‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 96 sur 864 · LUS · texte numérisé non relu

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étaient plus anciennes que Rome ; elles furent originairement un sacrifice champêtre, institué par Evandre, en l'honneur de Pan, sur le mont Palatin. On en fit plus tard une fête purificatoire de la ville, bien que cela ne soit guère expliqué que par sa position dans le mois de février. La tumultueuse promenade qui suivait le sacrifice, et à laquelle se joignait une grande partie de la jeunesse la plus distinguée, même des magistrats, et jusqu’à des enfants, causa des désordres à l'époque des guerres civiles qui précédèrent l’établissement de l’Empire, et la fête tomba en désuétude ; l’empereur Auguste la rétablit avec tous les anciens rites. Les Lupercales ne furent abolies que dans le vi® siècle ap. J.-C., par le pape Gélase. C. D — y.

LUPERQUES (les), Lupcrci , flamines de Pan, dans l’anc. Rome. Leur institution datait du roi Evandre. On ignore leur nombre, mais ils formaient 2 collèges, l’un des Quinliens, l’autre des Fabiens. C’étaient eux qui célébraient les Lupercales ( V. ce mot). A l’époque de la dictature de César, un 3e collège fut institué soit par César, soit par ses flatteurs, mais en son honneur, et sous le nom de Juliens. Ce collège ne paraît pas avoir survécu à César. C. D — y.

LUPERSAC, vge (Creuse), arr. et à 14 kil. E.-N.-E. d’Aubusson; 2,127 hab.

LUPIA, nom latin de Lecce et du Loing.

LUP1CIN (Saint), né à Isernore (Bugey), m. en 480, se retira avec S1 Romain , son frère, dans les solitudes du Jura, et tous deux y fondèrent le monastère de Condat , connu depuis sous les noms de Sl-Oyan-le-Joux et de SMJlnude.

LUPODUNUM, nom anc. de Ladenburg.

LUPP1A, auj. Lippe, riv. de Germanie, naissait chez les Dulgibins, et coulait entre les Bructères au N,, les Marses, les Tubantes et les Sicambres au S.

LUPUS. V. Loup.

LUQUE, Agla minor, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 49 kil. S.-E. de Cordoue, près de la source de la Marbella ; 4,400 hab.

LURCY-LE-SAUVAGE ou LURCY-LÉVY , ch.-l. de cant. (Allier), arr. et à 46 kil. N.- O. de Moulins; 1,236 hab. Porcelaine et poterie. Comm. de bois , charbon , grains, bestiaux. Aux environs, exploit, de houille. Elève de chèvres-cachemires.

LURE, Lutera, en allemand Luders, s.-préf. (Haute- Saône), à 31 kil. E.-N.-E. de Vesoul, au milieu d’un terrain marécageux, près de l’Ognon ; 3,355 hab. Trib. de' lr® instance, collège. Elle possédait autrefois une abbaye de bénédictins dépendante du monastère de Luxeuil, fondée , en 610 , par S‘ Déicole, compagnon de S* Colomban, réunie plus tard à celle de Murbach, et dont les abbés étaient princes de l’Empire; les bâtiments forment auj. la sous -préfecture. Bel hôtel-de-ville , construit en 1836. Comm. de vins, grains, bois, fromages, kirsch. Aux environs, usines à fer et acier.

lure (montagnes de), contre-fort des Alpes sur le versant français. Elles séparent le département des Basses- Alpes de celui de la Drôme, se lient avec le mont Yentoux, et finissent à Malaucène (Vaucluse). Plus grande hauteur : 1,800 mèt.

LURI, ch.-l. de cant. (Corse) , arr. et à 33 kil. N. de Bastia, dans une belle vallée; 1,807 hab. Comm. de vins, huiles, cédrats, oranges.

LURY, ch.-l. de cant. (Cher), arr. et à 28 kil. N. -O. de Bourges, près de la rive dr. de l’Arnon; 559 hab.

LUSACE, en allemand Lausitz, en latin Lusalia, pays de l’Allemagne septentrionale, appartenant en partie à la Prusse, en partie à la Saxe, formait autrefois deux mar- | graviats indépendants, la Haute-Lusace et la Basse-Lusace. Superf. : 1,000,000 d’hect.; pop. , 500,000 hab. La Lusace était bornée au N. par le Brandebourg, à l’E. par la Silésie, au S. par la Bohême, à l’O. par la Misnie et la Saxe électorale. Elle fut habitée par des tribus slaves (Semnons, Vénèdes, Sorabes), qui, en 929, devinrent tributaires du roi de Germanie Henri Ier, et qui, sous Othon 1er, 968, reçurent le baptême. Les margraves n’acquirent un pouvoir réel qu’en 1031, et seulement dans la Basse-Lusace, tandis que la Haute-Lusace se soumit à la suzeraineté de la Pologne. Durant les XIIe et xme siècles, les rois de Bohême et les margraves de Misnie se disputèrent la possession du pays. En 1231, la Haute-Lusace échut presque entière à Albert II de Brandebourg. De même, la Basse-Lusace fut cédée par le margrave Diezmann de Misnie au margrave de Brandebourg. A l’extinction de la ligne aseanienne de Brandebourg , 1320 , l’empereur Louis de Bavière donna la Basse-Lusace à son fils, et les Etats de la Haute-Lusace se soumirent au roi de Bohême, Jean de Luxembourg. Dans la guerre des Hus-

