ) , par 13° 50’ lat. N. et 63° 25’ long. O. , entre ia Martinique à 30 kil. au S. , et S^Vincent à 40 kil. N.-N.-E. ; 50 kil. sur 18 ; 27,150 hab. Ch.-l. , Caslries ou le Carénage. Climat malsain. Sol montagneux et volcanique, divisé en deux parties (Capisterre et Basse-Terre). Belles forêts et bonne culture. De 1637 au traité de Paiis ( 1814) qui la donna définitivement aux Anglais, elle fut continuellement disputée entre ces derniers, les Français et les Caraïbes.

LUC

LUC

lucie (sainte-), v. de Sicile , à 28 kit. O.-S.-O. de Messine, sur le mont Dinnamare; 5,200 hab. Abbaye prélatiale.

LUCIE-DI-TALLANO (SAINTE-) , Ch.-l. de Cant. (Corse) , avr. ctà 18 kil. N.- E. de Sartène; 770 hab. Aux environs, à Tellauo, bains d’eaux thermales sulfureuses.

LUCIEN, Lucianus, sophiste, satirique et moraliste célèbre, né à Samosate (Syrie), vers l’an 137 à 140 ap. J.-C., vécut jusque dans une vieillesse fort avancée. Il étudia «l’abotd l'art du sculpteur; puis ayant cru voir dans un son^e la Sc euce qui lui promettait un renom immortel (T. Le Songe, dans ses œuvres), il se livra aux lettres, et entra au barreau. Après avoir plaidé quelques causes à Antioche, il se dégoûta de la chicane, et s’adonna aux déclamations et aux improvisations des sophistes, moyeu plus sûr et plus court alors d’arriver à la considération et à la fortune. Jeune encore, il visita l’Asie, la Grèce, la Gaule, l’Italie et Rome, dont il a peint la corruption avec une effrayante énergie dans une Letlre à Nigrinus. A cette époque doivent se rapporter un certain nombre de ses pièces diverses, le Deuil, le Maître des rhéteurs , Phalaris, Hippias ou le Bain, le Jugement des voyelles, l'Éloge de lu mouche , l'Elo ie de la patrie, etc., productions légères par le fond, subtils jeux d’esprit , dont le style fait presque tout le mérite, lie retour à Athènes, dans la maturité de l’âge , Lucien renonça à l'art frivole des rhéteurs, pour suivre les leçons sérieuses du philosophe Démonax. Muni de connaissances nouvelles , il voulut alors éclairer les hommes sur leurs préjugés, sur leurs superstitions, et sur leur sotte admiration pour les charlatans qui se paraient du titre de philosophes. Devenu moraliste, h composa 26 Dialogues des dieux, 15 Dialogues marins, 30 Dialogues des morts, et 15 Dialogues des courtisanes. Il écrivit aussi une foule d’autres morceaux destinés à démasquer les fourberies de toute espèce, tels que l’ Histoire véritable contre les mauvais historiens, attaqués en règle dans le traité De la manière d'écrire l’histoire; les Littérateurs à la solde des grands, contre les gens de lettres qui prostituent leur talent pour complaire aux puissants du jour. Nommé intendant d’une partie de l’Egypte par Marc- Aurèle , il fut en butte aux attaques de ses administrés, et se justifia dans une Apologie qui est restée. Agé de 50 ans , il revint à Samosate , qu’il quitta bientôt pour voyager en Cappadoce et en Paphlagonie. Outre les ouvrages déjà cités, il a laissé quelques poésies [le Goutteux tragique, le Pied léger, 42 Epigrammes ) . — Comme sophiste, Lucien ne dépasse guère tous ces orateurs ambulants , à la parole facile, à l’esprit souple et délié, toujours prêts à faire une improvisation spirituelle, spécieuse et brillante sur un sujet donné La lecture de ses œuvres en ce genre n’est dépourvue ni d’agrément, ni d’intérêt littéraire; mais ce n’est ■qu’un divertissement futile , sans fruit réel. Sceptique en religion, il l’est encore en philosophie, et railie tous les chefs des écoles philosophiques. 11 rejette systématiquement ce qui ne tombe pas sous les sens , et ne voit que chimères dans le monde de la pensée. C’est moins un véritable esprit philosophique qu’une méthode satirique qui lui permet de tourner tout en ridicule. Sans y songer, il servait, par ces attaques , la cause du christianisme, si mal jugé par lui. Le moraliste a dévoilé tous les travers de ses contemporains avec un admirable bon sens , une verve et un esprit intarissables. L’avarice des vieillards, le désappointement des chercheurs d’héritages , la crédulité de la foule, l'emphaxe des rhéteurs, la forfanterie des philosophes , sont pour lui autant de sources fécondes de fines plaisanteries et de leçons attrayantes. La forme qu'il emploie est celle du dialogue , et il s’y montre l’heureux rival de Platon pour la familiarité des tours , la grâce et le piquant de la diction. Son style, toujours correct et d’une élégance soutenue, s’élève à la hauteur des écrivains attiques, dont il a la clarté et la simplicité. Mais en se moquant, avec l’originalité la plus piquante et la gaieté la plus communicative, de toutes ses victimes, cet héritier direct d’Aristophane pour la verve, l’ironie piquante et le trait vif et acéré , l’est aussi de son langage obscène et licencieux. Il n’en reste pas moins un des écrivains les plus ■fins et les plus ingénieux de l'antiquité. Il a eu de nombreux imitateurs. L'Ane d’ord'Apulée aétéinspiré par l’Ane de Lucien. A la Renaissance, une foule d’écrivains tâchèrent d’en reproduire le côté burlesque, en faisant en latin l’éloge d’objets qui ne le méritaient guère; Erasme donna V Eloge de lu folie ; Dousa , l 'Eloge de l’ombre ; Mélanehthon, l'Eloge de l'oie; Passerat , l'Eloge de l'âne; J ste-Lipse, V Eloge de l’éléphant , etc. Fénelon et Fonteuelle en prirent l’idée de leurs Dialogues des morts. C’est encore de l'Histoire véritable de Lucie’Uque Swift a tiré le plan de son Gulliver. Le manuscrit de Lucien, apporté de Constantinople eu

