‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 97 sur 864 · LU Y · texte numérisé non relu

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1841, on construisit, en avant de l’anc. façade sur ce jardin , la façade actuelle, semblable à la lre, et, entre les bâtiments, une nouvelle salle des séances de la Chambre des pairs et une bibliothèque. La salle a la forme d’un hémicycle de 28 mèt. de diamètre sur 17 mèt. de profondeur. Elle contient 300 personnes, et les tribunes, 400. Ces travaux furent exécutés sur les plans et sous la direction de M. de Gisors. En 1852, le Luxembourg a été de nouveau affecté au sénat. La galerie de l’E., et moitié environ de celle de l’O., sont consacrées à un musée de peinture des artistes vivants. Dans cette galerie de l’O. et dans ses pavillons étaient les appartements de Marie de Médicis. — Jardins. Il y en a deux : un jardin français et un jardin anglais. Le jardin français se trouve devant le palais. On y remarque surtout un vaste parterre, qui s’élargit en deux vastes hémicycles , avec talus couverts de gazon et couronnés par une balustrade en pierre. Au centre est un bassin octogone de 54™, 40°, sur 48™, 90e , avec un groupe d’enfants portant une vasque d’où s’élève un jet d’eau. A l’extrémité S. de ce parterre, et sur l’axe général du palais, s’ouvre une superbe avenue longue de 520 mét., large de 85, plantée de 6 rangées d’arbres, et conduisant en droite ligne au bâtiment monumental de l’Observatoire, qui lui sert de perspective. Debrosse dessina ce jardin, et construisit, à l’extrémité E. d’une des allées voisines du palais, une belle fontaine d’architecture dorique à colonnes, avec de nombreuses congélations sculptées. On l’appelait Grotte de Marie de Médicis. Chalgrin donna, en 1801, aux parterres la forme qu’ils ont aujourd’hui, et Baraguey termina, en 1810-11, l’avenue de l’Observatoire, commencée en 1796. La terrasse qui enveloppe les parterres a été décorée, en 1845 et années suivantes, de 22 statues de marbre blanc, hautes de 2 ™ 30 , œuvres de nos meilleurs artistes , et représentant des reines , des héroïnes , et des femmes célèbres françaises. A l’O. du palais est une belle orangerie de 57 mèt. de longueur, bâtie en 1344. — Le Jardin anglais s’étend au S. -O. du Jardin français, dans un terrain qui, jusqu’en 1867, demeura en contre-bas et était appelé la Pépinière; on y enseignait la culture des arbres fruitiers. En 1867, la Pépinière fut détruite ; une partie du terrain retranché du jardin est divisée par des rues; la partie touchant au Jardin français fut exhaussée, et plantée en jardin anglais. Le Jardin du Luxembourg est moins régulièrement beau que celui des Tuileries, mais plus varié. Ses parterres sont renommés pour leurs arbustes et leurs fleurs. V. De Gisors./e Palais du Luxembourg, Paris, 1847,1 vol.gr. in-8°,fig.

Luxembourg ( Petit), hôtel situé rue de Vaugirard, a l’O. du palais du Luxembourg, et presque contigu à ce palais. Marie de Médicis le fit bâtir sur un terrain dépendant du grand Luxembourg ; suivant d’autres, ce serait le cardinal de Richelieu qui l’aurait élevé vers 1629. Quoi qu’il en soit, l’hôtel lui appartint; il l’habita pendant quelque temps, puis le donna à la duchesse d’ Aiguillon , sa nièce. Le prince de Bourbon-Condé en ayant hérité, il fut appelé hôtel du Pelil-Rourbon. Sous Louis XVI, il appartint à Monsieur , depuis Louis XVIII ; pendant le gouvernement directorial , 4 des directeurs l’habitaient; le général Bonaparte y demeura pendant 3 mois, lors de l'établissement du Consulat. La Restauration l’affecta au logement du président de la Chambre des pairs. Depuis 1852, il est l’hôtel du président du Sénat. Son architecture n’a rien de remarquable; on l’attribue à Germain Boffrand. C. D — y

LUXEUIL, Luxovium, ch.-l. de eant. (Haute-Saône, arr. età 20 kil. N. -O. de Lure; 3,515 hab. Collège. Eaux thermales ; établissement de bains. Fabr. de kirsch , ouvrages en fer-blanc et fer poli, chapeaux de paille. Tanneries, papeteries. Comm. de grains, vins, bestiaux, jambons, bois, etc. Ou y remarque : l’église St-Pierre, du xivc siècle; rhôtel-dc-ville ; d" nombreuses antiquités romaines. — Ville de la Séquanaise, importante sous les Romains, ruinée par les Barbares, elle était entièrement déserte, quand S1 Colomban y fonda, en 590, un monastère qui acquit promptement beaucoup de célébrité., et dont les écoles furent renommées. Ebroïn, 670, et S* Léger, 673, y furent retenus captifs. En 732 , l'abbaye de Luxeuil fut ruinée par les Sarrasins. Charlemagne la releva , et la règle de S1 Benoît fut alors substituée à celle de S1 Colomban ; au ix* siècle , Luxeuil fut encore ravagé par les Normands. Les abbés du monastère furent souverain! de la ville jusqu'en 1594; ils lui avaient accordé une commune en 1291. L’abbaye subsista jusqu|à la Révolution française ; ses bâtiments sont occupés aujourd’hui par un séminaire.

LUXOR, vgede la Haute-Egypte. V. Louqsor.

LUYNES, vge (Indre-et-Loire) , arr. et à 12 kil. O. de

Tours, sur la rive dr. de la Loire; 917 hab. C’est l’anc. ville de Maillé, érigée en comté en 1572, puis en duchépairie (août 1619 ) par Louis XHI pour Albert de Luynes, et appelée Roclie-sur- Loire pendant la Révolution. Autrefois plus considérable, la révocation de l’édit de Nantes l’a ruinée. Elle est adossée à un rocher, dans lequel sont creusées beaucoup d’habitations. Un vieux château la domine. Fabr. de passementerie.

luynes (Maison d’ Albert de). V. albert.

LUZ, ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), arr. et à 20 kil. E.-S.-E. d’Argelès, ch.-l. de la vallée de Barèges, au pied du mont Bergons; 1,641 hab. Belle église construite par les Templiers. Eaux minérale». Près de là, vieux château de S,e-Marie.

LUZ AN (Ignace de), littérateur espagnol, né à Saragosse le 28 mars 1702, m. à Madrid le 19 mars 1754, fit ses études à Païenne. Il devint secrétaire d’ambassade à Paris, conseiller d’Etat, et ministre du commerce. C’était un esprit froid , éclairé, plein de délicatesse. Il entreprit de réformer le goût de sa nation , et composa une Poétique, 1737, où il s’appuie de l’autorité et des exemples des auteurs français. Chef des Gallicistes, il traduisit pour le théâtre de Madrid une pièce de La Chaussée , et lança une satire dans le genre du Lutrin contre l'afféterie des prédicateurs. On a encore de lui un poëme sur la Conversation , et quelques canzones. B.

