AVENIR DE LA BÉFOIUIE
La Réforme n'est pas seulement un fait histo-
aue accompli il y a trois siècles et demi ; c'est a seulement si l'on n'y voit qu'un changement essentiellement dogmatique, et hi substitution de la doctrine ou de l'autorité des réformateurs à celle de Rome. Non-seulement les catholiques, mais bien des protestants, n'y savent pas voir autre chose. S'il en était ainsi, le rôle de la Réforme serait terminé, et l'on pourrait dire qu'elle se survit à elle-même, car le mouvement philosophique du dix-huitième siècle, la révolution française et l'immense développement des sciences modernes ont conduit l'esprit humain au delà du point où durent a'arrèter Calvin, Luther et Zwingle lui-même. La théologie de la Réforme, il faut le reconnaître, n*a pas été fidèle à elle-même. Après avoir émancipé la pensée et rendu à la conscience son autonomie , les réformateurs reculèrent Les excès des anabaptistes, la guerre des paysans en Souabe et en Alsace, les hérésies imprévues d'un Garlostadt ou d'un Senrct, les inquiétèrent; les princes les obligèrent trop tôt A définir leur foi et à poser des limites. De là un premier retour à rautorilé , un culte exagéré pour la lettre de la Ribie qui n'exista pas aux premiers jours. Leurs successeurs reculèrent plus loin encore , et leur doctrine précMe, formulée, rétrécie au dix-huitième siècle, a longtemps porté parmi les protestants le nom easentieliemoit catholique à'ortkodaxie. Cette théologie a fUt son temps, et personne peutêtre des réformé» qui se croient encore orthodoxes n'y est resté fidèle; il en est très-peu qui la connaissent bien. Le dogme immobilisé, quel quMl aolt, n'est pas fait pour durer; mais si la Réforme est un principe essentiellement vivant et toujours actif, si le droit d'émancipation dont iMèrent Luther et Calvin ne peut être périmé, si la rèfonuation religieuse du seisième siècle a porté dans ses flancs tonte une série de progrès successifii et des germes d'avenir dont beaucoup peut-être sont encore inaperçus, si l'on peut et doit eomme Jésus lui-même empêcher ia tradiiioniiê transgreuend'aHéaniiràlà tongue la loi, alors ce glorieux principe du protestantisme est impérissable et destiné à des conquêtes aans fin. Qu'on le désigne avec saint Paul sous le nom de Justification par la foi, avec le dix- Iraitième siècle sons celui du droit d'examen, on «vee des penseurs contemporains sous celui do aowenlneCè de la conscience ou d'indivi-
duaHsae chrétien, ce neaMtlà^taqMrelies de mots on tout un pies des ~ de degré.
Tentes les libertés, avee le«n sont en germe dans eea que Luther en 1524 écrivait à aca l'électeur de Saxe: «?ofre AUbmn ne doit pas entraver le misiatère de Laisses prêcher en toute cooince et comme on pourra et contre qvi en car UfmUfu'U ^mUées aeeie$. (1 CSor.,», Hl^ Il fout que la parole de IMen tieuie la pagne et livre des batailles. 81 cTeat resprilli nos adversaires qui est dans le vrri, flaei» culera pas devant nous et ne ae lisnfa pi coL Si c'est le nôtre. Il ne craindn Mon, ni personne. Qu'on laisse donc lea enilB m heurter et se combattre.» (fidlL Waieh\ll, p.8.)«
n ne s'agit là, dira-t-OD , que de piéJfcrti et de religion, mais ne voit-on pas que pi cela même il s'agit de tout? An fond, qatosaSK a confiance en la vérité est libéral conuBeLata et prend parti avec loi pour le principe fi enfonte les réformes. Tout asserrissemal as esprits et des consciences a pour caase p^ mière un secret scepticisnie, nn msnqaeit foi, le besoin honteux du reconra à hfem. Quiconque opprime, fût-ce an nom de Mai, u défie de l'esprit humain, de la vëiitè et de Bin même. Ath. GoQcnH. flk
