‹ Dictionnaire général de la politique (volume 2)Chapitre 195 sur 260 · TERRITOIRE. — TESTAMENT · texte numérisé non relu

TERRITOIRE. — TESTAMENT

peuple. L'influence du territoire a été jusqu'à présent en partie confondue avec celle du climat, et en partie complètement négligée; nous avons été, à notre connaissance, le premier à le faire ressortir'. Reprenons cet examen, non pour approfondir la matière — l'espace ne nous le permet pas -- mais pour en signaler les problèmes en quelques traits rapides. Ce sera pour ainsi dire un sommaire raisonné.

En premier lieu, nous appelons l'attention sur Vétendue du territoire. Il n*est nullement indifférent qu'une nation habite un pays vaste sur lequel elle s'éparpille, ou une contrée étroite dans laquelle les populations sont condensées par groupes serrés. Nous avons montré au mot Population l'importance de la densité et nous nous bornons à y renvoyer le lecteur.

La situation géographique est le second point qui nous frappe. D'une part, le climat dépend de cette situation; elle produit sous la zone torride le nègre, dans les régions polaires l'Esquimau, le Samoïède, le Lapon; dans les contrées tempérées les nations plus ou moins civilisées, et ailleurs mille nuances intermédiaires. D'autre part, la proximité ou l'éloigncment de la mer a une influence majeure sur la nature du territoire et le cachet de la population. Comparez, par exemple, une nation insulaire et un peuple continental, il est évident que rile conservera son originalité, ses mœurs — ses vertus ou ses vices — plus longtemps qu'une contrée continentale. Les insulaires arrivent aussi plus vite à la liberté et la gardent plus facilement, car il y a moins d'occasions de s'y lancer dans des guerres de conquête, et dans tous les cas , les invasions sont plus rares ^

Toutefois, il n'y a pas de règle sans exception. Il est des lies dont les populations n'ont pas joui des avantages de leur situation, et par contre , n'ont pas souffert de ses inconvénients. Chose remarquable 1 Les pays de montagnes, môme lorsqu'ils sont situés au centre d'un vaste continent, peuvent avoir sur une nation un effet analogue à celui d'un territoire entouré d'eau. Sur les hauteurs d'un accès difficile l'originalité d'un peuple, son esprit d'indépendance se conservent et l'aridité du sol stimule son esprit d'entreprise industrielle. Sous ces trois rapports le Suisse ressemble à l'Anglais.

Les pays de montagnes sont plus faciles à défendre que les plaines, mais on sait que les hauteurs n'arrêtent pas toujours le conquérant; les frontières naturelles {voy.) non plus, elles n'ofljrent de barrière ni à ceux qui en sortent, ni à ceux qui y entrent. Qu'on pense aux Pyrénées; ne se sont-elles pas abaissées devant tous les envahisseurs , Celtes , Carthaginois, Romains, Vandales, Goths, Arabes, Français. £t les Alpes, ont-elles protégé l'Italie? A peine si une ceinture de steppes, de sable, de marais, un désert enfin, fournit un obstacle insurmontable.

1. Voy. Puiêêance comparée deg États de l'Europe. Ootha, J. Perthes. Parln, Hérold.

8. Voy. l'opinion do Oicéron sur les inconvénients politiques de la mer. {République f édit. de Villemain, p. 98. Paris, Didier.)

Partout et toujoars la melUeure défense d'nik pays sera Tesprit d'indépendance de ses otoyena.

Mais la nature et la forme dn tenitdre ne sont pas seulement importantes au p(tot de vue politique, elles exercent encore une influence économique majeure. Qui n'^précie l'utilité d'une cdte riche en porta sûrs et conuiioâes, qui méconnaît celle des flenves et rivières, m « chemins qui marchent • et que la voie ferni ne pourra jamais entièrement détrôner ? La to* tilité du sol, ses richesses minérales, FibflDdance des forêts sont des circonstances qil sufllt d'énoncer.