LUZARCHES, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), arr. et à 30 kil. E.-N.-E. de Pontoise; 1,246 hab. Les rois mérovingiens y eurent un palais. Eglise curieuse. Fabr. de blondes et de passementerie. Patrie de l’architecte Robert de Luzarches. Près de là, au hameau d’Hérivaux, il y eut une célèbre abbaye de chanoines réguliers de la Congrégation de France, détruite à la Révolution.

luzarches (Robert de), architecte du xme siècle, né à Luzarches, a donné, vers 1220, les plans de la magnifique cathédrale d’Amiens.

LUZECH , ch.-l. de cant. (Lot), arr. et à 16 kil. O. de Cahors, sur la rive g. du Lot; 1,345 hab. Ruines d’un château fort. Vins estimés.

LUZERN, nom allemand de Lucerne.

LUZERNE (le cardinal de la). V. La Luzerne.

LUZ Y, ch.-l. de cant. (Nièvre), arr. et à 35 kil. S. de Château-Chinon ; 1,580 hab. Comm. de porcs et de gibier. Tanneries.

LUZZARA, v. du royaume d’Italie (province de Reggio), à 7 kil. N.-E. de Guastalla; 7,591 habit. Bataille entre les Français et les Autrichiens (15 août 1702); les deux parties s’attribuèrent la victoire; le marquis de Créqui, dernier de sa maison, y fut tué.

LYÆUS, c.-à-d. en grec, qui délivre des soucis, surnom de Bacchus.

LYCAMBE. V. Arciiiloque.

LYCAON , rejeton de Titan et de la Terre, et, suivant d’autres, fils de Pélasgus, fut roi d’Arcadie, bâtit la ville de Lycosure, donna des lois à son peuple, et institua parmi eux la religion de Jupiter Lycæus, auquel il offrit des sacrifices humains. Il prenait pour victimes les étrangers qui passaient en Arcadie. Il servit à Jupiter descendu chez lui les membres d’un jeune enfant; le dieu foudroya le palais, le prince et ses cinquante fils. Selon une autre tradition , Lycaon fut changé en loup. — Un autre Lyeaon fut aussi change en loup ; mais celui-ci reprenait tous les dix ans sa figure primitive, si , pendant ce temps, il s’était abstenu de chair humaine. P.

LYCAONIE, Lycaonia, anc. région de l’Asie-Mineure, dans les montagnes du Taurus, au N. de la Pisidie et de l’Isaurie; ville principale : Iconium.

LYCEE (Mont), Lycæus mons, auj. Diaforti, mont d’Arcadie, au S., sur la frontière de Messénie. Il était consacré à Pan, qui protégeait les bergeries contre les loups ( lycos ) . On retrouve dans une plaine voisine l’hippodrome où se célébraient les Jeux lycéens en l’honneur de ce dieu ; c’étaient des courses à pied et à cheval ; la récompense du vainqueur était ordinairement une armure d’airain. Transportés à Rome, les Jeux lycéens devinrent les Lupercates.

lycée , Lycœum , portique et promenade d’Athènes , sur les bords de l’Ilissus. Comme Aristote y donna ses leçons en se promenant avec ses disciples, le mot Lycee désigna l’école et la doctrine de ce philosophe. — En 1787, Pilastre des Rosiers fonda à Paris, sous le nom de Lycée, une institution de lettres et de sciences, où enseignèrent La Harpe, Ginguané, Fourcroy, Chaptal, etc., et qui depuis a pris celui d 'Athénée , qu’il porte encore. Ce fut des leçons faites dans cet établissement que La Harpe intitula Lycée son Cours de littérature. — Le nom de Lycee, applique en 1807 aux collèges de l’Université impériale, remplacé

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en 1815 par celui de Collège royal, a été rétabli en 1848.

LŸCHN1TIS (Lac), dans l’anc. Illyrie. Auj. Okhrida.

LYCHNIDE, Lyclmidus, v. de l’anc. Illyrie, sur la rive E. du lac Lyehnitis; ch.-l. des Dassarètes. Auj. üklirida.

LYC1 ARQUE, magistrat annuel de la Lycie, présidant aux affaires de cette province et aux fêtes établies en l’honneur des dieux.

LYCIE, Lycia, anc. région de l’Asie-Mineure , au S.; entre la Carie au N. -O., la Méditerranée à l’O. et au S., la Pamphylie à l’E., la Pisidie au N.-E; villes principales: Telmissus, Xantlie, Myra, Limyra, Patara, Phaselis. Sil- | lonnée par le Taurus ( points culminants : le Climax , le f'ragus), arrosée par leXanthus et le Limyrus. Sur la côte, la mer Intérieure formait les golfes de Glaucus ou Telmissus (auj. Macri) et de Lycie ( Satalièli ). — La Lycie, qu’on appelait originairement Mylius , eut pour premiers habitants les Solymes , que des Termyles venus de Crète refoulèrent dans l'intérieur. Ceux-ci furent dépossédés à leur tour par Lycus , fils de Pandion , roi d’Athènes. Les Lyciens soutinrent Priam contre les Grecs , échappèrent aux armes de Crésus, mais furent soumis par Harpage, lieutenant de Cyrus. Darius Ier comprit la Lycie dans la lre satrapie persane, quoiqu’elle conservât des princes particuliers. Après Alexandre le Grand, elle échut à Antigone, puis aux Séleucides; Antiochus le Grand dut l’abandonner aux Romains, qui la donnèrent aux Rhodiens, 190 av. J.-C., puis la leur reprirent, en punition de leurs intelligences avec Persée. Elle jouit alors d’une indépendance nominale, et se donna une constitution républicaine et fédérative , dont Strabon nous a conservé les traits principaux. Sous l’empereur Claude, quelques citoyens romains ayant été massacrés en Lycie pendant une sédition, ce pays perdit sa liberté, et fut incorporé à la Pamphylie. Auj. la Lycie est répartie entre les sandjaks de Mentesche (Aïdin) et d’Adalia (Caraman). On y trouve encore d’importantes antiquités (constructions tumulaires, médailles, inscriptions, etc.). V. Ch. Fellows, An acconnt of discoveries in Lycia, Londres, 1840, in-4°, et Travels and jp, jn jfs/ix Min or, etc., ib. , 1852, in-8°. B.

LYCK, en polonais OElck, v. des Etats prussiens ( Posen ), sur le lac Somnau, à 98 kil. S. de Gumbinnen ; 3,200 hab Ane. château sur une île du lac. Toiles, tanneries, papeteries.