sites, le pays eut beaucoup à souffrir. En 1467 , la Lusace se soumit à Mathias Corvin,roi de Hongrie, à qui elle appartint définitivement par le traité d’Olmutz, 1479. Er. 1526, la Lusace passa, en même temps que la Bohême, à Ferdinand Ier d’Autriche. Dans la guerre de Trente Ans, elle fut occupée alternativement par les Impériaux et par l’armée protestante. En 1635, elle fut cédée par l’empereur Ferdinand II à l’électeur Jean-George de Saxe , et partagea dès lors le sort de ce dernier pays. En 1815, la Basse-Lusace, les parties orientale et septentrionade le la Haute- Lusace, furent incorporées à la Prusse. — La Haule-Lusoce saxonne fait partie du cercle de Bautzen, et comprend une superf. de 205,000 hect., avec 266,000 hab.; villes principales : Bautzen, Zittau, Kamenz et Loebau. La partie méridionale est montagneuse. Agriculture et industrie florissantes, la lr® entre les mains de la populalion slave, la 2e entre celles de la population allemande. On y fabrique de la toile excellente , qui forme un article principal d’exportation. — La Haute-Lusace prussienne a une superf. de 315,000 hect., avec 170,000 hab., fait partie de la prov. de Silésie (régence de Liegnitz), et est partagée entre les cercles de Goerlitz, Hoyersmerda, Rothenburg, etLauban. — La Basse-Lusace fait partie de la prov. de Brandebourg (régence de Francfort), et se répartit entre les cercles de Luckau, Sorau, Guben, Lubben, Kalau, Spremberg, Kottbus, Senftenberg, et Finsterwalde. Superf.; 670,000 hect., avec 230,000 hab. E. S.

LUSIGNAN , famille célèbre du Poitou , remontait à Hugues, dit le Veneur, qui vivait au Xe siècle. Les descendants de ce seigneur portèrent le titre de sires de Lusignan. A la fin du xne siècle, Gui de Lusignan fut appelé à régner sur Jérusalem, et son fils Amaury fonda une dynastie dans l’ile de Chypre ( V. ce mot). De la maison de Lusignan sont sortis les seigneurs de Lezay, les comtes d’Eu, et les comtes de Pembroke. Le mariage de Hugues IX fit passer la seigneurie de Lusignan aux comtes de la Marche.

lusignan ( Gui de ) , d’abord comte de Jaffa et d'Ascalon, puis roi de Jérusalem, en 1186, par suite de son mariage avec Sibylle, fille d’Amaury Ier, fut vaincu et pris par Saladin à la bataille de Tibériade, en 1187. Remis en liberté à condition de renoncer à son titre, il le transmit, en 1192, à Richard Cœur-de-Lion, qui lui donna l’ile de Chypre, où il mourut deux ans après.

Lusignan (Etienne de), évêque de Liro'sso, né à Nicosie en 1537, m. en 1590, a laissé : Histoire générale des royaumes de Jérusalem, Chypre, Arménie, etc., jusqu’en 1572, Paris, 1579.

Lusignan ou lezignen, ch.-l. de cant. 1 Vienne) , arr. et à 28 kil. S. -O. de Poitiers, sur la Vonne; 1,525 hab. Ancienne seigneurie , autrefois défendue par un châteaufort que bâtit Hugues II de Lusignan , et qui fut pris en 1575 après 4 mois de siège, et rasé par le duc de Montpensier. La tradition le disait fondé par la fce Mélusine , patronne des Lusignan. Comm. de graines de trèfle et de luzerne. Fabr. de serges et grosses étoffes de laine.

LUSIGNY, ch.-l. de cant. (Aube), arr. et à 17 kil. E.-S.-E. de Troyes ; 907 hab. Les alliés y tinrent, en 1814, des conférences qui furent sans résultat.

LUS1TAINS, Lusitani, peuple d’Hispanie, à l’O., entre le Durius et le Tage, à l’O. des Vettons, donna son nom à l’une des grandes divisions de la péninsule; ch.-l., Olisippo. En guerre avec les Romains dès l’an 195 av. J.-C., les Lusitains combattirent avec opiniâtreté, surtout sous la conduite de Viriathe, et ne furent soumis qu’en 137.

LUSITANIE, Lusitania, une des 5 grandes divisions de l’Hispanie sous les Romains, au S. -O.; entre la Gallécieau N., la Tarraconaise et la Carthaginoise à l’E., la Bétique au S.-E., l’océan Atlantique au S. et à l’O.; villes princm. . Scalabis, Olisippo, Pax Julia. Arrosée par le Durius au N., le Tage au centre, l’Anas au S. Auguste la divisa en 3 cuconscriptions judiciaires : Lucus Augusti, Pax Julia, et Scalabis. — C'est le Portugal actuel, moins les prov. du Minho et de Tras-os-Montes, plus une partie de l’Estramadure espagnole.

LUSSAC , ch.-l. de cant. ( Gironde ) , arr. et à 12,660 mèt. E.-N.-E. de Libourne, dans une magnifique position; 322 hab. A 3 kil. au N.- O., était l’abbaye cistercienne de Faize, fondée en 1137.

lussac-les-chateaux , ch.-l. de cant. (Vienne), arr. et à 12 kil. S.-O. de Montmorilton , près de la rive dr. de la Vienne; 903 hab. Pierres de taille. Culture du chanvre.

