HOMME D'ÉTAT
^ est oa qni a été snx mllUres, qni a exercé
AetîTemeDt le pomrolr, et le donnera-t-on
taleneot i ceM-là? Mod, certes, l'homme qni
goiîene peut n*ètre qu^un homme en place ,
o kaat firoctionnaîre ; il n*a droit au nom
AoBiae d^Ètat que s*il a fait ses preuTes; et
r«i ne saurait le refuser au politique même
ipècolitif , qni Joint l*esprit pratique à la thëo-
lie, et qui a* est fait reconnaître digne de gou-
lOMT. Aussi a-t-on dit ayec raison que Ton
ynl être homme d'État sans gouTemer, et
gmeraer sans être homme d'Rtat. Tel ora-
kv, td pnbliciste, tel professeur même ou
lri|oeteS s'est montré parfois plus homme
iw, soit à la tribune, soit dans ses écrits,
itiBienx mérité ce titre que tel chef de ré-
féiqie on d^empire, ou tel premier ministre.
• Dniiel Gbamier (dit Bayle, en parlant de ce
cèldre pasteur protestant) n'était pas moins
Miitre d'État que ministre d'Église.» — «Du-
pkix, dit Raynal, cachait sous les occupations
ta marchand, Tâme d'un homme d*État. »
Itre homme d'État, c'est donc être réelle- ■eatapte i gonrerner, à représenter l'État, à ipr et stipuler en son nom; c'est comprendre kl droits, les dcToirs, les fonctions, les intéite de TÉtaL Quelle tâche pourrait être plus ■portante et plus difficile? « C'est vraiment, l Grégoire de Naxianze, l'art des arts, et la Riace des sciences, que de gouTerner l'houmie, fltf tire si ondofant et si divers, •{Et mihi vieillir ors ariiufm etêdentia scientiarum homiwmreçoT, animaiiam varium et multiplex.) L bûtoire nous montre que le pins habile guerner,]e plus grand conquérant n'est pas toujours boane d'État. • L'art de gouverner les homnes» adil Tite-LIre, fait plus souvent défaut aux féaies supérieurs que l'art de les vaincre. • \ijKtUientilnis ingeniis citius dejuerit ars gud nran reçant guam qud hostem superent.)
OaeUed qualités sont principalement nécesoir» an véritable homme d'État? Napoléon l*^ H bon juge là même où il n'a pas toujours suivi ics préceptes, a dit: • Il en est des États comme fin bâtiment qui navigue, et comme d'une unée; il faut de la froideur, delà modération, 4e U sagesse , de la raison dans la conception des ordres, commandements ou lois, et de l'élerpe et de la vigueur dans l'exécution. » Il a dit aussi : • L'homme fait pour les affaires et i'utorité ne voit point les personnes; il ne voit qoe les choses, leur poids et leurs conséquen- «-es. » n a encore exprimé les mêmes idées d'un féal mot : « Le cœur d'un homme d'État doit être •Uns sa tête. » ( Lettre de 1797, et Mémorial.)
Cruelle vue de gouvernement doit surtout diriger le grand politique? « Le but de l'homme -i État. a dit Napoléon III, doit être de détruire, autant que faire se peut, l'esprit de caste, et d QDir tous les citoyens dans une même pens^. comme dans un même intérêt. » (Écrit de
Fenelon a placé dans la bouche du cardinal de Bîcbelien, un portrait idéal de l'homme
1. Pv eoatre, Napoléon I" dlMit « qn'll n'éUlt 9mé BéctMsIro d'Itro poSto pour Jaf«r U tragédie , «a-il laAMit d'étrt bommo d'£ut. » ( Mémorial. )
d'État : « U vraie habileté, lui fait-il dire, consiste à n'avoir Jamais besoin de tromper et â réussir toujours par des moyens honnêtes. Ce n'est que par faiblesse, et faute de connaître le droit chemin, qu'on prend des sentiers détournés, et qu'on a recours à la ruse. La vraie habileté consiste à ne s'occuper point de tant d'expédients, mais à choisir d'abord, par une vue nette et précise, celui qui est le meilleur en le comparant aux autres. Cette fertilité d'expédients vient moins d'étendue et de force de génie que de défaut de force et de Justesse pour savoir choisir. La vraie habileté consiste â comprendre qu'à la longue, la plus grande de toutes les ressources dans les affaires est la réputation universelle de probité. Vous êtes toujours en danger, quand vous ne pouvez mettre dans vos intérêts que des dupes ou des fripons; mais quand on compte sur votre probité, les bons et les méchants mêmes se fient à vous; vos ennemis vous craignent bien, et vos amis vous aiment de même. • {Dialogue des morts.)
Voltaire fait observer que « le vulgaire suppose quelquefois une étendue d'esprit prodigieuse et un génie presque divin dans ceux qui ont gouverné des empires avec quelque succès. » Il ajoute que « ce n'est point une pénétration supérieure qui fait les hommes d'État, c'est leur caractère.» — «Il arrive souvent, dit-il encore, parmi les hommes d'État, ce qu'on voit tous les Jours parmi les courtisans: celui qui a le plus d'esprit échoue , et celui qui a dans le caractère plus de patience, de force, de souplesse, et de suite, réussit... Mazarin fut tout-puissant et Retz accablé... Pour fairo un puissant ministre , il ne faut souvent qu'un esprit médiocre, du bon sens et de la fortune; mais pour êtro un bon ministre, il faut avoir pour passion dominante l'amour du bien public. Le grand homme d'État est celui dont il reste de grands monuments utiles à la patrie.» (Siècle de Louis XrV.)
Pour ne citer ici que ceux qui, sans avoir été appelés à gouverner, ont mérité d'être qualifiés d'hommes d'État, il faut ranger parmi eux. en première ligne, les grands historiens, tels que Thucydide et Xénophon, chez les Grecs; Salluste,Velieius-Paterculus, et surtout Tacite, chez les Romains; et chez les modernes, Philippe de Gomines. Fra Paolo. Machiavel, Mëzeray, Montesquieu, etc. Sur cette liste doivent figurer aussi les noms de ceux qui se sont illustrés dans l'éloquence politique, tels que les Démosthène, lesGicéron. les Mirabeau, et de ceux qui. après avoir été des hommes d'action, ont écrit, à des points de vue divers, sur la science qu'ils avaient pratiquée. *
1. Voici qaelqnes noms des siècles derniers qu'on pourrait citer ici, d'après Donato: Philippe de Malsières, Seysvel, Moms, Walsingham, Onichardin, ConUrini , Smith , L'HospiUl, Bongars, d'Osiat. Pasehal, Hotmau de Villiers, Jeannin, Canaje , Snlly, Pères , Bedmar , Saavedra , Lisola , Orotias, ParnU, Ooxliski, Bacon, Bassompierre . Rohan, Marca, Richelieu, D'Avanz, Renrien, Dcstrades, W. Temple, Moleswort, Mani, Carafe, Saint-Philippe, Santa- Crui, Wicqnefort, CaUlèree, etc., «te.