LYCOMÈDE, roi de l’île de Scyros, reçut à sa cour Achille, caché sous des vêtements de femme, et qui séduisit sa fille Déidamie. Il fit périr Thésée par trahison.

LYCOPHRON, un des meurtriers d’Alexandre de Phères, et tyran de Thessalie. Philippe, père d’Alexandre le Grand, secourut coClre lui les Thessaliens , l’an 357 av. J.-C.

lycopiiron, poète grec du IIe siècle av. J.-C., né à Chalcis ( Eubée) , vint en Egypte à la cour de Ptolémée Philadelphe, qui l’admit dans cette pléiade de poètes célèbres à cette époque, dont Apollonius de Rhodes, Aratus et Théocrite faisaient partie. Il écrivit un grand nombre de tragédies, estimées de son temps, et des poèmes satiriques, dont le principal est l 'Eloge de Mené dème. On n’a plus de lui qu’un poème intitulé Alexandra (Cassandre, filleule Priam), longue et obscure prédiction des malheurs de Troie, énigme que des travaux immenses n’ont pu éclaircir. Chez les anciens, Tzelzès le commenta. Les principales éditions sont celles de Canter, Bâle, 1586; de Meursius, 1597; de Potter, Oxford, 1697; de Reichard, Leipz., 1788; de P. Sébastiani , Rome, 1803, in-4°; de Muller, Leipz., 1811; de Bachmann, ibid., 1830. M. Dehèque a trad. et annoté la Cassandre, Paris, 1853, in-8°.

LYCOPOLIS, v. de l’anc. Thébaïde ou Haute-Egypte, vers le N., près de la rive g. du Nil, au N.-O. d’Apollinopolis-Parva, était ainsi appelée parce qu’on y adorait le loup, ou plutôt le chakal, et donnait son nom au nome Lycopolite. C’est auj. Siout. Patrie de Plotin.

LYCORTAS, père de l’historien Polybe, fut élève et ami de Philopémen, et, après lui, chef des Achéens. Il vengea sa mort par le pillage de Messéne, 182 av. J.-C., et força Sparte à accéder à la ligue acheenne.

LYCOSTHÊNE. V. Wolefhart.

LYCOSURE. Lycosura , v. d’Arcadie, chez les Parrhasiens, au pied du Lycée et au S. -O. de Mégalopolis, fut fondée par le roi Lvcaon. Elle passait, suivant Pausanias, pour la plus ancienne ville de la terre, celle à l’exemple de laquelle les hommes avaient appris à bâtir des villes. Déjà détruite au temps de cet auteur ; quelques ruines en subsistent.

LYCURGUE, roi de Thrace, avant poursuivi les Ménades qui célébraient les Orgies de Bacchus, fut frappé de I cécité, et, peu de temps après, tué par ses sujets, qui le I

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mirent en croix ou le firent déchirer par des chevaux sauvages. Une fresque du temple de Bacchus à Athènes représentait son forfait et sa punition.

Lycurgue , législateur de Sparte , 6« descendant du chef dorien Aristodème, était fils du roi Eunomos, de la branche des Proclides ou Eurypontides. Il hérita du pouvoir en l’an 898 av. J.-C., par la mort de son frère aîné. Polydecte; sa belle-sœur, qui était enceinte, lui proposant de faire périr son enfant, s’il voulait l’épouser et partager le trône avec elle, il feignit d’accepter, et fit | surveiller la veuve de Polydecte, dont il recueillit le fils aussitôt qu’il fut né. Il le nomma Charilaos (joie du peuple), et gouverna, pendant sa minorité, en qualité de tuteur. Sa belle-sœur répandit le bruit qu’il attenterait aux jours du jeune roi pour s’emparer du trône : il s’exila pour faire taire la calomnie. Il voyagea en Crète, où il se pénétra moins des lois phéniciennes de Minos que de celles des Doriens établis dans cette île, et d’où il envoya à Sparte, pour lui préparer les voies, le poète lyrique et législateur Tlialétas; en Asie, où il rassembla les poèmes d’Homère que, le premier, il fit connaître à la Grèce; en Egypte, où les prêtres l’initièrent à l’organisation des castes. On doit considérer comme des fables les voyages en Libye, en Ibérie, et dans l’Inde, qu’un seul auteur lui attribue. Rappelé par ses concitoyens en proie à la discorde, il ne rentra dans Sparte qu’après avoir consulté l’oracle de Delphes, qui le déclara l’ami des dieux et le plus sage des hommes. Il put commencer sa réforme, 884, avec l’appui de Charilaos et de 30 amis armés; elle ne passa pas sans difficultés et sans luttes : assailli sur la place publique, il eut un œil crevé par un jeune homme nommé Alcandre; mais sa modération et sa bonté dans cette circonstance lui ramenèrent nombre de mécontents. Quand il eut terminé son œuvre, il s’éloigna, en faisant jurer aux Spartiates de ne rien changer à ses institutions-avant son retour : apprenant alors de l’Oracle de Delphes qu’elles étaient les meilleures de toutes, et que Sparte prospérerait tant qu’elle y serait soumise, il ne revint jamais dans sa patrie, et se laissa peut-être mourir de faim, après avoir ordonné que ses cendres fussent jetées à la mer. Delphes, la Crète et l’Elide se disputèrent l’honneur d’avoir reçu sa dépouille mortelle ; les Spartiates lui élevèrent un temple, et, jusqu’aux derniers temps de leur histoire, ils lui offrirent des sacrifices annuels. Lycurgue n'a pas imaginé la constitution de Sparte ; il en trouva les éléments dans les mœurs des Doriens, et dans le système d’asservissement qu’ils avaient appliqué au Péloponèse. Sa législation est donc l’œuvre de la race dorienne, œuvre réunie en un code par un homme supérieur. Elle divise les personnes en 3 classes : 1° les 9,000 Doriens ou Spartiates, exclusivement guerriers, répartis dans 3 tribus, subdivisées en 30 districts , dont chacun comprenait 30 familles; les aînés ( ormioi ), héritant seuls des terres, jouissaient, seuls aussi, de la plénitude des droits politiques; les puînés, exclus du partage, formaient, dans Sparte, une espèce de classe inférieure {upomeiones), pauvre, mécontente, et disposée à susciter des troubles ; 2° les 30,000 Périèques ou Laconiens, en possession de droits civils assez étendus, mais privés de droits politiques, adonnés à l’agriculture, à l’industrie, et composant les troupes légères ; 3° les Hilotes, ou esclaves de la glèbe qu’ils cultivaient en payant une légère redevance aux Spartiates ; ils servaient comme matelots et comme valets d’armée auprès des Hoplites , et étaient fréquemment décimés par la Cryplie , chasse aux Hilotes, dont le double but était d’habituer les jeunes gens aux combats d’embuscades, et de diminuer le nombre d’une classe d’hommes désespérés et toujours prêts à se révolter (K. hilotes). Entre les deux premières classes se plaçaient les Molhaces ou Néodamodes, Hilotes affranchis dans des circonstances graves. L’état des terres correspondait à celui des personnes; on distinguait : 1° les terres de la conquête, tirées au sort ( kleroi ) entre les Spartiates, et au nombre de 9,000; on en avait la propriété absolue, et nulle portion ne pouvait en être aliénée, diminuée ou augmentée; 2° 30,000 lots de terres censitaires, données aux Laconiens, et qui ne semblent pas avoir été tirées au sort ; c’étaient des propriétés civiles, soumises au tribut; 3° les terres des Hilotes, affermées à bas prix, et pouvant leur procurer une certaine aisance. Quelques domaines étaient, de plus, accordés aux rois, qui devaient y placer des garnisons. Le gouvernement était réservé tout entier aux seuls Spartiates, et, par là même, aristocratique. Le pouvoir législatif était exercé par deux assemblées : celle du peuple, tenue tous les mois à la nouvelle lune, et investie du droit unique d’adopter ou de rejeter les propositions des rois et