LUSSAN, ch.-l. de cant. (Gard), arr. et à 17 kil. O.-N.-O. d’Uzès; 487 hab.

lussan (Marguerite de), née à Paris en 1682, m. en I 1758, fille , dit-on , de Thomas de Savoie , comte de Sois-

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sons ( père du prince Eugène), et d’une courtisane, vécut à Paris au milieu d’un monde qui favorisa les faiblesses de son cœur, et au milieu des gens de lettres, dont le commerce développa ses goûts littéraires et seconda la composition de ses ouvrages. Le savant Huet fut le plus célèbre de ses amis. On a d’elle quelques romans d’un intérêt anecdotique : Anecdotes de la cour de Philippe- Auguste, 1733, t> vol. in-12; Histoire de la comtesse de Oondez, 1741, 2 vol. in- 12; Mémoires secrets et intrigues de la cour de France sous Charles VIII, 1741, in-12; Anecdotes de la cour de François Ier, 1748, 3 vol. in-12; Annales galantes de la cour de Henri II, 17-19, 2 vol. in-12; et des œuvres historiques qui ne sont guère que de froids ou puérils récits : Histoire de Marie d'Angleterre , 1749; — de Charles VI, 1753, 9 vol. in-12; — de Louis XI , 1755, 6 vol. in-12; — de Crillon , 1752 , 2 vol. in-12 ; — de la dernière révolution de Naples, 1757, 4 vol. in-12. Les abbés Baudot et de Boismorand l’ont aidée dans ses ouvrages. G. L.

LUSSURGIU (SAN-), v. de l’île de Sardaigne, prov. et à 14 kil. O. -S. -O. de Cagliari; 4,000 hab. Salaisons , jambons et saucissons renommés.

LUSTRALE (Eau). V. Eau lustrale.

LUSTRATION , Luslralio, purification publique ou privée pratiquée par le= anciens , et consistant soit en sacrifices , soit en certaines pratiques dans lesquelles on employait le feu, le soufre et l’eau, ou les parfums. On purifiait les villes, les armées, les personnes, les champs, les troupeaux. V. Ambarvales, Amburbiales, Armi-

LUSTKE, DeNICALES, FUNERAILLES, JEUX SECULAIRES,

Lustre, Lustkique, Palilies, Suovetaurii.ies.

LUSTRE , Lustrum , espace de 5 ans , chez les anciens Romains. A cette époque, on faisait ordinairement le recensement des citoyens romains, et on le terminait par un sacrifice purificatoire de tout le peuple ( V. Suovetaukilies); cela s'appelait clore le lustre. Quand on omettait le recensement, ou que les circonstances étaient malheureuses, on ne célébrait pas de clôture de lustre. C. D — y.

LUSTRIQUE (Jour), Lustricus dies , jour où l’on purifiait un enfant récemment né, chez les anc. Romains, et où on lui imposait un r.um. C’était le fie après la naissance, pour les garçons, et le 9e, pour les filles. La cérémonie avait lieu en présence de toute la famille; une vieille parente frottait de salive le front et les lèvres de l’enfant, frappait des mains, et lui souhaitait toutes sortes de prospérités; puis on allait faire inscrire le nouveau-né sur les registres oublies des naissances. C. D — y.

LUT A Tl US CATULUS. V. Catulus.

LU'l EUE, Lutetia Parisiorum ; et en celtique, Lu-tas-sey, le tas fortifié, v. de la Gaule (Lyonnaise 2e), dans une île de la Seine; localité principale des Parisii. Auj. Paris, le quartier situé dans l’ile Notre-Dame.

LUTERA, nom latin de Lure.

LUTEVA, v. de la Gaule (Narbonnaise lre), chez les Volces A récomices. Auj. Lodève.

LI1TGENBURG, v. de Prusse (Holsteini, à 88 kil. N.-E. de Glückstadt; 1,800 hab. Petit port de commerce sur la mer Baltique. Export, de produits agricoles.

LUTHER (Martin) , chef de la réformation religieuse en Allemagne , né en 1483 à Eisleben (Saxe ) , m. en 1548, fils d’un simple ouvrier mineur qui , malgré sa pauvreté, l’envoya étudier à Eisenach. Après avoir pris ses grades en philosophie à l’université d’Erfurt , 1505 , Luther entra au couvent des Augustins de cette ville , fut ensuite nommé professeur à Wittemberg, et de là envoyé à Rome pour y représenter son ordre auprès du souverain pontife, 1510. De retour en Saxe , le moine augustin , qui s’était fait recevoir docteur en théologie, et avait d’abord soutenu avec zèle l’autorité du pape et de l’Eglise, commença, dès 151H, à énoncer publiquement des principes contraires au dogme catholique. La prédication des indulgences, vainement recherchée par les Augustins , et confiée aux Domicains, leurs rivaux, vint, l’année suivante, fournir à Luther un prétexte pour se séparer avec éclat de l’Eglise romaine. Dans un programme renfermant 95 propositions, il engagea la lutte contre l’inquisiteur Tetzel , qui s’était porté le défenseur des indulgences, fit brûler les propositions de son adversaire , et déféra la cause à Rome, 1517. L<> pape Léon X, qui d’abord n’avait vu dans cette affaire qu’une rivalité de moines , en laissa l’information et le jugement au cardinal Cajetan, son légat à la diète d'Augsbourg N'ayant pu obtenir par la douceur une rétractation de Luther, le cardinal essaya de le faire arrêter; mais il lui échappa, et, réfugié à Wittemberg, il s’y plaça ouvertement sous la protection de Frédéric, électeur de Saxe. Dès lors plein de confiance dans ses forces et dans l’ap-

