‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 190 sur 260 · TABAC. — TACTIQUE PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

TABAC. — TACTIQUE PARLEMENTAIRE

des licences accordées aux fabricants et débitants.

La Prusse et la Russie ont adopté le régime de la liberté pour la culture, la fabrication et la vente. En Prusse, les cbamps sont partagés en quatre classes et soumis à une légère surtaxe en sus de Timpôt foncier; en Russie, la production est astreinte à une patente spéciale, avec un droit de circulation représenté par la vente des bandes officielles dont les paquets doivent être revêtus.

Aux États-Unis , la culture, la fabrication et la vente du tabac sont soumises à un droit de patente.

On a agité la question de savoir si cet impôt, si fructueux pour FÉtat dans tous les pays, devait être considéré comme une source régulière et honorable de revenus. Il est en réalité difficile de se prononcer. D*un côté, le tabac n est ni une denrée alimentaire indispensable à reiistencc, ni une matière première de Tindustrie, il n'y a donc pas à redouter pour Tactivité générale ou le bien-être de voir T impôt le frapper un peu rudement. D'un autre côté, si la science établissait d'une manière sérieuse que Fusage du tabac est funeste à la santé et à rintelligencc des populations, serail-il du devoir de FÉtat d'en interdire la culture et de frapper son importation de droits presque prohibitifs? Pour moi, je ne crois pas à Fefficacité des mesures de police et de fiscalité en matière de consommation et d'habitudes; mais je pense qu'il serait désirable que Fusage du tabac ne prit pas le caractère d'un abus et que les populations fussent assez intelligentes pour préférer un ordre do jouissances moins coûteux et d'un caractère plus relevé. Quant au (lôticit qui se produirait dans les recettes de FÉtut . il est tant de réformes et de réductions désirables à apporter dans les dépenses publiques que la question ne saurait être embarrassante pour qui croit à Fadministratiou à bon marché pai le seif-govcnimenê.

F. Edouard Hervk-Thévexard.

TABOU ou TAPOU. Superstition bizarre qui se retrouve chez tous les naturels de FOcéanie et de la Polynésie et qui consiste en une sorte d'interdiction qui met tout objet ou tout être vivant, sur lesquels elle est jetée, au pouvoir immédiat de la divinité et les enlève à tout contact profane. (Quiconque porterait une main sacrilège sur ce qui est ainsi frappé d'interdit , ne manquerait pas de provoquer le courroux de VAtoua (Dieu), qui le ferait inévitablement périr, si la justice humaine ne se chargeait elle-même aussitôt de la punition du coupable. Le droit de prononcer le tabou n'appartient pas seulement au prêtre; tout individu peut le lancer sur ses inférieurs, ou sur l'ensemble ou une partie de leurs propriétés, comme aussi sur lui-même ou sur ce qui lui appartient. On ne saurait douter que cette interdiction, fort gênante pour celui qui en est frappé soit dans sa personne , soit dans ses ustensiles, sa pirogue ou tout autre* objet d'un usage journaher, n'ait été instituée dans le principe comme une

sorte de pénitence destinée A apaiser un dieu offensé, ou comme un sacrifice Tc^taire propie à capter sa bienTeillance.

hg dorée en est yariable. Elle est sans demie mesurée d'ordinaire sur la gravité présumée de FoflRraise commise, ou sur i'impoitance da service qu'on attend de la faveur diTine. io commencement d'une guerre, une prttreiie se taboue. Elle s'interdit toute nourriture peidant deux jours et le troisième elle aceompB certaines cérémonies, qui doivent faire desecsdre la bénédiction du ciel sur les annes deb tribu. 11 arrive fréquemment qu'on se condisne à une interdiction plus ou moins rigoureuse, ■ départ d'une personne chérie» sur laquelle m veut attirer la protection de la divinité. Dansée cas, le iahon répond assez bien à ce que dom appelons un vœu.

11 est certains actes de la vie qui sont frappa, ipso facto, du tabou. L* interdiction est aloh d'une durée déterminée. Une femme en couche est tabouée pendant un certain temps. Ouconque vient d'être tatoué doit se priver podant trois jours de tout commerce avec \& autres habitants du pays. Un homme qoi ouistruit une pirogue, est soumis, pendant tHi le temps que dure son ouvrage, à un taboi partiel ; il ne peut se servir de ses mains poir manger. Cette privation a sans doute pourtwl d'attirer la protection divine sur son cmUiO' tion.