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du sénat; celle du sénat (-[epo-jiia) ou conseil des 28, âgés au moins de 60 ans , nommés à vie par l’assemblée du peuple, présidés par les 2 rois, et investis des fonctions politiques, judiciaires, administratives. Le pouvoir exécutif était confié à 2 rois héréditaires qui commandaient l'armée, avaient l’initiative des lois, présidaient aux sacrifices, et recevaient les ambassadeurs. Quant aux 5 Ephores, magistrats inspecteurs pris dans le peuple, l’institution en est probablement postérieure à Lycurgue, et ils ne devinrent tout-puissants dans l’Etat qu’au temps des guerres médiques : ils formèrent alors l’élément démocratique, comme les tribuns à Rome ( V. Ephores). L’éducation des Spartiates, d’après la loi de Lycurgue, était fondée sur l’exagération du principe que l’Etat prime la famille : de là la suppression de celle-ci et la violation des lois de la pudeur (obligation du mariage sous peine d’infamie ; communauté des femmes dans certains cas: décision des ancieus de la tribu sur le nouveau-né, jeté dans un gouffre s’il est difforme, mais réservé., s’il est robuste, aux exercices publics du gymnase, presque les mêmes pour les deux sexes, et aux fustigations devant l’autel de Diane | ; de là encore l’oubli des lois morales ( le vol encouragé comme exercice d’adresse), la haiue de l’étranger ( F. Xénéla- SIe), la communauté des biens représentée par les repas publics ( V. S y ss t ti es I , et l’exclusion des richesses métalliques, la monnaie de fer de très-grand module étant seule tolérée. Cette éducation faisait des corps robustes, des soldats courageux : elle ne faisait pas des hommes , encore moins des femmes. La force et la Stabilité sont des caractères évidents de la législation de Lycurgue : elle résista à l’épreuve de plusieurs siècles. Mais elle a été trop vantée, et elle alla contre le but même du législateur : il proscrivait les conquêtes, les Spartiates ne furent que des conquérants; il voulait assurer la durée de la race dorienne, Sparte périt par extinction d’hommes. Quand la période de la gloire militaire fut passée, la ressource des arts de la paix manqua à un peuple dont le développement intellectuel avait été systématiquement négligé. Justement célèbre par les qualités qu’elle développa (respect de la vieillesse; amour delà patrie; pratique d’nn gouvernement libre), la législation de Lycurgue mérite le blâme par l’esprit étroit, par la politique égoïste, par le système d’oppression qu’elle encouragea, enfin par les contradictions qu’elle présente. A. C.

LYCUltGUK, orateur grec, né à Athènes en 4u8 av. J.-C., ni. en 326. Magistrat habile et intègre, il administra pendant douze ans les finances de sa patrie, réprima les abus, dirigea activement des travaux d’utilité publique. Ses mœurs rigides, son caractère chagrin, au milieu de la vie élégante d’Athènes , lui firent de nombreux ennemis. Il accusa et fut accusé très-souvent. On n’a plus de lui qu'un Discours contre Léocrate , plein de vigueur et de véhémence. Il fut un des orateurs dont Alexandre demanda la tête après la destruction de Thèbes , et qui furent sauvés par l’intercession de Démade. Après sa mort, on lui érigea une statue d’airain dans le Céramique. Le Discours contre Léocrate a été publié par Hauptmann, Leipz., 1753 ; Schulze, Brunswick, 1789; Coray, Paris. 1826; Maetzner, Berlin, 1835; et dans les recueils de Reiske et de Becker. Il a été trad. en latin par Mélanchthôn, Lonieer, Canter, et en français par Athanase Auger. F. Nissen , De Lycuryi oratoris vitd et rebus gestis, Hambourg, 1833 ; Blume, Nurratio de Lycurgo orntore, Potsdam, 1834. Une édition des fragments de Lycurgue, donnée par M. Kiessling, Hall, 1834, a été réimprimée, avec une Etude sur l’auteur par Meier, Hall, 1847, in-8°. D — r.

LYCUS , riv. de la Syrie ancienne, affluent de la Méditerranée au N.-E. de Béryte: auj. Nahr-el-Kelb,

LYCUS. F. aussi RHYNDACUS, ZAB.

lycus, roi de Thèbes. F. antiope.

LYDD, v. d’Angleterre (Kent), à 45 kil. S.-E. de Maidstone, petit port à 5 kil. N.-Ô. du cap Dungeness ; 1,500 hall. Elle forme, avec Romney, un des Cinq-Ports.

LYDDA ou DIOSPOLIS , auc. v. de Palestine, où S1 Pierre guérit un paralytique, et où S* Georges souffrit, dit-on, le martyre. — C’est aujourd. Ludd ou Loddo, dans l’eyalet de Damas, à 5 kil. N.-E. de Kamlèh; 2,000 hab. Evêché grec; belle eglise de S‘- Georges , construite par Justinien.