RÉFUGIÉS. Refoge étant svnoni exprimant de même le lieu où s*< sacré (rof. Asile), quiconque, étant tÊ^,^ réclamé ou reçu de fait rbospilallté est m rtfugié. De tout temps et en tout pajsflja en des réfugiés, des hommes innocents dier' chant chei leurs voisins, on même aaMiî rétranger, un abri contre F hostilité et la Kf; sécutlon de leurs vainqueurs, trop aussi contre l'injustice de leurs sonverak turels ou de leurs concitoyens, devenus ennemis. C*est surtout lorsque la ferrearni* gieuse, l'esprit de secte, a fomenté les hifeMi et armé les bras, que la fuite des pins Min devant les plus forts a présenté dans rhMkt de tristes épisodes et de lamentables tablcsn. Tels sont ceux que rappellent les noaH iei Albigeois et des Vaudois en France cl ai Piémont, des Mores et des Juifs en Espefse, trop heureux torsque le mot exierwàmÊim n*eut pour eux que son sens élfniok|sf|atcl
1. V«at-OB eompArsr 4 c« aoblo ravtorité ? Voici cwwat parie Fide Trinittiê, ek. M) : • ^«cm cJberdkcT H et f«e VÉfK9t cmtkMfm tM^ftne àé hûmekt n^mt pmê {>" non sit); «mU« «■ tmuerwm êomt en ^mttrjrnmmi», *n rmimamt, « preêcrtftiom», ii d^ii rktrrktr , mmMi U povrra , à <«Mf«f«r ammrmi c« fM eU (q«»rer«qaoBo4o»it). S*U qM*a em rtmde §réct9 è Ditm: •' donmt pmê (eoaiMe bb tBBr«BB) Voir, wtmiê fB'il hmiMM le Mfc «I daas «•• derai«r» aieU qmi brate bb doBble JeB de Met» qme ae à tndBire : Xom i«BittBt Mtarittot emfmt mé
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RÉGDiE SANITAIBE.
ne TOulâieDt pas être dépossédées. Le fait est que le fardeau imposé aux ueureaux coDseiJs d'bygiéne était énorme, et arec cela aucune indemnité fixe ne leur était allouée. Le soin de pourroir aux frais les plus indispensables pour Toyages, impressions, etc., était abandonné à chaque conseil généraL Jusqu^à présent, Texpérience n*a pas été trés-fsTorable à cette sorte de décentralisation. 11 résulte d'une circulaire ministérielle du ^6 avril 1858, que six conseOs généraux seulement avaient inscrit au budget de cette même année une somme suffisante pour ce serrice ; elle a varié de 3,M)0 à 1,200 fr. Dans d*autres départements Fallocation était de 500 à 20 tr. Trente-trois départements s'étaient entièrement abstenus.
Quoi qu'il en soit, Thygiène publique est aujourd'hui régie en France par un décret du 18 décembre 1848, qui a été développé par plusieurs circulaires ministérielles. II embrasse la salubrité des voies publiques, des habitations, des ateliers, écoles, etc.; les abattoirs, fabriques et autres établissements industriels, les dépôts d'immondices, les animaux dangereux, les cimetières, les maladies épidémiques et endémiques, ainsi que les éplzootics ; la surveillance des qualités des aliments, boissons, condiments et médicaments tirés du commerce. Le décret contient encore bien d'autres points. Mais ceux-ci, étant, en réalité, entre les mains d'administrations diverses ou se trouvant même tout à fait négligés, nous nous serions reproché d*accréditer davantage des erreurs, en faisant figurer ici ces questions. La plus conunune occupation des conseils d'bygiéne, ainsi que le reconnaît M. Tardieu, consiste à examiner les demandes en autorisation, translation ou révocation des établissements dangereux, insalubres ou incommodes, régis par le décret de 1810. Quelques recueils de ces rapports, publiés aux frais des conseils généraux, aident à l'avancement de la science.
Les comités trouvent parfois d'utiles auxiliaires dans les médeciTis des éfndémies et les médecins cantonaua:.
