‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 98 sur 864 · LYS · texte numérisé non relu

LYS

Séquanaise à l’E. Dans la division de la Gaule en 17 pro- I vinces,elle en forma quatre : 1» Lyonnaise ir«. au S.-E., ' ch.-l. Lugdvnum (Lyon) ; comprenant les Seqv.siavi , les Uandubii, les Ædui, les Lingones ; 2° Lyonnaise 11e. au N., ch.-l. Juliobona ( Lillebonne) ou Botomagus (Rouen); comprenant les Veliocasses, les Caletes , les Lerovii, les t ’.burovices, les Vidncasses , les Bajocasses, les Abrincatui , les Sait; 3° Lyonnaise IIIe, à l’O., ch.-l. Turones I Tours); comprenant les Turones, les Cenomani, les Diablintes, les Andecavi, les Arrii, les Namnetes, les Reclones, les Veneti, les Curiosoliles ou Curiosopiles , les Osismii ; 4° Lyonnaise IVe, au centre, ch.-l. Senones (Sens); comprenant les Senones, les Tricasses,\es Meldi, les Parisii,]es Carnule*,\es Aureliani. La Lyonnaise a donc formé à peu près le Lyonnais, la Bourgogne, le Nivernais, l’Ile-de-France, l’Orléanais, la Normandie, la Bretagne, le Maine, et l’Anjou.

LYONNET (Pierre), naturaliste et anatomiste, né en 1707 à Maëstricht, m. en 17H9. Doué d’une aptitude singulière, il apprit en peu d’années le latin, le grec, l’hébreu, le français, l'italien, l’espagnol et l’allemand, étudia avec passion les sciences, et principalement l’histoire naturelle. Pour représenter les insectes qu’il avait étudiés, il apprit le dessin, et grava bientôt avec un talent extraordinaire. On a de lui : une traduction française de la The'ologie des insectes , de Lesser, Paris, 1745, 2 vol. in-8°; Traité anatomique de la chenille, qui ronge le bois de saule, La Haye et Amsterdam, 1760, in-4°, ouvrage merveilleux par la délicatesse des observations et la perfection des gravures.

LYONS, v. des Etats-Unis, dans l’Etat et à 530 kil. N.-O. de New-York, sur le Grand-Canal ; 4,500 hab.

Lyons-la-forêt, ch.-l. de cant. (Eure), arr. et à 22 kil. N.-N.-E. des Andelys, près d'une belle forêt; 767 hab. Fabr. d’indiennes, tanneries. Autrefois fortifié. Patrie de Benserade.

LYRE, brg et abbaye. V. Lire.

lyre, instrument de musique à cordes de nerfs, chez les anciens. Il y en avait deux sortes : la grande lyre, appelée Barbitos, qui se jouait avec un pleclrum ( V. ce mol | , et dont les branches étaient ajustées sur un magas ou coffret qui augmentait la sonorité des cordes ; et la petite lyre, dite chelys ou cithare, dont les branches avaient pour base une carapace de tortue mise de champ. Cette lyre était beaucoup moiris grande que l’autre, et l’on en pinçait les cordes directement avec les doigts. Le nombre des cordes de l’une et de l’autre lyre varia beaucoup, suivant les temps : ce fut d’abord 3, puis 4, 5, 7, 8, 12, et même 20. La lyre la plus usitée fut celle à 7 cordes. Au ive siècle, on faisait des lyres aussi grosses que des chariots, et qui se jouaient à plusieurs personnes. La lyre portative, qui n’avait qu’un très-petit nombre de cordes, devait être un instrument peu susceptible de symphonie ; cependant on voit par la fable d’Orphée que d’habiles musiciens en tiraient grand parti

LYRNESSE, Lyrnessus, v. de Mysie, près d’Adramytte, capitale d'un petit royaume détruit par Achille, qui y enleva Briséis.

LYS (La), en flamand Leye, en hollandais Lijs, en latin Legia , riv. qui prend sa source en France à Lisbourg (Pas-de-Calais), à 15 kil. S.- O. de Béthune. Cours de 209 kil. au N. jusqu’à Thérouanne, puis à l’E. par Aire,Sl- Venant, Merville, Armenlières, Commines, et tournant au N. -E. pour entrer en Belgique, où elle baigne Werwick, Menin, Courtrai, Deynze. Embouchure dans l’Escaut à Gand. Elle reçoit beaucoup de canaux, et sa navigation, qui commence à Aire, est très-active. Elle a donné, sous le Pr Empire français, son nom à un département, dont le cb.-l. était Bruges, et compris entre la mer du Nord au N. , les départ, de l’Escaut à l’E. , de Jemmapes et du Nord au S. et à l’O.; il était divisé eu 4 arr. : Bruges, Fûmes, Ypres et Courtrai.

lys I saint-) , ch.-l. de cant. (Hle-Garonne), arr. et à 16 kil. O. -N. -O. de Muret; 759 hab.

