RELIGION
destinées si contraires? La différence des climats ne saurait Tezpliqner, quoiqu'elle y ait probablement contribué pour quelque part. La Téritable raison doit en être cberchée dans ce double fttit, d'un côté que la religion est restée dans l*Inde sous la direction d'une théocratie et de Tautre que dans la Qréce elle fat émancipée de bonne benre de tout pouToir sacerdotal ici, doTenue. en un certain sens, rallUre de tout le monde, livrée i la libre discussion et à l'appréciation individuelle, elle put. an mOieu d'un peuple libre, être révisée constamment, suivre les développonents de la raison, et rester en harmonie avec les progrés de la pensée. Là. une autorité sacrée, dont les décisions étaient celles de Dieu lui-même , ne lui a pas permis de s'élever au-dessus du niveau qui avait été fixé à Jamais. Le mouvement, ne p&uvant se faire par en haut, s'est fiUt par en bas. si Je puis ainsi dire, et de chute en chute, de superstitions en superstitions, la religion a flni par devenir dans l'Inde un amas de grossières et absurdes rêveries.
Tel est le funeste résultat auquel aboutissent d'aillenrs toutes les théocraties. Nécessaires, à l'origine des sociétés, pour retenir dans la vie sédentaire et accoutumer au Joug salutaire de la loi des peuplades encore pleines des souvenirs de la vie nomade qu'elles viennent de quitter, elles ne sont propres, quand elles se maintiennent après avoir accompli leur œuvre, c'est-à-dire après que l'ordre social est décidément établi, qu'à étouffer toute liberté et toute spontanéité, qu'à comprimer tout mouvement de la pensée, en continuant à traiter les hommes comme des enfants incapables de se diriger eux-mêmes. Ul tutelle qu'elles exercent sur les sociétés naissantes est un bienfait aussi longtemps que les peuples dont elles font l'éducation ne sont pas en état de comprendre et d'aimer les devoirs de la vie policée ; elle est un fléau, quand elle se prolonge au delà de ce qui est nécessaire, par cette raison qu'elle ne peut alors se maintenir qu'à la condition de retenir les esprits dans l'impuissance de se déterminer librement Et comme les théocraties regardent leur autorité absolue comme un ministère sacré qu'elles tiennent directement de Dieu» elles n'épargnent ni le fer ni le feu pour réduire les rebelles qui veulent entrer en possession d'eux-mêmes. Il n'est pas de nation qui n'ait essayé, en un certain moment, de renverser les institutions théocratiques dont la tutelle avait présidé à ses premiers pas dans la vie policée. Bien peu y ont réussi Celles qui, après des luttes longues et sanglantes, n'ont pu conquérir leur liberté de peusée et d'action, sont restées, comme l'Inde, dans une enfonce éternelle.
La religion suit donc les évolutions de la société. Telle forme religieuse, excellente, nécessaire à telle phase de la vie d'une nation, ne saurait convenir à une autre phase, il faut que cette forme soit brisée et remplacée par une autre plus en harmonie avec la manière de sentir, de penser ou de vivre, qui se manifeste, ou que la civilisation nouvelle avorte.
Ces changements ne s'aceoapi^J de douloureux déchireosati.
gieuse ancioine, devenue le la civilisation du passé, ne près des luttes sanglantes anxid^S à s'emparer des esprits et à toi »* une voie différente. Les gamtimm presque Jamais eu d'autre caoM..-..' une erreur de croire que la reKs Elle change de forme, rien de pl^ .
gement. bien loin de l'épuiser. S^ vie nouvelle.