Les premiers, institués, depuis le 2 mai 1805, dans chaque arrondissement, doivent, à la première invitation qu'ils en reçoivent du sous-préfet, se transporter dans les localités où une épidémie a éclaté, rechercher les circonstances de situation, d'habitudes populaires , etc., qui auraient pu la faire naître ou la favorisent, prescrire les mesures propres à en arrêter les progrès, ainsi que le mode de traitement.
Les médecins cantonaux sont une création récente (du 13 avril 1835), et il n'y en a encore, à l'heure qu'il est, que dans un petit nombre de départements. L'Alsace fait exception. Après les avoir probablement empruntés à l'Allemagne dès 1810, elle a, sur le même modèle, étendu et rehaussé leurs fonctions : ils cultivent avec avantage pour les progrès de l'art, la topographie médicale et l'épidémiologie. Partout ailleurs ils se renferment dans l'exercice laborieux de la médecine rurale en faveur des indigents.
L'organisation du CmmU eoanfef giène publique de France a été it||l|i décrets en date du 10 aoftt 18tt,ÉI vrier 1851 et du 23 octobre ISS&li posé de dix membres, dootqm&eMi médedne, un chûniste, uniDgènleili et chaussées ou des mines et m li Divers chefs de service et autres I naires administratifs peutent assiitffi ces avec voix délibérative.
La compétence du comité s'ètoii rantaines et au service des médedm établis en Orient: aux mesures ipnk prévenir et combattre les ëpidénfei;!
lioration des établissements tlienMB moyens d'en rendre l'usage de phi accessible aux malades panTresoapi
L'Académie impériale de mèdedN complète l'ensemble desmstitQtioeiV nous occuper ici. Elle encourage pv penses honorifiques l'ëtudedes èiM tralise les travaux auxquels celle-di et présente annuellement, dans ses fl moires, le tableau coordonné et nk maladies qui ont régné dans les dift gions de la France. Le soin importa pager la vaccine lui est également a
V Italie, la Belgigtie et YBspafM pour leur régime sanitaire, les errei cals. Mais ce serait s*écarter de b de placer ces divers États sur la i Déjà au moyen âge, l'Italie avait prt cette voie, les autres pays. Aujourdl grâce à leur intelligente fidélité an bienfaisantes de l'empereur Josepl nétie et la Dalmatie possèdent sei toutes les provinces de l'Aotrichef organisation médicale.
II. Système anglais, — Depuis étaient tombés en désuétude quelqi crcts relatifs à la construction et à des voies publiques, des dignes, des* quelques règlements concernant sions insalubres et l'enoombrementi Ils dataient du règne de Henri vm de la reine Elisabeth. Encore de o sous George IV, une loi déclarait sa que chacun avait le droit d'abattre l( lui étaient nuisibles •lothe annotai Kiîigs subjjects », et de se faire jusUc one's self justice. Ou bien il fallait : procès longs, dispendieux, très-i tout le monde. Au milieu de cet subsistait un simulacre de police sj était confiée à des Jurys locaux; lei et les services qu'on en pouvait at sortiront de cet exemple que nous Dans un district souvent ravagé pa] contagieuses « des formes les plus jury était composé de douze membi péagers, un ou deux marchands d trois ou quatre tailleurs ou drapiers un entrepreneur de bâtiments, anci Personne , ont-ils avoué eux-méme ce dont ils avaient à s'occuper, d'examiner les poids et mesures, présence fortuite de Fentreprenei
BÉOIME SANITAIRE.
Les maladies qui ont droit à Tattention du législateur et de radministration forment trois clasaea. Ce sont: les maladies endémiques, les maladies épidâniques et les maladies contagieoses.
Les maladies efidémiques naissent des conditions de conflg^uration d*une contrée, de su météorologie, de la structure géologique de son sol, de la distribution de ses eaux et de leurs qualités, de sa Yégétation et de tous ses produits, de Falimentation de ses habitants, de leur genre de Tle, de leur aisance ou de leur pauvreté. Le nombre des a0éctions de cet ordre est grand , si on les étudie sous toutes les sones du globe. Ici il suiDt de citer les exemples les plus saillants dans nos climats: le crétinisme arec le goitre endémique, les fièvres intermittentes, la pellagre, etc.
