‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 92 sur 864 · LUD · texte numérisé non relu

LUD

fut fondée, dit-on, par les Tyrrhéniens, et devint colonie romaine en 178 av. J.-C. République guelfe au moyen âge, déchirée par les factions des Blancs et des Noirs, elle tomba au pouvoir de Castruccio Castracani de 1314 à 1328, fut achetée en 1335 par Martino délia Scala, qui la rendit en 1341 aux Florentins, et subit le joug de Pise en 1342. L’empereur Charles IY la rendit à la liberté, 1365, moyennant 25,000 florins d’or. Elle obéit à un nouveau maître, Paul Guinigi , de 1400 à 1429. Puis, après de longues guerres contre Florence , elie réussit à conserver son indépendance. En 1556, l’aristocratie lucquoise arra cha le pouvoir au peuple. En 1805 , Napoléon Ier forma, pour sa sœur Elisa, un grand-duché de Lucques-et-Piombino. En 1815, cet Etat fut attribué à l’infante de Parme, Marie- Louise, dont le fils Charles-Louis, 1824-47, avant hérité de la couronne de Parme , le céda à la Toscane. B.

lucques (Duché de), anc. Etat de l’Italie centrale, entre le duché de Modène au N. -O. , le golfe de Gênes à l’O., le gr.-duché de Toscane au S. et à l’E. ; entre 43° 46’-44° 14’ lat. N. , 7» 49’-8° 22’ long. E. ; 1,028 kil. carr. ; 40 kil. sur 32 ; 170,000 hab. Ch.-l. , Lucques. Depuis 1838, il était divisé en 12 comunita (communes). En 1847 , il a été réuni à la Toscane.

LUCRÈCE , Lucretia , fi'.le de Spurius Lucrétius , et femme de Tarquin Collatin , ayant été déshonorée par Sextus , fils de Tarquin le Superbe , révéla cet attentat à son mari en présence de son père et de Brutus , et se tua sous leurs yeux , après leur avoir fait jurer de la venger. Ce fut sur son cadavre , et en tenant à la main le poignard dont elle s’était frappée, que tous trois firent ce serment qui fut fatal aux Tarquins, et qui amena l’établissement du gouvernement consulaire, 509 avant J.-C. Il existe des tragédies de Lucre"*, par Arnault , 1792 , et par M. Pon- Sard , 1843. O.

Lucrèce (2. Lucrelius Carus ), poëte latin, né à Rome l'an 659 de la ville, 95 av. J.-C. , se donna ,‘ dit-on , la mort à 44 ans, dans un accès de délire. En relation avec Atticus , Cicéron , Catulle , il dédia à Memmius un poëme en 6 chants , de Nalurâ rerum. C’est l’exposition complète du système d’Epicure; le but du poëte est de rendre le repos aux hommes, en détruisant la crainte des dieux et de la mort; il conclut donc à l’athéisme et à la matérialité de l’âme. Malgré ce que ces doctrines absurdes ont de glaçant pour l’âme , malgré l’aridité du système d’Epicure , Lucrèce est un grand poëte : sa légitime horreur pour les erreurs sanguinaires du paganisme , son amour pour l’humanité , son enthousiasme pour le spectacle des forces naturelles, lui inspirent des morceaux sublimes, où il dépasse Virgile lui-même. Ce qui manque dans le reste du poëme , c’est l’harmonie et l’élégance ; cependant, dans les descriptions, il rencontre une grâce sauvage qui plaît infiniment. Son style didactique est d’une sécheresse logique rebutante , mais d’une remarquable précision. On ne peut admettre qu’une œuvre si rigoureusement déduite ait été composée , comme le veut une tradition , dans les intervalles lucides de la folie. Les meilleures éditions de Lucrèce sont celles de Lambin, 1563 , 1570 ; d’Havercamp, Leyde, 1725; de Bentley et Wakefield, Lond., 1796 ; de Glascow 1813, 4 vol. gr. in-8° ; de Lemaire, Paris, 1838. Il a été’ traduit en vers français par M. de Pongerville, 1823, 2 vol. iu-8°; en prose, et assez fidèlement, par Lagrange, 1768* et par M. de Pongerville, dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, 2 vol. in-8», 1836; par. M. Chaniol dans la collection Nisard, 1 vol. gr. iu-8°, travail trèsestimé. Lachmann a publié en latin un Commentaire sur Lucrèce, Berlin, 1850, in-8°. Le cardinal de Polignac a

réfuté Lucrèce dans l 'Anti-Lucrèce. D r.

, LUCRETILIS mons, auj. Gennaro ou Zappt , mont, de l’Italie ancienne , dans le pays des Sabins, au N. de Varia, dans une belle vallée où était la terre du poëte Horace. Il était consacré à Faune.

LUCRIN (Lac) , Lacus Lucrinus , petit lac de la Campanie, au fond du golfe de Baies. Une très-ancienne digue , faite de main d’homme, le séparait de la mer, et un canal très-court le mettait en communication avec le lac Averne. On pêchait d’excellentes huîtres dans le Lucrin. En 1538 , une éruption volcanique a comblé presque entièrement ce lac, qui n’esf ulus guère qu’un marais , auj. nommé Lago di licola. C. D— y.

LUCS ( les 1, vge (Vendée), arr. et à 19 kil. N. -O. de Napoléon -Vendée; 409 hab. Sites pittoresques. Les environs sont couverts de dolmens et de menhirs.