Italie par le Sicilien Aurispa en 1425, fut imprimé pour la première fois en 1496 Les meilleures éditions sont celles de Bourdelot, Paris, 1615, in-fol.; de Benoit, Saumur, 1619, 2 vol. in-8°; Cum nolis variorum , Amsterdam, 1687,

2 vol. in-8°; d’Hemsterhuys et Reitz, 1743-46, 3 vol. in-4°, de Deux-Ponts, 1789-1793, 10 vol. in-8°; de I.ebmann, Leipzig, 1822-1831, 9 vol. in-8°; de C. Jacobitz, Leipzig, 1853, 3 vol. in-12; de G. Dindorf, dans la Bibliothèque des auteurs grecs de Didot. Faris, 1840, gr. in-8°; de Bekker, Leipzig, 1853, 2 vol. 5r.-8° Toutes ces éditions ont des traductions latines. Lucien a été traduit en français par Perrot d’Ablaneourt, 1654, 2 vol. in-4", et 1707,

3 vol. in-12; l’abbé Massieu, Paris, 1784, 6 vol. in-8»;

Belin de Ballu, Paris, 1789, 6 vol. in-3», travail très-estimable, reproduit, en OEuvres choisies, dans la bibliothèque Charpentier, 1 vol. in-12; enfin par M. E. Talbot, qui a traduit les OEuvres complètes , travail remarquable, Paris, 1857, 2 vol. in-12. Coui-ier a donné une édition de l’Ane avec une traduction en vieux français. F. B.

Lucien (Saint], apôtre de Beauvais, où il subit le martyre en 290, est fêté par l’Eglise le 8 janvier.

Lucien (Saint), de Samosate, prêtre à Nicomédie, et martyr en 312, se voua à l’étude des livres saints, dont il donna une édition grecque, meilleure que les précédentes et fort estimée de l’Eglise. Compris dans la persécution de Dioclétien , il déploya un grand courage en face de ses juges, auxquels il adressa une éloquente apologie de la foi qu'il confessait. Fête, le 7 janvier et le 15 octobre.