pui intéressé que lui promettaient les petits princes d’Allemagne, le hardi réformateur ne garda plus aucune mesure . Dans ses thèses publiques comme dans ses écrits, il attaqua ouvertement tour à tour l’autorité du pape, celle de l’Eglise et sa hiérarchie, le célibat des pierres, les vœux monastiques , et ia possession des biens temporels par le clergé; puis , entraîné par une pente fatale, il en vint à rejeter les dogmes principaux du catholicisme, tels que le culte des saints, le purgatoire, la confession auriculaire, la transsubstantiation, le saint sacrifice de la messe , et la communion sous une seule espèce. Dénoncé en cour de Rome par le théologien Jean Eek , et excommunié par le pape qui , en 1520 , prononça la condamnation et la destruction de ses écrits, Luther opposa aux anathèmes de l’Eglise un trait d’audace inouï : à peine avait-il reçu la sentence pontificale , qu’il la fit brûler sur la place publique de Wittemberg, avec toutes les décrétales des papes et les livres du droit canonique. Le retentissement d’un acte si scandaleux détermina l’empereur Charles- Quint à citer Luther devant la diète de Worms , 1521, où celui-ci, muni d’un sauf-conduit impérial , comparut sans crainte , et disputa longuement sans vouloir encore se rétracter. Mis au ban de l’Empire, il fut, à son retour, enlevé secrètement par son protecteur, Frédéric de Saxe, et transféré dans la forteresse de Wartbourg, d’où, pendant dix mois d’une retraite forcée, il ne cessa d’inonder l’Allemagne de ses écrits. En sortant de cette solitude, qui avait exalté son imagination, et qu’il appelait lui-même son Palhmos , le réformateur parcourut les divers Etats allemands , et , outre les princes et la noblesse , il sut rallier à sa cause une partie des populations, qu’il entraînait par son éloquence. Des causes et des intérêts d’un ordre tout temporel , parmi lesquels il faut compter la sécularisation des biens du clergé, facilitèrent bientôt les progrès de la réformation prêehée par Luther; aussi , en 1529 , les princes et les Etats d’Allemagne qui se rattachaient à cette réformation, crurent ils devoir se réunir à Worms pour protester contre l’édit de Spire, d’où ils reçurent le nom de protestants. De 1526 à 1529 , Luther, qui , pour être conséquent avec ses nouveaux principes, s’était marié précédemment, s’occupa d’organiser son église évangélique, de concert avec Mélanehthon, auteur de la profession de foi adoptée à la diète protestante d’Augsbourg. 1530. Témoin des combats soutenus pour sa cause , combats mêlés de revers et de succès, l’auteur de la réformation vit enfin le triomphe de ses partisans, ligués à SmalkaUle, affermi par la paix de Nuremberg, qui leur accordait la liberté de conscience jusqu’à la réunion du prochain concile, 1532. Les dernières années de sa vie, pendant lesquelles il eut souvent encore à déplorer les excès de la révolution qu’il avait déterminée ( V. Anabaptistes) , furent employées par lui à propager et à soutenir une doctrine dans laquelle s’étaient déjà formées de nombreuses sectes dissidentes. Atteint d’infirmités phy iques qui s’étaient jointes à ses souffrances morales , Luther mourut à Eisleben , sa ville natale , et son corps fut rapporté à Wittemberg , où l’électeur Frédéric lui fit faire de magnifiques funérailles. De son mariage avec la religieuse Catherine de Bora, il laissa plusieurs enfants, dont le dernier descendant mâle est mort à Dresde en 1759. Luther était très-versé dans l’Ecriture sainte , maniait admirablement sa langue, et était doué de cette éloquence passionnée qui remue les masses ; mais son orgueil, qui l’avait lancé dans l’hérésie, était indomptable. Ses paroles, comme ses actes, n’avaient souvent ni dignité, ni retenue, et l’extrême violence de son caractère , irrité par la contradiction , lui inspirait contre ses adversaires des invectives aussi grossières que déshonorantes pour leur auteur. Luther composa un grand nombre d’ouvrages, dans le double but d’attaquer le catholicisme et d’établir sa réformation. Les principaux sont : 1° parmi ses écrits polémiques, celui De ta captivité de l’Eglise ; 2° la traduction allemande de la Cible, commencée pendant sa retraite au château de Wartbourg , et dans laquelle il fixa , dit-on , la langue nationale ; 3° son Catéchisme, destiné à mettre ses principes à la portée de tout le tifotfde ; 4° son traité de Servo arbitrio , où il s’élève contre le libre arbitre. Parmi les éditions les plus complètes de ses œuvres, il faut citer celles de Leipsiek, par Boerner, 23 vol. in-fol., 1728-40, et de Halle, par Walch , 24 vol. in-4°, 1737-53. La Vie de Luther a été écrite par son ami Mélanehthon , et par Hernschmied; sa doctrine a été appréciée dans l'Histoire des variations des églises protestantes de Bossuet. De nos jours , deux ouvrages ont été publiés sur lui : l’un , Mémoires de Luther, par M. Michelet, 2 vol. in-8°, 1835; l’autre, Histoire de la vie et des écrits de Luther, par Audin , 1840, 2 vol. in-8®. Une

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statue de bronze a été élevée à Luther devant l’hôtel- [ de-ville de Wittemberg, en 1821. D — T — R.