Une situation particulière dont rhistoireDOM fournit quelques exemples, c'est une ètnle bande de terre le long de la mer. Telle ëtailli forme du territoire des Phéniciens, telle ci actuellement celle de la Norwége et da Chi, et dans une certaine mesure môme celle deli nollande. Le commerce ou la navigation k tardent pas à y jouer un grand rôle. La fome allongée du territoire de la Prusse et méae celle du grand-duché de Badë est utile au coamerce et en général aux progrès matériels k ces pays, mais elle gônera souvent leurs noi' vements politiques.

Nous nous bornons ici à ces indications sonmaires, qui suffisent pour faire comprendre rimportance de la matière. M. B.

TERRITORIALITÉ. Voy. Exterritorialili

TESSIN. Voy. Suisse.

TEST, ou serment de suprématie. Voy. l'aticle Grande-Bretagne , au tome I^^, chapitK Culte, p. 1140.

TESTAMENT. C'est l'acte par lequel le testateur dispose de ses biens pour le temps oài ne sera plus. En France, la loi a dispensée testament de toutes les formalités qui pov* raient l'entraver; cet acte peut être dressé jwdevant notaire en présence de témoins : tdea le testament authentique; il peut être rceorre du testateur lui-même : le testament olograplie est valable à la seule condition d'être écrit en otier, daté et signé de la main du testateur; eoli il peut être remis au notaire clos et cacheté pir le testateur, soit que celui-ci Tait écrit de a main, soit qu'il l'ait fait écrire, pourvu qi'i Tait signé : c'est le testament mystique ou se cret. En Angleterre, on admet même le tcstiment verbal pour les valeurs mobilières, dm certains cas et sous certaines conditions, ii preuve du testament verbal résulte deladèdtration de trois témoins qui attestent sous itfmeut avoir été présents quand le testateur i fait connaître sa volonté.

Le droit de tester a été admis à peu préspv tous les peuples, mais avec des restrictiois qui souvent l'ont presque paralysé. On le cocsidère comme une conséquence du droit de propriété; dans les pays où l'homme jouit d'oof grande liberté civile, il est réputé niaitre absolu de ses biens et il peut exercer avec uoe

TERRITOmE. — TESTÂIIK

peuple. L'influence du territoire a été Jusqu'à présent en partie confondue aTec ceUe du ciimat , et eu partie complètement négligée; doub avons été, à notre connaissance, le premier à le faire ressortir*. Reprenons cet examen, non pour approfondir la matière — Fespace ne noua le permet pas — mais pour en signaler lea pio- Mùmes en quelques traits rapides. Ce aeraponr ainsi dire un sommaire raisonné.

Kn premier lieu, nous appeloni rattentkn sur Véfendue du territoire. IL n*eit snllanep^ indifTérent qu'une nation habite im pays sur lequel elle s'éparpille, on UM étroite dans laquelle les popnlattOBi ilensécs par groupes serrés. Hou avant; '. au mot Population rimportance da Ir ■ :; » ; et nous nous bomona à j rcnroar "../ .* .

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ciTiliséea, et allleink af / . ^ur favoriser diairea. Diantre pÊÊÎ^ h ' ^s les autres, ment de la aer a ^ >it les effets des subla nature dn tmÉtÊt ■ publique, ils sont délation. GonpamJ^ territoire de Lucques, dit sulalre et ntfflP /at porter en quatre ans six qnel*lle.eOMpr 'it'^"'' ^ 1^ fois d oliviers, de — ses ferlijt/^* ^^ mûriers, est arrivé, par qu^DM ûÊÊ0,jfiîf à ressembler aux campagnes riTODl wm^ /^Tètendeni autour de Rome. • En plnalMl'^.^n Italie, en Espagne, elles ont ré- B*7 ta' y^urreté les corps de noblesse soudanit /'j^a'gîme; elles sont pour une bonne

1^ /^ là ruine de l'Irlande.

tiir jyf <<'u^ ^<^^ Ètsts <lc TEurope qui les ad-

Angleterre, la i rf^m doit ramener Tégaiitë dans la famille. Jif. Tocqueville, Corresp. inéd., t. II, p. 37

I .Vous prenons trop à cœur, a dit Montaigne, ces substitutions masculines et proposons une éternité ridicule à nos noms.» {Voy. Hérédité, Jfigorat, Succession.) Emile Ghédieu.

