‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 122 sur 260 · PRISONS · texte numérisé non relu

PRISONS

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pensa que tout le mal venait de rJnsufQsance du nombre des cellules et de Tencombrement des détenus dans la prison, et que le système tel qu*ll était établi serait fécond en heureuses conséquences, si Ton ajoutait quelques constructions nourelles aux prisons déjà existantes. On fit de nouveaux frais et de nouTcaux efforts. Telle fut l'origine de la prison d*Anbum(1816).

«Cette prison, dCTenue depuis si célèbre, fût établie d*abord sur un plan essentiellement Ticieux; elle se bornait à quelques classifications, et chacune de ces cellules était destinée à recevoir deux condamnés : c'était de toutes les combinaisons la plus malheureuse; il vaudrait mieux confondre cinquante criminels dans le même appartement que d'en mettre deux ensemble. Cet inconvénient fut bientôt senti, et, en 1819, la législature de l'État de New- Tork décréta rérecllon d'un nouveau bâtiment à Anbarn, afln d'augmenter le nombre des cellules solitaires; toutefois il faut remarquer qu'on n*avàit pas encore l'idée du système qui depuis a prévalu. On ne pensait pas à soumettre au système cellulaire la totalité des condamnés; on voulait seulement en faire l'application à un plus grand nombre... En 1817, la législature de Pcnsylvanie décréta l'érection du pénitencier dn Pittsburg, et. en 1821, celle de Cherry- HilL.. Dans les prisons nouvelles on abandonnait les classifications de Walnut, et une ccllole solitaire devait être préparée pour recevoir chaque condamné. Le criminel ne devait quitter sa cellule ni le jour ni la nuit, et tout travail lai était interdit dans sa solitude.

• Cependant, avant même que les lois qui avalent ordonné l'érection de ces prisons fussent exécutées, on avait, dans l'État de New- York, essayé la prison d'Aubum. L'aile du nord ayant été presque finie en 1821, on y avait place quatre-vingts criminels en donnant à chacun d'eux une cellule particulière. Cet essai, dont on se promettait un si heureux succ^, fut fatal à la plupart des détenus: pour les réformer, on les avait soumis à un isolement complet; mais cette solitude absolue, quand rien ne le distrait ni ne l'interrompt, est au-dessus des forces de l'homme; elle consume le criminel sans relâche et sans pitié; die ne réforme pas, elle tue.

tLes malheureux sur lesquels se fit cette expérience tombèrent dans un état de dépérissement si manifeste que leurs gardiens en furent frappés: leur vie parut en danger, s'ils restaient plus longtemps dans la prison, soumis au même régime; cinq d'entre eux, pendant une seule année, y avaient déjà succombé. Leur état moral n'était pas moins inquiétant: l'un d'eux était devenu fou; un autre, dans un accès de désespoir, avait profité d'un moment où le geOlier lui apportait quelque chose pour se précipiter en dehors de sa cellule en courant la chance presque sûre d'une chute mortelle. Sur de pareils effets, le système fut jugé définitivement: on fit grâce à vingt-six détenus solitaires; ceux auxquels cette faveur ne fut point accordée sortirent pendant le jour et fu-

rent admis à travailler dans les ateliers communs. Depuis cette époque (1823), le système d^isolement, sans restriction, cessa entièrement d'être pratiqué â Auburn; on acquit bientêt la preuve que ce régime, funeste à la santé des criminels, était impuissant pour opérer lenr réforme. Sur les vingt-six condamnés auxquels le gouverneur avait fait grâce, quatorze revinrent peu de temps après dans la prison par suite de nouvelles condamnations.

«Cette expérience si funeste à ceux qui furent choisis pour la subir, était de nature à compromettre le sort du système pénitentiaire. Après le désastreux effet de l'isolement il était à craindre qu'on en repoussât entièrement le principe: c'était une réaction naturelle. On eut plus de sagesse : on persista à penser que la solitude qui fait réfléchir les criminels, et les sépare les uns des autres, exerce une influence bienfaisante; et on rechercha seulement les moyens d'éviter les inconvénients de 1 isolement en conservant ses avantages. On crut y parvenir en laissant les condamnés dans leur cellule pendant la nuit, et en les faisant travailler pendant le jour, dans des ateliers communs, au milieu d'un silence absolu.»

Le dernier système adopté à Auburn obtint un immense succès; des hommes éminents conmie MM. Elam Lynds, le juge Powers s^honorèrent en remplissant les fonctions de directeur d'Auburn. L'État de New -York ordonna rèrection d'une nouvelle prison ( 1 825). Ce fut M. Elam Lynds qui seul avec les cx)ndamnés construisit Sinsing, qui contient mille cellules.

Malgré le succès d'Auburn, la Pensylvanie continuait à Pittsburg ses essais d'emprisonnement cellulaire de jour et de nuit sans travail. Le résultat fut aussi déplorable qu'à Walnut. Néanmoins de graves autorités à la tête desquelles nous devons placer M. Livingston, soutinrent la supériorité de lemprisonnement cellulaire de jour et de nuit. Le résultat de ces luttes qui donnèrent Heu à des enquêtes célèbres, fut la création du pénitencier de Cherry- Hill qui n'est qu'une combinaison de Pittsburg et d'Auburn, à savoir, l'isolement de jour et de nuit et le travail dans la cellule.