LUTHÉRIENS, partisans des doctrines de Luther | V. ce mol). Soutenus , dès l’origine , par l’électeur de Saxe et le comte palatin du Rhin, ils formulèrent leur croyance dans /a Confession d'Augsbourg en 1530 ( F. Confession), puis formèrent, pour se défendre contre les catholiques, la confédération de Smalkalde. Tant que vécut Luther, il fit tous ses efforts pour empêcher une lutte ouverte ; mais , après sa mort, la guerre éclata. Charles-Quint battit les luthériens à Miihlberg, 1547, et essaya en vain d’établir la paix religieuse, 1548, par son Intérim d’Augsbourg (F. Intérim). Après une nouvelle lutte, il dut signer, en 1552 , le traité de Passau , qui permettait l’exercice du luthéranisme dans tout l’Empire, et que confirma, en 1555 , la paix d’Augsbourg : la liberté religieuse était assurée aux luthériens , à l’exclusion des autres communions protestantes; on maintenait les sécularisations déjà faites, mais on les prohibait pour l’avenir. Ce furent les traités de Westphalie ( F. ce mot ) qui consacrèrent les droits politiques des luthériens. — Le succès du luthéranisme en Suède provint d’une révolution politique plutôt que religieuse : Gustave Vasa s’en fit une arme pour anéantir la puissance du clergé , protégea ouvertement les frères Olaiis et Laurent Pétri , disciples de Luther, encouragea les nobles à s’approprier les biens ecclésiastiques, supprima les fiefs temporels des évêques , et , en vertu d’une décision des Etats de Westeras, 1527, s’appropria les revenus du clergé et le droit de nomination. L’assemblée d’Œrebro , 1529, établit une liturgie presque en tout conforme à celle de la confession d’Augsbourg. — Eu Danemark, Frédéric 1er adopta la réformation, 1525 , et protégea le prédicateur Jean Tausen , disciple de Luther. En 1527 , les Etats-Généraux d'Odensée décrétèrent la liberté de conscience, abolirent le célibat des prêtres, soumirent les évêques au tribunal du roi , et brisèrent les liens qui unissaient le clergé avec Rome. Sous Christian III , la diète de Copenhague, en 1536, déclara les évêques déchus, et leurs domaines réunis au fisc; un formulaire de foi et de discipline , soumis à l’approbation de Luther, fut adopté en 1537. — Le luthéranisme fit peu de progrès en France, où le calvinisme gagna plus de partisans. Le culte luthérien possède , à Paris et dans les départements du N.-E. , un certain nombre d’églises; une Faculté de théologie, à Strasbourg , est ouverte aux jeunes protestants de la confession d’Augsbourg qui se destinent aux fonctions de pasteurs. B.

LUTINS, esprits fantastiques de la même catégorie que les esprits follets et les farfadets. On les regardait , au moyen âge , comme des êtres malicieux et espiègles , peu méchants au fond, et remplissant le rôle de génies familiers dans les maisons.

LUTMA (Jean), orfèvre et graveur d’Amsterdam, né en 1609 , in. vers 1685, a inventé la manière du pointillé au maillet.

LUTTE, du latin lucta , exercice des jeux publics chez les anc. Grecs et les anc. Romains. C’était uue sorte de combat de force et d’adresse, dans lequel deux lutteurs nus , frottés d’huile , et couverts ensuite de poussière ou de sable fin , cherchaient à se terrasser en s’empoignant réciproquement les bras, s’appuyant front contre front, se poussant, se tirant, s’entrelaçant les jambes; en se pressant poitrine contre poitrine, se secouant, se serrant la gorge , s’enlevant de terre. La victoire demeurait à celui qui pouvait renverser son adversaire sans que ce dernier l'entraînât dans sa chute. La joûte se composait de trois engagements, et, pour obtenir le prix, il fallait être vainqueur deux fois de suite , ou avec interruption d’une défaite. Thésée fit, le premier, un art de la lutte, en établissant des palestres où on l’enseignait par principes. Cet exercice fut alors introduit dans tous les jeux publics de la Grèce. Les Romains l’adoptèrent en imitant chez eux une partie des jeux grecs. — Il y avait aussi Une lutte où les mains seules étaient engagées , où la force des doigts et du poignet donnait l’avantage ; mais ce n’était qu'un prélude à la lutte véritable , un amusement de lutteurs.

LUTTENBERG , v. des États autrichiens ( Styrie ) , sur le Stainzbach , à 45 kil. E. de Marbourg. Vins renommés.

LUTTER, brg du duché de Brunswick, à 27 kil. S.-O. de Wolfeubüttel, sur le Mühlenbach, au pied de Barenberg; 2,000 hab. V mtoire de Tilly sur Christian IV de Danemark,

LUTTERWORTH , v. d’Angleterre , comté et à 22 kil. S.-S.- O. de Leicester, sur la Swift , et sur le chemin de fer du centre ; 2,531 hab. Wiclef , qui en était le curé, y mourut en 1384. L’église contient encore une partie de sa

chaire et son portrait. Fromage , bétail et chevaux.