LYDGATE ( John), poëte anglais, né en 1380, m. vers 1450, moine de l’abbaye bénédictine de Bury en Suffolk. Après une courte éducation à Oxford, il voyagea en France et en Italie, revint très-instruit dans la langue et dans la littérature de ces deux pays, étudia surtout Dante, Boccace et Alain Chartier, ouvrit une école dans son monastère, et y enseigna à la jeune noblesse l’art de la versifi-

cation et la composition. 11 cultiva lui-même bien des genres, philologie, rhétorique, poésie, géométrie, astronomie, théologie, dialectique. Le style anglais commence à prendre chez lui de la finesse. Doué d’une incroyable facilité, il a écrit d’innombrables ouvrages, des biographies d’ermites, de héros : des hymnes, ballades, églogues, satires, et chants pour fêtes, processions, et des couronnements, etc., qui sont en mss. au British-Museum. Sa Vie de Notre-Dame , imprimée par Caxton, contient des passages fort poétiques. Ses principaux poèmes sont : la Chute des princes, le Siège de Thèbes, la Destruction de Troie. Le 1er traduit une paraphrase du de Casibus virorum , etc., de Boccace, publiée en français par Laurence, Lyon, 1483; lé 2e serait, dit-on, une traduction d’une histoire écrite en latin par Chaucer: dans le 3e, les mœurs sont toutes féodales, et l’on remarque une foule de fictions arabes et orientales. A. G.

LYDIAT (Thomas), chronologiste et mathématicien anglais, né à Okerton (Oxford) en 1572, m. eu 1616, entra dans les ordres sacrés, professa les mathématiques à Dublin, puis revint à Okerton comme directeur du collège. Son attachement à la cause de Charles Ier lui valut une foule de malheurs : il mourut dans la misère. On a de lui : Tractatus de variis annorum fnrmis, Londres, 1605, in-8»; Prælectio astronomica de nalurâ cœli, et Defensio tractatus de variis annorum formi s contra Scaligerum, ibid., 1607, in-8°; Emendatio temporum contra Scaligerum, ibid., 1609, 1613, in-8°; de Anni Solaris mensurà, ibid., 1621, in-8°; Canones chronnlogici, Oxford, 1675, in-8°, etc.

LYDIE, anc région de l’Asie-Mineure , àl’O., s’étendait entre le mont Messogis qui la séparait de la Carie au S. , et le mont Temnos au N. , et était bornée à l’E. par la Phrygie , à l’O. par les colonies éoliennes et ioniennes de la côte de la mer Egée. A l’intérieur étaient deux montagnes célèbres, le Tmolus et le Sipyle. Le Caystre, l’Hermus et son affluent le Pactole qui roulait des paillettes d’or, le Caycus, arrosaient des plaines très-fertiles; les coteaux du Tmolus et du Messogis produisaient un vin renommé , et recélaient des mines de zinc et d’or. Villes principales : Sardes, capitale ; Thyatira, Apollonie, Magnésie du Sipyle, Hypepa, Métropolis, Larissa, Philadelphia, Termere. — Les premiers habitants de la Lydie furent des Pélasges- Méoniens, d’où le pays était appelé Meonie; un des premiers rois, Lydus, aurait changé ces noms en 'eux de Lydie et Lydiens. Les Méoniens et les Lydiens étaient le même peuple. Tyrrhénus, frère de Lydus, conduisit , d’après la tradition , une colonie lydienne en Italie. 11 y eut trois dynasties successives de rois de Lydie, les Atyades , les Héraclides et les Mermnndes. Des deux premières, on ne sait à peu près rien , si ce n’est le nom de quelques princes : parmi les Atyades , Mœon , Cotys, Atys , Lydus, Tmolus, Marsyas , Omphale; parmi les Héraelides : Ardys Ier, 797 av. J.-C.; Alvatte Ier, 761; Mêlés, 747; Candaule, 735. Candaule , le dernier des Héraelides , fut assassiné, à l’instigation de sa femme, par Gygès, chef des Mermnades, 708. L’histoire de la Lydie commence des lors à être plus certaine. Ses rois ont à lutter contre les invasions des barbares Cimmériens et Tbraces, et contre les colonies grecques de la côte, Smyrue , Colophon , Milet, Ephése. Les successeurs de Gygès, Ardys II, 670, Sadyatte , 621, Alyatte II, 610, etCrésus, 559, soumirent la plupart des cités ioniennes. Sous Crésus , l’empire des Lydiens s’étendait sur la moitié de l’Asie-Mineure , de la mer au fleuve Ilalys, et était arrivé au plus haut point de puissance et de richesse , lorsqu’il fut reuversé par Cyrus à la bataille de Thymbrée , 548. La Lydie fut soumise aux Perses j usqu 'à la conquête macédonienne. Après la mort d’Alexandre, elle fit tour à tour partie des royaumes d’Asie antérieure , de Thrace, de Syrie, et de Pergauie. Elle passa, avec les autres Etats d’Attale III, sous la domination romaine, en 129. Elle fait auj. partie de l’eyalet d’Aidin. C. P.

LYDIEN (Mode). V. Modes.

LY’DUS iJean Laurentius , plus connu sous le nom de) , écrivain grec, né en 490 à Philadelphie en Lydie, m. vers 565 , vint de bonne heure à Constantinople , et occupa divers emplois judiciaires et administratifs dans le palais de Justinien. Il avait écrit des poésies qui sont perdues. Il reste de lui : quelques fragments d’un traité des Mois , publiés par N. Sohow , Leipzig , 1794 , in-8» , et par lîœther. Darmstadt, 1826 : de Magistratibus reipublictB linmanœ libri m, publié par J. Fuss , Paris, 1812, gr. in-8» ; de Ostentis , publié par M. Hase, Paris, 1823. Ces ouvrages ont été réunis et édités par Bekker, avec traduction latine, 1 vol. in-8°, Bonn, 1837 , dans le Corpus scriptorurn historiée Bgzanlinœ.

LY’GIENS, peuple de U Germanie. F. Germanie.

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LYLY (John) , poëte lyrique et comique anglais , surnommé l'Eupliuiste , du nom d'un de ses ouvrages en prose, né vers 1553. Il est élégant et plein d’imagination. Il a laissé 9 pièces de théâtre , dont 7 en prose, toutes écrites pour la cour d’Elisabeth ; elles sont pleines de jeux de mots. Son roman en prose , Euphues , publié en 1578 et 1581 , mit à la mode un langage et une prononciation épurés à l’excès, parsemés de concelti , de jeux de mots et d'allitérations, qu’on a nommés l'Euphuisme, et qui, comme la langue de nos Précieuses , a définitivement'-tourné au profit de la langue et de la littérature nationales. A. G.

LYME , v. des Etats-Unis (New-York ) , à 16 kil. O. de Watertown , sur le lac Ontario ; 5,472 hab.

LYME-REGIS, Lemanisportus, v. d'Angleterre (Dorset), à 40 kil. O. de Dorchester, bon port sur la Manche, à l’embouch. de la Lyme ; 3,400 hab. dans la paroisse. Bains de mer fréquentés. Expéditions pour la pèche à la morue.

— Le duc de Monmouth y débarqua, en 1685, pour disputer la couronne à Jacques II.

LYMINGTON , v. d’Angleterre, comté et à 28 kil. S.-O. de Southampton; 5,500 hab. l’ort sur la Manche. Bains de mer. Salines autrefois importantes.