lucien Bonaparte, 3° fils de Charles Bonaparte et de Lætitia Ramolino, né à Ajaccio en 1773, ra. à Viterbe le 29 juin 1840. Obligé de fuir de Corse avec sa famille, 179.3, pour échapper au parti hostile à la République, il fut employé à Marseille dans l’administration des vivres, et épousa, en 1795, Christine Boyer, fille d'un aubergiste. Des relations d’amitié avec Robespierre le jeune le firent considérer comme terroriste après le 9 thermidor, et il fut quelque temps emprisonné à Aix. Commissaire-ordonnateur en Corse en 1796 , il fut député, deux ans après, par le dép. du Liamone, au Conseil des Cinq-Cents, dont il était président lors du 18 brumaire. Il contribua puissamment au succès de ce coup d’Etat. Nommé ministre de l’Intérieur par le 1er consul, son frère, il essuya bientôt une disgrâce, qui était due à son caractère indépendant; mais, chargé d'une ambassade en Espagne, il reprit faveur, en faisant prévaloir dans ce pays l’influence française contre le parti anglais, et, en 1802, fut nommé tribun , puis sénateur. Son second mariage avec la veuve de l’agent de change Jouberthon déplut encore à son frère, et il se retira à Rome, 1804, auprès du pape Pie VII, qui érigea pour lui en principauté la terre de Canino.En 1810, il partit pour les Etats-Unis, fut pris en mer par les Anglais , qui lui assignèrent la résidence de Ludlow, acheta près de cette ville la terre de Tomgrave, recouvra la liberté en 1814, se réconcilia avec l’empereur pendant les Cent-Jours, siégea à la Chambre des Pairs, et, après Waterloo, soutint énergiquement les droits du roi de Rome et la régence de Marie-Louise. Quand Napoléon 1er eut quitté la France, il reprit le chemin de Rome , fut retenu prisonnier dans la citadelle de Turin, d’où il sortit par l’intercession du pape, et acheva ses jours dans la retraite. D’un esprit élevé, d’un caractère énergique , républicain de cœur, il conserva jusqu’à la fin ses convictions. Ami des lettres et des arts, admis à l’Institut dès 1803, il forma une belle collection d’antiquités, principalement de vases étrusques, et publia : Charlemagne, poeme épique, 1815, 2 vol. in-8° ; la Tribu indienne, roman , 2 vol. in-12; la Cyrnéide, ou la Corse sauvée, poëme épique, 1820, in-8°; Balliilde, reine des Francs, poëme en 10 chants, 1820. Pour sa postérité, V. Bonaparte. B.

LUC1ENNES ou LOUYECIENNES , Lupicinus , trèsancien vge |Seine-et-Oise),arr. età7 kil. N. de Versailles , à 2 S.-E. de Marly; 919 hab. Beau château, construit par ordre de Louis XV, en 1772, pourMme Du Barry, avec un pavillon charmant, bâti par Ledoux, sur une terrasse d’où l’on jouit d'une vue magnifique sur la campagne de Paris.

LUCIFER, c.-à-d. qui apporte la lumière, nom de la planète Vénus, lorsque, apparaissant sur l’horizon, elle précède les premières lueurs du matin. La mythologie grecque en faisait un dieu, fils de Jupiter et de l’Aurore. — Lucifer est aussi, dans les saintes Ecritures, le nom du plus brillant et du plus orgueilleux des anges rebelles.

Lucifer, évêque de Cagliari , m. en 370, provoqua la convocation du concile de Milan, 355, où, en qualité de légat du pape Libère, il défendit S1 Athana>e contre les Ariens. L’empereur Constance, partisan d’Arius, l’exila en Syrie, puis en Palestine. Il employa le temps de sa pro-

LUC

LUC

scription à écrire contre les hérétiques; puis il se rendit à Antioche, 361 , où , au lieu d’apaiser, comme il l’avait promis, la querelle des Eustathiens et des Méléciens, il prit parti pour les premiers. Il se mit à la tête du schisme qui éclata quand le concile d’Alexandrie eut condamné les Eustathiens. Ses écrits ont été publiés à Paris, 1568, et à Venise, 1778, in-fol. — Les Lucifériens , ses disciples, se répandirent partout , mais ils eurent peu de succès, si ce n’est en Sardaigne, où leur chef avait vécu. L — h.

LEGION ANO, v. du roy. d’Italie, prov. et à 25 kil. S.*0. d’Arezzo; 3,840 hab. Près de là est le sanctuaire de la M'ulonii-delle-Querce. Echec des Français en 1555.

LUCILIUS (Caïus), satirique romain, né à Suessa Aurunca (Latium), l’an 605 de Rome, 148 av. J.-C., m. l’an 651 , perfectionna la satire encore grossière chez Ennius, et lui donna la forme qu’adoptèrent depuis Horace, Ju vénal et Perse. Chevalier romain et ami de Scipion l’Africain, qu’il suivit au siège de Numance, il poursuivit les vices de son temps avec une vigueur terrible, sans reculer devant les personnalités les plus violentes. Il composa 30 satires , écrites presque toutes en vers hexamètres, et dont il ne reste que des fragments peu étendus, qui permettent cependant de reconnaître l’énergie, la finesse et l’originalité de sa manière. Cicéron et Quintilien vantent son esprit et son sel ; Horace lui reproche de l’incorrection, de la dureté dans son style, une composition mal réglée. D’après les fragments qui nous restent , on trouve partout chez Lucilius les défauts dë l’improvisation. Ces fragments ont été publiés par H. Estienne, 1564; par Dousa, qui en donna une édition plus complète, Leyde, 1597, in-4°. L’édition la meilleure, sous tous les rapports, est celle de