Si Ton songe que le goitre et le crétinisme constituent une véritable dégénérescence physique et morale de Thomme, qu'elle se propage fatalement par voie d'hérédité, que sur le territoire* de la France seule vivent dans cet état plus de cent mille infortunés, et que le nombre en est encore bien plus considérable en Suisse , en Piémont, en Autriche, etc., etc.; que les fièvres intermittentes endémiques, dans leurs formes pernicieuses, entraînent très-souvent la mort et, même lorsqu'elles revêtent des degrés moins intenses, maintiennent des populations entières dans un état habituel de débilité, d'incapacité au travail et, partant, de profonde misère, on admettra que les ravages produits par cette catégorie de maux remportent de beaucoup sur tout danger qui peut menacer temporairement la santé publique.
Heureusement que l'État peut faire beaucoup à cet égard. Les dessèchements et la mise en culture des marais, parfois leur colmatage, le reboisement des montagnes, les plantations des dunes, les canaux d'irrigalion, le drainage pratiqué sur une échelle suffisante, sont des moyens d'assainissement sûrs. Un gouvernement ne doit même pas reculer devant le déplacement d'une population peu nombreuse, lorsqu'il est absolument impossible de modifler la topographie des localités qu'elle habite, ainsi que cela peut arriver pour certains vallons étroits, pour des gorges de montagnes, sièges du crétinisme.
Ces grands travaux publics nécessitent, il est vrai, des dépenses très-considérables. Mais, au lieu d'être onéreuses a l'État, elles sont, en dernière analyse, productives, et l'intérêt public, largement compris, les conseille autant que l'humanité les commande.
On appelle épidémie une maladie quelconque, qui frappe dans un lieu simultanément un nombre d'individus plus ou moins considérable. A la rigueur, nous n'aurions pas à citer ici d'exemples ; car U nous faudrait passer en re-
1. Il y A tel département où , de l'année 1837 i l'année 1849, sur 100,000 Jennetf gens 9,G53 ont dû être exempté* dn service militaire comme goîtrenx ! Et les orétlns ne sont indiqués ni Kur les Tableaux du recrutement , ni dans la StatUtique générale de la France. Ils sont partout confondus avec les idiots . €t o'est à tort y car tout Idiot n'e^^t pas un crétin.
vue presque tout rUnmeue i^^ médecine pratique. On TOit ]uaii^*i pèles, des fluxions de poitrine » ^ rébrales épidémiques; commet ^
on observe des cas isolés des est le plus habitué à regarder ce dernier caractère, telles qa le choléra, etc.
Dans les épidémies aussi la compensation des sacrifices posés dans le but d'augment la force de ses membres Jnsq
niers rangs. Le mal est tocjoi
redoutable , il s'alimente et
plus qu'il rencontre devant li
moindre; et où celle-ci se trou ^vne
n'est dans l'énergie vitale de cr^i
vent exposés à ses atteintes 7 i
mesures hygiéniques, de salobrrii^
visées à la hâte, lorsqu'une èpid6
minenteou a déjà éclaté, présaifa
inconvénient d'être particoliéieiia
dieuses et d'une efficacité bien mtii
Une maladie contagieuse est odii
se transmettre, par le contact d'i
qui en est déjà affecté, à unonpteh
individus prédisposés à la recevoir.
nition diffère, on le voit, essentie
celle que nous avons donnée dans le
qui précède; elle établit uneli^
cation tranchée entre les deux du
ladlcs. U en existe d'indubitobta
gieuses, qui ne sont Jamais èpidi
même qull y a des épidémies i
auxquelles l'élément de lacontagii
stamment étranger; pour celles-là
être question d'isolement, de ii
de quarantaine.