TESTAMENT POLITIQUE. I. On ne cite que cinq ou six documents désignes sous le nom de testaments politiques; tous sont discutés, et quatre sont apocryphes. Les politiques ne vivraient-ils que dans le présent, ou bien n'ont-

1. M. le baron de Vn.iucc s'est fait IMuterpréte devant In Cîorps N'ifiHlatif (hénnrc du 2u janvier IS(U), du • principe d'autorité dans la fauiillo f . Il a «ignalé minmp nérc^Kalre, nu point df vnr fihéral ettUmorraii'/iif, la réforme dc^ articles lift ot 1U3 dn Code Na- IMilônn qui , Huivant Jui , apportent des entraves au proj^rès de la rirlier>.su piihlifine en paralysant l'Initiative individuelle , et re«»prit d'entreprise en causant a rlinque jfénération la «li)»peri.ion de touB lea élènienth de la fortune coniuji^rciaJe, industrielle ou a;,-riri.|e. — Wtyest, dan> un ^en•; diainétraleinent op- P'><t'. , le beau rapjmrt présenté à lAcadéniie des M'ienccs morales rt politiques en lSi:i par M. Adolphe <Jarnîer *«ur le concours ouvert <lan> la f^ertion de morale. A propos de l'autorilé paternelle, le ^n jet qui nous occupe y eut traité in f.rUnso. {Vergé ^ 1861 , p. 55 et ll»3.^ Voj/. PuiSb&ACe V&l«Tli«\\t.

^(encore, il y a tendance à les restreinj^ Angleterre, la révolution est commen- Offui doit ramener rOjraiitë dans la

Partout et paya aéra 1* toyena.

Mais la soDtpr politi'

éOOr

uiômcAuguteCOD ^^^ ^ .« étendre les Umilty»;^^^ dence ou par jalousie t ** . j,, i.««.

modernes répondent que c» » »

tique de TEmpire, comme cdleûe»KF était ragrandissemenl. C'eslAûtiMt»" raison du fait.'

Les légistes dictèrent àVhi\\pçe-V^ ordonnance qui embrassait touie \»

tion; comme il partait pour la nota il la rédigea, on T appelle le teslamen de Philippe-Auguste. '

Le testament politique deKlcM 1 687, quarante ans après sa mort l flt un éloge ridicule. Voltaire crotl'c cryphe, parce que l'auteur n y ti des grandes questions du temps ( cupe que de détails oiseux. Il fat abbé Dourzéis ou à Seilhon. «Je t)Tannie de lUcbelicu, écrivait-il je voudrais que ce testament fût c le rendre ridicule à la dernière jamais vous trouvez des preuves i qu'il ait fait cette impertinente pi rons le plaisir de juger qu'il fali plutôt aux petites-maisons que si France. •

M. de Foucemagne établit, sa vaincre Voltaire, que, si l'ouvrai de la main de Richelieu, ni eiitiùi rédaction , il avait été rèdig^ë par s sur des notes qu'il dictait pour Ici cemagne en publia l'édition class:

en 1764.

Montesquieu a jugé sévèrement

1. Ils n'ont peut-être pa> de tbéor de politique ral.tonuce , on elle ne d'original.

2. Peut-être que non. D'une part. I été longtempfi relativement prtite et grand (ou étendu); d'autre part, le^* ])ubll«jue ne pensaient qu'aux laurierrichf'>8e:> à ramahser; le corpn coller naît le pays supjiortait facileuieuT U qui résultait de» maux de la gxuftre.

de uiêiue d'un 8eul; le mal lui esi tn I)i> plus, le« empereurs durent -ent du (,^>uverneuieut d'un territoire iui craindre leurs lieutenants , — on le ."i: rai-ion.

'^. On eite au*<Bi le lestameut d'Al d'Angleterre, qui y aurait inscrit ceri qu<' les Anglais soleut i tout jamaii «i leurs veubées. •

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