I.YS (Jean), peintre, né à Oldenbourg vers 1570, m. en 1629, fut élève de Henri Goltzius, visita la France et l’Italie, s’arrêta longtemps à Rome, où il étudia les tableaux du Titien, de Paul Véronése et du Tintoret, puisa Venise, et revint en Flandre. Ses compositions étaient pleines d’esprit; mais sou inconduite, en le forçant de travailler trop vite, nuisit beaucoup à son talent. On cite de lui : Si Jérôme dans te désert; Adam et Eve pleurant Abel, la chute de Pliaeton.

lys (Jacques d’arc ou dd), père de Jeanne d'Arc, fut anobli avec toute sa famille par Charles Vil, en 1429.

LYSANDER, v. des Etats-Unis ( New-York ), à 32 kil. O. d’Onondaga, au confl. de l’Oswego et de la Seneca;4,500 h.

LYSANDRE , général lacédémonien , qui savait, dit Plutarque, coudre la peau du renard sur celle du lion. Allié de Cyrus le jeune et des Perses , il gagna sur les Athéniens la bataille navale d’Ægos-Potamos , 405 av. J.-C., prit Athènes, 404, et y établit les Trente Tyrans. Il rapporta dans Sparte des richesses qui la corrompirent, fut soupçonné d’aspirer à la tyrannie, et périt dans un combat contre Thèbes, sous les murs d’Haliarte, 394.

LYSANIÆ ABILA. V. Arila.

LYS1AS, orateur grec, né à Athènes en 459 av. J.-C., m. en 380. Il fut, à 15 ans, l’un des fondateurs de la colonie de Thurium, y suivit les leçons du rhéteur Tisias, et eut part au gouvernement de la ville. En 411, après la guerre de Sicile, il en fut chassé avec tout le parti athénien, revint à Athènes, et y vécut jusqu’à la domination des Trente Tyrans; ceux-ci le persécutèrent pour sa fortune, ainsi que son frère Polémarque, qui fut mis à mort. Lysias parvint à s’échapper, aida au succès de Thrasybule, et reçut de lui le titre de citoyen , qui lui fut retiré plus tard. Lysias avait composé plus de 200 plaidoyers, faits pour les autres : n’étaut pas citoyen, il ne pouvait parler en son nom à la tribune. Il put cependant accuser, en qualité de partie, Eratosthène, l’un des Trente Tyrans, celui qui avait fait arrêter son frère. Il reste de Lysias 33 discours, où l’on ne trouve guère que les qualités qui le faisaient* citer comme modèle de l’atticisme, la pureté, la clarté, la grâce. Les meilleures éditions sont celles de Taylor, grec-lat., Londres, 1739, in-8°; de Fœrtsch, Leipz., 1829 ; de Scheibe, Leipzig, 1852, in-8»; et des recueils de Iieiske et de Bekker. Lysias a été traduit en français par Athanase Auger, Paris, 1783, in-8°. V. Hoelsoher, De mita et scriptis Lysiae , Berlin, 1837, in-8°; J. Girard, Des caractères de l'atticisme dans l’éloquence de Lysias, Paris, 1855, in-8°.

lysias, général et parent d’Antioehus Epiphane, roi de Syrie, fut envoyé contre Judas Macchabée, et se laissa surprendre et battre près de Bethsura. Après la mort du roi, 164 av. J.-C., il s’empara du pouvoir au nom du jeune Antiochus Enpator, et envahit de nouveau la Palestine ; mais il dut abandonner le siège de Jérusalem, pour aller combattre Philippe, qui lui disputait la régence. Il < éfit ce rival , mais fut bientôt abandonné pour Démétrius Soter, et massacré avec Eupator, en 162.

LYSICRATE, Athénien, consacra le souvenir d’un prix de chant obtenu par les jeunes gens de sa tribu dans les fêtes de Bacchus, 335 av. J.-C., en élevant un monument qui s’est conservé jusqu’à nous, et qui fut longtemps connu sous le nom de Lanterne de Démosthène. Il y en a une copie dans le parc du château de S‘-Cloud.