LUTTEUR , acteur des jeux publics chez les anciens Grecs ou Romains. C’était le même que l'athlète; il pratiquait tantôt la lutte , tantôt le pugilat. ( F- Athlètes. )

LUTTICH , nom allemand de Liège.

LUTZELBURG , nom allemand de Luxembourg.

LUTZELSTE1N. F. Petite-Pierre (la).

LUTZEN, v. des Etats prussiens (Saxe), près de l’Elster, à 14 kil. S.-E. de Mersebourg, 19 S.-O. de Leipsick; 1,860 hab. Elle fut le théâtre de deux mémorables batailles : Tune , le 16 nov. 1632 , où fut tué le roi de Suède, Gustave-Adolphe, vainqueur des Impériaux, commandés par Wallenstein ; l'autre, le 2 mai 1813, où Napoléon 1« battit les Russes et les Prussiens.

LUX, vge (Côte-d’Or), arr. et à 27 kil. N. -N.-E. de Dijon ; 700 hab. Anc. château. Près de là, au val d’Ognes, on trouve de nombreuses antiquités romaines.

LUXEMBOURG (Duché de), anc. Etat de l’empire germanique, partagé aujourd’hui entre la Belgique et la Hollande; ch.-l. Luxembourg. Il était borné au N. -O. et à FO. par la Belgique, au S. par la France, à TE. et au N.-E. par la Prusse rhénane, sillonné en grande partie par les Ardennes, et arrosé au N.-E. par la Moselle. Il a reçu son nom du vieux bourg de Lucilibargum , qui plus tard donna naissance à la ville et à la forteresse du Luxembourg. Ce bourg appartint pendant quelque temps au chapitre de S'-Maximin de Trètes, qui le vendit, en 963, à Siegfried , comte des Ardennes. Ce dernier réunit le Luxembourg à son comté, et prit dès lors le titre de comte de Luxembourg. Hermann de Luxembourg fut opposé, en 1081, au roi de Germanie, Henri IV ; mais il abdiqua en 1087, et mourut Tannée suivante. Conrad, le dernier de cette maison, mourut en 1136, et laissa le Luxembourg en héritage à sa cousine Ermenson, épouse de Godefroy, comte de Namur. Henri 1er de Namur, fils d’Ermenson, laissa une fille, Ermesinde, qui apporta le Luxembourg en dot à son époux Walram, comte de Limbourg et marquis d’Arlon, in. en 1226. Le fils do ce dernier, Henri Ier, m. en Palestine, 1270, devint le fondateur d’une 2e maison de Luxembourg. Ses descendants s’appelèrent comtes de Luxembourg. Henri III, petit-fils de Henri Ier, fut nommé empereur d’Allemagne , après l’assassinat d'Albert Ier, 1308, et fut couronné à Aix-la-Chapelle, 1309, sous le nom de Henri VII ; il mourut en 1.313. Par le mariage de son fils Jean avec Elisabeth, fille de IVenceslas, roi de Bohême, ce royaume échut à la maison de Luxembourg, 1311. Jean périt à la bataille de Crécy, 1346. Son fils aîné, nommé empereur en 1347 sous le nom deCharlesIV, érigea le Luxembourg en duché, 1354, et le donna à son frère Wenceslas, issu du mariage de Jean avec Béatrice de Bourbon. Wenceslas étant mort sans enfants, 1383, le Luxembourg échut à son neveu Wenceslas, roi de Bohême, fils aîné de Charles IV, et successeur de ce prince à l’Empire, 1378. Celui-ci donna le Luxembourg en gage à sa nièce Elisabeth , épouse d’abord d’Antoine, duc de Bourgogne, puis de Jean, comte de Hollande. Sous ce dernier prince, les Luxembourgeois se révoltèrent, et nommèrent duc le margrave de Misnie, Guillaume III, époux de l’arrière-petite-fille de l’empereur Sigismond. Elisabeth fit, en 1444, une renonciation en faveur de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui, après avoir chassé Guillaume, lui acheta tous ses droits sur le Luxembourg, 1462. Par le mariage de Marie, héritière de Charles le Téméraire, avec l’archiduc Maximilien, 1477, le Luxembourg échut à la maison de Habsbourg -Autriche, et fit, de même que les Pays-Bas, à partir de 1512, partie du cercle impérial de Bourgogne. Charles-Quint céda en 1556, avec les Pays-Bas, le Luxembourg à son fils Philippe II, roi d’Espagne ; mais ce duché ne cessa pas pour cela de faire partie de l'empire germanique. Par la paix des Pyrénées, 1659, Thionville, Montmédy, Damvillers, Ivoy, Chavancy et Marville furent abandonnés à la France. Par le traité d’Utrecht, 1713, le Luxembourg, excepté ces territoires, revint à la maison de Habsbourg. Conquis par les Français en 1795, il leur fut cédé en vertu du traité de Campo-Forinio, 1797. Il fut érigé en grand-duché par le traité de Vienne, 1815, et donné à Guillaume 1er, roi des Pays-Bas, comme dédommagement de la perte de son héritage de Nassau. Quelques districts furent cédés à la Prusse ; en échange , la plus grande partie du duché de Bouillon et une partie de Liège furent incorporées au Luxembourg. En même temps le grand-duché entra dans la Confédération germanique, et la forteresse de Luxembourg fut déclarée forteresse fédérale. En 1830, le Luxera- ! bourg s’associa à la révolution belge , et fut réuni à la

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Belgique. Il fut partagé entre la Belgique et la Hollande nar le traité de Londres, 1839. E. S.