L'antiquité, qui connaissait \ épidémies très -meurtrières, ne qu'un courage stoïque et quelq d'hygiène générale. Au moyen i£ en même temps que la fréquence des a pestes » prennent un d* efTtayant, commencent les eflb^ fendre directement contre ellei qu'elles inspiraient était extrèm avec lesquelles on les combat barbares. La société se voyait i attaquer le mal dans sa source, ei l'état physique de l'Europe et l'existence matérielle et morale de imagina de fermer Taceès de ses ncmi et de le cerner , comme on ii qu'il y avait pénétré. Le mal rèpi par excellence, la lèpre, avait ses permanentes. Véritables centres encombrés et immondes, les U viennent bientôt elles-mêmes, gation héréditaire plus sûremei contagion, des foyers d*infecti( auxquels cette époque sans entr ne savoir plus opposer que le bù nier argument en hygiène, comi politique et en théologie.
Les républiques italiennes che la seconde moitié du quatorxtém
REICHSRATH. — BELIGION.
REICHSRATH {ComeU de FEmpire), C'est le nom du parlement autrichien. 11 se divise en deux chambres, dont Tune est élective. {Vop, Autriche.)
REICHSTA6B. G*est ainsi qu*on appelait avant 1806 TAssemblée des états de Tempire germanique qui se réunissait» depuis 1663, régulièrement à Ratisbonnc (Regensburg) sous la présidence de Tempereur ou de Tarchichancelier de l'empire, Félecteur-archevéque de Mayence. Cette assemblée était divisée en trois coiiéges ou chambres: 1* des Électeurs (roy.) ; 2* des princes, qui se divisaient en banc temporel et banc ecclésiastique, entre lesquels les évéques protestants de LQbeck et d*OsnabrQck siégeaient sur un banc transversal ou neutre; 3* des villes, divisées en banc du Rhin et banc de Souabe. Chaque collège délibérait séparément, et après le vote séparé, les collèges cherchaient à s'entendre pour présenter à l'empereur une décision commune dite cotielusutn imperii, L. Schwartz.
REISS-EFFENDI. C'est un titre qu'on donne (;;uelquefois au ministre des aflhires étrangères de l'empire ottoman; reiss est un mot arabe qui veut dire chef, et que portent plusieurs dignitaires dans les pays musulmans, ^endi répond à notre mot: Monsieur, J. de B.
RELIGION. Plutarque faisait remorquer, il y a dix-huit siècles, que, s'il y a des rilles qui manquent de culture littéraire et même des arts utiles à la vie, il n'y en a point qui soient sans Dieu; on n'en a jamais vu, ajoutait-il, auxquelles la prière et lesacriflce soient inconnus; on n'en verra jamais. Depuis, le globe terrestre a été exploré dans tous les sens, et l'observation du pieux philosophe de Chéronée n'a point reçu de démenti sérieux. La religion est un fait universel ; elle se rencontre au milieu des peuplades les plus barbares aussi bien qu'au sein des nations les plus policées. C'est qu'elle n'est , selon l'expression de Benjamin Constant, ni une découverte de l'homme éclairé qui soit étrangère à rhonune ignorant, ni une erreur de l'homme ignorant dont l'homme éclairé se puisse affranchir. C'est qu'elle a ses raisons dans la nature humabie et que Thonmie est un être religieux au même titre qu'il est un être sociable et un être doué de la faculté d'exprimer ses pensées par la parole.
Aussi longtemps que l'homme aura conscience de sa faiblesse, qu'il se verra continuellement en présence de la fln plus ou moins prochaine, mais inévitable, de son existence actuelle, qu'il sera frappé dans ses affections par la mort d'êtres tendrement aimés, qu'il se trouvera hnpuissant à atteindre l'idéal de bonheur, de connaissance, de perfection, qui lui parait cependant nécessaire à sa nature et auquel il ne peut s'empêcher d'aspirer sans cesse, quelque convaincu qu'il soit qu'il loi est ici-bas inaccessible, c'est-à-dire aussi longtemps que les conditions de la vie humaine continueront.