LYNAR (Roch-Frédéric, comte de), homme d’Etat, né en 1708 au château de Lubbenau ( Basse-Lusace) , m. en 1781 , fut ambassadeur de Danemark en Suède de 1735 à 1740, juge du tribunal suprême de Gottorp, grandbailli de Steinberg, chancelier de la régence de Holstein , ambassadeur à Sl-Pétersbourg de 1749 à 1752, et fit signer la fameuse convention de Closter-Seven , 1757. On a de lui : Voyages dans plusieurs contrées de l'Allemagne ; Mélanges historiques , politiques, moraux et ^philosophiques , Leipzig, 1777 - 1785, in-8°. On a publié à Hambourg, 1793-97, 2 vol. de ses OEuvres politiques, trad. en franç. sous le titre de Réflexions politiques, 2e édit., Leipzig, 1806, 4 vol. in-8o.

LYNCÉE , un des fils d’Égyptus, épousa Hypermnestre, une des 50 Danaides , et fut seul épargné par sa femme (F. Danaidiîs). 11 succéda à Danaiis sur le trône d’Argos.

LYNCEE , fils d'Apharée , roi de Messénie , et frère jumeau d’Idas, avait, dit la Fable, la vue assez perçante pour voir au fond de la mer et à travers les murs. Il tua Castor, et fut tué par Pollux.

LYNCESTIDE , Lynceslis , région de la Macédoine occidentale , au N. de l’Elymiotide , au S. de la Pélagonie , et arrosée par l’Erigon.

LYNCH (loi de), Lynch-law, terme dont l’étymologie est incertaine, et qui désigne cette justice sommaire et brutale que le peuple exerce, aux Etats-Unis d’Amérique, contre les individus, coupables à ses yeux, qui ont été frappés d’une condamnation trop douce ou acquittés, ou qui jouissent de l’impunité par l’insuffisance des lois. Il les pend, ou leur inflige un certain nombre de coups de fouet.

LYNCHBURG, v. des États-Unis ( Virginie ) , à 140 kil. O. de Richmond, 19 E.-N.-E. de New-London, sur le James-River; 6,400 hab. Fabr. très-importante de tabac, coton, lainages. Comm. de grains et de chanvre expédiés à Richmond.

LYNGBYE , vge de Danemark, dans l’ile de Seeland , sur le lac Arre, à 38 kil. N.- O. de Copenhague ; 500 hab. Châteaux royaux de Sans-Souri et de \' Ermitage.

LYNN, v. des États-Unis (Massachussetts), sur l’Atlantique , à 16 kil. N.-N.-E. de Boston ; 19,100 hab. en 1860. Fabrication considérable de chaussures (4,633,900 paires annuellement ) , employant, dans 144 manufactures , 3,787 ouvriers hommes , et 6,422 femmes.

LYNN-REGis ou king’s lynn, v. d’Angleterre (Norfolk), à 61 kil. N. -O. de Norwich , bon port sur le Wash, à, l’embouchure de la grande Ouse et il 16 kil. de la mer du Nord ; 19,500 hab. École industrielle. Chantiers de construction, fonderies de fpr et de cuivre, corderies. Exportation de produits agricoles, sable pour verrerie, etc.; import, de bois, charbons, grains, vins. On remarque l’église de Sle-Marguerite, du xu* siècle, et la douane.

LYON , Lugdunum , ch.-l. du département du Rhône, à 468 kil. S.-E. de Paris , 507 par chemin de fer, à 350 kil. N. de Marseille ; par 45° 45’ 44” lat. N. et 2° 29’ 10” long. E. ; 323,954 hab., y compris les anciennes communes de la Croix-Rousse, la Guillotière, et Vaise, réunies à Lyon en 1852. Ch.-l. de la 8« division militaire, de lu 7» des ponts et chaussées , de la 4e des mines , de la 19« légion de gendarmerie. Cour impériale; tribunaux de lr« instance et de commerce , chambre et bourse de commerce , hôtel des monnaies (lettre D| . Archei êehé, érigé au 11e siècle, et dont le titulaire porte la qualification de primat des Gaules ; église du culte réformé calviniste. Lyon est magnifiquement situé sur le Rliôue et la Saône, qui le tra-