LUXEMBOURG, en allemand Lutzelburg , en latin Liciburgum, Luciliburgum, v. cap. du Luxembourg hollandais, forteresse (1815-67) de la Confédération germanique, située en partie sur un rocher, et divisée par la rivière AIzette en ville-haute et en ville-basse ; à 85 ldi. S.-E. de Bruxelles ; par 49“ 37’ 38” lat. N. et 3" 49' 26” long. E. ; 14,000 hab. En 1867, la Prusse retira sa garnison, et les fortifications furent démolies. Athénée, ou haute école de sciences et de lettres. Tanneries, papeteries, brasseries, moulins à plâtre; fabr. de toiles, tabac, faïence fel porcelaine, pipes, etc. — Cette ville fut assiégée en 1443 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en 1479 par les Français et ensuite par les Impériaux, en 1542 par le duc d’Orléans, et enl543 encore une fois parles Français. En 1684, elle fut prise par le maréchal de Créquy. Vauban, qui avait dirigé cette attaque, compléta les fortifications de la ville. En 1795 , les Autrichiens, après une résistance de huit mois, la rendirent aux Français, qui en firent le ch-1. du départ, des Forêts. E. S.

Luxembourg (Maison de), illustre famille, issue de Walram de Limbourg au XIIe siècle, et qui a fourni 4 empereurs à l’Allemagne (Henri VII, Charles IV, Wenceslas, Sigismond) et plusieurs rois à la Bohême. Quatre de ses branches se sont établies en France : 1° les comtes de Ligny , qui s’éteignirent dès 1415; 2“ les comtes de Saint-Pol, issus des seigneurs de Ligny, et dont les do maines passèrent par mariage, en 1482, dans la maison de Bourbon-Vendôme ; 3° les comtes de B vienne, issus des seigneurs de Saint-Pol, et éteints en 1608; 4° les ducs de Viney, qui se fondirent vers 1661 dans la maison de Montmorency par le mariage de Madeleine de Luxembourg avec le célèbre maréchal de Luxembourg. ,

Luxembourg (Grand-duché de), anc. État de la Conféd. germanique, et possession particulière du roi (non du royaume | de Hollande, entre la Belgique au N. et à l’O., la France au S., et la province Rhénane de Prusse à l’E. ; 2,484 kil. carr. , 83 ldi. sur 57; 202,300 hab., presque tous allemands. Ch.-l., Luxembourg ; v. principales : Diekirch. Echternach. Soi élevé, sur le plateau des Ardennes, et presque en entier dans le bassin de la Moselle. Arrosé par la Mo-plle, l’Alzette, l’Our, et la Sure. Vastes forêts. Mines de fer, cuivre, bouille. Culture du chanvre, des plantes oléagineuses, des pommes de terre. Fabr. de toiles, draps, lainages, cuirs. — Le Luxembourg hollandais est régi par la constitution des Pays-Bas ; mais il a, pour ses affaires locales, une diète séparée, qui délègue 4 membres | aux Etats-Généraux des Pays-Bas. Lors de la dissolution de la Confédération germanique en 1866, la Prusse voulut continuer à occuper la capitale; elle dut en sortir en 1867, et tout lien politique avec l’Allemagne a été rompu.

Luxembourg, province et division auuiiuistrative du royaume de Belgique, entre les prov. de Liège au N., de Namur à l’O., la France au S., et le Luxembourg hollandais âl’E.; 441,704 hect.; 204,600 hab., presque tous wallons. Ch.-l., Arlon. Il est divisé en 3 arrond. judiciaires : Arlon, Ma che, Neufehâteau; et 5 arrond. administratifs: Arlon, Bastogne, Marche, Neufehâteau, Virton. Sol élevé, sur le plateau des Ardennes, compris dans les bassins de la Meuse et de la Moselle, traversé de l’E. à l'O. par la Scinov. Exploitation en grand des forêts. Mines de fer, plomb, houille ; carrières de marbre, ardoises, pierre à bâtir. Elève de chevaux, moutons, porcs. Fabr. de tulle, draps, poterie, cuirs, etc.

Luxembourg (François-Henri de montmorkncy-bouteville, duc de |, né à Paris en 1628, fils posthume île ce comte de Boutevillc, si connu par ses duels et décapité sous Louis XIII, maréchal do France en 1675, ni. en 1695. P s’attacha de bonne heure â la fortune du prince de Coudé, se distingua sous ses yeux à la bataille de T. en s, 1618, suivit son parti pendant la guerre de la Fronde, et. après la paix, obtint, par le crédit de M. le Prince, la main de Madeleine-Charlotte, héritière du duché-pairie de I.nxem bourg, 1661. Principal lieutenant-général de Coudé, il prit part à la première conquête de la Franche-Comté, 1668, et â l’invasion des Provinces-Unies, 1672; après la retraite du prince et la mort de Turenne, 1675, il fut nommé général en chef, et battit Guillaume d’Orange à Mont-Cassel, 1677, et à Mons, 1678. L’année suivante, la haine "le Louvois l’impliqua dans un de ces procès d’empoisonnements et de sortilèges , si fréquents alors , et il comparut devant la Chambre ardente, établie à l’Arsenal. Relâché au bout de quelques mois de prison, le roi le remit à la tête de ses armées, et il remporta ses plus belles victoires sur le prince d’Orange ou ses alliés à Fleurus

j 30 juin 1690), à Steinlcerque (3 août 1692), à Nerwinde (29 juillet 1793). Le prince de Conti l’appelait le Tapissier de Notre-Dame , à cause des nombreux drapeaux qu’il prit à l’ennemi, et qu’alors on appendait dans la cathédrale de Paris. Luxembourg, élève de Condé, eut quelque chose des qualités de son maître : impétuosité, coup d’oeil rapide, inspiration soudaine; mais son indolence, ses habitudes de grand seigneur, l’empêchèrent souvent de recueillir les fruits de ses victoires. G.