il éprouvera rirrésiatible beniièi par la pensée au-dessni du iBi,Éd au delà des choses préraitesap ne trouve ni en loi-mèDie niàiH l'entourent, et une espénace cmM rien en ce monde ne saanRWéB rêver un ordre de choses meiBoifli tence plus parfaite. C'est uDelMié que la science remplacera eAhi Quelque loin qu'elle poisse pOMcri quêtes, elle flnit toqjonn |»r «hi point au delà duquel rien D'olie|iK< à l'observation , et tout se perd ai fondes ténèbres. Ce point racole ■ je le veux bien ; mais a mesnrefielM nos connaissances s'élargit, rbote lequel se cache l'inconnu s'ëltrgitàii proportion. La science ne pentei|l| ques-uns des mystères qui non w de tous les côtés, sans se tnwreri présence de mystères noateraxdi fonds. Les dieux des anciens Aryv, fication des phénomènes et des ta nature, ont passé du champ de Is Ri celui de la science. Nous n'adMWS vent, ni l'orage, ni le relonrdnsri l'astronomie, la physique, lanèlès dépouUlé de leur divinité ces qIjs d'un peuple enfant Avons-noasi cela le sentiment du divin? East La religion s'est déplacée; elle d'i| elle s'est portée sur des symboles Il en est de la religion cooune d( phie, comme du langage. La liKil séde tout honune d'exprimer ses la parole a donné naissance à a langues diverses; c'est un faitai^ connu que chacune de ces langnei preinte du caractère du peuple ( La philosophie, c'est-à-dire le bei rendre compte de nos connaissant ment donné naissance à différeo philosophiques. Ces systèmes ne produits au hasard ; chacun d'eu port avec un des côtés de la pens suit une des directions multiples ' la prédominance de tel d'entre temps et en tels lieux, n'est ]k fait accidentel ; elle est dëtenni circonstances historiques, par 1( générales qui régnent en ces tem lieux. La religion s'est manifesta sous un grand nombre de formes et quand on les compare avec W diverses aptitudes des peuples on de peuples au milieu desquels e on s'aperçoit bien vite que ohi est en harmonie avec ce qu'on le génie particulier de ceux qi sent. Cette corrélation ne saura prendre; elle s'explique d'elle-n chacun de nous n'éprouve et n sentiments qui sont communs à I mes, que dans la mesure et que d que comporte son caractère, com famille de peuples pourrait-elle ce traduire le sentiment du divin au
REUGION.
dans le ton général de ses aptitudes, et d'après le degré de son développement spirituel? Sur le fonds commun des facultés qui appartiennent à tous les hommes sans distinction, chaque famille de peuples se distingue de toutes les autres par des différences spéciOques» constituées soit par la dépression de certaines de ces facultés, soit par le développement exclusif de certaines antres. Ces différences spéciflques doivent naturellement se retrouver dans toutes les sphères de la vie, et par conséquent aussi dans la religion. Cela est évident pour les religions nationales , c'est-à-dire pour les religions qui restent exclusivement propres aux peuples au milieu desquels elles sont nées. Les religions universalistes ou cosmopolites, c*est-i-dlre celles qui, comme le bouddhisme, le christianisme et Tislamisme, aspirent à être acceptées par tous les hommes sans distinction de race et de nationalité, et qui y ont réussi à des degrés divers, ue font pas exception à la r^e coDunune, en ce sens du moins que, tout en conservant en général Tesprit qui les dislingue, elles s'accommodent aux caractères différents des peuples au milieu desquels elles se répandent. L'islamisme n'est pas dans la Perse, où se sont conservées des traces du génie iranien, ce qu'il est parmi les Turcs, hommes de ncc scythique, et il est autre encore parmi les Arabes, du moins parmi les Aral)es do désert qui, s'il faut s'en rapporter à ce que Volney en raconte dans son Voyage en Syrie, sont loin d'être des croyants bien fenrents. Le bouddhisme du Tibet et de la Mongolie diffère considérablement de celui de l'Ile de Geylan. Le christianisme n'a pas revêtu des Itones moins diverses. Â son origine même, il Itat entendu par les Juifs palestiniens dans un tout autre sens que par les Juifs hellénistes qni, au contact de la culture grecque, avaient perdu en grande partie les traits les plus marqués du caractère national. Bientôt après, on le voit prendre une tendance idéaliste et ■pécnistive dans l'Orient, où les débris de la civilisation de l'ancienne Grèce maintenaient encore l'esprit philosophique, tandis qpie dans l'Occident, où les docteurs de l'Église avaient pour la philosophie la même horreur qn*elle avait autrefois Inspirée à Caton, et araient hérité de l'esprit organisateur des anciens Romains, il fut esscntiellemi^nt prati-
Se et tendit dès le commencement à se transmer en un gouvernement régulier des conaelences. Au seizième siècle le catholicisme Teste dominant au sein des peuples de race (ou de langue) latine, chez lesquels la mobilité do fesprit n* exclut pas l'amour de la discipline et derantorité;il disparaît, an contraire, du milieu des peuples de race germanique, parmi lesquels fl n'ayait Jamais été solidement établi, et fait place a une nouvelle forme religieuse, le protestantisme, plus en rapport avec le génie ilMmunes qui attachent plus de prix que les Latfais à la rie intérieure.