versent du N. au S. , où la Saône se jette dans le Rhône, au lieu dit la Mulaliere. Ces fleuves divisent Lyon en trois parties : 1» la ville entre Rhône et Saône, bâtie sur la presqu’île Perraehe, que forment les deux fleuves; 2» le faubourg de La Guillotière et les quais des Brutteaux , sur la rive gauche du Rhône; 3° la partie bâtie dans l’anse de la Saône. Dix-sept ponts, presque tous de construction moderne , et la plupart en pierre , relient entre eux les trois grands corps de la cité ; un pont suspendu conduit à Pile Barbe, un pont tubulaire sert de passage au chemin de fer sur les fleuves. Quatre grandes lignes de quais, éclairés au gaz, muuis de trottoirs et plantés d'arbres, bordent les fleuves; ceux du Rhône se développent en ligne droite sur une longueur de 6 kilomètres. Le plus beau est le quai Saint- Clair, où toutes les maisons se font remarquer autant par l’élégance de leur architecture que par leur étonnante élévation. Les rues de la ville, quoique assez bien percées, sont pour la plupart très-étroites, ce qui , joint à la hauteur des maisons, leur donne un aspect un peu sombre; mais les quartiers qui avoisinent la place Bellecour (longue de 316 mèt.) et la place des Terreaux sont magnifiques. La rue Impériale, ouverte en 1855, la rue de f Impératrice, en 1862, offrent de riches constructions et des magasins somptueux. Des hauteurs de Fourrières, au N. de la ville, on jouit de la vue d’un magnifique panorama, qui a pour fond le Mont-Blanc et les Alpes. Lyon possède plusieurs grands édifices remarquables, d’une architecture mâle et sévère, presque tous situés sur les quais : l’hôtelde-ville, en son genre, un des plus beaux monuments de l’Europe, ouvrage de Simon Maupin; le Grand -Théâtre; le Balais du Commerce, l’Hôtel Tolozan ; l’Hôtel des Monnaies; l’archevêché; l’Hôtel -Dieu, ouvrage «le Souffiot; l’hospice de la Charité, pour les vieillards et les enfants, et auquel est annexé l’hôpital militaire; fane, abbaye des dames de St-Pierre, transformée en palais des beaux-arts, avec un riche musée de peinture et de sculpture ; l'église Sl-Nizier, dont la façade est de Philibert Delorme; l’église d’Ainay, sur l’emplacement d’un temple d’Auguste ; l’église S'-Irénée, où est une crypte curieuse; celle de Notre -Dame -de- Fourvières , dont le clocher a été surmonté, en 1853 , d’une statue colossale de la Vierge, et qui est un lieu de pèlerinage très -fréquenté; l’église des Chartreux , dont on admire le dôme , le chœur et l’autel ; l’église cathédrale de $LJean, du xiile siècle, et le Palais de Justice, œuvre de P. Baltard, tous deux sur la rive dr. de la Saône; enfin l’ Antiquaille , hospice des fous, sur les ruines du palais où naquirent Claude et Germanicus; les abattoirs, l’arsenal, et deux théâtres. Cimetière de l.oyasse, remarquable par ses monuments funéraires. Statue équestre en bronze de Louis XI V, œuvre de I.eniot, au centre de la place Bellecour; la place de Louis XVIII est ornée d’une statue équestre de Napoléon 1er, œuvre de M. de Nieuwerkerke; celle de Sathonay, d'une statue de Jacquard. Académie universitaire avec Facultés des sciences, des lettres, et de théologie; Académie des sciences, belles-lettres et arts; lycée; petit et grand séminaires; école des beaux-arts, où se sont formés des peintres de mérite qui ont fondé l'Ecole lyonnaise, école préparatoire de médecine et de pharmacie, école vétérinaire, école de sourds-muets, école des arts et métiers dite La Marlinière, école centrale des arts et manufactures; sociétés littéraire, d’éducation, linuéenne, de jurisprudence, de médeeinè, d’agriculture; deux grandes bibliothèques publiques; jardin botanique, cabinet d’histoire naturelle. Bureau de douane; entrepôt de sels; manufacture de tabacs. Lyon est entouré de trois faubourgs considérables, qui, en 1852, ont été annexés à la ville; ce sont : 1° la Guillotière, sur la rive gauche du Rhône; ce faubourg, seul débouché ouvert à l’excédant de la population lyonnaise, s’accroît d’une manière constante et rapide; 2° la Croix-Rousse , dont le plateau a été relié, eu 1862, au quartier des Terreaux par un chemin de fer incliné; sa population, formée en majorité des ouvriers tisseurs ei; soie, a joué un rôle important dans toutes les grandes insurrections de Lyon, en 1831, en 1834, et eu 1849; 3° Vaise, sur la rive droite de la Saône, quartier commerçant, bâti sur d’anciens marécages; il y existe de grands chantiers pour la construction des bateaux à vapeur; ou y a éiabfi la gare centrale du chemin de fer. D’immenses travaux de fortification, conçus par le général llaxo, mais modifiés et exécutés par M. Bohault de Fleury, de 1830 à 1849, ont fait de Lyon une place très-respectable : 17 forts établis sur une circonférence de 20 kilométr. de développement et dans un rayon moyen de 3,500 mètres, protègent les abords de la ville. Une enceinte continue est formée en arrière par les fortifi-

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cations de Fourviéres, de la Croix-Rousse, par la coupure de Recrache, et par le Rhône jusqu’aux Brotteaux. Une seconde enceinte relie, dans la vaste plaine de la Guillotièrc, les 10 forts |des Brotteaux, de Villeurbanne, de la Vitrio- Iorie, etc.l et les lunettes qui la dominent; 6,000 hommes bien conduits et résolus suffiraient pour défendre cette position contre une année. — Lyon est un très-grand centre de commerce; ses fabriques de soieries, de passementeries d’or et d’argent, de foulards, lui ont fait une réputation universelle. Cette fabrication, qui remonte au régne de François 1er, occupa 9,000 à 12,000 métiers, de 1650 à 1680; elle en avait 40,000 en 1847; elle en a près de 70,000 aujourd’hui (1863), y compris la banlieue, et emploie annuellement pour 180 millions de francs, environ, de soie brute. Le chiffre moyen d’affaires en soieries est de 300 millions de francs. Les autres industries sont : fabriques de tulles de soie, teintureries renommées, tanneries, fonderies de fer et de cuivre, fabriques de boutons, bronzes d’église, machines, produits chimiques, savon, papiers peims, orfèvrerie, ébémsterie, carrosserie, chapellerie, charcuterie (saucissons de Lyon), distilleries de liqueurs fines; brasseries, toiles métalliques, cristallerie, droguerie, toiles, draperies. marrons dits de Lyon, etc. Succursale de la Banque do France. — Histoire. Lyon, fondé l’an 41 avant Jésus- Christ par le consul Lucius Munatius Plancus, se nomma d’abord Lurii Dunum, puis, par abréviation , Luc-Dunum , et enfin Lugdunum , d’où est venu Lyon. Presque à son origine, sous Auguste, la ville devint la capitale de la Gaule celtique, nommée Lyonnaise, et prit un développement rapide; comblée de bienfaits par l’empereur, elle lui éleva, en l’an 60, un temple magnifique, à l'érection duquel concoururent 60 nations de la Gaule. Caligula et Claude naquirent à Lyon. Ils imitèrent les libéralités d’Auguste, et, en 47, Claude prononça un discours dans le sénat, pour faire accorder à sa ville natale le privilège de colonie romaine. Les Lyonnais firent graver sa harangue sur deux tables de bronze, qui , longtemps perdues, ont été retrouvées en 1528 , et se voient auj . sous le vestibule de l’hôtel-de-ville. Pendant le règne de Néron , en 59, un tremblement de terre, et un incendie qui en fut la suite, détruisirent la ville; au bout de peu d’années, elle était sortie de ses ruines, et Trajan , au début de son règne, y fit construire un édifice magnifique , le Forum Trujani appelé plus /trd Forum Velus, dont on fit Fort vieil , puis Fourrières, -nom que porte encore le quartier où il s'élevait. Au milieu du ii« siècle, Pothin, venu de la Grèce, s’arrêta à Lyon pour y prêcher l'Evangile. La foi nouvelle fit de rapides progrès, et la ville eut bientôt à souffrir la persécution de Marc-Aurêle, 177. Décimée en 197 par Septime Sévère, à qui elle avait résisté, elle eut ensuite à subir tous les maux des invasions barbares, auxquels se joignirent les inondations, la peste et la famine. Elle ne respira que sous Charlemagne, grâce à l'administration de deux évêques, Leidrade et Agobard. A partir de 870, la province lyonnaise fut administrée par des comtes ; les archevêques de Lyon leur disputèrent dès l’abord la supiématie, et la lutte des prélats contre les seigneurs dura, avec bien des vicissitudes, jusqu’au moment où la ville, lasse de l’une et l’autre domination, se donna à la France, 1312. Le gouvernement municipal de Lyon , jusqu’alors populaire, subit une transformation , et le conseil des 54 membres, dont les fonctions étaient viagères, fut remplacé par des échevins annuels ou consuls. Enfin , malgré les tentatives de Charles d’Alençon pour ressaisir l’autorité, les officiers royaux s'installèrent en 1398. Deux conciles œcuméniques ont été tenus à Lyon, l’un en 1245, où l’empereur Frédéric II fut excommunié, et l’autre en 1274, pour la réunion des deux églises grecque et latine. Lyon , grâce à son commerce que favorisait son heureuse position intermédiaire entre les villes de l'Italie et de la Flandre, commençait à jouir de la plus grande prospérité. Cette prospérité s’accrut encore par les faveurs de Louis XI. Durant les guerres d’Italie, le séjour fréquent de la cour et de l’armée fut pour Lyon une nouvelle source de richesses, à laquelle vint se joindre, sons François Dr, la fabrication des draps d’or et d’argent et des étoffes de soie. En 1502, l’archiduc Philippe le Beau, gendre du roi d’Espagne Ferdinand le Catholique, avait signé à Lyon, avec Louis XII, un traité qui avait pour but d’endormir ce prince, tandis que les Espagnols se préparaient à lui enlever les provinces napolitaines. Le voisinage de Genève favorisa à Lyon l’établissement de la Réforiuation. La persécution fit croître l'hérésie, et, en 1560, les calvinistes s’emparèrent de la ville, dont ils restèrent maîtres jusqu’en 1563. La réaction fut terrible :

