‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 15 sur 260 · IDÉOLOGUES. — ILES IONIENNES · texte numérisé non relu

IDÉOLOGUES. — ILES IONIENNES

Tracy montre avec un grand bon sens que les institutions les meilleures absolument ne sont pas toujours les meilleures relativement, que celles-là conviennent le mieux à une nation , qui sont les plus conformes, non pas seulement au caractère général de cette nation, mais encore à rétat présent de ses mœurs, de ses besoins, de son esprit, et qu*elles ne peuvent s^améliorer que proportionnellement à Taccroissement des lumières dans la masse du peuple.

Si Fauteur du commentaire sur V Esprit des lois avait pu être consulté par les provinces unies de l'Amérique du Sud, par la république de Venezuela et par celle de Golombia, quand , après avoir conquis leur indépendance, elles résolurent de se donner des constitutions copiées sur celle des États-Unis, il leur aurait dit sans le moindre doute : Les lois que vous voulez vous donner sont excellentes ; mais avezvous bien examiné si elles sont en rapport avec votre nature, vos babitudes, votre degré de culture? Elles ont été faites par des hommes qui ont d'autres idées, d'autres mœurs, d'autres antécédents que vous. Prenez garde qu'elles ne restent pour vous unelettre morte, et qu'elles ne soient incapables de vous conduire à cette prospérité qu'elles ont créée dans les États- Unis. Il pourrait se faire que le terrain nouveau dans lequel elles vont être transportées ne fût pas encore assez convenablement préparé pour les recevoir. — Je me figure qu'un des héros de la Convention leur aurait tenu un langage absolument contraire.

Mais aux yeux de tout homme habitué au pouvoir absolu, comme encore aux yeux de tout homme qui ne croit Tordre possible que par la contrainte, les différences, cependant si profondes, qui séparent les idéologues des hommes de sang avec lesquels les confondait Napoléon l<^ devaient passer inaperçues et leurs théories qui n'en appelaient qu'à la raison, paraître des erreurs dangereuses pour la paix publique. Ces craintes n'ont pas encore disparu, et cependant l'histoire a suffisamment démontré que, dans nos sociétés modernes, la contrainte ne saurait rien produire de stable, que tout ce qui n'est pas en harmonie avec les facultés de la nature humaine est une cause plus ou moins prochaine de troubles ou de décadence, et que l'équilibre des esprits, condition de l'ordre véritable, ne peut naître que de la libre discussion des idées et des systèmes. Michel Nicolas.

ILES IONIENNES. Voici quels étaient, d'après le dernier recensement fait en 1859, la supertlcie de ces lies et le nombre de leurs habitants.

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