Cette singuhère institution, indépendunsetf de sa destination morale et religieuse, DOt pas sans utilité dans les choses ordinaires de la vie. Elle sert, par exemple, à assurer bncoite des patates douces dont les plantatioB) sont mises, du moins pendant une certaine période de leur crue, sous la protection da tabou, qui en rend Faccùs absolument interdis Dans la saison où Fou fait les provisions d'hir^t tout le poisson qu'on pêche est frappé du IâI*» Ne pouvant le consommer sur Fheure, oo k conserve pour le moment où la pêche sennt ou diflicile. Les restes des morts sont esbeoliellemcnt taboues; c'est un moyen cffif*": d'assurer l'inviolabilité des tombeaux. Entreie} mains d'un chef habile, qui sait se servir ^r«.' tement de cette arme mystique et redoutibk. le tabou est un facile instrmneut de gourerai ment ou de domination. Grain t-il de voir itf cochons, les poissons, les coquillages maDqoff un jour à la tribu par suite d'uuc consonuuaiJtf imprévoyante, il impose le tabou sur ces dims objets, et il ne le lève que quand toute meniez de disette est conjurée. Désire-t-il s'assurer k monopole des échanges avec un navire euff* péen, mouillé sur son territoire, un tat>ou {Mftiel en éloigne tous ceux avec lesquels il ^ veut pas partager les prolits de ce commeR^ lucratif. .Michel Nicolas.

TACTIQUE PARLEMENTAIRE. La tactii^^ étant, à proprement parler, Fart de ranger ik» troupes en bataille, de diriger les évolution) d'une armée, la lactique parlementaire fs Fart de conduire les évolutions d'un corp5 1^htique, de faire manœuvrer une asseml>iét; ^^

TAO-SSÉISlltE. — TÉLÉGRAPHIE.

qui ne tardèrent pas à être naturalisés dans toutes les classes du peuple aux cheTeux noirs.*

Sous la dynastie des Thang (618 i 906 de notre ère), le tao-sséisme obtint une grande faveur, grâce à une supercherie de ses partisans qui avaient persuadé au Fils du Ciel qu'il descendait du philosophe Lao-tseu. Aussi Tempereur Kao-tsoung, Tun des princes de cette dynastie, voulut-il qu'on enseignât la doctrine du tao aux membres de sa famille et que les grades littéraires, dans les examens publics, fussent accordés de préférence à ceux qui auraient étudié et approfondi les monuments écrits de cette même doctrine.

Au contraire, sous la dynastie mongole, les tao-sse se virent persécutés et leurs livres, à rinstigation des lamas, condamnés à la destruction. Poursuivis alors par ceux-là même dont la religion se rapprochait le plus de la leur, les disciples du tao-sséisme se trouvèrent également en butte aux injures et aux attaques des lettrés de T école de Gonfucius. La persécution devint terrible sous le règne du fameux empereur Roubilaï, et un décret, qui ne fut heureusement pas mis à exécution , ordonna Tanéantissement par le feu de tous les écrits de la secte du tao, y compris le Tao-teh-king de Lao-tseu que près de vingt siècles avaient respecté. La fortune dont les tao-sse avaient joui précédemment, les riches propriétés qu'ils avaient acquises sur toute retendue du territoire chinois leur avaient suscité de nombreuses jalousies; le dévouement de Koubilal à la foi de Foh (bouddhisme) donna aux haines cachées le moyen de se manifester au grand jour. Ces persécutions n'allèrent pas toutefois jusqu'à causer des effusions de sang, et les tao-sse purent encore dans l'ombre s'adonner à leurs coutumes religieuses. A force de persévérance, ils flnirent par reconquérir la libre pratique de leur culte, et ils se répandirent de nouveau dans les diverses provinces du Céleste-Empire et même en Corée et au Japon où ils ne firent toutefois que peu de prosélytisme.

La famiUe qui règne aujourd'hui sur la Chine (la dynastie Thaï-thsing) chercha à son tour à modérer la propagande des tao-sse et à arrêter l'extension donnée aux couvents et à leur population. Des ordonnances impériales furent publiées à ce sujet, et on réglementa l'organisation intérieure des monastères. Ces règlements de police empêchèrent parfois les désordres qui se produisaient si fréquenunent parmi les religieux, mais souvent aussi ils furent impuissants à arrêter les tao-sse dans la voie dangereuse où ils ne cessaient de se lancer. Leurs temples, remplis d'une foule d'idoles qu'ils ne se font guère scrupule d'emprunter aux religions étrangères, ont été plus d'une fois des centres de corruption. Toute idée supérieure a disparu de ce culte livré à tous les préjugés, à toutes les idolâtries: à peu d'exceptions près, on se borne aujourd'hui dans les pagodes à réciter des sortes de litanies accompagnées de prières et à brûler de l'en-

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