Luxembourg (Christian-Louis, duc de) , fils du précédent, né en 1675, maréchal en 1734, m. on 1746, se distingua dans la guerre de la succession d’Espagne, et particulièrement à Oudenarde, 1708, â Malplaq-iet, 1709, et à Denain, 1712, mais sans jamais commander en chef. G.

Luxembourg ( Palais et jardins du ) , à Paris , vers l’extrémité orientale du faub. SMJermain, et au bout de la rue de Tournon. Le palais a la forme d’un parallélogramme allongé, dont la face mesure 89™, 30 de l’E. à l’O., et les côtés, 149™, 10e du N. au S. Son élévation se compose de 8 gros pavillons carrés, à toiture pyramidale, reliés entre eux, sur les parties latérales , par deux petits corps en retraite, et deux grandes galeries. Deux grands corps de bâtiment assemblent les faces latérales à peu près aux deux tiers de leur longueur , et composent la masse la plus importante des constructions. Le palais a deux façades : l’une au N., vers la ville, sur l’axe de la rue de Tournon, l’autre au S., sur le jardin. La lre se présente ornée de trois pavillons, deux d'angle en saillie, et un central, reliés entre eux par deux galeries, percées chacune de quatre fenêtres en portiques, et terminées, à la hauteur du 1er étage, par une terrasse à balustrades. Les pavillons angulaires sont à deux étages, et ornés de pilastres d’ordre toscan au rez-de-chaussée, dorique au 1er étage , composite au 2e. Ils sont avec bossages , et les murs découpés en refends : c’est l’ordonnance générale de l’édifice. Le pavillon du centre est à ressauts , avec deux ordres de colonnes superposées, et se termine par une espèce d’attique circulaire , couverte d’une coupole surmontée d’un lanternon. Dans ce pavillon s’ouvre une grande porte en arcade, entrée de la cour d'honneur du palais. Cette cour, placée entre les quatre pavillons septentrionaux, est quadrangulaire, et longue de 70“, 38e, sur 59™, 40. Elle est fermée à l’E. et â l’O par les deux longues galeries latérales ci-dessus nommées , à un seul étage , avec fenêtres en portiques au rez-de-chaussée, et fenêtres à chambranles au 1er étage ; au S., par le principal corps de bâtiment, élevé de deux étages, ,)ui se profilent avec j ceux des pavillons. Leur hauU-nr est de 21 met. Derrière, sur l’axe général , un gros corps de bâtiment, flanqué de deux petites cours do service, se joint au corps qui forme la façade sur le jardin. A son centre est un pavillon à deux ordres de colonnes superposées et engagées, terminé par un attique animé par des cariatides, sous un fronton circulaire, et couvert d'un dôme quadrangulaire avec lanternon. Aux extrémités de cette façade s'avancent en ailes Jeux gros pavillons quadrangulaircs. Leur saillie parait d'autant plus forte , que le 2e étage de l’arrière-corps est en retraite; ce1 a donne un peu de lourdeur à l’eusemble, quoique l’étendue de la ligne soit de 39™, 84e. Le Luxembourg est un des plus beaux édifices de Paris. Ses constructions couvrent 11,991 met., les cours comprises. Peu de palais joignent â une aussi grande étendue une aussi parfaite régularité. Son architecture est une imitation du goût et du style des palais toscans, et surtout du palais Pitti â Florence. Ou y admire la virilité du styl", la sévérité des formes générales , et la pureté des profils. Tous les rez-de-chaussée sont voûtés en pierre. — Marie de Médicis, veuve de Henri IV, fit construire le palais du Luxembourg sur l’emplacement d’un hôtel de ce nom. Les travaux,commencés en 1615, fuient achevés en 1620. Jacques Debrosse on fut l’architecte. L’édifice devait porter le nom de Palais de la reme louairière; Marie Payant donné à Gaston, duc d'Orléans, son 8e fils, ce prince l’appela Palais d'Orléans. Néanmoins, le nom de l’hôtel qui occupa d’abord cet emplacement, et qui appartenait au duc de Piney - Luxembourg , prévalut alors, comme encore aujourd'hui. Ce palais passa successivement à Mademoiselle, fi]\e de Gaston; cette princesse le laissa, en 1693, au duc d’Orléans, frère de Louis XIV; Louis XV l'acheta, et Louis XVI le donna à son frère,, Monsieur, depuis Louis XVIII; il devint propriété nationale après la chute de la monarchie, fut converti en prison pendant la Terreur, et redevint, en 1795, palais pour le Directoire exécutif. Après le 18 brumaire an vin (1799), il reçut le nom de Palais du consulat. En 1801, il fut affecté au sénat conser- 1 vateur, et, en 1814, à la Chambre des pairs. De 1836 â

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