un édit de Charles IX, rendu à Lyon la même armée, interdit l’enseignement aux ministres protestants, ainsi que les synodes ou assemblées, et les collectes d’argent; les massacres de la S*- Barthélemy , en 1572, y furent presque aussi sanglants qu’à Paris. Lyon prit parti pour la Ligue; mais, après la mort de Henri III, elle reconnut Henri IV, qui la visita en 1596. Sous Louis XIV, sa prospéiité fut portée à un très-haut degré; mais la révocation de l’édit de Nantes détruisit tout le bien qu’avait fait Colbert, et faillit ruiner les diverses industries de la ville, dont les misères d'un hiver rigoureux, 1709, vinrent encore aggraver la situation. La révolution de 1789 leur porta un coup non moins funeste : révoltée contre la Convention, assiégée en 1793 par une armée de 60,000 républicains aux ordres de Dubois de Crancé, la ville se défendit pendant deux mois avec courage; mais, obligée de capituler, elle essuya tous les maux d'une ville prise d’assaut. Plus de 200 maisons et les principaux édifices furent renversés ou démolis par ordre des commissaires de la Convention. Son nom même fut changé en celui de Commune- A (franchie, qu’elle porta jusqu’au 9 thermidor. Napoléon l«r releva Lyon de ses ruines, protégea Jacquard, et donna un grand essor à sa fabrique. Il avait une prédilection particulière pour cette grande cité, à laquelle il réservait un rôle politique d’une haute importance. La prospérité de Lyon alla dès lors croissant, et sa marche fut à peine ralentie parles troubles civils qui , depuis 1830, ont, à diverses reprises, attristé son histoire, et même par les désastres de l'inondation de 1840. Patrie des empereurs Claude, Marc-Aurèle, Caracalla et Géta ; de Sidoine Apollinaire, S1 Ambroise, Louise Labé, Philibert Delorme, Coustou, Coysevox, Audran, Boissieu, Terrasson, Montucla, les Jussieu, Sonnerai, Brossette, Lémontey, Rozier, Rondelet, le major Martin, J. -B. Say, Jacquard, C. Jordan, le maréchal Suehet, le général Duphot, de Gérando, Bourgelat, Lemot. Ampère, Ballanche, etc. F — t.

LYONNAIS, grand-gouvernement de l’anc. France, capitale Lyon, formé de trois provinces: le Lyonnais, Lugdunensis traclus; le Forez, pagus Forensis, ville: Feurs, Forum Segusiuvorum ; et le Beaujolais, Bellijocum , Bellojovium, ville : Beaujeu. Il était borné au N. par la Bourgogne, à l’E. par la Saône, au S. par le Languedoc, à l’O. par l’Auvergne et le Bourbonnais. Une chaîne de montagnes, prolongement des Cévennes, le traverse du S. au N.: les points culminants y sont : l’Iseron, le Tarare, le Mont-d'Or, et surtout le mont Pilât (1215 met.) et Pierre-sur-Haute (1184 met.). Le Rhône, la Saône, la Flle-Loire, le Furens, et le Lignon l’arrosent. — Le Lyonnais fut habité primitivement par les Seyusiavi ; sous les Romains, il fit partie de la lre Lyonnaise. Soumis aux Burgondes depuis 413, aux Francs depuis 534, il fut assigné, par le traité de Verdun, 843, à Lothaire, qui y mit, avec le titre de comte, Gérard de Roussillon, comme tuteur de son fils Charles. Eu 863, à la mort de Charles, Lothaire II obtint la province; Charles le Chauve s’en empara en 869, et remplaça Gérard de Roussillon par le comte Guillaume, qui eut pour successeur, en 990, son fils Guillaume II. En 955, le roi de France Lothaire céda le Lyonnais à Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne Transjurane, sou beau-frère. Depuis l'an 1032, il y eut, pendant plus d’un siècle, un long conflit entre les comtes du Lyonnais et les archevêques de Lyon; ces derniers prétendaient à l’administration temporelle de la ville, et l'arrangement qui se fit en 1173 fut tout à leur avantage; de ce moment, le pouvoir civil s’effaça devant l’autorité religieuse. Philippe le Bel fit pour la couronne, par traité du 10 avril 1312, l’acquisition de Lyon et du Lyonnais. Le Lyonnais fut placé dans le ressort du parlement de Paris. En 1790, il forma les départements de la Loire et du Rhône. Le sol présente des massifs de porphyre; il n’est pas partout très-propre aux céréales; mais les vins de Côte-Rôtie et de Condrieux sont célèbres. Le Lyonnais renferme de très-riches mines de fer et de plomb, et les mines de cuivre de Chessy, dans l'arrond. deVillefranche, sont les plus riches de France. L’industrie est sans rivale pour la fabrication des soieries, des crêpes légers, des satins et des velours. Sl-Etienne a, depuis François Ier, une manuf. d’armes blanches et d’armes à feu. Les paysans du Lyonnais et du Forez sont, les uns avides de gain et peu hospitaliers, les autres d'une rudesse souvent grossière; mais les Lyonnais ont, en général, un caractère ferme, élevé, et plein d’énergie. J.

LYONNAISE, Lugdunensis, nom donné, sous l’empereur Auguste, à la Celtique, qui coupait la Gaule par le centre, dans la direction du S.-E. au N. -O., entre la Belgique au N.-E., l’océan Britannique au N., l’Atlantique à l’O. , l’Aquitaine au S. et au S. -O , la Narbonnaise et la Grande-

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