La distinction d'une reUgion •divenes qu'elle est capable de pas, il est vrai, un fiait génénhHK elle n'en est pas moins proeliKa toire de toutes les religions. Ceotf la méconnaît, qu'il règne de si twm entendus sur les choses reUgieiiai gion, ou pour prendre pour eiengb toutes les religions dont Thisloifv m mieux connue et qui natureHenestn le plus d'intérêt, la religion ebréûeiii dérée en elle-même, est complélaMi pendante des pratiques et des diebli lesquelles on la conftmd d'onUndrfr
Elle est indépendante -des pf^ lesquelles eUe est assodée ai^Mn pratiques en effet ne datent pas de M elles ont changé à plusienn repiiii les temps apostoliques Jusqu'à bmJ sait par les Actes des apôtres et Iflill saint Paul, ce qu'était le coite dei e dans la primitive ÈgliBe. Ils se rèn pour prier en commun; ils s'asseyiifli fraternellement à la même table, etei la commémoration du dernier reptt ( avait pris avec ses apôtres. U A*iî changé au commencement du seooi «Les chrétiens, raconte PUne leJei semblaient, à Jour marqué, aTsotk soleil ; ils chantaient tour à tour des louange du Christ, comme d'un Diei gageaient par serment à ne pohit ( de vol, de brigandage, d'adultère, i manquer à leur promesse, à ne poil dépôt; après cela ils avalent coati séparer, et ils se rassemblaient deaoi manger des mets communs et il (97< lettre du livre X.) Ce culte éttit que les païens qui ne pouvaient pi ridée de religion de celle de cérèmi peuses, ne le prenaient pas môme culte et tenaient les chrétiens pour < qui n'avaient pas de Dieu. Pour les christianisme, aussi bien que poi heurter les préjugés d'enliuice des fidèles sur ce point, on adopta, en lei quelque peu, les cérémonies rdigi Grecs et des Romains. L'eau instiale beaux sacrés, les processions, bie choses encore passèrent successif temples des païens dans ceux des Plus tard, pour attacher toi Barbar chrétienne par de beaux apeetades, plia les fêtes, et on esurieidt le coU velles cërèmoniee. La Htniiie chai
HEMPLACEMENT.
défenseurs du remplacement raisonnent 1 faut à rÈtat un homme capable de porarmes ; il ne fait pas d^exception et s'aà tous les citoyens ; mais en voici un * ses goûts, son éducation, la carrière à e il se destine, est éloigné du service 'e. A côté de lui, un autre est poussé e service par sa force physique, ses es, sa situation. Il, va dire au premier: ervir pour vous. L*État n'a rien à objecne semblable convention. Que lui faut-il? dat; il Ta, et n'a pas à s'occuper du Les deux personnes qui traitent sont le la convenance du contrat qu'elles forntre elles. Il y a plus : ce contrat sert, lité, l'intérêt de l'État. Cet intérêt, c'est » carrières libérales soient remplies, et ela il faut que l'éducation des hommes destinent à ces carrières ne soit pas enet mise à néant : ce que ferait infailliit un long service, de sept ans par exemmme en France. Enfin, considéré comme conune devoir a remplir, le service mi- D*est pas une charge ou une tâche idenour le jeune homme élevé dans l'aisance r celui qui a été élevé dans la pauvreté*. utre côté, si l'on raccourcit la durée fice, on a des armées qui manquent de i, d'esprit militaire. Les armées jeunes lent, Jugent, donnent plus ou moins sesituations : elles sont admirables pour mse d'un territoire, pour une guerre Kisiasme. Dans une guerre politique, on it plus compter sur elles. Il n'est pas, irs, sans inconvénient d'universaliser surs militaires dans une nation. Dans les grandes nations militaires, le métier Des a été une spécialité, arguments ne sont pas sans réplique, liftions civiques sont essentiellement nelles. On n'est pas juré par procurao gardtt national ne peut point se dér une fois pour toutes de ses devoirs remplaçant. Et pourtant ne pourrait-on e de même qu'il ne faut, dans ces deux l'État, qu*un citoyen capable de rendre dict ou de monter une garde. Il n'est iDdiflérent qu'il parait aux intérêts de lae le soldat qui lui est fourni soit tel La force publique dans un pays démoe doit être proprement la nation armée, dire qu'elle doit être faite à l'image de m, pariiciper à sa vie, être animée de »rit II n'est pas inutile à la liberté qu'il
' eett« oonaidération , les partiMna d'un impr«Hlf qal n'admettraient pax le remplacemient abréger la dnrée dn service en raison tvne, car plus on est riche, pins le service ) doit paraître dur. Le seul argument avancé ■r de rimp6t progressif n'est-ll pas que le lable reesent la charge d'autant moins que sa est plus grande. Voudrait- on user de deux
de deux mesures? Quant inous, nous ne al pour l'impôt progressif, ni pour le rem- Dt. Il est vrai que nous ne voulons pas d'ar- ■Uloée pour l'agression, mais une armée desa défense, et qne dans une pareille armée lié durée de service — sans remplacement
▲vae une durée de sept ans , le remplacetiH um mtil néceêêaire. M. B.