Que ces différentes religions, que ces formes diverses qu*a revêtues une même religion, ne soieut pas d*une égale valeur, c'est ce qui ne
peut être mis en question. Mais elles dèriTcnt toutes d'un même senthnent de Tâme, et celuilà est aveuglé par un grossier fanatisme qui s'imagine que tous les cultes différents du sien ne sont nés que sous l'inspiration de passions mauvaises et criminelles. Chacune d*elles est précisément tout ce qu'elle a pu être dans les conditions où elle s'est produite ; aucune autre conception du divin n'aurait pu y être comprise.
Ce n'est pas a dire toutefois qu'une religion ne puisse se transformer et s'élever à des conceptions du divin de plus en plus satisfaisantes. La Grèce antique nous offre un exemple frappant d'une épuration de ce genre. En quittant le berceau de la famille aryenne, les Grecs primitifs emportèrent avec eux dans leur nouvelle patrie les croyances naturalistes de leurs pères. Pendant des siècles, ils n'eurent pas d*autres divinités que des personniUcations des forces de la nature, des dieux du feu, des dieux de l'eau, des dieux de l'air. Mais au lieu de représenter ces divinités fantastiques sous des formes symboliques, comme flrent les Aryas, ils leur donnèrent la forme humaine ; ce fut un premier progrès. Ces dienx perdirent par là en partie leur caractère naturaliste. Ils avaient la forme humaine ; on leur prêta les passions et les sentiments de l'homme; on leur en prêta aussi les qualités morales. Bientôt ils devinrent les modèles des vertus qui font le bon citoyen; l'assemblée des dieux fut le type parfait de l'assemblée des pères du peuple; Zeus, tout en restant dans le culte le symbole de l'éther lumineux qui nourrit tous les êtres, féconde la terre et prend mille formes pour reproduire la vie, ne fût guère représenté par les poëtes épiques et par les polîtes tragiques que conune le principe de la justice, le gardien des traités, le protecteur des suppliants. Ce travail de transformation fut poursuivi par les philosophes. La poésie épique avait senti que l'idée du divin est plus pure et plus vraie , conçue sous la forme de l'idéal humain que sous celle d'une force de la nature; la philosophie, faisant un pas de plus dans la même voie, comprit à son tour que cette idée est encore plus pure et plus vraie, conçue sous la forme de la raison que sous celle' de Thomme en général. Ainsi dans la Grèce, la religion passa successivement du naturalisme à l'anthropomorphisme et de l'anthropomorphisme à un véritable spiritualisme.
L'Inde nous présente un spectacle entièrement contraire. Loin de marcher du côté du spiritualisme, la religion s'y dégrade de plus en plus et s'enfonce en des conceptions d*une grossièreté toujours croissante. A l'ancien culte relativement pur d'Indra s'ajoutent successivement, en Teffaçant toujours plus, les cultes de divinités obscènes et féroces ; à mesure que la superstition augmente , le nombre des dieux s'accroît, et le caractère moral qui n'était pas étranger au naturalisme antique du Big- Véda, disparaît devant les pratiques multipliées qui forment toute la religion d'une population énervée et ignorante.
Comment se fait-il que deux religions sorties cependant de la même racine aient