M. Corpet, avec traduction française, la première qui ait

été faite, 1 vol. in-8®, Paris, 1845, dans la Bibliothèque latine-frcnçaise de Panckoucke, 2e série. D — k.

lucilius Junior, poète latin , né à Naples, fut disciple et ami de Sénèque, qui lui a adressé toutes ses Lettres. D’une naissance obscure, il devint chevalier romain , et remplit pendant longtemps le poste de procurateur de Néron en Sicile. On lui attribue un petit poème descriptif de 500 vers environ, intitulé : l'Etna, publié à Amsterdam, 1703, à Leipzig, 1826, et dans la Bibliothèque latine-frans'aise de Panckoucke, avec traduction par M. J. Chenu, 2e série, 1843.

LUCILLE , impératrice romaine, fille de Marc-Aurèle et de Faustine, née en 146, m. en 184, épousa, à l’âge de 17 ans, L. Vérus, qu’elle empoisonna, dit-on, se livra à toutes sortes de désordres, et conspira contre Commode, son frère, qui l’exila dans l’ile de Caprée et la fit tuer par un centurion.

LUCINE ( de lux, lumière), déesse de la lumière ou de la vie, présidait à la naissance des enfants ; on la confond souvent avec Junon ou avec Diane.

LUCIUS, 2e fils d’Agrippa, fut adopté, ainsi que son frère Caius, par l’empereur Auguste, et mourut l’an 2 de J.-C., à Marseille, en allant prendre le commandement des légions d’Espagne. La Maison Carrée de Nîmes était un temple dédié aux deux fils d’Agrippa.

Lucius de patras, écrivain grec, contemporain de l’empereur Antonin, est regardé comme l’auteur du conte de V Ane d’or, dont Lucien a donné un extrait sous le titre de Lucius ou la Métamorphose. Le fond en est le même que celui de l'Ane d'or d’Apulée. Courier en a donné une édition, avec traduction française, Paris, 1818, in-12.

Lucius Ier (Saint), pape en 252-3, ne régna que 5 mois. Fête, le 4 mars.

lucius il, Bolonais, pape en 1144, eut un pontificat court , mais orageux. Sommé d'abandonner ses droits régaliens et de renoncer à toute souveraineté temporelle par les partisans d’Arnaud de Brescia, il réclama l’appui de l’empereur Conrad III , marcha lui-même contre Rome avec quelques troupes, et fut blessé à mort en montant à l’assaut du Capitole, 1145. K.

lucius m, né à Lucques, fut le premier pape nommé par les seuls cardinaux, 1181, d’après le décret du xie concile général. Sommé par les Romains, redevenus turbulents, de faire la guerre aux villes de Tibur et de Tusculum, avec lesquelles ils étaient en lutte depuis le temps d'Arnaud de Brescia, il refusa, quitta Rome, et, bientôt après, les Etats de l’Eglise, et mourut à Vérone, 1184. B.

LUCK ou LOUTSK , v. de la Russie d’Europe (Volhynie U sur la Styr, à 282 kil. O. -N. -O. de Jitomir, à 44

N. -Ô. de Doubno; 3,650 hab. Evêché grec-uni. Au temps de l’indépendance polonaise, elle était, alternativement avec Wladimir, le siège d'une diète. Brûlée en 1752.

LUCKAU, v. des Etats prussiens (Brandebourg), sur la Bcrste. dans la régence et à 80 kil. S.-O. de Francfort;

4,100 hab. Ch.-l. de cercle. Draps, toiles, tabac. Gymnase. Dépôt de mendicité; maisons de correction et d’aliénés. — Les Prussiens y battirent les Français, en 1813.

LUCKENWALD, v. des Etats prussiens (Brandenburg), sur la Nathe, à 42 kil. S. de Berlin , 33 de Potsdam.- 5,700 hab. Draps fins, papier, bière, eau-de-vie de grains.

LUCKNER (Nicolas, baron de), né à Campen (Bavière) en 1722, m. en 1794, se distingua sous Frédéric le Grand pendant la guerre de Sept-Ans, entra au service de la France comme lieutenant-général, se montra partisan de la Révolution, fut nommé maréchal en 1791, et, chargé du commandement de l’armée du Nord en 1792, prit Menin et Courtrai, et écrasa un corps autrichien près do Valenciennes. Son origine allemande et ses relations avec La Fayette le rendirent bientôt suspect. Destitué après le 10 août 1792, il fut appelé à la barre de la Convention, se justifia, resta à Paris sans être inquiété jusqu’en 1794, mais, arrêté de nouveau à cette époque, fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort , et exécuté le 5 janvier.