LUCL'LLUS (Lucius-Licinius ) , habile général romain né l’an 638 de Rome, 115 av. J.-C., m. l’an 704, servit dans la guerre Sociale, fut envoyé en 665 comme proquesteur en Grèce, où il précéda Sylla , et ouvrit à celui-ci le

chemin de l’Asie , après avoir deux fois battu les flottes dt- Mithridate. Consul en 679, et chargé de la direction de cette guerre , il remporta d’importants avantages en affamant l’armée ennemie devant Cyzique et devant Cabira , et contraignit Mithridate à fuir auprès de Tigrane, en 682. Celui-ci ayant refusé de livrer le roi de Pont, Lucullus envahit l’Arménie , battit son armée sous les murs de Tigranoeerte qu’il prit, puis, sous ceux d’Artaxata, dont il abandonna le siège pour aller s’emparer de Nisibe , 685. Un seul empire restait debout en Asie, celui des Parthes, dont le roi Phraate flottait incertain entre les Romains et leurs ennemis. Lucullus avait voulu lui demander raison de cette neutralité suspecte ; mais ses soldats, assez riches des dépouilles de deux empires, avaient refusé de le suivre, tandis qu’à Rome les publicains, dont ses sages règlements avaient arrêté les rapines , travaillaient à lui enlever son commandement. Ils y réussirent en 686. De retour à Rome , il n’obtint qu’au bout de trois ans les honneurs du triomphe , et alla vivre dans une villa avec une élégante mollesse, partagé entre les jouissances du luxe et les plaisirs de l’esprit. Il avait rassemblé une riche bibliothèque qu’il ouvrit au public, et il aimait à s’entourer de gens de lettres. Ce fut lui, dit-on , qui apporta de Cérasonte à Rome le premier cerisier. — La villa de Lucullus était prés du vieux château actuel de Borghetto , sur la pente de la colline de Grotta-Ferrata , un peu au-dessous de celle de Cicéron ; il en reste une portion de mur, qui entourait la piscine où l’on nourrissait le poisson ; le tombeau qu’on dit être de Lucullus n’est pas le sien. O.

LUCUMON , mot étrusque, signifiant chef, prince ou roi. L’Etrurie était divisée en 12 lucumonies.

LUCUS DIANÆ ou FORUM LUCIUM,nom latin de Lugo, v. d’Italie.

luccs asturum, v. d’Hispanie (Tarraconaise) , capitale des Astures. Auj. Oviedo.

lucus augusti , v. de la Gaule (Narbonaise 2e) , chez les Voconces. Auj. Luc-en-Diois. — v. d’Hispanie (Gallécie) ; auj. Lugo.

LUD , 4e fils de Sem , peupla la Lydie , suivant l’Écriture sainte.

LUDAMAR , royaume d’Afrique, dans le N.-E. delà Sénégambie , et borné au N. par le Sahara ; 300 kil. sur 120. Ch.-l. , Benoum. Habité par les Foulahs , d’un naturel paisible , et par des Maures barbares , qui , lors du voyage du major Houghton et de Mungo-Park, tuèrent le premier et retinrent quelque temps le second.

LUDE (le) , ch.-l. de cant. (Sarthe ), arr. et à 22 kil. E.-S.-E. de La Flèche , sur le Loir; 2,659 hab. Beau château , avec parc. Tanneries; comm. de toiles , bestiaux, grains, marrons. Anc. seigneurie de l’Anjou , érigée en comté en 1545 , et en duché-pairie en 1675.

lude (Jacques de daillon, seigneur du), capitaine distingué, chambellan de Louis XII et de François I<“r, sénéchal d’Anjou, sefit remarquer dans les guerres d’Italie, défendit avec succès Brescia , dont il était gouverneur en 1512 , et , nommé lieutenant-général , s’illustra plus encore en soutenant pendant 13 mois dans Fontarabie un siège contre les Espagnols. 11 mourut en 1522.

lude (Henri de daillon, duc du), né vers 1620, m. en 1685, fut, sous Louis XIV, 1er gentilhomme de la chambre, gouverneur du château de S‘-Germain et de Versailles, grand-maître de l’artillerie, lieutenant-général, duc et pair, se distingua aux sièges de Tournai, Douai et Lille en 1667, à ceux de Besançon, Gand, Maëstricht, etc. Selon Ménage , c’était un bel-esprit.

LUDENSCHEID, v. des Etats prussiens ( Westphalie), à 35 kil. S.- O. d’Arensberg; 3,200 hab. Filatures de coton ; forges à fer, tréfilerie, quincaillerie.

LUDERS , nom allemand de Lure.

LUDEWlG (Jean-Pierre de), publiciste et jurisconsulte, né au château de Flohenhardt (Souabe) en 1668, m. en 1743, étudia à Tubingue, Wittemberg et Halle, fut nommé professeur de philosophie à Halle en 1695, représenta l’électeur de Brandebourg au congrès de Ryswick, 1697, professa l’histoire et le droit public avec éclat, et reçut la place d’archiviste et d’historiographe du duché de Magdebourg, 1704, ainsi que le titre de chancelier de l’université de Halle, 1722. On a de lui : Germania princeps, 1702, où il fait connaître les rapports des électeurs avec l’Empereur et l’Empire; Commentaire sur la Bulle d'or, en allemand, Halle, 1716-19, 2 vol. in-4°, ouvrage capital; Histoire d’Henri l'Oiseleur, en latin, 17 13, in-4°, fort estimée; Collectio scriptorum historiée episcopatùs Herbipolensis, Francfort, 1712, in-fol., recueil excellent de l’histoire de l’évêché de Wurzbourg et de la Franconie ; Reliquia; manuscriplorum omnis œvi diplomatum, etc., Halle, Francfort et

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