y ait parmi les soldats des hommes instruits et accessibles au mouvement des idées contemporaines, pas plus qn'il n'est inutile à Tordre qu'il se trouve dans les mêmes rangs des hommes attachés à la propriété. • Si vous avez une armée qui ait un esprit à par^ qui ne se retrempe pas périodiquement par rinfbsion d'un grand nombre de citoyens, qui ne soit pas l'image de la nation , prise non pas dans une seule catégorie, mais dans toutes, l'armée aura une idée à part, un esprit à part, eue sera toujours capable de défendre l'indépendance du pays , mais elle pourra devenir un péril pour ses libertés*.» Le trouble apporté par la conscription dans la carrière d'un jeune homme est un inconvénient commun à toutes les professions. Vous prenes un ouvrier an moment où, par son travail personnel, U va pouvoir compenser les sacrifices de ses parents. Il n'a que son corps et ses bras : on les lui prend ; son travail à la journée : on le lui enlève. Pendant sept ans, il est vrai, il est mieux nourri, mieux logé, mieux vêtu: maig il a perdu l'habitude des travaux des champs ou de l'atelier. Est-ce qu'il s'y remettra facilement ? Est-ce qu'il vaut dans sa profession ce qu'il valait à la fin de son apprentissage ? Est-ce que sa carrière, à lui aussi, n'est pas brisée ?
Quant à la durée du temps de service , elle pourrait être abrégée assurément, et les arguments qu'on fait valoir contre les troupes jeunes nous touchent peu. Les armées ne sont pas faites pour servir les desseins mystérieux d'une politique à surprises, mais pour défendre le pays et assurer sa sécurité. C'est en les isolant du reste de la nation, pour leur inculquer cet esprit militaire qui n'est que l'obéissance passive dans son expression la plus brutale, c'est ainsi qu'on change en instrument de despotisme une institution qui devrait n'être qu'une garantie d'indépendance.
Le remplacement a l'inconvénient de masquer les défauts du système de conscription en vigueur en France. U empêche que ceux qui ont les moyens de faire entendre leurs réclamations ne soient atteints directement. Le défaut fondamental de la conscription, au point de vue de l'équité absolue, c'est qu'à l'égalité des charges elle substitue l'égalité des chances.
La question tout entière du recrutement est en outre dominée par la théorie dn désarmement, qui met en question l'existence même des armées permanentes; mais des considérations de cet ordre excèdent les bornes de cet article tout spécial.
La méthode de remplacement autrefois usitée en France soulevait des objections nombreuses et justifiées. Les remplaçants, que la raillerie populaire appelait des vendus, étaient presque toujours fournis par des entrepreneurs, sumonunés marchands d'hommes, qui les soudoyaient parmi les vagabonds et les débauchés en donnant une satisfaction passagère à leurs
1. Le citoyen général de Lamorieièr* , ministre dt la guerre. Assemblée nationale, téane* du 11 octobre 1S4B. On te reporter» ntlj«»»-* ^ *»—- ««bl» de cette séance.