Depuis cette époque les meilleurs esprits sont restés partagés sur la supériorité de l'un ou de l'autre système. MM. de Tocqueville et de Beaumont eux-mêmes hésitent à se prononcer, au point de vue des avantages moraux. Mais si l'on se préoccupe des avantages matériels, le système d'Auburn rapporte à l'État des produits plus considérables.

L'État de New-York a créé des maisons de refuge pour les condamnés à leur sortie de prison. Cette institution, qui n'a pas été importée en France, est considérée en Amérique comme une des plus heureuses créations des temps modernes. Elle forme une sorte de maison de patronage pour tous les condamnés libérés Jusqu'au jour où ils trouvent dans la société un travail assuré.

111. Avantages du système pénitentiaire. — Le premier avantage d'un pareii systètP' les condamnés ne deviennent pas dam

piasoMS. ~- psrnLÈQsa.

. t rarèBe. feaduil dix d'uéentkiD pnbl

qoeitloii , toujours liremeiit dËbattw, nax qu'elle « po

I ae pu Taire un pu. Il n'exiila qm deux rable. Du Inipeel

qui semblent rallier 1b aujorUè dei m- ■Ibgm qui reprès

I* l'ËUl actuel de noi prUopa eit hideux de Hou dans la .

it de Toe de la morale, et dangereux lora de la coiuli

a cociété; 3* notre HgUatlM pénale, trialeidlre.lilall

orgaDlsiUm adminialratlfe , rèèlanient juaqo'i ta rage e:

angemeols nolablea, bIood iioe refonte énergie (arfa ornai

ie. In detMMTs de ces deux itrilét g^n^ que loua non pai

nt acceptées, nousnetrouTone plus deox pas possible), mai

d'acGwd. Dans cette Inlle conruae, une aion du cou qu'i

nODs frappe, c'est que le principe dn lenrUttendn; di

t de la personnalité bumaîne gagne cha- complluecnenl di

ar du terrain. Il abolit la marque, le car- qu'an dernier moi

'ezposltimi, Is conSscatlon, U annonce Tement.poorrei

ce qu'il ne tardera pas à abolir la mort De lela Talts e

et même l'écbatDnd. Il flétrit la detise que, dana une a<

: aur le glalTc du droit diiin et dn drtdt leur du 9 décei

: fimdiete puWque. Ses derniers défen- Saint-Germain se

sont rëdnlls à chercher des a^uments ■ ... L'emprisonnf

loelqueB adjecllb des écritures : ■ Les tout un système

es parlent d'un Dlen lengeur, la Justice ce jour, le prlncii

le doit s'organiser sur le modèle de la Sa lSâ3, le gouv

dlTine;d'oùlal^ltimitédelaTeDgeance Istlon encore plu

ne.* tème cellulaire,

ide des systèmes américains ftit le point principe, la sépa

art d'une des plus magnifiques créalions tiers.- Depuis ce

nps modernes. En 1836 U. Oemcti, con- Temement n'a pi

a la cour de Paris. Ttil envoyé en Amé- troure confirméie

iTec l'arcbllecle Biouet pour se lirrer i I896 par l'iospec

Telles éludes sur les pénitenciers. A son clut sînsl : * qu'il

, il Et l'éloge de ce s^téme, et éprouTS cisue de détenu

mes résistances de l'opinion que M. de loi, eu rèserTsnl

nitle. Sn 1810, 11 donna aa démission et les circonstances

ui*ier il bnda à Vetlray (Indre-et-Loire) alances seraient 1

ilonle jigricole et pënitcnllaire pour les cnsés dangereux,

détenus. Celte maison devint bientôt instructeur réctai

) et lord firougbam dit un jonr en plein damnés dont le a

eut que • Hellray sufllsail à la gloire de l'ordre et la sbret

ce. • Le temps a JustiHé cet étoge. Met- criminelle ou Imn

"me on radieux contraste avec la lugubre VI. Clattifeolii

cellulaire des Jeunes détenus de Paris, franfaUet. — On

tft Moquette: prison que nul cœur gé- de prisons sairan

ne peut Tisilcr sans se senlir glacé t. Prisons ponr

. Depuis sa fondation llettrar a serri de son d'arrêt pour (

et provoque la création de nouvelles où siège on trlbui

a, toujours trop petites ponr les besoins de correction pah

'rance. d'arrondissemeni;

t fappiieatioHdtt tgUime pénitentiaire aliénés, idtM.

tnee. — C'est en I8ta que ce système t. Pour délenui

wré par une commission do la Cbambrc prisons dont l'ènu

lulés. En IS13 il fut modifié sur le rap- lilé Ici.

ILdeTocqueville; il fut amendé en 1847 3. Pour détenus

Cbambre des psirs sur uu rapport de prisons ; prison 1

nger et se trouva ajourné en 18t8. ~ ou prison de disci

B une commission spéciale fut désignée talls, le livre de

le ministre de la Justice pour élaborer riforme de* prito vcan projet de loi sur les prisons, et dès

époque, des instructions modincsllves FBITILiOES.

etde 18t0furenl adresséesaui préfets, loi particulière, a)

:tnictioos portaient spécialement aur la i tous : ■ bcuitè d

aa du régime cellulaire ani seuinpri- Jouir de quelque

arrêt et de Justice. Depula cette époque droit commun*, <

opéré one réaction qui cbaque Jour mie. Dans le sei

ploa vive contre le régime ceDulaire. rens. le privil^

)n Haau est presque devenne un objet rommnn ponr M

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