LYSIMACHIE, Lysimachia, dite aussi lleramilium , v. de la Chersonèse de Tlirace , sur le golfe Mêlas ; fondée par Lysimaque, en 309 av. J.-C.

LYSIMAQUE, un des généraux d’Alexandre le Grand, reçut en partage, après la mort de ce prince , la Thrace et les pays situés le long duPont-Euxin, 333 av. .J.- C. Après quelques guerres contre Seuthès, prince indigène, il se ligna une première fois avec Ptolémée et Cassandre contre Antigone en 315, une seconde en 310, construisit en 309 la ville de Lysimachie, remporta avec Sélcucus la victoire d’ipsus, 301, etobtiut la Bitliynie et quelques autres provinces d’Asie parmi les dépouilles d’Antigone. Une 3e ligue avec Ptolémée et Pyrrhus, roi d’Epire, contre Démétrius, fils d’Antigone, donna à Lysimaque le royaume de Macédoine eu 286. Quatre ans après, ayant fait mettre à mort son fils Agathoele, il vit ses Etats se soulever, Séleucus marcher contre lui, et périt dans une bataille à Cyropédion, en 2H2.

LYSIPPE, statuaire grec, né à Sicyone, florissait vers l’an 350 av. J.-C. I) partagea, avec Apelle et Pyrgotèle, l’honneur de représenter les traits d’Alexandre le Grand. Ou a de lui un célèbre quadrige qu’il fit pour Alexandre, et qui, déposé d'abord à Corinthe, fut transporté ensuite à Constantinople, et de là à Venise, où il est encore. On citait aussi de lui un colosse de 40 coudées (19 mèt. environ ) à Tarente, une statue d’Ilercule , que l’on voyait encore à Constantinople au xme siecle, et une statue de l’Occasion, qui périt dans la prise de Constantinople par les Latins. Winckelmann lui attribue le groupe admirable du Laocoon.

LYS1S, philosophe grec, né à Tarente, disciple de Pythagore, avait composé des Commentaires sur la philosophie de son maître, qui sont perdus. On le croit généralement l’auteur des Vers dorés. On a encore sous son nom une Lettre à Hipparque, imprimée à la suite îles Vies ■ des philosophes de Diogène Laërce, édit, de H. Estienne.

LYSISTRATE, frère ou beau-frère de Lysippe, se livra

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comme lui à la statuaire. Il fut, dit-on, l’inventeur de l’art plastique, et fit, le premier, des modèles en argile et en cire.

LYSOGORY (Monts) ou monts de Sandomierz, plateau situé entre les Sudètes et les Karpathes septentrionales, depuis les sources de l'Oder jusqu’à celles de la Vistule. Pour son point central on peut prendre la ville de Olkusz. Excellents minerais de fer, de Pilitza à Wielun, et sur la pente N. Les usines et les forges s’y multiplient chaque jour.

LYSTRA, v. de la Lycaonie, au N.-O. d’Iconium, et où S1 Paul fut lapidé. Patrie de S1 Timothée. C’est auj. Lalik.

LYTTLETON (Lord George), littérateur, né en 1709, à Hagley ( VVorcestershire | , m. en 1773, se fit connaître de bonne heure par des Pastorales et une médiocre imitation des Lettres persanes de Montesquieu. Nommé membre de la chambre des Communes, il se jeta avec ardeur dans i

l’opposition contre Robert Walpole. Quand le prince de Galles se fit une cour à part, il devint son secrétaire, fut un des lords de la trésorerie après la chute de Walpole et des whigs, 1744, puis chancelier de l’Echiquier jusqu’en 1757. Investi de la pairie, il quitta les affaires publiques. Sceptique dans sa jeunesse, les œuvres Je son âge mûr témoignent qu’il devint plus croyant. Il a laissé une Dissertation sur la conversion de St Paul, trad. en français par l’abbé Guéuée, 1754, 1 vol. in-12 ; des Dialogues des morts, 17(50 ; une Histoire de Henri II, 17(57-71, 4 vol. in-4°, exacte et impartiale. Protecteur de Fielding, qui lui a dédié son Tom Jones, et de Thomson, pour qui il a écrit un touchant prologue à la tragédie de Coriolan, jouée après la mort de l’auteur, il a lui-même composé des Poésies , écrites purement et avec délicatesse. Ses OEuvres complètes ont été publiées à Londres, 1774, in-4°. Les Lettres philosophiques et politiques sur l'histoire d'Angleterre , i qui parurent sous son nom, sont de Goldsmith. A. G.

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