LUCKNOW. V. Laknau.

LUÇON , ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 28 kil. O. de Fontenay-le-Comte , port sur un canal qui le joint à la baie d’Aiguillon , située à 15 kil. ; 4,974 hab. Collège. Evêché suffragant de Bordeaux, érigé en 1317, et dont le cardinal de Richelieu fut le 28e titulaire. On y remarque la cathédrale, surmontée d’une flèche de 67 mèt., et le palais épiscopal. Comm. de bois, vins, etc. — Cette ville fut saccagée par les protestants en 1568. Les Vendéens y furent défaits le 28 juin et le 1er octobre 1793.

luçon ou manille, la plus grande et une des plus septentrionales des îles Philippines (Malaisie espagnole) ; 800 kil. de long, sur une largeur variable de 50 à 420 ; entre la mer de Chine à l’O. et l’océan Equinoxial à l’E.; par 12® 30’-18° 45’ lat. N., 117® 20’-121® 50’ long. E.; 2,000,000 hab. Ch.-l., Manille. Climat chaud et sain. Sol volcanique (le Mayona3,313 mèt. de haut), et d’une trèsgrande fertilité (coton, indigo, sucre, maïs, riz, tabac, cacao, épices, café). Grandes forêts encore vierges; riches mines d’or. Commerce déjà considérable, mais susceptible de beaucoup d’agrandissement. Pêche d’huîtres a perles sur les côtes. — Cette île fut, avec les autres Philippines, découverte en 1521 par Magellan. Michel Lopez de Legaspi s’en empara pour l’Espagne en 1571. Des tremblements de terre et des ouragans l’ont plusieurs fois dévastée. La partie espagnole de l’ile forme dix-sept corregimientos ou provinces ; les villes, outre Manille, sont : Boulacan, Malolos , Lauga , Nuéva-Cacérès , Taal. Une partie indépendante, au N.-E., est habitée par des peuplades féroces', dont quelques-unes même sont anthropophages, les Negritos, les Igorrotes, les Tinguianes, les Ifugaos, etc.

LUCOTTE (Edme-Aimé, comte), né à Pont-sur-Saône en 1770, m. en 1825, entra au service comme volontaire en 1789 , passa rapidement par tous les grades, se fit remarquer par sa modération et son humanité dans la répression des soulèvements antirévolutionnaires de Lyon et de Marseille , servit en Italie sous le général Bonaparte, reçut le grade de général de brigade en 1799, se couvrit de gloire à la défense d’Ancône, et s’attacha à la fortune de Joseph Bonaparte, qu’il accompagna à Naples et en Espagne, et qui le fit général de division. En 1814, il fut un des premiers à offrir ses services à Louis XVIII; chargé de défendre Paris contre l’Empereur qui revenait de l’ile d’Elbe, il ne put arrêter l’entraînement général, et , à la 2® Restauration , fut mis en disponibilité. B.

LUCQUES, en italien Lucca, en latin Lacet, V. fort® d’Italie, capitale de l’anc. duché de son nom, et atijourd. ch.-l. d’une province du royaume d’Italie, sur l’Ozorra, bras du Serchio, à 70 kil. O. de Florence par chemin de fer, 122 de Gênes, 1,316 de Paris; par 43° St)' 49" lat. N., et 8° 10’ 26" long. E.; 21,960 hab. en 1861. Archevêché, tribunaux; université; collège Carlo- Ludovico ; école de peinture ; académie des sciences, lettres et arts ; archives; 2 riches bibliothèques, jardin botanique. On remarque la cathédrale de Sl-Martin, des xie et xn* siècles; l’église Sl-Jeaii, avec un riche baptistère; les églises San- Frediano et San-Miehele; un amphithéâtre romain assez bien conservé; un aqueduc de 459 arches, achevé en 1829 ; de belles promenades sur les remparts; le château ducal, avec galerie de tableaux, sur une place où l’on a élevé en 1843 une statue en marbre à Marie-Louise de Bourbon. Grand commerce de soie et d’huile d'olive. Manufactures de soieries et draps. La ville est assez mal bâtie; ses rues sont irrégulières, tortueuses, pavées de larges dalles. Eaux minérales renommées; salines thermales. Province de Lucques : V. Supplément. — Histoire. Lucques

LUC

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